Quand le logement social fait office de « résidence secondaire »

Le locataire d’une résidence principale doit occuper cette dernière « au moins huit mois par an », dit la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs (article 2).Sinon, il risque l’expulsion, surtout dans le secteur social, où la demande de logements est infiniment plus forte que l’offre. C’est ce que rappelle l’affaire suivante.

Le 12 avril 2024, la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP), bailleur social parisien, assigne Mme X devant le juge des contentieux de la protection du tribunal judiciaire de la capitale, pour obtenir la résiliation de son bail et son expulsion.

Elle affirme que, depuis 2020, Mme X n’occupe plus le deux-pièces dont elle a obtenu le transfert de bail, au décès de sa mère, en 1989.

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La RIVP en veut pour preuve sa consommation d’eau, nulle depuis décembre 2019, selon les relevés qu’elle produit. Mais aussi le rapport d’un détective privé, ayant constaté son absence lors de son enquête, diligentée du 3 février 2023 au 10 mars 2023.

Réfrigérateur débranché

La RIVP produit la réponse qu’a faite Mme X, le 30 avril 2023, à la sommation qu’elle lui a envoyée de justifier de sa résidence effective dans les lieux : la locataire a admis y être « moins présente » depuis « sa retraite en juin 2022 »,en raison de « séjours prolongés auprès de sa sœur âgée » : elle n’y passerait plus qu’« en coup de vent ».

La RIVP produit encore le procès-verbal d’un commissaire de justice (huissier), qui, entré dans l’appartement le 13 mars 2024, constate que « le réfrigérateur est débranché », que « la cuvette des toilettes est vide d’eau », que « les lieux sont poussiéreux », et que « le voisin de palier indique ne pas avoir vu Mme X depuis deux ans ».

Chronique | Article réservé à nos abonnés Immobilier : le locataire qui s’absente trop risque l’expulsion

Mme X conteste ce défaut d’occupation. Son avocat affirme que « la RIVP souhaite récupérer les lieux dans le cadre d’un projet de réhabilitation », et « échapper à son obligation de reloger » sa locataire. Il demande que la RIVP soit « condamnée à procéder au relogement de Mme X dans un appartement équivalent, à proximité, et aux mêmes charges et conditions, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ».

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Indignation après la découverte de neuf têtes de cochon devant des mosquées en Ile-de-France

L’entrée de la mosquée Islah, à Montreuil (Seine-Saint-Denis), le 9 septembre 2025. BERTRAND GUAY/AFP

Au moins neuf têtes de cochon ont été retrouvées devant plusieurs mosquées d’Ile-de-France, « quatre à Paris et cinq en petite couronne », a annoncé, mardi 9 septembre, le préfet de police de Paris, Laurent Nuñez, disant ne pas exclure « qu’on en découvre d’autres ». « On ne peut s’empêcher de faire des rapprochements avec des actions précédentes (…) dont il a été avéré que c’étaient des actions d’ingérence étrangère », a ajouté M. Nuñez lors d’un point presse à la mi-journée, appelant toutefois à rester « très prudent ».

A Paris, des têtes ont été découvertes notamment devant des mosquées du 20e et du 15e arrondissement, ainsi que « dans une valise dans le 18e arrondissement », avait précisé plus tôt le parquet de la capitale, ajoutant que le mot « Macron » avait été peint en bleu sur l’un des lieux. A Montreuil, la tête de cochon a été retrouvée « devant l’entrée de la mosquée Islah », a rapporté sur X le préfet de Seine-Saint-Denis, assurant « son soutien à la communauté musulmane de Montreuil et de la Seine-Saint-Denis ».

Emmanuel Macron a exprimé son « soutien » à la communauté musulmane, a rapporté l’entourage du président de la République auprès de l’Agence France-Presse (AFP). M. Nuñez a annoncé l’ouverture d’une enquête, assurant que « tout [était] mis en œuvre pour retrouver les auteurs de ces actes abjects ». L’enquête pour provocation à la haine aggravée par la discrimination en raison de l’appartenance à une race ou religion a été confiée à la brigade criminelle de la préfecture de police de Paris, selon le parquet.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La « haine antimusulmane », « menace majeure pour notre République »

Des « provocations insupportables »

« La Grande Mosquée de Paris condamne avec la plus grande fermeté les actes islamophobes perpétrés cette nuit », qui « visent à diviser notre communauté nationale », a réagi dans un communiqué son recteur, Chems-eddine Hafiz, dénonçant « une nouvelle et triste étape dans la montée de la haine antimusulmane ».

