« Ce qui me touche dans ce que Roland Barthes révèle de sa vie quotidienne : les conversations avec sa boulangère »

En tant que fervente lectrice de Roland Barthes, j’ai longtemps entretenu une forme de complexe. Ses textes les plus sérieux et théoriques avaient tendance à me tomber des mains quand la moindre de ses notations intimes (sa haine des géraniums), personnelles (son goût pour la salade) me plongeait dans des abîmes d’admiration et de réflexion.

Est-ce vraiment raisonnable, cet inventaire de midinette ? N’a-t-il pas un côté « ce que j’admire le plus, chez Claude François, c’est son électrocution » ?

Assumons. Et intéressons-nous à l’une des choses, entre mille, qui me touchent dans ce que l’écrivain révèle de sa vie quotidienne : les conversations qu’il peut avoir avec sa boulangère, ou la fille de cette dernière, à propos des conditions météorologiques du jour.

« Ce matin, la boulangère me dit : il fait encore beau ! mais chaud trop longtemps ! (Les gens d’ici trouvent toujours qu’il fait trop beau, trop chaud). J’ajoute : et la lumière est si belle ! » Rien de plus banal. C’est pourquoi la boulangère ne poursuit pas la conversation.

« Sensibilité de classe »

Barthes entend, lui, dans ce silence, une fin de non-recevoir : « Une fois de plus j’observe ce court-circuit du langage, dont les conversations les plus futiles sont l’occasion sûre ; je comprends que voir la lumière relève d’une sensibilité de classe ; ou plutôt, puisqu’il y a des lumières “pittoresques” qui sont certainement goûtées par la boulangère, ce qui est socialement marqué, c’est la vue “vague”, la vue sans contours, sans objet, sans figuration, la vue d’une transparence, la vue d’une non-vue (cette valeur infigurative qu’il y a dans la bonne peinture et qu’il n’y a pas dans la mauvaise). »

Ah… On peut aussi imaginer que la boulangère avait d’autres impératifs que l’infiguratif ou qu’elle devait s’adresser au client suivant. On peut même envisager qu’elle ait trouvé ce monsieur B. étrangement pensif après une conversation des plus convenues (avec les sémiologues, parler du temps, c’est toujours laborieux). Quand il s’agit de la fille de la boulangère, en revanche, il parle de tout autre chose : « Elle a fait des études, il n’y a pas lieu de parler du temps. »

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Royaume-Uni : 522 arrestations lors d’une manifestation à Londres en soutien au groupe interdit Palestine Action

Un manifestant est emmené par la police lors d’une mobilisation en soutien à la Palestine, à Londres, le 9 août 2025. HENRY NICHOLLS/AFP

Un total de 522 partisans de l’organisation Palestine Action ont été arrêtés à Londres, samedi 9 août, lors d’une manifestation de soutien à ce réseau propalestinien, interdit depuis le début de juillet car classé comme « organisation terroriste ».

« La grande majorité des arrestations ont eu lieu pour avoir affiché un objet (dans ce cas une pancarte) en soutien à une organisation proscrite (dans ce cas Palestine Action), en violation de l’article 13 de la loi antiterroriste de 2000 », écrit la police londonienne dans un communiqué. Ce chiffre est l’un des plus élevés jamais enregistrés lors d’une manifestation dans la capitale britannique.

Samedi, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le centre de Londres, non loin du Parlement, en soutien à l’organisation. A l’appel du groupe Defend Our Juries, les manifestants ont brandi la pancarte interdite « Je m’oppose au génocide, je soutiens Palestine Action ». Un total de 521 personnes ont été arrêtées sur place. Une autre arrestation a eu lieu dans une manifestation de soutien à Gaza qui s’est déroulée le même jour dans un autre endroit de la capitale.

En outre, la police dit avoir procédé à dix arrestations supplémentaires pour des agressions contre des policiers ou pour obstruction. Elle précise que l’âge moyen des personnes arrêtées est de 54 ans et qu’il y avait autant de femmes que d’hommes. « Au cours des prochains jours et semaines, les agents du commandement antiterroriste de la police métropolitaine travailleront à constituer les dossiers nécessaires pour engager des poursuites contre les personnes arrêtées », précise le communiqué.

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Jusqu’à six mois de prison

La police avait indiqué samedi avoir arrêté toutes les personnes ayant brandi cette même pancartelors de la manifestation. Sur place, d’autres pancartes étaient visibles, comme « Agir contre le génocide n’est pas un crime » ou « Free Palestine », ainsi que de nombreux drapeaux palestiniens.

