Jacques Leveugle aurait agressé sexuellement 89 personnes en plus de 50 ans: comment fonctionne la prescription dans une affaire d’une telle ampleur?

Jacques Leveugle, 79 ans, est soupçonné d’avoir violé et agressé sexuellement de jeunes garçons, en France et à l’international. À ce jour, 89 victimes ont été recensées, dont une partie seulement identifiée. La question de la prescription limite aujourd’hui les poursuites possibles. Comment la justice peut-elle traiter une affaire d’une telle ampleur et quelles réponses restent ouvertes pour les victimes?

Soupçonné d’avoir agressé sexuellement et violé des dizaines de mineurs pendant près de 60 ans, Jacques Leveugle, 79 ans, est au cœur d’une des plus grandes affaires judiciaires de ces dernières années. À ce jour, 89 victimes ont été recensées par la justice, dont une quarantaine identifiées. Début février 2026, le procureur de Grenoble, Étienne Manteaux, a lancé un appel à témoins afin de retrouver d’éventuelles victimes supplémentaires, insistant sur une contrainte majeure: la prescription des faits.

Car si la justice soupçonne le septuagénaire d’avoir agi entre 1967 et 2022, seuls les faits commis à partir de 1993 seraient, en l’état, susceptibles de poursuites. Une limite juridique qui soulève de nombreuses interrogations: comment fonctionne la prescription en matière de crimes et délits sexuels sur mineurs? Existe-t-il des exceptions permettant de juger des faits anciens?

Dans ce nouvel épisode du podcast Affaire Suivante, Maître Myriam Guedj Benayoun, avocate au barreau de Toulouse, spécialisée dans la défense des victimes de violences sexuelles, physiques et psychologiques, revient sur le traitement de cette affaire.

[INÉDIT] Affaire Jacques Leveugle: les crimes sexuels sur mineurs doivent-ils devenir imprescriptibles?

Qu’est-ce que la prescription, concrètement?

La prescription, c’est un délai au-delà duquel l’action publique, c’est-à-dire la possibilité pour le procureur de la République de demander l’ouverture d’une information judiciaire ou la tenue d’un procès, s’éteint. Pour qu’une personne puisse être jugée, il faut que l’action publique soit toujours « vivante ».

Si un certain délai est dépassé, on considère que l’action publique est éteinte et l’on ne peut plus juger la personne: on dit alors que les faits sont prescrits. Ces délais de prescription varient en fonction de la nature de l’affaire: crime ou délit, victime mineure ou majeure, viol ou agression sexuelle. De nombreux critères entrent en compte dans le calcul de ce délai.

Dans le dossier Jacques Leveugle, la justice soupçonne des agressions sexuelles et des viols sur mineurs. Quels sont donc les délais de prescription dans ce cas précis?

Aujourd’hui, pour les viols, qui sont des crimes, le délai de prescription est de 30 ans. Pour les agressions sexuelles, qui sont des délits, le délai est de 20 ans. Ces délais commencent à courir à partir de la majorité de la victime. Concrètement, pour un mineur, ils courent à compter de ses 18 ans: 18 + 30 ans, cela donne 48 ans pour les viols; 18 + 20 ans, 38 ans pour les agressions sexuelles.

Mais d’autres critères doivent être pris en compte. Depuis 2021, pour tout ce qui est criminel, et depuis 2024, pour tout ce qui est agression sexuelle délictuelle, il existe ce qu’on appelle la « prescription glissante ». Si la personne mise en cause commet d’autres actes de viol ou d’agression sexuelle alors que votre propre affaire n’est pas encore prescrite, on ajoute le nouveau délai de prescription à celui de votre affaire.

C’est pour cela que, lorsque j’entends ce que dit le procureur de la République au sujet des faits antérieurs ou postérieurs à 1993, je considère que ce n’est pas aussi simple. Cela se traite au cas par cas, comme dans le dossier Joël Le Scouarnec, où les négociations et le travail sur la prescription ont été extrêmement importants et menés dossier par dossier.

Ces carnets numériques peuvent-ils permettre aux victimes d’être entendues avant qu’il ne soit trop tard?

Oui. Pour reprendre l’exemple du dossier du chirurgien Joël Le Scouarnec, c’est également grâce à des fichiers que de nombreuses victimes ont pu être retrouvées et que l’on a pu travailler sur leur identification: en faisant parler le mis en cause, en consultant les dossiers médicaux, puisqu’il s’agissait de cliniques ou d’hôpitaux, et aussi sur la question de la prescription.

Dans le dossier Le Scouarnec, on a pu invoquer la notion « d’obstacle insurmontable » pour suspendre la prescription, sur le fondement d’un arrêt de la Cour de cassation du 7 novembre 2014. Cela a permis de « sauver » des victimes qui auraient dû être considérées comme prescrites si l’on appliquait la loi à la lettre. Il faut dire aux victimes: ne vous découragez pas.

Il n’est jamais trop tard. D’abord, cela fait du bien d’être entendu, même lorsque les faits sont prescrits, et de participer au procès. Même si l’on ne peut pas se constituer partie civile, on peut participer au procès en tant que victime et on a droit à la parole. Ensuite, la prescription n’est pas toujours acquise.

Il faut la calculer, en fonction de l’année des faits et des lois successives sur la prescription. La loi a beaucoup évolué pour être de plus en plus favorable à la poursuite des violences sexuelles sur mineurs. De nombreux dossiers que l’on croyait prescrits, dans l’affaire Le Scouarnec comme dans d’autres dossiers que j’ai pu traiter, ont finalement échappé à la prescription et les auteurs ont pu être jugés.

Selon vous, les crimes sexuels sur mineurs devraient-ils être imprescriptibles?

C’est un débat actuel, à l’Assemblée nationale, au Sénat et au niveau européen. Certains pays ont adopté l’imprescriptibilité pour ce type de crimes, pour plusieurs raisons. On évoque souvent l’amnésie traumatique, notamment chez les mineurs, l’emprise, et les situations où les victimes, surtout dans un cadre intrafamilial, sont empêchées de parler. Lorsqu’elles parviennent enfin à parler, ou lorsque l’amnésie traumatique se lève, les faits sont souvent déjà prescrits.

Le code de procédure pénale prévoit aujourd’hui un article, l’article 9-1, pour les infractions occultes, mais il est impossible d’y faire entrer ces crimes-là. C’est pourquoi, à chaque fois que l’on tente de faire lever une prescription en invoquant l’emprise ou l’amnésie traumatique, cela est rejeté. Les victimes et les associations se tournent donc vers l’idée d’imprescriptibilité. À ce jour, les seuls faits imprescriptibles sont les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité. La question est de savoir si violer un enfant relève de ces catégories, ou s’il faut en créer une autre. C’est un débat qui dépasse les praticiens et qui doit avoir lieu au Parlement, puis être inscrit dans la Constitution.

Quelle est votre position personnelle sur le sujet?

