Mouvement du 10 septembre : manifestations, transports, écoles, blocages… ce qui est attendu en France mercredi

Une affiche de mobilisation pour le mouvement Bloquons tout, à Paris, le 4 septembre 2025. RAFAEL YAGHOBZADEH POUR « LE MONDE »

Des centaines d’actions en Ile-de-France et en régions, des métropoles aux petites villes, sont prévues pour le mouvement Bloquons tout du mercredi 10 septembre, dont l’ampleur reste indéterminée. Quelque « 80 000 gendarmes et policiers » seront mobilisés, a annoncé lundi soir le ministre de l’intérieur, Bruno Retailleau, prévenant qu’« aucune violence » ne serait tolérée.

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Le ministre de l’intérieur a également fait savoir que des forces de sécurité seraient déployées dès mardi soir « sur des zones sensibles », promettant une « tolérance zéro ».

Le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, a, de son côté, expliqué mardi matin s’attendre à des « actions coup de poing », des blocages voire des sabotages, mais ne pense pas « que ce mouvement mobilise[rait] la société civile ».

Défilés et rassemblements syndicaux

Plusieurs rassemblements sont attendus à divers moments de la journée à différents endroits de Paris. Plusieurs responsables de la CGT seront par exemple rassemblés, mercredi dès 9 h 30, devant le ministère du travail. Les responsables syndicaux des unions départementales parisiennes (de la CGT, de FSU, de Solidaires) se sont, eux, donné rendez-vous à 13 heures dans le centre de la capitale, place du Châtelet.

Des collectifs de sans-papiers ont également appelé à participer au mouvement avec la tenue d’une assemblée ouverte place de la République à partir de 11 heures.

De premiers cortèges sont en outre prévus à Rennes et Nantes dès 11 heures. D’autres rassemblements sont notamment prévus, à 11 heures à Bordeaux, et à 14 h 30 à Toulouse.

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Transports

Les Intercités, les RER et les Transilien seront plus affectés que les TGV, les métros, les tramways ou les bus parisiens. Des perturbations sont à prévoir sur certaines lignes Intercités : Paris – Clermont-Ferrand, Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), Bordeaux-Marseille, ainsi que sur les trains de nuit.

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Le trafic sera perturbé, parfois très fortement, sur de nombreuses lignes ferroviaires en Ile-de-France. La SNCF ne prévoit ainsi aucune circulation sur une partie du RER D, seulement un train sur trois sur les lignes Transilien H, desservant le nord-ouest de la région parisienne, et R (Sud-Est) ainsi qu’un train sur deux sur le RER B dans sa partie nord, desservant en particulier l’aéroport Paris – Charles-de-Gaulle. Dans la partie sud de cette ligne, gérée par la RATP, deux trains sur trois circuleront, a précisé ce dernier transporteur. La RATP a toutefois annoncé que l’interconnexion serait « maintenue à gare du Nord », point névralgique du RER B, ce qui signifie que les passagers ne devront pas changer de train.

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Le RER A, ligne ferroviaire la plus fréquentée d’Europe, qui traverse la région parisienne d’Est en Ouest, ne sera a priori pas affectée, selon la RATP et la SNCF. Cette dernière prévoit aussi un trafic « normal » sur la ligne V du Transilien (Versailles-Massy) et les deux tramways qu’elle exploite, les lignes 12 et 13. Le RER C et les lignes K (Nord), N (Ouest) et U (Ouest) du Transilien verront circuler un train sur deux. Cette proportion montera à deux trains sur trois sur les lignes J et L (Ouest) et le RER E. La ligne P, vers l’est, sera également touchée, mais verra circuler au minimum deux trains sur trois.

A la RATP, le trafic sera « quasi normal » dans le métro avec « plus de neuf trains sur dix » sur les lignes 5, 8, 9 et 13, les autres n’étant pas affectées. En moyenne, « neuf bus sur dix circuleront sur l’ensemble du réseau », tandis que les tramways fonctionneront à 100 %.

A la SNCF, deux des quatre syndicats représentatifs des salariés, la CGT et SUD, ont appelé à cesser le travail. Tous les TGV circuleront normalement, qu’il s’agisse des InOui, des Ouigo ou des trains transfrontaliers. Dans la matinée, plusieurs assemblées générales se tiendront dans les gares parisiennes (gare du Nord et gare de Lyon).

Du côté du transport aérien, la direction générale de l’aviation civile (DGAC) prévoit des perturbations et des retards « sur l’ensemble des aéroports français ».

Et sur les routes ?

A Paris, dès minuit, dans la nuit de mardi à mercredi, des militants prévoient de bloquer plusieurs entrées et sorties du périphérique (portes de la Chapelle, de Bagnolet, de Montreuil, d’Italie, d’Orléans, notamment) et de poursuivre leurs blocages dans la matinée.

Dans l’Ouest, les citoyens mobilisés se donnent rendez-vous dès 6 heures dans la perspective de bloquer les rocades de Rennes et de Nantes. Des actions similaires ou des barrages filtrants sont également annoncés dans les boucles de messagerie à Brest, Vannes ou Caen.

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Sites industriels et plateformes logistiques

Commerces, raffineries, hôpitaux, éboueurs, usines… De nombreux salariés ont prévu de bloquer des entreprises. Ainsi, le géant Amazon pourrait être perturbé par un piquet de grève sur le site de Brétigny-sur-Orge (Essonne). A Dunkerque, une grève est prévue chez ArcelorMittal, qui a annoncé ces derniers mois un important plan de licenciements.

Les salariés des raffineries de Gonfreville-l’Orcher (Seine-Maritime), de Donges (Loire-Atlantique) et de Feyzin (Rhône), toutes trois exploitées par TotalEnergies, sont appelés « à cesser le travail le 10 », a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) Eric Sellini (CGT).

En Seine-Maritime, la CGT appelle également « les salariés du secteur de l’énergie et les retraités, que ce soit EDF ou prestataires », à rejoindre le piquet de grève près de la centrale nucléaire de Paluel. Au sud de Rouen, l’usine Ampère de Renault sera également en grève.

A l’appel de la CGT, les éboueurs se mobiliseront avec au moins une quinzaine de préavis de grève dans diverses régions de France, « principalement dans les zones rurales ».

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Ecoles

Plusieurs syndicats − SUD-Education, CGT-Educ’action, SNES-FSU − ont appelé à la grève. « Il s’agit d’une journée [le mercredi] où la majorité des collègues n’ont pas classe », a déclaré Aurélie Gagnier, porte-parole de la FSU-SNUipp, auprès de Ouest-France. « On soutient les grèves et rassemblements qui se dérouleront le 10. Pour le 18, nous appelons à la grève », poursuit la secrétaire générale du syndicat majoritaire chez les enseignants de maternelle et de primaire.

TF1 précise que « les écoles primaires (maternelles et élémentaires) pourront prévenir les familles à l’avance, car elles connaissent les enseignants grévistes ». Ce n’est cependant pas toujours le cas pour les collèges et les lycées, écrit le site d’information, qui conseille aux parents de prendre contact avec l’établissement scolaire de leur enfant.

Etudiants et lycéens

La direction de Sciences Po a annoncé que ses sites à Paris et dans les régions resteraient fermés mercredi, avec des enseignements assurés à distance.

Près de 30 universités françaises organisent mardi à la mi-journée des assemblées générales pour décider de leurs actions, mercredi. Sur le campus de Jussieu, à Paris, une assemblée de plusieurs centaines de personnes a voté un rassemblement devant ce site mercredi matin. Mais l’option d’un blocage, soumise au vote, n’a rassemblé que quatre voix pour.

Côté lycées, « on doit prendre part à ce mouvement social, parce qu’on est les premiers et les premières concernées par le budget : on est quand même les futurs citoyens de la France », explique la présidente de l’Union syndicale lycéenne, Sofia Tizaoui, premier syndicat lycéen, qui a appelé au blocage des lycées.

Le Monde avec AFP

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Guerre au Soudan : des attaques de drones visent plusieurs sites stratégiques dans la région de Khartoum

Dans une banlieue de Khartoum, le 30 juillet 2025. EBRAHIM HAMID / AFP

Des attaques de drones ont visé, mardi 9 septembre, des installations militaires, une raffinerie et une centrale électrique dans la région de Khartoum, contrôlée par l’armée depuis mai et calme depuis, selon des témoins joints par l’Agence France-Presse (AFP) et des responsables. Ce regain de violence dans une région en cours de reconstruction survient quatre mois après la reprise de la capitale par l’armée aux dépens de ses rivaux, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR).

