Des cheminées de la centrale à charbon Gavin Power Plant, à Cheshire (Ohio), le 11 septembre 2019. Cette centrale figure parmi les importantes sources d’émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis. STEPHANIE KEITH/GETTY IMAGES VIA AFP
Donald Trump va abroger, jeudi 12 février, un texte datant de Barack Obama et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis, a annoncé, mardi, sa porte-parole Karoline Leavitt.
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« Il s’agira du plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine », a-t-elle affirmé lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche, assurant qu’il permettrait aux Américains de faire des économies.
Vivement dénoncé par des scientifiques et défenseurs de l’environnement, un tel revirement portera un coup majeur à l’action climatique des Etats-Unis, premier contributeur historique d’émissions réchauffant la planète.
« Trump conduit le pays vers une impasse faite de pétrole sale et d’air pollué », a fustigé Dan Becker, de l’ONG environnementale Center for biological diversity. « Cette mesure est illégale, fait fi des données scientifiques et nie la réalité », a condamné le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, virulent opposant de Donald Trump, dans un communiqué commun avec un autre gouverneur démocrate, Tony Evers du Wisconsin. « Nous continuerons à nous battre pour protéger les Américains de la pollution », ont promis les deux élus.
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Recours en justice attendu
Cette abrogation sera à coup sûr contestée devant la justice et pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême. « Nous les verrons au tribunal », promettait ainsi récemment Manish Bapna, président de l’organisation environnementale NRDC.
Si la Cour suprême, majoritairement conservatrice, s’est montrée ouverte ces dernières années à des revirements de jurisprudences, les plaignants relèveront que c’est l’une de ses propres décisions en 2007 qui est à l’origine du texte que Donald Trump souhaite abroger.
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Appelé constat de mise en danger (« Endangerment finding »), le texte en question avait été adopté par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) en 2009, sous la présidence de l’ancien président démocrate Barack Obama. Il stipule que six gaz à effet de serre sont dangereux pour la santé publique et tombent donc dans le périmètre des polluants réglementés par l’agence fédérale. Cela avait ainsi ouvert la voie à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz réchauffant l’atmosphère (CO2, méthane…), à commencer par les camions et les voitures, qui émettent du dioxyde de carbone en brûlant de l’essence.
Sa révocation mettrait donc fin aux limites imposées aux véhicules et permettrait à l’administration Trump de s’attaquer à une série d’autres réglementations, notamment concernant les centrales électriques.
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Le rôle humain minimisé dans le dérèglement climatique
L’administration de Donald Trump, qui soutient vivement le pétrole et le charbon, cherchait depuis plusieurs mois à renverser cette décision et les réglementations qui en découlent, au grand dam de nombreux scientifiques qui dénoncent une décision contraire à la science et à l’intérêt public.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, le 9 février 2026 à Washington. ANNABELLE GORDON / REUTERS
« Les preuves scientifiques relatives au changement climatique causé par l’homme et à ses conséquences étaient sans équivoque en 2009 et, depuis lors, elles sont devenues encore plus alarmantes et convaincantes », rappelaient, en juillet, plus de 1 000 scientifiques et experts dans une lettre publique.
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Le gouvernement américain minimise pour sa part le rôle des activités humaines dans le changement climatique et soutient que les gaz à effet de serre ne devraient pas être traités comme des polluants au sens traditionnel du terme car leurs effets sur la santé humaine sont indirects et mondiaux, plutôt que locaux. Il estime également qu’une telle abrogation permettrait de faire baisser le coût des voitures neuves, en hausse depuis la pandémie de Covid-19.
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Ce retour en arrière intervient alors que l’année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et que les effets du dérèglement du climat se font sentir à travers les Etats-Unis et le reste du monde.
Malgré ces manifestations tangibles, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas depuis deux ans à travers le monde développé faute d’investissements suffisants dans les technologies bas carbone.
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Le Monde avec AFP

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