Gaza : des mères d’otages israéliens se rendent à Genève pour plaider la fin de la guerre. Retrouvez les informations du 5 au 12 août

Israël assure qu’il n’y a pas de « malnutrition généralisée » à Gaza alors que l’ONU alerte sur un risque de famine 

Un organisme dépendant du ministère de la défense israélien a publié mardi un nouveau rapport affirmant qu’il « n’y a aucun signe de phénomène de malnutrition généralisée » dans la bande de Gaza, où l’Organisation des Nations unies met en garde depuis des semaines contre un risque de « famine généralisée ».

Le Cogat, chargé de l’administration civile des territoires palestiniens, affirme dans ce rapport avoir procédé à un « examen approfondi » des données et chiffres du Hamas sur les décès dus à la malnutrition dans le territoire palestinien.

Le ministère de la santé à Gaza, administré par le Hamas, estime à ce jour le nombre total de victimes de la faim à 227 morts, dont 103 enfants. Le Cogat relève « un écart significatif » entre ces chiffres et « les cas documentés, avec des détails d’identification complets » dans les médias et sur les réseaux sociaux, « ce qui soulève des doutes sur leur crédibilité ».

« L’analyse au cas par cas des décès publiés montre que la plupart (…) souffraient de conditions médicales préexistantes qui ont entraîné la détérioration de leur état de santé, sans rapport avec leur statut nutritionnel », affirme aussi le Cogat, pour qui ces « cas extrêmes (…) ne représentent pas la condition de la population générale de la bande de Gaza ».

Le Cogat soutient en conclusion qu’il n’y a « aucun signe d’un phénomène de malnutrition généralisée » parmi les Gazaouis, dénonçant « l’exploitation cynique d’images tragiques » par le Hamas.

Dans un communiqué mardi, le gouvernement du Hamas a publié une longue « réfutation des mensonges » du Cogat, « tentative désespérée et vaine de camoufler un crime documenté au niveau international, la famine systématique » de la population gazaouie.

Le territoire palestinien, totalement dépendant de l’aide humanitaire, est menacé d’une « famine généralisée », selon l’ONU, qui a appelé à l’« inonder » d’aide. Selon les derniers chiffres rendus publics mardi par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 148 personnes y sont mortes des effets de la malnutrition depuis janvier, et près de 12 000 enfants de moins de cinq ans ont été identifiés comme souffrant de malnutrition aiguë en juillet – le chiffre mensuel le plus élevé enregistré à ce jour.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que « plus d’un tiers de la population ne mange pas pendant plusieurs jours d’affilée » et pointe une « malnutrition aiguë en forte augmentation », avec « plus de 300 000 enfants en risque sévère ».

Pour Jean-Guy Vataux, chef de mission de Médecins sans frontières dans les territoires palestiniens, interrogé mardi par l’Agence France-Presse (AFP), « la malnutrition à Gaza est une réalité, elle progresse rapidement et touche toute la population », classe moyenne comprise.

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Le Mexique extrade vers les Etats-Unis 26 personnes accusées de trafic de drogue

Des membres de la Drug Enforcement Administration (DEA) se tiennent devant le palais de justice fédéral de Brooklyn le jour de l’audience du cofondateur du cartel de Guadalajara, Rafael Caro Quintero, à New York, aux Etats-Unis, le 26 mars 2025. JEENAH MOON / REUTERS

Le Mexique a annoncé mardi 13 août avoir remis à la justice américaine 26 personnes accusées aux Etats-Unis de trafic de drogue et de migrants ainsi que d’assassinat, le second transfert de cette ampleur depuis l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

L’ambassade des Etats-Unis au Mexique a précisé que des chefs du cartel Jalisco Nouvelle Génération et du cartel de Sinaloa figuraient parmi les personnes extradées, deux groupes désignés comme organisations terroristes par les Etats-Unis en février.

Le transfert de ces 26 personnes a eu lieu « à la demande du département de la justice » des Etats-Unis, qui « s’est engagé à ne pas demander la peine de mort », selon un communiqué des autorités mexicaines.

