Suicide de Caroline Grandjean : le ministre de l’éducation promet une réparation à la veuve de l’institutrice

Le ministre de l’éducation français, Edouard Geffray, s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale à Paris, le 10 février 2026. BERTRAND GUAY/AFP

Interrogé à l’Assemblée nationale, mardi 10 février, sur les conclusions d’une enquête administrative qui a conclu à une « défaillance institutionnelle » après le suicide de Caroline Grandjean, en septembre 2025, le ministre de l’éducation nationale a annoncé qu’il « ferai[t] une proposition de réparation à sa veuve ».

« Il faut condamner les conséquences, d’abord en termes de responsabilité du ministère, et c’est pour ça que je ferai évidemment une proposition de réparation à Mme Paccoud-Grandjean », sa veuve, a fait savoir Edouard Geffray lors des questions au gouvernement. Sollicité par l’Agence France-Presse (AFP), le ministère a précisé que cette réponse pourrait prendre la forme d’une réparation financière. Des discussions devraient s’ouvrir prochainement entre l’avocat de la veuve et le ministère, selon la même source.

Caroline Grandjean, 42 ans, était la cible depuis septembre 2023 de harcèlement en raison de son homosexualité et s’est suicidée le 1er septembre 2025, un drame qui a suscité l’émoi dans le monde enseignant et au-delà. Des tags « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de son école de Moussages, un village du Cantal de 200 habitants.

Lire aussi le reportage | Article réservé à nos abonnés Après le suicide de Caroline Grandjean-Paccoud, la sidération et le silence du village de Moussages

Une enquête avait été ouverte après ces inscriptions mais classée sans suite en mars 2025 « en l’absence de faits nouveaux », avait déclaré le parquet. En arrêt-maladie, l’enseignante s’était vue proposer un poste à quelques kilomètres de Moussages pour la rentrée scolaire, mais avait été alors incapable de reprendre son travail. L’épouse de Caroline Grandjean, Christine Grandjean-Paccoud, a depuis porté plainte contre l’éducation nationale pour « harcèlement ».

« Cette compensation financière, je la reçois comme “on va lui donner des sous à cette petite dame, et peut-être qu’elle va s’arrêter” », a réagi Mme Grandjean-Paccoud au micro de la radio Ici Pays d’Auvergne. « Moi, je le prends comme ça,a-t-elle ajouté. L’argent, c’est tellement rien à côté de ce que j’ai perdu. Ce n’est pas avec de l’argent qu’on va me faire taire. Je hurlerai jusqu’à ce que les responsables soient reconnus. »

« Des décisions administratives vécues comme des injustices »

Publiée le 6 février, l’enquête administrative diligentée après le suicide de Mme Grandjean conclut à une « défaillance institutionnelle dans le soutien » qui lui avait été apporté. « Ce constat repose en partie sur le sentiment éprouvé par l’enseignante que l’institution n’a pas toujours fait bloc avec elle face aux conflits avec certains parents », souligne le ministère. Il rapporte que l’enquête a noté « des décisions administratives vécues comme des injustices, par exemple s’agissant du refus d’attribuer une bonification de points liée à son handicap (RQTH) pour sa mobilité ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Suicide de Caroline Grandjean : l’enquête administrative révèle un manque de soutien de l’éducation nationale à la directrice d’école

Les conclusions du rapport, à la suite de cette enquête administrative, ont été transmises au mois de janvier au ministre de l’éducation, qui déclare que « les inspecteurs ont témoigné d’une succession de microdécisions, qu’il qualifierait, précise-t-il, d’aministrativo-bureaucratiques, et qui, en cumulé, constituent une défaillance institutionnelle ». « En termes de pratiques administratives, il faut profondément humaniser nos procédures de gestion administrative dans un ministère qui compte 1,8 million d’agents », a soulevé M. Geffray, mardi, devant l’Assemblée nationale.

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« Concrètement, il y a eu un traitement juridico-admistratif, voire bureaucratique, d’une situation dramatique », a encore affirmé Edouard Geffray. « Plus que dramatique puisqu’elle a mis fin à ses jours à la suite d’attaques lesbophobes dont elle était victime par des tiers qui n’ont pas encore été identifiés », a-t-il ajouté.