Selon moi, au regard du nombre de victimes que je défends, anciennes victimes de violences sexuelles, c’est un crime contre l’humanité. Pourquoi? Parce que lorsque l’on connaît ces victimes, leurs parcours, on voit qu’elles ont pris « perpète ». Leur vie a été effacée, comme dans un crime de guerre. On sait d’ailleurs que le viol est souvent utilisé comme arme dans les crimes de guerre, précisément parce qu’il anéantit une personne.

Le viol sur un mineur, surtout lorsqu’il est commis par un membre de la famille ou une personne de confiance, anéantit la vie de la victime. Elle survit, année après année, avec ce traumatisme. Pour moi, qui côtoie ces victimes, formée au psychotraumatisme et les accompagnant pendant les années de la procédure, cinq, sept ans parfois, puis la phase d’indemnisation, je peux dire que rares sont celles qui s’en sortent indemnes et qui ont une belle vie. Elles sont presque toutes passées par des périodes d’extrême violence psychique et continueront à survivre.

Les victimes touchées par la prescription peuvent malgré tout s’exprimer au procès en tant que victimes. Est-ce important?

C’est extrêmement important que la justice les entende et leur dise: « On vous croit ». Dire à une victime « vous n’êtes pas responsable » est fondamental. Beaucoup de victimes de violences sexuelles, surtout mineures, se sentent responsables, coupables, et vivent avec cette culpabilité jusqu’à la fin de leur vie. Seul le procès peut, au moins en partie, réparer cela. Seul un magistrat, une personne représentant l’autorité, peut le leur dire officiellement.

Affaire suivante, votre podcast des grandes affaires judiciaires

De l’affaire du Petit Grégory à celle de Delphine Jubillar, en passant par la disparition du vol MH370, Affaire suivante revient sur les plus grandes énigmes judiciaires et criminelles de France. Chaque vendredi, Pauline Revenaz vous propose un nouvel épisode pour vous plonger au cœur des dossiers qui ont marqué l’histoire. Le podcast est disponible sur le site et l’application de BFM et sur toutes les plateformes d’écoute: Apple Podcasts, Amazon Music, Deezer ou Spotify.

Source

À Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, cette clinique soigne des patients qui ont consommé du protoxyde d’azote


À Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, cette clinique soigne des patients qui ont consommé du protoxyde d’azote{if(tcData&&(tcData.eventStatus=== »tcloaded »||tcData.eventStatus=== »useractioncomplete »)){callback()}},[vendorId])}}))};]]>

Sur le même sujet

3:42

MIDI SANTÉ – Ces médicaments efficaces pour ralentir la maladie d’Alzheimer ne seront plus remboursés

2:14

« Il faut un effort collectif »: une facture en hausse pour certains passages aux urgences et séjours à l’hôpital

2:38

LE CONSEIL DU DOC – La vaccination par spray nasal bientôt en France?

1:15

Pourquoi les hospitalisations vont-elles coûter plus cher à partir du 1er mars?

23:31

Dans notre quotidien : l’avirose, une thérapie face au cancer du sein

2:56

Loi fin de vie: « Je m’inquiète des garde-fous », explique Philippe Juvin, député LR des Hauts-de-Seine

6:40

French Tech : THX Pharma, accord stratégique avec Biocodex – 23/02

2:52

LE CONSEIL DU DOC – Comment supporter le mal des transports?

0:59

La France en risque élevé pour les allergies au pollen

en lecture

À Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, cette clinique soigne des patients qui ont consommé du protoxyde d’azote

2:13

Raclette, croziflette, fondue… Comment éviter le trop plein de calories

12:46

BFM Stratégie (Cours n°359): santé des femmes, un angle mort enfin reconnu ? – 21/02

25:20

Check-up Santé – Samedi 21 février

1:25

« C’est mon héros »: après sa mort, les organes de ce jeune militaire ont sauvé cinq personnes, âgées de 19 à 25 ans

appendScript(« /assets/v19/js/videoPlayer.aaf5ff33bdcf079700f6.js »));]]>s());]]>{window.tagCoScriptLoaded=true};]]> appendScript(‘https://synchrobox.adswizz.com/register2.php’));]]> appendScript(‘https://delivery-cdn-cf.adswizz.com/adswizz/js/SynchroClient2.js’));]]>

Source

Loin des idées préconçues et plus à même de cohabiter avec les humains, comment la robotique déformable peut aider les agriculteurs

Alors que le salon de l’agriculture bat son plein, que Paris se rappelle qu’elle est la capitale d’un pays où la terre a toujours été importante et nourricière, nous avons rencontré différents acteurs qui mêlent technologie de pointe et agriculture. Travaillant sur les robots mous depuis plusieurs années au sein de l’Inria, des chercheurs ont fondé une start-up pour aller encore plus loin dans leurs projets et notamment aider les professionnels du monde de l’agriculture.

Quand la robotique rencontre l’agriculture. Utiles dans de nombreux domaines, les robots peuvent aussi aider les agriculteurs. Pas des robots géants faits de vérins et de plaques d’acier, non, des robotos d’un autre genre.

Des entreprises préfèrent en effet miser sur ce qu’on appelle la robotique molle ou déformable. L’avantage de ces robots: par leur structure, ils peuvent s’adapter à leur environnement bien plus facilement que leurs homologues solides. C’est justement sur ce type de machines que la start-up française Compliance Robotics travaille. À l’occasion du Salon de l’agriculture, BFM Tech vous propose de découvrir les projets de cette jeune pousse pour faciliter le travail du monde de l’agriculture.

Garder le savoir-faire en France

Compliance Robotics est issue de l’équipe-projet Defrost de l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (Inria), qui planche sur les robots mous depuis 2013, comme le rappelle l’entreprise sur son site.

« La robotique déformable ouvre de nouvelles perspectives en matière d’applications, de réduction des coûts de fabrication, de robustesse, d’efficacité et de sécurité. Cela pourrait constituer un grand saut en avant de la conception des robots dans les années à venir », affirme avec conviction la société depuis des années.

Ayant trouvé des applications concrètes au sein de cette équipe, des chercheurs ont décidé de se réunir autour d’une start-up, née en février 2024, pour garder ces développements et ce savoir-faire en France. « Notre objectif, c’est de créer et de développer ces différents robots, mais on les décline aussi sous forme de préhenseurs. C’est-à-dire qu’on va pouvoir accrocher notre robot à des robots industriels », nous indique Dominique Watier, cofondateur et directeur commercial en charge des partenariats.

Aider les agriculteurs

Plusieurs prototypes de ces préhenseurs ont vu le jour depuis, comme Hollow. Il s’agit d’un système de convoyage se présentant sous la forme d’un bras souple doté d’un tube, à l’intérieur duquel des objets peuvent circuler, notamment des fruits et des légumes.

« Il est équipé d’une membrane à l’intérieur d’une ‘trompe d’éléphant’ qui va permettre de saisir des produits fragiles, en l’occurence destinés à l’agroalimentaire. Là, on a des applications pour des pommes et des endives qui permettent de transférer ces produits à l’intérieur de cette membrane, de les transférer délicatement, mais rapidement pour aller les déposer en douceur dans une caissette », détaille Dominique Watier.

