Olivia Dean lors des Brit Awards, à Manchester, le 28 février 2026. ISABEL INFANTES/REUTERS
La chanteuse et compositrice britannique Olivia Dean a triomphé, samedi 28 février, aux Brit Awards, remportant quatre prix lors de la plus grande cérémonie musicale annuelle du Royaume-Uni.
Après avoir dominé les charts nationaux et internationaux avec son tube Man I Need et son album The Art of Loving, la jeune femme de 26 ans a régné en maître lors de la cérémonie de remise des prix à Manchester.
Quelques semaines après avoir remporté le Grammy de la révélation de l’année, elle a décroché le Brit Award le plus convoité de la soirée, celui de l’album de l’année, devançant le chanteur indie Sam Fender, les rockeurs Wolf Alice, la pop star Lily Allen et le rappeur Dave.
Olivia Dean a également remporté les prix du meilleur artiste, du meilleur groupe pop et, aux côtés de Fender, celui de la chanson de l’année pour leur single Rein Me In, devançant des stars britanniques telles que Raye, Lola Young et Calvin Harris.
« Merci beaucoup d’avoir cru en moi alors que parfois je ne croyais pas vraiment en moi-même, a affirmé Dean, émue, en recevant le prix du meilleur album. Cet album parle simplement d’amour et d’amour réciproque dans un monde qui semble actuellement dépourvu d’amour. »
Lola Young, prix de la meilleure révélation
L’étoile montante Lola Young n’est pas repartie les mains vides, remportant le prix de la meilleure révélation, tandis que Wolf Alice a décroché celui du groupe de l’année.
La chanteuse espagnole Rosalia, qui a remporté le prix de la meilleure artiste internationale, a livré une performance électrisante en compagnie de Björk. La chanteuse et compositrice islandaise est sortie d’un ensemble de danseurs chorégraphiés pour interpréter leur tube Berghain.
La K-pop star Rose, membre du groupe Blackpink, et Bruno Mars ont remporté le prix de la chanson internationale de l’année pour leur tube viral APT, tandis que le groupe de rock de Brooklyn Geese a remporté le prix du meilleur groupe international.
Mort de Khamenei : le Hezbollah promet de « faire face à l’agression » des Etats-Unis et d’Israël, le Hamas condamne un « crime abominable »
Le groupe chiite libanais Hezbollah a appelé samedi « les Etats et les peuples de la région » à s’opposer à l’« agression » contre l’Iran, sans préciser s’il comptait intervenir. Dimanche, dans un communiqué, Naïm Qassem, le chef de la formation libanaise pro-iranienne annonce : « Nous accomplirons notre devoir en faisant face à l’agression », ajoutant : « Quels que soient les sacrifices, nous ne quitterons pas (…) le terrain de la résistance. » Le Hezbollah n’est pas intervenu depuis le début, samedi, de la vaste attaque des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran.
De son côté, le Hamas a condamné, dimanche, comme un « crime abominable » l’attaque américano-israélienne ayant coûté la vie, la veille, à l’ayatollah Ali Khamenei, Guide suprême iranien et fervent soutien du mouvement islamiste palestinien. « Nous, au sein du Hamas, pleurons la disparition de l’ayatollah Ali Khamenei », précise un communiqué de la formation. « Les États-Unis et le gouvernement d’occupation fasciste [Israël] portent l’entière responsabilité de cette agression flagrante et de ce crime odieux contre la souveraineté de la République islamique d’Iran, ainsi que de ses graves répercussions sur la sécurité et la stabilité de la région », ajoute le texte.
Le groupe armé Jihad islamique, allié du Hamas pendant les deux ans de guerre avec Israël dans la bande de Gaza, a, lui, qualifié la mort d’Ali Khamenei de « crime de guerre » commis par les États-Unis et Israël lors d’une « attaque traîtresse et malveillante ».
Des journalistes de l’Agence France-Presse (AFP) ont entendu une explosion et des tirs dans le centre de Kaboul, dimanche 1er mars avant l’aube, le gouvernement taliban affirmant viser sur l’aviation pakistanaise.
Dimanche matin, « des tirs antiaériens visent l’aviation pakistanaise à Kaboul. Les habitants ne doivent pas s’alarmer », a écrit le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid sur X.
Le Pakistan a reconnu vendredi avoir bombardé de grandes villes afghanes, notamment la capitale et Kandahar, où réside le chef suprême des talibans afghans, Hibatullah Akhundzada.