Parmi les trafiquants transférés figurent Abigael Gonzalez Valencia, chef du cartel Los Cuinis, accusé d’avoir acheminé des tonnes de cocaïne depuis l’Amérique du Sud vers les Etats-Unis, ainsi que Leobardo Garcia Corrales, membre du cartel de Sinaloa, accusé de trafic de fentanyl vers les Etats-Unis en échange d’armes, ont déclaré des responsables du ministère américain de la Justice.

Coopération sécuritaire

Un ressortissant sierra-léonais, Abdul Karim Conteh, figure également parmi les extradés. Il est accusé d’avoir fait passer clandestinement aux Etats-Unis via le Mexique des milliers de migrants en provenance notamment d’Iran, d’Afghanistan et de Somalie.

Pressé par Donald Trump, qui a notamment brandi la menace de droits de douane exorbitants, le gouvernement de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a renforcé la coopération sécuritaire avec les Etats-Unis et les deux pays négocient un accord global portant sur les trafics de drogue et d’armes.

Vingt-neuf responsables de divers cartels mexicains avaient déjà été remis aux autorités américaines en février.

Parmi les plus éminents barons de la drogue mexicains détenus aux Etats-Unis figurent les fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquin « El Chapo » Guzman, condamné à la prison à perpétuité, et Ismael « El Mayo » Zambada, qui attend son procès.

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Le Monde avec AFP

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Vladimir Poutine et Kim Jong-un s’engagent à « renforcer » leur coopération, avant le sommet avec Donald Trump sur l’Ukraine

Photo diffusée par l’agence KCNA montrant le leader nord-coréen, Kim Jong-un, s’entretenant par téléphone avec le président russe, Vladimir Poutine, à Pyongyang, le 13 août 2025. KCNA / VIA REUTERS

Le président russe, Vladimir Poutine, et le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, se sont engagés à « renforcer la coopération » entre leurs deux pays, lors d’un appel téléphonique rapporté mercredi 13 août par l’agence de presse de Pyongyang, KCNA.

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Se félicitant de leur partenariat stratégique « dans tous les domaines » signé en 2024, impliquant notamment un pacte de défense mutuelle, les deux leaders ont « confirmé leur volonté de renforcer la coopération dans le futur », selon KCNA.

Cet appel, qui a eu lieu mardi, survient à quelques jours d’un sommet prévu le 15 août entre M. Poutine et le président américain, Donald Trump, en Alaska, pour y évoquer une solution à la guerre en Ukraine.

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Vladimir Poutine a d’ailleurs « partagé des informations avec Kim Jong-un dans le contexte des discussions à venir » avec M. Trump, selon un communiqué du Kremlin.

Soutien « inconditionnel »

Les relations entre Moscou et Pyongyang se sont considérablement développées depuis l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022. La Corée du Nord a activement participé au conflit en fournissant des milliers de soldats à son allié, en plus d’armes et de munitions.

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« Le président russe a une nouvelle fois grandement loué le soutien apporté par la République populaire démocratique de Corée ainsi que la bravoure, l’héroïsme et l’esprit de sacrifice démontrés » par les troupes nord-coréennes « dans la libération de [la province de] Koursk », qui avait été partiellement occupée par l’Ukraine, a ajouté KCNA.

A la mi-juillet, Kim Jong-un avait assuré Moscou du soutien « inconditionnel » de Pyongyang contre l’Ukraine, à l’occasion d’une visite du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Par ailleurs, une ligne aérienne entre les capitales des deux pays a été rouverte fin juillet, marquant une première depuis des décennies et une avancée supplémentaire dans ce partenariat bilatéral.

Le Monde avec AFP

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Nouvelle-Calédonie : le FLNKS rejette officiellement l’accord de Bougival

Le secrétaire général de l’Union calédonienne et membre du bureau politique du FLNKS, Dominique Fochi, au Mont-Dore, en Nouvelle-Calédonie, le 9 août 2025. DELPHINE MAYEUR POUR « LE MONDE »

Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a confirmé, mercredi 13 août, qu’il rejetait l’accord de Bougival signé début juillet avec l’Etat et les non-indépendantistes. La décision a été prise samedi lors d’un congrès extraordinaire du mouvement et confirmée mercredi en conférence de presse à Nouméa.