« Qu’ils nous arrêtent tous », a témoigné à l’Agence France-Presse (AFP) Richard Bull, un Londonien de 42 ans dans un fauteuil roulant. « Ce gouvernement est allé trop loin. Je n’ai rien à me reprocher. » « C’est un impératif moral d’être ici », a déclaré à l’AFP, sous couvert d’anonymat, une septuagénaire venue spécialement de Bristol, à l’ouest de Londres, assise aux côtés d’autres manifestants avec la pancarte soutenant le groupe interdit. « S’ils veulent m’arrêter, je ne m’enfuirai pas et je ne me cacherai pas. »

La police avait mis en garde les participants contre les « potentielles conséquences pénales » de leurs actes. Les personnes arrêtées n’ont pas opposé de résistance, beaucoup formant un « V » de la victoire avec leurs doigts, sous les applaudissements d’autres manifestants.

Plus de 200 partisans avaient déjà été interpellés avant la manifestation de samedi, selon Tim Crosland, un représentant de Defend Our Juries. Trois personnes ont été mises en examen en vertu de la loi antiterroriste, jeudi, pour avoir exprimé leur soutien au mouvement, une infraction passible de jusqu’à six mois de prison. L’appartenance à un groupe interdit ou l’incitation à le soutenir peut, elle, valoir jusqu’à quatorze ans de prison.

Une interdiction jugée « disproportionnée » par l’ONU

L’association Palestine Action a été ajoutée au début de juillet à la liste des organisations considérées comme « terroristes » au Royaume-Uni, après des actes de vandalisme perpétrés par ses militants, notamment sur une base de l’armée de l’air. Cette interdiction a été jugée « disproportionnée » par l’ONU. Des experts des Nations unies avaient estimé que « de simples dommages matériels, sans mise en danger de la vie d’autrui, ne sont pas suffisamment graves pour être qualifiés de terrorisme ».

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Le groupe Defend Our Juries organise depuis des manifestations pour protester contre cette interdiction. « Nous continuerons tant que le gouvernement tentera de faire taire ceux qui dénoncent sa complicité dans des crimes de guerre, a réagi Defend Our Juries dans un communiqué. Nous sommes déjà de plus en plus nombreux à nous préparer pour la prochaine vague d’actions en septembre. »

« L’arrestation de manifestants par ailleurs pacifiques constitue une violation des obligations internationales du Royaume-Uni de protéger les droits à la liberté d’expression et de réunion », a dénoncé l’ONG Amnesty International samedi sur X.

Le gouvernement britannique affirme que les sympathisants « ne connaissent pas la vraie nature » de Palestine Action. « Ce n’est pas une organisation non violente », a assuré la ministre de l’intérieur, Yvette Cooper, disant disposer d’« informations inquiétantes » sur ses projets.

L’interdiction fait l’objet d’une action en justice, lancée par Huda Ammori, cofondatrice en 2020 de ce groupe qui se présentait comme un « réseau d’action directe » visant à dénoncer « la complicité britannique » avec l’Etat d’Israël, en particulier sur la question des ventes d’armes.

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Le Monde avec AFP

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L’Iran n’autorisera pas la création d’un corridor, soutenue par Donald Trump, reliant l’Azerbaïdjan à son enclave

Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, à Téhéran, en Iran, le 29 juillet 2025. AP

Le conseiller principal du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a déclaré, samedi 9 août, que son pays n’autoriserait pas la création d’un corridor dans le Caucase, qui relierait l’Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan, un projet soutenu par le président américain, Donald Trump. « La mise en œuvre de ce complot mettrait en danger la sécurité du Caucase du sud et l’Iran a souligné qu’avec ou sans la Russie, il agirait pour garantir la sécurité du Caucase du sud », a affirmé Ali Akbar Velayati à l’agence Tasnim.

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L’accord, conclu vendredi à Washington par le président azerbaïdjanais, Ilham Aliev, et le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, met fin au conflit territorial opposant leurs pays depuis des décennies. Il prévoit la création d’une zone de transit traversant l’Arménie pour relier l’Azerbaïdjan à son enclave du Nakhitchevan, une revendication de longue date de Bakou.

Les Etats-Unis disposeront de droits de développement pour le corridor, baptisé « Voie Trump pour la paix et la prospérité internationale », dans cette région stratégique et riche en hydrocarbures. L’Iran s’oppose depuis longtemps à ce corridor, craignant qu’il ne le coupe du Caucase et n’amène une présence étrangère à sa frontière.

Puissance régionale dans le Caucase, la Russie a, de son côté, prudemment salué l’accord de Washington. « Nous espérons que cette initiative contribuera à faire avancer le programme de paix », a commenté, samedi, le ministère des affaires étrangères russe, considérant que cette rencontre entre les dirigeants arménien et azerbaïdjanais a été « positive ».

