Donald Trump met en garde le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, avant d’éventuelles négociations entre les Etats-Unis et l’Iran

Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, avant des négociations avec les Etats-Unis, à Mascate (Oman), le 25 avril 2025. MINISTÈRE IRANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES VIA REUTERS

Donald Trump a mis en garde le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, dans un extrait d’interview diffusé, mercredi 4 février, par la chaîne NBC. « Je pense qu’il devrait se faire beaucoup de soucis en ce moment. Comme vous savez, ils négocient avec nous », a déclaré le président américain.

Ce dernier a aussi assuré à NBC que les autorités iraniennes envisageaient d’ouvrir un nouveau site nucléaire, après les frappes menées par les Américains en juin dernier contre leurs installations. « Ils réfléchissaient à ouvrir un nouveau site ailleurs dans le pays », a-t-il dit, ajoutant : « Nous l’avons découvert et j’ai dit, si vous faites ça, nous allons vous faire subir des choses très dures. » Le locataire de la Maison Blanche a déployé près de l’Iran une considérable force de frappe aérienne et navale, qu’il n’exclut pas d’employer si Téhéran n’accepte pas une série de revendications américaines.

Ces déclarations interviennent alors que la confusion régnait mercredi sur la tenue ou non d’une rencontre entre les deux pays vendredi à Oman. Evoquée dans un premier temps par des médias iraniens, elle a été confirmée en fin de journée par le chef de la diplomatie iranienne. « Les pourparlers sur le nucléaire avec les Etats-Unis sont prévus vendredi à Mascate vers 10 heures, a déclaré le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi. Je suis reconnaissant à nos frères omanais d’avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

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« En cours de discussion »

Selon une source citée par l’agence Associated Press, la Maison Blanche aurait finalement accepté de déplacer les discussions de la Turquie à Oman après que les dirigeants arabes ont exhorté les Etats-Unis à écouter Téhéran. Mais aucune annonce n’a été faite officiellement.

Un peu plus tôt, le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, avait déclaré que Washington était ouvert à de prochaines négociations avec l’Iran et qu’un lieu était « en cours de discussion », tout en soulignant qu’elles ne pouvaient se limiter aux questions nucléaires comme le souhaite Téhéran.

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Selon lui, « pour que les pourparlers aboutissent réellement à quelque chose de significatif, ils doivent inclure certains éléments ». Parmi ces derniers, il a mentionné le programme de missiles balistiques de Téhéran, le soutien apporté aux groupes militants régionaux et le traitement réservé à sa population.

Mardi, la Maison Blanche avait déclaré qu’elle prévoyait que les négociations auraient bien lieu même après que les Etats-Unis ont abattu un drone iranien qui s’était approché « de manière agressive » d’un porte-avions américain dans la mer d’Arabie un peu plus tôt dans la journée.

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Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s’efforcent de réduire les tensions.

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Le Monde avec AFP

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Au procès des assistants parlementaires européens du FN, la défense entre en scène difficilement

Plaidoirie de Louis Balling, avocat de Bruno Gollnisch, au palais de justice de Paris, le 4 février 2026. SERGIO AQUINDO POUR « LE MONDE »

La parole est à la défense, dans la dernière ligne droite du procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national (FN) qui se tient depuis le 13 janvier devant la cour d’appel de Paris. Avec des succès divers. La difficulté, pour les douze avocats, qui cèdent souvent à la tentation de plaider une heure de trop, est bien de ne pas répéter les mêmes arguments pour les douze prévenus accusés d’un même délit, le détournement de fonds publics du Parlement européen.

Mᵉ Robert Apéry a eu l’honneur, mercredi 4 février, de défricher le premier de ce qui lui paraît les incohérences du dossier. Et d’abord « la campagne politique » contre les juges, évoquée par la partie civile et le parquet général, en laquelle il voit (en dehors des insultes et des menaces de mort), « un message subliminal à l’attention de la cour d’appel : ne serait-ce pas perçu comme une circonstance aggravante ? ».

Mᵉ Patrick Maisonneuve, l’avocat du Parlement européen, partie civile, s’était en effet inquiété la veille des attaques contre l’Etat de droit de Marine Le Pen, Jordan Bardella ou de Nicolas Sarkozy. Et de François Bayrou, « troublé » par les peines d’inéligibilité, tout comme Jean-Luc Mélenchon. « Je ne sais pas pourquoi ils sont préoccupés par le Parlement européen », a plaisanté l’avocat, alors que les chefs de file du MoDem et de La France insoumise sont eux aussi poursuivis pour des faits comparables.

