Georges Ibrahim Abdallah lors de son procès, à Paris, le 3 juillet 1986. MICHEL VAURIS-GRAVOS/JEAN-MARC COLLIGNON/AFP
Après plus de quarante ans de détention, la justice française a ordonné la libération de Georges Ibrahim Abdallah, jeudi 17 juillet au matin. La cour d’appel de Paris a ordonné, au cours d’une audience non publique, la libération conditionnelle de Georges Ibrahim Abdallah et son expulsion vers le Liban, le 25 juillet.
Agé de 74 ans, le vieux militant des Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL) va donc avoir une semaine pour vider sa cellule de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), où s’accumulent depuis des décennies lettres de soutiens, drapeaux ou affiches à l’effigie de Che Guevara, livres et journaux. Transporté par avion militaire à Paris, il sera placé en centre de rétention avant de prendre un vol pour Beyrouth, où il sera remis aux autorités libanaises. Il pourra ainsi finir ses jours dans son village de Kobayat, dans le nord du Liban.
Interpellé en 1984 puis condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 1987, pour complicité d’assassinats terroristes sur les personnes de Charles R. Ray, attaché militaire adjoint américain, et de Yacov Barsimantov, deuxième secrétaire de l’ambassade d’Israël, tous deux tués par les FARL en 1982 à Paris, Georges Ibrahim Abdallah s’est toujours dit innocent de ces deux attentats. Mais il en a aussi toujours assumé leur responsabilité politique, les qualifiant d’« actes de résistance » contre « l’oppression israélienne et américaine ».
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L’ancien camp militaire français de Bel Air, à Dakar, en juin 2010. SEYLLOU DIALLO / AFP
Les dernières installations militaires françaises au Sénégal doivent être officiellement restituées à ce pays, jeudi 17 juillet au matin, lors d’une cérémonie historique à Dakar, qui marquera la fin de la présence permanente de l’armée française, non seulement au Sénégal (où elle est présente depuis l’indépendance, en 1960), mais plus globalement en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Depuis 2022, l’armée française a, en effet, mis fin à sa présence permanente au Mali, au Burkina Faso, au Niger, au Tchad et au Gabon, où sa base s’est muée en « camp partagé » gabono-français axé sur la formation.
Le camp Geille, plus grande installation militaire française au Sénégal (située dans la capitale), et l’escale aéronautique militaire (située à l’aéroport) doivent été restitués à l’Etat sénégalais, jeudi, lors d’une cérémonie en présence du général Mbaye Cissé, chef d’état-major des armées du Sénégal, et du général Pascal Ianni, à la tête du commandement de l’armée française pour l’Afrique. Ce jour marque la fin officielle des éléments français au Sénégal (EFS), qui comprenaient environ 350 militaires ayant pour mission principale de conduire des activités de partenariat militaire opérationnel avec les forces armées sénégalaises.
La présence militaire française au Sénégal reposait depuis 1960 sur des accords de défense et de coopération bilatéraux, avec un « appui à construction » de l’armée sénégalaise entre 1960 et 1974. Après son indépendance, le Sénégal était resté l’un des alliés africains les plus sûrs de la France, ancienne puissance coloniale dominante en Afrique de l’Ouest. Mais les nouveaux dirigeants en fonctions depuis avril 2024 ont promis de traiter désormais la France à l’égal des autres partenaires étrangers, au nom d’une souveraineté recouvrée.
Un « partenariat rénové »
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, arrivé au pouvoir avec un agenda de rupture, avait annoncé en novembre 2024 la fin de toute présence militaire française et étrangère sur le sol national en 2025. « Le Sénégal est un pays indépendant, c’est un pays souverain et la souveraineté ne s’accommode pas de la présence de bases militaires dans un pays souverain », avait-il déclaré. M. Faye avait assuré qu’il ne s’agissait pas d’un acte de « rupture » et avait défendu un « partenariat rénové » avec l’ancienne puissance coloniale.
Le retrait français a été entamé en mars et plusieurs installations ont déjà été restituées, depuis, par l’armée française. Mais il avait été acté, côté français, à partir de 2011-2012. En 2011, les forces françaises du Cap-Vert (FFCV), créées en 1974, avaient, en effet, laissé la place aux EFS, ne disposant pas d’unités combattantes mais d’un réservoir d’instructeurs spécialisés. Et en 2012, un changement de la forme du partenariat militaire avait été entériné par la signature du traité instituant un partenariat en matière de coopération militaire entre les deux pays. Depuis, la défense de l’intégrité du territoire est assurée par les seules forces armées sénégalaises.
