A Rome, Léon XIV préside une veillée de prière géante devant des centaines de milliers de jeunes

Le pape Léon XIV assiste à une veillée pour le Jubilé de la jeunesse à Tor Vergata, à Rome, en Italie, le 2 août 2025. YARA NARDI / REUTERS

Des centaines de milliers de jeunes catholiques venus de 146 pays ont acclamé le pape Léon XIV lors de son arrivée en hélicoptère, samedi 2 août, pour une veillée de prière sur l’immense esplanade du quartier de Tor Vergata, située à l’est de Rome, point d’orgue du « Jubilé de la Jeunesse ».

« Le pape est là ! », a annoncé une voix survoltée à travers les haut-parleurs, entraînant des applaudissements nourris et des cris retentissants. A bord de la papamobile, le premier pape américain a affiché un grand sourire et salué la foule qui s’était rassemblée le long de son parcours après avoir passé la journée à écouter de la musique, prier ou échanger avec d’autres pèlerins.

L’animateur de l’événement a ensuite pris une voix plus solennelle quand le pape de 69 ans est monté sur l’immense scène surmontée d’une arche dorée et d’une imposante croix, dominant la vaste esplanade – qui, avec plus de 500 000 mètres carrés, équivaut à près de 70 terrains de football.

« Chers jeunes gens, après avoir marché, prié et partagé ces jours de grâce du Jubilé qui vous sont dédiés, nous nous rassemblons maintenant dans la lumière de cette soirée pour veiller ensemble », a alors lancé le chef des 1,4 milliard de catholiques, vers 20 h 30.

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Ce rassemblement a lieu près de trois mois après le début du pontificat de Léon, 69 ans, le premier pape américain, et vingt-cinq ans après le Jubilé de l’an 2000, lors duquel plus de deux millions de jeunes avaient participé aux Journées mondiales de la Jeunesse à l’appel du pape Jean Paul II.

Selon les organisateurs, près de 800 000 jeunes fidèles participent à l’événement cette année. La plupart prévoient de passer la nuit sur l’esplanade, jusqu’à la grande messe de clôture célébrée par le pape dimanche matin, point d’orgue du Jubilé, « Année sainte » organisée tous les vingt-cinq ans par l’Eglise catholique et lors de laquelle les pèlerins peuvent recevoir l’« indulgence plénière », le pardon des péchés selon la tradition. Lors du jubilé de l’an 2000, plus de deux millions de jeunes avaient participé à Rome aux Journées mondiales de la jeunesse, à l’appel du pape Jean-Paul II.

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Evangélisation sur les réseaux sociaux

L’organisation de cet événement a constitué un défi logistique hors norme pour les autorités, avec quelque 10 000 personnes déployées, dont des policiers et agents de la protection civile, et des mesures sanitaires − distribution de bouteilles d’eau et brumisateurs − pour aider les participants à surmonter la chaleur estivale romaine.

Du Colisée aux abords du Vatican en passant par la place d’Espagne, des flots de pèlerins, exhibant les drapeaux de leurs pays, ont inondé toute la semaine les transports et les artères de la cité éternelle dans une ambiance festive, entre concerts, conférences et prières.

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Vendredi, le célèbre Circus Maximus, l’hippodrome où se déroulaient les courses de chars dans la Rome antique au pied du mont Palatin, s’est mué en vaste confessionnal à ciel ouvert : un millier de prêtres y ont entendu des dizaines de milliers de jeunes en dix langues différentes sous des tentes blanches.

Fait inédit dans l’histoire deux fois millénaire de l’Eglise catholique, ce jubilé a vu des événements consacrés aux influenceurs, signe de l’importance croissante accordée par le Vatican à l’évangélisation sur les réseaux sociaux.

Il s’agit aussi du premier grand rendez-vous de la jeunesse catholique avec Robert Francis Prevost, 69 ans, qui a succédé le 8 mai au très populaire pape François, mort à 88 ans après douze ans de pontificat.

Lire le portrait : Article réservé à nos abonnés Le pape François est mort

Le Monde avec AFP

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Une infirmière de l’hôpital de Montreuil mise en examen pour agressions sexuelles sur des nourrissons

Une infirmière de l’hôpital de Montreuil (Seine-Saint-Denis) a été mise en examen samedi 2 août pour agressions sexuelles sur mineur de 15 ans, captation d’images et diffusion à caractère pédopornographique, après l’analyse de vidéos impliquant des nourrissons, a annoncé le parquet de Bobigny à l’Agence France-Presse. Son compagnon a également été mis en examen, pour complicité d’agression sexuelle. Il est soupçonné d’avoir été l’instigateur. Les deux mis en cause ont été placés sous contrôle judiciaire, contre l’avis du parquet qui avait requis leur placement en détention provisoire.