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Etats-Unis : la Cour suprême valide le redécoupage électoral de la Californie, enjeu-clé pour les élections de mi-mandat 2026

Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, à San Diego (Californie), le 2 février 2026. MIKE BLAKE/REUTERS

La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé, mercredi 4 février, la Californie à utiliser sa nouvelle carte électorale, adoptée avec le but avoué de favoriser les démocrates lors des élections de mi-mandat 2026.

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Non motivée par les juges, cette décision rendue en urgence a pour effet de valider un redécoupage électoral pensé pour apporter cinq sièges supplémentaires à la gauche américaine à la Chambre des représentants lors du scrutin de novembre.

Voulue par le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, cette nouvelle carte a été adoptée par référendum en novembre dernier. Elle a été conçue comme une contre-attaque à un autre redécoupage électoral similaire lancé par les républicains au Texas, pour permettre à Donald Trump de conserver son étroite majorité conservatrice au Congrès.

« Gerrymandering »

« Donald Trump a déclaré qu’il avait “droit” à cinq sièges supplémentaires au Congrès au Texas. C’est lui qui a déclenché cette guerre sur le redécoupage électoral », a rappelé sur X M. Newsom, à qui la presse américaine prête des ambitions présidentielles. Malgré la contestation de la carte californienne en justice, le président américain « a perdu, et il perdra à nouveau en novembre », a-t-il ajouté.

Contacté par l’Agence France-Presse, le Parti républicain de Californie n’a pas immédiatement réagi.

Le redécoupage électoral intervient habituellement tous les dix ans aux Etats-Unis, après le recensement. Mais depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les deux partis se sont lancés dans un charcutage électoral qui vire à la guerre administrative. Outre le Texas et la Californie, plusieurs Etats républicains et démocrates sont en train de redessiner leurs circonscriptions électorales. Cette pratique, connue sous le nom de « gerrymandering », est légale aux Etats-Unis. Mais elle ne doit pas se faire sur des bases raciales.

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Au Texas comme en Californie, les nouvelles cartes ont été accusées de surpondérer le vote des minorités ethniques dans certaines circonscriptions, théoriquement plus favorables à la gauche, ou de le diluer en les rattachant à des endroits plus conservateurs. La carte du Texas a été validée en décembre par la Cour suprême, qui a rejeté ces arguments. A la suite de cette décision, l’approbation de celle de la Californie était largement attendue.

Le Monde avec AFP

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Le « Washington Post », mythique quotidien américain, ébranlé par un plan de licenciements massif

Devant la rédaction du « Washington Post », à Washington, le 4 février 2026. PABLO MARTINEZ MONSIVAIS/AP

Un jour de deuil et de colère, prévisible et redouté. Ainsi a été vécu ce mercredi 4 février au sein de la rédaction du Washington Post, déjà traumatisée par une crise interne, éditoriale et économique, depuis plusieurs années. Dans la matinée, au cours d’une réunion en ligne, le directeur exécutif, Matt Murray, a annoncé un plan de licenciements massif, touchant tous les services. L’entreprise, qui appartient à Jeff Bezos, le patron du groupe Amazon, va se séparer d’environ un tiers de ses employés, et notamment de 300 journalistes sur un total de 800. Ces mesures drastiques sont censées répondre aux pertes financières qui s’accumulent depuis 2023.

Selon le syndicat Washington Post Guild, les effectifs avaient déjà été réduits de 400 membres au cours des trois dernières années. « On ne peut pas vider une rédaction de sa substance sans conséquences sur sa crédibilité, son influence et son avenir », a dénoncé l’organisation. Cette fois, ce sont des pans entiers du journal qui seront décimés : l’information locale, les sports, le service livres et la couverture internationale, avec la fermeture de postes pourtant emblématiques, comme à Jérusalem ou à Kiev. « Renvoyée du Washington Post, en compagnie de toute la brochette des correspondants au Moyen-Orient et nos éditeurs, confirmait sur X la correspondante au Caire, Claire Parker. Difficile de comprendre la logique. » Un euphémisme.

