Loi Duplomb : l’ordre des médecins prend position contre, estimant que les « alertes ne peuvent être ignorées »

Des manifestants brandissent des pancartes lors d’un rassemblement réunissant des scientifiques, des agriculteurs, des associations et des citoyens contre la loi Duplomb, près de l’Assemblée nationale, à Paris, le 27 mai 2025. LEO VIGNAL / AFP

Alors que la pétition contre la loi Duplomb a dépassé lundi la barre des deux millions de signatures sur le site de l’Assemblée nationale, le Conseil national de l’ordre des médecins a pris position contre, affirmant que « les alertes ne peuvent être ignorées », dans un communiqué publié mercredi 30 juillet.

La loi doit permettre notamment la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, un insecticide toxique pour la biodiversité et potentiellement pour la santé humaine, interdit en France depuis 2018, mais autorisé ailleurs en Europe.

« Plusieurs organisations, dont la Ligue contre le cancer, ont alerté sur les risques sanitaires graves associés à cette substance. (…) Nous déplorons l’écart persistant entre les connaissances scientifiques disponibles et les décisions réglementaires. Ce décalage compromet l’application effective du principe constitutionnel de précaution », écrit l’instance.

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« Le doute n’est pas raisonnable »

« Sur le plan médical, nous affirmons que le doute n’est pas raisonnable lorsqu’il s’agit de substances susceptibles d’exposer la population à des risques majeurs : troubles neurodéveloppementaux, cancers pédiatriques, maladies chroniques. Ces alertes ne peuvent être ignorées », poursuit-elle.

Dans une tribune publiée mardi dans Le Monde, des sociétés savantes et des associations de patients ont appelé le Conseil constitutionnel à rejeter le texte, très contesté. Ce dernier doit rendre « a priori » sa décision le 7 août.

Pour l’ordre des médecins, « la compétitivité agricole et les distorsions de concurrence au sein de l’Union européenne ne doivent pas servir d’arguments pour relâcher notre vigilance en matière de protection de la biodiversité et de santé humaine », qui ajoute que « les difficultés réelles du monde agricole doivent trouver des réponses compatibles avec ces exigences fondamentales ».

L’instance s’engage ainsi à lancer une « réflexion » sur « les liens entre santé et environnement », qui associera « des médecins de terrain, des experts scientifiques, des agriculteurs, des élus politiques et des représentants des usagers de la santé », afin de « faire de la santé environnementale un pilier de la politique de santé publique ».

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Le Monde avec AFP

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Aux Etats-Unis, le rail transcontinental en passe d’être exploité par une seule compagnie

Le directeur général de l’Union Pacific, Jim Vena, et le directeur général de Norfolk Southern, Mark George, à Omaha (Nebraska), le 28 juillet 2025. BILL SITZMANN/UNION PACIFIC VIA AP

Les amateurs de Lucky Luke, notamment de l’album Des rails sur la prairie, s’en souviennent. Le 10 mai 1869, au lieu-dit Promontory Summit (Utah), fut planté, avec un maillet d’argent, le clou d’or achevant la construction du chemin de fer venu de l’ouest de Sacramento (Californie) jusqu’à Omaha (Nebraska), sur les rives du Missouri. Le transcontinental était construit, après sept ans de travaux.

A l’époque, deux compagnies se partageaient le trafic ferroviaire : la Central Pacific et l’Union Pacific. C’est bientôt chose révolue. Pour la première fois de l’histoire américaine, une seule compagnie de chemin de fer devrait relier la Côte est à la côte Pacifique. Union Pacific, qui détient un immense réseau à l’ouest du Mississippi et de Chicago et vaut 167 milliards de dollars (144,5 milliards d’euros) en Bourse, a proposé, mardi 29 juillet, de racheter Norfolk Southern, qui opère à l’est du pays, pour un montant de 85 milliards de dollars. Les deux compagnies réunies possèdent 80 000 kilomètres de voies à travers 43 Etats fédérés, reliées à une centaine de ports. Il s’agirait du plus grand rachat jamais opéré dans le secteur. L’initiative suscite des interrogations.

