« Les Sims » ont 25 ans : que représente ce jeu vidéo pour vous ?

Anatomie d’une émotion

Nous n’avons pas trouvé d’études spécifiques sur l’influence que peut avoir le jeu, mais il est certain que les concepteurs accordent une place importante à la psychologie positive.

En effet, si le jeu des Sims attire autant d’adeptes, ce n’est pas (seulement) pour ses constructions de belles maisons et ses possibilités de carrière hors du commun ; c’est aussi pour sa mise en scène des émotions.

« Du fait de leur personnalité de plus en plus développée, les Sims prennent vie d’une manière non seulement captivante, mais aussi je pense plus divertissante car nous pouvons vraiment nous y identifier », s’est félicité Ryan Vaughan, le producteur du quatrième opus de la franchise, lors de sa sortie. L’intelligence artificielle des Sims 4 a en effet franchi une étape supplémentaire : en plus de modifier leur langage corporel et leur expression faciale, les émotions ressenties par les Sims peuvent avoir des conséquences sur leurs actions, selon leurs traits de personnalité. Par exemple, un Sim qui aime la nature se sentira heureux en extérieur et sera ainsi plus enclin à faire des compliments aux autres Sims.

Le temps passant, les développeurs du jeu ont aussi mis l’accent sur les « envies ». Pour reprendre l’exemple du Sim amateur de nature, celui-ci aura souvent l’envie d’aller se balader en forêt. Si le joueur décide d’y répondre positivement, son Sim sera heureux. Cette notion de bien-être hédonique (du grec « plaisir ») est assez nouvelle et nous rappelle, en tant qu’être humain, que répondre à certaines de nos envies personnelles peut à la fois nous faire du bien et avoir un impact positif autour de nous. C’est ce que les spécialistes appellent la psychologie positive.

C’est aussi un moyen de comprendre que, à l’instar des Sims, nos envies et nos émotions changent constamment et que c’est normal. Ainsi, mon Sim pourra se réveiller un matin « très en colère » parce qu’il aura l’impression de « passer à côté de ses rêves », alors que la veille au soir il se sentait « inspiré » car un bon morceau de musique passait sur la stéréo et qu’il adore la musique alternative. Un peu comme nous quand on se réveille le matin fatigué, « mal à l’aise », et qu’on est de nouveau « heureux » en arrivant au travail et en découvrant les crêpes préparées par notre collègue.

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Le Groenland se mobilise contre les risques d’ingérences étrangères

Donald Trump Jr., homme d’affaires et fils du président à son arrivée à Nuuk, au Groenland, le 7 janvier 2025. EMIL STACH / AFP

Après une pause de quelques semaines, les députés groenlandais ont fait leur rentrée à Nuuk, lundi 3 février. A deux mois des prochaines élections législatives, qui doivent se tenir avant le 6 avril, l’ordre du jour de l’Inatsisartut (le Parlement groenlandais) aurait dû être rapidement expédié. Il a été bouleversé par les menaces proférées par le président américain, Donald Trump, qui s’est dit prêt à s’emparer du territoire autonome danois par la force, et la visite de son fils, Donald Trump Jr, à Nuuk, le 7 janvier.

Craignant de voir le prochain scrutin se tenir sous influence étrangère, les députés groenlandais devaient examiner, mardi 4 février, en procédure accélérée, un texte de loi, ayant toutes les chances d’être adopté, destiné à durcir les règles de financement des partis politiques de l’île. Ceux-ci n’auront plus le droit d’accepter des contributions étrangères ou anonymes. Par ailleurs, aucune formation ne sera autorisée à recevoir plus de 200 000 couronnes (27 000 euros) de donateurs privés, dans la limite de 20 000 couronnes par contributeur.

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La loi vise également à accroître la transparence. A l’avenir, toutes les contributions, versées par des entreprises ou des organisations, ainsi que le montant de leurs dons, devront apparaître dans les comptes des partis. Pour les particuliers, seuls les dons inférieurs à 1 000 couronnes (contre 10 000 actuellement) pourront rester confidentiels. Les règles ne s’appliquent pas seulement aux partis politiques, mais à leurs sections locales et mouvements jeunes, ainsi qu’aux candidats à titre individuel.