Le ministre a cependant souligné qu’« il n’y a pas eu, dans l’analyse [des inspecteurs] de volonté de nuire » ni de faute individuelle identifiée. « Ceux qui gèrent les autres, ce sont aussi des hommes et des femmes. Ils ne sont pas inhumains », a-t-il insisté, évoquant plutôt une mécanique administrative ayant failli.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Suicide de Caroline Grandjean : « L’absence de soutien de l’éducation nationale est révélatrice du déni lesbien qui structure notre société »

Le Monde avec AFP

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Un nouveau record historique de près de 200 milliards d’euros: les Français n’ont jamais autant dépensé sur des sites de ventes qu’en 2025

Le commerce en ligne français s’est approché des 200 milliards d’euros en 2025. Un chiffre en progression sur un an, porté par la hausse des fréquences d’achat.

Le commerce en ligne en France a signé un nouveau record en 2025. Le secteur a totalisé 196,4 milliards d’euros de ventes, selon le bilan annuel de la Fédération de l’e-commerce (Fevad). Un nouveau record, grâce à une progression de 7% sur un an, porté par les services (+9%), plus que par les produits (+4%), malgré tout moins élevée que celle de 2024, à 9,6%.

Cette hausse s’explique par une fréquence d’achat record, qui compense la baisse de la dépense moyenne par achat. Le volume de transactions a bondi de 10%, pour atteindre 3,2 milliards, soit « plus de 10 commandes à la seconde », se félicite Marc Lolivier, directeur général de la Fevad. 8 Français sur 10 commandent ainsi en ligne selon la Fédération. Toutefois, le panier moyen, c’est-à-dire la dépense moyenne effectuée lors d’une visite en ligne sur un site marchand, recule de 3%, à 62 euros.

« C’est le symptôme du phénomène d’épargne. Le climat d’incertitude conduit les Français à épargner de plus en plus » et « les consommateurs sont à la recherche de petits prix. Cette tendance est favorisée « par deux autres phénomènes qui sont les sites chinois (Temu, AliExpress… ou d’origine chinoise comme Shein) et l’explosion de la seconde main (Vinted…). », constate Marc Lolivier.

La mode est d’ailleurs le secteur qui s’en tire le moins bien en ligne, en recul de 0,5%. À l’inverse, l’électronique et électroménager (+5,2%), le sport (+5,1%), et le meuble/décoration (+3%) tirent leur épingle du jeu.

L’intelligence artificielle générative est un des leviers de croissance pour l’e-commerce: déjà utilisée par un cyberacheteur français sur trois dans son parcours d’achat en 2025 (étude Odoxa pour la Fevad), elle sera « une révolution sans précédent » avec une adoption très rapide, prédit Marc Lolivier.

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Qui est Jacques Leveugle, ancien éducateur, homme de lettres et criminel sexuel soupçonné d’avoir fait 89 victimes mineures sur cinq continents ?

Au moins 89 adolescents victimes de viols ou d’agressions sexuelles recensés dans neuf pays, la découverte dans des clés USB de « Mémoires » relatant cet impensable parcours criminel étalé sur plus de cinq décennies et sur les cinq continents, deux meurtres commis dans le cercle familial… C’est un dossier hors norme qu’a rendu public, mardi 10 février, le parquet de Grenoble lors d’une conférence de presse : celui d’un routard de la prédation sexuelle, aujourd’hui âgé de 79 ans, mis en examen et écroué depuis février 2024.

Ce qui a décidé le procureur de la République de Grenoble, Etienne Manteaux, à prendre la parole après deux ans d’investigations et à révéler l’identité du suspect – Jacques Leveugle, né en 1946 –, c’est la volonté du parquet de lancer un vaste appel à témoins afin d’identifier d’autres victimes avant de clôturer l’enquête, quand bien même certains faits, antérieurs à 1993, devraient être frappés par la prescription. A ce jour, près de la moitié des victimes recensées, une quarantaine, ont été identifiées et auditionnées par les services d’enquête.

Entre 1967 et 2022, le suspect, qui a reconnu les faits, est soupçonné d’avoir sexuellement abusé d’au moins 89 garçons âgés de 13 à 17 ans. Ces viols et ces agressions sexuelles auraient été commis sur tous les continents où Jacques Leveugle a exercé, sans aucun diplôme, comme enseignant, éducateur ou assistant scolaire : en Allemagne, en Suisse, au Maroc, au Niger, en Algérie, aux Philippines, en Inde, en Colombie et en France, en Nouvelle-Calédonie.

