Julie Madon, sociologue : « Il y a beaucoup de bonnes raisons de réparer plutôt que d’acheter du neuf »

Chaque famille, en France, possède une centaine d’équipements électriques et électroniques par foyer, du four au téléphone en passant par l’imprimante. Cette abondance d’objets, vue autrefois comme un signe de réussite sociale, est désormais identifiée comme l’une des causes de la crise écologique. Comment faire durer les objets dans un monde qui encourage plutôt à jeter et à acheter du neuf ? Quelles sont les initiatives qui marchent pour encourager la réparation et la réutilisation ?

Julie Madon, sociologue et consultante, qui a publié Faire durer les objets (Presses de Sciences Po, 2024), apporte des réponses dans cet épisode du podcast « Chaleur humaine », diffusé le 24 décembre 2024. Vous pouvez retrouver ici tous les épisodes du podcast et vous inscrire à l’infolettre en cliquant ici.

En moyenne, on possède, en France, une centaine d’équipements électriques et électroniques par foyer, selon les chiffres de l’Ademe, l’Agence de la transition écologique. Comment cette abondance d’objets participe-t-elle à la crise écologique ?

Le poids de nos équipements domestiques s’élève, en moyenne, à 2,5 tonnes. Si on le rapporte aux matières premières mobilisées pour les fabriquer, il faut compter 45 tonnes de matière, donc 18 fois plus. En émissions carbone, ça équivaut à peu près à six allers-retours Paris-New York. Ce qu’il faut retenir, c’est que c’est la phase d’extraction de matière ainsi que la fabrication, et non l’usage des équipements, qui coûtent le plus cher à l’environnement. Dans le cas d’un ordinateur portable, 75 % des émissions de gaz à effet de serre sont dues à ces deux premières phases. C’est pour cette raison qu’il est important d’allonger la durée de vie d’un objet par l’entretien, la réparation et le réemploi. C’est ce qui permet d’amortir un peu cette phase de fabrication et donc de décaler la fabrication d’un autre produit neuf.

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« Le néolibéralisme a favorisé la montée en puissance des valeurs réactionnaires »

Chaque semaine un peu plus, Donald Trump détricote ce qui fit la force et la singularité de la démocratie américaine depuis la seconde guerre mondiale. Il insulte ses alliés historiques – à commencer par les Européens – et tend les bras aux ennemis d’autrefois de son pays. Il piétine l’indépendance des institutions et lamine les contre-pouvoirs. En économie, il instrumentalise les échanges commerciaux pour racketter ses partenaires. Dans une confusion des genres aussi brutale qu’opportuniste, il se mêle de la vie des entreprises comme aucun de ses prédécesseurs n’avait osé le faire auparavant.

Le 22 août, il a ainsi annoncé que l’Etat américain allait détenir 10 % du capital du géant des microprocesseurs Intel, après être devenu le principal actionnaire de l’exploitant de terres rares MP Materials. Le 26 août, son secrétaire au commerce, Howard Lutnick, laissait entendre qu’il pourrait en faire de même avec certains groupes du secteur de la défense, et que le président américain ne se posait aucune limite en la matière. Certes, la graine germait depuis quelque temps, déployant déjà ses racines sous le mandat de Joe Biden. Mais, désormais, c’est une certitude : sous l’impulsion de Donald Trump, le régime politique et le capitalisme américains – les deux sont indissociables – sont en train de muter.

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Dorit Geva, professeure de science politique à l’université de Vienne, spécialiste des droites radicales, qualifie ce moment de « post-néolibéral ». Pas au sens où le néolibéralisme serait enterré. Il est toujours vivant, explique-t-elle, mais il s’est reconfiguré, avec un retour de l’Etat, non pas pour renforcer la redistribution et les biens sociaux, mais pour servir une poigne autoritaire, porteuse de valeurs conservatrices et ethnonationalistes.

Populisme autoritaire

L’un des laboratoires de ce post-néolibéralisme, dont la cristallisation est aujourd’hui portée par l’extrême droite, est la Hongrie, que Dorit Geva a étudiée de près. Le régime de Victor Orban maintient une politique promarché, mais dans le cadre d’un projet autoritaire et xénophobe, dont les mesures de soutien à la consommation sont mâtinées de natalisme – avec, par exemple, des aides au logement conditionnées au nombre d’enfants.