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Le texte sur l’autonomie de la Corse provoque des divisions au sein du gouvernement : François Rebsamen vante un « compromis », Bruno Retailleau exprime son « désaccord »

Le ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation, François Rebsamen, lors du compte rendu du conseil des ministres, à Paris, le 30 juillet 2025. THOMAS SAMSON / AFP

Le projet de loi de révision constitutionnelle sur l’autonomie de la Corse est un « texte de compromis » et « peut aboutir », a assuré le ministre de l’aménagement du territoire, François Rebsamen, à l’issue du conseil des ministres, mercredi 30 juillet.

Il a renvoyé au Parlement les débats sur d’éventuelles évolutions du texte préconisées par le Conseil d’Etat, alors que la droite sénatoriale a demandé que cet avis soit intégré dans le texte. L’avis consultatif du Conseil d’Etat recommandait notamment de remplacer la notion de « communauté » corse et celle de « lien singulier [de cette communauté] à sa terre » et refusait un pouvoir législatif autonome à la Collectivité de Corse.

Malgré le fait que le gouvernement a choisi de ne suivre aucune de ces recommandations, M. Rebsamen a assuré ne pas en avoir « fait fi ». Le ministre a assuré que cet avisdéclare que « la consécration de cette autonomie ne heurte aucun des grands principes qui fondent la République ».

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Opposition de la droite

M. Rebsamen a déclaré soutenir le terme de « communauté » corse et a affirmé qu’« il n’y a pas eu de débat » lors du conseil des ministres sur le « pouvoir législatif » de la Collectivité de Corse. L’avis du Conseil d’Etat a toutefois semé le trouble au sein du « socle commun », puisque le président (Les Républicains) du Sénat, Gérard Larcher, a écrit au premier ministre pour demander que le gouvernement intègre dans le texte l’intégralité des préconisations de l’institution.

Le ministre de l’intérieur et président des Républicains, Bruno Retailleau, a, lui aussi, fait part de son « désaccord » avec ce texte, mercredi lors du conseil des ministres, a fait savoir son entourage à l’Agence France-Presse (AFP).

« Je voudrais dans un souci de transparence, mais également de cohérence avec ce que je crois – et que j’ai toujours cru – vous faire part de mon désaccord quant à ce texte sur la Corse, dans sa version originelle », a-t-il dit, « regrettant » que n’aient pas été retenues « les modifications suggérées par le Conseil d’Etat », selon lui « salutaires ». « Je crains que ce projet de loi ne suscite, en définitive, que des frustrations », a conclu M. Retailleau, lors d’une déclaration, dont l’AFP a eu une copie.

Le projet de révision constitutionnelle visant à octroyer à l’île « une autonomie dans la République » a été lancé en 2022 par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, et ce à la demande d’Emmanuel Macron, pour mettre un terme aux violences sur l’île provoquées par la mort en prison du militant indépendantiste Yvan Colonna.

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Le président s’était engagé à soumettre au Parlement le texte, issu d’un accord politique conclu en mars 2024, s’il était validé par l’Assemblée de Corse, qui l’a adopté à l’unanimité moins une voix. Pour être adoptée, cette réforme constitutionnelle devra être votée dans les mêmes termes par l’Assemblée nationale et le Sénat, puis, lors de leur réunion en Congrès, à la majorité des trois cinquièmes.

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Le Monde avec AFP

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Laura Dahlmeier, figure du biathlon allemand, meurt à 31 ans dans un accident de haute montagne au Pakistan

Laura Dahlmeier lors d’une étape de la Coupe du monde de biathlon, à Canmore (Alberta, Canada), le 7 février 2019. JEFF MCINTOSH / AP

Laura Dahlmeier, figure du biathlon allemand, âgé de 31 ans, est morte à la suite d’un accident de haute montagne, survenu lundi au Pakistan. L’annonce est venue de son agence Nine & One, mercredi 30 juillet, qui a précisé dans un communiqué que toute tentative de sauvetage avait été rendue impossible par la dangerosité du site.

L’accident s’est produit alors que l’ancienne championne olympique tentait l’ascension du pic Laila, dans le massif du Karakoram, culminant à 6 069 mètres d’altitude. Un lieu réputé pour sa beauté spectaculaire mais aussi pour ses conditions extrêmes. Partie en cordée avec une autre alpiniste, elle a été emportée par une chute de pierres à environ 5 700 mètres d’altitude lundi, selon les informations de son entourage.