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Lyon et Lens assurent leur qualification pour les quarts de finale de Coupe de France

Le premier but de l’Olympique lyonnais, signé Endrick, contre Laval, en huitièmes de finale de la Coupe de France, au Groupama Stadium, dans la métropole de Lyon, le 4 février 2026. OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP

Les clubs de Ligue 1 ont fait respecter la hiérarchie, mercredi 4 février, lors des huitièmes de finale de la Coupe de France. Aucun n’est tombé dans le piège d’une compétition parfois capricieuse, même si les prétendants Lyon et Lens ont dû batailler pour obtenir leur billet pour les quarts.

Deux buts inscrits par le Brésilien Endrick et par le gardien Maxime Hautbois contre son camp ont permis à l’Olympique lyonnais (OL) de se qualifier face à Laval (2-0), avant-dernier de Ligue 2. Mais l’OL, qui remporte ainsi son onzième succès de suite toutes compétitions confondues, doit aussi sa qualification au grand match de son propre gardien, Rémy Descamps ; celui-ci a réalisé plusieurs parades qui ont sauvé son équipe d’une grosse désillusion quand le score était encore de 0-0 et, ensuite, pour préserver la courte avance obtenue par Endrick. Prêté au début de janvier jusqu’à la fin de la saison par le Real Madrid, l’ancien attaquant de Palmeiras a donné l’avantage à l’OL d’un tir du gauche dans la lucarne, après un très gros travail du Tchèque Pavel Sulc. C’est son cinquième but depuis son arrivée chez les Rhodaniens, mais le premier à domicile, au Groupama Stadium.

Jusqu’alors, Lyon, malgré une nette domination rendue stérile par un jeu trop lent, s’était montré bien en peine de déborder une formation lavalloise très bien organisée et regroupée en défense. Seul Khalis Merah avait su être dangereux avec un tir heurtant le poteau (33e). A l’inverse, c’est Laval qui a été le plus menaçant et Descamps, choisi pour jouer en Coupe de France à la place du Slovaque Dominik Greif, habituel titulaire, a sauvé l’OL à plusieurs reprises, notamment en fin de match, dans le temps additionnel, en s’interposant sur une tentative de Titouan Thomas, puis au prix d’un bon réflexe devant Malik Tchokounté. Dans la foulée, après un contre mené par Sulc et Endrick mal négocié dans la finition, le ballon a échoué au Portugais Afonso Moreira dont le tir en force a été détourné dans sa cage par Hautbois pour porter le score à 2-0 (90e + 4).

« Nous avons gagné mais c’était très difficile pour nous de trouver des espaces, notamment durant la première période, contre un adversaire qui a très bien défendu mais qui a aussi été dangereux offensivement », a convenu l’entraîneur de l’OL, Paulo Fonseca, reconnaissant que ses joueurs « avaient besoin de récupérer physiquement ».

Lens à la recherche de sa première Coupe de France

De son côté, avec une équipe remaniée, le Racing Club de Lens s’est imposé à Troyes (4-2) après une première période de rodage. Dans l’Aube, Pierre Sage, d’ordinaire conservateur dans le choix de son onze de départ, a effectué une rotation importante, soucieux sans doute de ménager ses cadres dans l’optique de ne pas baisser de régime en Ligue 1.

Ces changements ont nécessité un moment d’adaptation, le temps de la première période où les joueurs de l’Artois ont manqué de rythme et de précision. Mais ils ont réussi à ouvrir le score par Florian Sotoca (41e), parfaitement servi par Matthieu Udol. Dans la foulée, l’Estac a failli craquer, avant d’égaliser grâce à une frappe de Martin Adeline à la trajectoire rendue imprévisible par une déviation de Kyllian Antonio (1-1, 45e + 4).

Leaders de Ligue 2, les Troyens, en plein renouveau après avoir failli jouer en National il y a deux ans, ont un temps fait vaciller la locomotive lensoise. Mais cette dernière s’est mise en route en deuxième période pour de bon. Un nouveau centre d’Udol a permis à Abdallah Sima de redonner l’avantage au Racing (2-1, 50e) face à une tribune entièrement lensoise.