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Ce que contient la loi de lutte contre le narcotrafic,

Création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco), mesures antiblanchiment, procédure pénale simplifiée, nouveaux outils pour les enquêteurs : la proposition de loi de lutte contre le narcotrafic, adoptée quasiment unanimement par le Sénat, contient de nombreuses dispositions, pour la plupart consensuelles.

Portée par un duo de sénateurs, Etienne Blanc (Les Républicains) et Jérôme Durain (Parti socialiste), et soutenu par le gouvernement, le texte est désormais transmis à l’Assemblée nationale.

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• Parquet spécialisé

La proposition de loi visant à « sortir la France du piège du narcotrafic » remodèle l’architecture judiciaire de cette lutte avec la création d’un parquet national anticriminalité organisée (Pnaco).

Sur le modèle des parquets nationaux financier (PNF) et antiterroriste (PNAT), le Pnaco serait saisi des crimes les plus graves et constituerait une véritable « incarnation » de la lutte contre le narcotrafic, et se verrait attribuer un rôle de coordination des parquets.

Le ministre de la justice, Gérald Darmanin, espère le voir opérationnel en janvier 2026, et installé « par défaut à Paris », même si une mission de préfiguration pourrait proposer d’autres idées de lieu, comme Marseille.

L’ensemble de la chaîne pénale serait d’ailleurs spécialisée, avec des magistrats et des juges d’application des peines spécialistes de la criminalité organisée.

Ce Pnaco s’appuierait sur des services d’enquête renforcés : le texte prévoit la création par voie réglementaire d’un « état-major criminalité organisée » (EMCO), animé par la direction nationale de la police judiciaire aux côtés d’offices centraux comme l’Ofast, consacré aux stupéfiants. Situé à Nanterre, cet EMCO constituerait le « bras armé » de la lutte contre les trafiquants.

• Blanchiment, avoirs criminels

Pour frapper les trafiquants « au portefeuille », un double mécanisme de gel judiciaire et administratif des avoirs dans le domaine du trafic de stupéfiants a également été voté dans le texte.

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Diverses mesures antiblanchiment y figurent également, dont une pour permettre la fermeture administrative de commerces soupçonnés d’agir comme des « blanchisseuses ».

Une procédure « d’injonction pour richesse inexpliquée », pour obliger les suspects à s’expliquer sur leur train de vie incohérent avec leurs revenus légaux, a également été créée à l’initiative du Sénat.

La proposition de loi intègre aussi une interdiction du recours aux « mixeurs » de cryptoactifs, qui permettent de rendre l’origine de ces actifs numériques intraçable.

• Arsenal répressif et renseignement

Le texte des sénateurs Etienne Blanc et Jérôme Durain prévoit diverses mesures pour faciliter le partage d’information entre juridictions et services de renseignement. Il propose d’expérimenter le recours au renseignement algorithmique pour détecter des menaces liées à la criminalité organisée, sur le modèle de ce qui se fait en matière de terrorisme.

Un dispositif dénoncé par la gauche impose aux plateformes de messagerie chiffrée (Signal, WhatsApp, etc.) de permettre aux services de renseignement d’accéder aux correspondances des trafiquants, sous conditions strictes.

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Autre mesure décriée, car jugée attentatoire aux libertés publiques, la possibilité pour les préfets de prononcer des « interdictions de paraître » sur les points de deal à destination des trafiquants et de leurs « petites mains ».

Pour lutter contre « l’ubérisation » du trafic et l’enrôlement croissant de mineurs comme « petites mains » ou « guetteurs », le Sénat a prévu la création d’un « délit d’offre de recrutement » de mineurs sur les réseaux sociaux, puni de sept ans de prison et de 150 000 euros d’amende.

• « Dossier-coffre » et « repentis »

Sur le modèle de la loi antimafia italienne, le Sénat a adopté une refonte du régime des « repentis », considéré comme sous-exploité par rapport à son utilité pour repérer les têtes de réseaux criminels. Le statut serait ainsi rendu plus attractif, pouvant aller jusqu’à un système d’immunités de poursuites. Il est également élargi aux personnes ayant commis un crime de sang.

Pour la procédure pénale, le Sénat a introduit dans le texte la création d’un « procès-verbal distinct », parfois surnommé « dossier-coffre », dans lequel seraient stockées des informations recueillies via des techniques spéciales d’enquête (surveillance, infiltration, sonorisation, etc.).

Ces éléments, parfois capitaux pour entraîner la condamnation des suspects, seraient cachés de ces derniers et de leurs avocats pour préserver ces techniques spéciales, et ne pourraient pas être utilisés au procès pour garantir le principe du contradictoire. Une exception serait faite, lorsque ces éléments sont « d’intérêt exceptionnel pour la manifestation de la vérité » et lorsque « la vie ou l’intégrité physique d’une personne » est mise en jeu, ce qui fait bondir les avocats pénalistes.

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Le Monde avec AFP

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Viols de Mazan : le procès en appel se tiendra du

Gisèle Pelicot, après le verdict du procès de Dominique Pelicot et de 50 coaccusés, au palais de justice d’Avignon, le 19 décembre 2024. MANON CRUZ / REUTERS

Le procès en appel des viols de Mazan se tiendra devant la cour d’assises du Gard, à Nîmes, du 6 octobre au 21 novembre, avec treize accusés dans le box, a annoncé, mardi 4 février, la cour d’appel de Nîmes dans un communiqué.

Principal accusé au premier procès devant la cour criminelle de Vaucluse de septembre à décembre 2024, à Avignon, Dominique Pelicot avait été condamné à vingt ans de réclusion criminelle, une peine assortie d’une mesure de sûreté des deux tiers (environ quatorze ans). Mais lui ne sera pas rejugé, n’ayant pas fait appel, contrairement à dix-sept des cinquante coaccusés, ces hommes qu’il avait recrutés sur Internet pour violer son épouse, droguée aux anxiolytiques.

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Quatre se sont depuis désistés, d’où le nombre de treize accusés à ce second procès, qui cette fois aura donc lieu devant une cour d’assises, c’est-à-dire une cour composée de jurés populaires. D’ici l’ouverture de ce second procès, ces treize appelants ont encore la possibilité de se désister.

Dominique Pelicot, âgé de 72 ans, devrait cependant être appelé à témoigner à la barre, mais uniquement en tant que témoin. Il n’a pas fait appel car il « refuse » de contraindre « Gisèle à une nouvelle épreuve, à de nouveaux affrontements », avait expliqué son avocate Me Béatrice Zavarro à l’Agence France-France (AFP). Pour lui, « Madame Pelicot n’est pas et n’a jamais été son adversaire », avait-elle précisé.

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« Gisèle Pelicot se prépare à affronter ce nouveau procès »

Reconnus coupables pour la plupart de viols sur Gisèle Pelicot, à son domicile de Mazan (Vaucluse) entre 2011 et 2020, les cinquante coaccusés, âgés de 27 à 74 ans, avaient été condamnés à des peines allant de trois ans dont deux avec sursis, pour un retraité jugé pour agression sexuelle, à quinze ans de réclusion criminelle pour un homme venu six fois violer Mme Pelicot.

La principale victime, Gisèle Pelicot, devrait elle aussi être présente pour ce nouveau procès. Devenue une icône féministe, notamment pour avoir refusé que le premier procès se tienne à huis clos, afin que la « honte change de camp » et ne pèse plus sur les épaules des victimes de viols, la septuagénaire n’a « pas peur » d’un nouveau procès, avait indiqué à l’AFP Me Antoine Camus, l’un de ses avocats. « Elle entend en être et elle se prépare à affronter ce nouveau procès avec la même détermination et le même courage », avait-il insisté.

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Même s’il ne comparaîtra donc qu’en tant que témoin, Dominique Pelicot n’en a pourtant pas fini avec la justice. Mis en examen par le pôle « cold cases » de Nanterre, il pourrait d’ici peu être jugé pour une tentative de viol en 1999 en Seine-et-Marne, mais surtout un viol suivi de meurtre en 1991 à Paris, celui d’une jeune agente immobilière de 23 ans.

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Le Monde avec AFP

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