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A Rome, les déclarations de François Bayrou sur le « dumping fiscal » de l’Italie réveillent de vieilles rancœurs

La présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, lors d’un sommet de l’OTAN, à La Haye (Pays-Bas), le 25 juin 2025. JOHN THYS/AFP

Le souvenir de la dernière polémique en date entre Paris et Rome était encore frais lorsque l’attention des Italiens était de nouveau sollicitée sur le même registre, lundi 1er septembre, par un nouvel incident. Si, à la fin d’août, la relation franco-italienne avait trébuché sur des propos peu amènes du vice-président du conseil et ex-figure prorusse Matteo Salvini (la Ligue, extrême droite) au sujet des intentions prêtées à Emmanuel Macron en Ukraine, une sortie, d’abord passée inaperçue en France du premier ministre, François Bayrou, a relancé les tensions. De ce côté-ci des Alpes, du moins.

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Lors de l’interview accordée, dimanche 31 août, à Franceinfo, à LCI, à BFM-TV et à CNews, le chef en sursis de l’exécutif français a fait mention, entre deux questions, du « dumping fiscal » que pratiquerait l’Italie, contribuant au « nomadisme » des foyers hexagonaux les plus riches. Moins de deux heures après ces propos, que les journalistes n’ont pas relevés sur le plateau, les services de la présidente du conseil, Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia, extrême droite) ont réagi dans un communiqué au ton sévère. « Les déclarations totalement infondées du premier ministre français (…) surprennent. L’économie italienne est attractive et se porte mieux que d’autres grâce à la stabilité et à la crédibilité de notre nation », déclarait ainsi, dimanche soir, la présidence du conseil.

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Au Yémen, le gouvernement des houthistes décimé par un bombardement israélien

La garde d’honneur yéménite brandit les portraits du premier ministre du gouvernement yéménite dirigé par les houthistes, Ahmed Ghaleb Al-Rahawi, et d’autres responsables, tués durant une frappe israélienne quelques jours plus tôt, lors d’un cortège funèbre à Sanaa, le 1er septembre 2025. MOHAMMED HUWAIS / AFP

Promettant de se venger, des milliers de Yéménites ont participé, lundi 1er septembre à Sanaa, aux funérailles du chef du gouvernement installé par les houthistes dans le nord du pays. Ahmed Ghaleb Al-Rahawi a péri dans un bombardement israélien, quatre jours plus tôt, qui a décimé une grande partie de l’exécutif nord-yéménite, alors réuni dans la capitale : neuf ministres et deux autres responsables ont également été tués dans l’explosion. Douze cercueils ont été exposés dans une mosquée de Sanaa, contrôlée par les houthistes pro-iraniens depuis 2014. La cérémonie a été suivie d’une parade militaire.

Il s’agit de la première « élimination ciblée » de dirigeants houthistes réalisée par l’Etat hébreu. L’opération s’apparente à une riposte aux tirs de drones et de missiles des insurgés yéménites en direction du territoire israélien, qui sont menés en solidarité avec les Palestiniens de la bande de Gaza. Le raid israélien sur Sanaa s’inscrit dans le prolongement des assassinats de responsables du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et des gardiens de la révolution iraniens commis par l’Etat hébreu dans le cadre de la bataille régionale, ouverte par le massacre du 7-Octobre, entre Israël et les acteurs de l’« axe de la résistance », le camp pro-Téhéran au Proche-Orient.

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A Saint-Joseph de Nay, près de Bétharram, une enquête ouverte pour violences après les plaintes d’anciens élèves

Rodolphe Jarry, le procureur de la République, au palais de justice de Pau, le 27 février 2025. GAIZKA IROZ/AFP

Une enquête pour violences aggravées au sein de l’établissement catholique Saint-Joseph de Nay, dans les Pyrénées-Atlantiques, à 10 kilomètres de Bétharram, a été ouverte en juin pour des faits remontant à plusieurs décennies, a fait savoir mardi 2 septembre auprès du parquet de Pau.

« Une enquête est ouverte (…) pour violences aggravées depuis le mois de juin à la suite d’un signalement de l’inspection académique pour des faits de violences remontant aux années 1970 », a déclaré Rodolphe Jarry, procureur de la République à Pau. L’enquête a été confiée à la brigade de gendarmerie de Nay, qui a reçu « deux plaintes pour des faits de violences survenus dans cet établissement en 1965-1967 et entre 1975 et 1982 », précise le magistrat.