Agée de 26 ans, la femme s’était présentée mercredi soir au commissariat de Clichy-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, afin de dénoncer des faits qu’elle aurait commis, avait précédemment déclaré le parquet. Elle avait notamment mis en cause un homme âgé de 28 ans avec qui elle a entretenu une relation, affirmant avoir été sous son emprise. Une enquête avait alors été ouverte.

L’infirmière s’était rendue au commissariat après la diffusion de plusieurs vidéos sur la plateforme TikTok alertant sur « un scandale dans un hôpital du 93 ». Sur l’une de ces publications, un homme face caméra assurait que « deux personnes qui travaillent avec les nourrissons (…) s’amusent à maltraiter des enfants noirs », avant de glisser que c’est « à caractère sexuel ». « Il est temps maintenant qu’on se déplace pour faire la justice de la rue », lançait-il, dans cette vidéo vue samedi plus de 1,4 million de fois.

Selon le parquet, « il n’y a aucun caractère racial dans le passage à l’acte, l’un des enfants est blanc, l’autre noir ». Deux victimes ont pour l’heure été identifiées après l’analyse des vidéos. Les faits ont été commis en décembre 2024 et janvier 2025, d’après le parquet de Bobigny.

Infirmière en réanimation néonatale

Dans un communiqué de presse diffusé vendredi, la direction du groupement hospitalier de territoire Grand Paris Nord-Est (GHT GPNE) a précisé que « cette infirmière exerçait exclusivement dans le service de réanimation néonatale de l’hôpital de Montreuil », qui prend en charge les bébés nés prématurément, et ne travaillait pas à la maternité. « Les agissements de cette infirmière, s’ils sont confirmés par l’enquête de police en cours, sont une grave dérive personnelle que l’hôpital condamne fermement. Ils ne sont en aucun cas une pratique collective de service », ajoute la direction du GHT GPNE.

La rumeur avait très rapidement semé l’émoi mercredi et jeudi, « des mamans inquiètes appelant l’établissement alors qu’elles y avaient parfois accouché il y a un an », avait déploré la direction du groupement hospitalier.

L’infirmière mise en cause « a été suspendue à titre conservatoire en attendant les conclusions de l’enquête de police », d’après le GHT GPNE.

Le Monde avec AFP

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En direct, Gaza : Jean-Noël Barrot condamne des « images ignobles » et « insupportables », après la diffusion par le Hamas d’une deuxième vidéo de l’otage israélien Evyatar David

Sur la « place des otages », à Tel-Aviv, une manifestation pour demander le retour des otages détenus dans la bande de Gaza, en présence de Steve Witkoff

L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, sur la « place des otages », à Tel-Aviv, le 2 août 2025. ARIEL SCHALIT / AP

Des dizaines de manifestants, parmi lesquels des proches d’otages israéliens détenus dans la bande de Gaza, se sont rassemblés, samedi, sur la « place des otages », à Tel-Aviv, pour demander leur libération. L’émissaire américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, s’est rendu sur place pour s’entretenir avec les familles, qui l’ont applaudi en appelant à « les ramener à la maison ».

Selon un communiqué du Forum des familles d’otages, M. Witkoff a souligné durant la rencontre de près de trois heures « l’engagement du président [Donald] Trump ainsi que son propre engagement personnel » à rendre tous les otages.

La branche armée du Jihad islamique palestinien (JIP) a publié jeudi une vidéo d’un otage israélien, enlevé lors de l’attaque sanglante du Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, dans laquelle il demande au gouvernement israélien d’agir pour sa libération.

Avant la manifestation, le Forum des familles d’otages et de disparus avait appelé les gouvernements israélien et américain à « [les] regarder dans les yeux, ainsi que [leurs] proches ». « Le danger qui pèse sur leur vie est tangible et immédiat, le risque que les otages tombés au combat disparaissent augmente », avaient-ils ajouté, appelant à un accord global sur les otages et à la fin de la guerre.

