Le rachat de Manus par Meta, symbole de la puissance des géants du numérique dans l’IA

Mark Zuckerberg, lors de l’événement Meta Connect, à Menlo Park (Californie), le 17 septembre 2025. CARLOS BARRIA/REUTERS

Meta rachète Manus. Un géant du numérique rachète une start-up d’intelligence artificielle (IA). L’acquisition annoncée lundi 29 décembre par les deux entreprises illustre la puissance toujours renforcée des grands groupes de tech dans ce secteur émergent. Le groupe de Mark Zuckerberg a dépensé plus de 2 milliards de dollars (plus de 1,7 milliard d’euros), selon le Wall Street Journal, pour cette jeune entreprise spécialisée dans les IA capables d’accomplir des tâches.

Manus a la particularité supplémentaire d’être née en Chine. Son rachat illustre la vitalité de l’écosystème d’IA chinois, qui avait fait sensation en janvier 2025 avec le lancement du modèle DeepSeek. Dévoilé en mars, Manus a, comme DeepSeek, fait sensation en proposant un service compétitif face à ceux des Américains comme OpenAI, Google ou Anthropic. Son rachat intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de rivalité dans l’IA entre les Etats-Unis et la Chine.

En août, l’investissement de 75 millions de dollars du fonds américain Benchmark dans la maison mère de Manus, Butterfly Effect, avait suscité des critiques d’élus républicains antichinois aux Etats-Unis. Mais, depuis, Manus s’est installé hors de Chine, à Singapour. Et n’aura plus de liens ou d’activités en Chine, a assuré Meta au média Nikkei Asia. Il restera toutefois à déterminer si le régime de Pékin prend ombrage de cette acquisition.

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Braquage de banque en Allemagne : 30 millions d’euros de préjudice, selon une estimation de la police

La banque Sparkasse, à Gelsenkirchen, dans l’ouest de l’Allemagne, le 29 décembre 2025. HANDOUT POLICE GELSENKIRCHEN / AFP

Des cambrioleurs ont braqué une banque dans le week-end, à Gelsenkirchen (Rhénanie-du-Nord-Westphalie), dans l’ouest de l’Allemagne, provoquant un préjudice de 30 millions d’euros selon une estimation de la police communiquée mardi 30 décembre.

Armés d’une perceuse géante, les suspects, encore non identifiés, ont fait irruption dans une succursale de la caisse d’épargne locale et vidé près de 3 000 coffres remplis d’argent, d’or et de bijoux, a déclaré un porte-parole de la police à l’Agence France-Presse (AFP). Avec une somme assurée moyenne de 10 000 euros par coffre, les enquêteurs estiment le montant des dommages à environ 30 millions d’euros.

« Nous sommes sous le choc », a déclaré Frank Krallmann, porte-parole de la banque, dans un communiqué. Plus de 95 % des coffres ont été pillés. La banque est par ailleurs restée fermée mardi « pour des raisons de sécurité », car plusieurs clients, inquiets pour leurs biens, se sont rassemblés mardi matin devant la banque et ont proféré des « menaces » contre les employés. La situation s’est calmée en début d’après midi, précise le porte-parole.

« C’est comme dans le film “Ocean’s Eleven” »

La méthode employée pour le braquage a dérouté les enquêteurs : les voleurs ont foré un trou dans la salle des coffres à l’aide d’une immense perceuse. « C’est comme dans le film [américain] Ocean’s Eleven, résume la source policière, tout s’est déroulé de manière très professionnelle ». Les braqueurs ont aussi « profité du calme de Noël », précisait plus tôt un communiqué, la banque étant fermée à cette période.

L’enquête est toujours en cours, alors que l’identité des auteurs et le moment exact du casse demeurent incertains. Selon la police, des témoins auraient aperçu plusieurs hommes dans la nuit de samedi à dimanche, munis de grands sacs dans la cage d’escalier d’un parking adjacent.

Une Audi noire à la plaque d’immatriculation volée, conduite par des hommes masqués, a quitté ce même parking lundi au petit matin, d’après les vidéos de surveillance exploitées par la police. Le cambriolage avait été découvert lundi grâce à une alerte incendie reçue par les pompiers.

Le Monde avec AFP

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Eurostar annonce une reprise progressive du trafic dans le tunnel sous la Manche, mais recommande aux passagers de reporter leur voyage

Un Eurostar à la sortie du tunnel sous la Manche, à Coquelles (Pas-de-Calais), le 4 avril 2025. SAMEER AL-DOUMY/AFP

« Le tunnel sous la Manche ayant partiellement rouvert, nous allons reprendre progressivement nos services », a fait savoir la compagnie sur son site internet mardi 30 décembre, après la suspension de la circulation de « tous les trains entre Londres, Paris, Amsterdam et Bruxelles » pendant plusieurs heures, à la suite d’un double incident technique survenu dans le tunnel sous la Manche qui concerne l’exploitant de ce dernier.

