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Après la mise en garde d’Ali Khamenei, Donald Trump dit espérer un accord avec l’Iran

Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, s’exprime lors d’une réunion avec des Iraniens, à Téhéran, dimanche 1ᵉʳ février 2026, avant le 47ᵉ anniversaire de la révolution islamique. – / AFP

Donald Trump a déclaré, dimanche 1er février, espérer conclure un accord avec l’Iran après une mise en garde du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, sur le risque d’une « guerre régionale » si les Etats-Unis mettaient à exécution leur menace d’intervention militaire.

Le président américain multiplie les avertissements depuis le début du mouvement de contestation réprimé à huis clos en janvier, dans un pays alors privé d’Internet et largement coupé du monde. Tout en répétant négocier avec Téhéran pour éviter une telle issue. « J’espère qu’on va trouver un accord », a déclaré Donald Trump à la presse. « Si nous n’avons pas d’accord, nous allons voir si [le Guide suprême] avait raison ou non », a-t-il ajouté.

Prenant la parole pour la première fois en deux semaines, Ali Khamenei avait lancé plus tôt une nouvelle mise en garde. « Les Américains doivent savoir que, s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a-t-il prévenu, alors que les Etats-Unis avaient brièvement bombardé l’Iran lors d’une guerre de douze jours en juin 2025 déclenchée par Israël.

Il a également fustigé de nouveau les protestataires. Ils « ont attaqué la police, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des gardiens de la révolution, des banques, des mosquées et ont brûlé le Coran (…) c’était un véritable coup d’Etat », a accusé l’ayatollah Khamenei, assurant que cette tentative avait « échoué ».

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Une liste de noms de personnes tuées publiée

La République islamique a réagi en réprimant le mouvement dans le sang et en procédant à des arrestations en masse. Parmi ceux interpellés, Erfan Soltani, âgé de 26 ans, l’avait été le 10 janvier, lors du pic des manifestations, lancées initialement contre le coût de la vie, mais qui se sont transformées en mouvement de défiance envers les autorités.

Erigé par des défenseurs des droits humains comme le visage du mouvement, il a été libéré samedi sous caution, a déclaré dimanche son avocat, Amir Mousakhani. Les Etats-Unis et des ONG avaient signalé un risque d’exécution du jeune homme, accusé de propagande contre le système islamique et d’atteinte à la sécurité nationale, selon la justice. L’Iran avait cependant démenti qu’il encourait la peine de mort pour les faits qui lui étaient reprochés.

Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, plus de 42 000 personnes ont été arrêtées lors du mouvement. Elle a par ailleurs pu confirmer 6 713 morts, dont une majorité de manifestants. Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17 000 décès en cours d’examen, écrit l’organisation.

Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes, mais affirment que la grande majorité étaient des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes ». Une opération orchestrée, selon Téhéran, par les Etats-Unis et Israël.

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La présidence a publié dimanche les noms de 2 986 personnes tuées pendant les troubles sur une liste de 3 117 morts. Les 131 restants n’ont pas encore été identifiés, selon un communiqué.

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« Honte à l’Europe ! »

Comme Washington, les autorités iraniennes alternent ces derniers jours menaces de représailles en cas d’attaque et volonté de négocier avec les Etats-Unis. Dans une interview diffusée dimanche par CNN, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a souligné que des pays de la région servaient d’intermédiaires pour rétablir la confiance qu’il affirme avoir perdue en Washington.

Il a ainsi dit voir « la possibilité d’une (…) discussion si l’équipe de négociation américaine suit ce qu’a déclaré le président Trump : un accord juste et équitable pour garantir qu’il n’y ait pas d’armes nucléaires » détenues par Téhéran. La République islamique est soupçonnée par les Occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique, ce qu’elle dément.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, avait déclaré, samedi soir, qu’une guerre n’était dans l’intérêt ni de l’Iran ni des Etats-Unis, disant vouloir privilégier la diplomatie. Et un autre haut responsable avait fait état de « progrès » en vue de « négociations » avec Washington. Donald Trump avait, lui, affirmé à la chaîne Fox News, samedi, que l’Iran conversait avec les Etats-Unis, sans toutefois donner de précisions.

La situation s’était tendue ces derniers jours alors que les Etats-Unis ont déployé dans le Golfe une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham-Lincoln, les forces armées iraniennes se disant « en état d’alerte maximale ».

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La pression sur l’Iran vient aussi de l’Union européenne, qui a inscrit sur la liste des « organisations terroristes » les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique accusée d’avoir orchestré la répression du mouvement de protestation. En représailles, le Parlement iranien a déclaré dimanche comme « groupes terroristes » les armées européennes. « Mort à l’Amérique ! », « Mort à Israël ! », « Honte à l’Europe », ont scandé les élus du Parlement iranien, jour du 47e anniversaire du retour d’exil en Iran de l’imam Khomeini, père fondateur de la République islamique.

Le Monde avec AFP

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