Des membres du personnel de bord d’Air Canada en grève à l’aéroport international de Vancouver à Richmond, en Colombie-Britannique, au Canada, le 18 août 2025. CHRIS HELGREN / REUTERS
La grève des hôtesses et des stewards d’Air Canada « est terminée », a annoncé tôt mardi 19 août le syndicat du personnel de bord, évoquant « une entente de principe » après une nuit de négociations avec la direction de la compagnie aérienne.
« La grève est terminée. Nous avons une entente de principe », a écrit sur Facebook l’organisation affiliée au syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), tenue de « coopérer pleinement à la reprise des opérations ». De son côté, Air Canada a confirmé, dans un communiqué, « reprendre progressivement aujourd’hui ses opérations après avoir conclu un accord de médiation » avec le SCFP, sous la supervision d’un médiateur, William Kaplan.
500 000 personnes affectées par des annulations de vol
Quelque 10 000 agents de bord avaient cessé le travail pendant le week-end pour demander des augmentations de salaires et une compensation pour le travail au sol non rémunéré, y compris pendant l’embarquement. Malgré une décision de justice en leur défaveur, les hôtesses et les stewards avaient poursuivi leur grève lundi.
Les premiers vols sont prévus pour la soirée de mardi mais le retour à la normale ne devrait pas intervenir avant sept à dix jours, prévient Air Canada. « Faire redémarrer une compagnie majeure comme Air Canada est une tâche complexe », a déclaré son PDG, Michael Rousseau, cité dans le communiqué.
« Nous demandons à nos clients de la patience et de la compréhension dans les prochains jours », a-t-il ajouté, leur présentant des excuses au nom de la compagnie. Selon le transporteur national canadien, qui dessert directement 180 villes au Canada et à l’étranger, la grève a entraîné des annulations affectant 500 000 personnes.
Après onze jours d’une chaleur écrasante sur la quasi-totalité du pays, l’épisode caniculaire a pris fin mardi 19 août. Dans le bulletin publié par Météo-France, mercredi à minuit, il ne restait que cinq départements en vigilance jaune pour la canicule, tous sur le pourtour méditerranéen : l’Hérault, le Gard, les Bouches-du-Rhône, le Var et les Alpes-Maritimes.
En ce qui concerne les orages et les inondations, l’institut a également mis fin de la vigilance orange pour les départements de l’Hérault, du Gard et de la Lozère.
« Des orages intenses se sont produits au cours des dernières heures », principalement dans ces départements, précise Météo-France, produisant jusqu’à 40 à 50 millimètres (mm) de pluie. « Sur l’ensemble de l’événement, les cumuls ont pu dépasser 80 mm, comme sur Gatuzières [Lozère] où on relève 82,4 mm à minuit. Il a pu tomber localement plus », ajoute le prévisionniste. « En cours de nuit, le risque orageux persiste sur ces départements, les orages seront cependant moins virulents, d’où la redescente à un niveau de vigilance jaune », explique le bulletin.
Carte de vigilance pour la canicule, dans le bulletin de Météo-France, mercredi 20 août à minuit.
Relevé de températures inédites
Mardi, les Côtes-d’Armor avaient été placées en vigilance orange, avec 40 mm de précipitations tombées dans le sud du département et jusqu’à 80 mm estimés avec les radars météorologiques.
Météo-France n’exclut pas de relever la vigilance orage et pluie inondation en raison d’une « bande pluvio-orageuse [qui] stagne ce mercredi du nord-est du pays au Centre-Val-de-Loire »
La vague de chaleur qui vient de prendre fin a débuté le 8 août. Cantonnée au Sud, avec des températures très élevées sur le Midi, elle a atteint un niveau exceptionnel entre lundi et mercredi, la semaine dernière, du Sud-Ouest au Centre-Est, où des températures inédites ont été relevées.