Sa partenaire a aussitôt déclenché un appel de détresse, permettant aux secours de localiser la sportive dès le lendemain, lors d’un survol héliporté. Mais le survol n’a pas permis d’établir de contact. Aucune trace de vie n’a pu être détectée, malgré les efforts de l’équipe de secours. En raison du relief escarpé, de l’altitude et des conditions météorologiques jugées « extrêmement difficiles », notamment à cause de la mousson estivale et de vents violents, les autorités locales ont écarté toute possibilité d’extraction par les airs. Une opération terrestre, mobilisant des alpinistes internationaux expérimentés, a été lancée, sans succès.

« Les efforts de sauvetage pour la récupérer ont échoué et l’opération a été interrompue dans la soirée de mardi », précise Nine & One. « Les risques sont trop élevés » pour mener à bien la récupération du corps, « irréalisable dans les conditions difficiles actuelles », poursuit l’agence. L’ancienne championne avait d’ailleurs « exprimé clairement et par écrit que, dans une telle situation, personne ne devait risquer sa vie pour la secourir ».

Elle avait mis un terme à sa carrière en 2019

Née à Garmisch-Partenkirchen, en Bavière, Laura Dahlmeier était un grand nom du biathlon. Double championne olympique aux Jeux de Pyeongchang en 2018 (or en sprint et en poursuite, bronze en individuel), elle avait également dominé les Mondiaux de Hochfilzen en 2017, avec cinq titres et une médaille d’argent en six courses. En Coupe du monde, elle compte 22 victoires individuelles, 50 podiums et un gros globe de cristal – récompense qui couronne la leader au classement général – conquis lors de la saison 2016-2017.

En 2019, à seulement 25 ans, elle avait mis un terme à sa carrière, évoquant un manque de motivation pour poursuivre au plus haut niveau. Elle s’était depuis tournée vers l’alpinisme, obtenant en avril 2023 sa certification de guide. En novembre 2024, elle avait réussi l’ascension de l’Ama Dablam, dans l’Himalaya népalais, en établissant un temps record.

Consultante pour la chaîne ZDF lors des Coupes du monde de biathlon, engagée dans des projets de sensibilisation à l’environnement et à l’éducation, elle était une figure respectée bien au-delà de sa discipline d’origine.

Le Monde avec AFP

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Séisme près des côtes de la Russie : « A partir de 1 mètre, un tsunami est déjà considéré comme dangereux »

La plage de Kujukuri, sur la côte nord-est de la péninsule de Boso, dans la préfecture de Chiba (Japon), le 30 juillet 2025. TOSHIYUKI KON / THE YOMIURI SHIMBUN VIA REUTERS CONNECT

Un séisme de magnitude 8,8 a frappé, mardi 29 juillet, le large de la péninsule russe du Kamtchatka, provoquant des tsunamis dans tout le Pacifique. Spécialiste des ‎hydrosystèmes fluviaux et côtiers, Franck Lavigne, du laboratoire de géographie physique, rattaché au Centre national de la recherche scientifique, revient sur les mécanismes des tsunamis et leur danger, même lorsqu’ils paraissent modérés.

Comment se forme un tsunami ?

Un tsunami est une série d’ondes générées à la suite d’une déformation du plancher océanique. Ça peut aussi se produire sous un lac, mais c’est plus rare. Globalement, ça concerne surtout les milieux marins.

C’est un phénomène d’origine géophysique. Il peut être déclenché par un séisme sous-marin – en général, à partir d’une magnitude de 7,5 –, une éruption volcanique, un glissement de terrain sous-marin, ou même la chute brutale d’un grand volume de roche, comme un effondrement de falaise dans la mer. Et parfois, ces phénomènes se cumulent : un gros séisme en mer peut provoquer un glissement de terrain, ce qui amplifie localement le tsunami.

Les tsunamis ont-ils un lien avec le réchauffement climatique ?