Le retrait français du Sénégal s’est fait dans la concertation, dans un paysage africain largement défiant envers la présence française. Au Sahel, face à la prise de pouvoir, par des putschs, de juntes devenues hostiles, l’armée française déployée dans la lutte antidjihadiste a dû plier bagage, de gré ou de force. Elle dispose toujours d’une base à Djibouti, qui accueille 1 500 personnes. Paris souhaite en faire un « point de projection » pour les « missions » en Afrique après le retrait de ses forces du Sahel.
Le nombre d’« attaques hybrides » menées par la Russie en Europe a été multiplié par six entre 2023 et 2024, rapporte le service de renseignement extérieur ukrainien (SZRU).
« Entre 2014 et 2024, plus de 200 incidents ont été documentés, allant du sabotage et de la désinformation aux cyberattaques et au brouillage électronique des signaux GPS. Plus de 86 % de ces attaques ont eu lieu après 2022 et, en 2024 seulement, leur nombre a été six fois supérieur à celui de l’année précédente », écrit-il sur son site.
Les principales cibles restent, selon lui, les secteurs de l’énergie, des transports et des communications. « Depuis le début de l’année 2025, des attaques ont été enregistrées contre des câbles sous-marins, des infrastructures d’approvisionnement en eau, ainsi que des tentatives d’ingérence dans le trafic aérien au sein du territoire de l’Union européenne », poursuit le SZRU, soulignant le fait que les Etats le plus souvent pris pour cibles, notamment la Pologne, les pays baltes, la Finlande, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Norvège, sont ceux qui soutiennent activement l’Ukraine.
« L’objectif de ces opérations est de provoquer des tensions internes, d’affaiblir la solidarité européenne et de réduire le soutien apporté à Kiev », ajoute-t-il.
Des Druzes de Syrie et d’Israël manifestent à Majdal Shams, à l’extrême nord-est du plateau du Golan contrôlé par Israël, mercredi 16 juillet 2025. LEO CORREA / AP
Une nouvelle fois, Israël a bombardé l’un de ses voisins. Mercredi 16 juillet, après des combats meurtriers entre l’armée syrienne, la communauté druze et des tribus bédouines autour de Souweïda, dans le sud de la Syrie, ayant causé la mort plus de 300 personnes (civils et militaires), l’armée israélienne a frappé l’entrée du palais présidentiel et le ministère de la défense à Damas, la capitale syrienne. Selon le ministère de la santé syrien, 28 personnes ont été blessées et une personne a été tuée par ces tirs de missiles. Au même moment, environ un millier de Druzes d’Israël se sont introduits dans le territoire syrien depuis Majdal Shams, à l’extrême nord-est du plateau du Golan, un territoire syrien occupé par Israël depuis 1967.
Sur quelques vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on aperçoit un groupe d’hommes en tenue traditionnelle druze noire, avec un bonnet blanc, se faufiler à travers la barrière qui marque la frontière actuelle entre les deux pays. « Ici, tout le monde est scandalisé par ces massacres et cherche n’importe quel moyen de venir en aide à leurs proches de l’autre côté de la frontière,raconte Qassem Sabag, un habitant de Majdal Shams joint par téléphone. La plupart sont partis avec l’idée d’aller défendre Souweïda contre le pouvoir syrien. »
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Une rue inondée lors de fortes pluies de mousson à Rawalpindi, au Pakistan, le 17 juillet 2025. AAMIR QURESHI / AFP
« Ces dernières vingt-quatre heures, 54 personnes sont mortes et 227 ont été blessées au Pakistan et la province du Pendjab compte le plus de victimes », a déclaré, jeudi 17 juillet, à l’Agence France-Presse (AFP) une porte-parole de l’Autorité de gestion des catastrophes, précisant que le bilan avait été comptabilisé jusqu’à 8 heures (5 heures à Paris). D’après la porte-parole de l’agence gouvernementale, environ 180 personnes, dont 70 enfants, sont mortes et 500 ont été blessées depuis le début de la mousson estivale, soit la fin de juin.