« La guerre doit se terminer. Le gouvernement israélien ne mettra pas fin à la guerre de son plein gré. (…) Il faut le stopper. Pour nous, pour nos soldats, pour nos otages », a déclaré à l’Agence France-Presse Yotam Cohen, frère de l’otage Nimrod Cohen. « Toutes les actions doivent être entreprises pour arrêter le gouvernement israélien, obtenir un cessez-le-feu, mettre fin à la guerre. Il n’y a plus de temps. Rien ne fonctionne », a-t-il plaidé.

Adam Hajaj, cousin de Rom Braslavski, otage mis en scène dans la vidéo du Jihad islamique diffusée jeudi, était également présent : « Cette vidéo, je n’ai pas pu la regarder plus d’une fois. Mes cauchemars ont empiré (…). Nous ne pouvons plus endurer cela, pas une minute de plus, sans le ramener à la maison. »

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A Dijon, un homme est mis en examen, accusé d’avoir alcoolisé son épouse pour la violer et la faire violer

Un homme de 62 ans a été mis en examen à Dijon pour avoir alcoolisé son épouse et l’avoir violée et fait violer par d’autres hommes, a communiqué le parquet de Dijon, samedi 2 août. Le ministère public précise, dans son communiqué, avoir reçu le témoignage d’un homme, vendredi vers 2 h 50, disant sortir « d’un rendez-vous libertin à Dijon, au cours duquel une femme lui avait pratiqué une fellation ». « Il émettait des doutes quant à son consentement et son discernement », précise le procureur de la République adjoint, Pascal Labonne-Collin.

Interrogé, le mari, âgé de 62 ans, confirmait le rendez-vous libertin, tandis que son épouse, 44 ans, disait « avoir consommé de l’alcool, et ne plus avoir de souvenir de cette nuit ». Interpellé, le mari a été placé en garde à vue, son épouse, de près de vingt ans sa cadette, déposant plainte contre lui. Le sexagénaire a affirmé que ces relations libertines étaient librement consenties par son épouse, selon le parquet, mais il a été mis en examen ce samedi soir.

Le parquet a ouvert contre lui une information judiciaire pour « viols », « commis par plusieurs personnes, en qualité d’auteur ou de complices, et par le conjoint de la victime », avec la circonstance aggravante « d’administration à la victime, à son insu, de substance afin d’altérer son discernement », précise le communiqué. Des faits passibles de 20 années de réclusion criminelle, selon le parquet.

Le Monde avec AFP

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Au Brésil, le combat « jusqu’à la dernière goutte de sang » des Guarani-Kaiowa pour reconquérir leurs terres ancestrales

Dans l’étendue d’un désert, sans ombres ni contours, un éclat de poussière à l’horizon suffit à susciter la panique. Les hommes, visages striés de peinture ocre, saisissent des bâtons cérémoniels utilisés comme armes de guerre. A l’arrière, les gamins crient, courent, cherchent du secours dans le regard des mères et des vieillards inquiets aux épaules rentrées. Mais vite, la rumeur de l’attaque s’éloigne. Ce n’était qu’une voiture de passage, perdue sur la route. Le village respire, jusqu’au prochain panache.

Des membres de la communauté Guarani-Kaiowa de Kurusu Amba surveillent le périmètre de leur territoire, craignant une attaque des éleveurs locaux, le 10 juin 2025. TOMMASO PROTTI POUR « LE MONDE »

Aux confins du Centre-Ouest brésilien, Kurusu Amba est un point infime, indiscernable : une poignée de tentes en plastique et de branchages, abritant des indigènes guarani-kaiowa, campant sur des matelas posés à même le sol, malgré le froid. Pas d’électricité, pas d’eau, sinon celle d’un ruisseau saturé de pesticides. Sous une bâche, la tête d’un sanglier à barbe blanche cuit sur un brasero improvisé. Il a fallu près de dix heures au chasseur du jour, armé d’une simple lance et atteint d’une maladie des yeux, pour harponner la bête.

Mais le ciel bleu infini est lourd de menaces. Il y a d’abord celle des capangas, ces hommes de main des fermiers à la gâchette facile quand il s’agit de chasser l’indigène. « On vit dans la peur. Les Blancs nous tirent dessus, à la carabine, presque tous les jours », confie Celia Perreira, 27 ans, une Kaiowa au visage peint de noir de jais. A la première alerte, tout le monde court se mettre à l’abri dans les bosquets. « On y reste toute la nuit sans bouger, au milieu des scorpions et des serpents », raconte-t-elle.