Moscou, qui multiplie aussi les efforts diplomatiques depuis des années concernant les relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, a cependant souligné la nécessité pour ces pays d’avoir un « dialogue direct, sans aide extérieure ». « L’implication d’acteurs extrarégionaux doit contribuer à renforcer le programme de paix et ne pas créer de difficultés supplémentaires », a averti le ministère russe.

Bien que la Russie reste un proche allié de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan, les relations qu’elle entretient avec ces Etats se sont fortement détériorées ces deux dernières années, au point qu’ils se tournent de plus en plus vers les Occidentaux.

« La paix a été obtenue »

L’OTAN s’est plus résolument félicitée du projet d’accord de Washington, évoquant « un pas en avant significatif » et des « progrès vers la paix ». Paris, Londres et la Commission européenne ont également manifesté leur satisfaction. L’ONU s’est pour sa part réjouie d’une « étape importante dans la normalisation des relations entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan ».

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Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a jugé, à l’issue d’une conversation téléphonique avec son homologue et allié azerbaïdjanais, Ilham Aliev, que « les progrès réalisés vers la paix » étaient « satisfaisants ». Si l’Iran s’oppose au corridor, le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, a toutefois salué l’accord de paix entre Erevan et Bakou négocié par Washington, mais mis en garde, comme Moscou, contre « toute intervention étrangère » dans le Caucase.

Selon le projet d’accord conclu à Washington vendredi, l’Arménie et l’Azerbaïdjan « s’engagent à cesser définitivement tout conflit, à ouvrir les relations commerciales et diplomatiques et à respecter la souveraineté et l’intégralité territoriales » de chacune, selon Donald Trump. On ignore, toutefois, si cet engagement est ou non contraignant.

Après la signature du texte, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, a néanmoins salué une « paix » historique avec l’Azerbaïdjan. « Depuis des mois, je répète qu’il n’y aura pas de guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan, qu’il y aura la paix. Aujourd’hui, nous pouvons dire que la paix a été obtenue », a déclaré M. Pachinian, qui fait face à un mouvement de contestation dans son pays pour sa politique envers son voisin.

Le conflit territorial entre les deux pays concerne notamment le Karabakh, une enclave montagneuse qui a été au centre de deux guerres, l’une à la chute de l’URSS et l’autre en 2020. L’Azerbaïdjan l’a finalement repris aux séparatistes arméniens à l’issue d’une offensive éclair en 2023. Bakou et Erevan tentent depuis des mois de s’entendre sur un accord de paix. L’Azerbaïdjan avait présenté une liste d’exigences à l’Arménie, dont l’ajout d’amendements à la Constitution incluant l’abandon de toute revendication territoriale sur le Karabakh.

Nos explications (2023) | Haut-Karabakh : comprendre ce conflit centenaire qui embrase les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie

Le Monde avec AFP

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Canicule : 42 départements en vigilance orange pour la journée de dimanche

Lyon, samedi 9 août 2025. ABDUL SABOOR / REUTERS

Deux départements vont s’ajouter aux 40 déjà placés en vigilance orange canicule pour la journée de dimanche, alors que la vague de chaleur s’intensifie sur la France, a annoncé samedi 9 août Météo-France.

La Saône-et-Loire et le Jura viennent s’ajouter aux 40 départements de la moitié sud du pays placés en vigilance orange à partir de dimanche midi et l’alerte « est encore susceptible d’être étendue en fonction de l’évolution des températures », indique l’établissement public dans son point de 16 heures.

« La vague de chaleur, démarrée ce vendredi en France, d’un niveau caniculaire sur la moitié sud, se poursuit et s’étend. Le pic est attendu entre lundi et mardi. Elle devrait durer jusqu’en fin de semaine prochaine », commente-t-il.

Pour la journée de samedi, 28 départements du Sud se trouvent déjà en vigilance orange canicule, souligne Météo-France qui signale quelques températures « remarquables » relevées samedi à 15 heures : 38,0 °C à Lyon-St-Exupéry, 36,8 °C à Montélimar (Drôme) ou encore 35,8 °C à Bordeaux-Mérignac.

La journée de lundi pourrait être « la plus chaude à l’échelle nationale », dit le prévisionniste, précisant que la vague de chaleur « devrait durer jusqu’en milieu de semaine prochaine sur la moitié sud du pays ». « Les températures minimales de la nuit de vendredi à samedi ont eu du mal à descendre sous les 20 °C sur le sud-ouest et le centre-est du territoire », expliquait, samedi matin, Météo-France.

