En Allemagne, l’auteur afghan de l’attaque au couteau de Mannheim, en 2024, condamné à perpétuité

Sulaiman A. comparaît devant le tribunal régional supérieur de Stuttgart-Stammheim, en l’Allemagne, le 16 septembre 2025. THOMAS KIENZLE/VIA REUTERS

C’est le premier attentat d’une série qui a polarisé la société allemande : l’auteur afghan de l’attaque au couteau de Mannheim, qui visait un rassemblement anti-islam et avait provoqué la mort d’un policier fin mai 2024, a été condamné mardi 16 septembre à la prison à perpétuité. Le tribunal de Stuttgart a assorti la peine de prison à vie d’une reconnaissance de la gravité particulière de la culpabilité. Ce qui exclut quasiment une libération anticipée de Sulaiman A., 26 ans, considéré comme un partisan du groupe djihadiste Etat islamique (EI).

Le tribunal, qui l’a reconnu coupable d’un meurtre et de quatre tentatives de meurtre, a ainsi suivi les réquisitions du parquet. Le condamné a voulu causer « le plus grand nombre de victimes mortelles possible », a déclaré le juge Herbert Anderer. Le jeune Afghan a reconnu les faits et fini par présenter, au bout du procès, ses excuses aux proches du policier tué. Il a expliqué s’être radicalisé au cours d’échanges sur les réseaux sociaux et a imputé sa radicalisation à l’offensive israélienne contre le Hamas à Gaza.

Le 31 mai 2024 à Mannheim, dans l’ouest du pays, sur la place du marché, il s’en était pris à plusieurs membres d’une organisation anti-islam, le mouvement citoyen Pax Europa (BPE). Il a d’abord poignardé l’orateur principal, Michael Stürzenberger, déjà condamné pour incitation à la haine raciale, qui a subi au total six coups de couteau. Sulaiman A. a ensuite donné des coups de couteau aux personnes venues en aide à M. Stürzenberger, avant de s’en prendre à un policier de 29 ans. Une vidéo le montrant en train de frapper l’agent à la tête avait largement circulé sur les réseaux sociaux, accentuant l’émotion. La victime était morte deux jours plus tard à l’hôpital.

Le juge Anderer s’est adressé aux parents du policier, soulignant qu’il était mort pour « l’Etat de droit, aussi horrible cela soit-il ». Selon les enquêteurs, Sulaiman A. aurait décidé au printemps 2024 de commettre un attentat en Allemagne contre des « infidèles ». Il souhaitait lui-même mourir en « martyr » à la fin de l’attaque « pour entrer au paradis », a déclaré le juge Anderer.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Attentat de Magdebourg en Allemagne : les interrogations sur les manquements des autorités mettent le gouvernement sous pression

Plusieurs violences meurtrières impliquant des ressortissants étrangers

Le condamné vivait jusque-là avec sa femme et ses deux enfants dans une petite ville de la région. Selon le tribunal, il avait fui l’Afghanistan pour l’Allemagne en 2013, comme mineur non accompagné. Sa demande d’asile avait été rejetée, mais il avait pu rester en raison d’une interdiction d’expulsion vers son pays en guerre.

Ce verdict survient une semaine après une autre condamnation à perpétuité, celle d’un Syrien, pour une autre attaque djihadiste au couteau, à Solingen, qui avait fait trois morts en août 2024. Ces deux attentats avaient pesé sur les élections législatives de l’hiver suivant, marquées par la progression du parti d’extrême droite AfD.

Au cours de la campagne, l’Allemagne a connu d’autres violences meurtrières impliquant des ressortissants étrangers qui ont enflammé le débat sur la politique d’asile et la sécurité. Mi-février, l’ouverture du procès de Sulaiman A. avait d’ailleurs coïncidé avec une attaque à la voiture-bélier à Munich, dont l’auteur présumé est également afghan. Elle a fait deux morts, une petite fille de 2 ans et sa mère de 37 ans, et 44 blessés graves. Peu avant, fin janvier, un Afghan souffrant de troubles psychiatriques s’en est pris à un groupe d’enfants dans un parc à Aschaffenbourg (Sud), poignardant à mort deux personnes, dont un garçon de deux ans.

