Les Européens s’inquiétaient du risque de désengagement des Etats-Unis et du retour de la tradition isolationniste américaine ? Qu’ils se rassurent. La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine (NSS), publiée le 5 décembre, considère on ne peut plus explicitement que l’Europe est « stratégiquement et culturellement vitale pour les Etats-Unis ». Le prix à payer pour cet intérêt renouvelé est de devenir l’une des terres d’exportation des guerres culturelles américaines, avec pour corollaire des ingérences grandissantes.
Pensée par le courant le plus idéologique du trumpisme, incarné par le vice-président, J. D. Vance, la NSS se donne pour objectif de rendre à l’Europe sa grandeur en brossant un tableau sombre de sa faillite « civilisationnelle ». Celle-ci serait d’ordre démographique, politique, culturel et géopolitique, et résulterait de la négation par l’Europe de sa propre identité et de la soumission de l’Union européenne à des entités supranationales.
Le rapport de la NSS convoque autant le thème complotiste du « grand remplacement » que celui de la censure qu’exerceraient les défenseurs du « wokisme ». Ces termes rappellent ceux que la Russie brandit depuis longtemps déjà. Moscou se présente en effet comme l’authentique Europe, celle de Byzance, non pervertie par le libéralisme des « Anglo-Saxons », celle qui a gardé le souvenir de ses racines chrétiennes et qui chérit la mémoire de l’ancienne Europe. Le Kremlin se pense comme le dernier bastion – le katéchon, littéralement « celui qui retient » dans le langage biblique –avant l’arrivée de l’Antéchrist, le rempart face au chaos libéral, porteur de la promesse d’un salut qui verrait l’Europe renaître de ses cendres.
Au-delà des analogies discursives, il serait erroné de réduire la NSS à une simple transposition du discours russe aux ambitions trumpiennes. L’argument mobilisé par la NSS d’une défense de la civilisation occidentale a sa propre généalogie nationale, qui ne doit rien à la Russie et puise dans des traditions purement américaines. Parmi elles, l’anticommunisme judéo-chrétien de la guerre froide, la réaction post-années 1960 contre la sécularisation et le multiculturalisme, le thème du « choc des civilisations » centré sur l’islamisme après le 11-Septembre et la conception racialisée d’un Occident menacé.
Il vous reste 67.91% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Des pompiers devant l’usine Elkem Silicones, où a lieu l’explosion, à Saint-Fons (Rhône), le 22 décembre 2025. MANON BILLING/AFP
Un deuxième salarié, un homme de 55 ans, blessé lundi lors de l’explosion dans l’usine chimique Elkem Silicones à Saint-Fons, près de Lyon, est mort, a annoncé la préfecture, vendredi 26 décembre. La première victime, un homme de 47 ans, avait succombé mardi. Deux autres personnes ont été gravement blessées.
Le salarié mort vendredi après-midi était hospitalisé pour de graves brûlures, a dit à l’Agence France-Presse (AFP) Estelle Delaune, secrétaire générale CFDT Syndicat Chimie Energie.
Quatre salariés – un ingénieur chimiste, deux techniciens spécialisés et une personne du département santé environnement – avaient été grièvement blessés lundi dans l’explosion d’un atelier pilote du site dans lequel ils travaillaient.
L’origine de l’explosion dans ce site classé Seveso seuil haut, situé au cœur de la « Vallée de la chimie », au sud de Lyon, est pour l’heure encore indéterminée.
Un accident « intolérable »
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « blessures involontaires par personne morale suivies d’incapacité supérieure à trois mois ». La division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS, ex-PJ), et la direction départementale en charge de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ont été saisies pour déterminer les causes et circonstances de l’explosion. La déflagration a pu être causée par l’émanation d’hydrogène « dans un atelier expérimental », avait déclaré, lundi, Jean-Pierre Lerat, le directeur de l’usine.