Le service de météorologie a alerté sur un risque élevé de précipitations intenses et de possibles crues subites dans les prochaines quarante-huit heures.
Les autorités de Rawalpindi, à 15-20 kilomètres de la capitale Islamabad, ont déclaré que jeudi serait un jour férié pour inciter les habitants à rester chez eux. « Les résidents de zones à risque doivent préparer des kits d’urgence avec de la nourriture, de l’eau, des médicaments pour trois à cinq jours », ont-elles dit. Après la crue d’une rivière traversant la ville, des habitants ont également été invités à évacuer leurs logements.
Un pays particulièrement exposé aux catastrophes climatiques
Le Pakistan est l’un des pays du monde les plus vulnérables aux effets du changement climatique et ses 255 millions d’habitants subissent des événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquemment.
La mousson d’été apporte 70 à 80 % des précipitations annuelles en Asie du Sud entre juin et septembre, et est vitale pour la vie de millions d’agriculteurs dans une région d’environ deux milliards d’habitants.
Ben Healy (EF Education-EasyPost) vient tout juste de franchir la ligne d’arrivée de la 11e étape du Tour de France, mercredi 16 juillet, à Toulouse, qu’il se lance dans une autre course qui durera plus d’une heure. L’Irlandais, qui a conservé son maillot jaune à l’issue de la boucle en Haute-Garonne, se plie aux obligations qui incombent au leader du classement général de l’épreuve. Un passage sur le podium protocolaire, puis en conférence de presse, avant de conclure la journée dans le camion de l’Agence de contrôles internationale (ITA, pour International Testing Agency) pour un contrôle antidopage.
« C’est long, parfois certains coureurs ont très envie d’aller aux toilettes en arrivant », sourit Pascal Eeckhout, qui officie sur la Grande Boucle depuis 2008. Chaque jour, ses collègues et lui chapeautent les tests urinaires du vainqueur de l’étape et du maillot jaune – dont les vélos sont également analysés. Selon son bon vouloir, l’ITA peut aussi convoquer d’autres membres du peloton ou se rendre directement à leur hôtel pour y effectuer des prélèvements sanguins. Lors des trois semaines de course, six cents échantillons sont collectés par l’agence.
Reconstitution du processus de recueil et de conservation des urines lors d’un contrôle antidopage. L’urine collectée est conservée dans un frigo avant d’être envoyée en laboratoire pour analyse. A Toulouse, le 16 juillet 2025. SOPHIE RODRIGUEZ POUR «LE MONDE»
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Fanny Métrat et Pierre Maison, de la Confédération paysanne, à Rumilly (Haute-Savoie), où un nouveau foyer de dermatose nodulaire contagieuse a été détecté et où des actions sont menées contre l’abattage des troupeaux. Le 16 juillet 2025 COLETTE LANIER/LE DAUPHINE/MAXPPP
Tout un territoire s’est rassemblé dans ce paysage agricole, herbeux et vallonné de l’Albanais, situé à cheval sur la Savoie et la Haute-Savoie, entre le lac du Bourget et le lac d’Annecy. Il y a là une factrice, une employée de chez Tefal, une enseignante, un artisan, deux jeunes chaudronniers, d’autres encore. Ils sont venus, mercredi 16 juillet, au hameau deTopy, dans la commune de Cessens, soutenir les éleveurs dont les troupeaux ont été touchés par la dermatose nodulaire contagieuse.
La maladie, qui provoque de multiples symptômes (fièvre, abattement, chute de la lactation, nodules sur la peau et les muqueuses, atteinte des organes internes…), affecte fortement la santé des animaux et peut être mortelle. Elle n’est pas transmissible aux humains mais se propage rapidement chez les bovins par le biais des insectes de type mouche piqueuse et taon.
Quelques jours après avoir été détectée en Italie, elle est apparue en France le 29 juin, dans une exploitation d’Entrelacs (Savoie), vaste commune nouvelle de 6 500 habitants qui regroupe plusieurs villages, dont Cessens. Depuis, huit autres exploitations sur les 24 que compte la communeont été touchées, trois autres dans les environs immédiats et une autre à une cinquantaine de kilomètres de là, selon les chiffres officiels fournis par les préfectures de Savoie et de Haute-Savoie. D’autres élevages pourraient être atteints, sans avoir été signalés aux autorités.