Le FLNKS « rejette formellement le projet d’accord de Bougival, en raison de son incompatibilité avec les fondements et acquis de notre lutte », a indiqué Dominique Fochi, secrétaire général de l’Union calédonienne et membre du bureau politique du FLNKS.

Ce texte prévoit notamment la création d’un « Etat de Nouvelle-Calédonie » et d’une nationalité calédonienne, ainsi que la possibilité de transférer des compétences régaliennes (monnaie, justice, police). Mais il ne prévoit pas de nouveau référendum sur l’indépendance, suscitant une levée de boucliers chez les militants indépendantistes.

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« L’accord de Bougival est derrière nous », a affirmé la syndicaliste Marie-Pierre Goyetche, également membre du bureau politique du FLNKS, « c’est un rejet en bloc, nous ne participerons pas au comité de rédaction » proposé par le ministre des outre-mer, Manuel Valls. « Nous lançons un appel pacifique à nos forces vives pour dire stop à l’Etat s’il entend passer en force », a-t-elle ajouté.

« Un accord à marche forcée »

En visioconférence depuis Mulhouse (Haut-Rhin), le président du FLNKS, Christian Tein, a lui dénoncé « un accord à marche forcée proposé par Macron ».

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Sans attendre l’officialisation de ce rejet, le ministre des outre-mer, Manuel Valls, avait annoncé, dimanche, se rendre « la semaine du 18 août » en Nouvelle-Calédonie pour tenter de sauver l’accord, qu’il présente comme « un compromis historique, fruit de mois de travail (…) avec toutes les délégations, y compris celle du FLNKS ».

Le FLNKS met également « en garde l’Etat contre toutes nouvelles tentatives de passage en force », une référence au projet de dégel du corps électoral porté par Gérald Darmanin, alors ministre de l’intérieur, malgré l’opposition du FLNKS. La mobilisation du camp indépendantiste contre ce projet avait dégénéré en émeutes le 13 mai 2024, entraînant des mois d’affrontements qui ont fait quatorze morts et plusieurs milliards d’euros de dégâts.

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Le Monde avec AFP

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Incendie dans l’Aude : des pompiers venus de toute la France se sont organisés pour lutter contre l’immense feu

Vendredi 8 août au matin, une pellicule de cendres recouvre l’aile d’un avion Beechcraft garé sur la base aérienne de Garons (Gard), près de Nîmes. Sylvain Magnien, qui vole avec l’appareil depuis 2020 pour cartographier les feux, estime que « ce simple détail raconte le profil hors norme du feu de l’Aude. D’ordinaire, il n’y a pas de cendres en altitude ». Mardi 5, au jour 1 du sinistre, c’est lui qui a cartographié, dès 17 heures, les contours du monstre de flammes qui a parcouru 17 000 hectaresen soixante-douze heures et dévasté les Corbières.

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« C’est mon métier de mesurer les feux depuis le ciel, de calculer leur vitesse et de lister les villages ou les habitations menacées », précise-t-il, afin qu’en moins de trente minutes les pompiers, au sol, élaborent leur stratégie. Là, l’avion de mesure a dû rester bien plus longtemps en vol, face à un sinistre très évolutif – avançant à 5 km/h, ce qui est très rapide – et capable d’envoyer des brandons à 500 mètres, donc de multiplier les départs de feu.

Jean-Marc Mateo, pilote de Canadair et officier de sécurité aérienne du secteur Canadair, sur la base aérienne de la Sécurité civile de Nîmes-Garons (Gard), le 8 août 2025. LEWIS JOLY POUR « LE MONDE »

A l’heure où Sylvain Magnien terminait sa cartographie initiale, Jean-Marc Mateo, pilote de Canadair, décollait de la même base pour renforcer une première noria d’avions bombardiers d’eau et de produit retardant – ce liquide rouge qui ralentit la progression du feu en modifiant la combustion du végétal.