Dans l’Hexagone, 266 stations météo ont enregistré au moins une fois 40 °C ou plus entre le 9 et le 12 août − soit plus que sur toute la seconde moitié du XXᵉ siècle (235).
Après la mort lors d’un « live streaming » sur une plateforme vidéo d’un homme de 46 ans, protagoniste de vidéos controversées, le parquet de Nice a annoncé, mardi 19 août, avoir ouvert une enquête en « recherche des causes de la mort » et ordonné une autopsie.
Raphaël Graven, connu sous les pseudonymes de Jean Pormanove ou JP, est mort lundi à Contes, un village au nord de Nice, a précisé le parquet, confirmant une information de Nice-Matin. Suivi par des centaines de milliers d’abonnés, il était connu pour avoir participé à des vidéos le montrant subissant des violences et des humiliations, notamment de deux partenaires connus sous les pseudonymes de Narutovie et Safine.
Les investigations ont été confiées à la police judiciaire de Nice, déjà saisie depuis décembre 2024, après un article de Mediapart révélant l’existence de ces vidéos, d’une enquête pour « violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables (…) et diffusion d’enregistrement d’images relatives à la commission d’infractions d’atteintes volontaires à l’intégrité de la personne ». Des faits « parfois encouragés par des versements d’argent des spectateurs », soulignait alors le procureur de Nice, Damien Martinelli.
Rôle de souffre-douleur
Une vidéo diffusée en direct lundi sur la plateforme australienne Kick, et largement partagée depuis, montrerait, selon des internautes, les moments précédant la mort de Raphaël Graven ou la découverte de celle-ci, il est vu inanimé sous une couette dans un lit, dans lequel se trouvent également deux hommes, dont l’un, apparemment Narutovie, jette une petite bouteille d’eau en plastique dans sa direction.
« Mon client n’a aucune responsabilité dans ce décès » et « se tient à la disposition » des enquêteurs, a dit à l’Agence France-Presse l’avocat de Narutovie, Yassin Sadouni. Il a aussi annoncé dans un communiqué son intention de déposer plainte après une « campagne de cyberharcèlement » dont son client ferait l’objet à la suite de cette affaire.
Deux hommes nés en 1998 et 2002, tout comme Narutovie et Safine selon des documents d’enregistrement de sociétés sous leurs véritables identités, avaient été placés en garde à vue début janvier. Mais « tant les personnes susceptibles d’être mises en cause que celles d’être victimes contestaient la commission d’infractions », avait à l’époque souligné le parquet.
Sur certaines vidéos, encore visibles sur divers réseaux, on peut voir Jean Pormanove se faire tirer dessus avec des projectiles de paintball sans porter de protection, être frappé par ses partenaires lors de séances de « gaming », ou se retrouver systématiquement dans le rôle de souffre-douleur en privé ou en public, tout en semblant consentir à ce rôle.
« Une horreur absolue »
Clara Chappaz, ministre déléguée chargée du numérique, a dénoncé sur X « une horreur absolue » et précisé avoir « saisi l’Arcom et effectué un signalement sur Pharos », le service de lutte contre la violence en ligne. « J’ai également contacté les responsables de la plateforme pour obtenir des explications. La responsabilité des plateformes en ligne sur la diffusion de contenus illicites n’est pas une option : c’est la loi », a-t-elle souligné.
« Nous sommes profondément attristés par la perte de Jean Pormanove », a dit par mail à l’Agence France-Presse un porte-parole de Kick. « Nous examinons de toute urgence les circonstances et collaborons avec les parties prenantes concernées (…). Les règles de la communauté Kick visent à protéger les créateurs, et nous sommes déterminés à les faire respecter sur l’ensemble de notre plateforme. »
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde Ateliers
Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
La plateforme Kick est la grande concurrente du leader mondial du live streaming Twitch et aux règles de modération plus relâchées. Créée en 2022, elle offre une politique de rémunération bien plus avantageuse que ses concurrents, reversant 95 % des revenus générés aux créateurs de contenus, contre 50 % pour la plupart des autres plateformes. Les streameurs peuvent ainsi engranger de fortes sommes grâce à leurs abonnés payants et aux dons des internautes versés lors d’un direct dont ils aiment le contenu.