« Tout mon soutien aux responsables et aux fidèles des mosquées touchées par ces provocations insupportables. S’en prendre à des lieux de culte est d’une lâcheté insondable », a également écrit, sur X, le ministre de l’intérieur et président du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau.

Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés « Il est légitime de qualifier le crime perpétré dans la mosquée de La Grand-Combe d’assassinat à caractère islamophobe ou antimusulman »

Plusieurs autres personnalités politiques ont vivement dénoncé ces actes. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a condamné des « actes racistes » et a assuré de sa « solidarité avec la communauté musulmane », précisant que la Ville de Paris avait saisi la justice. « Chauffée à blanc par le soutien à Nétanyahou et les saillies du ministre de l’intérieur (“A bas le voile”) et de son entourage préfectoral (“Rima Hassan Hamas mafieuse”), l’islamophobie se déchaîne en France », a dénoncé, sur X, le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Le sénateur (Parti communiste français) de Paris Ian Brossat a condamné des actes visant « à intimider, à humilier et à nourrir la haine contre nos concitoyens musulmans ».

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Même indignation à droite. La présidente (Les Républicains) de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a jugé que la République devait « protéger les croyants devant les profanations de leurs lieux de cultes qui se multiplient ».

Augmentation des actes antimusulmans

« Cela fait des mois qu’on alerte, et [que] nous ne sommes pas entendus », a affirmé à l’AFP Bassirou Camara, le président de l’Association de défense contre les discriminations et les actes antimusulmans (Addam), demandant une « réaction forte » des autorités.

L’association SOS Racisme a alerté sur des « discours stigmatisants qui se banalisent dans l’espace public » et « légitiment des passages à l’acte », rappelant l’assassinat d’un jeune malien, Aboubakar Cissé, au sein de la mosquée de La Grand-Combe (Gard) en avril.

Des têtes de cochon avaient déjà été déposées devant le local d’une association musulmane dans le Pas-de-Calais en 2024, sur le chantier d’une mosquée de Dordogne en 2019 ou encore devant une mosquée de la Marne en 2017. Les actes antimusulmans enregistrés en France entre janvier et mai ont augmenté de 75 % par rapport à 2024, avec un triplement des atteintes aux personnes, selon des chiffres du ministère de l’intérieur de juillet. La France compte entre cinq millions et six millions de musulmans pratiquants et non pratiquants, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du pays.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La difficile qualification pénale du dépôt de tête de cochon

Le Monde avec AFP

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Nouvel assaut de l’administration Trump contre l’ONU et les droits humains

Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, aux côtés de Jürg Lauber, président du Conseil des droits de l’homme, lors de l’ouverture de la 60e session du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, à Genève, le 8 septembre 2025. FABRICE COFFRINI / AFP

Le courrier est lapidaire. En quelques lignes, il creuse la rupture entre les Etats-Unis de Donald Trump et les Nations unies, en ciblant son Conseil des droits de l’homme. Dans cette lettre, datée du 27 août et passée largement inaperçue, le chargé d’affaires américain auprès de l’instance implantée à Genève fait part du refus de son pays de se soumettre à l’« examen périodique universel sur la situation des droits humains », en principe prévu en novembre.

Ce mécanisme prévoit que le pays examiné présente son bilan sur la situation des droits humains sur son territoire, soumis ensuite aux remarques des Etats membres des Nations unies. Une procédure qui permet de demander des comptes aux gouvernements accusés de violation des droits humains.