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Lors des funérailles de deux des Palestiniens chrétiens tués lors du bombardement de l’église catholique de la Sainte-Famille, à l’église orthodoxe grecque Saint Porphyrius, à Gaza, le 17 juillet 2025. DAWOUD ABU ALKAS/REUTERS
Le patriarcat latin de Jérusalem a annoncé, jeudi 17 juillet, la mort de trois personnes dans une frappe israélienne sur la seule église catholique du territoire palestinien, refuge depuis le début de la guerre pour cette petite communauté. Plusieurs personnes ont également été blessées, « dont le curé de la paroisse, le père Gabriel Romanelli », a précisé le patriarcat. Des dommages ont par ailleurs été causés au bâtiment.
« Ce matin, aux alentours de 10 h 20, le complexe de la Sainte Famille à Gaza, appartenant au patriarcat latin, a été frappé par l’armée israélienne », a affirmé le patriarcat latin dans un communiqué. « A l’heure actuelle, trois personnes ont perdu la vie des suites de leurs blessures, et dix ont été blessées, dont deux dans un état grave », a-t-il ajouté révisant à la hausse un précédent bilan de deux morts.
Le président américain, Donald Trump, « a appelé le premier ministre [israélien, Benyamin Nétanyahou,] ce matin pour évoquer la frappe sur cette église à Gaza (…). C’était une erreur des Israéliens de frapper cette église catholique, c’est ce qu’a dit le premier ministre au président », a déclaré à la presse la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
Dans un communiqué diffusé jeudi soir, Benyamin Nétanyahou a déclaré qu’Israël « regrett[ait] profondément qu’un tir perdu ait atteint l’église de la Sainte-Famille à Gaza. Chaque vie innocente perdue est une tragédie », a-t-il ajouté. Un peu plus tôt, le ministère des affaires étrangères israélien avait affirmé qu’Israël « ne vis[ait] jamais » de sites religieux dans la bande de Gaza, ajoutantque l’armée enquêtait.
« Un char a frappé directement l’église »
L’église abritait à la fois des chrétiens et des musulmans, dont un certain nombre d’enfants handicapés, selon Fadel Naem, directeur par intérim de l’hôpital Al-Ahli, qui se trouve à deux pas de l’église et qui a reçu les blessés. Le directeur de l’hôpital a ajouté que la zone autour de l’église et de l’hôpital a été frappée à plusieurs reprises depuis plus d’une semaine.
« Dans la matinée, un char nous a pris pour cible et a touché l’église. Plusieurs civils ont été tués et blessés », a raconté à l’AFP Shadi Abou Daoud, un déplacé dont la mère de 70 ans est morte dans la frappe.
Un Palestinien chrétien blessé, à l’hôpital arabe Al-Ahli, après une frappe israélienne sur l’église de la Sainte-Famille, dans la ville de Gaza, le 17 juillet 2025. DAWOUD ABU ALKAS / REUTERS
« Viser un site sacré qui abrite environ 600 personnes déplacées, dont la majorité sont des enfants, est une violation flagrante de la dignité humaine (…) et du caractère sacré des sites religieux, qui sont supposés fournir un abri sûr en temps de guerre », a commenté le patriarcat latin de Jérusalem. Son patriarche, Pierbattista Pizzaballa, a déclaré au portail d’information Vatican News : « Ce que nous savons avec certitude, c’est qu’un char a frappé directement l’église. L’armée israélienne dit par erreur mais nous n’en sommes pas sûrs. »
Le pape « profondément attristé »
La France a condamné le bombardement « inadmissible » de cette église, « placée sous la protection historique de la France ». « J’ai exprimé au patriarche latin de Jérusalem l’émotion et la solidarité de notre pays. Ces attaques sont intolérables, il est temps que le carnage à Gaza cesse », a écrit le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur X.
Le pape, Léon XIV, s’est lui dit « profondément attristé par (…) l’attaque militaire contre l’église catholique de la Sainte-Famille à Gaza ». « Sa Sainteté renouvelle son appel à un cessez-le-feu immédiat », précise un télégramme de condoléances publié par le Vatican. La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a de son côté imputé à Israël la responsabilité de la frappe contre l’église. « Les attaques contre la population civile, qu’Israël pratique depuis des mois, sont inacceptables. Aucune action militaire ne peut justifier une telle attitude », a-t-elle déclaré.