Compliance Robotics y est parvenue grâce à Sofa, une plateforme logicielle disponible en open source et dédiée aux simulations. Hébergée par la fondation Inria, elle permet de créer des jumeaux numériques afin de modéliser des systèmes. C’est ce que la start-up a fait avec Hollow pour les pommes et les endives, notamment en matière de retours d’effort.

Pour le moment, ces projets sont encore en cours de développement, mais Compliance Robotics en a déjà donné un aperçu à des producteurs. En décembre, elle a présenté un mini système de préhension à Barcelone, lors d’un événement encadré par l’association Pink Lady.

Hollow, le robot déformable de Compliance Robotics, peut prendre et déplacer des pommes délicatement. © Capture d’écran / Compliance Robotics

Deux mois plus tard, début février, c’est un système équivalent qu’elle a présenté pour les endives, à l’association de producteurs d’endives du Nord, comme le montre une vidéo publiée sur Linkedin.

Hollow peut aussi prendre et déplacer des endives. © Capture d’écran / Compliance Robotics

Cela n’a peut-être l’air de rien, mais ce n’est pas une mince affaire. Car contrairement aux humains, prendre des objets ou des aliments n’est pas aussi simple pour les robots, qui peuvent par exemple avoir du mal à saisir des oeufs sans les casser. Et ce n’est que le début pour Compliance Robotics, qui vise une première mise sur le marché de Hollow en 2027, comme l’a indiqué son cofondateur et PDG, Christian Duriez. En attendant, elle cherche à rendre son système plus mature et à l’étendre à d’autres produits.

« On sait qu’il y a des applications avec d’autres fruits et légumes sur lesquels on pourrait véritablement se distinguer parce qu’on parle par exemple des poireaux, des salades, des choses qui sont un peu sensibles à prendre », fait savoir Dominique Watier.

Mais surtout, de tels systèmes seraient d’une grande aide pour les agriculteurs. « On a rencontré des producteurs de tomates qui nous ont dit qu’ils manquaient cruellement de main-d’oeuvre et qu’aujourd’hui, ils pourraient produire 20% de plus, mais qu’ils n’ont pas les cueilleurs pour au moment de la récolte », souligne le directeur commercial de Compliance Robotics.

Travailler avec les humains

Autre avantage de la robotique déformable: par leur structure, ces machines peuvent aussi travailler aux côtés d’humains sans être aussi dangereux que leurs homologues solides. « On va vraiment avoir une notion de collaborativité avec le robot », s’enthousiasme Dominique Watier, faisant référence à ce qu’on appelle la cobotique aujourd’hui, soit la collaboraion entre un homme et un robot dans la réalisation de tâches.

En dehors de la récolte de fruits et de légumes, la jeune pousse a d’autres projets. Elle s’intéresse également au désherbage, précise Dominique Watier sans donner plus de détails. Ce n’est d’ailleurs pas la seule. Depuis quelques années déjà, d’autres proposent des robots désherbeurs pour aider les agricultueurs, leur permettant de ne pas réaliser cette tâche pénible à la main et de ne pas recourir à des produits chimiques.

S’intéressant en outre à d’autres secteurs comme l’aéronautique, le ferroviaire ou encore la défense, Compliance Robotics pourra compter sur le soutien de l’État pour avancer dans ses projets. La jeune pousse fait en effet partie des 23 premiers lauréats du dispositif « Pionniers de l’IA » du gouvernement dévoilés début février.

« Le projet Deform-IA de Compliance Robotics (…) ouvrira des nouveaux cas d’usage de robots, dont l’IA permettra de les rendre autonomes dans la manipulation d’objets fragiles », est convaincu le gouvernement.

La start-up compte sur ce financement pour rendre son robot Hollow plus adaptable. « Cette IA va nous permettre de définir encore mieux le robot en fonction des applications et de l’environnement dans lequel il va évoluer », s’est réjoui son directeur commercial.

Source

Au fait, pourquoi le symbole du dollar est $ ?


Au fait, pourquoi le symbole du dollar est $ ?{if(tcData&&(tcData.eventStatus=== »tcloaded »||tcData.eventStatus=== »useractioncomplete »)){callback()}},[vendorId])}}))};]]>

Sur le même sujet

1:23

-13% en clôture à Wall Street: IBM dégringole en bourse

1:31

Exercice Orion: BFMTV dans les coulisses d’un entraînement des forces spéciales de l’armée française

2:05

Le plan de Cyril Roger, président exécutif de Segula Technologies, pour l’entreprise

9:04

Le Grand entretien : SEGULA, le plan de sauvetage validé – 24/02

1:16

Comment le gouvernement veut s’attaquer au travail au noir, dont le coût est estimé à plus de sept milliards d’euros chaque année

2:05

30% de femmes sont à la têtes des comités exécutifs des entreprises du CAC 40

1:24

Ce que contient le projet d’accord sur l’assurance chômage

1:22

Bananes, pommes, tomates, carottes…la consommation de fruits et légumes frais en augmentation

2:15

L’ÉCO – Le travail au noir bat un record avec plus de 1,5 milliard d’euros détectés en France

2:24

BFM éco : Plus de 1,5 milliard d’euros… le travail au noir bat un record – 24/02

6:29

Emmanuel Lechypre face à Jean-Marc Daniel : IA, l’économie peut-elle s’en remettre ? – 24/02

2:03

Trajectoire : Echaf’tout, des monteurs à la hauteur – 24/02

3:13

LE CONSEIL CONSO – Opération à prix coûtant: toujours une bonne affaire ?

2:54

BFM Conso : Les réparations auto de plus en plus chères – 24/02

appendScript(« /assets/v19/js/videoPlayer.aaf5ff33bdcf079700f6.js »));]]>s());]]>{window.tagCoScriptLoaded=true};]]> appendScript(‘https://synchrobox.adswizz.com/register2.php’));]]> appendScript(‘https://delivery-cdn-cf.adswizz.com/adswizz/js/SynchroClient2.js’));]]>

Source

Bienvenue vidéoprojecteurs et épilateurs électriques, bye-bye cartouches de stylo-plume : comment l’Insee traque nos habitudes de consommation pour établir son panier de l’inflation (et ce depuis 1914)

Utilisé notamment pour réévaluer le niveau du salaire minimum et des prestations sociales, l’indice des prix à la consommation est l’un des indicateurs les plus importants publiés par l’Insee. L’institut le met à jour chaque année pour qu’il soit le plus représentatif possible de la consommation des Français.

Les Français peuvent souffler un peu. Après des années post-Covid marquées par une envolée des prix douloureuse pour le porte-monnaie, l’inflation a nettement ralenti pour atteindre en janvier son plus bas niveau (0,3%) depuis fin 2020, selon l’Insee.

L’institut de la statistique a profité de cette première publication de l’indice des prix en 2026 pour opérer quelques ajustements. Comme tous les dix ans et afin de suivre la règlementation européenne, l’année de référence pour mesurer l’indicateur a été modifiée, passant de 2015 et 2025. La classification de certains produits a également été revue: les ordinateurs par exemple sont désormais intégrés dans la catégorie « Information et communication » et non plus « Loisirs et culture », tandis que les casques de vélo basculent parmi les accessoires de transports au lieu d’être regroupés avec l’habillement.