Cet examen devrait « être fondé sur des informations objectives et fiables, et conduit d’une façon qui garantisse un traitement équitable. Ce n’est pas le cas aujourd’hui », critique la missive américaine. « Les Etats-Unis s’opposent à la politisation des droits humains au sein du système onusien autant qu’à son biais systématique à l’encontre d’Israël », poursuit le courrier, tandis que les « abus de la Chine, de la Corée du Nord, de Cuba et du Venezuela » seraient dans le même temps « ignorés ». « Les Etats-Unis sont fiers de leur bilan en matière de droits humains », est-il encore écrit, en soulignant que leur « participation aux organisations internationales et à leurs instruments va se concentrer sur la promotion des intérêts et des valeurs américaines ».

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Alzheimer : la Haute Autorité de santé refuse une approbation accélérée du médicament Leqembi

La maladie d’Alzheimer est la plus courante des démences avec des dizaines de millions de malades dans le monde. PASCAL DELOCHE / GODONG / PHOTONONSTOP

La Haute Autorité de santé (HAS) s’est prononcée, mardi 9 septembre, contre une procédure d’approbation accélérée pour le Leqembi, un médicament anti-Alzheimer qui suscite d’importantes attentes, mais est loin de faire l’unanimité quant à son intérêt clinique. Le lécanémab, commercialisé sous le nom de Leqembi, montre une « efficacité modeste (…) associée à un profil de tolérance préoccupant », estime la commission de transparence de cette autorité indépendante, refusant donc une procédure « d’accès précoce » pour le traitement développé par l’américain Biogen et le japonais Eisai.

Ce traitement est à l’origine d’une grande controverse médicale. Avec un autre médicament au fonctionnement semblable, le donanémab, commercialisé sous le nom de Kisunia et développé par Eli Lilly, ils sont les premiers depuis plusieurs décennies à démontrer un léger ralentissement dans la dégradation de l’état des patients atteints d’Alzheimer.

Une partie des spécialistes jugent que ces médicaments marquent une avancée importante contre la maladie d’Alzheimer, la plus courante des démences avec des dizaines de millions de malades dans le monde. Les associations de patients et de proches sont, elles, très majoritairement favorables à leur approbation.

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Potentiels effets secondaires graves

Mais d’autres experts estiment que les bénéfices sont trop modestes pour faire une différence pour les patients, d’autant que ces traitements sont fréquemment associés à des effets graves, des hémorragies et des œdèmes cérébraux – qui peuvent être mortels.

Le Leqembi est autorisé à l’échelle de l’Union européenne (UE) depuis avril, mais les autorités sanitaires européennes avaient initialement refusé son autorisation et ne l’ont donné ensuite qu’en restreignant l’usage aux patients les moins à risque et uniquement en début de maladie d’Alzheimer. Dans ce contexte, la HAS devait se prononcer sur le bien-fondé d’un « accès précoce » au Leqembi en France pour les patients à la maladie peu avancée.

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Cette procédure permet un remboursement immédiat du médicament, au prix fixé par son fabricant. L’autorité de santé, dont les avis ne sont que consultatifs mais généralement suivis par le gouvernement, a finalement estimé que rien ne justifiait une telle approbation en urgence car elle a jugé les effets secondaires bien trop lourds et fréquents au regard des maigres bénéfices. « Le traitement évalué n’est pas susceptible de combler un besoin médical insuffisamment couvert », tranche la HAS.

Cet avis n’exclut toutefois pas que le Leqembi soit un jour remboursé par l’assurance-maladie. La HAS se prononcera plus tard sur une éventuelle procédure de « droit commun », qui impliquerait des négociations plus longues et complexes entre les laboratoires fabricants et les autorités sanitaires.

Le Monde avec AFP

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En direct, mouvement du 10 septembre : après la journée de mobilisation, des participants réfléchissent déjà aux prochaines actions

A Lille, « toutes les classes sociales étaient là, y compris les classes moyennes et les bobos »

Alexandre Humbert, musicien, ne suit normalement « pas beaucoup l’actualité » mais là, venir à la manifestation démarrant de la mairie de Lille, à 14 h 30 précises, a semblé une évidence, comme à son épouse, Camille. Les quarantenaires sont soulagés, ils le disent, de « se retrouver dans cette ambiance, celle de gauche ».