L’Afghanistan a accusé le Pakistan d’avoir fait des victimes civiles dans la région rurale de Kandahar. Là, des ouvriers du bâtiment ont raconté avoir été visés par deux frappes aériennes, qui ont fait trois morts selon le chef du chantier. « Tout est devenu sombre devant nous », a dit Enamullah, 20 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom de famille. « Je suis venu de Kaboul juste pour gagner mon pain », a-t-il ajouté.
D’après les autorités afghanes, leur offensive de jeudi à la frontière constituait une réponse à des frappes aériennes antérieures du Pakistan, qui avaient tué des civils. Islamabad avait affirmé viser des combattants.
Outre les victimes rapportées par l’Afghanistan à Kandahar, 30 civils sont morts depuis jeudi dans les provinces de Khost, Kunar et Paktika, dans l’est du pays, selon Hamdullah Fitrat, porte-parole adjoint du gouvernement taliban.
Les bilans des deux parties sont difficiles à vérifier de source indépendante.
« Guerre ouverte »
Samedi, sur la route entre Kaboul et la frontière, un journaliste de l’AFP à Jalalabad a entendu un avion de chasse et deux explosions. Les forces afghanes ont affirmé avoir abattu un avion de chasse pakistanais et capturé son pilote, ce qu’Islamabad a formellement démenti.
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Le même jour, des habitants de Paktika ont fait état de combats en cours auprès de l’AFP. A Khost, des habitants ont fui leurs maisons proches de la frontière.
« Les bombardements ont commencé, et les enfants, les femmes, tout le monde est parti », a dit Mohammad Rasool, 63 ans, qui s’est réfugié dans une zone voisine. « Il y en avait qui n’avaient pas de chaussures, des femmes n’étaient pas voilées », a-t-il ajouté.
Les efforts diplomatiques, notamment de l’Arabie saoudite et du Qatar, ont échoué à faire cesser les affrontements. L’Union européenne a appelé à une « désescalade immédiate » entre les deux voisins. Les Etats-Unis ont dit soutenir le Pakistan dans son droit « à se défendre contre les attaques des talibans ».
Le Pakistan, qui a déclaré la « guerre ouverte » aux autorités afghanes, les accuse d’abriter des militants armés qui lancent des attaques sur son territoire, ce que Kaboul dément.
Islamabad se défendra « en toutes circonstances », a réaffirmé samedi le ministre pakistanais de l’information, Attaullah Tarar, indiquant que 37 lieux avaient été la cible d’attaques en Afghanistan depuis le début des opérations.
Kaboul a, pour sa part, dit vendredi vouloir « le dialogue » pour résoudre le conflit. Son ministère de la défense a aussi dit avoir effectué des frappes aériennes en territoire pakistanais ces derniers jours – certainement au moyen de drones, selon des observateurs.
Le gouvernement taliban affirme que ses forces ont tué plus de 80 soldats pakistanais et en ont capturé 27. Kaboul a reconnu la mort de 13 membres des forces afghanes.
De son côté, Islamabad a affirmé que 12 soldats pakistanais avaient été tués.
Pablo Longoria, à Marseille, le 19 juillet 2024. CLEMENT MAHOUDEAU/AFP
Il a tenu cinq ans à la tête de l’Olympique de Marseille (OM), presque une éternité à l’échelle d’un club de football en perpétuelle effervescence. Pablo Longoria a été remplacé en tant que « président du directoire » du club phocéen par Alban Juster, a annoncé l’OM, dans un communiqué publié samedi 28 février.
« Présent au sein de l’Olympique de Marseille depuis huit ans, Alban Juster exerçait jusqu’à présent les fonctions de directeur général finance et compliance au sein du club », précise l’OM dans son communiqué. Alban Juster est âgé de 36 ans.
Même si aucune information officielle ne fait état d’une démission du dirigeant espagnol de 39 ans, son départ prochain, voire imminent, ne fait guère de doute depuis la réorganisation annoncée il y a une dizaine de jours par le propriétaire américain du club, Frank McCourt.
Des relations dégradées avec Medhi Benatia
Le directeur du football, Medhi Benatia, qui avait présenté sa démission quelques jours plus tôt, avait ainsi accepté de rester en poste jusqu’au mois de juin pour « piloter l’ensemble des activités sportives ». Cette décision s’accompagnait d’une mise en retrait de Longoria dont les relations avec Benatia, longtemps très étroites, s’étaient très nettement dégradées depuis l’automne.