Sur la vidéo qui montrerait les derniers instants de Raphaël Graven, un compteur de temps indique plus de 298 heures et un compteur d’argent la somme de 36 411 euros.
Les ombres du président russe Vladimir Poutine et de son homologue américain lors d’une conférence de presse conjointe à la base militaire Elmendorf-Richardson à Anchorage, en Alaska, le 15 août 2025. ANDREW CABALLERO-REYNOLDS / AFP
Trois jours après avoir célébré le sommet entre Vladimir Poutine et Donald Trump en Alaska, Moscou a suivi entre prudence et moquerie la rencontre organisée à Washington, lundi 18 août, entre le président américain et son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, puis avec les principaux dirigeants européens.
Le chef du Kremlin, qui s’est entretenu une quarantaine de minutes au téléphone avec M. Trump en marge de cette rencontre, n’a fait aucune déclaration publique. Seul à s’exprimer à Moscou dans la nuit de lundi à mardi, Iouri Ouchakov, conseiller de M. Poutine, a simplement confirmé que les deux présidents ont discuté de « la possibilité de relever le niveau des représentants » aux discussions directes entre la Russie et l’Ukraine. Traduction : un possible sommet Poutine-Zelensky. Après trois réunions de pourparlers techniques à Istanbul, depuis mai, les deux présidents pourraient se rencontrer en personne. Une éventualité jusque-là rejetée par le Kremlin.
« Pour la première fois, il existe une réelle opportunité d’entamer des négociations avec l’Ukraine et l’Europe sur tous les problèmes à résoudre pour mettre fin à la guerre, confie une source bien informée au sommet à Moscou. Mais, maintenant, un véritable casse-tête s’annonce pour les Européens, coincés dans une impasse idéologique : ils défendent des principes abstraits, alors que des centaines de milliers d’hommes meurent au combat. Il faut arrêter cette guerre, de fait perdue par Kiev, et non la poursuivre jusqu’à la destruction totale de l’Ukraine. »
Il vous reste 72.68% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Lors de l’enregistrement de la musique du film « Adieu Bonaparte », de Youssef Chahine (au centre, à gauche), composée par Gabriel Yared (au centre, à droite) au studio du Palais des congrès, à Paris, en mars 1985. JACQUES PRAYER/GAMMA-RAPHO VIA GETTY IMAGES
Quand une musique de film mobilise un orchestre symphonique, son nom figure au générique, mais, dans la plupart des cas, pas celui du studio où elle a été enregistrée. Pourtant, il en constitue un élément fondamental. A Paris, si plusieurs lieux de captation se sont faits, jadis, une spécialité de l’accueil des grandes formations, tant par leurs dimensions spacieuses que par leur acoustique peu réverbérée, aucun n’est passé à la postérité avec la même aura que le Studio Grande Armée. Une activité, développée sur deux sites, dont témoignent deux créateurs qui y ont participé, Bruno Coulais et Alexandre Desplat.
Bruno Coulais, compositeur de la musique du film à succès Les Choristes(2004), de Christophe Barratier, a connu sa première expérience importante dans ce studio, fondé en 1972 par le harpiste Jean-Claude Dubois (1935-2022). Le réalisateur François Reichenbach (1921-1993) lui a commandé, en 1977, la musique de son documentaire Mexico magico. Un baptême du feu « un peu pétrifiant », se souvient celui qui avait dû subir le bizutage réservé aux jeunes compositeurs par des musiciens chevronnés, « des requins de studio » souvent en fonctions à l’Opéra de Paris. Des fausses notes jouées par-ci par-là avec aplomb pour tester l’oreille du signataire d’une partition « destinée à un effectif proche de celui des fanfares de Stravinsky ».