Selon le porte-parole, Guillaume Artois, cet atelier était une « unité bien particulière, le laboratoire pilote, qui n’est pas connecté au reste du site ». Il avait été installé en 2021 et répondait aux exigences des « dernières normes de sécurité », avait-il assuré. Une équipe y testait une méthode de dévolatilisation d’huiles de silicone hydrogénées. « Il y avait une réaction qui se passait mal et l’équipe est intervenue. Pendant l’intervention, il y a eu une émission, probablement d’hydrogène gazeux, qui a pu déclencher l’explosion », avait-il ajouté.
Pour éteindre l’incendie qui avait suivi, une centaine de pompiers avaient été mobilisés. L’autoroute A7, les voies ferrées et fluviales sur le Rhône à proximité de l’usine avaient été coupées, et un millier de personnes autour de la zone avaient été confinées.
Il s’agit du troisième mort enregistré en près de dix ans sur le site Elkem de Saint-Fons, après la mort en 2016 d’un homme tué dans l’incendie de fûts de silicone dans un entrepôt. Mercredi, la CGT et la CFDT, majoritaires dans l’entreprise, avaient annoncé leur intention de se porter partie civile, dénonçant un accident « intolérable ». L’usine de Saint-Fons emploie 570 personnes, selon le site Internet d’Elkem.
La sélection marocaine de football a été reprise par le Mali (1-1), en phase de groupes de la Coupe d’Afrique des nations à Rabat, le 26 décembre 2025. GABRIEL BOUYS / AFP
De l’espérance au désenchantement. Le Maroc, hôte de la Coupe d’Afrique des nations (CAN), a été mis en échec par la sélection de football malienne (1-1), vendredi 26 décembre, à Rabat, pour sa deuxième rencontre de la phase de groupes. Après un premier succès décroché face aux Comores (2-0) lors du match d’ouverture, les Lions de l’Atlas avaient pourtant l’occasion – en cas d’une nouvelle victoire – de se qualifier pour les huitièmes de finale et de préserver leur première place dans le groupe A.
Les Marocains y ont cru, soutenus par les 60 000 supporteurs au stade Prince Moulay-Abdellah, d’autant plus après l’ouverture de la marque de Brahim Diaz (45ᵉ + 3), sur penalty. Les Aigles du Mali, maladroits sur les phases d’attaque, avaient opté pour un plan de jeu fondé sur le physique, récoltant sept avertissements au cours du match. Mais une faute dans la surface marocaine, sifflée peu après l’heure de jeu, a relancé un scénario qui semblait déjà écrit. Grâce à un penalty, cette fois en faveur des Aigles, Lassine Sinayoko a permis au Mali de recoller au score (64ᵉ).
Cette possibilité manquée, mais pas rédhibitoire – le Maroc restant en tête de leur poule –, avait été offerte par la Zambie et les Comores, opposées plus tôt dans la soirée (0-0). Leur match nul et dénué d’occasions franches – seulement trois tirs ont été cadrés – n’a finalement servi qu’à resserrer les écarts dans le groupe A, où la qualification pour la phase éliminatoire se jouera lors de la troisième et dernière journée, lundi. Le Maroc (1ᵉʳ, 4 points) affrontera la Zambie (3ᵉ, 2 points) et le Mali (2ᵉ, 2 points) sera opposé aux Comores (4ᵉ, 1 point).
Coups et cartons jaunes
Une deuxième victoire en autant de matchs et l’Egypte tient sa qualification pour les huitièmes de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Les Pharaons l’ont emporté, vendredi 26 décembre au Grand Stade d’Agadir (Maroc), face à l’Afrique du Sud, lors du deuxième match du groupe B (1-0).