Surtout, le panier de biens et services dont les prix sont suivis a été mis à jour.

« Chaque année, nous révisons la liste des variétés en cherchant à rester le plus représentatif possible de tous les postes », indique l’Insee à BFM Business.

Certains produits, dès lors qu’ils représentent plus d’un millième de la consommation totale, font ainsi leur apparition quand d’autres qui ne remplissent plus ce critère disparaissent de la liste de façon à coller au plus près des nouvelles habitudes des Français.

Les vidéoprojecteurs intégrés à la liste, les cartouches d’encre pour stylo-plume exclues

Pour faciliter ce travail de suivi, l’Insee dispose d’un réseau d’enquêteurs chargé de lui faire « remonter les produits qui deviennent difficiles à trouver sur le terrain, et à l’inverse les produits qui sont mis en avant dans les différents points de vente ».

« De plus, certaines sources telles que les données de caisse permettent d’observer les évolutions de manière fine. Tous ces éléments aiguillent nos choix pour construire le nouveau panier de biens suivis », précise l’institut.

C’est ainsi que les vidéoprojecteurs « dont l’achat s’est répandu » font en 2026 leur apparition dans le panier de biens et services suivi par l’Insee pour mesurer l’inflation. De même que les épilateurs électriques: « Il s’agit d’un constat des enquêteurs de l’Insee qui sillonnent le terrain tout au long de l’année: leur vente s’est développée et il y a lieu de les ajouter dans l’indice. Il en va de même d’une tendance récente des salons de tatouage et de piercing en Guadeloupe », indique encore l’Insee qui a également ajouté les abonnements aux services de musique en ligne dans les 5 départements et régions d’Outre-mer.

À l’inverse, les cartouches d’encre pour stylo-plume sont exclues de la liste, tout comme l’aiglefin, les taxis collectifs en Martinique ou les morceaux de porc frais à Mayotte. D’après l’Insee, ces biens et services « se sont rarefiés et les enquêteurs ont même du mal à les trouver dans suffisamment de points de vente, signe que leur consommation a baissé ».

Des millions de relevés par mois

Une fois que le panier de biens et services composé d’environ 4.600 variétés de produits (elles-mêmes regroupées dans des catégories et sous-catégories) est établi, l’Insee réalise chaque mois environ 150.000 relevés de prix en points de vente.

6.000 relevés sont aussi réalisés manuellement sur internet (un nombre qui doit passer à 10.000 d’ici deux ans) et 2,5 millions sont « moissonnés » automatiquement en ligne (abonnements téléphoniques, prix de l’électricité, prix du transport ferroviaire et aérien…).

Des mises à jour régulirères pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation

Au cours des dernières années, l’Insee a régulièrement fait évoluer son panier de biens et services afin que l’inflation calculée soit la plus représentative possible des habitudes des consommateurs. Parmi les ajouts les plus récents figurent notamment les aspirateurs robots, les montres connectées, les tondeuses à barbe et/ou à cheveux ou encore la location de matériel de sonorisation ou enceintes. Les masques chirurgicaux ont eux été intégrés à la liste au moment de la crise sanitaire. Tandis que le prix des cassettes vidéos n’est logiquement plus suivi depuis 2006.

Il faut par ailleurs remonter à 1957 pour voir les gros appareils ménagers, les radios et les séjours en hôtel être inclus dans le calcul de l’indice des prix. Pas vraiment suprenant: cette époque des Trente glorieuses a été marquée par l’avènement de la société de consommation et la démocratisation de certains équipements gagnant les foyers des Français. À cet égard l’usage croissant de l’automobile, des téléviseurs ou des appareils photos a incité l’Insee à ajouter ces produits à son panier de biens en 1962.

Mais les décisions ont parfois été plus « arbitraires », reconnaissait l’institut dans un rapport de 1998. À l’époque, les statisticiens pointaient la difficulté de classer certains nouveaux produits dans leur nomenclature. L’arrivée des livres de poche en est l’illustration: « Fallait-il considérer qu’il s’agissait d’un nouveau produit ou d’une autre forme de livre de qualité différente (inférieure et chiffrable) de telle sorte que l’on puisse raccorder le prix du livre de poche au prix du livre ‘classique’? », se demandaient les experts de l’Insee. Finalement, décision a été prise de considérer les livres de poche comme un nouveau produit. Ce qui ne s’est donc pas traduit par une baisse de l’indice du prix des livres « classiques ».

L’importance de la pondération

L’indice des prix à la consommation est un indice pondéré. Autrement dit, l’Insee tient compte dans son calcul du « poids » de chaque produit dans la consommation des Français pour que le résultat soit là-encore le plus représentatif possible.

La catégorie « alimentation » représente par exemple 14,9% du panier de biens de l’Insee en 2026, contre un peu moins de 10% pour l’énergie. Des pondérations qui évoluent chaque année pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation: il y a quelques années le « poids » du streaming dans l’indice est passé devant celui des DVD.

Un indice longtemps resté sous influence politique

Élaborer un indice des prix fiable et suffisamment représentatif aura nécessité un travail de longue haleine. Car si le premier du genre date de 1914, l’indicateur est longtemps resté peu significatif en raison de son champ trop restreint.

D’abord composé de 34 articles, dont 29 alimentaires, le panier de biens a été élargi en 1950 avec l’indice « 213 articles ». Mais il s’appuyait encore sur une population de référence trop étroite pour être véritablement pertinent: en l’occurence un ménage de deux adultes et deux enfants dont le membre principal est ouvrier ou employé et vivant uniquement dans l’agglomération parisienne, rappelait l’Insee dans un document de 1998.

Mais c’est surtout une décision politique de 1952 qui a largement contribué à ternir la crédibilité de l’outil: l’indexation du salaire minimum sur l’inflation dès lors qu’elle dépassait les 5%. Dans une France disposant encore à l’époque d’une administration chargée d’encadrer les prix (Direction générale des Prix), cette mesure a encouragé les gouvernements successifs à manipuler le niveau de l’indice à travers ce qu’on a appelé « la politique de l’indice » visant à contrôler certains prix, plus que d’autres.

« Cette politique a été particulièrement marquée lorsque l’indice s’est approché du seuil de déclenchement d’une hausse de 5% du SMIG (1956-57) avec le blocage sélectif des prix des seuls articles retenus dans l’indice », notait l’Insee. L’agglomération parisienne, unique territoire pris en compte dans le calcul de l’inflation à l’époque, était même parfois la seule région de France concernée par ce contrôle des prix.

L’éco du monde : L’inflation française 4 fois inférieure à la moyenne européenne – 04/02

Cette situation loin de satisfaire les statisticiens de l’Insee a conduit à l’élaboration d’un deuxième indice spécifiquement dédié à l’indexation du Smig. Si l’institut national de la statistique était également chargé de le calculer, le panier de biens sur lequel il s’appuyait était composé de 179 articles choisis par le gouvernement désireux de garder la main sur le niveau des prix. Au même moment, l’indice indépendant de l’Insee continuait de se développer en s’appuyant entre 1957 et 1963 sur 235 articles dont les prix étaient suivis dans 17 agglomérations de province en plus de la région parisienne.