Depuis midi, vendredi, sont placés en vigilance orange le Rhône, la Loire, l’Isère, la Drôme, l’Ardèche, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Garonne, le Tarn et Tarn-et-Garonne, ainsi que l’Aveyron et le Lot. Depuis samedi midi, la vigilance s’est étendue à la Dordogne, à l’Aude, au Puy-de-Dôme, à l’Ain, à la Savoie, à la Haute-Savoie, à l’Allier, aux Alpes-de-Haute-Provence, aux Hautes-Alpes, à l’Ariège, au Cantal, à la Charente, à la Corrèze, au Gers, à la Haute-Loire, à la Lozère et au département de Lot-et-Garonne.

Tendance liée au changement climatique

Après une première vague de chaleur estivale du 19 juin au 4 juillet, cet épisode constitue la cinquante et unième vague de chaleur enregistrée en France depuis 1947, selon ses relevés. Météo-France a également alerté sur un danger « élevé » de feux de forêt sur le pourtour méditerranéen, alors que l’incendie d’une ampleur exceptionnelle dans l’Aude a été fixé jeudi soir après avoir parcouru 17 000 hectares de végétation et coûté la vie à une personne.

Lire aussi le reportage | Article réservé à nos abonnés Incendie dans l’Aude : « Ça ressemblait à l’apocalypse, ce feu qui arrivait sur nous à une telle vitesse »

Cette nouvelle vague de chaleur, conjuguée à de très faibles précipitations, va aggraver la sécheresse des sols, déjà très marquée dans le Sud-Ouest. Pour anticiper des « pannes potentielles de climatisation », la SNCF a supprimé trois allers-retours sur des vieux trains jusqu’à lundi sur la ligne Bordeaux-Marseille.

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Cet épisode de chaleur coïncide en outre avec un week-end de chassé-croisé entre automobilistes sur la route des vacances, avec une circulation annoncée comme « difficile sur tout ou partie du territoire, du vendredi 8 au dimanche 10 août ». La journée la plus chargée du week-end sera le samedi 9, classé orange au niveau national dans les deux sens et notée « très difficile dans le sens des départs dans le Grand-Ouest, le Nord et l’Auvergne-Rhône-Alpes, ainsi que dans le Sud-Ouest dans le sens des retours », alerte Bison futé.

« On note une accélération de la survenue des vagues de chaleur au fil du temps. Cette tendance est bien liée au changement climatique, qui a un impact fort sur les températures en France hexagonale », a souligné auprès de l’Agence France-Presse Lauriane Batté, climatologue à Météo-France.

Juillet 2025 a été le troisième mois de juillet le plus chaud jamais enregistré sur la planète avec une température moyenne supérieure de 1,25 °C à celle de ce même mois en ère préindustrielle (1850-1900), a annoncé, jeudi, l’observatoire européen Copernicus.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Canicule : visualisez les températures maximales et la précocité de la vague de chaleur de juin 2025 en France

Le Monde avec AFP

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Au Liban, une explosion de munitions tue six soldats dans un « dépôt d’armes » dans le sud du pays

Des partisans du Hezbollah se rassemblent pour protester contre l’approbation, par le gouvernement, d’un plan de désarmement, dans la banlieue sud de Beyrouth (Liban), vendredi 8 août 2025. IBRAHIM AMRO/AFP

L’armée libanaise a annoncé la mort de six de ses soldats dans une explosion survenue lors d’une opération de déminage dans un « dépôt d’armes » du sud du Liban. « Alors qu’une unité de l’armée recherchait et démantelait un dépôt d’armes à Wadi Zebqin, à Tyr, une explosion s’est produite à l’intérieur, faisant six morts et plusieurs blessés parmi les soldats », a annoncé l’armée dans un bilan provisoire, ajoutant avoir ouvert une enquête.

En vertu de la trêve conclue en novembre 2024, qui a mis fin à la récente guerre entre Israël et le Hezbollah, allié de l’Iran, l’armée déploie des troupes dans le sud du pays et démantèle les infrastructures du Hezbollah. Cet incident survient quelques jours après que le gouvernement a chargé l’armée d’élaborer un plan visant à désarmer le mouvement chiite. Téhéran a exprimé, samedi, son opposition à cette décision.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Liban, le gouvernement s’engage à désarmer le Hezbollah, sous la pression des Etats-Unis

Le président Joseph Aoun a contacté l’armée pour lui présenter ses condoléances et s’enquérir des circonstances de « l’incident tragique », qui a fait plusieurs « martyrs et blessés » parmi les soldats, selon un communiqué de la présidence. « C’est avec une profonde douleur que le Liban salue les fils de notre vaillante armée tombés en martyrs dans le Sud, alors qu’ils accomplissaient leur devoir national », a écrit sur X le premier ministre, Nawaf Salam.