Il vous reste 79.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Au parc de Saint-Cloud, près de Paris, alors que la France connaît une vague de chaleur le 6 août 2022. JULIEN DE ROSA / AFP
Des feuilles mortes qui se ramassent à la pelle, des houppiers roussis… Dans certaines régions, les paysages arborent un air d’automne précoce. Nathalie Bréda, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et spécialiste du fonctionnement des arbres et des dépérissements forestiers, revient sur les causes et les conséquences de ce phénomène.
Pourquoi certains arbres perdent-ils leurs feuilles en plein été ?
Deux phénomènes, qu’il ne faut pas mélanger, se conjuguent actuellement : le changement de couleur des feuillages, avec des colorations anormales pour la saison, et la chute prématurée des feuilles. Plusieurs raisons peuvent expliquer le changement de couleur et certaines n’ont rien à voir avec la chaleur et la sécheresse. Pour les marronniers présents en ville par exemple, le fait qu’ils deviennent roux très tôt n’est pas lié au climat, mais à un insecte : une chenille appelée la « mineuse du marronnier » se développe à l’intérieur des feuilles et crée des galeries, qui font que ces feuilles se dessèchent. Ce phénomène visible, fréquent depuis plusieurs années, peut inquiéter les riverains.
Il vous reste 79.92% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Les filles se sont maquillées, les garçons ont enfilé leur plus beau tee-shirt, la fête peut commencer. La musique est si forte qu’elle fait presque vibrer les murs blancs de Bayti – « ma maison » en arabe –, un foyer situé à l’est de Casablanca qui héberge des enfants marocains en difficulté ou en rupture familiale et de très jeunes migrants. Un vendredi après-midi de juillet, ils s’amusent avec leurs éducateurs. La fin d’année scolaire et les bons bulletins méritent bien une danse, même sur du Patrick Sébastien.
Sur les 45 résidants du centre, cinq sont originaires d’Afrique de l’Ouest. Cinq enfants restés au bord des routes migratoires, là où plus personne ne les attend : Maymouna au caractère bien trempé, le souriant Fatim, l’immense Amy et ses rires interminables, Aboullah, le plus réservé, et enfin Aboubakar, sérieux et révolté. Ils sont Ivoiriens ou Sénégalais, de 11 à 19 ans, installés depuis cinq ou six ans dans ce foyer où ils apprennent à devenir des adolescents (presque) comme les autres.
Dans le bâtiment sécurisé, ils ont un cadre, un suivi médical et psychologique. Comme n’importe quel enfant, ils sont scolarisés à l’école publique et suivent le cursus en darija, l’arabe dialectal. Le wolof du Sénégal, Aboullah l’a oublié ; le dioula de Côte d’Ivoire, Maymouna, Fatim, Amy et Aboubakar ne s’en souviennent plus. « C’est ça la migration pour les enfants, c’est l’effacement de notre identité, soupire Aboubakar, 19 ans, qui a quitté Abidjan le 1er janvier 2019. Je ne me suis pas construit comme un Ivoirien, je n’ai pas appris les coutumes de mon pays. Je suis un étranger pour mes propres frères. »
Des parcours similaires
Il vous reste 77.2% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le président Emmanuel Macron à Bormes-les-Mimosas (Var), le 17 août 2025. MIGUEL MEDINA / AFP
Emmanuel Macron juge que François Bayrou « a les capacités » pour tenir le gouvernement jusqu’à la fin de son mandat et répète qu’il ne veut pas de nouvelle dissolution, estimant que c’est « aux responsables politiques de savoir travailler ensemble ».
François Bayrou « est mon ami… mon compagnon de route. Il a les capacités pour tenir ce gouvernement qui n’est pas habituel », plaide, mardi 19 août, dans Paris Match le président qui « espère » que le premier ministre pourra rester jusqu’en 2027. Il défend le plan d’économies budgétaires « lucide et courageux » du chef du gouvernement, « que nous avons longuement préparé ensemble ».