La foule se masse et grossit, bientôt il y aura plusieurs dizaines de milliers de manifestants le long d’un cortège qui dépasse le kilomètre à certains moments, long serpent où règne une ambiance bon enfant, avec drapeaux mélangés, groupes politiques d’extrême gauche, syndicats, planning familial, des jeunes, des vieux, des fanfares, quelques parents avec des enfants sur des vélos.

Les revendications tournent autour de la santé, de l’éducation, sur fond de défiance à l’égard du gouvernement. « Il y a une caste à part qui domine tout », dit Loup Blanc, animateur culturel et auteur. A côté de lui, Olivier Gillioz décortique le malaise au travail, l’érosion des revenus, la vie qui s’effrite. Les deux amis ne savent pas si « un mouvement [comme ça] venu de la base à une chance d’aboutir, mais puisque les autres plus encadrés de façon traditionnelle ne donnent rien… cherchons une voie transversale ».

Loup Blanc, 48 ans, et Olivier Gilloz, 56 ans, avant le départ de la manifestation à Lille, le 10 septembre 2025. AIMÉE THIRION POUR « LE MONDE »

Plus tard dans l’après-midi, alors que le long cortège a traversé Lille dans une ambiance de kermesse, des heurts éclatent à l’approche du théâtre de Sébastopol, rue de Solférino. Les forces de l’ordre nappent de gaz, le cortège hoquette, pleure, hurle, finit par passer néanmoins sous les canons à eau pour atteindre la place de la République où la dispersion va se faire de force.

Noria, habituée des manifestations, a parcouru le cortège en tous sens pour être certaine de voir sa taille, si longue, et sa diversité – « Toutes les classes sociales étaient là, y compris les classes moyennes et les bobos. » Elle sent dans l’air qui brûle autre chose que des gaz lacrymogènes : « Il y a quelque chose qui échappe à ce gouvernement… Il ne s’attendait pas à ce nombre, à cette mobilisation. Et on sent qu’il y a une faille, on sent qu’il y a une faiblesse. » Et de détailler les violences policières de la journée en concluant : « On est entrés dans une ère radicale de l’Etat. »

Jean-Philippe Rémy (envoyé spécial à Lille)

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En direct, guerre en Ukraine : Varsovie n’a « aucun doute » sur l’origine non accidentelle de l’intrusion de drones en Pologne, malgré les démentis de Moscou

Après l’incursion de drones en Pologne, l’OTAN avertit la Russie et dénonce son « comportement dangereux »

L’OTAN a averti mercredi la Russie qu’elle défendrait « chaque centimètre » de son territoire après une incursion de drones dans le ciel polonais, jugée « dangereuse » et « irresponsable ».

Une « évaluation complète » est en cours, mais que cette incursion ait été « intentionnelle ou non, elle est absolument irresponsable, dangereuse », a affirmé mercredi le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, devant la presse.

« Mon message à Poutine est clair : mettez fin à la guerre en Ukraine (…) cessez de violer notre espace aérien et sachez que nous sommes vigilants et que nous défendrons chaque centimètre du territoire de l’OTAN », a-t-il ajouté.

C’est « la première fois que des avions de l’OTAN ont affronté des menaces potentielles dans l’espace aérien allié », a commenté de son côté un porte-parole du Shape, le quartier général des forces de l’OTAN en Europe.

Des avions polonais et néerlandais, des F-35 et F-16 notamment, sont intervenus pour « affronter » cette incursion de drones dans le ciel polonais. Des batteries allemandes de Patriot, systèmes de défense antiaérienne de conception américaine, présentes en Pologne, ont également été activées, selon ce porte-parole. Un avion italien de surveillance aérienne est aussi entré en action, selon cette même source.

La séquence de la nuit dernière a prouvé l’efficacité des systèmes de défense de l’Alliance, a souligné Mark Rutte. Le commandant suprême des forces de l’OTAN en Europe, le général américain Alexus Grynkewich, a également jugé que l’Alliance avait réagi « rapidement et avec détermination à la situation ».