L’émissaire américain Tom Barrack a transmis à M. Aoun ses « plus sincères condoléances », dans une lettre publiée sur X, « au nom du président » Donald Trump. De son côté, le député du Hezbollah, Ali Ammar, a également adressé « ses plus sincères condoléances à l’armée libanaise ».

Proposition américaine

Le cessez-le-feu de novembre 2024, qui visait à mettre fin à plus d’un an d’hostilités, dont deux mois de guerre ouverte entre Israël et le Hezbollah, stipule que le port des armes au Liban doit être limité aux appareils de sécurité étatiques. Le gouvernement, qui a décidé de désarmer le mouvement d’ici à la fin de 2025, s’est réuni à deux reprises cette semaine sur le sujet, tandis que le Hezbollah a rejeté cette décision.

Un haut conseiller du Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a affirmé samedi que « la République islamique d’Iran est certainement opposée au désarmement du Hezbollah, car l’Iran a toujours aidé le peuple libanais et la résistance, et continue de le faire ». Le ministère des affaires étrangères libanais a dénoncé sur X « une ingérence flagrante et inacceptable dans les affaires intérieures du Liban ». A la fin d’avril déjà, le ministère avait convoqué l’ambassadeur d’Iran au Liban, Mojtaba Amani, pour expliquer ses propos sur le « désarmement » du Hezbollah.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Liban : six mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu avec Israël, une guerre de basse intensité se poursuit

Jeudi, le gouvernement libanais a examiné une proposition américaine comprenant un calendrier pour le désarmement du Hezbollah, Washington pressant Beyrouth d’agir. L’exécutif a approuvé l’introduction du texte américain sans fixer de délais précis, et a appelé au déploiement de troupes libanaises dans les zones frontalières ainsi qu’au retrait des forces israéliennes de cinq secteurs du sud du Liban occupés depuis la récente guerre.

Le même jour, le porte-parole des casques bleus au Liban, Andrea Tenenti, a déclaré que les soldats de l’ONU avaient « découvert un vaste réseau de tunnels fortifiés » dans la même zone. Le porte-parole adjoint du secrétaire général de l’ONU, Farhan Haq, a précisé aux journalistes que les casques bleus et l’armée libanaise avaient trouvé « trois bunkers, de l’artillerie, des lance-roquettes, des centaines d’obus explosifs et de roquettes, des mines antichars ainsi qu’environ 250 engins explosifs improvisés prêts à l’emploi ».

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Israël accuse le Hezbollah de reconstruire ses installations militaires et a menacé de poursuivre ses attaques quotidiennes tant qu’il ne sera pas désarmé. Samedi, le ministère de la santé libanais a annoncé qu’une personne avait été tuée à la suite d’une frappe israélienne dans le sud du pays.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Des écoles du Liban sud ont été vandalisées par l’armée israélienne, et d’autres détruites à Gaza, selon Human Rights Watch

Le Monde avec AFP

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Lucas Chevalier, première grande recrue du PSG champion d’Europe, un nouveau gardien dans l’ombre de Gianluigi Donnarumma

Le gardien du LOSC, Lucas Chevalier, lors d’un match face à l’OGC Nice, le 17 janvier 2025 à Villeneuve-d’Ascq (Nord). SAMEER AL-DOUMY / AFP

Faut-il changer une équipe qui gagne ? Le premier mouvement du Paris Saint-Germain (PSG) sur le marché des transferts depuis son sacre en Ligue des champions y répond. Samedi 9 août, le club de la capitale a annoncé sa première grande recrue de l’intersaison et la signature de Lucas Chevalier pour cinq saisons. Le gardien français de 23 ans, formé au LOSC (Lille Olympique Sporting Club) où il a éclaté au grand jour – notamment en Ligue des champions la saison passée –, désormais numéro 2 en équipe de France, a été recruté pour succéder à Gianluigi Donnarumma.

Disposant encore d’un an de contrat mais ne s’étant pas mis d’accord avec le PSG pour prolonger, le portier international italien, grand artisan de la campagne victorieuse des rouge et bleu dans la compétition reine en Europe, est poussé dehors par ce transfert, estimé à plus de 55 millions d’euros (primes comprises). Et ce, alors qu’il est en passe d’être désigné meilleur gardien du monde.