Un collectif des victimes de Saint-Joseph de Nay, créé en mars à la suite des révélations sur des violences physiques et sexuelles dans l’établissement voisin de Notre-Dame-de-Bétharram, a annoncé lundi qu’au moins quatre anciens élèves avaient déposé plainte pour « tortures, traitements inhumains et dégradants, violences physiques et psychologiques s’étalant sur une période allant de 1965 à 1996 ».

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« Un quotidien fait de violences systémiques »

Vue de l’école Le Beau Rameau, anciennement connue sous le nom d’institution Notre-Dame-de-Bétharram, à Lestelle-Bétharram, près de Pau, le 21 février 2025. ALEXANDRE DIMOU/REUTERS

Ces plaintes, précise le collectif, visent « plusieurs surveillants et professeurs, religieux et laïcs, dont un encore en activité ». Une ancienne enseignante a également témoigné devant l’inspection académique, puis auprès de la gendarmerie, concernant un élève victime d’une « baffe à le renverser par terre » infligée par un prêtre dans les années 1970.

Le collectif, qui a lancé dans un communiqué un appel à « briser le silence », a expliqué avoir reçu une vingtaine de témoignages à ce stade, concernant une quinzaine de victimes potentielles, avec notamment des « passages à tabac » ou bien des « punitions dans la cour en pyjama », mais aussi des faits d’« attouchement sexuel » et de « suspicions de viol ».

Dans une enquête publiée en mai, le quotidien L’Humanité avait recueilli les témoignages de sept anciens élèves et décrit « un quotidien fait de violences systémiques ». Parmi les possibles auteurs de violences à Saint-Joseph était cité l’abbé Bernard Lartiguet, ancien séminariste à Nay, selon L’Humanité. Hélène Perlant, fille du premier ministre, François Bayrou, avait révélé en avril avoir été victime, adolescente, de violences physiques de la part de ce prêtre lors d’un camp d’été.

Le collège-lycée Saint-Joseph de Nay, établissement fondé en 1875 et sous contrat d’association avec l’Etat, comptait 744 élèves en 2021-2022.

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Le Monde avec AFP

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Au Brésil, replié dans sa maison, l’ancien président Jair Bolsonaro attend son jugement imminent

L’ancien président brésilien Jair Bolsonaro à son domicile sur ordre du juge de la Cour suprême Alexandre de Moraes, dans l’attente de son procès pour un complot présumé visant à renverser les élections de 2022, à Brasilia, au Brésil, le 14 août 2025. ADRIANO MACHADO / REUTERS

L’heure de vérité a sonné pour le Brésil. Mardi 2 septembre s’ouvre une journée appelée à entrer dans les livres d’histoire : la phase finale du procès de Jair Bolsonaro, jugé par le Tribunal suprême fédéral (TSF), la plus haute instance judiciaire du pays. L’ancien président d’extrême droite (2019-2023) est accusé d’avoir, à la fin de 2022, fomenté un coup d’Etat pour annuler les élections et se maintenir au pouvoir, précipitant son pays au bord de l’abîme. Un tournant décisif dans le long processus de redémocratisation du géant latino-américain.

Jamais dans l’histoire politique tourmentée du Brésil un ancien chef d’Etat n’avait été mis en accusation pour des faits d’une telle gravité. Inculpé pour cinq crimes distincts, dont « tentative de coup d’Etat » et « appartenance à une organisation criminelle armée », il risque jusqu’à quarante-trois ans d’emprisonnement. De quoi solder définitivement la carrière politique et l’avenir personnel de ce dirigeant sulfureux, âgé de 70 ans.

Mardi, Jair Bolsonaro ne sera pas seul. Le STF statuera également sur le sort de sept coaccusés, présentés comme le « noyau crucial » de ce putsch avorté, qui aurait dû aboutir à l’instauration d’un état de siège et à l’emprisonnement, voire à l’assassinat, de magistrats et de son successeur de gauche, Luiz Inacio Lula da Silva. Vingt-neuf suspects supplémentaires, répartis en quatre « noyaux » liés à différents volets de l’opération (« désinformation », « actions tactiques »…), seront jugés ultérieurement par la Cour suprême.