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Comme après le premier but, Troyes a subi les attaques et a cette fois craqué, Andrija Bulatovic marquant à son tour (3-1, 52e), bien servi par Sotoca. Puis Sima a inscrit un doublé (4-1, 58e), validant les choix de Pierre Sage. Troyes a eu beau réduire l’écart par Renaud Ripart (2-4, 63e), à l’affût après une première intervention de Risser, puis se procurer d’autres occasions, le score ne devait plus évoluer.

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Deuxièmes de Ligue 1, les Sang et Or poursuivent leur route dans cette compétition qu’ils ambitionnent de remporter pour la première fois de leur histoire, bien conscients de l’ouverture donnée par l’élimination précoce du Paris Saint-Germain. Mais les candidats à la victoire finale sont encore nombreux et bien armés : Lyon, Marseille, voire Monaco ou Strasbourg – ces deux dernières équipes s’affrontent en Alsace, jeudi.

Le Paris FC n’ira pas plus loin

Tombeur du PSG au tour précédent, le Paris FC (PFC) s’est, lui, fait éliminer à Lorient (2-0), mercredi soir. La toute fraîche recrue italienne des Parisiens, Ciro Immobile, a effectué sa première entrée en jeu pour la dernière demi-heure de jeu, mais il n’a pas marqué, malgré une belle occasion.

L’OGC Nice a pour sa part connu une belle éclaircie dans sa saison en chemin de croix en s’imposant dans les dernières secondes contre Montpellier (3-2), qui menait pourtant 2-0. La défense de Ligue 2 des Héraultais a craqué en fin de match, battue une ultime fois par Sofiane Diop (90e + 8). Toulouse, vainqueur du trophée en 2023, a difficilement battu Amiens (1-0).

Il ne reste plus qu’une équipe de Ligue 2 en quarts de finale, Reims, qui s’était, comme Marseille, qualifié mardi en battant Le Mans (3-0).

Le tirage au sort des quarts de finale aura lieu avant le coup d’envoi de Strasbourg-Monaco, jeudi soir.

Le Monde avec AFP

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Le « droit à l’aide à mourir » est à nouveau approuvé par les députés en commission

L’Assemblée nationale, à Paris, le 13 janvier 2026. BENOIT TESSIER/REUTERS

Les députés ont approuvé en commission des affaires sociales, mercredi 4 février, la création d’un droit à l’aide à mourir, dont les contours sont quasi identiques à ceux qui avaient été adoptés en mai 2025 à l’Assemblée nationale, où cette réforme sociétale majeure fait son retour en deuxième lecture.

Mise en chantier en 2022 par Emmanuel Macron – qui a réaffirmé son intention de voir le débat législatif aboutir avant la présidentielle, et si possible dès cette année –, cette réforme connaît un parcours législatif tumultueux du fait des soubresauts politiques récents. Mais les partisans de ce texte sur la fin de vie veulent croire en une prompte mise en œuvre. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet (Renaissance), pense même qu’il pourrait être adopté de façon définitive avant l’été.

L’Hémicycle s’en saisira le 16 février, avant un vote solennel prévu le 24 février, en même temps que la proposition de loi plus consensuelle sur les soins palliatifs, examinée en parallèle.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Christine Jordis, écrivaine : « Comment accepter que notre mort ne soit qu’une basse affaire de discussion entre politiciens ? »

Contrairement au Sénat, dominé par une droite plus conservatrice sur les sujets sociétaux, qui a récemment rejeté cette réforme, l’Assemblée nationale s’y est jusqu’ici montrée favorable, l’adoptant largement en mai 2025 en première lecture (par 305 voix, contre 199). C’est de cette version du texte que les députés de la commission des affaires sociales sont repartis mercredi, avec deux tiers des quelque 600 amendements examinés en une journée.

« Souffrance physique ou psychologique constante »

La plupart des articles-clés du texte fixant les critères d’éligibilité et plusieurs aspects de la procédure ont été passés en revue, sans être modifiés, sinon pour y apporter quelques retouches à la marge. Ils ont donc confirmé la création d’un « droit à l’aide à mourir » consistant à « autoriser » un malade qui le souhaite à s’administrer une substance létale, ou à l’« accompagner » pour qu’elle lui soit administrée par un médecin ou un infirmier s’il n’est « pas physiquement en mesure de le faire ».

La commission des affaires sociales a approuvé les cinq critères cumulatifs déjà prévus dans le texte, dont le fait d’être atteint « d’une affection grave et incurable » qui « engage le pronostic vital, en phase avancée » ou « terminale », et présentant « une souffrance physique ou psychologique constante ».