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Ces médecins qui peuvent demander des dépassements d’honoraires : « Quand un patient a des difficultés financières, on ajuste le tarif »

Dans le cabinet médical, à Quimper, le 1ᵉʳ juillet 2025. FRED TANNEAU/AFP

Comment les médecins fixent-ils le montant des consultations ou des actes quand ils exercent en secteur 2 et peuvent demander des dépassements d’honoraires à leurs patients ? La question est souvent « l’objet de tous les fantasmes », souligne-t-on dans les rangs des professionnels interrogés par Le Monde, alors que 56 % des médecins spécialistes sont désormais installés dans ce secteur dit « conventionné à honoraires libres », selon les derniers chiffres publiés par l’Assurance-maladie, en juin.

« Non, je ne fais pas payer à la tête du client »,évacue Vincent Dedes, à la tête du syndicat national des ophtalmologistes, qui exerce dans les Hauts-de-France. Le praticien de 56 ans a beau être en secteur 2, il réalise 60 % de son activité au « tarif opposable » de secteur 1 – celui fixé par l’Assurance-maladie, soit 31,50 euros pour sa consultation de base. Comme tous les médecins de secteur 2, il a obligation de le faire pour les patients relevant de la complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale d’Etat. Et il choisit de l’appliquer aussi aux malades chroniques, nombreux dans sa patientèle, qui doivent consulter régulièrement. « Pour un patient que je vois une fois tous les trois ou quatre ans, j’applique plus facilement les dépassements », explique-t-il.

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Au Sénégal, des images satellites pour mieux collecter la taxe foncière

Un chantier de construction près du marché Sandaga de Dakar, au Sénégal, le 13 janvier 2025. SEYLLOU/AFP

Difficile de glisser sa maison sur un compte offshore ou de la dissimuler au fisc. C’est précisément la raison pour laquelle, dans les pays en développement, les autorités s’intéressent de près à la taxe foncière. « Le bien immobilier ne peut pas être caché à l’administration fiscale, ce qui en fait un impôt idéal », résume Bassirou Sarr, directeur de cabinet du ministère sénégalais des finances et du budget.

Avec une dette représentant près de 119 % de son produit intérieur brut (PIB), selon les estimations de la banque Barclays, le pays le plus endetté d’Afrique doit impérativement accroître ses recettes fiscales. Celles de la taxe foncière ont un potentiel important. Au Sénégal, elles ne fournissent que 0,3 % des recettes de l’Etat, contre 2 % en Afrique subsaharienne et environ 6 % dans les Etats membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Comme dans d’autres pays en développement, les autorités privilégiaient les impôts sur les grandes entreprises, les PME et enfin les contribuables employés dans le secteur formel, plus faciles à collecter.

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Dans les prisons russes, les fantômes du goulag et des martyrs ukrainiens : « Les interrogatoires étaient faits par des pros de la torture »

Yulian Pylepei à Lviv (Ukraine), le 26 juin 2025. GUILLAUME HERBAUT/VU’ POUR « LE MONDE »

Novozybkov, la « kommandantur » de Donetsk, l’internement en Mordovie… La liste des prisons russes où le fusilier marin Yulian Pylepei a été détenu entre le 14 avril 2022 et sa libération, le 13 septembre 2024, pourrait presque être dressée en suivant ses cicatrices. Sur le front, c’est « une morsure de chien, dans la prison de Koursk, explique l’Ukrainien de 30 ans. Le nez cassé, la jambe brisée, c’était là-bas aussi ». Les traumatismes crâniens sont invisibles, mais datent d’un peu plus tôt, comme les lignes blanches sillonnant ses avant-bras, la trace de chocs électriques. Que l’œil s’arrête sur sa bague tactique en silicone noir et Yulian se sent obligé de préciser : « A Olenivka, ils m’ont pris mon alliance. J’ai tenté de les arrêter en leur disant : “C’est sacré !” Réponse : “Tu la donnes ou on te coupe le doigt.” »