En première période, les deux équipes ont mis du temps à entrer dans leur match, se procurant peu d’occasions. Il a fallu attendre le temps additionnel pour voir la rencontre s’emballer. Mohamed Salah, victime d’un coup au visage dans la surface, a transformé le penalty accordé à l’Egypte, ouvrant la marque pour son équipe. Mais la joie a été de courte durée : à la suite d’une grosse semelle sur Teboho Mokoena, le défenseur égyptien Mohamed Hany s’est vu infliger d’un deuxième carton jaune, synonyme d’exclusion.
Au retour du vestiaire, les Bafana Bafana ont mis la pression sur la défense égyptienne, qui a pu compter sur son gardien Mohamed El-Shenawy, auteur de deux grosses parades dans le temps additionnel.
Malgré cette défaite, l’Afrique du Sud reste deuxième de son groupe derrière l’Egypte, avec trois points. Le Zimbabwe et l’Angola se sont quittés sur un match nul (1-1). Les Angolais avaient ouvert la marque avant la demi-heure de jeu mais se sont fait rejoindre avant la pause. Avec un point chacune, les deux nations devront créer l’exploit lors de la dernière journée pour se qualifier.
Un des restaurants de la chaîne Xibei, à Pékin, le 14 septembre 2025. VCG/GETTY IMAGES
Ce n’est plus la foule des grands jours aux abords du restaurant Xibei, à l’entrée d’un centre commercial huppé de Shougang, à l’ouest de Pékin. Des employés s’empressent d’offrir le thé aux rares badauds patientant à l’extérieur, par 0 °C. Gigot d’agneau grillé, nouilles aux flocons d’avoine : depuis peu, les plats signature du restaurant sont bradés… Une manière radicale, pour ne pas dire désespérée, de reconquérir une clientèle récemment abasourdie par un scandale alimentaire.
Xibei, une chaîne de 370 restaurants présents dans les grandes métropoles chinoises, surfait jusqu’ici sur un créneau très en vogue : une cuisine rustique, familiale et surtout faite maison. Dans les ascenseurs des immeubles résidentiels, ses publicités montrent une complicité souriante entre les parents et le président‑fondateur, Jia Guolong, unis par la promesse de faire grandir les enfants avec de « bons ingrédients ».
Mais, le 11 septembre, l’entrepreneur de la tech Luo Yonghao, pionnier du e‑commerce reconverti dans l’intelligence artificielle et connu pour son franc‑parler, s’en mêle. Attablé dans un établissement et persuadé que son plat a été préparé à l’avance puis réchauffé et non cuisiné sur place, il dénonce sur les réseaux ce qu’il estime être une tromperie – et le scandale éclate.
Il vous reste 66.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Trois femmes ont été légèrement blessées à l’arme blanche dans le métro parisien, vendredi 26 décembre, par un homme qui a pris la fuite avant d’être interpellé dans le Val-d’Oise, a rapporté le parquet de Paris, sollicité par Le Monde et l’Agence France-Presse (AFP). Les agressions ont eu lieu aux stations desservies par la ligne 3 Arts-et-Métiers, République et Opéra, en plein centre de la capitale, « entre 16 h 15 et 16 h 45 », a expliqué à l’AFP l’opérateur public des transports parisiens (RATP).
L’auteur présumé, âgé de 25 ans, a pu être identifié « grâce aux images de vidéosurveillance ». Il était déjà connu des services de police pour divers faits dont des atteintes aux biens, a précisé le parquet. « La mise en œuvre de la géolocalisation de son téléphone portable a permis son interpellation en fin d’après-midi dans le Val-d’Oise », a ajouté le ministère public. Une enquête, confiée aux services de la sûreté régionale des transports (SRT), a été ouverte pour tentative d’homicide volontaire et violences volontaires avec arme.
Selon la préfecture de police de Paris, le suspect a été interpellé « à 18 h 55 par le service enquêteur assisté des policiers du Val-d’Oise ».
« De nationalité malienne, en situation irrégulière sur le territoire national, cet individu, déjà connu pour destruction de biens sous l’emprise de stupéfiants, a été écroué en janvier 2024 pour vol aggravé et agression sexuelle après avoir été condamné pénalement », rapporte le ministère de l’intérieur dans un communiqué.