Ce plan prévoit le gel de la plupart des dépenses de l’Etat en 2026 au niveau de 2025, une « année blanche » gelant le barème des impôts, des prestations sociales et des retraites ou encore la suppression de deux jours fériés.
Face au risque d’une censure du gouvernement par le Rassemblement national et la gauche sur le budget à l’automne, le chef de l’Etat avertit que « les responsables politiques doivent vraiment faire attention à ce qu’ils feront ». « Dans le contexte international, le pays a vraiment besoin de stabilité. Donc pas de coups politiques. Et du courage pour prendre les décisions fortes », juge-t-il.
Il répète qu’il ne veut pas de nouvelle dissolution. « On a un Parlement qui reflète les fractures du pays. C’est aux responsables politiques de savoir travailler ensemble. Regardez ce qui se passe en Allemagne. C’est ainsi que s’organise la coalition du chancelier Merz », argumente-t-il.
Le Monde avec AFP
L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
Des supporteurs de l’équipe de Saint-Etienne, lors d’un match contre Toulouse, au stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne (Loire), le 17 mai 2025. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP
La saison 2025-2026 de l’AS Saint-Etienne (ASSE) a commencé par deux bonnes nouvelles pour les fans du club de football stéphanois : une victoire 4-0 contre Rodez, samedi 16 août, pour la première rencontre à domicile, dans le championnat de Ligue 2, et, surtout, l’entrée annoncée des supporteurs au capital de la formation. Son conseil d’administration a validé, mardi 12 août, la cession à l’association Socios Verts des parts détenues par l’un des 65 actionnaires minoritaires de la Société anonyme sportive professionnelle AS Saint-Etienne (l’une des trois sociétés qui composent la holding Groupe ASSE détenue, depuis juin 2024, par la société canadienne Kilmer).
« Cet actionnaire, qui veut pour l’instant rester anonyme, nous a contactés en mars pour nous proposer d’acheter ses parts, explique Jeremy Chatonnier, président des Socios Verts. C’est une excellente nouvelle pour nous. Il nous reste à réunir les 150 000 euros nécessaires à l’achat des actions. » Et pour cela, le groupe dispose légalement d’un mois à compter de la décision de cession, soit jusqu’au vendredi 12 septembre.
Dès lundi 18 août, l’association a lancé une campagne de financement, avec une participation minimale de 19,33 euros. Les supporteurs ont immédiatement répondu présent sur les réseaux sociaux : « Contribution effectuée : dix parts. Allez les Verts ! », « Fait, dans un premier temps pour ma mère et pour moi, les autres viendront plus tard »… « Notre but est, non seulement de réunir cette somme, mais aussi d’avoir le plus grand nombre possible de participants, déclare Jeremy Chatonnier. Il s’agit d’une démarche d’actionnariat populaire, dans un club dont le public est populaire. »
Dès sa création, en 2021, Socios Verts a lancé une campagne d’appel à participation virtuelle pour faire connaître son projet et démontrer sa viabilité. En quatre ans, les promesses d’achat de parts ont dépassé 500 000 euros. En outre, le collectif peut compter sur un parrain de choix, qui s’est engagé à ses côtés, en septembre 2024 : Michel Platini, l’une des légendes du club et du football français.