Les attaques, menées mardi vers 5 heures, ont visé le complexe militaire de Yarmouk, où se trouve une importante usine d’armes, la raffinerie de Khartoum et une centrale électrique, selon des témoins et des images postées sur les réseaux sociaux que l’AFP n’était pas en mesure de vérifier dans l’immédiat.

De puissantes explosions ont été entendues dans le secteur.

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Quatre drones ont visé la station électrique d’Al-Markhiyat, située à Omdourman, ville voisine de Khartoum située sur l’autre rive du Nil, et provoqué un incendie mardi avant l’aube, selon des témoins joints par l’AFP. Des images de la structure en flammes circulaient sur les réseaux sociaux. L’attaque a provoqué des dégâts mineurs, a indiqué à l’AFP une source au sein de la compagnie nationale électrique qui a requis l’anonymat. Par ailleurs, trois drones venus de l’ouest ont visé la raffinerie située à Bahri, ville du nord de l’Etat de Khartoum, selon un autre témoin, qui a fait état d’explosions.

Programme de reconstruction

La base aérienne de Wadi Seidna, dans le nord-ouest de la capitale, a également été visée, selon une source militaire jointe par l’AFP. « La défense au sol a intercepté et abattu les drones qui visaient la base », a déclaré cette source. Une autre attaque de drone a touché un bâtiment de l’armée à Kafouri, près de Bahri, et fait des dégâts et des blessés dans les rangs de l’armée, selon une autre source militaire jointe par l’AFP sous le couvert de l’anonymat.

Les différents témoignages ne précisent pas qui était derrière les attaques de drones. Mais l’armée a repris cette année, lors d’une série d’offensives, le centre du pays, repoussant les FSR vers le Darfour, vaste région de l’ouest du pays, et vers certaines zones du Sud-Kordofan. Le gouvernement formé par les militaires avait lancé ces dernières semaines un programme de reconstruction de la capitale, où plus de 600 0000 Soudanais ont commencé à revenir après avoir fui les combats, selon les chiffres de l’ONU. Le but des autorités est de revenir le plus vite possible à la situation qui prévalait avant la guerre, avant que le pouvoir ne se replie à Port-Soudan, grand port situé au bord de la mer Rouge.

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La guerre, déclenchée en avril 2023, a tué des dizaines de milliers de personnes et déraciné plus de 14 millions d’autres, à l’intérieur du territoire et au-delà des frontières. Si la situation semblait stabilisée dans la région de Khartoum et de Port-Soudan, les combats sont restés féroces au Kordofan et au Darfour. A El-Fasher, capitale du Darfour du Nord, assiégée depuis mai 2024, les FSR mènent leurs attaques les plus violentes depuis le début du conflit. Des centaines de morts ont été recensés ces derniers mois. Le conflit a plongé le troisième plus vaste pays d’Afrique dans « la pire crise humanitaire au monde », selon l’ONU.

Le Monde avec AFP

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Emmanuel Macron reçoit Gérard Larcher à l’Elysée, à trois jours du vote de confiance

Le président de la République, Emmanuel Macron, et le président du Sénat, Gérard Larcher, le 10 mai 2022. CHRISTIAN HARTMANN / AFP

A trois jours du vote de confiance à l’Assemblée nationale qui pourrait être fatal à François Bayrou le 8 septembre, les concertations se poursuivent au sommet de l’Etat. Le président de la République, Emmanuel Macron, reçoit ainsi le président du Sénat, Gérard Larcher, vendredi 5 septembre à l’Elysée, selon une information du Figaro, confirmée par Le Monde.

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Le chef de l’Etat avait reçu mardi les chefs de file de la coalition gouvernementale – François Bayrou, Gabriel Attal (Renaissance), Edouard Philippe (Horizons) et Bruno Retailleau (Les Républicains) -, pour appeler à l’unité face à la crise politique et budgétaire qui s’annonce. M. Macron les a notamment enjoints à « travailler avec les socialistes » pour préparer l’après-Bayrou. « On ne peut pas avoir d’accord de gouvernement avec le PS », avait toutefois prévenu M. Larcher, dans les colonnes du Parisien du 3 septembre.