Libéré en juillet, « il a fait l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF) et a été placé en centre de rétention administrative », ajoute Beauvau. « L’éloignement n’ayant pu aboutir dans le délai légal des 90 jours, faute d’obtention d’un laissez-passer consulaire en l’absence de titre d’identité valide, il a été libéré avec assignation à résidence », poursuit-on, précisant qu’« il était actuellement sous mandat de recherche ».
Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, « regrette que l’éloignement du suspect n’ait pu aboutir » et assure que « la mobilisation se poursuit pour parvenir, en priorité, à éloigner des étrangers en situation irrégulière auteurs de troubles à l’ordre public ».
« Vigilance maximale » à l’approche du Nouvel An
Deux des « victimes ont été prises en charge par les secours et transportées en milieu hospitalier sans pronostic vital engagé », tandis que la troisième s’est présentée elle-même à l’hôpital, a fait savoir la préfecture de police. Le préfet de police de Paris, Patrice Faure, a précisé, sur le réseau social X, que les trois victimes « avaient été légèrement blessées ».
Un journaliste de l’AFP a vu sur un quai de la ligne 3 à la station République une femme prise en charge par une équipe de sécurité. Elle était blessée à la jambe et visiblement choquée.
Le Monde Ateliers
Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Laurent Nuñez a « félicit[é] les enquêteurs et policiers de la police régionale des transports de la préfecture de police qui ont identifié puis interpellé avec les policiers du Val-d’Oise l’auteur présumé (…), notamment grâce au réseau de caméras de vidéoprotection et à leur connaissance exceptionnelle du terrain ».
Le préfet de police de Paris a salué, de son côté, « la réactivité et la mobilisation de ses services », tout comme la présidente de la Région Ile-de-France, Valérie Pécresse, également présidente d’Ile-de-France Mobilités, le réseau de transport de la région parisienne. Des équipes de sécurité ont « été déployées en renfort pour sécuriser la ligne » 3, selon la RATP.
Le ministre de l’intérieur avait appelé, la semaine passée, les préfets et responsables de la sécurité à « une vigilance maximale » à l’approche des festivités du Nouvel An, selon un télégramme dont l’AFP a eu connaissance. En raison « du niveau très élevé de la menace terroriste » et « des risques de troubles à l’ordre public », le ministre a demandé aux responsables locaux de « renforcer les dispositifs de sécurité sur l’ensemble du territoire » en mettant en place « une présence visible et dissuasive ». Il avait notamment souhaité qu’« une attention spécifique » soit portée « aux transports en commun ».
Un homme brandit un drapeau du Somaliland devant le monument commémoratif de la guerre de Hargeisa, le 7 novembre 2024. LUIS TATO/AFP
Il ne sera peut-être plus possible de l’appeler le « pays qui n’existe pas ». Ce surnom, la République autoproclamée du Somaliland pourrait s’en défaire à la suite de la décision du premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, de reconnaître la souveraineté de cette région somalienne, vendredi 26 décembre, dans une vidéo publiée sur le réseau social X.
Cette décision marque un « jour historique » selon les mots du président somalilandais, Abdirahman Mohamed Abdullahi, dit « Irro », qui fait enfin progresser son pays vers l’espoir d’une reconnaissance internationale, un rêve qu’Hargeisa entretient depuis 1991, et ce, malgré la rare stabilité politique qui règne au sein de ce territoire grand comme la Tunisie. Le Somaliland n’était jusque-là officiellement reconnu que par Taïwan – qui, lui non plus, ne bénéficie pas du statut d’Etat souverain.
Lors de son court appel vidéo à son homologue somalilandais, Benyamin Nétanyahou a annoncé « croire en l’amitié entre les deux pays » et vouloir « étendre leur partenariat ». Le premier ministre israélien a également tenu à « remercier le Mossad [les services de renseignements israéliens] pour sa contribution à ce développement » car ce rapprochement s’avère stratégique à plusieurs égards pour l’Etat hébreu.