La première économie européenne a accueilli plus d’un million de réfugiés, dont de très nombreux Syriens et Afghans, lors de la crise migratoire de 2015-2016. Mais elle a aujourd’hui définitivement tourné cette page associée à l’ex-chancelière Angela Merkel (2005-2021). Pour enrayer l’ascension de l’AfD, le chancelier conservateur, Friedrich Merz, a opéré un nouveau tour de vis sur la politique migratoire, instaurant notamment le refoulement des demandeurs d’asile aux frontières. En juillet, sa coalition a organisé le rapatriement de 81 condamnés afghans dans leur pays, malgré la présence au pouvoir des talibans.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’attentat à Solingen choque l’Allemagne et divise la coalition au pouvoir

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

LFI refuse l’invitation de Sébastien Lecornu, qui consulte la gauche mercredi à propos du budget 2026

La députée (Val-de-Marne) Mathilde Panot, présidente de La France insoumise et du groupe parlementaire LFI-NFP, à l’Assemblée nationale, le 8 septembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

La France insoumise (LFI) a refusé l’invitation du nouveau premier ministre, Sébastien Lecornu, qui reçoit mercredi à Matignon les responsables de gauche dans le cadre de ses consultations en vue de préparer le budget 2026, a déclaré mardi 16 septembre la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot. Cette dernière a précisé avoir reçu un coup de téléphone lundi soir de Matignon pour inviter LFI mercredi matin, et affirmé que son groupe ne s’y rendrait pas, comme cela avait déjà été le cas lorsque François Bayrou avait voulu les consulter.

« Les “insoumis” n’ont absolument rien à négocier avec les macronistes (…), qui n’ont aucune légitimité pour continuer une politique dont personne ne veut », a affirmé la présidente des députés LFI en conférence de presse. Elle a fustigé un coup de fil « tardif, vers 21 heures », déplorant un « sens du timing (…) extrêmement méprisant ».

Le RN également reçu mercredi

Depuis sa nomination le 9 septembre, Sébastien Lecornu a commencé ses consultations avec d’abord les partis de son « socle commun » (bloc central et Les Républicains), puis les syndicats et organisations patronales. Mardi après-midi, il reçoit des représentants de la galaxie centriste : le groupe parlementaire Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT) à 16 heures, le Parti radical à 17 h 15, le Parti radical de gauche à 18 h 15 et le parti Utiles (proche de LIOT) à 19 h 30.

Mercredi, les responsables du Parti socialiste, des Ecologistes et du Parti communiste français seront reçus dans la matinée, ainsi que le Rassemblement national de Jordan Bardella et Place publique, la formation sociale-démocrate de Raphaël Glucksmann, a fait savoir Matignon, sans préciser les horaires de ces entretiens. Viendra enfin, jeudi, le tour d’Eric Ciotti et de son Union des droites pour la République.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A la Fête de « L’Humanité », les « insoumis », en terrain conquis, fustigent les socialistes

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

La foncière Frey renonce à ses projets de transformation des entrées de ville

Des voitures circulent sur la N6 traversant une zone commerciale, à Créteil, dans le Val-de-Marne, le 11 septembre 2023. VINCENT ISORE/IP3 PRESS/MAXPPP

En 2022, le groupe Frey, spécialiste de la requalification des centres commerciaux, voyait dans la transformation des entrées de ville une opportunité en or. Puisque s’étaler en plein champ n’était plus possible avec le dispositif zéro artificialisation nette (ZAN) de lutte contre la bétonisation des espaces naturels et agricoles,ces zones 100 % artificialisées en bordure de voies rapides, couvertes de magasinset de nappes de parking, devenaient les territoires stratégiques de la ville de demain.