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Au grand dam des opposants au texte, la commission a supprimé une précision qui avait été ajoutée en première lecture, prévoyant qu’« une souffrance psychologique seule » ne puisse « en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir ». C’est déjà « la réalité du texte », a argué l’auteur du texte initial, le député de Charente-Maritime Olivier Falorni (MoDem).

La commission a confirmé plusieurs aspects de la procédure. Ainsi, le texte prévoit que la personne souhaitant une aide à mourir en fasse la demande à un médecin, qui est chargé de vérifier son éligibilité. Pour évaluer les critères, ce dernier devra mettre en place une procédure collégiale. Il organisera une réunion à laquelle participeront, au minimum, un spécialiste de la pathologie, un soignant intervenant dans le traitement du malade, et lui-même. Le médecin peut également convier d’autres professionnels de santé (auxiliaires de vie, psychologue). Mais c’est lui qui prend finalement la décision seul.

« Une bascule de civilisation »

Durant les débats, les opposants au texte ont dénoncé une « rupture anthropologique » ou encore « une bascule de civilisation ». Le député de la Haute-Marne Christophe Bentz (Rassemblement national) a dit vouloir « convaincre » les « députés hésitant sur ce texte », les « exhortant à appliquer un principe de prudence ». Leurs amendements visant à encadrer plus strictement le dispositif ont tous été rejetés, certains déplorant une deuxième lecture où le débat n’aurait pas lieu, après avoir dénoncé un examen à la hâte, comme la députée du Jura Justine Gruet (Les Républicains).

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« Ça fait trois ans qu’on est sur ce texte, a rétorqué Olivier Falorni. S’il y a un mot qui ne caractérise pas le processus législatif sur la fin de vie, c’est le mot “empressement”. » A plusieurs reprises, il a mis en exergue « l’équilibre » du texte voté en première lecture, « solidifié » et « consolidé » par le travail des différents groupes parlementaires.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Fin de vie : la création d’un « droit à l’aide à mourir » divise le gouvernement et les groupes parlementaires

D’ici à jeudi, la commission des affaires sociales devrait finir d’examiner la proposition de loi, a estimé son président, le député de Seine-et-Marne Frédéric Valletoux (Horizons). Il restera notamment à étudier certaines modalités autour de l’administration de la substance létale et la question de la clause de conscience du médecin ou de l’infirmier.

Le parcours de cette proposition de loi est loin d’être terminé, même si M. Falorni espère, lui aussi, une adoption définitive à l’été. Cela supposerait que le gouvernement donne le dernier mot à l’Assemblée nationale, après une deuxième lecture au Sénat au printemps, un probable échec de la commission mixte paritaire censée accorder les deux chambres du Parlement, et une nouvelle lecture dans chacune.

Le Monde avec AFP

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Imane Khelif, championne olympique de boxe, révèle avoir pris un traitement hormonal pour baisser son taux de testostérone avant les Jeux de Paris

L’Algérienne Imane Khelif, à Paris, le 9 août 2024. PETER CZIBORRA/REUTERS

La championne olympique de boxe 2024, Imane Khelif, cible d’attaques récurrentes et d’une campagne la présentant comme un « homme combattant des femmes », a révélé avoir eu recours à un traitement hormonal pour baisser son taux de testostérone avant les Jeux olympiques de Paris, au cours desquels elle avait remporté la médaille d’or des moins de 66 kg.

« J’ai des hormones féminines. Et les gens ne le savent pas, mais j’ai pris des traitements hormonaux pour faire baisser mon taux de testostérone pour des compétitions », a affirmé l’Algérienne de 26 ans, dans un entretien à L’Equipe publié mercredi 4 février. Confirmant posséder le gène SRY, situé sur le chromosome Y indicateur de masculinité – « Oui, et c’est naturel » –, Imane Khelif a expliqué « être entourée de médecins. Un professeur me suit (…). Pour le tournoi de qualification aux Jeux de Paris, qui se déroulait à Dakar, j’ai baissé mon taux de testostérone à zéro ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La boxeuse algérienne Imane Khelif, médaillée d’or, porte plainte pour « harcèlement moral »

A l’instar de la Taïwanaise Lin Yu-ting, également sacrée chez les moins de 57 kg aux Jeux de Paris, Imane Khelif avait été accusée d’être une athlète transgenre par plusieurs personnalités, parmi lesquelles Donald Trump, Elon Musk, ou encore la romancière britannique J. K. Rowling. « Moi, je respecte tout le monde, et je respecte Trump. Parce qu’il est le président des Etats-Unis. Mais il ne peut pas détourner la vérité. Je ne suis pas une trans, je suis une fille. J’ai été élevée comme une fille, j’ai grandi comme une fille, les gens de mon village m’ont toujours connue comme une fille », a martelé Imane Khelif.