« Une vision à long terme »
Concrètement, cette entrée au capital va permettre au représentant de l’association de participer à l’assemblée générale des actionnaires de l’ASSE et d’avoir accès à des informations stratégiques. Mais elle a aussi un autre but. « Nous nous battons pour diffuser la culture des socios en France, observe Jeremy Chatonnier, qui est également président de la Fédération des socios de France. Le modèle économique du foot est en pleine crise et nous croyons qu’en donnant plus de place aux supporteurs dans l’économie des clubs, cela peut aider à les renforcer. »
Si ladite culture est encore peu présente en France, avec seulement huit associations (à Sochaux, Guingamp, Rouen, Bastia, Nancy, Metz, Nîmes et Bordeaux), elle est très ancrée dans d’autres pays. En Espagne, les supporteurs sont propriétaires actionnaires à titre individuel du FC Barcelone et du Real Madrid, par exemple, dont ils choisissent le président : les premiers sont environ 150 000 et les seconds 90 000. En Allemagne, depuis 1998, pour limiter l’influence de groupes privés, la règle du 50 + 1 impose aux formations de Bundesliga de laisser la voix majoritaire à l’association historique du club, à laquelle les fans peuvent adhérer. Le Bayern Munich compte ainsi près de 350 000 socios.
Avocat spécialisé dans le football au sein du cabinet Bignon Lebray, Paul Camille juge cette influence positive. « L’investissement par les supporteurs constitue une alternative crédible au foot business, car ils ont une vision à long terme et sont moins tournés vers le profit, estime-t-il. Cela apporte une stabilité capitalistique. »
Avec 150 000 euros d’actions, le poids financier des Socios Verts reste toutefois marginal au regard du capital, qui vient d’être augmenté de plus de 30 millions d’euros par l’actionnaire principal. Dans l’entourage de la direction du club, on précise au Monde que le groupe Kilmer, bien qu’il se réjouisse de l’engagement des supporteurs – qu’ils deviennent actionnaires ou non –, n’a pas l’intention de céder des parts aux Socios.
« L’investissement des socios a plus d’avenir dans les clubs de moindre envergure, en Ligue 2 ou en Nationale, remarque Paul Camille. Les propriétaires privés ont la mainmise sur les grandes formations, et il n’est pas forcément stratégique pour eux de voir leur participation diluée par des supporteurs, car cela risquerait d’engendrer des situations de blocage. » Il reste que les Socios Verts ont, eux, un rendez-vous décisif le vendredi 12 septembre avec l’histoire légendaire de leur club.
Le Français Arthur Fils lors de son match contre le Tchèque Jiri Lehecka, lors du tournoi de tennis de Toronto, au Canada, le 1ᵉʳ août 2025. DAN HAMILTON / IMAGN IMAGES VIA REUTERS CONNECT
Il avait dû quitter prématurément Roland-Garros, avant son troisième tour, à cause d’une fracture de fatigue au dos, le 30 mai. Puis, il avait dû faire l’impasse sur Wimbledon (du 30 juin au 13 juillet). Arthur Fils ne disputera pas non plus l’US Open. Sur son compte Instagram, le tennisman français de 21 ans a expliqué, mardi 19 août, avoir ressenti une « alerte » physique lors du tournoi de Toronto (Canada), où il s’est incliné au troisième tour, le 1er août.
Le numéro 20 mondial au classement ATP n’avait pas pu enchaîner avec Cincinnati (Ohio), du 7 au 18 août, et Winston Salem (Caroline du Nord), du 17 au 23 août, prévus à son programme en préparation de Flushing Meadows.
Cette « alerte » l’a conduit, ajoute-t-il « à prendre la décision difficile, mais raisonnable de renoncer » au dernier tournoi du Grand Chelem de l’année (du 24 août au 7 septembre). « Cette décision a été prise pour permettre une récupération complète, écrit Arthur Fils. Je travaille dur chaque jour avec mon équipe pour revenir en pleine forme et être prêt pour cette fin de saison. »
En janvier, le Parisien avait déjà été contraint à l’abandon au troisième tour de l’Open d’Australie en raison d’une blessure. Arthur Fils n’a pas été appelé en sélection pour affronter la Croatie en Coupe Davis, le 12 et 13 septembre, mais le capitaine français Paul-Henri Mathieu a encore la possibilité d’ajouter un cinquième et dernier joueur dans son groupe.