Simon Mordue, le diplomate caméléon de l’Union européenne

LETTRE DE BRUXELLES

Simon Mordue, l’ancien ambassadeur de l’Union européenne au Kenya, à Nairobi, le 8 mars 2021. SIMON MAINA / AFP

Dans le microcosme bruxellois, l’annonce a fait son petit effet. Et elle surprend encore beaucoup de diplomates. Simon Mordue, le sherpa de l’ancien président du Conseil européen Charles Michel, est devenu début septembre le conseiller diplomatique d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission. Il succède à Elisabetta Belloni, l’ancienne patronne des services secrets italiens, qui avait été nommée début 2025. Cette dernière n’a pas réussi à s’imposer au siège de l’exécutif européen.

« Björn Seibert, l’omnipotent directeur de cabinet et sherpa attitré de la présidente de la Commission, ne souhaitait pas partager cette tâche avec elle », glisse une bonne source à Bruxelles. Le directeur du cabinet de Mme von der Leyen a donc choisi de la remplacer par Simon Mordue, un fonctionnaire européen d’origine britannique, disposant d’un passeport irlandais.

Quand on connaît les relations glaciales qu’entretenaient la présidente de la Commission et l’ancien premier ministre belge, ainsi que leurs équipes respectives, une telle nomination ne lasse pas de surprendre. Entre 2019 et 2024, les locataires du Justus Lipsius, le siège du Conseil, et du Berlaymont, les deux bâtiments de part et d’autre de la rue de la Loi, au cœur du quartier européen à Bruxelles, ont eu toutes les peines du monde à cohabiter.

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Un minuscule échantillon prélevé sur l’astéroïde Ryugu remet en cause les hypothèses sur l’origine de l’eau sur la Terre

L’ombre de la sonde Hayabusa-2 à la surface de l’astéroïde Ryugu. JAXA

D’un échantillon d’astéroïde pas plus gros qu’un grain de sable peut-il jaillir une découverte sur l’histoire du Système solaire et sur l’origine de l’eau sur la Terre ? C’est ce à quoi se consacre une équipe internationale de chercheurs qui travaille sur les grains de matière que la sonde Hayabusa-2, de l’Agence japonaise d’exploration aérospatiale, a prélevés sur Ryugu en 2019. Les 5,4 grammes issus de cet astéroïde carboné, largués sur la Terre en décembre 2020 par la sonde après un voyage de plusieurs millions de kilomètres, ont déjà donné lieu à plusieurs publications scientifiques.

Cette fois, les chercheurs emmenés par Tsuyoshi Iizuka, du département des sciences planétaires de l’université de Tokyo, ont fait des recherches isotopiques à partir de quatre grains de quelque 20 milligrammes chacun, soit moins d’un dixième de gramme au total. Leurs conclusions remettent en cause ce que l’on pensait savoir depuis des décennies sur l’eau apportée sur la Terre par les astéroïdes, ces objets nés aux tout débuts du Système solaire, il y a 4,6 milliards d’années.

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Après l’assassinat de Charlie Kirk, l’administration Trump annonce une répression sans précédent contre la « gauche radicale »

Le vice-président américain, J. D. