Gaza : du carburant transporté par l’ONU est entré pour la première fois depuis 130 jours dans l’enclave, où 60 nouvelles personnes ont été tuées par des missiles israéliens

Des Palestiniens déplacés vont chercher de l’eau à un point de distribution dans le camp de réfugiés de Nousseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 10 juillet 2025. EYAD BABA / AFP

L’ONU a pu faire entrer mercredi environ 75 000 litres de carburant dans la bande de Gaza, « la première cargaison de ce type en cent trente jours », a annoncé, jeudi 10 juillet, Stéphane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général, notant que cette quantité était largement insuffisante pour faire face aux pénuries.

« Nos partenaires et nous avons besoin de centaines de milliers de litres de carburant chaque jour pour maintenir des opérations vitales et permettre de sauver des vies, ce qui veut dire que le volume entré hier n’est même pas suffisant pour couvrir un jour de besoin en énergie », a précisé M. Dujarric, avertissant que des services cruciaux allaient devoir « fermer si des volumes plus importants n’entrent pas dans la bande de Gaza immédiatement ».

De son côté, l’Union européenne (UE) a trouvé un accord avec Israël pour étendre l’aide humanitaire dans l’enclave, a fait savoir, jeudi, la cheffe de la diplomatie européenne. « Cet accord signifie que plus de points de passage seront ouverts, que plus de camions d’aide et de nourriture entreront », dans l’enclave, a assuré Kaja Kallas sur X.

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« Nous comptons sur Israël pour mettre en œuvre toutes les mesures convenues », a-t-elle ajouté, précisant qu’elles entreraient en vigueur « dans les prochains jours ». Concrètement, l’accord prévoit une « augmentation substantielle du nombre de camions transportant quotidiennement des produits alimentaires et non alimentaires entrant à Gaza », ainsi que l’ouverture de « nouveaux points de passage » au nord et au sud du territoire, selon un communiqué.

Un rapport de la Commission européenne, présenté à la fin de juin aux ministres des affaires étrangères européens, estime qu’Israël a violé l’article 2 de son accord d’association avec l’Union européenne en matière de respect des droits de l’homme. Certains pays, dont l’Espagne, réclament en conséquence une suspension de cet accord, au moins en partie, mais d’autres s’y opposent. L’accord conclu avec Israël sur l’aide humanitaire, et annoncé jeudi par Mme Kallas, devrait permettre aux pays européens les plus proches d’Israël de repousser toute discussion sur d’éventuelles sanctions.

Plus de 60 morts jeudi

Le territoire palestinien, dévasté par plus de vingt et un mois de guerre, est en proie à une grave crise humanitaire, tandis que les bombardements se poursuivent. Rien que jeudi, 66 Palestiniens sont morts dans des frappes et des tirs israéliens, a annoncé la défense civile de la bande de Gaza. Un raid aérien a touché un groupe de personnes qui patientaient devant un établissement médical de Deir Al-Balah, dans le centre de l’enclave, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Mohammad Al-Moughaïr, un responsable des secouristes. Parmi les 17 victimes figurent au moins huit enfants, a-t-il précisé.

L’armée israélienne a déclaré à l’AFP avoir ciblé à Deir Al-Balah un membre de la Noukhba, une unité d’élite du mouvement islamiste Hamas, ayant participé selon elle « au massacre du 7 octobre » 2023, à l’origine de la guerre à Gaza. Elle a dit regretter « tout dommage causé à des personnes non impliquées » et œuvrer « autant que possible à limiter les atteintes aux civils ».

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La clinique de Deir Al-Balah est gérée par l’ONG humanitaire Project HOPE, qui a rapporté de son côté la mort de 15 personnes, dont dix enfants. « Les cliniques de Project HOPE sont des lieux de refuge à Gaza, où les gens amènent leurs jeunes enfants, où les femmes reçoivent des soins pendant et après leur grossesse, où l’on traite la malnutrition », a commenté dans un communiqué le responsable de l’ONG, Rabih Torbay. « Pourtant, ce matin, des familles innocentes ont été attaquées sans pitié alors qu’elles faisaient la queue en attendant l’ouverture des portes », a-t-il ajouté, appelant à un cessez-le-feu immédiat.

L’armée israélienne n’a pas commenté les autres incidents rapportés par la défense civile, dont l’AFP n’est pas en mesure de vérifier de manière indépendante les bilans, compte tenu des restrictions imposées aux médias à Gaza. Plus de 57 680 Palestiniens, majoritairement des civils, ont été tués dans la campagne de représailles militaires israéliennes, selon des données du ministère de la santé, administrée par le Hamas, jugées fiables par l’ONU.

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Les négociations se poursuivent à Doha

Dans le même temps, les négociations indirectes relancées entre Israël et le Hamas se poursuivent à Doha (Qatar). Le mouvement islamiste a affirmé, mercredi soir, avoir accepté de libérer dix otages, assurant vouloir « surmonter les obstacles » afin de parvenir à un accord de trêve. Sur 251 personnes enlevées en Israël durant l’attaque du 7-Octobre, 49 sont toujours retenues à Gaza, dont 22 sont toujours vivantes, selon l’armée israélienne.

En marge d’une réunion des pays de l’Asie du Sud-Est à Kuala Lumpur, jeudi, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a montré un optimisme prudent sur la conclusion d’un cessez-le-feu. « Nous avons bon espoir. Je veux dire qu’en fin de compte, nous espérons qu’ils passeront à des pourparlers de proximité », a-t-il déclaré à la presse. Il a cependant mis en garde : « Nous avons déjà vu des négociations échouer à ce stade des pourparlers. » « Nous reconnaissons aussi qu’il y a encore des défis à relever », a-t-il ajouté. Il a notamment cité « le refus du Hamas de désarmer, ce qui mettrait fin à ce conflit immédiatement ».

Le président américain, Donald Trump, avait déjà déclaré, mardi, à Fox Business Network, après avoir rencontré le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyah, lundi et mardi à Washington : « Oui, je pense que nous nous rapprochons d’un accord. Je pense qu’il y a de bonnes chances que nous l’obtenions. »

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Le Monde avec AFP

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Vincent Meslet, numéro deux de Radio France, défend la stratégie de la direction critiquée en interne

Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France, à Paris, le 7 février 2025. THOMAS GOGNY/DIVERGENCE

Disparition fin août de l’antenne FM de Mouv’, la station destinée aux jeunes, transformation dans la douleur de la grille du réseau local Ici (ex-France Bleu), redéploiement de la cellule investigation, accusation d’aseptisation des programmes de France Inter… Les dossiers brûlants s’amoncellent sur le bureau de Vincent Meslet, numéro deux de Radio France.

Le directeur éditorial de la radio publique préfère, lui, se réjouir des bonnes audiences de fin de saison. France Inter et France Culture ont réalisé leurs meilleures saisons, tandis que Franceinfo a gagné 162 000 auditeurs en l’espace d’un an sur la période avril-juin. « La progression se fait aux deux tiers auprès des communes rurales, et à la moitié auprès des CSP− », dit-il au Monde dans sa première prise de parole médiatique depuis son recrutement à l’été 2024 pour succéder à Laurence Bloch.

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Le patronat s’attaque aux arrêts maladie dans les entreprises

Le président du Medef, Patrick Martin, à Matignon, à Paris, le 24 juin 2025. ALAIN JOCARD / AFP

Sus à l’absentéisme dans les entreprises ! En moins de vingt-quatre heures, les deux principales organisations patronales sont, de nouveau, montées au créneau pour attirer l’attention sur le coût croissant induit par les arrêts maladie. Mercredi 9 juillet, lors d’une conférence de presse, le Medef a présenté plusieurs propositions destinées à contenir les dépenses – sachant que ses idées s’intègrent dans une réflexion plus globale sur notre système de santé. Dans un communiqué diffusé la veille, la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) avait, elle aussi, souligné l’impérieuse nécessité de « limiter l’explosion » du phénomène. Des initiatives qui interviennent à quelques jours de la présentation par le gouvernement de pistes pour réaliser 40 milliards d’économies.

Les statistiques donnent un aperçu du problème. En 2023, le régime général de la Sécurité sociale a consacré 10,21 milliards d’euros pour les indemnités journalières attribuées à des salariés en arrêt de travail (du fait d’une maladie « ordinaire », c’est-à-dire non imputable à l’activité professionnelle). Cette somme tend à progresser à un rythme de plus en plus soutenu : + 6,4 % par an, en moyenne, entre 2019 et 2023, contre + 2,9 % au cours de la décennie 2010.

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Donald Trump, décorateur en chef de la Maison Blanche

Le président américain, Donald Trump, lors d’une réunion du cabinet à la Maison Blanche, à Washington, le 8 juillet 2025. EVAN VUCCI / AP

La satisfaction après « six mois formidables », l’émotion à l’évocation des inondations qui ont endeuillé le Texas, la frustration face à Vladimir Poutine qui « nous raconte beaucoup de conneries » à propos de la guerre en Ukraine, l’exaspération après la question d’un journaliste sur l’absence d’éléments nouveaux dans un mémorandum du département de la justice concernant l’ex-financier Jeffrey Epstein mort en prison alors qu’il était accusé d’avoir mis en place un réseau d’exploitation sexuelle, une affaire qui obsède une partie de la base trumpiste : Donald Trump est passé d’une expression à une autre au cours de la réunion de son cabinet, le 8 juillet. En présence de la presse et durant plus d’une heure et demie, il a multiplié les digressions. Cependant, un sujet inattendu lui tenait particulièrement à cœur, qui l’a occupé de longues minutes : la nouvelle décoration, par ses soins, de la pièce dans laquelle se tiennent ces réunions.

« Vous savez, nous avons consacré beaucoup de temps, d’efforts et très peu d’argent à cette pièce. C’est ce qu’on appelle la salle du cabinet. Elle est là depuis longtemps. Elle contenait quelques tableaux [de prédécesseurs] qui n’étaient pas très nombreux et pas très bons », a raconté le président, très à son aise, avouant avoir passé du temps dans les réserves de la Maison Blanche pour en tirer les œuvres aujourd’hui en place. « Je les ai tous choisis moi-même, j’en suis très fier », a-t-il poursuivi en passant en revue les portraits retenus.

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En Ukraine, « les militaires reprochent aux civils leur indifférence, mais, en réalité, la société reste mobilisée »

Un bénévole transporte des sacs lors de l’évacuation de civils de Pokrovsk (Ukraine), vendredi 20 décembre 2024. EVGENIY MALOLETKA / AP

Ioulia Shukan, sociologue et directrice d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales, a mené pendant neuf ans une enquête ethnographique sur les bénévoles venus apporter leur aide, dès le début de la guerre dans le Donbass, en 2014, au centre hospitalier de Kharkiv, l’un des principaux établissements de prise en charge des soldats blessés.

Ce travail, restitué dans l’ouvrage Citoyennes soignantes (Editions de la Maison des sciences de l’homme, juin 2025, 248 pages, 27 euros), met au jour les ressorts de l’engagement des millions de civils qui, en contribuant bénévolement à l’effort de guerre, constituent aujourd’hui encore l’un des piliers de la résistance à l’agression russe.

On parle de division croissante entre les soldats au front et les civils à l’arrière. Le constatez-vous ?

Cette perception est assez classique. Elle est liée à une rupture d’expérience entre les civils – même s’ils subissent des bombardements – et les soldats, dont les conditions de vie dans les tranchées, extrêmement dures, créent une déconnexion avec la vie à l’arrière. Les militaires reprochent aux civils leur indifférence, mais, en réalité, la société reste mobilisée. Les gens peuvent aller au café ou au cinéma, tout en étant engagés dans une forme d’assistance à l’armée, à travers le bénévolat ou des dons.

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Le milliardaire Pierre-Edouard Stérin au cœur d’une enquête sur le financement illégal de candidats du RN

Le milliardaire Pierre-Edouard Stérin, à Paris, le 6 septembre 2023. STEPHANE LAGOUTTE/CHALLENGES-REA

Mardi 11 juin 2024, deux jours après la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron. La vie politiquefrançaise s’apprête à vivre un bouleversement majeur, avec le ralliement du président du parti Les Républicains, Eric Ciotti, au Rassemblement national (RN). Hasard du calendrier : pendant que les télévisions patientent devant le siège du parti d’extrême droite, dans le 16e arrondissement de Paris, l’homme qui rêvait de cette union se présente, non loin de là, à Nanterre, dans les locaux de la direction nationale de la police judiciaire. Ce jour-là, Pierre-Edouard Stérin est entendu, en tant que « suspect libre », dans le cadre d’une enquête préliminaire sur des faits de financement illégal de campagne électorale, selon les informations du Monde confirmées par le parquet de Marseille, qui dirige la procédure.