« Il intellectualise ses penchants »

A l’image de nombreux prédateurs sexuels, tel Dominique Pelicot avec les enregistrements vidéo des viols orchestrés sur son épouse, Gisèle, ou le chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec et ses fameux « carnets », Jacques Leveugle gardait la trace de chacun de ses crimes. Il les a minutieusement consignés par écrit dans ses « Mémoires », comme il les appelle. Et c’est la découverte de ces « Mémoires » par son neveu qui a précipité sa chute.

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Cryptomonnaie: le parquet anticriminalité organisée se saisit du dossier sur la séquestration d’une magistrate et de sa mère en Isère

Une magistrate et sa mère ont été enlevées, du 4 au 6 février derniers durant 30 heures, en Isère avant d’être retrouvées légèrement blessées. Le Pnaco annonce ce mercredi 11 février se saisir du dossier.

Le tout nouveau parquet national anti-criminalité organisée (Pnaco) va reprendre la main sur le dossier de l’enlèvement et la séquestration, survenus entre le 4 et le 6 février derniers, d’une magistrate et sa mère en Isère, a appris BFMTV ce mercredi 11 février.

L’affaire était jusqu’à présent gérée par la juridiction pénale spécialisée de Lyon. Dans cette affaire, liée à une demande de rançon en cryptomonnaies, six personnes ont été arrêtées, dont l’une est mineure.

Sur notre antenne ce mardi, Vanessa Perrée, procureure nationale anti-criminalité organisée, évoquait la « violence extrême » de ce genre de rapts.

Le compagnon de la magistrate, dirigeant d’une société de cryptomonnaie

Le procureur de Lyon Thierry Dran indiquait le 6 février que la magistrate et sa mère, avaient « réussi à s’extraire du garage dans lequel elles étaient séquestrées » en « profitant de l’absence des ravisseurs« . Elles ont « tapé fortement contre la porte du garage ». Un voisin, « alerté par le bruit », l’a alors ouvert.

Les deux victimes ont ensuite été prises en charge par les secours, selon le procureur de Lyon, avec « essentiellement des blessures à la tête ». La magistrate n’a a priori pas été visée pour ses activités, mais était ciblée, selon les premiers éléments de l’enquête, en raison des activités de son compagnon, dirigeant d’une société de cryptomonnaie.

« Dans la matinée du 5 février, vers 9h30, le compagnon de la victime qui est associé dans une start-up qui a des activités de cryptomonnaie avisait la police qu’il avait reçu un message, ainsi qu’une photo de sa compagne émanant des ravisseurs lui demandant le versement d’une rançon en cryptomonnaie et menaçant de mutilation les victimes si cette rançon n’était pas versée rapidement », a détaillé le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran. Son compagnon n’était pas présent sur les lieux au moment de l’enlèvement.

Selon nos informations, les malfaiteurs ont demandé une rançon en bitcoins, correspondant à un peu plus d’un million d’euros. Le procureur assure « qu’aucune rançon n’a été versée » après la libération des deux femmes.

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Accusé d’avoir eu des liens avec Jeffrey Epstein, le ministre du commerce américain, Howard Lutnick, nie toute proximité ; Donald Trump le soutient « totalement »

Le secrétaire au commerce américain, Howard Lutnick, au Capitole à Washington, le 10 février 2026. ELIZABETH FRANTZ/REUTERS

Le secrétaire américain au commerce, Howard Lutnick, s’est défendu, mardi 10 février, d’avoir été en contact prolongé avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, alors que son nom est apparu dans les dossiers de l’enquête, déclenchant des appels à sa démission. « J’ai à peine vu cette personne en l’espace de quatorze ans », a assuré M. Lutnick lors d’une audition au Sénat, faisant référence à une période débutant en 2005 quand il est devenu voisin du criminel sexuel à New York.