L’association de soutien aux minorités chrétiennes, L’Œuvre d’Orient, a transmis au Monde un communiqué dans lequel elle estime que l’église a été « bombardée par Tsahal ». « Cette action n’est justifiée par aucun objectif stratégique (…) et fait suite à l’attaque de Taybeh par des colons, sans intervention des forces de l’ordre », poursuit L’Œuvre d’Orient.
« On peut se demander si Israël en veut aux communautés chrétiennes. Nous attendons des excuses de la part du gouvernement israélien », a déclaré à l’AFP Pascal Gollnisch, son directeur général. L’Œuvre d’Orient a aussi rappelé « l’urgence d’un cessez-le-feu et d’un accès humanitaire pour protéger les populations les plus vulnérables ».
Selon la défense civile palestinienne, au total 25 personnes ont péri dans les frappes israéliennes jeudi dans la bande de Gaza.
Christelle Thieffinne, secrétaire nationale à la protection sociale de la CFE-CGC (à gauche), Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, et Cyril Chabanier, président de la CFTC, à l’hôtel de Matignon, à Paris, le 24 juin 2025. ALAIN JOCARD / AFP
L’automne risque d’être houleux au Parlement, avec l’examen du projet de loi de finances et du budget de la Sécurité sociale pour 2026. Mais le sera-t-il aussi dans la rue ? Plusieurs syndicats le souhaitent, en tout cas, après la présentation, mardi 15 juillet, par le premier ministre, François Bayrou, de ses pistes pour réaliser 43,8 milliards d’euros d’économies en 2026. « Ce qui est à l’ordre du jour, c’est la mobilisation », a lancé, jeudi sur RTL, Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT. Une envie d’en découdre partagée par Force ouvrière (FO), la FSU et Solidaires. Les autres organisations de salariés, tout autant en colère face aux annonces gouvernementales, réfléchissent sur la manière de s’y opposer.
La réaction des représentants des travailleurs était prévisible, compte tenu de la teneur des orientations dévoilées mardi : suppression de deux jours fériés, énième durcissement des règles d’indemnisation des chômeurs, réduction des effectifs dans la fonction publique, gel des pensions et des prestations sociales, libéralisation du marché de l’emploi… Mais l’indignation des syndicats s’explique également par le déséquilibre manifeste qui prévaut, selon eux, dans le plan concocté par M. Bayrou. « Pour que les efforts soient acceptés, ils doivent être justes et équitables, ce qui n’est pas le cas, peste Cyril Chabanier, le président de la CFTC. Il n’y a absolument rien sur les entreprises, le patronat a pu sortir tout sourire de la conférence de presse donnée par le premier ministre. »
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Les assiettes dites « historiées » ou « parlantes » font le bonheur des chineurs. Démocratisées à la fin du XIXe siècle avec la technique d’impression des images sur faïence, elles se sont imposées dans les intérieurs de la petite bourgeoisie puis des catégories populaires en reproduisant des scènes de la vie quotidienne, des rébus ou des fables, mais aussi en célébrant la geste napoléonienne ou les expéditions militaires.
Avec les assiettes à dessert des premières années de la IIIe République, la politique passe à table au gré des humeurs de l’époque. En célébrant la résistance de l’armée française face à la Prusse victorieuse ou en magnifiant les conquêtes coloniales. Mais aussi en faisant de la Commune de Paris un repoussoir, quitte à mettre en scène avec emphase les épisodes les plus violents. En témoigne une série de douze assiettes à dessert réalisées par la manufacture Vieillard, à Bordeaux, dans les toutes premières années de la décennie 1870, qui délivrent une vision violemment hostile des événements qui eurent lieu dans la capitale en 1871.
A la fin du XIXe siècle, le spectacle de la mort sur la vaisselle du dimanche n’a rien d’incongru, ni de vraiment choquant. « La circulation des images contribue à faire entrer la Commune, une fois terminée et réprimée, dans les intérieurs non communards en façonnant un imaginaire fait de désordres et de destructions, de batailles et de châtiments avant le retour à la normale », souligne Laure Godineau, enseignante à l’université Sorbonne Paris-Nord.
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