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Au Tchad, l’ancien premier ministre et opposant Succès Masra condamné à vingt ans de prison ferme

Succes Masra salue ses partisans à son arrivée sur scène lors de son dernier meeting électoral à l’hippodrome de N’Djamena, au Tchad, le 4 mai 2024. JORIS BOLOMEY / AFP

Succès Masra, un ancien premier ministre à la tête du principal parti d’opposition au Tchad, a été condamné à vingt ans de prison ferme, samedi 9 août, par le tribunal de grande instance de N’Djamena, selon un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP) présent à l’audience.

Il a été reconnu coupable de « diffusion de message à caractère haineux et xénophobe » et de « complicité de meurtre » dans le cadre du drame de Mandakao où 42 personnes ont été tuées en mai dans un conflit intercommunautaire.

« Notre client vient de faire l’objet d’une humiliation, d’une ignominie, a dénoncé auprès de l’AFP Francis Kadjilembaye, le coordonnateur des avocats de la défense. Il vient d’être condamné sur la base d’un dossier vide, sur la base de supputations et en l’absence de preuves. »

Succès Masra a également été condamné à verser une amende d’un milliard de francs CFA (environ 1,5 million d’euros).

Lire aussi | Au Tchad, Succès Masra incarcéré, ses partisans dans l’expectative

Rassemblement à N’Djamena samedi soir

Les militants du parti baptisé « Les Transformateurs » se sont rassemblés samedi soir à N’Djamena pour protester contre la condamnation de leur président. Bedoumra Kordjé, un ancien ministre des finances tchadien et ancien vice-président de la Banque africaine de développement, a été à titre provisoire nommé à la tête de cette formation.

Le parquet avait requis vendredi la peine de vingt-cinq ans de prison ferme à l’encontre de M. Masra et des autres accusés. Ce procès regroupe deux volets : l’un concerne près de 70 hommes accusés d’avoir participé au massacre du 14 mai et l’autre Succès Masra, accusé d’y avoir incité.

Le 14 mai, 42 personnes, « majoritairement des femmes et des enfants », avaient été tuées à Mandakao, dans la région du Logone-Occidental (Sud-Ouest), selon la justice tchadienne. Arrêté le 16 mai, le chef du parti Les Transformateurs était jugé depuis jeudi pour « incitation à la haine, à la révolte, constitution et complicité de bandes armées, complicité d’assassinat, incendie volontaire et profanation de sépultures ».

Un message audio, présenté comme datant de 2023, a été mis en avant par la justice pour incriminer M. Masra. Selon une traduction en français du message en langue ngambaye, le président de ce parti d’opposition y aurait notamment dit : « Apprenons-nous les uns et les autres à utiliser une arme à feu (…), soyons tous des boucliers protecteurs. »

« Je ne reconnais aucun des faits »

Entendu à la barre pour la première fois jeudi, Succès Masra, en tenue blanche traditionnelle, avait déclaré : « Vous avez devant vous un homme qui croit en la justice. Je ne reconnais aucun des faits qui me sont reprochés. » Détenu depuis son arrestation mi-mai, l’opposant avait observé une grève de la faim d’une semaine. Le 19 juin, ses avocats avaient déposé une demande de libération provisoire, qui avait été rejetée.

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Economiste formé en France et au Cameroun, M. Masra, 41 ans, avait été nommé premier ministre cinq mois avant l’élection présidentielle de mai 2024 à laquelle il s’était porté candidat face au président Mahamat Idriss Déby Itno, proclamé vainqueur avec plus de 60 % des suffrages.

Depuis 2018 – sous la présidence à l’époque d’Idriss Déby Itno, le père de l’actuel chef de l’Etat –, M. Masra était la seule figure de l’opposition capable de mobiliser des milliers de personnes dans la capitale pour des manifestations systématiquement réprimées, parfois dans le sang.

Lire la tribune | Article réservé à nos abonnés « L’arrestation de Succès Masra est une manœuvre politique qui risque de replonger le Tchad dans l’instabilité »

Comme d’autres dirigeants d’opposition, il avait été contraint à l’exil quelques jours après une manifestation meurtrière, le 20 octobre 2022, contre la prolongation de deux ans par les militaires au pouvoir d’une transition politique consécutive à la mort en 2021 du président Idriss Déby Itno. Il était retourné au Tchad fin 2023, après avoir signé un « accord de réconciliation » avec la junte.

Originaire de la partie méridionale de son pays, Succès Masra appartient à l’ethnie ngambaye et bénéficie d’une large popularité auprès des populations du sud en majorité chrétiennes et animistes, qui s’estiment souvent marginalisées par le régime de N’Djamena, majoritairement musulman.