Lire aussi l’analyse | Article réservé à nos abonnés Le poison de l’affaire Epstein se répand avec la publication de nouvelles archives

« J’ai déjeuné avec lui [sur l’île], alors que je passais des vacances en famille sur un bateau. Ma femme était avec moi, ainsi que mes quatre enfants et leurs nounous », a-t-il déclaré, affirmant que la visite avait duré une heure. Un autre document fait état d’un déjeuner entre les deux hommes à New York en 2011. « Comme tout le monde, j’ai cherché mon nom dans les millions de documents publiés et j’ai vu qu’un document faisait état d’une rencontre en mai (2011), je crois, pour une heure tout au plus », s’est défendu M. Lutnick, ajoutant que son nom apparaissait dans « une dizaine de mails » au maximum.

La Maison Blanche a manifesté mardi son soutien à l’égard du ministre, un porte-parole assurant que « l’ensemble du gouvernement, dont le secrétaire Lutnick, se concentre sur le fait de servir les intérêts du peuple américain ». Mardi encore, la porte-parole Karoline Leavitt a affirmé qu’Howard Lutnick « rest[ait] un membre très important de l’équipe du président Trump » et que « le président sout[enait] totalement le ministre ».

« Il doit démissionner immédiatement »

Plusieurs élus accusent le secrétaire au commerce d’avoir menti quand il a assuré précédemment avoir coupé les ponts il y a plus de vingt ans avec Jeffrey Epstein. Les appels à la démission du ministre se multiplient depuis la publication par le ministère de la justice d’une montagne de documents faisant état notamment d’une visite de M. Lutnick sur l’île de Jeffrey Epstein en décembre 2012.

« M. Lutnick ne devrait pas être en charge de notre département du commerce, il doit démissionner immédiatement », a affirmé lundi le sénateur démocrate Adam Schiff. L’élu républicain Thomas Massie a de son côté jugé dimanche que le secrétaire au commerce « devait faciliter la vie du président et simplement démissionner ».

Proche personnellement de Donald Trump, Howard Lutnick était à la tête de l’entreprise de services financiers Cantor Fitzgerald avant de rejoindre le gouvernement l’an dernier, après le retour du milliardaire républicain dans le Bureau ovale.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Affaire Epstein : Ghislaine Maxwell affirme qu’elle ne répondra au Congrès qu’en échange d’une grâce présidentielle

Le Monde avec AFP

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« Je veux offrir à des millions de jeunes les bases financières qui m’ont manqué »: MrBeast étend son empire et rachète une application bancaire pour la Gen Z

Le youtubeur le plus suivi au monde a annoncé l’acquisition de Step, une plateforme bancaire en ligne destinée aux adolescents aux jeunes qui compte 7 millions de clients. Une opération qui marque une nouvelle étape dans la diversification de son empire, BeastIndustries, valorisé 5 milliards de dollars.

Décidément, rien n’échappe à MrBeast. Après le divertissement sur Youtube ou les chocolats, le créateur de contenu le plus suivi au monde s’attaque au domaine des services financiers.

Selon The Information, il vient de faire l’acquisition de Step, une application de services financiers destinée aux adolescents et aux jeunes adultes. Une opération qui marque l’entrée officielle de Beast Industries dans la fintech. Il entend initier la nouvelle génération à la gestion de l’argent.

Une application pensée pour les jeunes

Step se présente comme une application financière « tout-en-un ». Elle permet aux jeunes de moins de 18 ans de dépenser, épargner ou encore envoyer de l’argent. L’application, fondée en 2018 par les entrepreneurs fintech CJ MacDonald et Alexey Kalinichenko, revendique plus de 7 millions d’utilisateurs.

Elle ne fonctionne pas comme une banque traditionnelle. Il s’agit d’une plateforme qui s’appuie sur un partenariat avec Evolve Bank & Trust pour proposer des services bancaires depuis 2022. Les jeunes peuvent ainsi accéder à un compte bancaire ainsi qu’à une carte de retrait sans frais mensuels ou encore à des produits d’investissement.

MrBeast justifie cette acquisition par une motivation personnelle. Dans un message adressé à sa communauté, il explique vouloir combler un vide largement partagé chez les jeunes.

« Personne ne m’a appris à investir, à me constituer un historique de crédit ou à gérer mon argent quand j’étais jeune. C’est précisément pour cette raison que nous nous associons à Step », a-t-il précisé à ses millions de fans lundi 9 février.

« Je veux offrir à des millions de jeunes les bases financières qui m’ont manqué. Plein de choses à partager prochainement », a-t-il ajouté. Beast Industries n’a pas divulgué le montant de l’acquisition de Step.