Selon le communiqué de Frank McCourt, le rôle de Longoria – nommé président le 26 février 2021 – devait « évoluer vers ses responsabilités institutionnelles, afin de maintenir la représentation de l’OM au sein des instances françaises et européennes », une mise en retrait difficilement acceptable pour le dirigeant.
Nommé samedi soir, Alban Juster, peu connu du grand public, est de son côté considéré comme « un homme de confiance » du conseil de surveillance de l’OM, selon une source au sein du club. Il avait notamment assuré l’intérim de Longoria au sein des instances quand celui-ci était suspendu la saison dernière après un spectaculaire coup de sang contre l’arbitrage français.
Arrivé à l’OM en 2017, il a notamment été en charge du contrôle de gestion, avant d’être directeur des opérations financières ou directeur administratif RH et financier.
« Une phase de transition »
A propos de la désignation d’Alban Juster, l’OM explique qu’elle « s’inscrit dans le cadre d’une organisation intérimaire, le temps d’engager les démarches nécessaires à la recherche et la désignation d’un nouveau président du directoire ». Des recherches sont également en cours pour le poste de directeur sportif, Benatia ne devant pas rester au-delà du mois de juin.
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« Le directoire du club est désormais composé d’Alban Juster, Alessandro Antonello et Benjamin Arnaud, ce dernier ayant été nommé en qualité de membre du directoire », a aussi expliqué l’OM. Alessandro Antonello est le directeur général du club. Benjamin Arnaud est lui secrétaire général.
« On est dans une phase de transition institutionnelle, organisée et maîtrisée », a assuré au Journal du dimanche Shéhérazade Semsar de Boisséson, vice-présidente du conseil de surveillance de l’OM. « Dans un premier temps, la priorité est d’assurer la stabilité du club au niveau sportif », a-t-elle ajouté.
Car la crise que traverse l’OM n’est pas que de gouvernance. Après une série de mauvais résultats, qui ont précipité le départ de l’entraîneur italien Roberto De Zerbi, l’OM, piteusement éliminé de la Ligue des champions, n’est plus que 4e du championnat de France.
Et dimanche, avec leur nouveau coach Habib Beye sur le banc, les Marseillais reçoivent Lyon, qui les devance de cinq longueurs et qui occupe la 3e place, directement qualificative pour la Ligue des champions.
La boulangerie Machenka, de Denis Maksimov, en banlieue de Moscou, le 18 février 2026. ALEXANDER ZEMLIANICHENKO/AP
Bon père de famille et populaire boulanger dans une banlieue lointaine de Moscou, Denis Maksimov est devenu le visage du malaise qui, après quatre ans de guerre avec l’Ukraine, gagne l’économie russe. Depuis deux mois, le hashtag #JeSuisMachenka s’est emparé des réseaux sociaux. Il reprend le nom de la boulangerie de M. Maksimov. Croulant sous les nouveaux impôts et les intransigeances administratives, souffrant de la hausse des prix et des taux d’intérêt élevés, il était sur le point de faire faillite.
Des milliers d’entrepreneurs se sont reconnus dans les problèmes de cet entrepreneur de 48 ans, visage rond et barbe grisonnante, lorsqu’il a pu interpeller le président Vladimir Poutine, le 19 décembre 2025. Ce jour-là, lors de sa « ligne directe » et conférence de presse de fin d’année, long monologue avec journalistes et citoyens triés sur le volet, le chef du Kremlin a semblé découvrir que le petit commerce peinait sous les charges fiscales.
Pour résorber la hausse du déficit budgétaire, qui devrait dépasser les 3,5 % à 4,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, le gouvernement est en effet contraint de prendre des mesures. Il doit financer un budget de la défense qui, en hausse de 30 % sur 2025-2027, engloutit 40 % des dépenses. En revanche, les revenus des hydrocarbures, qui composent l’habituel poumon économique du pays, s’effondrent à cause de la baisse des cours mondiaux et des effets des sanctions obligeant à vendre avec une décote. Le gouvernement cherche donc d’autres sources de revenus.