Il vous reste 78% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Deux personnes sont mortes, vendredi 26 décembre, dans deux avalanches dans les stations de ski de La Plagne et de Valloire, en Savoie, a-t-on appris auprès de la préfecture.
Un homme de 60 ans est mort vendredi soir après avoir été pris dans une avalanche vers midi, dans un secteur hors piste de la station de La Plagne, à environ 2 600 mètres d’altitude, selon la préfecture de Savoie. L’avalanche avait surpris six skieurs sur la face nord du sommet de Bellecôte, dans la vallée de la Tarentaise, a précisé à l’Agence France-Presse le peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de la Savoie.
A l’arrivée des secours, l’homme, en arrêt cardio-respiratoire, avait pu être ranimé, selon la préfecture. Ce guide de haute montagne, qui encadrait le groupe, est décédé à l’hôpital, d’après un communiqué de la station de La Plagne.
Parmi les six skieurs pris dans cette avalanche, une femme de 50 ans, dégagée « polytraumatisée », a également été héliportée vers le centre hospitalier de Grenoble, et deux autres personnes ont été légèrement blessées, selon le PGHM. L’opération de secours a mobilisé une quinzaine de secouristes et deux hélicoptères, selon la préfecture.
Une enquête judiciaire ouverte
Une autre avalanche s’est produite aux alentours de 16 heures dans le secteur de la commune de Valloire, au niveau de la combe de l’aiguille Noire, sous le mont Jovet, à 2 300 mètres d’altitude, a fait savoir la préfecture. Elle a emporté quatre personnes qui faisaient du ski de randonnée, dont l’une, en arrêt cardio-respiratoire, n’a pu être ranimée. Deux autres personnes ont été légèrement blessées, a ajouté la préfecture, précisant qu’une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet d’Albertville pour les deux avalanches mortelles.
Par ailleurs, dans les Hautes-Alpes, un skieur de randonnée italien de 40 ans a été grièvement blessé, vendredi matin, par une avalanche, à Montgenèvre, ont rapporté les gendarmes.
Parmi la douzaine de massifs que comptent les Alpes du Nord, seul celui de la Haute-Maurienne était classé au niveau 4 (fort) sur 5 pour le risque d’avalanches au-dessus de 2 100 mètres d’altitude, selon le dernier bulletin montagne de Météo-France. Les autres étaient classés au niveau 1 (faible) ou 2 (limité). Mais selon la préfecture de Savoie, ces derniers jours, le régime des retours d’est, très ventés, a généré de nombreuses plaques à vent très sensibles.
« Ce n’est pas parce que le risque avalanche est faible qu’il est nul. (…) On a du vent quotidiennement depuis une dizaine de jours », a souligné le PGHM de la Savoie, qui appelle le public à la prudence.
Lors des recherches sur le site du crash qui a coûté la vie au chef d’état-major libyen et à deux Français, près d’Ankara (Turquie) le 23 décembre 2025. ADEM ALTAN/AFP
Deux Français faisaient partie des membres d’équipage de l’avion qui s’est écrasé mardi soir près d’Ankara, tuant tous ses passagers, dont le chef d’état-major des armées libyennes et ses conseillers, a-t-on appris de source diplomatique française vendredi 26 décembre.
« Deux de nos ressortissants, membres de l’équipage, sont décédés dans l’accident aérien survenu le 23 décembre en Turquie », a affirmé cette source à l’Agence France-Presse, sans préciser l’identité de ces ressortissants. « Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères, par le biais de notre ambassade en Turquie et le centre de crise et de soutien, est en contact avec les familles et les accompagne dans leurs démarches », a-t-elle ajouté sans autre détail.