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L’affaire Kamel Meziani, présenté comme un puissant narcotrafiquant, symbole des tensions entre avocats et magistrats

Raphaël Chiche, dans son bureau, à Paris, le 28 juillet 2025. CHLOE SHARROCK/MYOP POUR « LE MONDE »

S’il fallait donner une date officielle à la déclaration de guerre entre avocats et magistrats, les historiens retiendraient sans doute celle du 13 novembre 2024. Ce jour-là, la cour d’assises du Var acquitte le Marseillais Kamel Meziani, présenté comme le patron du puissant réseau de stupéfiants de la cité des Oliviers A, qui avait pourtant été condamné à trente ans de prison, en première instance. Un revirement spectaculaire et une victoire pour ses avocats historiques, Raphaël Chiche et Thomas Bidnic, aidés pour l’occasion par Keren Saffar (la compagne de Me Chiche), et Christian Saint-Palais, référence de la procédure pénale et ancien président de l’Association des avocats pénalistes.

Le coup est d’autant plus rude pour l’institution judiciaire que Kamel Meziani avait, par le biais de ses avocats, déposé plainte dès 2023, avec constitution de partie civile, contre la juge Céline Chiusa, vice-présidente chargée de l’instruction, pour faux et usage de faux en écriture publique, escroquerie, témoignage mensonger et violation du secret de l’instruction. Le signe, pour beaucoup de magistrats, que ces avocats spécialisés dans la criminalité organisée sont maintenant prêts à tout pour déstabiliser l’institution judiciaire, en ciblant les méthodes d’un juge.

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Droits de douane : « pas de tabou à avoir » sur les services américains, répète le gouvernement après l’accord commercial UE

(De gauche à droite.) Après l’annonce de l’accord commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis, les ministres Nathalie Delattre (tourisme), Véronique Louwagie (commerce, artisanat et PME), Amélie de Montchalin (comptes publics), Eric Lombard (économie) et Annie Genevard (agriculture) rencontrent des acteurs économiques dont l’activité d’exportation est touchée par cet accord, à Paris, le 30 juillet 2025. THIBAUD MORITZ / AFP

Trois jours après l’annonce de l’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis, qui menace de fragiliser leur situation, les acteurs économiques dont l’activité d’exportation est touchée par les mesures tarifaires du gouvernement Trump étaient reçus, mercredi 30 juillet à Bercy, par le ministre de l’économie, Eric Lombard, et plusieurs membres du gouvernement.

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La réunion a rassemblé, autour de M. Lombard, les ministres Amélie de Montchalin (comptes publics), Marc Ferracci (industrie et énergie), Véronique Louwagie (commerce, artisanat et PME), Clara Chappaz (numérique), Nathalie Delattre (tourisme), Annie Genevard (agriculture) et Laurent Saint-Martin (commerce extérieur).

Les ministres ont tenté de rassurer les organisations patronales et les fédérations professionnelles touchées par ces droits de douane (le Medef, la CPME et l’U2P, côté patronal ; France Industrie, la Fédération bancaire française, l’Alliance du commerce, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) ou encore France Assureurs, entre autres, côté fédérations).

« Les négociations avec les Etats-Unis ne font que commencer sur la base de l’accord qui a été mis en place dimanche », a affirmé Eric Lombard, à l’issue de la réunion. Peu d’annonces concrètes sont d’ailleurs ressorties de cet échange à huis clos, à part la création d’un site Internet à destination des entreprises et l’engagement de transmettre les doléances des secteurs touchés par les surtaxes douanières américaines à la Commission européenne la semaine prochaine.

Le ministre de l’économie a redit son « soulagement d’avoir évité une escalade commerciale », malgré la « déception qu’on arrive à un accord à 15 % ».

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« Un accord “zéro pour zéro” pour les spiritueux »

« Si la volonté de Donald Trump était de rééquilibrer la balance des biens, alors je crois qu’il n’y a pas de tabou à avoir sur la balance des services également », qui est excédentaire en faveur des Etats-Unis, a déclaré, de son côté, Laurent Saint-Martin. « Ce que nous poussons de façon très claire, c’est une exemption pour le secteur (…) des vins et des spiritueux, en plus de l’aéronautique », a-t-il ajouté à propos des secteurs qui pourraient être exonérés de droits de douane.