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Léon Marchand, un record du monde pulvérisé et un pari réussi aux Mondiaux de Singapour

Léon Marchand lors de son record du monde du 200 m 4 nages lors des Mondiaux de natation de Singapour, le 30 juillet 2025. MANAN VATSYAYANA/AFP

Le souffle est encore court, le corps détrempé, et le contour des yeux toujours marqué par ses lunettes quand Léon Marchand se présente, mercredi 30 juillet, face aux quelques journalistes français présents à Singapour. Tous étaient venus pour ça, c’est déjà dans la boîte. « Merci de nous avoir prévenus », lance une consœur, à son arrivée. Sur le visage du Toulousain, un sourire s’étend d’une oreille à l’autre. Pour cause : il vient de battre le record du monde du 200 m 4 nages (1 min 52 s 69), en demi-finales des championnats du monde de natation.

« Je vous l’avais dit », rétorque Léon Marchand du tac au tac. On peut être quadruple champion olympique et se tromper. Une correction s’impose donc. Le matin même, après les séries, le Français avait annoncé qu’il essaierait « de s’approcher de [son] meilleur temps » sur l’épreuve. Certes, il se trouvait à six centièmes du record du monde de l’Américain Ryan Lochte, qui tenait depuis le 28 juillet 2011 (1 min 54 s). Mais raboter celui-ci d’une seconde et trois dixièmes, personne ne l’avait vu venir. Pas même le premier intéressé.

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L’Inde, nouvelle cible des droits de douane de Donald Trump avec une taxe à 25 % promise à partir d’août

Le président américain, Donald Trump (à droite), s’entretient avec le premier ministre indien, Narendra Modi, lors d’une conférence de presse à la Maison Blanche, le 13 février 2025, à Washington. BEN CURTIS / AP

L’Inde a déclaré être prête à conclure un accord commercial équitable et équilibré avec les Etats-Unis, quelques heures après que le président américain, Donald Trump, a annoncé, mercredi 30 juillet, que les produits indiens feront l’objet de droits de douane de 25 %. M. Trump a précisé qu’outre l’entrée en vigueur vendredi d’une taxe de 25 % sur tous les produits indiens entrant sur son sol, une « pénalité » serait ajoutée pour l’achat de pétrole et d’armes russes.

Le gouvernement indien a affirmé avoir « pris note » de l’annonce de M. Trump, qui est intervenue deux jours avant la date butoir fixée par le président américain, et « étudier » ce que cela impliquera. En avril, il avait annoncé des nouveaux droits de douane de 26 %, avant d’en suspendre l’entrée en vigueur. Jusqu’à présent le taux de base pour les produits indiens exportés aux Etats-Unis est de 10 %.

« Nous faisons peu de commerce avec eux car leurs droits de douane sont parmi les plus élevés au monde et les barrières non tarifaires les plus fatigantes et odieuses », a justifié M. Trump dans un message. « Nous avons un déficit commercial massif avec l’Inde ! », a souligné le locataire de la Maison Blanche.

Mais l’Inde a également « acheté une majorité de [ses] équipements militaires à la Russie et [elle fait partie des] principaux clients de pétrole russe, avec la Chine, alors que tout le monde souhaite que la Russie cesse de tuer en Ukraine ». Une situation qui justifie, aux yeux du président américain, « une pénalité », qui viendra s’ajouter aux 25 %, sans plus de spécification, et qui interviendra également au 1er août.

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Echec des négociations

Mardi le président américain avait déjà donné un indice en soulignant que les droits de douane sur les produits indiens pourraient se situer entre 20 et 25 %, ajoutant cependant qu’un accord était toujours possible.

Le pays le plus peuplé de la planète – 1,4 milliard d’habitants – a été l’une des premières grandes puissances économiques à engager, il y a plusieurs mois, de vastes négociations commerciales avec l’administration américaine, dont le premier volet devait être finalisé d’ici à octobre.

« L’Inde et les Etats-Unis sont engagés dans des négociations pour conclure un accord commercial bilatéral équitable, équilibré et mutuellement bénéfique. Nous restons engagés envers cet objectif », a précisé le gouvernement indien dans un communiqué. Il s’est également dit déterminé à protéger le bien-être des agriculteurs et entrepreneurs indiens.

