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Fin de l’ADSL: après avoir contribué à l’explosion du haut débit, comment Free prépare ses adieux (et ses clients) à la fin du réseau cuivre

D’ici 2030, les opérateurs devront tous débrancher leurs clients ADSL au profit de la fibre optique. Une opération inédite par son ampleur que le directeur général de Free, Nicolas Thomas, détaille pour Tech&Co.

D’ici 2030, le réseau cuivre historique fera officiellement ses adieux. Mais les opérateurs ont déjà procédé à la coupure de l’ADSL dans de nombreuses communes, notamment en début d’année 2025, tandis que de nouvelles salves sont attendues dès le début 2026.

Un moment clef rendu obligatoire par la vétusté du réseau, mais également pour sécuriser l’ensemble et porter les vitesses de connexion du haut au très haut débit grâce au déploiement de la fibre.

La fin de l’ADSL, un « chantier herculéen »

Tous les opérateurs vont y passer, notamment Orange, qui se charge de l’exploitation, tandis que les autres acteurs s’activent pour faire passer les derniers irréductibles au très haut débit. C’est le cas de Free, qui fut, un temps, l’un des principaux instigateurs de la popularité de l’ADSL en lançant il y a un peu moins de 25 ans une offre « triple-play » (TV, internet et téléphone), dynamitant au passage un marché où les forfaits étaient particulièrement contraignant et onéreux.

Preuve que celui qu’on a longtemps appelé le « trublion des télécoms » ne se repose pas sur ses lauriers, il vient de passer un cap important: celui des 4 millions de foyers éligibles à la fibre en Nouvelle-Aquitaine (soit 93% et 4.000 communes). La zone verra l’ADSL s’arrêter au tout début de l’année 2026.

Pour l’occasion, Tech&Co a rencontré Nicolas Thomas, directeur général de Free, qui revient sur ce qu’il décrit comme « un chantier herculéen », celui de la fibre, qui a démarré en 2006.

« Il s’agit de déployer une nouvelle infrastructure au niveau national, et aujourd’hui, vous avez 90% des foyers qui sont raccordables à la fibre. C’est assez génial en fait, car à part en Espagne, il n’y a pas d’autres pays européens qui sont aussi avancés que ça, » explique-t-il.

Pour réussir ce tour de force, Free a dépensé plus de 10 milliards d’euros, porté par l’Etat qui a proposé le plan France Très Haut Débit: « Il y a beaucoup de pays qui ne peuvent même pas envisager la fin du cuivre, » note-t-il.

85% des abonnés Free raccordable à la fibre optique

Au-delà des débits largement supérieurs à l’ADSL, la fibre est devenue nécessaire d’un point de vue technique. Elle est beaucoup plus résiliente que le vieux réseau cuivre déployé au début des années 70, et elle est également moins énergivore.

Autant dire que Free et les autres opérateurs s’y retrouvent aussi économiquement parlant: « Opérer deux réseaux en parallèle, ça n’a pas beaucoup de sens, d’autant plus que l’un d’eux est vieux, » estime Nicolas Thomas.

Mais Free peut aussi compter sur une clientèle bien précise. Si chez Orange, il faut faire avec un public plus âgé et rural du fait de son statut d’opérateur historique, Free est porté par des abonnés plus technophiles, et donc bien plus adepte des nouvelles technologies: « On a 7,5 millions d’abonnés box (Free est le second fournisseur d’accès français, ndlr) et 85% d’entre eux sont déjà en fibre optique. Il y a donc une bonne partie du chemin qui est déjà fait. »

Que faire des 15% restants? Fidèle à ses idées, Free n’a pas bousculé ses offres en refusant d’augmenter ses tarifs pour l’arrivée de la fibre: « Un abonné qui est aujourd’hui en ADSL a de très bonne chance d’avoir une box qui est compatible fibre optique, et le tout, sans augmentation. C’est du meilleur pour le même prix, » glisse Nicolas Thomas.

Un réseau de proximité pour personnaliser la prise en charge

Free observe néanmoins qu’il y a « assez peu » de réfractaires à la fibre optique, mais constate aussi que ceux qui n’y sont pas encore passés ne trouvent pas forcément l’utilité d’avoir du très haut débit, sans compter les résidences secondaires. « Il y a aussi la question d’abonnés qui s’inquiètent de l’inconnu et qui repoussent. »

L’opérateur estime « important » qu’une date ferme soit décidée car il s’agit d’un déclencheur: « Mes parents qui habitent dans une petite commune sont passés à la fibre, et en moins de 48h, tout s’était très bien passé, » ajoute le directeur général, et ce, alors qu’il s’agissait d’une maison où il est nécessaire de « tirer » la fibre de la rue vers le logement (contrairement à un immeuble où il faut raccorder le point d’entrée puis distribuer la fibre à tous les occupants).

Tout passe en amont par la communication. A l’instar d’Orange, comme vous l’avait révélé Tech&Co, Free passe par les mails et SMS, mais le fournisseur d’accès à internet fondé par Xavier Niel peut aussi compter sur des « équipes de proximité ». Elles sont 200 en France, et chaque salarié du groupe se charge d’une zone en particulier et peut se déplacer à domicile.

Un technicien Free de proximité © Free

L’objectif est de personnaliser et personnifier le passage à la fibre optique. Les abonnés qui auraient des craintes peuvent ainsi s’adresser à une personne dédiée: « Ce qui se passe dans sa zone, il en devient d’une certaine manière responsable, et il y a donc ce sentiment d’appropriation qui est super important, en plus de créer un lien avec les abonnés. » En cas de problème aussi, les abonnés peuvent donc très rapidement avoir un interlocuteur.

Un tiers des effectifs de Free sont par ailleurs dédié à la fibre et sont déployés sur le terrain, en plus du réseau de boutique: « Les expérimentations qui ont été faites font qu’au moment des extinctions précédentes, il n’y avait plus que moins de 1% de nos abonnés qui n’avaient pas migré, » assure Nicolas Thomas.

Qui sont ces 1%? « Il s’agit le plus souvent de personnes ayant des résidences secondaires et qui sont donc absents la plupart du temps, on peut les traiter a posteriori. »

Une nouvelle bataille pour les FAI

Quand il s’agit de faire ses adieux à une technologie qu’il a aidé à populariser, Free n’a pas l’émotion du parent voyant un de ses enfants quitter la maison: « Free a toujours été en mouvement. La mission qu’on mène depuis le début, c’est rendre le numérique accessible au plus grand nombre, et il a grandement évolué depuis le début d’internet. On a vu une technologie naissante et on se l’est approprié en ayant une équipe en interne qui puisse s’en occuper. C’est ce qu’on a fait avec la fibre optique. »

Pas de petite larme au coin des yeux, l’opérateur est « optimiste » et même « ravi » de se lancer dans cette bataille au long cours.

Dans les prochains mois, le nombre de zones où le cuivre va s’arrêter va augmenter de manière exponentielle. L’occasion pour les opérateurs de montrer les muscles, et Free semble particulièrement attentif à cette concurrence renouvelée. Le gagnant de cette nouvelle manche dans l’internet fixe pourrait donc bien être la surprise des cinq prochaines années, d’autant plus à l’heure où SFR pourrait être vendu à la découpe.

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