L’exploitant du tunnel Getlink a de son côté affirmé que le service Le Shuttle, c’est-à-dire ses trains qui transportent des véhicules entre la France et le Royaume-Uni, lui aussi suspendu, « a repris très progressivement sur une voie un peu avant 15 heures », heure française. « Il est assuré de manière alternée dans les deux sens avec des retards conséquents ».

« Il y a eu un incident mardi matin lié à un défaut d’alimentation électrique des trains sous le tunnel, nécessitant une intervention technique actuellement en cours sur les câbles », avait expliqué la porte-parole de Getlink.

Echange gratuit de billet

« Le problème d’alimentation électrique aérienne persiste, et nous recommandons vivement à tous nos passagers de reporter leur voyage à une autre date », ajoute la compagnie de train sur son site. « Veuillez ne pas vous rendre à la gare si l’annulation de votre train est confirmée. Nous regrettons que les trains qui peuvent circuler soient soumis à d’importants retards et à d’éventuelles annulations de dernière minute », ajoute-t-elle, en demandant aux clients de regarder en temps réel les dernières informations.

La compagnie avait prévenu un peu plus tôt que la circulation de ses trains via le tunnel sous la Manche entre Londres et le continent était très perturbée et conseillait à ses clients de reporter leur voyage, avant d’annoncer l’arrêt total de la circulation pendant plusieurs heures. Eurostar propose aux clients affectés d’échanger gratuitement leur billet, ou d’annuler leur réservation contre un remboursement ou un bon d’échange.

Un nombre record de 19,5 millions de clients avaient voyagé avec Eurostar l’an dernier, soit 850 000 de plus qu’en 2023. Plusieurs entreprises ont annoncé leur intention, ces derniers mois, d’ouvrir des lignes concurrentes à l’Eurostar, aujourd’hui seule entreprise à transporter des passagers sur la ligne sous la Manche reliant Londres au continent. Le groupe britannique Virgin a obtenu en octobre l’accès au très convoité dépôt londonien de Temple Mills, jusqu’ici réservé à l’Eurostar et indispensable pour lancer des liaisons concurrentes entre Londres et le continent.

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Le Monde avec AFP

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En Isère, le grand flou pour les salariés de la « vallée des puces »

Le site de recherche et développement de STMicroelectronics, à Grenoble, le 13 novembre 2025. FRANCOIS HENRY/REA

La fumée s’élève en colonnes au-dessus de l’usine STMicroelectronics de Crolles, dans la vallée du Grésivaudan, en Isère. De l’extérieur, le site de production de semi-conducteurs, matériau stratégique pour les puces électroniques, semble tourner à plein régime. Mais six mois après l’annonce par l’industriel franco-italien de la suppression de 2 800 postes à travers le monde sur un effectif total d’environ 50 000 personnes (11 500 en France), dont 1 000 départs dans l’Hexagone à l’horizon fin 2027, l’heure est à l’inquiétude. Pour le moment, 370 personnes seraient parties dans le cadre d’un plan de gestion des emplois et des parcours professionnels, selon la CFE-CGC.

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Ce plan suit une réorganisation des activités du groupe. A Crolles, la production des plaquettes de 200 mm doit cesser d’ici à fin 2027. « On est l’usine vitrine de “ST”, mais, derrière, il y a la réalité industrielle », s’alarme Nadia Salhi, déléguée centrale syndicale CGT et ingénieure en recherche et développement (R&D) sur le site isérois.

« Fermer une “fab” [un atelier de production] 200 mm, ce n’est pas facile, c’est même inédit. Mais on garde la R&D, la matière grise, explique Rodolphe Di Stasi, délégué CFE-CGC. Le marché de la microélectronique a toujours été cyclique. Aujourd’hui, on est dans une période de transition et de transformation, un peu dans le creux de la vague, mais il est prévu que le marché reparte. » Spécialisé dans les composants pour les industriels (énergie, médical, automates, machines-outils, appareils ménagers…) et pour les véhicules électriques, STMicroelectronics souffre, depuis mi-2023, d’un ralentissement de ses marchés. Son chiffre d’affaires a baissé de 23,2 % en 2024 et de 15 % au cours des neuf premiers mois de 2025.