L’entreprise a simplement précisé que Step permettait au youtubeur de proposer davantage de produits et services à ses fans. « Cette acquisition nous permet de rencontrer nos publics là où ils se trouvent, avec des solutions technologiques capables de transformer positivement leur avenir financier », détaille Jeff Housenbold, PDG de Beast Industries.

Un empire colossal

L’opération s’inscrit surtout dans une phase d’expansion rapide de Beast Industries. L’entreprise a récemment levé 200 millions de dollars auprès de Bitmine Immersion Technologies, un acteur majeur de la crypto. Step bénéficie par ailleurs du soutien de poids lourds de la tech et de la finance, comme Stripe, ainsi que plusieurs fonds de capital-risque de premier plan.

L’empire de MrBeast est déjà bien diversifié. Beast Industries opère ainsi dans l’agroalimentaire avec Feastables, sa marque de chocolats, dans le divertissement avec un dessin animé pour enfants, les Beast Games, sa téléréalité controversée diffusée sur Amazon Prime, et même un parc d’attractions en Arabie Saoudite. Le vidéaste a également sa propre ligne de jouets. Step, société de la fintech, devient un nouveau pilier de cet écosystème.

Ces projets tirent parti de la chaîne Youtube du créateur de contenu. Son profil est suivi par plus de 450 millions d’abonnés. Il dépasse régulièrement les 5 milliards de vues mensuelles sur l’ensemble de ses chaînes début 2026. Ses vidéos hyper-produites lui coûtent parfois plusieurs millions de dollars.

L’empire tentaculaire de MrBeast est valorisé environ 5 milliards de dollars depuis une levée de fonds en 2025. En 2024, la société a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 400 millions de dollars l’an dernier, selon Business Insider. Le créateur de contenu envisage une introduction en Bourse pour sa holding. Ses abonnés pourraient même devenir actionnaires de l’entreprise. Il s’agirait d’une première pour un youtubeur.

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« Purge » ou « réinvention audacieuse »… que vaut le film « Hurlevent » avec Margot Robbie et Jacob Elordi?

Ce mercredi 11 février sort « Hurlevent ». Une adaptation du roman d’Emily Brontë par Emerald Fennell, qui fait plutôt l’unanimité contre elle.

La critique divisée, même avant la sortie de Hurlevent. Rien que la bande-annonce de l’adaptation du roman d’Emily Brontë par Emerald Fennell avait suscité indignation et questionnement. À l’affiche de ce film événement, en salles ce mercredi 11 février, un casting pourtant alléchant, emmené par Margot Robbie et Jacob Elordi.

Tout part donc du chef d’œuvre d’Emily Brontë, l’une des histoires d’amour les plus mythiques de la littérature, que revisite ici la réalisatrice de Saltburn, Emerald Fennell. L’affiche du film, placardée partout dans le métro et sur les bus parisiens promet « Le Roméo et Juliette de cette génération ».

La plupart y voient surtout une trahison de l’œuvre d’Emily Brontë – « qu’est-ce qu’on a fait au Brontë », titre Libération, « c’est Emily Brontë qu’on assassine », renchérit Le Figaro.Le film aura au moins eu le mérite de déchaîner la plume des journalistes cinéma du monde entier, leur inspirant de vachardes (et réjouissantes) critiques.

Le film d’Emerald Fennel est ainsi, au choix, « un grand bluff instagrammable », selon Libération, qui « réduit le sombre chef-d’œuvre d’Emily Brontë à une romance clinquante et inoffensive, dépourvue de toute complexité », ou « une purge », pour les Inrockuptibles, une version moderne qui détruit « au bulldozer les raffinements de l’architecture dramatique d’origine ».

France Culture y voit « un très mauvais film érotique d’un autre âge », « une succession grotesque d’images qui défilent comme sur un réseau social », Le Figaro évoque « une adaptation grotesque », « une vision de midinette, saluée par les influenceurs et taillée pour ceux qui n’ont pas lu le livre ». Pour France Info, Emerald Fennell « succombe aux sirènes de la mode, et satisfait les fans de dark romance ».