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Après la chute du gouvernement Bayrou, le président de la République dans un champ de ruines

Parmi les expérimentions politiques hasardeuses tentées durant le second mandat d’Emmanuel Macron, le vote de confiance demandé lundi 8 septembre par François Bayrou sur la situation des finances publiques restera dans les annales. Renversé par ses opposants, allant de la gauche au Rassemblement national, qui ont totalisé 364 voix, le centriste est non seulement le premier chef de gouvernement de la Ve République à tomber dans le cadre de cette procédure, mais il laisse derrière lui un champ de ruines.

La maigre coalition qui le soutenait s’est rétrécie avec la défection d’une élue macroniste du Nord, Violette Spillebout, qui coprésidait la commission d’enquête sur les violences en milieu scolaire, et avec les divisions des députés du parti Les Républicains (LR). Vingt-sept d’entre eux ont voté pour la confiance, dont le chef du groupe, Laurent Wauquiez, mais 13 ont choisi de dire non et 9 se sont abstenus.

Si la question de la dette de la France avait été prise aussi au sérieux que François Bayrou le proclamait, alors elle n’aurait jamais dû prêter à un tel coup politique. Parce qu’il sentait que tout lui échappait, le président du MoDem a choisi de se préoccuper de sa personne : tomber à son heure et à ses conditions au terme d’un ultime plaidoyer axé sur la gravité de la situation. Le désastre qui en résulte est total. Au-delà du camouflet qu’il a subi, rien n’est réglé sur le fond et le président de République se retrouve dans une situation politique de plus en plus inextricable.

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Pour le camp présidentiel, qui rêvait, en 2017, de restructurer le champ politique en deux blocs, progressistes contre nationalistes, la séquence qui s’est ouverte en 2022, lors du second mandat d’Emmanuel Macron, ressemble davantage à la poursuite de la décomposition qui affecte depuis des années les partis de gouvernement. Les macronistes et leurs alliés se portent à peine mieux que le Parti socialiste et LR qu’ils prétendaient supplanter. A la perte de la majorité absolue en 2022 a succédé, deux ans plus tard, celle de la majorité tout court, au terme d’une dissolution, cet autre coup qui s’est avéré une faute politique, dont les effets se révèlent toujours plus délétères.

A l’Assemblée nationale après les résultats du vote de cofiance demandé par François Bayrou, le 8 septembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

La France n’est pas le seul pays à devoir gérer la pression des extrêmes et l’émiettement des partis politiques. Mais la culture du compromis, largement développée chez ses voisins, reste à domestiquer et l’exécutif a largement sous-estimé dans ses tentatives d’approche la forte impopularité de la politique qu’il défend. Même s’ils se disent prêts à s’émanciper de La France insoumise, les socialistes étaient d’autant moins enclins à s’engager dans un pacte de non-censure que le plan de François Bayrou est considéré comme fondamentalement injuste par leurs électeurs.

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La situation de blocage dans laquelle s’est installé le pays est grave. Les politiques publiques sont à l’arrêt, la tension sociale s’accroît, le décalage s’accentue entre le rôle que veut jouer le président sur la scène mondiale et les moyens effectifs dont il dispose pour tenir ses engagements.

Au fond de cette impasse, le danger majeur qui menace notre pays, l’accès de l’extrême droite au pouvoir, ne cesse de grandir. Marine Le Pen accentue la pression sur Emmanuel Macron pour tenter d’obtenir une nouvelle dissolution qui, selon les sondages, tournerait à l’avantage de son parti. Ce péril pour notre République ne peut être circonscrit, à l’Assemblée, que par une entente, au minimum, entre les macronistes, les socialistes et LR. Avec sa sortie piteuse, François Bayrou n’a rien fait pour leur faciliter la tâche.

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Le Monde

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Népal : des manifestants incendient le Parlement malgré la démission du premier ministre

Le premier ministre du Népal, Khadga Prasad « KP » Sharma Oli, a annoncé sa démission, mardi 9 septembre, au lendemain de manifestations contre le blocage des réseaux sociaux et la corruption, sévèrement réprimées par la police qui ont fait 19 morts et des centaines de blessés dans le pays. « J’ai démissionné ce jour de mes fonctions de premier ministre (…) afin que des mesures puissent être prises en vue d’une solution politique et d’une résolution de problèmes », a déclaré M. Oli, 73 ans, dans une lettre au président transmise à la presse.