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Donald Trump ordonne des frappes contre les « terroristes » au Nigeria, renforçant sa coopération avec Abuja

Capture d’image extraite d’une vidéo diffusée par le commandement américain en Afrique, montrant des missiles lancés par un navire de guerre américain au large du golfe de Guinée, le 25 décembre 2025. U.S. DEPARTMENT OF WAR/VIA REUTERS

Adepte des phrases-chocs, Donald Trump ne s’est pas privé en souhaitant, jeudi 25 décembre, un « joyeux Noëlà tous, y compris aux terroristes morts », sur son compte Truth Social. Son armée vient alors de mener des frappes contre l’organisation Etat islamique dans le nord-ouest du Nigeria. Le président américain avait prévenu, le 1ᵉʳ novembre, qu’il viserait « les terroristes qui commettent des atrocités [contre les chrétiens] ». « Ce soir, ils ont payé », a-t-il surenchéri le jour de Noël.

Le gouvernement nigérian a confirmé les frappes, vendredi, tout en y ajoutant quelques nuances. Interviewé par la BBC, le ministre des affaires étrangères nigérian, Yusuf Maitama Tuggar, a déclaré qu’il s’agissait d’une « opération conjointe » visant des « terroristes », mais que cela « n’avait rien à voir avec une religion particulière », contredisant ainsi le récit de la Maison Blanche.Au Nigeria, les violences commises par les groupes armés touchent majoritairement les musulmans.

Des images de missiles lancés par un navire de guerre américain au large du golfe de Guinée ont été relayées sur le compte X du commandement américain en Afrique. Ces frappes ont visé l’Etat de Sokoto, dans le nord-ouest du pays, où l’implantation de l’organisation Etat islamique en Afrique de l’Ouest (EIAO) demeure très limitée. Selon plusieurs experts, le Pentagone aurait en réalité ciblé les membres du Lakurawa (« recrue », en langue haoussa), un groupe sahélien à cheval sur le Niger, le Nigeria et le Bénin, qui mêle djihadisme et crime organisé.

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Entre patronat et syndicats, un dialogue social grippé

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon, lors de la réunion d’ouverture de la conférence sur le travail et les retraites au ministère du travail, à Paris, le 4 novembre 2025. THIBAUD MORITZ/AFP

Les syndicats et le patronat avaient une occasion en or pour prouver qu’ils sont plus agiles que le personnel politique dans l’art du compromis. Mais le bilan des douze mois écoulés ne s’avère pas vraiment à leur avantage. Plusieurs scènes de ménage fracassantes se sont produites, instillant le doute sur la capacité des acteurs en présence à trouver des terrains d’entente, à l’échelon interprofessionnel. Des tensions malvenues, au moment où le premier ministre, Sébastien Lecornu, prétend vouloir s’appuyer sur eux pour participer à la fabrication d’idées de réformes.

L’échec, à la fin juin, du « conclave » sur les retraites avait constitué un premier coup de tonnerre. Un deuxième a retenti, le 17 octobre, lorsque les représentants des salariés et des chefs d’entreprise, gestionnaires de la caisse de pensions complémentaires Agirc-Arrco, ont été incapables de s’accorder sur une revalorisation des prestations.

Depuis, les signes d’embellie tardent à se dessiner. La négociation sur les ruptures conventionnelles et les contrats courts a démarré, le 3 décembre, dans la confusion, avec une première réunion sans le Medef ni l’Union des entreprises de proximité (U2P). La base des discussions est floue, le patronat voulant revisiter « certains paramètres tels que ceux liés à l’indemnisation » des demandeurs d’emploi, dans le but de « diminuer le coût annuel de l’assurance-chômage de 1 milliard d’euros », alors que le gouvernement réclamait initialement 400 millions d’euros d’économie. Une cible et une approche qui, sans surprise, ne conviennent pas aux organisations de travailleurs.

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Le nouveau congé de naissance, qui devait entrer en vigueur le 1ᵉʳ janvier, reporté à juillet

Le nouveau congé de naissance, qui devait entrer en vigueur le 1er janvier, ne s’appliquera qu’à partir de juillet, mais les parents d’enfants nés ou adoptés entre le 1er janvier et le 31 mai pourront tout de même en bénéficier, a annoncé, vendredi 26 décembre, le ministère de la santé et des familles. Ces derniers auront en effet « un délai supplémentaire exceptionnel, s’étendant jusqu’à la fin de l’année 2026 » pour prendre ce congé, a précisé le ministère.