« Le gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour protéger notre intérêt national, comme cela a été le cas avec d’autres accords commerciaux, y compris le dernier accord complet de partenariat économique et commercial avec le Royaume-Uni », détaille le communiqué. « Au moins nous avons désormais des certitudes sur les droits de douane. Nous verrons maintenant si les exportateurs [indiens] ou importateurs américains pourront absorber ce surcoût ou non », a déclaré le directeur général de la Fédération indienne des organisations exportatrices, Ajay Sahai, auprès de l’Agence France-Presse.

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« Là où nous avons besoin de clarté, c’est au sujet de cette pénalité. Est-ce une menace, si l’Inde continue à importer du pétrole russe, nous serons frappés par une pénalité ? Et sur certains produits ou tous ? », s’est-il interrogé.

Client du pétrole russe

L’Inde est, en effet, considérée comme étant l’un des principaux clients du pétrole russe, pourtant sous sanction, mais une aubaine du point de vue de New Delhi, qui profite d’un prix d’achat moins élevé alors que Moscou cherche à financer son effort de guerre en Ukraine.

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Or, le président américain a durci le ton ces derniers jours, frustré par l’absence de progrès en vue d’un possible accord de paix entre la Russie et l’Ukraine, et accusant de plus en plus ouvertement son homologue russe, Vladimir Poutine, de ne pas chercher à mettre fin au conflit.

Donald Trump menace désormais les pays achetant du pétrole russe, mais également iranien, de sanctions « secondaires », qui prendraient la forme de droits de douane supplémentaires sur les produits provenant de ces pays. La Chine et l’Inde sont parmi les premiers acheteurs de pétrole russe.

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Les droits de douane annoncés au début d’avril par le président américain avaient été reportés une première fois de quatre-vingt-dix jours, jusqu’au début de juillet, avant un nouveau report jusqu’au premier août. Il s’agissait, selon M. Trump, de donner du temps aux négociations commerciales, la Maison Blanche assurant que des dizaines d’accords seraient signés durant la période de trêve.

Jusqu’ici, seuls six accords ont été cependant annoncés, concernant des partenaires commerciaux majeurs des Etats-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et le Japon, qui verront dès lors leurs produits taxés à hauteur de 15 %. Washington en a également annoncé avec les Philippines, le Vietnam et l’Indonésie.

Mais la plupart de ces accords concernent en réalité des cadres de négociations, pas des textes formels signés, la Maison Blanche se montrant volontairement floue pour mettre en avant ses succès. Cette fois M. Trump a assuré sur Truth Social qu’aucun autre report ne serait accordé et que les surtaxes entreront effectivement en vigueur. Elles sont, pour l’heure, prévues entre 10 %, le seuil minimal pour tous les produits entrant aux Etats-Unis, et jusqu’à 50 %, imposés aux produits brésiliens.

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Le Monde avec AFP

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Pauline Ferrand-Prévot « en apprentissage » accéléré sur le Tour de France Femmes

Pauline Ferrand-Prévot (Visma-Lease a Bike) après la première étape du Tour de France, à Plumelec (Morbihan), le 26 juillet 2025. JULIEN DE ROSA / AFP

Pauline Ferrand-Prévot faisait des Jeux olympiques une « obsession ». Après trois tentatives infructueuses, à Londres, Rio et Tokyo, la coureuse française est parvenue à remporter la médaille d’or en VTT cross-country à Paris, à l’été 2024. Ce sacre tant attendu est venu s’ajouter à ses cinq titres de championne du monde de la discipline. Et « l’objectif de sa vie » désormais accompli, l’athlète de 33 ans a eu envie d’un nouveau défi.

Elle a donc aussitôt délaissé les sous-bois – où elle a tout remporté –, pour faire son retour sur route, un circuit qu’elle connaît bien mais dont elle avait décidé de se retirer fin 2019. Près d’un an plus tard, la voilà alignée sur le Tour de France, la course la plus prestigieuse du calendrier. « Je n’aime pas vivre au passé, car j’ai l’impression de ne pas progresser, expliquait Pauline Ferrand-Prévot, le 23 juillet, avant le grand départ de la 4e édition de l’épreuve. Je préfère me dire : “C’est fait, passons à autre chose. Essayons d’écrire l’avenir.” »

Lors de l’étape inaugurale, le 26 juillet, entre Vannes et Plumelec (Morbihan), elle n’est pas passée loin d’un énorme coup, lançant une offensive à 300 mètres de la ligne, en côte. Si à l’arrivée, c’est sa coéquipière au sein de la Visma-Lease a Bike Marianne Vos qui s’est imposée et a endossé le tout premier maillot jaune de cette édition, la Française, qui a franchi la ligne d’arrivée en troisième position, a marqué les esprits. « Aujourd’hui, on ne voulait pas forcément que je gagne. On souhaitait surtout que je finisse dans le temps des premières et ne pas perdre de temps au général », a-t-elle expliqué.

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Porsche et Mercedes-Benz, deux fabricants allemands de voitures de luxe dans la crise

Site de production de la Mercedes-Maybach, à Sindelfingen, près de Stuttgart, en Allemagne, le 4 mars 2024. WOLFGANG RATTAY / REUTERS

Le luxe ne sauvera finalement pas l’automobile allemande. Mercedes-Benz et Porsche, les deux champions de Stuttgart, ont présenté, mercredi 30 juillet, des résultats en chute libre. Le premier a vu fondre son bénéfice de 69 % au deuxième trimestre, le second de 91 % par rapport à la même période en 2024. « Cette situation est le résultat de la contraction drastique du marché en Chine, des droits de douane aux Etats-Unis et du développement ralenti de la mobilité électrique », a résumé Oliver Blume, le patron de Porsche. Le constat s’applique à tous les constructeurs haut de gamme allemands, qui symbolisent comme aucun autre le made in Germany à l’international : leur modèle très profitable, qui reposait sur l’exportation de berlines fabriquées outre-Rhin, est devenu un piège infernal dans un monde devenu largement hostile au libre-échange.

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« Il ne s’agit pas d’un mauvais temps passager. Le monde a massivement changé, et surtout, d’une façon différente de ce sur quoi nous tablions il y a quelques années », a concédé M. Blume, mercredi matin. Celui qui dirige aussi le groupe Volkswagen avait annoncé, vendredi 25 juillet, un bénéfice en baisse de plus d’un tiers sur le premier semestre 2025 pour le premier constructeur européen, par rapport à la même période en 2024. Signe des temps : Skoda, marque milieu de gamme concentrée sur le marché européen, a réalisé plus de bénéfices que Porsche, avec 8,5 % de marge opérationnelle. Un taux qui a dû laisser songeur Ola Källenius, patron de Mercedes-Benz et grand chantre de la stratégie du luxe : lui ne table plus désormais que sur une marge de 4 % sur le segment véhicules en 2025.

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Gaza : « On est actuellement dans le mode de survie : juste rester en vie et chercher à manger »

A la suite d’une distribution d’aide alimentaire, à Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza, le 27 juillet 2025. BASHAR TALEB / AFP

Rami Abou Jamous est journaliste palestinien francophone vivant à Gaza. Depuis vingt-deux mois, il raconte, pour le média Orient XXI et plusieurs chaînes de télévision, l’offensive israélienne qui détruit l’enclave palestinienne, alors que l’accès pour la presse internationale est interdit et que 200 journalistes ont été tués par l’armée israélienne, selon Reporters sans frontières. En 2024, il est lauréat de trois récompenses du prestigieux prix Bayeux Calvados-Normandie.

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Comme l’ensemble des habitants de la bande de Gaza, Rami Abou Jamous éprouve le manque de nourriture et d’eau. « On voit l’épuisement de la population entière, qui est devenue non seulement maigre, mais aussi psychologiquement épuisée, témoignait-il au Monde, dans un message vocal envoyé le 18 juillet. On a dépassé le Hunger Games. Là, on est vraiment dans la famine. »

Catherine 92 : J’ai lu récemment votre dernier livre, Gaza, vie. L’histoire d’un père et de son fils, qui m’a bouleversée. D’abord, comment vous et votre famille allez-vous ? Ensuite, on lit que les images d’enfants amaigris ne sont qu’une propagande du Hamas, que ce sont des enfants souffrant au préalable d’une pathologie. Comment démêler tout cela ?