De son côté, le premier ministre poursuit sa tournée médiatique tentant de marteler son message sur l’état catastrophique des finances publiques. Après RMC et BFM-TV jeudi matin, France 2 jeudi soir, le locataire de Matignon s’est exprimé vendredi matin sur RTL. « La politique, ce n’est pas du spectacle, Ce n’est pas une tournée d’adieu, comme vous dites. Je suis un responsable politique. Je l’étais avant d’être premier ministre et je le resterai après », a-t-il déclaré d’emblée à trois jours de la chute probable de son gouvernement.

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2027 ? « Ce n’est pas mon objectif aujourd’hui », assure François Bayrou

« La question est beaucoup plus simple. Est-ce que notre pays a mesuré la gravité de la situation devant laquelle il se trouve ? Et la situation, elle est de deux piliers, si j’ose dire. Premier pilier : la France est un pays qui ne produit pas assez. (…) La deuxième question, c’est l’endettement du pays », a martelé le président du Mouvement démocrate (MoDem).

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Lundi après-midi, M. Bayrou engagera la responsabilité de son gouvernement sur une déclaration de politique générale portant sur le « constat » de l’endettement et l’ampleur du remède à administrer dans les budgets 2026. Sa chute semble inéluctable : la gauche, l’extrême droite, la majorité du petit groupe indépendant Liot et quelques députés LR ont promis de ne pas voter la confiance.

Cette sortie quasi-programmée de Matignon, un premier acte vers l’Élysée ? « Je serai là en 2027 mais ça ne veut pas dire candidat à l’élection présidentielle. Ça n’est pas dans mon objectif aujourd’hui », a assuré François Bayrou.

Le Monde avec AFP

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La dénatalité, un bouleversement aux multiples impacts économiques

Chute de la natalité, vieillissement de la population, baisse de la fécondité… Voilà un certain nombre d’années que les spécialistes de la démographie signalent, à intervalles réguliers, les importants changements en cours. Dans la note intitulée « Des écoles au marché du travail : la marée descendante de la natalité », parue jeudi 4 septembre, c’est au tour du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan, organisme rattaché à Matignon, de présenter les conséquences économiques actuelles, et celles potentiellement à venir, de ce virage démographique.

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L’auteur, Maxime Sbaihi, est économiste et expert associé à l’Institut Montaigne, un cercle de réflexion libéral. Il alerte, dans cette note de huit pages, sur la « dénatalité devenue structurelle » de la France, qui a débuté en 2011 et s’accélère depuis 2015. « En presque quinze ans, [les naissances] ont ainsi reculé de 22 % sur le territoire national après avoir augmenté de 9 % sur les quinze années précédentes », rappelle-t-il.

Dans le même temps, on assiste à une hausse des décès, liée entre autres raisons à l’arrivée à des âges de plus forte mortalité des générations, nombreuses, issues du baby-boom (1945-1974). Il y a donc fort à parier, souligne la note, que le solde naturel (la différence entre le nombre de naissances et de décès) sera négatif en 2025, pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale – en année glissante, de juin 2024 à mai 2025, l’inversion des courbes s’est déjà produite.

Baisse du nombre d’élèves

Partant de ces éléments statistiques connus, M. Sbaihi en met en lumière les conséquences concrètes sur plusieurs secteurs. Le système éducatif, d’abord, qui enregistre ces dix dernières années une baisse du nombre d’élèves, évaluée à un demi-million pour l’école primaire. Selon les projections, le primaire en perdra encore 284 000 de plus d’ici à 2028, « portant la baisse des effectifs à 13 % depuis 2015 ». Cela se traduit par des regroupements et des fusions de classes ou d’établissements dans de nombreuses communes, mais aussi par des fermetures. Selon les statistiques de l’éducation nationale, 1 662 écoles maternelles et 4 227 écoles élémentaires ont de ce fait fermé entre 2010 et 2024.

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Nouvelle douche froide pour l’économie américaine, qui a créé trop peu d’emplois en août

Un panneau « Nous recrutons » sur la devanture d’un commerce, à Los Angeles (Californie), le 13 août 2025. FREDERIC J. BROWN/AFP

Les chiffres étaient particulièrement attendus et ils sont inquiétants. Le marché de l’emploi est à la peine aux Etats-Unis, selon les données rendues publiques, vendredi 5 septembre, par le bureau des statistiques du travail (BLS). Avec seulement 22 000 emplois créés en août, l’économie américaine montre des signes de ralentissement. Pire, le rapport révise à la baisse les chiffres des mois précédents, déjà mauvais. Juin passe en négatif, avec une perte nette de 13 000 emplois. C’est la première fois depuis début 2021 et la sortie de la pandémie de Covid-19 qu’un mois affiche des destructions nettes d’emplois.