Les enquêteurs s’interrogent sur le rôle du milliardaire, fervent soutien d’un projet de société ultralibéral, réactionnaire et xénophobe, dans un système de financement illégal des campagnes électorales du RN en 2020 et en 2021, principalement dans le quart sud-est de la France. L’enquête, étendue aux infractions de blanchiment et d’exercice illégal de la profession de banquier, est menée dans le plus grand secret depuis 2021 par la brigade de la criminalité financière de la police judiciaire marseillaise.

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Hyperandrogénie : la CEDH estime que l’athlète Caster Semenya n’a pas eu droit à un procès équitable

La sud-africaine Caster Semenya quitte la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, le 10 juillet 2025 . ANTONIN UTZ/AP

Privée de compétitions internationales depuis 2018 parce qu’elle refuse de faire baisser son taux de testostérone par un traitement hormonal afin de pouvoir participer dans la catégorie féminine, l’athlète sud-africaine Caster Semenya n’a pas pu bénéficier d’un procès équitable, a tranché la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), jeudi 10 juillet.

Condamnée dans cette affaire, la Suisse doit verser à Caster Semenya 80 000 euros pour frais et dépens. « C’est un résultat positif », « c’est un rappel aux dirigeants que les priorités sont la protection des athlètes », a salué jeudi la double championne olympique du 800 mètres.

La CEDH a toutefois refusé de se prononcer au sujet de l’éventuelle discrimination dont aurait été victime la sportive internationale, qui dénonçait des violations de ses droits au respect de la vie privée et à un recours effectif, s’estimant victime de discrimination. En première instance, la CEDH avait fait droit à sa demande à l’été 2023. Mais la Grande Chambre, sorte d’instance d’appel saisie par les autorités helvètes, appuyées par World Athletics, a estimé jeudi que la juridiction n’était pas compétente pour se prononcer.

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La Cour a fait droit à la demande de la double championne olympique concernant le droit à un procès équitable. Le respect de ce droit à un procès équitable, protégé par la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme, « exigeait un examen particulièrement rigoureux de sa cause ».

Or la cour a estimé que cela n’avait pas été le cas de l’examen opéré par le Tribunal fédéral suisse saisi antérieurement par Caster Semenya pour contester la sentence du Tribunal arbitral du sport (TAS), a déclaré Matthias Guyomar, président de la CEDH, en lisant l’arrêt de la Grande Chambre, dont la décision est définitive.

Privée de compétition depuis 2018, Caster Semenya, qui produit naturellement beaucoup d’hormones androgènes, à même d’accroître la masse musculaire et d’améliorer les performances, se bat contre une réglementation de World Athletics imposant aux athlètes hyperandrogènes de faire baisser leur taux de testostérone par un traitement hormonal.

Le Monde avec AFP

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PFAS : la consommation de l’eau du robinet interdite dans 12 communes des Ardennes

L’arrêté préfectoral interdisant de consommer l’eau du robinet entre en vigueur, jeudi 10 juillet, pour 12 communes des Ardennes. La même mesure s’applique depuis samedi 5 juillet dans quatre communes de la Meuse. Des taux de PFAS, dits « polluants éternels », supérieurs à la limite légale, de 100 nanogrammes par litre (ng/l), y ont été relevés dans l’eau distribuée. La durée de cette interdiction, qui concerne 2 800 habitants au total dans les Ardennes, n’a pas été précisée.

Une loi sur les polluants éternels promulguée au début de l’année prévoit d’inclure les PFAS dans le contrôle sanitaire des eaux potables. Pour les communes concernées − Villy, Malandry, Blagny, Linay, Haraucourt, Bayonville, Beffu-et-le-Morthomme, Landres-et-Saint-Georges, Thenorgues, Imécourt, Verpel et le hameau de Sivry −, la préfecture des Ardennes a reconnu que « la concentration totale des 20 principaux PFAS dépasse, de façon persistante et très importante, la limite réglementaire ». Ces villages se situent dans le sud du département, à proximité de la Meuse ou de l’un de ses affluents.

Selon France 3 et Disclose, les taux dépassent de trois à 27 fois la limite dans 17 communes de la Meuse et des Ardennes. Avec 2 729 ng/l décelés en février, Villy, dans les Ardennes, présente le plus grand nombre de contaminations au niveau national, précise Disclose. La source utilisée dans ce village est si polluée que l’on « ne peut pas la traiter, on ne peut pas rattraper le taux », regrette son maire, Richard Philbiche.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Pollution de l’eau potable : le casse-tête des consommateurs pour réduire les risques

Deux litres d’eau potable par jour

Les PFAS, substances per- et polyfluoroalkylées, peuvent provoquer notamment une augmentation du taux de cholestérol, des cancers, des problèmes de fertilité ou touchant le développement du fœtus. Massivement utilisés dans l’industrie depuis le milieu du XXᵉ siècle, par exemple pour fabriquer des poêles antiadhésives, des vêtements imperméables ou des cosmétiques, ils sont, comme leur surnom l’indique, extrêmement difficiles à éliminer une fois dans l’eau ou les sols.

Les municipalités concernées doivent fournir deux litres d’eau potable par jour à chaque habitant tant que l’eau courante reste impropre à la consommation. Pour Villy, cela représente une dépense de 18 000 euros sur un an. « On va payer l’eau cent fois plus cher » que si elle était captée à la source, assure le maire. Le préfet des Ardennes invite par ailleurs les communes concernées « à mettre en place, dans les meilleurs délais, un plan d’action pour réduire de façon satisfaisante le taux de PFAS dans l’eau et rendre de nouveau l’eau conforme aux normes en vigueur ».

« On sait que notre pollution date d’au moins vingt-cinq ans », affirme Annick Dufils, maire de Malandry, près de Villy, qui dénonce « un scandale sanitaire ». Elle s’attend à ce que les travaux durent plus d’un an et coûtent de 500 000 à 900 000 euros. « On va s’endetter sur des décennies », ajoute-t-elle, regrettant l’absence de soutien des pouvoirs publics.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés PFAS : la recherche au défi des polluants éternels

Le Monde avec AFP

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Tour de France 2025 : Ben Healy s’impose en solitaire sur la sixième étape, Mathieu Van der Poel récupère le maillot jaune, entre Bayeux et Vire-Normandie

Bienvenue dans ce direct consacré à la sixième étape du Tour de France 2025, 112ᵉ édition de la Grande Boucle, qui relie Lille à Paris – après une édition 2024 ne s’étant pas achevée sur les Champs-Elysées, du fait des Jeux olympiques de Paris.

Quoi ? Une étape de 201,5 kilomètres, en forme de montagnes russes, qui verra les coureurs grimper six côtes – cinq de troisième catégorie, une de quatrième – tout au long de la journée. Il y en aura notamment trois dans les 50 derniers kilomètres de la course.

Où ? Entre Bayeux et Vire-Normandie (Calvados).

Quand ? Le départ réel de la course sera donné à 12 h 45.

Sur quelles chaînes ? France 2, France 3 et Eurosport 1.

Qui anime le live ? Deux Valentin – Baudry et Moinard – pour le prix d’un, cela permettra de se relayer dans le peloton du live

Ce dont on ne parlera pas ? Pourquoi un homme a plus tendance à croire qu’une femme qu’il peut faire atterrir un avion de ligne

Demandez le programme… Les prochains directs sport du Monde

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Mayotte : le Parlement adopte définitivement le projet de loi pour « refonder » l’archipel

Vue sur le bidonville de Kawéni, du quartier de Bandrajou, à Mayotte, le 19 décembre 2024. MORGAN FACHE/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »

Sept mois après le passage dévastateur de Chido, le Parlement a définitivement adopté, jeudi 10 juillet, le projet de loi pour « refonder » Mayotte, département le plus pauvre de France confronté avant même le cyclone à d’immenses défis. Un ultime vote favorable du Sénat, à 228 voix contre 16, a permis à ce texte d’aboutir. Il doit désormais être promulgué par le président de la République.