« Mauvais goût exquis »

Les critiques anglo-saxons ne mâchent pas leurs mots non plus. « Une adaptation trop torride et trop excessive qui promet des cauchemars », titre Le Guardian, quand le Times parle d’un film « insipide » qui « ne parvient pas à refléter la complexité du plus grand roman gothique de la littérature anglaise ». Et même si l’agence Associated Press félicite une « expérience audacieuse », elle qualifie le film d' »étrangement superficiel et grossier. »

« Les prestations de Margot Robbie et Jacob Elordi frôlent la pantomime, tandis que les provocations de Fennell semblent définir les pauvres comme des déviants sexuels et les riches comme des prudes ignorants », peut-on lire dans les colonnes du journal britannique The Independant.

Pourquoi les Français sont-ils moins allés au cinéma en 2025?

« Emily Brontë doit se retourner dans sa tombe », y va carrément un critique cité par la BBC, qui évoque tout de même une « réinvention audacieuse », « sensuelle, dramatique et d’un romantisme envoûtant. » Un enthousiasme relatif qui rejoint la – rare – critique positive du Telegraph, attribuant cinq étoiles à un film « resplendissant, lubrique, dégoulinant et sauvage. »

En France, parmi les rares critiques positives sur Hurlevent, le site spécialisé Écran large félicite un film qui « touche tout de même au sublime dans ses moments de sensualité baroque qui vous laisseront un goût de sale dans la bouche et la tête en feu. » Le Point salue également « une histoire d’amour enfiévrée excellemment jouée par deux stars charismatiques », pour un film d' »un mauvais goût exquis ».

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Donald Trump va abroger jeudi un texte fondateur pour la lutte contre le changement climatique aux Etats-Unis

Des cheminées de la centrale à charbon Gavin Power Plant, à Cheshire (Ohio), le 11 septembre 2019. Cette centrale figure parmi les importantes sources d’émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis. STEPHANIE KEITH/GETTY IMAGES VIA AFP

Donald Trump va abroger, jeudi 12 février, un texte datant de Barack Obama et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis, a annoncé, mardi, sa porte-parole Karoline Leavitt.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Climat et biodiversité : ce que va changer le retrait des Etats-Unis d’organisations internationales majeures

« Il s’agira du plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine », a-t-elle affirmé lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche, assurant qu’il permettrait aux Américains de faire des économies.

Vivement dénoncé par des scientifiques et défenseurs de l’environnement, un tel revirement portera un coup majeur à l’action climatique des Etats-Unis, premier contributeur historique d’émissions réchauffant la planète.

« Trump conduit le pays vers une impasse faite de pétrole sale et d’air pollué », a fustigé Dan Becker, de l’ONG environnementale Center for biological diversity. « Cette mesure est illégale, fait fi des données scientifiques et nie la réalité », a condamné le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, virulent opposant de Donald Trump, dans un communiqué commun avec un autre gouverneur démocrate, Tony Evers du Wisconsin. « Nous continuerons à nous battre pour protéger les Américains de la pollution », ont promis les deux élus.

Recours en justice attendu

Cette abrogation sera à coup sûr contestée devant la justice et pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême. « Nous les verrons au tribunal », promettait ainsi récemment Manish Bapna, président de l’organisation environnementale NRDC.

Si la Cour suprême, majoritairement conservatrice, s’est montrée ouverte ces dernières années à des revirements de jurisprudences, les plaignants relèveront que c’est l’une de ses propres décisions en 2007 qui est à l’origine du texte que Donald Trump souhaite abroger.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Pour l’Agence de protection de l’environnement américaine, le changement climatique est dû au changement d’orbite de la Terre et aux volcans

Appelé constat de mise en danger (« Endangerment finding »), le texte en question avait été adopté par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) en 2009, sous la présidence de l’ancien président démocrate Barack Obama. Il stipule que six gaz à effet de serre sont dangereux pour la santé publique et tombent donc dans le périmètre des polluants réglementés par l’agence fédérale. Cela avait ainsi ouvert la voie à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz réchauffant l’atmosphère (CO2, méthane…), à commencer par les camions et les voitures, qui émettent du dioxyde de carbone en brûlant de l’essence.