« Longtemps, j’ai répété : “Un marine ne pleure jamais.” Mais quand, le jour de ma libération, on m’a passé un téléphone et que j’ai entendu la voix de ma femme, j’ai pleuré comme un enfant », lâche l’ancien détenu. Nous le rencontrons à Lviv, au pied de son immeuble (sa femme n’aime pas l’entendre raconter ses tortures), après un rendez-vous chez le psychiatre. Muscles larges, trident en pendentif sur tee-shirt blanc, il explique qu’il a pris l’habitude d’aller accueillir d’autres prisonniers de guerre à leur retour. « Nous parlons ensemble des prisons où ils sont passés, des détenus qu’ils ont croisés, de bien d’autres choses encore. Je les comprends mieux que personne, et inversement. »

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Aux Etats-Unis, le Grand Canyon ravagé par un incendie depuis plus d’un mois

Plus d’un mois après son démarrage, le 4 juillet, un incendie ravage toujours le parc national du Grand Canyon, dans l’Arizona. Avec 54 239 hectares déjà brûlés, soit 542 kilomètres carrés, « Dragon Bravo Fire » est classé depuis le 1er août dans la catégorie des mégafeux, un terme non scientifique qui désigne les incendies couvrant plus de 400 kilomètres carrés, soit environ la moitié de la superficie de la ville de New York.

Dragon Bravo Fire est le plus important de la quarantaine de foyers importants actuellement en activité aux Etats-Unis. Il a détruit 70 structures, selon le Service des parcs nationaux, y compris le Grand Canyon Lodge, un hôtel datant de 1928, ainsi que le Centre des visiteurs de la rive nord. Celle-ci, dite North Rim, a été déclarée fermée aux visiteurs pour le reste de la saison. Le 6 août, l’incendie n’était contenu qu’à 13 % mais les quelque 1340 pompiers sur le terrain ont fait des progrès, malgré le vent et une chaleur atteignant 40 °C. Le 8 août, les responsables des secours ont indiqué que le sinistre était désormais contenu à 36  %.

La fumée du « Dragon Bravo Fire », vue depuis le point de vue de Desert View, le 14 juillet 2025 dans la parc national du Grand Canyon (Arizona). ROSS D. FRANKLIN/AP

La rive sud du canyon (South Rim), distante de 16 kilomètres en moyenne à vol d’oiseau mais à 340 kilomètres par la route, reste en revanche accessible aux visiteurs. Le vent emportant la fumée vers le côté opposé, les touristes ont pu contempler les pyrocumulonimbus qui se sont formés depuis le début du mois d’août dans le ciel de cette région aride bordée par l’Utah, et les territoires des tribus Navajos et Havasupai. Mais la descente vers le fleuve Colorado, à 1 800 mètres en contrebas, est interdite aux visiteurs en raison de la fumée qui s’y est accumulée.

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Réforme de l’assurance-chômage : le gouvernement veut atteindre entre « 2 milliards et 2,5 milliards d’euros » d’économies par an de 2026 à 2029

Le premier ministre, François Bayrou, lors de la présentation des orientations retenues pour enrayer le déficit public pour le budget de 2026, à Paris, le 15 juillet 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Le gouvernement a adressé aux partenaires sociaux la « lettre de cadrage » sur l’assurance-chômage, feuille de route fixant le cadre de la négociation d’une nouvelle réforme, avec l’objectif d’atteindre « 2 milliards à 2,5 milliards d’euros » d’économies par an de 2026 à 2029, selon le document, consulté samedi 9 août par l’Agence France-Presse (AFP).

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Réforme de l’assurance-chômage : plusieurs centaines de milliers de personnes potentiellement concernées par une réduction de la durée d’indemnisation

S’ils acceptent d’ouvrir une négociation sur l’assurance-chômage, patronat et syndicats sont invités à s’accorder d’ici au 15 novembre et à dégager entre « 2 milliards et 2,5 milliards d’euros » d’économies par an en moyenne au cours des quatre prochaines années, « avec une montée en charge progressive » pour atteindre « a minima 4 milliards d’euros d’économies en régime de croisière à partir de 2030 », selon ce document.