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« La date du 31 mai a été prise en sachant qu’elle permettait de prendre toutes les situations en compte de manière large », a précisé le ministère à l’Agence France-Presse.

Le calendrier de mise en œuvre du congé supplémentaire, accordé aux deux parents en plus des congés maternité et paternité existants, a fait l’objet de nombreux débats ces derniers mois au Parlement. Initialement fixée à juillet 2027, son application a été avancée à l’Assemblée nationale à janvier 2026, puis décalée à janvier 2027 au Sénat – où ont notamment été mises en avant des contraintes techniques – avant d’être finalement fixée à janvier 2026.

Présenté comme une mesure de soutien à la natalité

« Un délai de déploiement d’un an et demi aurait été nécessaire pour mettre en œuvre dans de bonnes conditions cette réforme », a souligné le ministère. « Cette durée devait permettre aux employeurs de s’adapter, y compris dans leurs logiciels de gestion des ressources humaines, et aux caisses de sécurité sociale d’adapter les systèmes d’information nécessaires à la déclaration, au calcul et au versement de ce nouveau droit. »

« Cette entrée en vigueur plus rapide que prévue pourra malheureusement conduire à des délais d’indemnisation et une lourdeur administrative plus importante que les modalités de déploiement initialement envisagées, qui étaient davantage automatisées », a-t-il ajouté.

Annoncé en janvier 2024 par le président Emmanuel Macron en vue d’un « réarmement démographique », le congé de naissance est présenté par le gouvernement comme une mesure de soutien à la natalité, en déclin en France depuis plusieurs années.

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D’une durée d’un ou deux mois, selon le choix de chacun, ce congé de naissance pourra être pris simultanément ou en alternance avec l’autre parent. Il sera également possible de le fractionner en deux périodes d’un mois. Le montant d’indemnisation du nouveau dispositif doit être fixé par décret mais lors des débats parlementaires, l’exécutif a annoncé qu’il s’élèverait à 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second.

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Le Monde avec AFP

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Livret A : vers une année de décollecte

Devant la Caisse des dépôts, à Paris, le 19 juillet 2024. LUIS ROBAYO/AFP

Sauf énorme surprise en décembre, 2025 ne restera pas comme un bon cru pour le Livret A. Le produit d’épargne vedette des Français, sur lequel sont accumulés près de 439 milliards d’euros, selon les chiffres publiés mardi 23 décembre par la Caisse des dépôts, devrait enregistrer sa première décollecte annuelle depuis 2015. Cette année-là, les fonds déposés sur le célèbre livret, apprécié pour sa liquidité, avait fondu de plus de 9 milliards d’euros.

En 2025, sur les onze premiers mois de l’année, le Livret A a déjà perdu 3,58 milliards d’euros, alors qu’en 2024, sur la même période, il avait gagné près de 12 milliards d’euros sur la même période. Le Livret de développement durable et solidaire (LDDS), le « cousin germain » du Livret A, connaît lui aussi une désaffection relative : fin novembre, ce produit cumulait 161,8 milliards d’euros d’encours, soit 300 millions de moins qu’en octobre.

Cette décollecte est de mauvais augure pour le logement social, financé grâce à l’aide de l’argent du Livret A, qui disposera donc moins de ressources financières dans les années à venir. Elle aurait pu constituer un bon signal pour la conjoncture si elle avait signifié que les Français relâchaient un peu les cordons de la bourse. Ce scénario rêvé par les conjoncturistes, qui désespèrent de voir la consommation repartir après plusieurs trimestres d’atonie, ne correspond malheureusement pas à la réalité.

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Marlène Laruelle, politiste : « Trump et Poutine ont un ennemi commun, l’Europe libérale, mais deux projets stratégiques divergents »

Les Européens s’inquiétaient du risque de désengagement des Etats-Unis et du retour de la tradition isolationniste américaine ? Qu’ils se rassurent. La nouvelle stratégie de sécurité nationale américaine (NSS), publiée le 5 décembre, considère on ne peut plus explicitement que l’Europe est « stratégiquement et culturellement vitale pour les Etats-Unis ». Le prix à payer pour cet intérêt renouvelé est de devenir l’une des terres d’exportation des guerres culturelles américaines, avec pour corollaire des ingérences grandissantes.

Pensée par le courant le plus idéologique du trumpisme, incarné par le vice-président, J. D. Vance, la NSS se donne pour objectif de rendre à l’Europe sa grandeur en brossant un tableau sombre de sa faillite « civilisationnelle ». Celle-ci serait d’ordre démographique, politique, culturel et géopolitique, et résulterait de la négation par l’Europe de sa propre identité et de la soumission de l’Union européenne à des entités supranationales.