Ce texte constituera « une étape vers une meilleure protection des Mahorais, vers l’égalité réelle, vers un développement concret et puissant du territoire au service de la population », a salué le ministre des outre-mer, Manuel Valls.

Cette « loi-programme » décline notamment 4 milliards d’euros d’investissements publics sur six ans et inscrit pour la première fois dans la loi la convergence sociale, c’est-à-dire l’alignement des droits sociaux avec les montants de l’Hexagone, à l’horizon 2031. A Mayotte, 77 % de la population vit sous le seuil de pauvreté national, et le RSA, par exemple, y est encore deux fois plus bas.

Dernier texte de loi à passer au Parlement avant la pause estivale, il vient clore une session parlementaire extraordinaire assez fructueuse pour le gouvernement, qui aura réussi à faire aboutir plusieurs textes malgré son absence de majorité à l’Assemblée nationale.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Manuel Valls mis à l’épreuve sur les dossiers ultramarins

Lutte contre l’immigration clandestine et l’habitat illégal

Cette loi pour « refonder Mayotte », fruit d’un compromis entre députés et sénateurs, avait été validée mercredi par les députés, avec le soutien de la coalition gouvernementale et de l’extrême droite. Le Rassemblement national, très mobilisé durant les débats, a même revendiqué « une victoire politique ». Mais la gauche, à l’Assemblée comme au Sénat, s’est partagée entre opposition et abstention, mettant notamment en cause, par la voix de plusieurs parlementaires, « l’obsession » pour l’immigration du projet de loi.

Le texte s’attaque en effet à deux « fléaux », la lutte contre l’immigration clandestine et l’habitat illégal, « sans quoi » Mayotte risque d’être reconstruite sur du « sable », selon les mots de Manuel Valls. Il prévoit par exemple de durcir les conditions d’obtention d’un titre de séjour alors que près de la moitié de la population y est étrangère. Plusieurs dispositions permettent de faciliter la destruction des bidonvilles, alors qu’un tiers de l’habitat est informel. Une mesure permet par exemple de déroger à l’obligation d’une offre de relogement au moment d’une évacuation.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Chido : six mois après le cyclone, le système de santé à Mayotte plus que jamais sous tension

« A Mayotte, le droit commun ne s’applique plus. C’est devenu un laboratoire sécuritaire où l’on teste des lois que l’on n’oserait jamais appliquer ailleurs en France », s’est indignée la sénatrice (Les Ecologiste) Antoinette Guhl.

Suppression du visa territorialisé

Le projet de loi prévoit en outre plusieurs mesures très attendues sur l’archipel. D’abord, la suppression d’ici à 2030 du visa territorialisé, qui empêche un détenteur d’un titre de séjour mahorais de venir dans l’Hexagone. Les Mahorais y voient une injustice et un manque de solidarité de la France métropolitaine face à l’afflux massif d’immigrés clandestins venus notamment des Comores voisines.

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Le recensement exhaustif de la population à Mayotte dès 2025 est aussi inscrit dans la loi. Depuis des années, les élus locaux affirment que la population est sous-estimée avec pour conséquence des collectivités moins bien dotées qu’elles ne devraient l’être et des services publics saturés.

Autre victoire pour les élus mahorais, la suppression de l’article facilitant les expropriations pour permettre la construction d’infrastructures dites essentielles. Cette mesure, ardemment défendue par le gouvernement et initialement votée par le Sénat, a provoqué une levée de boucliers sur l’archipel, les Mahorais s’inquiétant d’une mainmise de l’Etat sur le foncier.

Pour certains parlementaires, le texte passe aussi à côté de nombreux enjeux de développement, notamment sur l’eau, la transition écologique et la santé. La députée mahoraise Anchya Bamana (Rassemblement national) a par exemple rappelé que Mayotte vit toujours sous le régime des coupures d’eau, avant de lancer : « Comment justifier 1 milliard [d’euros] pour se baigner dans la Seine, mais rien pour répondre à l’urgence de l’accès à l’eau potable pour les Mahorais ? »

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Le Monde avec AFP

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