« Je ne me cache pas »

La boxeuse, qui a pour objectif de participer aux Jeux de Los Angeles, en 2028, sait qu’elle devra pour cela consentir à un test génétique imposé par World Boxing, l’instance reconnue par le Comité international olympique (CIO), auquel elle s’est dite prête.

« Pour les prochains Jeux, s’il faut passer un test, je m’y soumettrai. Je n’ai aucun problème avec ça. Ce test, je l’ai déjà fait. J’ai contacté World Boxing, je leur ai envoyé mon dossier médical, mes tests hormonaux, tout. Mais je n’ai eu aucune réponse. Je ne me cache pas, je ne refuse pas les tests, a assuré Imane Khelif. Aux médecins et aux professeurs de décider. Nous avons tous une génétique différente, tous des taux d’hormones différents. Je ne suis pas une transsexuelle. Ma différence, elle est naturelle. Je suis comme ça. Je n’ai rien fait pour changer la manière dont la nature m’a faite. C’est pour ça que je n’ai pas peur. »

Lire le portrait | Article réservé à nos abonnés La boxeuse Imane Khelif, naissance d’une égérie

Imane Khelif, qui n’a plus combattu depuis les Jeux de Paris – World Boxing l’ayant empêchée de participer l’an passé au tournoi d’Eindhoven (Pays-Bas) parce qu’elle n’avait pas subi le test chromosomique qui venait d’être mis en place – est dans l’attente d’une licence française de boxe professionnelle. « C’est la suite logique », a-t-elle estimé, mais « ce n’est pas parce que je fais des combats en professionnel que je renonce aux Jeux de 2028. Pas du tout. Je veux (…) devenir celle qui, pour la première fois dans le sport algérien, parviendra à conserver son titre olympique. »

Le Monde avec AFP

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En Belgique, le très discret héritage de l’écrivain flamand Emile Verhaeren, décrié pour son usage du français

LETTRE DU BENELUX

Portrait d’Emile Verhaeren par Théo Van Rysselberghe (1915). ROYAL MUSEUMS OF FINE ARTS OF BELGIUM/SAILKO/DOMAINE PUBLIC

Au milieu d’une région d’eau et de plaines, des visiteurs sont parvenus jusqu’au village flamand de Sint-Amands (Saint-Amand), à l’écart des grands axes reliant Bruxelles et Anvers. Venus de Nancy pour certains, de Colombie pour d’autres, ils ont laissé quelques mots dans le livre d’or du musée. Au premier étage de la bâtisse qui abrite la bibliothèque municipale, Rik Hemmerijckx entretient dans ce lieu discret la mémoire du poète Emile Verhaeren, né ici en 1855 et mort à Rouen en 1916 après avoir chuté accidentellement sous les roues d’un train.

Un autre pays s’attacherait sans doute à honorer dignement un artiste majeur dont l’œuvre fut encensée par Stéphane Mallarmé, André Gide, Auguste Rodin, Stefan Zweig et Rainer Maria Rilke. Ainsi que par ses compatriotes, le peintre James Ensor et Maurice Maeterlinck, celui qui décrocha en 1911 le prix Nobel de littérature dont avait rêvé son confrère. Mais en Belgique, royaume à l’identité instable, qui « excelle dans une sorte de relativisme dadaïste à propos de tout et de rien », selon l’écrivain Stefan Hertmans, on n’aime pas trop le brillant des célébrations. Même si Verhaeren joua un rôle majeur dans l’éclosion du symbolisme, un vaste mouvement de renouveau artistique et même si sa poésie lyrique a été traduite et commentée dans le monde entier, il n’a donc droit qu’à ce tout petit musée dans son village, « une place minime et quelques rues, avec un Christ au carrefour, et l’Escaut gris », écrivait-il.