A l’automne 2023, trois ministres du gouvernement d’Elisabeth Borne annonçaient une première enveloppe pour financer les études sur la mue d’une vingtaine de sites pilotes ; une deuxième vague suit pour atteindre 89 premiers projets. Le ZAN est alors sur toutes les lèvres et n’a pas encore été détricoté par le Parlement.

Face à cet intérêt soudain des pouvoirs publics pour ces périphéries, longtemps restées le degré zéro de la pensée urbaine, Antoine Frey, PDG de la foncière qui porte son nom, se met sur les rangs. Quelques mois plus tôt, en décembre 2022, sentant le sujet monter, il s’était d’ailleurs associé avec CDC Habitat et la Banque des territoires pour créer la foncière Repenser la ville, qui devait prendre sa part dans ce vaste chantier.

Il vous reste 77.93% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

En direct, Gaza : plus de cent personnes ont été tuées mardi par l’armée israélienne dans la bande de Gaza, selon l’agence de presse palestinienne WAFa

Plusieurs pays ainsi que l’ONU ont demandé à Israël d’assumer « la responsabilité » de ses actes après l’attaque israélienne au Qatar le 9 septembre

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme et nombre de pays ont condamné, mardi, l’attaque israélienne au Qatar la semaine dernière, dénonçant une « escalade dangereuse » et demandant qu’Israël assume « la responsabilité » de ses actes.

« La frappe israélienne contre les négociateurs à Doha le 9 septembre est une violation choquante du droit international » et « une atteinte à la paix et à la stabilité régionales », a déclaré le haut-commissaire Volker Türk, lors d’un débat organisé en urgence au Conseil des droits de l’homme à Genève.

Dénonçant « une attaque contre la paix et la stabilité régionales », il a demandé qu’Israël assume « la responsabilité de ses meurtres illégaux ». Selon M. Türk, les frappes israéliennes compromettent en outre « le rôle essentiel du Qatar en tant que facilitateur et négociateur de paix ».

Le Qatar et plusieurs dizaines de pays représentés ont fait écho à ses déclarations lors du débat, qui a duré trois heures. La ministre qatarie de la coopération internationale, Maryam bint Ali bin Nasser Al-Misnad, a dénoncé « l’attaque déloyale » d’Israël et a demandé que la communauté internationale « prenne des mesures concrètes pour mettre les agresseurs face à leur responsabilité et empêcher l’impunité ».

« Cette attaque n’était pas un incident isolé, mais plutôt une partie d’une campagne plus large visant à brouiller le rôle du Qatar et à faire obstacle à ses efforts diplomatiques », a-t-elle ajouté.

L’attaque israélienne, qui visait des responsables du Hamas, a été menée le 9 septembre contre un complexe résidentiel à Doha, capitale du pays médiateur dans les négociations en vue d’un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.

Les frappes israéliennes ont tué cinq membres du mouvement palestinien et un membre des forces de sécurité qataries, mais le mouvement islamiste a dit que les responsables visés avaient pour leur part survécu.

L’ambassadeur de l’Union européenne (UE), Deike Potzel, a déclaré que l’UE était fidèle à une « condamnation de principe du terrorisme sous toutes ses formes », tout en soulignant son « soutien à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Qatar », appelant Israël à « respecter la législation internationale ». « Nous appelons toutes les parties à se retenir de toute action menaçant les canaux de médiation et la stabilité régionale », a-t-elle dit.

L’ambassadeur de Chine, Chen Xu, a déclaré que son pays « reje[tait] fermement et condamn[ait] catégoriquement » l’attaque du 9 septembre sur le Qatar, qualifiée de « tentative délibérée de faire dérailler le processus de négociation ».