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Dans l’Aude, les organisateurs de la rave-party interdite ont commencé le démontage de l’installation

Vue aérienne du site de la rave-party organisée au milieu des terres brûlées de Fontjoncouse (Aude), le 30 août 2025. IDRISS BIGOU-GILLES / AFP

Dans un contexte de tension avec les habitants des communes voisines, les organisateurs de la rave-party, dans une partie de l’Aude touchée par un vaste incendie au début d’août, ont commencé le démontage de leur installation, quatre jours après le début du rassemblement. La zone où se déroule la fête « est interdite à toute circulation, du fait de sa dangerosité et du risque d’incendie qui demeure sévère », rappelait la préfecture samedi.

Il n’y a plus de musique, mais quelque 900 fêtards sont encore sur place, a relevé mardi 2 septembre matin la préfecture de l’Aude, qui avait comptabilisé un pic de 2 500 participants au cours du week-end. Elle a également renouvelé son appel aux fêtards à quitter les lieux.

« Cette nuit, la rave-party s’est poursuivie dans le calme. La musique a été définitivement arrêtée. Si un incident a nécessité l’intervention des gendarmes, celui-ci est resté marginal », écrit-elle dans un communiqué, précisant que le nombre de gendarmes sur place s’est accru, passant de 150 à 260.

Des « altercations » entre vignerons et fêtards

Un survol par hélicoptère a permis de constater le démontage des enceintes et autre matériel, a précisé, de son côté, la gendarmerie, ajoutant que lundi les forces de l’ordre étaient intervenues, alors que des agriculteurs voulaient s’en prendre aux fêtards. Il n’y a pas eu d’interpellations ni de blessés.

Lundi, des voitures de fêtards, garées le long des routes, avaient été endommagées et des altercations avaient opposé des jeunes venus de toute la France à des agriculteurs et des villageois excédés. Selon Christophe Tena, le maire de Fontjoncouse, village viticole de 140 habitants, des vignerons, excédés, « sont allés sur les lieux » et « il y a eu des altercations », a-t-il précisé mardi sur Franceinfo. Les agriculteurs « ont décidé de faire une action pour leur faire comprendre qu’ils n’étaient pas les bienvenus, qu’il fallait qu’ils s’en aillent très rapidement », a-t-il ajouté.

La rave-party a débuté vendredi soir dans une plaine agricole située entre Fontjoncouse et Coustouge, des villages au cœur d’une zone sinistrée par le gigantesque incendie qui a parcouru 16 000 hectares dans l’Aude du 5 au 10 août, et a notamment détruit 36 habitations et tué une personne.

Le Monde avec AFP

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Vote de confiance : reçu à Matignon, Gabriel Attal dit vouloir « chercher le compromis » avec « d’autres forces politiques »

L’ancien premier ministre et secrétaire général du parti Renaissance, Gabriel Attal, entouré des députés Ensemble pour la République Stéphanie Rist et David Amiel, s’adresse aux journalistes à l’issue de leur entretien avec le premier ministre à Matignon, à Paris, le 2 septembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

François Bayrou poursuit, mardi 2 septembre, ses rencontres avec les partis politiques à Matignon pour tenter d’arracher la confiance avant le vote, lundi 8 septembre. L’ancien premier ministre et secrétaire général du parti Renaissance, Gabriel Attal, a réitéré à sa sortie de Matignon que son groupe ne voterait pas pour faire chuter le gouvernement. Il a toutefois exprimé son « désaccord sur certaines mesures » du plan d’orientations budgétaires présenté par M. Bayrou en juillet, notamment la suppression de deux jours fériés, et appelé à « travailler avec les autres forces politiques » pour « chercher le compromis ».

« La date majeure pour notre pays c’est le 31 décembre », a-t-il ajouté, insistant sur la nécessité d’adopter un budget d’ici à la fin de l’année.

Sans surprise, les responsables du Rassemblement national (RN), reçus dans la matinée, ont de leur côté déclaré que l’entretien qu’ils venaient d’avoir avec François Bayrou n’avait en rien émoussé leur volonté de voter contre la confiance.

« Le miracle n’a pas eu lieu », a résumé le président de la formation d’extrême droite, Jordan Bardella. Il a affirmé être en « désaccord total avec les orientations » budgétaires présentées par M. Bayrou, mettant en avant des « lignes rouges nocives pour le pays et extrêmement injustes pour les Français » et jugeant que « la mauvaise dépense publique n’[était] pas traitée » dans le plan du premier ministre.

M. Bayrou « a fait le choix d’appuyer sur le siège éjectable et de faire des consultations a posteriori (…). S’il avait vraiment souhaité entendre les différents partis politiques, tout cela aurait été fait dès le mois de juillet », a considéré, pour sa part, la cheffe de file des députés RN, Marine Le Pen. Mme Le Pen a appelé à une « dissolution ultrarapide » afin qu’une « nouvelle majorité (…) puisse construire un budget ».