La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, a, elle, avancé « que, selon toute probabilité, il pourrait y avoir un accord “zéro pour zéro” pour les spiritueux, mais pour les vins nous n’en savons rien ». « Je suis réduite à un niveau d’information qui n’est pas loin du vôtre », a-t-elle lancé aux journalistes lors d’une conférence de presse. La France exporte autour de 4 milliards d’euros de vins et de spiritueux vers les Etats-Unis, a fait savoir la ministre de l’agriculture.

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En les additionnant au milliard d’euros d’exportations liés à l’agroalimentaire, des taxes portées à 15 % sur les produits européens, selon les conditions connues de l’accord trouvé dimanche, représenteraient 800 millions d’euros de taxes supplémentaires, a rappelé Mme Genevard. « Le niveau d’inquiétude du secteur est maximal. »

Des exemptions de droits de douane dans le secteur de l’aéronautique et concernant certains dispositifs médicaux exportés outre-Atlantique ont déjà été confirmées, mais aucune pour l’heure vis-à-vis des vins et des spiritueux. La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS) estimait lundi que « la catastrophe [était] évitée » avec cet accord qui « évite l’application de droits de 30 % à compter du 1er août ».

« Cette réunion [à Bercy] nous a permis d’exprimer à un plus haut niveau nos demandes », a dit, à l’Agence France-Presse, le directeur général de la fédération des entreprises de beauté FEBEA (cosmétiques…), Emmanuel Guichard, alertant sur le risque d’« une perte de 300 millions d’euros » et de « 5 000 emplois directs et indirects » à cause de la taxation à 15 %.

Emmanuel Macron estime que l’UE n’a pas été assez « crainte »

Lors du conseil des ministres, Emmanuel Macron, qui ne cesse d’en appeler à une Europe « puissance », a déploré, mercredi, que l’Union européenne n’ait pas été plus offensive sur les droits de douane face à Donald Trump et a jugé qu’elle pouvait encore arracher des concessions.

« Pour être libres, il faut être craints. Nous n’avons pas été assez craints », a lancé le chef de l’Etat, après trois jours de silence sur l’accord commercial annoncé dimanche entre Bruxelles et Washington. « La France a toujours tenu une position de fermeté et d’exigence. Elle continuera de le faire. Ce n’est pas la fin de l’histoire et nous n’en resterons pas là », a-t-il renchéri en conseil des ministres. Le président français, qui plaidait de fait la fermeté face à la surenchère commerciale de Donald Trump, s’est retrouvé assez isolé sur la scène européenne.

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« On savait que, de toute façon, on était dans une guerre asymétrique », a affirmé Eric Lombard, mercredi matin sur RTL, déplorant un accord « inéquitable », alors que les Etats-Unis représentent 8 % des exportations françaises.

« Nos entreprises sont tendues », a alerté Franck Choisne, président de la commission internationale de la CPME sur Europe 1 avant la réunion. « D’un côté, on est heureux qu’il y ait un accord parce qu’il faut de la stabilité, mais d’un autre côté, cet accord n’est pas acceptable : 15 %, c’est énorme », a-t-il résumé.

Michel Picon, le président de l’U2P, avait déclaré sur RTL attendre de la réunion à Bercy « de l’information », car « il y a des entreprises qui peuvent être exemptées » des surtaxes américaines. Peu exportatrices, les petites entreprises regroupées au sein de l’U2P seront pourtant affectées par les éventuelles pertes de parts de marché aux Etats-Unis des grands groupes pour lesquelles elles travaillent en sous-traitance.

Le Monde avec AFP

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Que lire cet été ? Cinq conseils de romans de l’équipe de « Chaleur humaine »

On peut lire sur la plage, mais aussi en forêt, il fait souvent plus frais. Ici, une forêt près de Saint-Claude, dans le Jura. RADIUS IMAGES / PHOTONONSTOP / RADIUS IMAGES / PHOTONONSTOP

Ce billet est extrait de l’infolettre « Chaleur humaine », envoyée tous les mardis à 12 heures. Chaque semaine, le journaliste Nabil Wakim, qui anime le podcast Chaleur humaine, répond aux questions des internautes sur le défi climatique. Vous pouvez vous inscrire gratuitement en cliquant ici. Et si vous cherchez une question déjà posée (et la réponse qui va avec), vous pouvez les retrouver par là : Climat : vos questions.