Ce n’est finalement qu’en 1966 que le gouvernement a accepté de suspendre la publication de son indice et de s’appuyer sur l’indice national pour indexer le Smig. Il faudra ensuite attendre 1986 avant que le contrôle des prix par les pouvoirs publcis ne soit, à quelques exceptions près, totalement aboli. De quoi permettre à l’Insee de s’affranchir de l’interventionnisme politique. Une précieuse indépendance que l’institut cherche à préserver encore aujourd’hui en se contentant de publier la liste des variétés de biens et services composant l’indice des prix. Les références précises de chaque article suivi ainsi que les points de vente visités pour relevés les prix demeurent soumis au secret statistique.

Source

« Ce sera eux ou nous »: dans la tourmente après la mort de Quentin Deranque, Jean-Luc Mélenchon dénonce « une déferlante » pour « interdire » LFI

Auprès de La Tribune Dimanche, ce 22 février, Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France Insoumise, qualifie la mort de Quentin Deranque, à Lyon, comme une « bataille de rue » qui aurait mal tourné.

Il persiste et signe. « Les gens ne peuvent pas croire que ce sont nous, les Insoumis, qui avons tué un jeune dans la rue », assure Jean-Luc Mélenchon à La Tribune Dimanche, dans un entretien publié ce dimanche 22 février. Pour lui, la mort du jeune homme serait « une bataille de rue » qui a mal tourné. L’implication de ses ouailles « n’est pas crédible », cingle le troisième homme de la présidentielle.

Pourtant, ce jeudi 19 février, dans sa conférence de presse, Thierry Dran, procureur de la République de Lyon, annonçait la mise en examen pour « complicité par instigation » de l’attaché parlementaire de Raphaël Arnault, député insoumis du Vaucluse, dans l’affaire du lynchage de Quentin Deranque, nationaliste de 23 ans décédé des suites de ses blessures samedi 14 février dans la capitale des Gaules.

Partie d’une rumeur, la présence de Jacques-Eli Favrot, attaché parlementaire de Raphaël Arnault, sur les lieux du crime n’est plus un secret. Interpellé, mis en examen pour complicité de meurtre et placé en détention provisoire jeudi dernier, l’assistant parlementaire insoumis a d’abord reçu les soutiens des cadres de LFI.

Mardi 17 février, sur notre antenne, Alma Dufour assure qu’elle met «  ses deux mains à couper que le collaborateur de Raphaël Arnault n’a rien à voir dans cette histoire ». Et à l’Assemblée, lors des questions au gouvernement, Mathilde Panot jure « qu’aucun insoumis n’est impliqué ni de près, ni de loin dans ces violences ».

« Plus question de contester la dissolution »

Une fois l’inculpation de l’assistant parlementaire, il faut défendre le député. Après tout, Raphaël Arnault doit-il être tenu responsable des actes de son assistant parlementaire? Derrière le député, « fiché S », les insoumis font bloc. « La participation une formation politique est une chose. Le fait d’être employé comme collaborateur d’un député en est une autre  », explique le coordinateur du parti, Manuel Bompard.

Mort de Quentin Deranque : pourquoi les partis politiques se repositionnent-ils face à LFI ?

Car le député du Vaucluse est le cofondateur de la Jeune Garde, un groupuscule antifasciste dont aurait fait partie les suspects du meurtre de Quentin, avant sa dissolution en 2025. LFI en avait fait un mouvement allié, utilisé comme service d’ordre dans certaines manifestations, et dont la présence était admise puisque « les forces de l’ordre ne faisaient pas leur travail », souffle-t-on chez les insoumis à La Tribune Dimanche.

Désormais, au sein du parti mélenchoniste, le soutien à la Jeune Garde sème la discorde. Anonymement, un responsable insoumis admet auprès de notre confrère de la Tribune Dimanche qu’il « ne sera plus question de contester la dissolution » du groupe antifasciste si sa responsabilité est établie dans le drame lyonnais.

Mais, lors d’une conférence insoumise, Jean-Luc Mélenchon, refuse purement et simplement de laisse tomber la Jeune Garde, dont il revendique s’être « délibérément rapproché » ces dernières années au nom de son « expérience en matière de défense face à des agressions racistes. »

« Déferlante » contre les insoumis

Comme souvent, le chef de file insoumis accuse une « déferlante » contre lui et son mouvement. « C’est quoi l’étape suivante? C’est de nous interdire! », peste-t-il. À peine plus mesuré, son très proche, Paul Vannier considère quant à lui que leurs « adversaires agissent comme des vautours en profitant de ce drame pour essayer d’obtenir notre disparition. Ils sont en train d’avancer sur ce terrain ».

Jean-Luc Mélenchon est confiant et attend que la tempête passe. Selon lui, l’opinion va « comme d’habitude » se retourner. Il en est sur, d’ici l’élection présidentielle de 2027, tout le monde aura oublié. Anonymement, un cadre du parti estime que cet épisode peut ressouder la base électorale. « Vous verrez que Sophia Chikirou fera au moins 12% à Paris », prédit-il pour les élections municipales de mars prochain.

Au fond, pour Jean-Luc Mélenchon il s’agit de ne surtout pas « donner le point » aux « fachos », comprendre, l’extrême droite. Droit dans ses bottes, il résiste en attendant « l’affrontement final » entre LFI et le RN qu’il présage au second tour de la présidentielle. « Ce sera eux ou nous », maintient-il.

En attendant, un hypothétique retournement à son avantage, LFI dénonce les intimidations. Toute la semaine, les élus insoumis se sont indignés du silence du gouvernement alors qu’un peu partout en France les locaux de campagne du parti subissent, tag et vandalismes en tout genre. Mercredi, le siège parisien a dû être évacué. En cause, une alerte à la bombe donnée dans un message emplis de haine.