Ma famille et moi sommes toujours vivants, donc tout va bien, en dépit du plat de lentilles par jour, mais on a une chance que des centaines de milliers de personnes n’ont pas.

Les photos sont de vrais clichés pris par des photographes qui travaillent avec des agences internationales comme l’Agence France-Presse, Reuters, etc. et avec lesquelles le Hamas n’a rien à voir. Quant aux bébés qu’on voit, en plus de la faim, ils ont une immunité faible parce que les mères sont malnutries. Certains ont des maladies, ce qui peut entraîner la mort, comme pour les personnes âgées.

Ahmed : Vous dites que vous avez de la chance que des centaines de milliers n’ont pas pour vous nourrir ? A quoi est-ce dû : votre statut de journaliste ? vos moyens financiers ?

Oui, ce sont mes moyens financiers qui me le permettent. Je travaille, alors que la majorité de la population n’a pas cette chance. J’ai mes frères, qui m’envoient de l’argent, et des amis aussi. En plus, j’ai une petite famille, par rapport aux autres familles gazaouies.

Pataeee : Quel accès à l’information ont les habitant·es de Gaza et dans quelle mesure le sentiment d’isolement exacerbe les souffrances de la population ? Pensée émue depuis Marseille où Gaza est sur tous les murs de ville.

J’adore la ville de Marseille. Quand j’étais en France, je n’étais pas très loin… Malheureusement, la population de Gaza se sent abandonnée et, surtout, sent aussi que le monde entier est complice avec le silence. Il ne s’agit pas des populations, parce que les Palestiniens, surtout à Gaza, voient très bien la mobilisation des populations pour faire arrêter les massacres, mais les gouvernements ne bougent pas. Les populations vont « droit au but », mais les gouvernements ne veulent pas marquer des buts.

Clara : Comment faites-vous pour accéder à l’eau ? Reste-t-il des points de distribution ?

Malheureusement, on ne trouve presque plus d’eau potable. On trouve de l’eau douce pour boire, mais on n’a pas le choix. Je sais très bien que, après la guerre, toute la population de Gaza souffrira de maladies à cause de l’eau qu’on boit et à cause de cette famine qu’on est en train de vivre.

Luc : Bonjour, quelle est l’opinion de la population à Gaza vis-à-vis du Hamas ?

La majorité de la population palestinienne était contre la gouvernance du Hamas même avant le 7-Octobre. Depuis que le Hamas a pris le pouvoir en 2007, la bande de Gaza est sous blocus et a subi plusieurs guerres.

La majorité de la population veut changer ce pouvoir parce qu’elle en a marre, et c’est la même chose en Cisjordanie où la population palestinienne ne veut plus du Fatah et des dirigeants de l’Autorité palestinienne. Je pense que le changement de pouvoir est très bien pour les populations, mais nous, les Palestiniens, on n’a pas voté depuis 2005.

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Petit Jean : Bonjour, comment seront réceptionnés les vivres (larguées par la France) ? Y a-t-il encore une organisation pour gérer une distribution décente pour tout le monde et les personnes prioritaires ?

Malheureusement, c’est la pire humiliation qu’on est en train de vivre : c’est comme des morceaux de viande lancés à des chiens dans une cage. Des millions d’euros sont dépensés pour déployer des avions, avec, au préalable, une autorisation de l’armée d’occupation pour survoler Gaza, qui larguent quelques palettes qui valent la cargaison d’une poignée de camions. Alors qu’on peut faire entrer l’aide humanitaire d’une façon digne par la voie terrestre pour que tout le monde soit servi.

Les Israéliens veulent montrer au monde l’image de largages avec une population affamée qui court après pour avoir à manger, comme des chiens. L’aide humanitaire doit passer par la voie terrestre et que tout le monde soit servi d’une façon digne.

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Valentin : Les journalistes présents à Gaza sont-ils suffisants pour documenter ce qui s’y passe ou y a-t-il des événements qui n’ont pas pu être documentés par manque de journalistes ? Avez-vous des exemples d’événements sous-documentés ? Quelles sont les conséquences du manque de journalistes à Gaza ?