Vous pouvez désormais retrouver « Chaleur humaine » dans un canal spécifique sur Instagram, pour suivre les infos mais aussi discuter des épisodes. C’est par là (mais uniquement sur votre téléphone, pas sur votre ordinateur).

Le récap de la semaine

Voici une petite sélection de romans qui utilisent comme ingrédients épiques la nouvelle donne climatique, les crises écologiques ou des papillons d’Amérique. Ces propositions sont totalement subjectives et vous êtes évidemment les bienvenus pour partager les vôtres à l’adresse chaleurhumaine@lemonde.fr. Bonnes lectures estivales !

Des vies à découvert, de Barbara Kingsolver

L’Américaine Barbara Kingsolver est l’une des autrices qui réussit le mieux à tisser les enjeux de « fin du monde, fin du mois » dans ses romans. A « Chaleur humaine », on a déjà parlé de Dans la lumière, paru en 2013 aux éditions Rivages. C’est l’histoire d’une redneck, une jeune femme de la campagne nord-américaine, aspirant à échapper à sa vie pas très drôle, qui découvre que des papillons monarques ont anormalement stoppé leur migration annuelle et se sont posés dans ses montagnes des Appalaches, à deux pas de chez elle. Des scientifiques, spécialistes de la biodiversité et du climat, accourent. Mais que comprennent-ils à sa vie à elle, et quelle incidence cet événement aura-t-il sur sa destinée ? Dans un autre roman, Des vies à découvert, paru en français en 2020 chez le même éditeur, Barbara Kingsolver croise la vie de deux familles habitant la même maison dans le New Jersey, l’une contemporaine, l’autre ayant vécu là il y a cent cinquante ans. La première est menée par une journaliste au chômage qui doit gérer son beau-père conservateur cacochyme, son mari qui vient de perdre son poste à l’université et sa fille qui veut un autre monde, décarboné, comme futur. La seconde est celle que tente de construire un jeune professeur de sciences, farouche défenseur de Darwin. La maison du New Jersey est en train de s’effondrer, comme les bases de la société américaine contemporaine, ses institutions, sa protection sociale et jusqu’à « la texture physique de la Terre elle-même », explique Barbara Kingsolver dans une présentation de son livre par son diffuseur.

Hexa, de Gabrielle Filteau-Chiba

Et si le sauvetage du monde venait de femmes planteuses, chargées de recréer les forêts depuis longtemps ravagées par les flammes ? C’est l’idée du roman dystopique de la Québécoise Gabrielle Filteau-Chiba, Hexa, publié en France chez Stock en 2025 (368 pages, 21,90 euros). Dans Hexa, deux récits s’entremêlent. L’un est celui d’une femme, Hexa, en fuite pour on ne sait quelle raison, tentant de protéger seule l’enfant qu’elle porte. L’autre est celui de Thalie, une jeune femme de 16 ans qui suit pour la première fois sa mère, Sandrine, la seule de la famille jusque-là autorisée à sortir chaque printemps de la cité de Sainte-Foy, au Québec, pour aller reboiser, avec des équipes de planteuses, les régions ravagées par les incendies passés. A Sainte-Foy, la population vit sous la coupe d’un gouvernement écofasciste qui contrôle la vie des humains comme les grammes de CO2 absorbés ou émis par différentes entités vivantes ou technologiques. Hors de ce périmètre étanche, le monde sauvage existe encore, habité de pizzlis, des croisements entre des ours polaires et des grizzlis, des sociétés semi-nomades se recréent. Il n’est pas certains qu’elles obéissent à toutes les consignes du gouvernement… « Si on passe par le cœur on a plus de chance de convaincre, en douceur », explique Gabrielle Filteau Chiba dans ce reportage que lui a consacré Arte il y a quelques mois.