Certaines des critiques les plus vives sont venues de l’Afrique du Sud, pays qui a porté une requête contre Israël devant la Cour internationale de justice, l’accusant de commettre un génocide à Gaza. L’attaque « frappe le cœur même du processus de médiation », a déclaré l’ambassadeur sud-africain Mxolisi Nkosi, affirmant que cela « démontre qu’Israël ne veut pas mettre fin à sa guerre génocidaire contre le peuple palestinien ».

« Il est temps pour la communauté internationale de montrer par des contre-mesures concrètes qu’Israël ne bénéficie pas d’une forme immunité spéciale à sa responsabilité », a-t-il ajouté.

Source

Robert Redford, légende du cinéma américain, est mort

Il aura représenté, à lui tout seul – à la fois comme comédien choisissant avec soin les personnages qu’il incarnait mais aussi comme réalisateur –, un certain cinéma américain, généreux, engagé, progressiste, romantique, un cinéma questionnant parfois, toujours avec douceur, les fondements mêmes de son identité. Il était également attaché à le changer, à promouvoir les nouveaux talents, à la recherche peut-être d’une utopie, au cœur et à côté d’Hollywood. Loin de la masculinité rugueuse et de la mélancolie conservatrice d’un Clint Eastwood ou de l’exubérance hédoniste et psychédélique d’un Jack Nicholson, il y avait Robert Redford. Il est mort dans sa demeure à Sundance (Utah), mardi 16 septembre, à l’âge de 89 ans, a annoncé son agent Cindi Berger, citée par le New York Times.

Robert Redford est né le 18 août 1936 à Santa Monica (Californie). Enfant et adolescent turbulent, il tenait de sa mère (qu’il perdra à l’âge de 19 ans) une érudition certaine et un goût forcené pour les arts. Il fait le désespoir de son père, plus conservateur, comptable à la Standard Oil, en esquivant les études, se faisant régulièrement renvoyer du lycée, puis de l’université, après avoir commis de petits délits ou en raison de la fréquence de ses états d’ivresse.

Echantillon parfait de cette jeunesse mal à l’aise dans l’Amérique petite-bourgeoise de l’après-guerre, une Amérique qui se croit sortie de l’histoire, le jeune Redford ressemble à un personnage issu d’un roman de Jack Kerouac, un de ses auteurs favoris. Il lit, en effet, beaucoup, écoute abondamment du jazz West Coast, peint et surtout voyage. Loin des Etats-Unis parfois. En 1956, il séjourne à Paris, où il étudie aux Beaux-Arts, puis à Florence, en Italie. Il est persuadé d’avoir trouvé sa voie dans la peinture. Son séjour en France le marquera profondément. Il déclarera : « Ma découverte de la France prégaulliste fut le début d’une conscience politique cohérente, car j’ai dû m’interroger sur la raison pour laquelle il était difficile, pour nous, Américains, de nous adapter à l’étranger. Mais j’ai aussi pris conscience de la puissance économique et culturelle de l’Amérique. »

Il vous reste 89.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Pourquoi Rachida Dati est visée par une enquête préliminaire pour « non-déclaration » à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique

La ministre de la culture démissionnaire Rachida Dati, à Paris, le 10 septembre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Renvoyée en procès pour « corruption » et « trafic d’influence » dans l’affaire Renault, en lien avec l’ex-PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn, Rachida Dati va devoir s’expliquer dans le cadre d’une autre affaire judiciaire. Selon des informations de l’AFP, confirmées au Monde par le ministère public, une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet de Paris concernant des bijoux que la ministre de la culture démissionnaire aurait omis de déclarer à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Les investigations ont été confiées à la brigade financière et anticorruption de la police judiciaire de la Préfecture de police, indique le parquet de Paris.