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Une image satellite montre un nouveau toit recouvrant un bâtiment précédemment détruit (au centre), sur le site nucléaire de Natanz (Iran), le 30 janvier 2026. PLANET LABS PBC VIA REUTERS
Les négociateurs iraniens sont arrivés, mercredi 25 au soir à Genève (Suisse), affichant leur optimisme à la veille de nouveaux pourparlers avec les Etats-Unis, sous médiation omanaise, malgré les propos de Donald Trump sur leurs « sinistres ambitions nucléaires ». Le président Massoud Pezeshkian parle de « perspective favorable », disant espérer sortir de « cette situation “ni guerre ni paix” ».
Le chef de la diplomatie, Abbas Araghtchi, qui conduit la délégation iranienne, devait rencontrer, dans la soirée, son homologue omanais, Badr Al-Boussaïdi, « et lui exposer la position de l’Iran sur la levée des sanctions et le dossier nucléaire ».
Téhéran a rejeté en bloc les allégations du président américain, mardi, dans son discours sur l’état de l’Union devant le Congrès. Donald Trump a affirmé que l’Iran avait « déjà développé des missiles qui peuvent menacer l’Europe et nos bases » militaires et travaillait à concevoir des missiles « qui pourront atteindre bientôt les Etats-Unis ». « Ils (…) poursuivent à l’heure actuelle leurs sinistres ambitions nucléaires », a ajouté le président américain, qui tente d’arracher un accord garantissant notamment que l’Iran ne se dote pas de l’arme atomique.
« Tout ce qu’ils avancent au sujet du programme nucléaire iranien, des missiles balistiques de l’Iran et du nombre de victimes lors des troubles de janvier n’est rien d’autre que la répétition de gros mensonges », a déclaré, mercredi, sur X le porte-parole du ministère des affaires étrangères iranien, Esmaeil Baghaei.
D’après un rapport parlementaire américain daté de 2025, l’arsenal iranien peut atteindre des cibles allant jusqu’à 3 000 kilomètres, soit loin du territoire des Etats-Unis. Téhéran affirme, de son côté, avoir limité la portée de ses missiles à 2 000 km. Le régime dispose d’un large arsenal d’engins conçus localement, notamment des Shahab-3, qui peuvent atteindre Israël, son ennemi juré, et quelques pays d’Europe orientale. L’Iran se défend d’ambitions nucléaires militaires, mais insiste sur son droit au nucléaire civil, en vertu du traité de non-prolifération dont il est signataire.
Un accord « à portée de main », à condition de diplomatie
« Ma préférence va à une résolution de ce problème par la diplomatie, mais une chose est sûre : je ne permettrai jamais au principal soutien mondial du terrorisme (…) de se doter d’une arme nucléaire », a également déclaré, mardi, Donald Trump. « Ils veulent conclure un accord, mais nous n’avons pas encore entendu ces mots-clés : “Nous n’aurons jamais l’arme nucléaire” », a-t-il insisté. Les Etats-Unis, qui ont multiplié les menaces d’attaque en cas d’échec de la diplomatie, ont déployé un dispositif militaire massif dans la région du Golfe.
Abbas Araghtchi a affirmé que son pays était « déterminé à parvenir à un accord juste et équitable – dans les plus brefs délais ». Il a fait état d’une « opportunité historique de conclure un accord sans précédent qui prenne en compte » les intérêts mutuels. « Un accord est à portée de main, mais seulement si la diplomatie est privilégiée », a-t-il ajouté.
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« Le succès de ces négociations dépend du sérieux de l’autre partie et de sa capacité à éviter les comportements et les positions contradictoires », a ajouté M. Araghtchi dans un communiqué tôt jeudi.
« Il est important de rappeler que l’Iran refuse de nous parler des missiles balistiques ou d’en parler à qui que ce soit, et c’est un gros problème », a déclaré, de son côté, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, lors d’une conférence de presse, mercredi, en marge d’une réunion de la Communauté caribéenne (Caricom) dans l’archipel de Saint-Christophe-et-Niévès.
« Après la destruction de leur programme nucléaire, on leur a demandé de ne pas tenter de le relancer, mais voilà où ils en sont aujourd’hui. On les voit constamment essayer d’en reconstruire certains éléments. Ils ne procèdent pas à l’enrichissement pour l’instant, mais ils tentent d’atteindre le stade où ils pourront finalement le faire », a-t-il argué.