Cela n’a cependant pas suffi à ramener le calme. « Des centaines de personnes ont investi l’enceinte du parlement et mis le feu au bâtiment principal », a rapporté à l’Agence France-Presse (AFP) un porte-parole de l’institution. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent un épais panache de fumée enveloppant l’édifice, au cœur de la capitale Katmandou.

Malgré le couvre-feu instauré au début de la matinée, des groupes de jeunes manifestants sont descendus dans les rues de Katmandou et s’en sont pris toute la journée aux bâtiments publics et aux résidences de dirigeants politiques. Un groupe de protestataires a réussi à s’emparer des armes à feu de policiers chargés de protéger le complexe gouvernemental de Singha Durbar, a constaté un journaliste de l’AFP. Le domicile du premier ministre, âgé de 73 ans, a lui aussi été incendié, selon un photographe de l’AFP.

Mardi soir, dans un communiqué, le président Ram Chandra Poudel a exhorté « tout le monde, y compris les manifestants, à coopérer pour une résolution pacifique de la situation difficile du pays » et « lancé un appel à toutes les parties pour qu’elles fassent preuve de retenue (…) et qu’elles entament des négociations ».

Cet appel a été repris par l’Inde voisine, le premier ministre Narendra Modi déclarant que « la stabilité, la paix et la prospérité du Népal sont d’une importance capitale pour nous ».

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Les réseaux sociaux à nouveau opérationnels

Lundi, au soir d’une journée de violentes protestations, le chef du gouvernement avait ordonné le rétablissement des réseaux sociaux et l’ouverture d’une enquête « indépendante » sur les conditions dans lesquelles la police a ouvert le feu sur la foule. Se disant « profondément attristé » par ce qu’il a qualifié de « tragique incident », M. Oli a aussi annoncé mardi la tenue de discussions avec les partis politiques pour parvenir à « mettre un terme » aux violences. Trois de ses ministres ont déjà démissionné, dont celui de l’intérieur, ont rapporté les médias locaux.

Un manifestant devant un poste de police en feu, à Kathmandou, le 9 septembre 2025. NIRANJAN SHRESTHA/AP Des manifestants devant le complexe gouvernemental de Singha Durbar, à Kathmandou, le 9 septembre 2025. NIRANJAN SHRESTHA/AP

Dès mardi matin, la plupart des plateformes de réseaux sociaux étaient à nouveau opérationnelles, a constaté l’AFP. Le ministre de la communication, Prithvi Subba Gurung, a confirmé la levée du blocage. « Nous sommes prêts à discuter avec les protestataires », a-t-il assuré à l’AFP. La semaine dernière, son administration avait suspendu 26 plateformes, dont Facebook, YouTube, X et LinkedIn, qui ne s’étaient pas enregistrées auprès d’elle dans les délais, au grand dam de millions d’usagers.

Des manifestants devant le complexe gouvernemental de Singha Durbar, à Kathmandou, le 9 septembre 2025. NIRANJAN SHRESTHA/AP

Lundi matin, des milliers de jeunes se sont rassemblés dans les rues de Katmandou et d’autres villes pour exiger le rétablissement de leur réseau favori et dénoncer le fléau de la corruption qui, selon eux, mine le petit pays himalayen. A Katmandou, la situation a dérapé lorsque les forces de l’ordre ont empêché le cortège de s’approcher du Parlement avec des gaz lacrymogènes, canons à eau, matraques, balles en caoutchouc et tirs à balles réelles, selon des journalistes de l’AFP et des témoins.

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Au moins 17 manifestants ont été tués et plus de 400 personnes, dont une centaine de policiers, blessées dans la capitale, selon un bilan du porte-parole de la police, Shekhar Khanal. Deux autres personnes ont été tuées lors d’une manifestation dans le district de Sunsari, dans l’est du Népal, ont rapporté les médias locaux.

