Ce mercredi 11 février sort « Hurlevent ». Une adaptation du roman d’Emily Brontë par Emerald Fennell, qui fait plutôt l’unanimité contre elle.
La critique divisée, même avant la sortie de Hurlevent. Rien que la bande-annonce de l’adaptation du roman d’Emily Brontë par Emerald Fennell avait suscité indignation et questionnement. À l’affiche de ce film événement, en salles ce mercredi 11 février, un casting pourtant alléchant, emmené par Margot Robbie et Jacob Elordi.
Tout part donc du chef d’œuvre d’Emily Brontë, l’une des histoires d’amour les plus mythiques de la littérature, que revisite ici la réalisatrice de Saltburn, Emerald Fennell. L’affiche du film, placardée partout dans le métro et sur les bus parisiens promet « Le Roméo et Juliette de cette génération ».
La plupart y voient surtout une trahison de l’œuvre d’Emily Brontë – « qu’est-ce qu’on a fait au Brontë », titre Libération, « c’est Emily Brontë qu’on assassine », renchérit Le Figaro.Le film aura au moins eu le mérite de déchaîner la plume des journalistes cinéma du monde entier, leur inspirant de vachardes (et réjouissantes) critiques.
Le film d’Emerald Fennel est ainsi, au choix, « un grand bluff instagrammable », selon Libération, qui « réduit le sombre chef-d’œuvre d’Emily Brontë à une romance clinquante et inoffensive, dépourvue de toute complexité », ou « une purge », pour les Inrockuptibles, une version moderne qui détruit « au bulldozer les raffinements de l’architecture dramatique d’origine ».
France Culture y voit « un très mauvais film érotique d’un autre âge », « une succession grotesque d’images qui défilent comme sur un réseau social », Le Figaro évoque « une adaptation grotesque », « une vision de midinette, saluée par les influenceurs et taillée pour ceux qui n’ont pas lu le livre ». Pour France Info, Emerald Fennell « succombe aux sirènes de la mode, et satisfait les fans de dark romance ».
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« Mauvais goût exquis »
Les critiques anglo-saxons ne mâchent pas leurs mots non plus. « Une adaptation trop torride et trop excessive qui promet des cauchemars », titre Le Guardian, quand le Times parle d’un film « insipide » qui « ne parvient pas à refléter la complexité du plus grand roman gothique de la littérature anglaise ». Et même si l’agence Associated Press félicite une « expérience audacieuse », elle qualifie le film d' »étrangement superficiel et grossier. »
« Les prestations de Margot Robbie et Jacob Elordi frôlent la pantomime, tandis que les provocations de Fennell semblent définir les pauvres comme des déviants sexuels et les riches comme des prudes ignorants », peut-on lire dans les colonnes du journal britannique The Independant.
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« Emily Brontë doit se retourner dans sa tombe », y va carrément un critique cité par la BBC, qui évoque tout de même une « réinvention audacieuse », « sensuelle, dramatique et d’un romantisme envoûtant. » Un enthousiasme relatif qui rejoint la – rare – critique positive du Telegraph, attribuant cinq étoiles à un film « resplendissant, lubrique, dégoulinant et sauvage. »
En France, parmi les rares critiques positives sur Hurlevent, le site spécialisé Écran large félicite un film qui « touche tout de même au sublime dans ses moments de sensualité baroque qui vous laisseront un goût de sale dans la bouche et la tête en feu. » Le Point salue également « une histoire d’amour enfiévrée excellemment jouée par deux stars charismatiques », pour un film d' »un mauvais goût exquis ».

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