Source

Intempéries dans le Sud-Ouest: « Nous devrions pouvoir accueillir tous les élèves dans toutes les écoles et tous les établissements scolaires », assure Jean-Marc Huart, recteur de l’académie de Bordeaux


Intempéries dans le Sud-Ouest: « Nous devrions pouvoir accueillir tous les élèves dans toutes les écoles et tous les établissements scolaires », assure Jean-Marc Huart, recteur de l’académie de Bordeaux{if(tcData&&(tcData.eventStatus=== »tcloaded »||tcData.eventStatus=== »useractioncomplete »)){callback()}},[vendorId])}}))};]]>

Sur le même sujet

2:13

L’ÉCO – 2025, une année compliquée pour le logement neuf

2:16

BFM éco : Logement neuf, les Français n’achètent plus ! – 23/02

1:10

Le mouton, nouvelle star du Salon de l’agriculture en l’absence des bovins

1:13

Carnaval de Dunkerque: la création d’une “safe zone” pour faire de la prévention contre les violences sexistes et sexuelles

1:04

MaPrimeRénov réouvre ce lundi: voici ce qui change

1:12

Le Mexique en proie à des violences après la mort d’El Mencho, chef de l’un des plus gros cartels, abattu par l’armée

8:24

Une rixe a éclaté entre des exposants et des visiteurs au Salon de l’agriculture ce dimanche

1:29

Mort de Quentin Deranque: « Le problème, ce sont les extrêmes, ce sont des voyous », explique Patrick Vignal, ancien député (Renaissance)

0:52

Une rixe a éclaté entre des exposants et des visiteurs au Salon de l’agriculture ce dimanche

1:42

Saluts nazis et insultes racistes durant l’hommage à Quentin Deranque: « Il y a une brutalisation générale de la politique », constate François Kalfon, député européen (PS)

1:28

Isère: un hélicoptère de la sécurité civile a évacué les résidents et vacanciers du hameau du Rivier d’Allemont

2:11

Avalanche: en Isère, des habitants ont été évacués par hélicoptère

1:03

« On a vu une grosse lumière jaune avec un gros bruit »: Raphaël, passager du vol AF89 qui a fait demi-tour en Martinique raconte

1:11

Martinique: un avion fait demi-tour après des détonations et des flammes

appendScript(« /assets/v19/js/videoPlayer.aaf5ff33bdcf079700f6.js »));]]>s());]]>{window.tagCoScriptLoaded=true};]]> appendScript(‘https://synchrobox.adswizz.com/register2.php’));]]> appendScript(‘https://delivery-cdn-cf.adswizz.com/adswizz/js/SynchroClient2.js’));]]>

Source

Développé en Afrique du Sud, « Relooted » place le continent africain au centre du monde du jeu vidéo et relance le débat sur les œuvres volées pendant la colonisation

Lancé le 10 février 2026 sur PC et Xbox, le jeu vidéo « Relooted » nous place au sein d’un groupe de cambrioleurs ayant pour but de ramener en Afrique des artefacts volés. Son studio, basé en Afrique du Sud, Nyamakop, raconte le développement du titre à BFM Tech.

Au terme d’une longue séquence diplomatique, Emmanuel Macron annonçait en février 2022 son souhait de renouer le dialogue avec les nations africaines afin de restituer des oeuvres d’art volées pendant la période de la colonisation. Plusieurs autres pays européens se sont engagés à le faire ces dernières années, ce qui a donné des idées au studio Nyamakop, basé en Afrique du Sud, qui propose depuis le 10 février le jeu vidéo Relooted.

Dans ce titre, vous incarnez une jeune héroïne qui va s’allier avec un groupe de cambrioleurs ayant un but: ramener des artefacts sacrés présents au sein de musées et d’expositions privées, et qui ont été volés durant la colonisation. Un moyen de faire découvrir aux joueurs occidentaux une culture qui n’est pas forcément la leur, mais aussi une occasion toute trouvée de remettre ce sujet sur le devant de la scène et de montrer les avancées du jeu vidéo au sein du continent africain.

« Il n’y a pas beaucoup de développeurs en Afrique »

« Relooted est un jeu qui parle d’une équipe d’Africains ordinaires qui veulent récupérer des artefacts. Cela aurait été dommage de ne pas mettre en avant des oeuvres réelles, » confie à BFM Tech Mohale Mashigo, responsable narratif chez Nyamakop.

Cette histoire, qui rappelle une affaire bien réelle qui s’est déroulée au Quai Branly en juin 2020, a mis huit ans à éclore. Avant cela, Nyamakop a lancé Semblance, un jeu de plateforme minimaliste qui a reçu un accueil positif. Pour Relooted, le studio a néanmoins pris son temps, notamment en formant ses équipes sur un nouveau moteur, l’Unreal Engine.

« La production d’un jeu de cette ampleur a pris du temps, que ce soit pour trouver le budget ou construire l’équipe. Nous avons été une trentaine à plein temps, mais au total, cela a impliqué une centaine de personnes. Il n’y a pas beaucoup de développeurs en Afrique, donc il y a eu beaucoup de faux départs et de temps de recherche, » raconte Ben Myres, le directeur créatif et patron du studio. « La phase de financement rend le jeu assez unique, car elle nous a pris entre 18 et 24 mois avant que nous puissions vraiment lancer le développement. »

Si la taille de Nyamakop peut s’apparenter à celle d’un petit studio indépendant occidental, pour l’Afrique, c’est « du jamais vu », estime Mohale Mashigo: « La plupart des membres de l’équipe n’a jamais lancé de jeu mais elle en avait les capacités. Le jeu aurait pu sortir plus tôt, mais il fallait que l’équipe s’adapte. Nyamakop a en quelque sorte grandi en même temps que Relooted. »

Pour le responsable narratif, Relooted est bien plus notable dans leur catalogue, car l’équipe qui en a la charge a désormais un jeu lancé commercialement à son actif: « C’est le plus important lancement au sein de l’Afrique sub-saharienne. »

Une bande originale qui imagine l’Afrique dans 100 ans

S’il est question de braquage, Relooted n’est toutefois pas construit de la même manière qu’un Splinter Cell ou un Payday. Dans ce jeu, vous devez voler les artefacts sans faire de victime: « Nous savions dès le départ que nous ne voulions pas de violence, même si la tentation était forte, » précise Mohale Mashigo. Le gameplay du titre le prouve: on passe davantage de temps à planifier notre coup puis notre fuite. Car dans Relooted, au début de chaque mission, vous pouvez utiliser un petit drone qui vous permettra de découvrir les coulisses des lieux où se trouvent les objets que vous devez retrouver. Des caméras ou des gardes robotiques viendront vous couper la route… à moins que vous n’arriviez à fuir avant que toutes les grilles ne se referment.

Relooted © Nyamakop

L’expérience est d’autant plus satisfaisante que durant vos pérégrinations, vous pourrez aussi en apprendre un peu plus sur l’art africain. Une présence historique qui fait « partie intégrante » du titre, explique le studio, qui a également donné sa vision du futur. Car Relooted ne se déroule pas à notre époque mais dans un futur proche.

Cela se ressent dans les gadgets disponibles ou les menaces (comme des drones), mais également dans le design des niveaux. Loin des clichés très hollywoodiens que l’on peut voir dans la saga Black Panther, Relooted a sa propre patte graphique qui lui permet de conserver les traditions africaines jusque dans sa bande originale composée par Cooper Mlokoti et Nick Horsten.

« Il y a beaucoup d’éléments différents dans cette bande originale. C’est toujours compliqué d’imaginer à quoi ressemblera la musique africaine dans 100 ans, alors nous avons mis un tas de choses ensemble et expérimenter des idées, » explique Nick Horsten à BFM Tech.