Il y a tellement de frappes et de massacres que les journalistes ne peuvent pas couvrir, surtout dans les zones où l’armée israélienne est présente. Le pire est que les journalistes palestiniens ne sont pas écoutés dans le monde entier. On a toujours entendu la phrase : « Il n’y a pas de journalistes à Gaza », puis « il n’y a pas de journalistes indépendants à Gaza », puis « les journalistes à Gaza sont du Hamas », etc.

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Mouette : Y a-t-il encore des services publics fonctionnels ? Une police, un état civil, des services sociaux par exemple ? Ou tout a disparu ? Y a-t-il encore école ? Est-ce qu’il y a encore des prières dans les mosquées ? Merci de prendre ce temps pour nous ouvrir une fenêtre sur votre terrible quotidien. que vous-même et vos proches puissiez vous en sortir et retrouver une vie normale.

La vie civile à Gaza s’est arrêtée : plus d’école, plus d’université, plus de crèches (à part quelques initiatives des ONG). Tout a été bombardé. Les écoles et les universités qui restent sont actuellement des refuges pour les déplacés qui ont perdu leur maison. Il n’y a pas d’état civil, on peut juste avoir un papier pour remplacer l’acte de naissance ou un acte de décès. On peut avoir aussi un papier pour l’acte de mariage ou de divorce, mais tout est provisoire. On est actuellement dans le mode de survie : juste rester en vie et chercher à manger.

Joëlle : Bonjour, quel est le quotidien d’un enfant dans la bande de Gaza… que font-ils de leur journée ? Comprennent-ils ce qu’ils se passent ? Pouvez-vous leur dire la vérité sur cette guerre… ?

A Gaza, malheureusement, il n’y a plus d’enfance, car ils sont devenus adultes très tôt. Toute la journée, au lieu d’être à l’école, ils sont dans la rue, des casseroles à la main ou avec des jerricanes pour chercher à manger ou à boire. Ils vivent dans des conditions horribles, la majorité dans les rues sous des tentes ou des bâches, dans la malnutrition et avec des maladies. Ces enfants voient et entendent les bombardements. Beaucoup ont vu leurs parents, leurs amis ou leur famille tués par des frappes sous leurs yeux. Certains ont mis le corps de leurs parents dans un sac mortuaire avant de les enterrer… Voilà juste une idée de la vie d’un enfant à Gaza.

Victor : Est-ce que les Gazaouis ont conscience du soutien de la population des autres nations ? Est-ce que vous mesurez cet effet et même si ça n’aide pas directement est-ce ce que c’est source d’espoir pour eux ?

Normand : Existe-t-il du ressentiment des Gazaouis à l’égard de la population Israélienne ? Si oui, à quel degré ? Bon courage.

Bien sûr, la population de Gaza voit et suit les mobilisations des populations. Ça nous donne de la force et surtout beaucoup d’espoir que la justice régnera. On les remercie du fond du cœur.

Le Monde Mémorable

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Quant au ressentiment gazaoui, Il y a de la haine envers l’armée d’occupation, parce que cette armée n’arrête pas de nous massacrer. Il y a de la haine envers les colons qui n’arrêtent pas de dire qu’il faut réoccuper Gaza et font des promenades maritimes devant les côtes de Gaza pour jouir des images des bombardements. Ces mêmes colons qui ont installé un poste d’observation pas très loin de Gaza et qui, avec des jumelles, voient comment on est massacrés à Gaza.

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Mai, s en même temps, la population de Gaza voit aussi comment il y a des Israéliens qui font des manifestations pour faire arrêter le génocide à Gaza avec les images des enfants et bébés gazaouis tués par l’armée d’occupation.

Note du Monde : un documentaire du média public et progouvernemental turc TRT World, diffusé à la fin d’août 2024 et intitulé Holy Redemption. Voler les terres palestiniennes, avait montré des colons israéliens radicaux embarqués sur un bateau pour se rendre le long de la côte gazaouie et réfléchir à la réimplantation de colonies israéliennes dans l’enclave [qui ont été démantelées en 2005], tout en regardant les bombardements de l’Etat hébreu sur le territoire palestinien, comme l’écrit Courrier international.

Le Monde

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