Outre le chef d’état-major de l’armée de Tripoli, le général Mohammed Ali Al-Haddad, quatre de ses conseillers et trois membres d’équipage se trouvaient à bord de l’appareil, un Falcon 50, qui s’est écrasé moins de quarante minutes après son décollage.
La boîte noire a été retrouvée, selon les autorités turques qui ont fait état d’une panne électrique à bord de l’avion et ouvert une enquête pour déterminer les causes de l’accident. Selon le ministre des transports turc, Abdulkadir Uraloglu, la boîte noire sera analysée dans un « pays neutre ». Les résultats de l’analyse seront partagés « avec notre nation et le monde entier avec une totale transparence », a-t-il assuré.
Le ministre de la justice turc, Yilmaz Tunç, a précisé depuis que « contact a été pris avec l’Allemagne à cet effet » d’analyse, ainsi que pour l’examen des enregistreurs vocaux de l’appareil. « Les investigations techniques et les enquêtes médico-légales sur la cause de la panne se poursuivent avec la plus grande minutie », a-t-il assuré.
Trois enquêteurs français sur place
L’avion, un Falcon 50, avait été affrété auprès de la compagnie privée Harmony Jets, basée à Malte selon son site qui précise que la maintenance de ses appareils est effectuée à Lyon, en France.
Contactée par l’AFP, Harmony Jets a refusé de préciser la nationalité du pilote et de l’équipage. « Cette tragédie ne nous a pas seulement privés de personnes qui étaient nos collègues mais aussi comme des membres de notre famille », a répondu son service communication par courriel, arguant de sa « peine très vive » pour décliner tout détail. « Nous ne sommes pas en mesure de préciser les identités ni autre détail à ce stade », ajoutait-il, affirmant faire « toute confiance aux autorités compétentes et coopérer pleinement avec elles ».
Le Monde Mémorable
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde Application
La Matinale du Monde
Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer
Télécharger l’application
Newsletter abonnés
« International »
L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine
S’inscrire
Selon Airport Haber, un site d’information turc spécialisé dans les affaires aéronautiques, outre les Français – pilotes et copilotes selon cette source qui donne les noms –, l’équipage comptait aussi une hôtesse de nationalité grecque dont un journal grec a diffusé les photos, précisant que la jeune femme avait rejoint la compagnie depuis deux mois.
En France, le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) « participe à l’enquête ouverte par la Turquie », a-t-il affirmé sur X vendredi, précisant que trois de ses enquêteurs « se rendent sur place accompagnés de conseillers techniques », comme il est d’usage en cas d’accident survenu à l’étranger à un aéronef de construction ou de conception française.
Le chef d’état-major libyen s’était rendu mardi à Ankara pour une visite officielle à l’invitation de son homologue turc. Il a aussi été reçu mardi par le ministre de la défense et le chef d’état-major turcs, à l’occasion d’une des fréquentes visites que se rendent les responsables des deux pays.
La Turquie est un allié de poids du gouvernement de Tripoli, reconnu par l’ONU, au côté duquel elle est engagée y compris militairement depuis janvier 2020, lui fournissant notamment des drones de combat et des instructeurs militaires mais également un soutien économique. La Libye, où deux exécutifs se disputent le pouvoir, peine à retrouver la stabilité depuis le renversement de Mouammar Kadhafi en 2011.
Une personne sans-abri, installée sous une ligne de métro aérienne à Paris, le 21 septembre 2025. JOEL SAGET/AFP
La Mairie de Paris a appelé vendredi 26 décembre l’Etat à déclencher « sans attendre » le plan Grand Froid, en alertant sur la situation « dramatique » de plusieurs milliers de sans-abri. La préfecture d’Ile-de-France assure, elle, être mobilisée pour « intensifier l’accompagnement » des populations vulnérables.
Le plan Grand Froid a déjà été activé par plusieurs préfectures mais pas en Ile-de-France, qui n’est pas placée en vigilance jaune « grand froid », selon le dernier bulletin de Météo-France.