Amnesty International a exigé une enquête « indépendante et impartiale » sur les circonstances de l’intervention de la police. La porte-parole du bureau des droits de l’homme des Nations unies, Ravina Shamdasani, a fait de même, se déclarant « choquée par les morts et les blessés ».

De son côté, Reporters sans frontières (RSF) a fait savoir que le siège d’un important groupe de presse, Kantipur, avait été incendié et a appelé les manifestants à « ne pas prendre pour cible les journalistes ».

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En direct, frappes d’Israël au Qatar : Doha continuera de jouer son rôle de médiateur dans la guerre à Gaza, annonce le premier ministre qatari

La flottille pour Gaza affirme qu’un autre de ses bateaux a été touché et soupçonne un drone

« Un autre bateau a été touché dans une attaque présumée de drone », a affirmé, dans la nuit de mardi à mercredi, la « Global Sumud Flotilla » sur Instagram. L’« Alma », qui bat pavillon britannique, a été frappé selon la flottille dans les eaux tunisiennes, au large de Sidi Bou Saïd, dans la banlieue nord de Tunis. Il « a subi des dommages causés par un incendie sur son pont supérieur. Le feu a depuis été éteint, et tous les passagers ainsi que l’équipage sont sains et saufs », selon le texte.

Des journalistes de l’AFP sur place ont pu voir un bateau au loin entouré d’embarcations avec des gyrophares des forces de l’ordre tunisiennes. Des sirènes étaient audibles et des dizaines de militants ont brièvement manifesté sur la plage de Sidi Bou Saïd pour protester contre l’attaque présumée.

« Deuxième nuit, deuxième attaque de drone », a dit à l’AFP Melanie Schweizer, l’une des coordinatrices de la flottille. « Ces attaques répétées interviennent dans un contexte d’agression israélienne intensifiée contre les Palestiniens à Gaza, et constituent une tentative orchestrée pour distraire et faire dérailler notre mission », a dénoncé la flottille dans son communiqué.

La veille, c’est le « Family » qui avait été touché, avaient annoncé les organisateurs, vidéos à l’appui. La Garde nationale tunisienne, l’équivalent de la gendarmerie, avait démenti toute frappe de drone, assurant que selon ses premières constatations, « aucun » engin n’avait été détecté.

La flottille doit prendre la mer mercredi en direction de Gaza.

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Election en Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara en position de force après l’exclusion définitive de ses principaux rivaux

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, à Bouaké, le 7 août 2025. ISSOUF SANOGO / AFP

A un mois et demi de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, le scrutin semble joué d’avance après la publication par le Conseil constitutionnel, lundi 8 septembre, de la liste définitive des cinq candidats retenus pour le scrutin du 25 octobre – sur les 60 qui avaient déposé un dossier. Sans surprise, la plus haute juridiction du pays a validé la candidature du président Alassane Ouattara, désormais grand favori du scrutin, à un quatrième mandat consécutif.

Les candidatures de ses deux principaux opposants, l’ancien chef de l’Etat Laurent Gbagbo, du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), et l’ex-directeur général de Credit suisse Tidjane Thiam, du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire (PDCI), réunis depuis juin dans un « front commun » pour demander une alternance politique, ont été rejetées. Quatre autres opposants pourront bien se lancer dans la campagne électorale, mais leur poids et leur capacité à rassembler sont moindres.

La présidente du Conseil constitutionnel, Chantal Camara, a expliqué que les dossiers de MM. Thiam et Gbagbo ont été déclarés irrecevables au motif qu’ils ne sont pas inscrits sur la liste électorale. Le premier en a été exclu en avril pour une raison administrative liée à sa double nationalité franco-ivoirienne, à laquelle il n’a renoncé qu’en début d’année. La Commission électorale n’ayant pas organisé de révision de la liste électorale en 2025, contrairement à ce que prévoit la loi, il n’a pas pu s’y inscrire à temps. Le second après sa condamnation à vingt ans de prison par la justice ivoirienne, en 2018, pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) pendant la crise post-électorale de 2010-2011.

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