Le chiffre d’août est inférieur à toutes les prévisions publiées ces derniers jours. Le Wall Street Journal, qui sonde chaque mois des spécialistes, anticipait 75 000 créations d’emplois. Un chiffre déjà faible, alors que la plupart des économistes estiment que l’économie américaine doit créer entre 80 000 et 100 000 jobs par mois pour suivre la croissance de la population.

Le nombre de personnes au chômage (7,4 millions) n’augmente, lui, que très légèrement, à 4,3 % de la population active. Mais ce qui pourrait s’apparenter à un signal rassurant est en réalité un trompe-l’œil : cela s’explique surtout par la baisse drastique de l’immigration dans le pays, avec donc moins de demandeurs d’emploi issus des rangs des nouveaux arrivants.

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Famille royale britannique : mort à 92 ans de la duchesse de Kent, figure de Wimbledon et passionnée de musique

La duchesse et le duc de Kent assistent à une cérémonie pour la minute de silence nationale et l’inauguration d’une mosaïque au pied de la tour Grenfell, dans le cadre des commémorations de l’anniversaire de l’incendie de cet immeuble, dans l’ouest de Londres, le 14 juin 2018. STEFAN ROUSSEAU / AFP

Elle était la doyenne de la famille royale britannique. La duchesse de Kent est morte, jeudi à 92 ans. La duchesse s’est éteinte « la nuit dernière au palais de Kensington, entourée de sa famille », a annoncé le palais de Buckingham dans un communiqué, vendredi 5 septembre, en faisant part de sa « profonde tristesse ».

Pianiste talentueuse et chanteuse, la duchesse était née Katharine Worsley, dans une famille aristocrate du Yorkshire du nord de l’Angleterre. Elle avait épousé en 1961 le prince Edward, duc de Kent, cousin au premier degré d’Elizabeth II, et toujours membre actif de la famille royale à 89 ans. La duchesse, qui s’était convertie au catholicisme en 1994 – décision approuvée par la reine –, vivait séparée de son époux mais le couple n’avait pas divorcé.

Pendant de nombreuses années, elle était apparue tous les ans sur le gazon du tournoi de tennis de Wimbledon, où elle remettait le trophée au vainqueur. Depuis la mort d’Elizabeth II, le 8 septembre 2022, elle était la doyenne de la famille royale, mais n’en était plus un membre actif depuis 2002.

Un engagement discret et passionné pour la musique

La BBC écrit que ses deux passions étaient la musique et les enfants, et qu’elle avait enseigné secrètement la musique pendant treize ans dans une école primaire publique à Kingston-upon-Hull, dans le nord-est de l’Angleterre. Elle avait cessé d’utiliser son titre d’altesse royale, et était connue comme « Kath » dans la salle des professeurs et comme « Mme Kent »pour les enfants.

« Le roi et la reine et tous les membres de la famille royale s’associent au duc de Kent, à ses enfants et petits-enfants dans leur deuil et pour se souvenir avec tendresse du dévouement de toute une vie témoigné par la duchesse aux organisations auxquelles elle était associée, à sa passion pour la musique et son empathie envers les jeunes », a précisé le palais.

Le prince William et la princesse Kate lui ont rendu hommage, affirmant qu’elle avait « travaillé sans répit pour aider les autres et soutenir de nombreuses causes, notamment par son amour pour la musique ». Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a aussi salué une personnalité qui apportait « compassion, dignité et une touche humaine dans tout ce qu’elle faisait ».