« Le président [Trump] souhaite des solutions diplomatiques. Il les préfère, il les préfère largement. Je ne qualifierais donc pas la journée de demain autrement que comme une série de discussions, qui, je l’espère, seront productives, mais au final, vous savez, nous devrons discuter d’autres sujets que le seul programme nucléaire », a ajouté Marco Rubio.
Les Etats-Unis sont représentés par l’émissaire Steve Witkoff et le gendre du président américain, Jared Kushner, qui en parallèle doivent mener des pourparlers avec l’Ukraine, également à Genève, jeudi.
« Droit de manifester »
L’Iran et les Etats-Unis, qui ont renoué le dialogue le 6 février à Mascate (Oman), avaient tenu cinq sessions de pourparlers nucléaires l’an dernier, stoppés net par la « guerre de douze jours » déclenchée en juin par une attaque israélienne, durant laquelle Washington avait bombardé des sites nucléaires iraniens.
Dans son discours de mardi, Donald Trump a accusé le pouvoir iranien d’avoir tué 32 000 personnes dans la répression, au début de janvier, d’une vague inédite de contestation. L’organisation Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, a, elle, recensé plus de 7 000 morts, des manifestants pour la plupart, précisant que le bilan réel est probablement plus élevé.
En Iran, des étudiants ont recommencé à protester après la reprise des cours samedi à Téhéran. Le gouvernement leur a reconnu « le droit de manifester » mais les a avertis de ne pas franchir des « lignes rouges ».
Un char de l’armée érythréenne abandonné au sud-ouest de Makalé, dans la région du Tigré (Ethiopie), le 20 juin 2021. YASUYOSHI CHIBA / AFP
Trois ans après un conflit qui a fait près de 600 000 victimes au Tigré, dans le nord de l’Ethiopie, la région rebelle, le gouvernement d’Addis-Abeba et l’Erythrée sont à nouveau au bord de la guerre. En janvier, des drones de l’armée fédérale éthiopienne ont visé des positions des forces tigréennes. Depuis, Addis-Abeba a mobilisé troupes et artillerie aux abords de la province. Les liaisons aériennes vers le Tigré ont été temporairement suspendues en début d’année et plusieurs journalistes de médias internationaux ont été arrêtés et empêchés de se rendre sur place.
Début février, Addis-Abeba a également sommé l’Erythrée de « retirer immédiatement ses troupes du territoire éthiopien et de cesser toute forme de collaboration avec les groupes rebelles ». Asmara, qui avait combattu aux côtés de l’armée fédérale éthiopienne pendant la guerre au Tigré, de 2020 à 2022, s’est en effet rapproché récemment des insurgés tigréens, au prix d’un spectaculaire revirement d’alliance.
Une rivalité historique qui se cristallise autour du Tigré
La relation entre Addis-Abeba et Asmara n’a cessé d’osciller depuis la fin de la seconde guerre mondiale, entre rivalité froide et guerre ouverte. En 1960, après la période de la colonisation italienne, l’Erythrée a été annexée par l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier. Une mainmise qui s’est durcie sous le pouvoir du Derg, la junte éthiopienne dirigée par Mengistu Hailé Mariam, surnommé le « Négus rouge », qui a renversé le souverain en 1974.
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Peur à Port-au-Prince, le 26 février 2025. PATRICE NOËL/ZUMA-REA
« Bréviaire des anonymes », de Lyonel Trouillot, Actes Sud, 180 p., 19 €, numérique 14 €.
Une ville de l’« extrême-pointe de la presqu’île » que presque tout le monde a désertée ; une capitale en proie à la violence factieuse et de laquelle il est complexe de s’extraire sans danger ; un politicien qui s’enrichit aux dépens de ses administrés ; une secte évangélique qui devient enragée… Difficile de ne pas reconnaître Haïti dans ce livre, où pourtant aucun lieu n’est nommé. Bréviaire des anonymes, le quinzième roman de Lyonel Trouillot, cherche moins à dépeindre le réel d’un pays que le monde entier regarde de très loin et avec effroi qu’à faire se lever des figures insurrectionnelles, dont les voix font entendre la révolte contre les inégalités et l’exclusion. Elles pourraient être de toutes les époques et de tous les pays.