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Plus de quatre tonnes de cocaïne saisies en Polynésie française par la marine nationale

Une image, mise à disposition par le Haut-Commissariat de la République en Polynésie française le 4 février 2026, montre une saisie de ballots de cocaïne sur un navire, le 2 février 2026. HAUT-COMMISSARIAT DE LA RÉPUBLIQUE EN POLYNÉSIE FRANÇAISE/FACEBOOK

La marine nationale a saisi 4,249 tonnes de cocaïne sur un navire en Polynésie française, a déclaré, mercredi 4 février, le Haut-Commissariat de la République en Polynésie française dans un communiqué, confirmant une information de la chaîne locale TNTV.

Le navire intercepté le 2 février en provenance d’Amérique centrale transportait 174 ballots de cocaïne et, selon l’équipage, se dirigeait vers l’Afrique du Sud. La drogue a été détruite en mer, hors de la zone économique exclusive (ZEE) polynésienne et de son aire marine protégée, a précisé l’armée à l’Agence France-Presse (AFP).

Le parquet de Papeete n’a pas engagé de poursuites, l’objectif étant de concentrer les moyens judiciaires français sur les faits qui concernent directement le territoire national. Or, la drogue n’était pas destinée au marché polynésien, qui ne peut en absorber une telle quantité. « En accord avec le parquet et conformément aux pratiques applicables en droit international, le navire et son équipage ont repris leur navigation », a fait savoir le haut-commissariat dans son communiqué.

Freiner la circulation des stupéfiants

Cela avait déjà été le cas lorsque 4,87 tonnes de cocaïne avaient été saisies à la mi-janvier : le navire concerné est désormais en réparation aux Iles Cook, mais il est surveillé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, selon les autorités locales. Les embarcations interceptées sont suivies par satellite et des procédures judiciaires les concernant peuvent être engagées par d’autres pays du Pacifique.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Polynésie française, où la consommation de méthamphétamine se banalise, le gouvernement local lance un plan de lutte antidrogue

Les polices et douanes de la zone collaborent pour freiner la circulation des stupéfiants en provenance d’Amérique latine et à destination des pays consommateurs, comme l’Australie. La Polynésie française, située sur ces routes maritimes, est elle-même touchée par une importante consommation de méthamphétamines. Mais sa faible population – 280 000 habitants – lui évite d’être la cible d’un trafic de drogue massif.

Le Monde avec AFP

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Saint-Pierre-et-Miquelon, 6 000 habitants, dont 12 Malgaches : « Cette toute petite île me va très bien »

Au port de Saint-Pierre-et-Miquelon, en janvier 2026. NATHALIE GUIBERT/« LE MONDE »

Les premières sont arrivées il y a une cinquantaine d’années. Berthine Madé, elle, compte vingt-trois années de vie heureuse dans l’archipel. Les Malgaches, pour l’essentiel des femmes, forment la première des communautés d’origine étrangère vivant à Saint-Pierre-et-Miquelon, devant les ressortissants de Terre-Neuve, la province canadienne toute proche. De la Colombie au Sénégal, en passant par la Russie, le monde converge, au compte-goutte certes, dans le petit archipel français de l’Atlantique Nord : début 2026, parmi ses 6 000 habitants, le territoire accueille, selon la préfecture, 82 étrangers titulaires d’un titre de séjour, dont 12 Malgaches et 10 Canadiens. En tout, 26 nationalités. En 2025, cinq travailleurs malgaches venus de l’océan Indien se sont installés, signale Berthine Madé.

« J’ai trouvé mon mari par correspondance, sourit-elle. A mon arrivée, il y avait peu de personnes venues d’ailleurs ici, et l’on me demandait si nous avions du pain ou même des voitures à Madagascar. Je n’étais pas fâchée. » Chaises sculptées, nappe blanche brodée de personnages traditionnels malgaches sur la longue table du salon, intérieur bois chaleureux typique de l’archipel : la belle maison blanche de la famille se dresse sur les hauteurs de Saint-Pierre, au-dessus du port. « Cette toute petite île me va très bien, à moi qui ai grandi dans une grande île, tant que je peux continuer de voyager comme je le fais. » Ajoutant : « L’hiver ne me dérange pas. »

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