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Le Monde avec AFP

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Un ancien policier condamné à vingt-deux ans de prison pour le meurtre de sa compagne : « Je voulais qu’elle arrête de dire ces choses qui me détruisent, j’ai mis mes mains autour de son cou »

SÉVERIN MILLET

Le 28 janvier 2022, dans le studio parisien de son compagnon, Amanda Glain achevait de se maquiller devant le miroir de la salle de bains, déjà revêtue de son manteau, son sac sur le dos. Ce matin-là, la jeune femme de 28 ans prenait doublement son envol. Après une période d’essai, elle était attendue à son bureau pour signer son contrat d’embauche à durée indéterminée comme cheffe de projet digital. Et au terme de deux ans d’une relation éprouvante, elle venait d’annoncer à son concubin, le gardien de la paix Arnaud Bonnefoy, sa décision irrévocable de le quitter. Amanda Glain a été découverte étranglée, quelques heures plus tard, couchée en chien de fusil, la tête sur le rebord du bac à douche. Arnaud Bonnefoy avait disparu. Après vingt-cinq jours de cavale, il s’est rendu et a tout avoué.

Dans le box de la cour d’assises de Paris devant laquelle il comparaît depuis le mardi 2 septembre pour le meurtre de sa compagne, Arnaud Bonnefoy est le seul à pouvoir raconter les heures qui ont précédé et celles qui ont suivi. Amanda avait passé la journée du 27 janvier à télétravailler dans son studio de 18 mètres carrés, pendant qu’il naviguait sur des sites de rencontres. Le soir, une dispute avait éclaté. Une de plus. Il ne les compte plus tant il y en a eu. Toujours sur le même sujet : il la soupçonne de lui cacher des choses, ne supporte pas les commentaires laissés par ses amis masculins sur son compte Instagram.

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Halles gourmandes : le succès incertain des usines à restaurants de centre-ville

Dans les halles de la Cartoucherie de Toulouse, le 8 septembre 2023. LYDIE LECARPENTIER/REA

Sur la terrasse du Beau Marché, un food hall situé dans le centre de Bourg-en-Bresse, chaque détail doit mettre à l’aise le client, des parasols de couleur crème aux lustres en osier en passant par les plantes suspendues et l’olivier trônant dans un immense pot. Chacun peut choisir son assise, chaises multicolores ou tabourets encadrant des mange-debout, voire s’affaler dans un canapé cosy. Le niveau assourdissant de la musique sera toutefois le même pour tout le monde. A l’intérieur de ce bâtiment ouvert sept jours sur sept jusqu’à 1 heure du matin, autour de l’imposant bar, des cuisiniers s’affairent dans des stands de quelques mètres carrés, proposant des spécialités thaïes ou italiennes, des sushis ou viandes du « butcher ». La commande se fait au comptoir, où le client reçoit un bipeur, qui sonnera lorsque son repas sera prêt. Un poissonnier, dont l’enseigne, Bande de maquereaux, s’affiche en blanc et bleu, et un « bar à fromages », complètent l’offre.

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Caroline (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille, comme les autres personnes citées par leur prénom) est venue avec trois adolescents de Nantua (Ain), « à une vingtaine de minutes », raconte-t-elle dans le brouhaha des conversations mêlé à la musique et aux sonneries des bipeurs. « Les enfants aiment bien ; c’est rigolo, on peut prendre des choses différentes », dit-elle, même si, ce jour-là, tous ont choisi de la viande, accompagnée d’inévitables rations de frites. Sa fille, Manon, lycéenne à Bourg-en-Bresse, fréquente le lieu certains jours de classe, même si « c’est plus cher que les restaurants de la ville », observe-t-elle.

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Guerre en Ukraine : « M. Poutine est la cause de cette guerre, il est la raison des morts », affirme le premier ministre canadien. Retrouvez les informations du 30 août au 6 septembre

Volodymyr Zelensky exhorte le premier ministre slovaque à renoncer au pétrole russe

Le premier ministre slovaque, Robert Fico, et le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à Oujhorod, dans l’ouest de l’Ukraine, vendredi 5 septembre 2025. UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SER / VIA REUTERS

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a exhorté vendredi le premier ministre slovaque, Robert Fico, à mettre fin aux achats de pétrole russe.

La Slovaquie et la Hongrie reçoivent du pétrole russe par l’oléoduc Droujba, qui a été récemment la cible d’attaques ukrainiennes, ce qui a créé des tensions avec Kiev. Tout comme son homologue hongrois, Viktor Orban, le chef du gouvernement slovaque entretient de bonnes relations avec le président russe, Vladimir Poutine, et ne ménage pas ses critiques à l’égard du chef de l’Etat ukrainien.