Un jeune fonctionnaire chargé de faire l’inventaire d’une bibliothèque léguée à l’Etat écrit une longue lettre à son oncle, le politicien haut placé qui l’a pistonné. Peu à peu, son style policé de bon élève, éduqué aux normes de la grammaire française et aux bonnes manières, se trouve rongé de l’intérieur par des voix jusqu’alors étouffées. Assailli par des maux de tête de plus en plus douloureux, hanté par ces fantômes qui lui arrivent de partout, le jeune homme n’a plus le choix que de les laisser s’exprimer. Délaissant « les grosses pointures qui se prélassent dans les livres », il accueille les perdants, ceux qui n’ont jamais eu droit à la moindre ligne, « une multitude de petits testaments ». Le roman enfle jusqu’à devenir choral, jusqu’à décrire un véritable soulèvement capable de renverser l’ordre ancien, jusqu’à être soulèvement lui-même en laissant toutes les voix parler en même temps.
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Louis Boyard, député du Val-de-Marne, Arnaud Le Gall, député du Val-d’Oise, Clémence Guetté, vice-présidente de l’Assemblée nationale, Manuel Bompard, député des Bouches-du-Rhône, Paul Vannier, député du Val-d’Oise, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise, et Bastien Lachaud, député de la Seine-Saint-Denis, lors d’une conférence de presse au siège du parti, à Paris, le 6 octobre 2025. THIBAUD MORITZ / AFP
Le Conseil d’Etat examinait, mercredi 25 février, le recours de La France insoumise (LFI) contre la décision du ministère de l’intérieur de classer le mouvement populiste à l’extrême gauche pour les élections municipales. « C’est pour le moins paradoxal de voir un parti critiquer régulièrement l’office du juge et, en même temps, de quémander son soutien face à une supposée manœuvre politicienne », ironisait l’ancien ministre de la justice Jean-Jacques Urvoas avant l’audience.
Une audience attendue où le rapporteur public a finalement préconisé le rejet de la requête du mouvement fondé par Jean-Luc Mélenchon. Le magistrat indépendant a aussi demandé le rejet du recours de l’Union des droites pour la République (UDR) contre la décision de la Place Beauvau de classer à l’extrême droite le parti d’Eric Ciotti, allié au Rassemblement national. Les décisions du Conseil d’Etat sont attendues rapidement au vu de la proximité du scrutin municipal. Il n’est pas pour autant tenu de suivre les conclusions du rapporteur.
L’établissement de la grille des nuances politiques relève d’un pouvoir propre au ministère de l’intérieur pour « disposer de résultats électoraux faisant apparaître les tendances politiques » et « les présenter de manière lisible et sincère », a rappelé le magistrat durant l’audience. Aussi, les blocs de clivage auxquels une formation politique est rattachée « sont susceptibles de varier au cours du temps et peuvent être remis en cause », a-t-il abondé. Et ce, compte tenu notamment des alliances électorales des partis.
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Arnaud Deslandes, maire par intérim et candidat socialiste à la mairie de Lille, le 20 février 2026. BAZIZ CHIBANE/VOIX DU NORD/MAXPPP
Il voulait l’éviter, mais, à Lille, la guerre des gauches aura bien lieu. Arnaud Deslandes, le successeur socialiste depuis avril 2025 de Martine Aubry a, un temps, caressé l’espoir d’une union avec les écologistes, voire avec les « insoumis ». Elu maire de Lille à la suite de la démission de celle qui a tenu le beffroi pendant vingt-quatre ans, Arnaud Deslandes a rapidement été confronté à la réalité locale : Stéphane Baly, le chef de file des écologistes, veut prendre sa revanche – battu de 227 voix seulement en 2020, il a toujours refusé d’entendre parler d’une liste commune au premier tour.
Cet enseignant-chercheur a pour lui d’avoir été investi très tôt pour repartir au combat. Dès novembre 2024, il s’est posé en candidat et a ratissé un terrain lillois qu’il connaît déjà bien. Alors que les écologistes siégeaient aux côtés de l’équipe Aubry lors du mandat 2014-2020, les tensions se sont accumulées et cristallisées autour du projet d’aménagement de la friche Saint-Sauveur, ancienne gare SNCF en bordure du cœur de ville où Martine Aubry voulait créer un nouveau quartier. Les écologistes ont dénoncé une « bétonisation » et défendu l’idée d’un grand parc urbain, qui scellera la rupture. L’union chère à Pierre Mauroy, le maire socialiste de 1973 à 2001, qui avait toujours prévalu jusque-là, n’est plus une valeur cardinale à Lille depuis 2020.
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