L’occasion de réécouter cet épisode de Chaleur humaine sur la forêt, avec Laurent Tillon

Terra animalia, de Patrick Mallet et Tom Tirabosco

Voir le monde par les yeux d’une jeune lycaonne, telle est la proposition de Terra animalia, la bande dessinée des Suisses Patrick Mallet et Tom Tirabosco, publiée l’automne dernier aux éditions La Joie de lire. Nyelle est destinée à devenir la cheffe du clan dans ce monde déserté par les humains. Ces derniers, après avoir ravagé la planète, l’ont fuie en direction de Mars. Animaux et végétaux ont eu le temps de se refaire une santé, d’établir des règles strictes, suivies par tous, pour vivre en bonne société, y compris en se mangeant les uns les autres puisqu’il faut bien se nourrir. Mais, un jour, une capsule largue deux bipèdes sur le plancher des vaches. Ils sont scientifiques et aimeraient bien survivre. Nyelle commet une faute, punie de bannissement, en décidant de leur parler. Dans cette fable, les deux auteurs interrogent les conditions d’une cohabitation entre les humains et tous les autres vivants. Il y a de la drôlerie dans l’inversion des motifs traditionnels. C’est l’explosion des couleurs qui frappe à la lecture de Terra animalia. Une volonté de l’illustrateur Tom Tirabosco qui expliquait dans une chronique de « Chaud devant » consacrée à la littérature enfantine, qu’il fallait s’emparer des sujets environnementaux pour en faire des récits épiques. Ils sont portés, dans son cas, par une chromie exubérante, associée à l’enfance et à la richesse de la nature.

Là où chantent les écrevisses, de Delia Owens

L’un des atouts de Là où chantent les écrevisses (Seuil, 2020) est que le roman est un thriller haletant. Le récit alterne deux périodes. L’une commence en 1952 avec la jeunesse d’une petite fille, Kya, abandonnée par l’ensemble de sa famille en Caroline du Nord. L’autre se déroule entre 1969 et 1970, et raconte l’enquête pour découvrir le coupable du meurtre d’un homme, Chase Andrews, dont le cadavre a été découvert, enfoncé dans la vase au pied d’une tour de guet qui domine ces marais. Tout accuse Kya, devenue une jeune femme indépendante et fine connaisseuse du milieu naturel dans lequel elle vit. L’autrice, l’Américaine Delia Owens, dont c’est le premier roman, à 70 ans, est une scientifique reconnue, spécialiste du comportement animal et déjà distinguée pour ses essais de zoologie. Les chapitres consacrés aux années d’apprentissage de Kya dans les marais témoignent de son art de la description sensible de la nature. L’enfant, puis l’adolescente, y refait, seule, les gestes vus chez ses parents, mais se découvre aussi d’autres qualités, d’observation fine, de compréhension profonde de la faune et de la flore qui deviennent son soutien et ses alliés.

L’occasion de réécouter cet épisode de Chaleur humaine avec le plongeur François Sarano.

Le Temps d’après, de Jean Hegland

Comment faire quand la nature, votre base pour vivre, se dérègle ? C’est ce qui arrive aux trois héros du roman de l’autrice américaine Jean Hengland. Le Temps d’après, traduit de l’américain et publié en janvier 2025 par les éditions Gallmeister (352 pages, 23,90 euros), constitue la suite d’un roman culte américain, Dans la forêt. Cet opus raconte la vie de deux sœurs qui décident de vivre dans la forêt à l’orée de laquelle elles ont été élevées au moment où le monde s’effondre. Elles y mettent au monde le fils de l’une d’elles. Dans Le Temps d’après, écrit trois décennies plus tard, ce fils, Burl, devenu adolescent est en âge de poser des questions sur leur vie, mais aussi de désirer côtoyer d’autres humains. Cette fois, la nature, pourvoyeuse de nourriture, d’abris, de matériaux, mais aussi d’amis et d’émerveillement, se dérègle. Sécheresse et incendies s’en mêlent. Les saisons ne sont plus au rendez-vous. Le changement climatique devient la toile de fond… Jean Hegland a écrit son roman au moment où les incendies de 2020 en Californie ravageaient sa maison bâtie dans la forêt qu’elle avait achetée avec son mari, comme elle le raconte dans cet entretien donné à nos confrères de Télérama. La magie du livre réside particulièrement dans la langue de Burl, élevé par ses deux mères, dans un univers entièrement connecté au vivant, comme « le crachat et le cailloutage de la pluie, la brise changeuse, le vent pilonneur » de ses souvenirs d’enfance ou le « chutchutage » que lui apprennent ses mères pour ne pas effrayer les animaux.

L’occasion de réécouter cet épisode de Chaleur humaine sur les incendies et les mégafeux, avec le chercheur Eric Rigolot.