Dans la bande originale, on trouve des sonorités Maskandi, pop, Marabi et kwela, mais avec du synth wave qui apporte l’aspect futuriste et l’action avec talent: « Ces musiques pourraient être écoutées par l’héroïne. Dans plusieurs cinématiques, certains morceaux sont audibles en fond et agissent comme une partie intégrante du monde. »

« Un petit écosystème de talents »

Si Relooted est désormais disponible, il n’est finalement qu’un nouvel exemple de l’ensemble de l’écosystème vidéoludique du continent Africain. Au fil des années, certains jeux ont réussi à percer bien au-delà de leurs frontières, afin de rencontrer les joueurs occidentaux. C’est le cas de Tales of Kenzera et de Aurion: l’héritage des Kori-Odan – ce dernier a lancé un univers transmédia important.

« De From Leti Arts au Ghana à Kiro’o Games au Cameron, en passant par Maliyo Games au Nigeria et par Free Lives en Afrique du Sud, ce sont autant de studios qui ont lancé des jeux avec succès ou qui ont trouvé leur chemin pour survivre au fils des années, » confie Ben Myres, qui admet que « créer un jeu en Afrique est loin d’être facile ».

« Il y a un petit écosystème de talents, et il devient de plus en plus important. Il n’y a pas non plus beaucoup de ressources financières, mais les gens finissent par les trouver. On peut apparenter le développement du jeu vidéo en Afrique au ‘mode difficile’ d’un parcours, mais les Africains trouvent toujours le chemin, » soutient Ben Myres.

Relooted © Nyamakop

Le directeur créatif voit d’ailleurs dans l’Afrique du Sud (où est installé Nyamakop) un véritable laboratoire où il est « bien plus facile » de créer des jeux en raison du coût de la vie et des bonnes infrastructures qui s’y trouvent.

« Le manque de découvrabilité du jeu vidéo d’origine africaine est lié, d’une certaine manière, au regard que l’on porte sur ce continent. Il manque énormément de visibilité, il n’y en a pas suffisamment pour être pris en compte par un joueur, » témoigne Jennifer Lufau, fondatrice de l’association Afrogameuse et directrice générale de Narratify.

« Il y a une espèce d’imperméabilité, car lorsqu’on pense à l’Afrique dans le jeu vidéo, il y a plutôt des caricatures, comme Far Cry 2 qui se déroulait dans un pays qui n’est pas nommé, où l’Afrique apparaît en pleine désolation, en des termes violents. »

La manière aussi dont le jeu vidéo occidental ou asiatique a tendance à vouloir « venir sauver les Africains » est également l’un des éléments centraux rendant la découverte de productions venues de ce continent bien plus complexe.

Autre élément important, le manque d’infrastructures techniques: « C’est difficile aujourd’hui de trouver des points de connexion fiables. Cela dépend des pays, mais il y a aussi un problème bien plus présent, l’absence de serveurs situés sur le continent africain, » soutient-elle.

En Afrique, un joueur de League of Legends ne sera ainsi pas sur des serveurs africains car ils n’existent pas, avec les problèmes de pings et de lag que cela peut créer: « Il y a des joueurs, mais il faut aussi aller les chercher. Et l’Occident a aussi tendance à croire qu’ils n’auront pas les moyens de s’équiper. C’est pour ça qu’il y a tout un écosystème lié aux smartphones. »

La question épineuse et politique des spoliations pendant la colonisation

Portée par une histoire singulière, l’Afrique a de quoi faire parler. Relooted est justement l’un des meilleurs ambassadeurs car il vient nous raconter le problème historique des oeuvres spoliées.

Un sujet que connaît bien Saskia Cousin, professeur de sociologie à l’université de Paris Nanterre, qui co-écrit Afrique, musées, restitution: le temps du retour, aux éditions de la Documentation Française et en librairie le 26 mars 2026.

« Depuis qu’il y a des spoliations, il y a des demandes de restitution. Plusieurs films ont mis en scène des africains découvrant leur patrimoine volé et/ou tentant de le récupérer. Il n’a jamais été question de prendre les objets par la force, mais de mener des actions symboliques pour réclamer justice, » estime-t-elle.

La question des biens culturels volés est un sujet épineux pour bon nombre de musées et pays occidentaux en raison de leur nature même: « Cela implique que de nombreux biens culturels sont arrivés en Occident par des pillages, vols et ventes forcées, et donc de faire la lumière sur le passé colonial. » Un passé qui, lorsqu’il est ravivé, devient immédiatement un sujet très politique.

Saskia Cousin explique également qu’il faudrait « laisser les musées ouvrir leurs collections », alors qu’elles sont réservées aux chercheurs, ce qui n’est pas chose aisée.

28 biens restitués par la France en dix ans

La France fait office, de par son passé colonial très actif, d’élève modèle sous les deux quinquennats d’Emmanuel Macron: « 28 biens ont été restitués », précise la chercheuse. Une attitude à laquelle il faut ajouter le vote d’une loi-cadre en décembre 2025 par le Sénat (qui doit encore être votée par l’Assemblée nationale), et qui concerne les spoliations entre 1815 et 1972.

La France persona non grata en Afrique – 03/10

Pour Saskia Cousin, rendre une oeuvre volée n’est pas qu’une unique affaire de bonne ou mauvaise volonté. Une telle action renvoie aussi à la manière dont les oeuvres présentes dans les collections publiques sont gérées: « En France, elles appartiennent au peuple français, et non aux musées ou au ministère de la Culture. C’est donc à la représentation nationale de légiférer. » Selon elle, dès que les Français connaissent les conditions dans lesquelles ces biens ont été spoliés « ils sont pour la restitution ».

La chercheuse estime qu’il s’agit avant tout d’un « enjeu de souveraineté et de justice », notamment en permettant aux pays récupérant les oeuvres volées d’en faire une réalité économique: « Ils misent sur le retour de ces biens pour développer leur économie culturelle et leurs musées. »

Avec son envie de mettre en avant l’art africain et le choix de le raconter sous le prisme des biens spoliés pendant la colonisation occidentale, Relooted pourrait donc devenir le catalyseur d’un mouvement dans un domaine plus si virtuel que ça.

Relooted est disponible sur PC et Xbox Series.

Source

Le spécialiste mondial des logiciels de conception 3D change de patron: Pascal Daloz va remplacer Bernard Charlès à la tête de Dassault Systèmes

L’actuel directeur général de Dassault Systèmes a été nommé président-directeur général, en replacement de Bernard Charlès, qui a décidé de quitter le groupe « pour raisons personnelles ». Les résultats annuels de l’éditeur de logiciel ont été jugés décevants par les investisseurs.

Le directeur général de Dassault Systèmes, Pascal Daloz, a été nommé président-directeur général de l’éditeur de logiciels français, a annoncé samedi le groupe dans un communiqué après le retrait de l’actuel président.

« J’ai demandé, pour des raisons personnelles, à être libéré de mes obligations de Président du Conseil d’administration de Dassault Systèmes », a déclaré Bernard Charlès, co-fondateur du groupe, cité dans le communiqué.

« Cette décision reflète la continuité et la solidité de notre gouvernance », a-t-il ajouté, se disant « à la disposition de l’entreprise » et « fermement convaincu que cette nouvelle configuration crée les meilleures conditions pour permettre à Dassault Systèmes de continuer à se développer avec succès ».