Plaidant qu’« il faut travailler plus », François Bayrou avait souhaité, le 15 juillet, que les partenaires sociaux ouvrent de telles négociations sur l’assurance-chômage pour participer à l’effort budgétaire. « La situation financière du régime de l’assurance-chômage et la nécessité de travailler plus nombreux rendent nécessaire une évolution des règles de l’assurance-chômage », écrit le premier ministre dans sa lettre aux partenaires sociaux accompagnant le document de travail.

« Saccage inadmissible »

Afin de « favoriser le retour rapide à l’emploi », il est ajouté dans le document de cadrage qu’il faudra « modifier la durée minimale d’emploi et la période de référence nécessaire à l’ouverture d’un droit au chômage qui détermine la durée maximale d’indemnisation ». La France est « l’un des pays de l’Union européenne où les conditions d’indemnisation sont parmi les plus favorables et présente une durée maximale d’indemnisation plus élevée que la moyenne européenne », affirme le premier ministre.

Dans le même objectif d’accélérer le retour sur le marché du travail, il est précisé dans le document qu’il sera nécessaire de « renforcer les incitations » envers les personnes ayant conclu une rupture conventionnelle et d’« examiner l’opportunité d’adapter » les incitations de retour à l’emploi selon le niveau de rémunération et le montant de l’allocation. Le chef du gouvernement ajoute qu’il faudra en outre « intensifier l’effort réalisé pour le retour à l’emploi des seniors ».

« Budget 2026 : les travailleurs et les travailleuses ne se laisseront pas faire ! », a réagi dans un communiqué l’intersyndicale (CGT, FO, CFDT, CFE-CGC, CFTC) qui dénonce « une attaque en règle des droits des travailleurs et travailleuses » en plein milieu de l’été.

« C’est un saccage totalement inadmissible », a, par ailleurs, réagi le représentant de la CGT Denis Gravouil, auprès de l’AFP. Le syndicaliste a dénoncé « un plan d’économies violent » qui touchera « les plus précaires, en allongeant la durée de travail nécessaire pour prétendre à l’ouverture des droits au chômage », mais aussi « les personnes en CDI qui ont perdu leur emploi en raison de la réduction de la durée d’indemnisation annoncée ». « Nous allons tout faire pour faire capoter ce projet, si ce gouvernement se maintient », a prévenu le cadre syndical.

« Carnage total »

Les confédérations syndicales avaient déjà accueilli avec colère les pistes budgétaires du gouvernement et l’annonce de ces négociations, notamment le nouveau tour de vis sur l’assurance-chômage, qualifié de « carnage total pour les demandeurs d’emploi » par la numéro un de la CFDT, Marylise Léon.

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Avant une réunion intersyndicale le 1er septembre pour étudier les suites à donner aux annonces du premier ministre, FO a déjà appelé à la « mobilisation et à la grève » et déposé un préavis du 1er septembre au 30 novembre. Les organisations syndicales ont aussi lancé collectivement une pétition pour dire « non au budget Bayrou », signée par plus de 300 000 personnes, et une plateforme de « décodage » des mesures annoncées, qui sur l’assurance-chômage dénonce une « nouvelle baisse drastique » des droits.

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Reste donc à savoir si ces négociations aboutiront ou même si elles auront lieu. Faute de quoi le gouvernement reprendra la main et imposera ses règles.

Cette nouvelle réforme intervient alors que les partenaires sociaux ont conclu un accord en novembre 2024, avec de nouvelles règles pour quatre ans, entrées en vigueur pour la plupart au 1er avril. En juin 2024, une réforme portée par l’ancien premier ministre Gabriel Attal, rejetée par les syndicats, prévoyait elle aussi de durcir les conditions d’accès et les règles d’indemnisation. Elle avait toutefois été suspendue en raison de la dissolution de l’Assemblée nationale.

Le Monde avec AFP

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