Le Monde avec AFP

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En direct, guerre en Ukraine : les Européens demandent d’exercer « une pression » sur Moscou, avant le sommet Trump-Poutine. Retrouvez les informations du 3 au 9 août

« Steve Witkoff ne sait pas de quoi il parle », rapporte le quotidien allemand « Bild », citant un responsable ukrainien

L’émissaire américain Steve Witkoff s’est entretenu mercredi pendant trois heures avec Vladimir Poutine à Moscou, et les deux camps ont jugé ces discussions constructives. Pourtant, une nouvelle fois, la manière dont M. Witkoff mène les pourparlers avec la Russie préoccupe, rapporte le quotidien allemand Bild, samedi.

Selon le quotidien, Vladimir Poutine souhaite toujours contrôler entièrement les régions de Donetsk, Louhansk, Zaporijia et Kherson et n’a proposé qu’un cessez-le-feu partiel – l’arrêt des attaques contre les infrastructures énergétiques et les grandes villes à l’arrière – mais pas un cessez-le-feu global.

Le « super envoyé spécial » de Donald Trump aurait aussi mal interprété les déclarations de Vladimir Poutine et les a prises pour une concession. Ainsi, le « retrait pacifique » exigé par la Russie des Ukrainiens des oblasts de Kherson et de Zaporijia a été compris par lui comme une proposition de « retrait pacifique » des Russes de ces mêmes régions. « Witkoff ne sait pas de quoi il parle », a résumé un responsable ukrainien auprès de Bild.

Le quotidien ajoute que lors du compte rendu de l’entretien l’émissaire spécial du président américain, auquel participait le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, et le vice-président, J. D. Vance, les alliés européens de Kiev ont eu l’impression que les Américains n’étaient pas encore parvenus à une position commune sur la situation.

Selon des sources du New York Post, il aurait même fait appel à des traducteurs du Kremlin lors de ses discussions avec Vladimir Poutine, en violation des pratiques diplomatiques américaines. « Je pense que M. Witkoff a adopté la stratégie du camp russe, avait commenté Volodymyr Zelensky, le 17 avril. Consciemment ou non, il propage des idées russes. Quoi qu’il en soit, cela ne sert à rien. »

Le président russe Vladimir Poutine et l’envoyé du président américain, Steve Witkoff, lors d’une réunion à Moscou (Russie), le 6 août 2025. GAVRIIL GRIGOROV/VIA REUTERS

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En direct, incendie dans l’Aude : le feu ne pourra pas être sous contrôle avant dimanche soir, 1 300 sapeurs-pompiers sur le terrain

Un feu fixé a-t-il des risques de repartir ?

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Et merci pour votre question. Un feu « fixé » signifie qu’il n’avance plus, il s’agit de la première étape pour les pompiers. On parle ensuite de « maîtrise » quand le feu est circonscrit et que les flammes les plus importantes sont éteintes. Le feu entre alors dans une phase de décroissance, il est sous contrôle, sans être éteint pour autant (voir le lexique des Décodeurs pour comprendre la lutte contre les incendies).

Ensuite, même quand les flammes sont éteintes, il reste un risque de reprise pendant plusieurs jours. C’est ce qu’explique ce matin Anthony Collin, spécialiste des incendies à l’université de Lorraine, dans une interview à l’Agence France-Presse : « Quand vous avez un feu de végétation, vous allez avoir principalement les petits éléments constituant la végétation qui vont brûler. C’est ça qui libère la chaleur et qui contribue à l’incendie. Et parmi ces éléments, vous avez des troncs, des grosses branches, qui n’ont pas trop contribué à l’incendie mais se sont chauffés à son contact et ont accumulé beaucoup de chaleur », explique-t-il.

« Le risque d’éteindre les flammes et de s’en aller, c’est que ces branches puissent à nouveau libérer leur chaleur aux brindilles et redémarrer l’incendie », détaille ce chercheur, qui étudie la propagation des feux en surface et dans les sols. « Ce sont des feux braisants, à l’image du charbon », comme celui qu’on utilise dans les barbecues. « C’est une combustion qui se passe sans flammes, ça peut durer des jours et des jours,explique-t-il. Si on ne vient pas vraiment l’éteindre, soit par l’étouffement en le privant d’oxygène, soit en le refroidissant avec de l’eau, on a un risque de reprise. »

Pour identifier ces risques, les pompiers peuvent surveiller les fumerolles émanant du sol, qui trahissent un « point chaud » où le feu risque de reprendre. Ils peuvent également utiliser des caméras thermiques, dont certaines pilotées par drones. Cela va permettre d’« identifier par exemple un tronc carbonisé, mais qui va être chaud, à par exemple 80- 100 degrés, et qui pourrait être l’élément déclencheur d’un nouvel incendie ».