« A Paris, les températures sont très froides depuis plusieurs jours et risquent de durer », souligne néanmoins dans un communiqué la Ville de Paris, qui « demande solennellement à l’Etat l’ouverture du plan Grand Froid, et de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre à l’abri les personnes les plus fragiles ».
Le plan Grand Froid permet une extension des horaires d’ouverture des accueils de jour, un renforcement des maraudes et la réquisition de lieux pour ouvrir des places d’hébergement d’urgence.
« Il y a urgence à agir » au regard des « nombreuses alertes » émanant des maraudes sur la présence de sans-abri « transis par le froid » au cours des derniers jours, selon le communiqué de la Mairie de Paris.
« Grave désengagement de l’Etat »
Sollicitée par l’Agence France-Presse (AFP), la préfecture d’Ile-de-France a assuré s’être « largement » mobilisée dès le 23 décembre, « en lien avec les opérateurs et les acteurs de la veille sociale », « pour intensifier l’accompagnement des publics en situation de rue ».
« Lorsque les conditions d’activation du plan Grand Froid seront réunies à Paris, il sera immédiatement déclenché par le préfet de région d’Ile-de-France, préfet de Paris », a-t-elle affirmé, sans donner davantage de détails. « Au total, ce sont près de 16 900 places qui sont ouvertes par les services de l’Etat chaque nuit en ce moment dans Paris pour accueillir les personnes en rue les plus vulnérables », a souligné la préfecture d’Ile-de-France.
Newsletter
« Chaleur humaine »
Comment faire face au défi climatique ? Chaque semaine, nos meilleurs articles sur le sujet
S’inscrire
« Ce sont 210 nouvelles personnes en famille qui avaient appelé hier le 115 qui ont pu être hébergées » jeudi soir, a poursuivi la préfecture de région, ajoutant que « plus de 20 maraudes » s’étaient rendues auprès des sans-abri vendredi. « Les maraudes n’ont nulle part où mettre les personnes à l’abri, c’est dramatique », a déclaré à l’AFP Léa Filoche, adjointe à la maire socialiste Anne Hidalgo en charge des solidarités.
De « nombreux lieux vides » pourraient être réquisitionnés par l’Etat comme l’ancien hôpital militaire du Val-de-Grâce dans le quartier Latin, selon l’élue qui dénonce le « grave désengagement de l’Etat auquel la mairie se substitue tant bien que mal ». « Au total la Ville de Paris met à l’abri plus de 1 400 personnes dont la prise en charge relève de l’Etat », dans six gymnases et huit bâtiments municipaux (anciennes écoles, crèches ou collèges), détaille-t-elle.
« La mairie va pousser les murs dès ce [vendredi] soir mais ça ne créera que quelques dizaines de places, c’est largement en dessous des besoins », a regretté Léa Filoche, soulignant que plus de 3 500 personnes dormant à la rue avaient été recensées lors de la dernière Nuit de la solidarité au début de 2025.
La mairie a mis en place au début de décembre son « plan Hiver » qui ouvre de nouvelles places d’hébergement et augmente l’aide alimentaire. De son côté, la région Ile-de-France a annoncé vendredi reconduire son plan pour l’hiver, qui soutient les associations d’aide aux sans-abri à hauteur de 1,25 million d’euros.
Les forces du principal groupe séparatiste du Yémen, le Conseil de transition du Sud, dans une région montagneuse, d’où elles mènent une opération militaire, dans la province méridionale d’Abyan, au Yémen, le 15 décembre 2025. REUTERS
Le gouvernement yéménite veut stopper une nouvelle escalade dans ce pays déjà meurtri par plus de dix ans de guerre. Les autorités yéménites, reconnues par la communauté internationale, ont demandé, vendredi 26 décembre, à la coalition menée par son allié saoudien de prendre des « mesures militaires » pour soutenir ses forces dans un territoire récemment passé aux mains des séparatistes.