Cécile Cazenave et Nabil Wakim

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Derrière la rétrospective Claude Chabrol, un long combat juridique

Stéphane Audran (Hélène Desvallées) et Maurice Ronet (Victor Pégala) dans « La Femme infidèle » (1969), de Claude Chabrol. SCREEN PROD/PHOTONONSTOP

Depuis le 9 juillet, les cinéphiles peuvent profiter d’une rare rétrospective consacrée à Claude Chabrol (1930-2010). A l’affiche de cet événement orchestré par la société de distribution Tamasa, passé par le Festival de La Rochelle, figurent Les Biches (1968), La Femme infidèle (1969), Que la bête meure (1969), Le Boucher (1970), La Rupture (1970), Juste avant la nuit (1971) et Les Noces rouges (1973). Sept longs-métrages rares, invisibles sur grand écran depuis de nombreuses années et au cœur d’un long et tortueux imbroglio autour de leurs droits d’exploitation. En effet, le titulaire historique de ces droits, le distributeur Pierre-Richard Muller, n’avait pas pu proposer des versions restaurées convenables des films, jusqu’à ce que la justice lui ordonne en 2023, par le biais d’un administrateur judiciaire, d’en transférer la gestion à Tamasa. Le tout dans le cadre d’un conflit encore en cours, devant les tribunaux, entre les héritiers Chabrol et le distributeur.

Lire la critique : Article réservé à nos abonnés Redécouvrir le cinéma de Claude Chabrol, observateur de la médiocrité humaine

L’histoire remonte au début des années 1960. Après un premier long, Le Beau Serge, qui lui a valu le Prix du meilleur réalisateur à Locarno en 1958, et le suivant, Les Cousins (1959),quelques mois plus tard, le cinéaste traverse une période difficile. En 1967, le jeune producteur André Génovès (1941-2012) lui propose un salaire pour lui permettre de créer en toute quiétude. Les deux hommes entament alors une relation fructueuse, et 14 films naissent de cette association. L’affaire tourne toutefois au vinaigre. En effet, Chabrol connaît des déboires en salle avec Une partie de plaisir (1975) et Les Innocents aux mains sales (1975). André Génovès, lui, se brûle les ailes en menant grand train – sa société de production finance notamment son écurie de chevaux de course. Le coup de grâce vient avec l’échec commercial de Mado, de Claude Sautet, en 1976. Génovès fait faillite.

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Biogaran, principal fabricant français de médicaments génériques, va être vendu à un fonds d’investissement européen

Rebelote. Moins d’un an après avoir renoncé à se séparer de Biogaran, en septembre 2024, Servier s’apprête à céder sa filiale. Le laboratoire pharmaceutique tricolore et le fonds d’investissement européen d’origine britannique BC Partners ont annoncé, mercredi 30 juillet, être entrés en négociations exclusives concernant l’acquisition du champion français des médicaments génériques, qui représente plus d’une boîte de médicament sur huit délivrée dans l’Hexagone. Les conditions de la transaction n’ont pas été divulguées par les deux entreprises, mais, selon une source proche du dossier, le montant de l’offre de BC Partners serait compris « entre 800 millions et 1 milliard d’euros ».

Le fonds d’investissement n’est pas un nouveau venu sur le dossier. En 2024, alors que le laboratoire Servier cherchait à vendre Biogaran, il faisait déjà partie des prétendants au rachat. BC Partners, qui présentait alors une offre en attelage avec la banque publique d’investissement Bpifrance, était à l’époque en compétition avec deux laboratoires pharmaceutiques indiens, Torrent et Aurobindo.

L’éventualité d’une vente de Biogaran, qui réalise 30 % des ventes en pharmacie de médicaments génériques en France, à un acteur étranger, avait cependant suscité de vives réactions de l’ensemble des responsables politiques, certains redoutant une perte de souveraineté nationale. Biogaran, qui s’appuie sur un réseau de sous-traitants pour la fabrication de ses produits, compte en effet près d’une quarantaine de ces façonniers dans l’Hexagone, et génère plus de 8 600 emplois directs et indirects dans le pays.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Biogaran : Servier reste ouvert aux offres de rachat

Face à la levée de boucliers, Servier avait finalement renoncé, au début du mois de septembre 2024, à son projet de cession. « Nous avons reçu plusieurs marques d’intérêt. Ces dernières ne répondaient cependant pas à l’ensemble de nos critères de création de valeur pour l’entreprise, les collaborateurs, mais aussi pour les acteurs industriels et les patients. D’où notre décision de mettre fin aux discussions », précisait à l’époque le groupe pharmaceutique.

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