Le ministre de l’Intérieur a annoncé deux nouveaux refus d’obtempérer dans la nuit de lundi à mardi, s’ajoutant à trois autres cas survenus la veille. Un phénomène qui prend de l’ampleur, selon un policier blessé il y a un an lors d’une course poursuite.
Encore un nouveau policier blessé. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a annoncé ce mardi 3 janvier sur TF1 deux nouveaux refus d’obtempérer dans la nuit de lundi à mardi, à Saint-Cyr-L’École (Yvelines) et Toulouse (Haute-Garonne).
Dans le premier cas, « un policier municipal a été légèrement blessé ». Pour le second, la course-poursuite a débuté « à Toulouse et s’est terminé à Carcassonne, (soit) 94 kilomètres », fustige le ministre de l’Intérieur. Deux nouveaux délits routiers qui s’ajoutent à une longue série depuis le début du mois.
Neuf policiers ont été blessés en 24 heures dans le cadre de refus d’obtempérer. Trois agents de la brigade anti-criminalité ont été percutés volontairement dimanche 1er février par le conducteur d’un « camion-plateau » alors qu’ils tentaient d’arrêter une BMW semblant « effectuer des repérages à proximité de divers hangars » près de la commune de Quincy-Voisins.
À peu près au même moment, une policière de 25 ans a été traînée par un véhicule sur une centaine de mètres à Bezons, près du pont éponyme. Enfin, dans la nuit de dimanche à lundi, des policiers de Loire-Atlantique ont été grièvement blessés à Savenay après avoir été percutés délibérément par l’automobiliste qu’ils tentaient d’arrêter.
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Des conducteurs « de plus en plus jeunes »
Des cas loin d’être isolés. Les refus d’obtempérer sont de plus en plus fréquents en France, +11% en 2025 par rapport à l’année précédente selon le ministère de l’Intérieur. Un phénomène dangereux, autant pour l’automobiliste en fuite que les policiers partis à sa poursuite, qui font désormais partie du quotidien des forces de l’ordre.
« C’est vraiment toutes les nuits, ça peut être plusieurs fois par nuit », confie un policier de la BAC dans les Hauts-de-France à BFMTV. Ce dernier a été blessé dans le cadre d’un refus d’obtempérer il y a un an au niveau de la frontière belge. « C’est vraiment un phénomène récurrent », insiste-t-il.
Et d’ajouter: « Maintenant, les refus d’obtempérer se sont pour tout et pour rien. Ça peut aller du défaut d’assurance jusqu’aux voitures volées. On a vraiment tous types d’infractions. »
Le policier évoque également des fuyards, « parfois de plus en plus jeunes », qui tentent le tout pour le tout afin de ne pas se faire arrêter, « au risque de percuter les autres usagers de la route ou même de mettre en danger les fonctionnaires de police. »
Vers de nouveaux moyens techniques et légaux?
Si le nombre de refus d’obtempérer augmente fortement en France, l’agent de police l’assure: la réalité est encore plus importante car « tous les refus d’obtempérer ne font pas l’objet d’une procédure ». « Il y a déjà une bonne partie qui n’est pas référencée », insiste le policier.
Au-delà des moyens techniques, ce policier de la BAC demande ainsi davantage de moyens légaux: après un refus d’obtempérer, la procédure est lourde pour les agents. Il souhaiterait donc la mise en place de la présomption d’innocence.
En visite en Nantes ce lundi après le refus d’obtempérer grave en Loire-Atlantique, le ministre de l’Intérieur et ancien préfet de police a, lui aussi, formulé des souhaits quant à une éventuelle évolution de la loi. « Ces faits viennent illustrer à nouveau la nécessité de pouvoir voir aboutir la possibilité d’avoir une présomption d’usage légitime de l’arme quand ils font confronter à ce genre de périple qui se traduit, au final, par une tentative de meurtre. »
En 2025, 12.000 policiers et gendarmes ont été blessés « en mission », tous types de missions confondues. Un chiffre « en augmentation », déplore Laurent Nuñez.

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