Les autorités ont adressé cette requête à Riyad afin « de protéger les civils innocents dans la province de l’Hadramaout et d’aider les forces armées à ramener le calme », a affirmé l’agence de presse officielle Saba.
Plus tôt dans la journée, les séparatistes yéménites ont affiché leur détermination à poursuivre leurs objectifs malgré des avertissements de l’Arabie saoudite. Ce mouvement séparatiste du Conseil de transition du Sud (STC) s’est emparé ces dernières semaines de vastes portions de territoire et dit vouloir rétablir l’ancien Etat du Yémen du Sud, indépendant de 1967 à 1990.
Autre signe de tension, plus de 15 000 combattants yéménites appuyés par l’Arabie saoudite sont massés dans des zones stratégiques à la frontière entre les deux pays, selon un responsable militaire yéménite.
Les séparatistes, soutenus par les Emirats arabes unis, ont accusé, vendredi, l’Arabie saoudite d’avoir frappé leurs positions. « L’armée de l’air saoudienne a bombardé des positions des forces » séparatistes à Wadi Nahb, dans la province de l’Hadramaout, a annoncé la « chaîne indépendante d’Aden », proche du mouvement STC, dans un message publié sur les réseaux sociaux. La télévision a partagé une vidéo montrant un panache de fumée s’élevant du désert, avec des véhicules blancs au premier plan.
Le STC a, de son côté, fait état auprès de l’Agence France-Presse de deux frappes saoudiennes dans la région. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat après les frappes. Celles-ci « n’empêcheront pas les populations du Sud de continuer à avancer vers la restauration de leurs droits », ont prévenu les séparatistes dans un communiqué.
Ce mouvement, qui fait pourtant partie de la coalition du gouvernement yéménite internationalement reconnu, s’est, dans le même communiqué, déclaré « ouvert à tout arrangement » avec Riyad « garantissant la sécurité, l’unité et l’intégrité du Sud ».
« Escalade injustifiée »
L’Arabie saoudite, à la tête d’une coalition militaire soutenant le gouvernement yéménite, n’a pas commenté pour l’heure ces allégations. Le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a, lui, appelé vendredi à la « retenue », tout en évitant de prendre parti entre l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, deux partenaires clés de Washington.
Le Monde Mémorable
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde Application
La Matinale du Monde
Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer
Télécharger l’application
Newsletter abonnés
« International »
L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine
S’inscrire
Jeudi, après des affrontements entre les séparatistes et un chef tribal proche du royaume saoudien, Riyad avait condamné des prises de territoires « de manière unilatérale », dénonçant « une escalade injustifiée » et disant espérer un « retrait urgent (…) des forces » du SCT des provinces de Mahra et de l’Hadramaout.
Ces nouvelles tensions pourraient fragiliser davantage encore le pays le plus pauvre de la péninsule Arabique, au cœur de rivalités régionales. Depuis 2014, le Yémen est plongé dans un conflit dévastateur opposant les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, au gouvernement qui rassemble des forces hétéroclites.
L’intervention de la coalition militaire menée par l’Arabie saoudite en 2015 a aggravé la guerre, qui a laissé le pays divisé, fait des centaines de milliers de morts et provoqué l’une des pires crises humanitaires au monde.
Un calme relatif est cependant revenu depuis une trêve conclue en 2022 entre les rebelles houthistes et les forces gouvernementales. Oman, médiateur-clé au Yémen et également voisin de la province de Mahra, a appelé à « éviter toute escalade (…) et à engager un dialogue politique global ».
Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait averti la semaine dernière que les avancées du STC augmentaient le risque d’une « plus grande escalade » dans ce pays, déjà frappé par l’une des pires crises humanitaires au monde, selon les Nations unies. « Une reprise totale des hostilités pourrait avoir de graves répercussions sur la paix et la sécurité régionales », avait-il déclaré, exhortant les parties à apaiser les tensions.