Cette procédure pour « l’éventuelle infraction de non-déclaration de bijoux à la HATVP » découle de deux signalements émis en juin par le sénateur socialiste de Paris Rémi Féraud ainsi que par Raymond Avrillier, un ancien adjoint au maire de Grenoble, déjà en partie à l’origine de l’enquête sur les sondages de l’Elysée sous Nicolas Sarkozy. En avril, Libération avait identifié 19 bijoux de luxe, pour un montant total de 420 000 euros, détenus depuis 2017 par Mme Dati. Or, relevait le quotidien, elle ne les avait pas mentionnés dans ses dernières déclarations de ministre à la HATVP, ni en 2024 ni en 2025. Chaque pièce dont la valeur est supérieure à 10 000 euros doit pourtant, en principe, être déclarée.

Il vous reste 70.72% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Séisme en Afghanistan : les femmes privées de soins en raison des règles religieuses édictées par les talibans

Une femme et ses enfants, survivants du séisme, attendent les secours dans le village de Wadir, dans l’est de l’Afghanistan, le 2 septembre 2025. NAVA JAMSHIDI/AP

Depuis la première secousse du séisme survenu dans la nuit du 31 août, la terre n’a pas cessé de trembler dans l’est de l’Afghanistan. Selon le gouvernement taliban, le bilan s’élève à 2 205 morts et 3 640 blessés. D’après l’ONU à Kaboul, ces chiffres sont toujours « provisoires », les victimes n’ayant pas toutes été retrouvées sous les décombres des maisons détruites dans des zones difficiles d’accès.

De plus, selon les témoignages recueillis par Le Monde auprès d’organisations humanitaires déployées sur le terrain et de rares responsables de santé afghans qui osent s’exprimer, les pertes humaines auraient été aggravées par le manque d’organisation et la priorité donnée par le régime à la religion sur l’efficacité des secours et l’accès aux soins médicaux, notamment pour les femmes.

Mardi, une équipe de la Croix-Rouge internationale (CICR) s’est rendue dans le village de Massoud, non loin de Mazar Dara, dans le district de Nurgal de la province de Kunar, la plus touchée par le séisme. Après quatre heures de routes très accidentées, elle a découvert un paysage dévasté. « Les 85 maisons du village sont par terre, témoigne Achille Després, du CICR. Sur les 1 000 habitants, une soixantaine est morte et 130 sont blessés. »

Il vous reste 84.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Assassinat de Charlie Kirk : ce que l’on sait de Tyler Robinson, le suspect arrêté

Le suspect dans l’assassinat de Charlie Kirk, Tyler Robinson, sur un écran à Orem (Utah), le 12 septembre 2025. PATRICK T. FALLON/AFP

« Nous l’avons attrapé » : le gouverneur de l’Utah, Spencer J. Cox, a confirmé vendredi 12 septembre l’arrestation de l’homme soupçonné d’avoir tué l’influenceur conservateur, Charlie Kirk, au cours d’une conférence de presse. Le suspect se nomme Tyler Robinson et a été interpellé jeudi soir.

L’annonce avait été faite quelques instants plus tôt par le président des Etats-Unis, Donald Trump, au cours d’une émission sur Fox News. « Je pense, avec un haut degré de certitude, que nous l’avons en détention », a déclaré le président américain, ajoutant que « quelqu’un de très proche l’a[vait] dénoncé ».

Un suspect, sans affiliation politique connue, dénoncé par un ami de la famille

Agé de 22 ans et originaire de l’Utah, Tyler Robinson a été signalé aux autorités par un ami de la famille. Au cours de sa conférence de presse, le gouverneur a annoncé qu’« un membre de la famille » du suspect a joint un ami, lequel a ensuite contacté les autorités pour les informer que « Robinson leur avait avoué ou laissé entendre son implication » dans l’assassinat. Il a été appréhendé jeudi soir après trente-trois heures de traque, selon le directeur de la police fédérale (FBI), Kash Patel.

Donald Trump a déclaré sur la chaîne Fox News que « quelqu’un de très proche » du tueur présumé « l’avait dénoncé », ajoutant que le père du suspect lui-même ainsi qu’un pasteur avaient joué un rôle.