LR suggère de revenir sur la suppression des jours fériés

Reçu ensuite, le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, également président du parti Les Républicains, a dit avoir demandé à ce qu’« un certain nombre de mesures qui heurtent les Français puissent être soustraites, retirées du plan [d’orientations budgétaires de François Bayrou] ». « La question posée est de savoir si la question de la dette astronomique qui pèse sur les épaules de tous les Français est une menace ou pas », a-t-il martelé.

Avec Laurent Wauquiez, chef de file des députés Les Républicains, le ministre a assuré que le locataire de Matignon « s’[était] montré ouvert » pour que « les choses puissent être discutées », notamment la suppression proposée à la mi-juillet du lundi de Pâques et du 8-Mai.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Vote de confiance : François Bayrou veut toujours croire à un retournement de l’opinion, à l’approche de l’échéance

Le président de Place publique, Raphaël Glucksmann, avait, quant à lui, invité M. Bayrou plus tôt dans la journée à revenir sur sa décision de solliciter un vote de confiance. « L’annonce du vote du 8 septembre a cassé la possibilité de (…) négociations [sur le projet de budget] », a-t-il expliqué. Face au « problème grave » de la dette, M. Glucksmann, qui était accompagné par le député Aurélien Rousseau et l’eurodéputée Aurore Lalucq, a plaidé en faveur d’un « processus de négociation » qui permette d’« obtenir une majorité pour un budget ».

Le président de Place publique, Raphaël Glucksmann, à Matignon, le 2 septembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Il a aussi invité le président de la République, Emmanuel Macron, à « revenir sur la politique fiscale (…) menée ces huit dernières années », sans quoi « il n’y aura pas de compromis possible ».

Emmanuel Macron réunit le camp gouvernemental

François Bayrou doit encore recevoir, jeudi 4 septembre, les dirigeants du Parti socialiste (PS). Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a cependant déjà averti que la décision de sa formation de ne pas voter la confiance était « irrévocable ».

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En parallèle de ces consultations, Emmanuel Macron a réuni mardi les chefs du camp gouvernemental pour un déjeuner de crise, sur fond d’appels pour une nouvelle dissolution de l’Assemblée nationale ou une démission du chef de l’Etat. Gabriel Attal (Renaissance), Edouard Philippe (Horizons) et Bruno Retailleau (Les Républicains), les chefs des partis qui soutiennent le gouvernement, ont rejoint cette réunion, selon l’entourage de plusieurs participants.

Le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, s’est dit, mardi soir sur LCI, « à la disposition » du président de la République pour discuter « des conditions » dans lesquelles la gauche pourrait « occuper les places gouvernementales qui sont aujourd’hui occupées par la majorité relative de François Bayrou ».

« Ce que je propose, ce n’est pas de faire la politique d’Emmanuel Macron », a ajouté Olivier Faure. « Je veux un gouvernement de gauche qui ensuite vient devant une assemblée qui n’est pas exclusivement de gauche, où personne n’a de majorité absolue et où nous chercherons, projet par projet, des majorités », a-t-il précisé.

Le leader « insoumis » Jean-Luc Mélenchon, a aussitôt réagi sur le réseau social X : « Consternant. Olivier Faure se met à disposition de Macron pour remplacer Bayrou. Que chacun le sache : les “insoumis” ne sont informés de rien et n’ont rien à voir avec cette offre de service qu’ils condamnent. »

Dans une interview au Parisien, le président du Sénat, Gérard Larcher, appelle les parlementaires à « la responsabilité ». Alors qu’une partie de sa famille politique, dont Nicolas Sarkozy, souhaite une dissolution, il s’est dit opposé à ce stade à cette option, estimant qu’elle n’apporterait « toujours pas de majorité » ni la « clarification » nécessaire.

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Le Monde

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Gérard Depardieu renvoyé en procès devant la cour criminelle de Paris pour viols sur Charlotte Arnould

L’acteur Gérard Depardieu au tribunal de Paris, le 27 mars 2025. JULIEN DE ROSA/AFP

Gérard Depardieu est renvoyé en procès devant la cour criminelle départementale de Paris pour viols sur la comédienne Charlotte Arnould, ont fait savoir mardi 2 septembre des sources proches du dossier à l’Agence France-Presse.