Le rapport de la NSS convoque autant le thème complotiste du « grand remplacement » que celui de la censure qu’exerceraient les défenseurs du « wokisme ». Ces termes rappellent ceux que la Russie brandit depuis longtemps déjà. Moscou se présente en effet comme l’authentique Europe, celle de Byzance, non pervertie par le libéralisme des « Anglo-Saxons », celle qui a gardé le souvenir de ses racines chrétiennes et qui chérit la mémoire de l’ancienne Europe. Le Kremlin se pense comme le dernier bastion – le katéchon, littéralement « celui qui retient » dans le langage biblique –avant l’arrivée de l’Antéchrist, le rempart face au chaos libéral, porteur de la promesse d’un salut qui verrait l’Europe renaître de ses cendres.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Effacement civilisationnel » de l’Europe, fin de « la migration de masse »… Les extraits du document qui expose la vision du monde de l’administration Trump

Au-delà des analogies discursives, il serait erroné de réduire la NSS à une simple transposition du discours russe aux ambitions trumpiennes. L’argument mobilisé par la NSS d’une défense de la civilisation occidentale a sa propre généalogie nationale, qui ne doit rien à la Russie et puise dans des traditions purement américaines. Parmi elles, l’anticommunisme judéo-chrétien de la guerre froide, la réaction post-années 1960 contre la sécularisation et le multiculturalisme, le thème du « choc des civilisations » centré sur l’islamisme après le 11-Septembre et la conception racialisée d’un Occident menacé.

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Explosion dans une usine près de Lyon : une deuxième personne est morte des suites de ses blessures

Des pompiers devant l’usine Elkem Silicones, où a lieu l’explosion, à Saint-Fons (Rhône), le 22 décembre 2025. MANON BILLING/AFP

Un deuxième salarié, un homme de 55 ans, blessé lundi lors de l’explosion dans l’usine chimique Elkem Silicones à Saint-Fons, près de Lyon, est mort, a annoncé la préfecture, vendredi 26 décembre. La première victime, un homme de 47 ans, avait succombé mardi. Deux autres personnes ont été gravement blessées.

Le salarié mort vendredi après-midi était hospitalisé pour de graves brûlures, a dit à l’Agence France-Presse (AFP) Estelle Delaune, secrétaire générale CFDT Syndicat Chimie Energie.

Quatre salariés – un ingénieur chimiste, deux techniciens spécialisés et une personne du département santé environnement – avaient été grièvement blessés lundi dans l’explosion d’un atelier pilote du site dans lequel ils travaillaient.

L’origine de l’explosion dans ce site classé Seveso seuil haut, situé au cœur de la « Vallée de la chimie », au sud de Lyon, est pour l’heure encore indéterminée.

Un accident « intolérable »

Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « blessures involontaires par personne morale suivies d’incapacité supérieure à trois mois ». La division de la criminalité organisée spécialisée (DCOS, ex-PJ), et la direction départementale en charge de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) ont été saisies pour déterminer les causes et circonstances de l’explosion. La déflagration a pu être causée par l’émanation d’hydrogène « dans un atelier expérimental », avait déclaré, lundi, Jean-Pierre Lerat, le directeur de l’usine.

Selon le porte-parole, Guillaume Artois, cet atelier était une « unité bien particulière, le laboratoire pilote, qui n’est pas connecté au reste du site ». Il avait été installé en 2021 et répondait aux exigences des « dernières normes de sécurité », avait-il assuré. Une équipe y testait une méthode de dévolatilisation d’huiles de silicone hydrogénées. « Il y avait une réaction qui se passait mal et l’équipe est intervenue. Pendant l’intervention, il y a eu une émission, probablement d’hydrogène gazeux, qui a pu déclencher l’explosion », avait-il ajouté.

Pour éteindre l’incendie qui avait suivi, une centaine de pompiers avaient été mobilisés. L’autoroute A7, les voies ferrées et fluviales sur le Rhône à proximité de l’usine avaient été coupées, et un millier de personnes autour de la zone avaient été confinées.

Il s’agit du troisième mort enregistré en près de dix ans sur le site Elkem de Saint-Fons, après la mort en 2016 d’un homme tué dans l’incendie de fûts de silicone dans un entrepôt. Mercredi, la CGT et la CFDT, majoritaires dans l’entreprise, avaient annoncé leur intention de se porter partie civile, dénonçant un accident « intolérable ». L’usine de Saint-Fons emploie 570 personnes, selon le site Internet d’Elkem.

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Le Monde avec AFP

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