D’après son entourage, M. Robinson n’avait pas d’affiliation politique connue. Mais il s’est politisé ces dernières années et avait parlé de Charlie Kirk au cours d’un dîner, disant qu’il viendrait à l’université, et expliquait que l’influenceur conservateur « était plein de haine et répandait la haine », a souligné Spencer Cox.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’assassinat de Charlie Kirk, un proche de Trump, replonge les Etats-Unis dans la violence politique

Il a fait ses études primaires et secondaires dans la ville de Saint George et n’a pas de casier judiciaire dans l’Etat, selon les médias américains. « Pendant trente-trois heures, j’ai prié pour que (…) ce ne soit pas l’un d’entre nous, mais quelqu’un venu d’un autre Etat ou d’un autre pays », a confié vendredi le gouverneur au sujet de Tyler Robinson. « Mais cela s’est passé ici, et c’était l’un d’entre nous », a-t-il reconnu.

Des inscriptions antifascistes sur les munitions

Le gouverneur Spencer Cox a également annoncé que des messages antifascistes avaient été retrouvés sur les munitions découvertes après l’assassinat. Sur une cartouche qu’il n’a pas utilisée était gravé « Bella ciao », titre d’une chanson italienne adoptée par la résistance antifasciste pendant la seconde guerre mondiale. Sur une autre figurait l’inscription « Hé, fasciste, attrape ! ». « Je pense que cela se passe de commentaires », a assuré le gouverneur.

Le Monde Mémorable

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Découvrir

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l’application

Newsletter abonnés

« International »

L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine

S’inscrire

Des images de vidéosurveillance de l’université Utah Valley montrent Tyler Robinson, selon le gouverneur, arrivant près du campus dans une Dodge Challenger mercredi matin, environ quatre heures avant l’attaque, toujours selon M. Cox.

Donald Trump s’en prend à « la gauche radicale »

La dépouille de Charlie Kirk a été transportée jeudi dans l’avion du vice-président J. D. Vance vers Phoenix, dans l’Arizona, le siège de son association Turning Point USA qu’il avait cofondée en 2012, à l’âge de 18 ans, et qui est devenue en une décennie le plus important groupe de jeunes conservateurs aux Etats-Unis.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Charlie Kirk, devenu un « martyr » pour l’extrême droite européenne

Depuis l’assassinat, l’influenceur et podcasteur trentenaire, très présent sur les réseaux sociaux avec des millions d’abonnés sur plusieurs plateformes, est qualifié de « martyr » par les conservateurs américains et l’extrême droite européenne.

Un terme repris par sa propre épouse, Erika Kirk, dans une déclaration diffusée en direct sur les réseaux sociaux vendredi soir et émaillée de multiples références religieuses.

« Ceux qui font le mal et sont responsables de l’assassinat de mon mari n’ont aucune idée de ce qu’ils ont fait (…) Vous n’avez aucune idée de ce que vous venez de déclencher dans ce pays tout entier, dans ce monde. (…) Vous n’avez aucune idée du feu que vous avez allumé (…). Les larmes de cette veuve vont résonner dans le monde entier comme un cri de guerre », a-t-elle déclaré, debout à côté de la chaise depuis laquelle son mari animait son podcast.

Donald Trump, qui a prévu d’assister à ses funérailles, avait dès le jour du drame mis en cause la responsabilité de la « gauche radicale » avant d’appeler ses partisans à la retenue. « Il militait pour la non-violence. C’est de cette manière que je voudrais que les gens répondent », a déclaré jeudi le président républicain, après avoir annoncé qu’il remettrait à la victime de 31 ans la médaille présidentielle de la liberté, la plus haute distinction civile américaine, à titre posthume.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Après l’assassinat de Charlie Kirk, l’administration Trump entre deuil et désir de vengeance

Mais vendredi sur Fox News, le président américain, lui-même visé par deux tentatives d’assassinat lors de la dernière campagne électorale, a lancé une attaque en règle contre les « extrémistes » de gauche et ses cibles de prédilection, dont l’ancien président Joe Biden et le milliardaire George Soros. Le gouverneur républicain de l’Utah, Spencer J. Cox, a lui estimé que l’assassinat de M. Kirk « porte atteinte aux fondements mêmes de ce que nous sommes ».