« Le pétrole russe, tout comme le gaz russe, n’a pas d’avenir », a assuré ce dernier après une conversation avec M. Fico à Oujhorod, dans l’ouest de l’Ukraine, qu’il a malgré tout jugée « constructive ». Il s’est dit prêt à « garantir la stabilité énergétique de la Slovaquie », y compris en lui fournissant pétrole et gaz, à condition qu’elle cesse ses achats d’hydrocarbures russes. M. Zelensky a ajouté que l’Ukraine continuerait à « répondre aux attaques russes contre les installations énergétiques », c’est-à-dire à prendre pour cibles les infrastructures telles que l’oléoduc Droujba.

Robert Fico a, quant à lui, constaté l’éloignement des leurs points de vue et justifié ses contacts avec Vladimir Poutine en assurant que les relations entre l’UE et la Russie seraient « normalisées » après la guerre.

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L’Union européenne inflige près de 3 milliards d’euros d’amende à Google

La Commission européenne a annoncé, vendredi 5 septembre, infliger une amende de 2,95 milliards d’euros à Google, malgré des menaces proférées par le président américain, Donald Trump. L’exécutif européen a estimé que le géant américain de la tech avait abusé de sa position dominante dans le secteur de la publicité en ligne. Cette sanction était très attendue, d’autant que la Commission avait menacé en 2023 d’exiger la scission d’une partie des activités du groupe dans ce domaine de la publicité en ligne, ce qu’elle n’a pas décidé à ce stade.

« La décision de la Commission européenne concernant nos services publicitaires est mauvaise et nous allons faire appel », a réagi la vice-présidente des affaires réglementaires de Google, Lee-Anne Mulholland. Dans un communiqué transmis à l’Agence France-Presse, elle a dénoncé « une amende injustifiée ». La décision de Bruxelles, ajoute-t-elle, « exige des changements qui vont nuire à des milliers d’entreprises européennes en leur compliquant la tâche pour gagner de l’argent ».

« L’Europe a “attaqué” aujourd’hui une autre grande entreprise américaine, Google », a protesté vendredi Donald Trump sur son réseau Truth Social. Le président américain assure dans le même message que si l’Union européenne ne revient pas sur les amendes « injustes » infligées à Google mais aussi à Apple, il sera « contraint » de déclencher un mécanisme de droits de douane punitifs, la « section 301 ». « L’Union européenne doit IMMÉDIATEMENT arrêter ces pratiques contre les entreprises américaines », a-t-il ajouté.

Une autre condamnation en France

Le 26 août, Donald Trump avait vigoureusement attaqué les pays ou organisations régulant le secteur de la tech, les menaçant de droits de douane et de restrictions à l’exportation. S’il n’avait pas cité directement l’Union européenne, celle-ci dispose de fait de l’arsenal juridique le plus puissant au monde pour réguler le numérique, alimentant les débats en Europe sur le risque de représailles en cas de sanctions contre des sociétés américaines.

Le président a pris fait et cause pour les poids lourds de la tech américaine, lesquels se sont massivement ralliés à lui depuis son retour au pouvoir, rompant avec la froideur manifestée pendant le premier mandat Trump (2017-2021). Les patrons de Google, Sundar Pichai, et d’Apple, Tim Cook, ont d’ailleurs participé jeudi soir à un dîner à la Maison Blanche réunissant les grands noms du secteur autour de Donald Trump, qu’ils ont couvert d’éloges.

L’amende prononcée vendredi par la Commission est la troisième à viser Google cette semaine. Le groupe a été condamné mercredi aux Etats-Unis à verser 425,7 millions de dollars (362 millions d’euros) à près de 100 millions d’utilisateurs pour atteinte à leur vie privée, selon la décision d’un jury d’une cour fédérale de San Francisco confirmée par le géant américain. Par ailleurs, mercredi 3 septembre, en France, la Commission nationale de l’informatique et des libertés avait infligé une sanction de 325 millions d’euros à Google pour des manquements aux règles sur les données personnelles dans ses pratiques publicitaires.

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En revanche, le groupe a remporté une victoire judiciaire majeure mardi aux Etats-Unis : un juge de Washington lui a imposé des exigences strictes sur le partage des données afin de rétablir l’équité dans la concurrence sur la recherche en ligne, mais sans l’obliger à céder Chrome, son navigateur phare, comme exigé par le gouvernement américain.

Le Monde avec AFP

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