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Des taux « incommensurables » de microplastiques retrouvés dans les eaux Contrex et Hépar, révèle Mediapart

Le logo de la société Nestlé dans une de ses usines, à Konolfingen, en Suisse, le 28 septembre 2020. ARND WIEGMANN / REUTERS

Des taux de pollution de microplastiques « incommensurables » ont été retrouvés dans les eaux Contrex et Hépar, selon le magistrat chargé de l’enquête préliminaire dans le cadre des poursuites contre Nestlé Waters concernant des décharges sauvages de déchets polluants dans les Vosges, révèle Mediapart dans un article paru samedi 9 août.

« Toutes les analyses réalisées par des laboratoires accrédités pour la recherche de microplastiques contredisent l’hypothèse de la présence d’une pollution microplastique dans nos forages », a réagi Nestlé Waters dans la soirée auprès de l’Agence France-Presse (AFP). « Toutes nos eaux peuvent être bues en toute sécurité. »

Nestlé Waters est poursuivi pour avoir stocké des déchets et maintenu quatre décharges sauvages à Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-Les-Parey et Crainvilliers, représentant un volume cumulé de 473 700 mètres cubes, l’équivalent de 126 piscines olympiques.

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Le procès, décidé après une enquête du pôle régional environnement du parquet de Nancy, se tiendra du 24 au 28 novembre. Nestlé est notamment poursuivi pour avoir, autour de ces décharges, « laissé s’écouler dans les eaux superficielles et souterraines » des « particules de microplastiques » à des concentrations « rendant toute vie aquatique impossible et ayant des effets nuisibles sur la santé, la flore et la faune ».

Les informations de Mediapart, qui a contribué avec Le Monde et Radio France aux révélations sur les traitements illégaux utilisés par le passé par Nestlé Waters sur ses eaux, indiquent que les décharges de plastique « sont [à] l’origine » de taux élevés de microplastiques retrouvés à la sortie des forages des eaux ensuite embouteillées sous les marques Contrex et Hépar.

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« Aucune dépollution n’est envisageable »

Le média s’appuie notamment sur une enquête de l’Office français de la biodiversité (OFB) et de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). « Une analyse chiffrée illustre que les proportions sont incommensurables s’agissant de l’introduction de microplastiques dans les sols vosgiens par Nestlé aux lieux des décharges, sur les terres et les eaux situées en aval », indique le magistrat chargé de l’enquête, selon Mediapart, alertant sur « leurs effets nuisibles sur la santé humaine ».

Les taux de microplastiques sont de 515 particules de microplastique par litre (mp/L) pour Contrex, et 2 096 pour Hépar, soit des concentrations 51 000 à 1,3 million de fois supérieures à celles retrouvées dans des lacs, fleuves et rivières par deux études sur lesquelles s’appuient les enquêteurs. Et de 5 à 2 952 fois supérieurs aux taux moyens dans les nappes phréatiques du monde, selon d’autres études.

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Ces taux sont également supérieurs à ceux retrouvés dans d’autres eaux en bouteille par des chercheurs. « La dégradation est substantielle en ce qu’ils sont fragmentés en micro voire nanoplastiques, imprégnés et diffusés dans les sols et les réseaux d’eaux souterraines, de sorte qu’aucune dépollution n’est envisageable », ajoutent les enquêteurs.

Contacté par Mediapart, Nestlé Waters affirme « qu’aucune pollution n’est avérée aux termes des analyses environnementales partagées avec les autorités ». Selon l’entreprise, les décharges incriminées datent des années 1960, avant qu’elle ne soit propriétaire des terrains pollués.

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« Mesures de remédiation »

Le groupe a précisé à l’AFP ne pas commenter les procédures en cours mais que « la majorité des sites » avait déjà été nettoyée. « Nous attendons les préconisations des autorités quant aux mesures de remédiation à mettre en œuvre pour les sites restants au profil plus complexe », ajoute-t-il. Mediapart indique de son côté avoir consulté une note confidentielle dans laquelle Nestlé Waters affirmait en 2022 que les décharges pourraient avoir « un impact sur la qualité des eaux ».

Les taux de microplastiques dans les eaux minérales naturelles ne sont pas réglementés. Ces substances inférieures à cinq millimètres – et 1 000 fois moins pour les nanoplastiques – sont au cœur des négociations en cours à Genève jusqu’au 14 août pour tenter d’élaborer le premier contre la pollution plastique.

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Omniprésentes dans l’environnement et, donc, inhalées ou ingérées quotidiennement, leur effet sur la santé humaine est loin d’être tranché, mais de nombreuses études montrent qu’elles s’accumulent dans le sang, les organes et le système nerveux.

Le Monde avec AFP

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