Bernard Charlès a successivement occupé les fonctions de Directeur général de Dassault Systèmes de 1995 à 2022, puis de PDG en 2023, et Président du Conseil d’administration à partir de 2024.

En remplacement, le Conseil d’administration de Dassault Systèmes « a décidé à l’unanimité de nommer Pascal Daloz président-directeur général » à compter « du 21 février 2026 », a indiqué le groupe.

Le spécialiste français de la conception de 3D avait lourdement chuté en bourse le 11 février après la publication de ses résultats annuels, jugés décevants par les investisseurs. Avec une baisse de 20,81% – du jamais vu pour le groupe depuis son arrivée à la cote en 1996 – il a vu s’envoler plus de 6 milliards d’euros de capitalisation boursière en une séance.

Dassault Systèmes, qui veut accélérer son déploiement dans l’intelligence artificielle (IA), s’est également montré prudent dans ses prévisions pour 2026.

Créé en 1981, le groupe français commercialise des logiciels de modélisation 3D permettant aux entreprises de reproduire des univers virtuels pour tester le cycle de vie de leurs produits et de leurs systèmes de production, appelés « jumeaux numériques ». Ces répliques virtuelles de bâtiments ou de véhicules sont notamment utilisées pour faciliter leur conception.

Dassault Systèmes : le titre envoyé aux enfers en Bourse, trop de retards sur l’IA – 11/02

Source

« Bien plus dramatique que prévu »: l’Allemagne s’est lourdement trompée dans ses calculs, sa population comptera 9 millions de personnes en moins que prévu en 2070

Alors que les prévisions anticipaient une relative stabilité de la population allemande jusqu’en 2070, les dernières données prédisent désormais une chute de 10%. L’institut Ifo explique notamment que la population actuelle a été surestimée et prédit que le vieillissement accéléré aura des « répercussions considérables » pour l’économie et le système social.

Les calculs n’étaient pas bons. « La réduction et le vieillissement de la population allemande risquent d’être bien plus dramatiques qu’on ne le pensait jusqu’à présent », s’émeut l’Ifo. Dans une note publiée le mardi 17 février, cet institut d’études économiques allemand revient sur les raisons d’une erreur majeure.

Alors que l’Office fédéral des statistiques prévoyait en 2022 que la population resterait pratiquement stable jusqu’en 2070, elle risque en fait de baisser d’environ 10% au cours des 45 prochaines années, selon les dernières projections publiées fin décembre.

Selon un scénario médian, l’Allemagne ne comptera plus que 74,7 millions d’habitants en 2070, contre 83,6 millions en 2024, soit un écart de près de 9 millions de personnes par rapport aux dernière projections ! Concrètement, cela veut dire que la population va progressivement revenir à son niveau des années 1960 et surtout que le vieillissement sera plus rapide qu’anticipé. Le taux de fécondité est tombé à 1,35 enfant par femme, soit environ la moyenne de l’Union européenne, quand le seuil de remplacement se situe à 2,1.

Comment expliquer ce changement?

Concrètement, l’Ifo explique que les hypothèses concernant le solde migratoire et la natalité ont été revues à la baisse. En effet, la dernière mouture ne prévoit qu’une immigration nette de 225.000 personnes en 2025, contre des prévisions initiales de 450.000. Les nouvelles données intègrent donc des hypothèses plus basses, autour de 250.000 entrées nettes par an à partir de 2030.

Surtout, et de manière beaucoup plus surprenante, les chercheurs de l’Ifo expliquent que les précédents calculs surestimaient la population allemande. Et pas qu’un peu. La dernière projection de 2022 supposait que l’Allemagne comptait 83,2 millions d’habitants en 2021, alors que le recensement suivant a montré qu’ils n’étaient que 81,9 millions, soit une différence d’1,3 million.

Pour l’Ifo, cet « écart considérable s’explique surtout par le fait que de nombreuses personnes (le plus souvent de nationalité étrangère) ont manifestement quitté l’Allemagne au cours des dix dernières années sans se désinscrire en bonne et due forme auprès des services municipaux d’enregistrement de la population, et ont donc continué à être comptabilisées dans les statistiques ». Au final, cela réduit le nombre de parents potentiels et donc le nombre de naissances à venir.

Quelles sont désormais les projections?

Sauf inflexion majeure de la natalité ou du solde migratoire, le vieillissement démographique risque donc d’être bien plus rapide qu’anticipé en Allemagne. Non seulement la population va se réduire, mais la pyramide des âges va davantage se déformer. Le nombre de personnes ayant plus de 67 ans, et ayant donc l’âge d’être à la retraite, va grimper de 30% d’ici dix ans jusqu’à représenter une personne sur quatre. Au contraire, « le nombre d’enfants et de jeunes (0–19 ans) ainsi que le nombre de personnes en âge de travailler (20–66 ans) va diminuer d’environ 10%, et à long terme même d’environ 20% », observe l’institut Ifo. Les précédentes estimations tablaient sur la quasi-stabilité de ces classes d’âge.

Un char du carnaval de Düsseldorf, réputé pour ses représentations mordantes et irrévérencieuses, se moque du système de retraite allemand lors du défilé annuel du Lundi des Roses, le 16 février 2026. © Hesham Elsherif / GETTY IMAGES EUROPE

Selon une hypothèse médiane, le nombre de personnes âgées de 20 à 66 ans devrait tomber à 45,3 millions en 2070, contre 51,2 millions aujourd’hui, soit une baisse de 11,5%. L’Office fédéral des statistiques a précisé que la population en âge de travailler pourrait tomber à 37,1 millions de personnes, si le solde migratoire était significativement réduit. Ce déclin démographique sera inégalement réparti sur le territoire. La population devrait continuer à grimper dans certaines grandes villes comme Berlin, Hambourg ou Brême, alors qu’elle chutera brutalement dans l’est de l’Allemagne, où le nombre d’enfants et d’actifs pourrait reculer jusqu’à 30%.

Qu’est-ce que cela change?

L’institut Ifo met en garde contre des « répercussions considérables sur l’ensemble des domaines de l’économie et de la société – en commençant par les systèmes de sécurité sociale, en passant par le développement économique, jusqu’aux besoins en infrastructures de tout type. »

Le vieillissement accéléré risque en particulier de peser sur le système de retraite. Un quart du budget fédéral de l’État allemand y est déjà alloué (118 milliards d’euros en 2024) et la cour des comptes du pays a déjà prévenu que ce poste de dépenses va continuer à croître. L’an passé, le chancelier Friedrich Merz a appelé les jeunes à ne pas compter exclusivement sur leur pension publique, mais aussi à placer leur épargne sur les marchés financiers pour préparer eux-mêmes leur retraite, comme le notait le Financial Times.

En France, le Conseil d’orientation des retraites (Cor) a vraisemblablement retenu lui aussi des hypothèses démographiques trop optimistes et devrait les corriger dans son prochain rapport annuel publié en avril. Comme l’a expliqué BFM Business, cette correction devrait faire bondir les prévisions de déficit.

Source