« C’est une forme de vérité judiciaire pour Charlotte [Arnould] en attendant le procès criminel, a salué Me Carine Durrieu-Diebolt, avocate de la plaignante. Cette ordonnance est également une réponse aux allégations mensongères portées à son encontre dans certains médias. »

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« Je crois que j’ai du mal à réaliser tant c’est énorme. Je suis soulagée », a salué sur Instagram la comédienne. Son avocate, Carine Durrieu Diebolt, s’est dit auprès de Franceinfo « extrêmement satisfaite » et a évoqué un « moment de vérité judiciaire dans cette affaire ».

Son avocat annonce faire appel du renvoi

Gérard Depardieu pourrait donc comparaître prochainement lors d’un retentissant procès dans la capitale, sous réserve d’une décision différente de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. L’avocat de l’acteur, Jérémie Assous, a en effet annoncé sur BFMTV qu’il allait faire appel, possible en matière criminelle, de l’ordonnance de renvoi, rendue le 28 août.

Charlotte Arnould avait porté plainte pour viols contre Gérard Depardieu le 27 août 2018, au sujet de faits survenus les 7 et 13 août 2018 au domicile de l’acteur. A l’issue de l’enquête préliminaire, la procédure avait été classée sans suite par le parquet de Paris, le 4 juin 2019 : « infraction insuffisamment caractérisée ». Le 10 mars 2020, Charlotte Arnould avait déposé une nouvelle plainte, cette fois avec constitution de partie civile, entraînant l’ouverture d’une information judiciaire.

Au terme de l’instruction, le parquet de Paris a requis, le 14 août 2024, le renvoi de Gérard Depardieu devant une cour criminelle, afin qu’il y soit jugé pour viols. Dans son réquisitoire, le parquet estimait que « Gérard Depardieu [avait] contraint la victime à se soumettre à sa volonté de lui imposer des actes sexuels et qu’elle n’[avait] pas été en capacité de s’y opposer ».

M. Depardieu, qui évoque une relation consentie avec la comédienne, a déjà été condamné à la mi-mai à dix-huit mois de prison avec sursis pour l’agression sexuelle de deux femmes sur le tournage des Volets verts en 2021, condamnation dont il a fait appel.

Rectificatif, mercredi 3 septembre 2025 : un renvoi devant la cour criminelle a été ordonné pour Gérard Depardieu seulement pour viols et non pour agressions sexuelles.

Le Monde avec AFP

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« Les nouveaux programmes de géographie renvoient à une vision binaire et hiérarchisée du monde »

Les nouveaux programmes scolaires réduisent la géographie à une discipline descriptive fondée sur des repères à mémoriser, véhiculant une vision imposée du monde au détriment de la formation d’une pensée autonome chez les élèves.

En primaire, le projet marque un retour à une géographie « inventaire du monde », tandis qu’au collège l’étude descriptive de trois continents fait figure d’héritage obsolète, aussi répétitif que lassant.

Le texte insiste sur une transmission verticale, centrée sur la parole de l’enseignant et organisée par de grandes questions qui semblent avoir pour unique fonction de dérouler un contenu prédéterminé. Il néglige l’importance de la construction des savoirs par les élèves eux-mêmes, pour des apprentissages qui soient significatifs à leurs yeux tout en étant scientifiquement fondés. Répétées inlassablement, les listes de repères n’ont pas de lien avec le traitement des thèmes proposés. La liste hétéroclite de mots-clés à mémoriser comporte autant d’éléments de vocabulaire du quotidien que d’indicateurs, comme le PIB [produit intérieur brut] ou l’IDH [indice de développement humain], dont l’intérêt n’est pas questionné. Les outils de pensée de la discipline et les grands concepts géographiques sont, pour leur part, relégués au second plan, symptôme d’une certaine fragmentation des savoirs.

Marketing territorial

Le questionnement géographique est certes mentionné, mais sans explicitation des raisonnements qu’il induit. L’articulation des échelles et la prise en compte des acteurs sont discrètes. Les enseignements en classe de CM1 et de CM2 privilégient l’échelle mondiale, au détriment des pratiques spatiales locales, pourtant essentielles pour comprendre le territoire. Les savoirs d’expérience sont considérés « dans la mesure du possible », en dépit des recherches qui en montrent l’importance. Les démarches propres à la géographie ne sont guère précisées : on ne sait ni comment l’enseigner, ni comment apprendre à en faire.

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