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

En Chine, Dior sanctionnée pour avoir mal protégé les données de ses clients

Devant un panneau publicitaire pour Dior dans un centre commercial, à Pékin, le 28 décembre 2024. JADE GAO / AFP

En Chine, l’essor des achats via les plateformes vidéos, les messageries et les applis de paiement a fragilisé la protection des données des clients. Les marques de luxe, même bien implantées, peinent à s’y adapter.

Le 7 mai, les clients chinois de Dior (LVMH) ont reçu un SMS les alertant d’une vaste fuite de données incluant le nom, le numéro de téléphone, leur adresse postale mais aussi leur historique d’achats et préférences de consommation. L’entreprise venait de subir une cyberattaque majeure ciblant ses divisions mode et accessoires en Chine et en Corée du Sud. Dior avait aussitôt lancé une enquête et signalé l’incident aux autorités, tout en assurant avoir pris des mesures pour renforcer la sécurité de ses systèmes informatiques. Mais, mardi 9 septembre, la télévision d’Etat CCTV a révélé que la sécurité publique avait, au terme d’une longue enquête, constaté trois infractions à sa loi sur la protection des informations personnelles, en vigueur depuis novembre 2021, et imposé des sanctions administratives à l’intéressé.

Selon les autorités, Dior Chine a transmis des données personnelles au siège français « sans avoir passé l’évaluation de sécurité de sortie des données, ni conclu un contrat standard de sortie des données ou obtenu une certification de protection des données personnelles ». Ensuite, Dior Chine n’aurait pas informé ses clients « de manière adéquate » sur la façon dont ses données allaient être utilisées par ledit siège français. Enfin, Dior n’aurait pas crypté ses données comme l’exige la réglementation.

Il vous reste 21.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Les services de renseignement israéliens reconnaissent que le programme nucléaire iranien n’a pas été anéanti

Les dégâts causés à l’usine d’enrichissement de Fordo après les frappes américaines menées en Iran, le 23 juin 2025, sur une image satellite du 24 juin. MAXAR TECHNOLOGIES VIA AP

Depuis les frappes ayant visé les installations nucléaires iraniennes lors de la « guerre des douze jours », du 13 au 25 juin, entre l’Iran et le duo israélo-américain, les versions officielles divergent toujours sur l’état de son programme d’acquisition de la bombe. Le 12 juillet, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, assurait au Monde, que « l’affirmation selon laquelle un programme nucléaire pacifique aurait été anéanti relève d’une erreur de calcul ». Il ajoutait, menaçant, que la course à la prolifération nucléaire était même relancée. Donald Trump, le président américain, se félicitait, lui, le 26 juin, d’avoir « complètement détruit le programme nucléaire » iranien et qualifiait de « fake news » toute assertion contraire.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Après la « guerre de douze jours » entre Israël et l’Iran, beaucoup de questions et peu de certitudes

Début septembre, selon une source diplomatique française, proche de l’Elysée, les Israéliens ont livré aux autorités françaises leur propre bilan des frappes concentrées, en juin, sur l’arsenal nucléaire iranien. Il contredit les dires du chef de la Maison Blanche. D’après ce témoin, ayant eu connaissance de ces échanges, Israël a confié que « si les sites de fabrication de centrifugeuses et l’essentiel des installations servant à enrichir l’uranium ont été détruits, notamment sur les sites de Fordo et Natanz, les Iraniens disposent encore de ce type de matériel ». Mais ces derniers en ont-ils assez ? « En trop faible nombre pour remettre à court terme le programme en marche, mais ce n’est qu’une question de temps », estiment les services secrets israéliens.

Il vous reste 72.37% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source