Sa révocation mettrait donc fin aux limites imposées aux véhicules et permettrait à l’administration Trump de s’attaquer à une série d’autres réglementations, notamment concernant les centrales électriques.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Aux Etats-Unis, l’administration Trump mène un « sabotage » en règle des sciences du climat

Le rôle humain minimisé dans le dérèglement climatique

L’administration de Donald Trump, qui soutient vivement le pétrole et le charbon, cherchait depuis plusieurs mois à renverser cette décision et les réglementations qui en découlent, au grand dam de nombreux scientifiques qui dénoncent une décision contraire à la science et à l’intérêt public.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump, le 9 février 2026 à Washington. ANNABELLE GORDON / REUTERS

« Les preuves scientifiques relatives au changement climatique causé par l’homme et à ses conséquences étaient sans équivoque en 2009 et, depuis lors, elles sont devenues encore plus alarmantes et convaincantes », rappelaient, en juillet, plus de 1 000 scientifiques et experts dans une lettre publique.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Un rapport climatosceptique commandé par l’administration Trump révolte la communauté scientifique américaine

Le gouvernement américain minimise pour sa part le rôle des activités humaines dans le changement climatique et soutient que les gaz à effet de serre ne devraient pas être traités comme des polluants au sens traditionnel du terme car leurs effets sur la santé humaine sont indirects et mondiaux, plutôt que locaux. Il estime également qu’une telle abrogation permettrait de faire baisser le coût des voitures neuves, en hausse depuis la pandémie de Covid-19.

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Ce retour en arrière intervient alors que l’année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et que les effets du dérèglement du climat se font sentir à travers les Etats-Unis et le reste du monde.

Malgré ces manifestations tangibles, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas depuis deux ans à travers le monde développé faute d’investissements suffisants dans les technologies bas carbone.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Réchauffement climatique : 2025 dans le trio des années les plus chaudes jamais enregistrées

Le Monde avec AFP

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EDITO. Le plein-emploi promis par Emmanuel Macron en 2022? Un lointain souvenir… L’Europe continue à créer des emplois, la France grimpe à 8% de taux de chômage

C’était une promesse d’Emmanuel Macron en 2022: atteindre le plein-emploi en fin de mandat. Avec 8% de chômage fin 2025, cet objectif est définitivement enterré.

L’objectif affiché en 2022 d’atteindre le plein-emploi d’ici la fin du quinquennat ne sera pas tenu. Avec un taux de chômage remonté à 8% fin 2025, la France s’éloigne de ses voisins européens et voit ressurgir de vieilles fragilités.

Il devait être le marqueur social du second mandat. En 2022, Emmanuel Macron promettait le plein-emploi à l’horizon 2027. Trois ans plus tard, la cible est hors d’atteinte. Le taux de chômage a grimpé à près de 8% fin 2025. Une hausse de 0,6 point en un an.

Dans une Europe qui, elle, continue de créer des emplois, le décrochage français interpelle. L’Allemagne affiche 3,8% de chômage. L’Italie est récemment passée sous les 6%. La moyenne de l’Union européenne s’établit à 5,9%. La France, elle, fait figure d’exception.

L’Edito de Raphaël Legendre : Plein-emploi, le pari raté d’Emmanuel Macron – 11/02

Plus préoccupant encore: la remontée touche en priorité les jeunes actifs. Un signal d’alerte dans un pays où l’insertion professionnelle reste un défi structurel.

Un premier quinquennat qui avait inversé la courbe

Le paradoxe est cruel. Le premier mandat d’Emmanuel Macron avait enregistré des résultats incontestables sur l’emploi. Entre 2017 et 2022, plus de deux millions d’emplois ont été créés. Le taux de chômage est passé d’environ 9% à 7%.

Ces performances ne relevaient pas du hasard. Elles s’inscrivaient dans une séquence réformatrice engagée dès le quinquennat de François Hollande avec la loi El Khomri, puis amplifiée sous Emmanuel Macron avec les ordonnances travail portées par Muriel Pénicaud. À cela se sont ajoutées les réformes de l’assurance chômage et la transformation du RSA.

Autant de mesures qui ont flexibilisé le marché du travail sans plonger massivement les salariés dans la précarité. La démonstration était faite: contrairement à la formule célèbre de François Mitterrand affirmant que « contre le chômage, on a tout essayé », il restait des leviers à activer. Et ils ont produit des effets.

Un coup d’arrêt politique et fiscal

Pourquoi, alors, cette inversion de tendance depuis un an?

Le contexte politique a d’abord pesé. La dissolution ratée de mi-2024 a plongé le pays dans une séquence d’incertitude. Les décisions d’investissement ont été différées. Les embauches, ralenties.

Sur le plan fiscal, la stabilité qui prévalait depuis une décennie a cédé la place à des hausses d’impôts ciblant les entreprises. Dans un environnement économique déjà fragile, le signal envoyé a refroidi une partie du tissu productif.

D’autres choix sont discutés: l’absence d’un nouveau durcissement de l’assurance chômage, ou encore les hésitations autour de la réforme des retraites, ont contribué à brouiller la trajectoire. En dix-huit mois, la dynamique s’est grippée.

Des signaux moins sombres qu’il n’y paraît

Pour autant, ces chiffres ne racontent pas une histoire uniquement négative.

D’abord, la hausse du chômage des jeunes s’explique en partie par l’essor spectaculaire de l’apprentissage. De nombreux étudiants entrent plus tôt sur le marché du travail et apparaissent dans les statistiques, parfois entre deux contrats.

Ensuite, ces données interviennent dans un contexte de reprise de la croissance. Si l’emploi progresse moins vite que l’activité, cela signifie que la productivité s’améliore. Un facteur clé pour la compétitivité future.

Enfin, la réforme du RSA, qui impose désormais un accompagnement renforcé avec une quinzaine d’heures d’activité hebdomadaire, a fait réapparaître dans les statistiques des personnes très éloignées de l’emploi. Leur retour dans les chiffres reflète une tentative de réintégration, non un simple échec.

Une société moins obsédée par le chômage

Mais le changement le plus profond est peut-être ailleurs. La peur du chômage de masse, qui a marqué les générations des années 1990 et 2000, s’est atténuée.

Dans la grande enquête « Fractures françaises » publiée en octobre dernier, la crainte du chômage ne figurait qu’en treizième position des préoccupations des Français, loin derrière le pouvoir d’achat, la sécurité ou la santé.

Le débat s’est déplacé. Il ne porte plus seulement sur l’accès à l’emploi, mais sur la qualité et la rémunération du travail.

Le plein-emploi ne sera sans doute pas au rendez-vous de 2027. Reste une question centrale: comment faire en sorte que le travail paie davantage? C’est désormais là que se joue la bataille politique et sociale.

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Un adolescent juif agressé à Paris, un jeune suspect interpellé

Un adolescent juif de 13 ans, qui portait une kippa à la main, a été agressé, lundi soir à Paris, par plusieurs personnes qui ont proféré des propos antisémites, a annoncé, mardi 10 février, le parquet, faisant état de l’interpellation d’un jeune homme de 18 ans.

Lundi à 19 h 20, les policiers sont intervenus avenue de la porte de la Chapelle, dans le 18e arrondissement, pour une agression. Un adolescent de 13 ans a expliqué « qu’il tenait sa kippa à la main et se rendait à la synagogue, lorsque cinq personnes s’en sont prises à lui pour lui prendre sa veste et lui intimer de vider ses poches », a expliqué le parquet à l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information du Figaro.

« Il a ajouté s’être vu infliger une balayette [un coup de pied porté au niveau de la cheville ou du tibia pour le faire tomber], des coups de poing au visage, ainsi qu’un couteau porté à sa gorge, avant de se faire voler ses AirPods », a détaillé le ministère public. Selon le parquet, « la victime a précisé que ses agresseurs avaient tenu des propos antisémites ».

Un jeune homme de 18 ans placé en garde à vue

Pendant cette agression, le mineur était en conversation vidéo avec un interlocuteur, qui a identifié un des agresseurs : celui-ci a été rapidement été interpellé. Il s’agit d’un jeune homme né en juin 2007, qui a été placé en garde à vue, selon la même source.

Le parquet a précisé que l’enquête, ouverte pour vol avec arme et violences avec arme, en réunion, et aggravée par la discrimination, se poursuivait afin d’identifier et interpeller les autres mis en cause.

« Comment trouver les mots pour expliquer à un enfant de 13 ans qu’il est agressé parce que juif ? Qui pourra demain lui redonner confiance en l’avenir ? La haine des juifs n’est jamais acceptable mais elle l’est encore moins quand elle vise des enfants », a dénoncé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi, sur le réseau social X.

Le Monde avec AFP

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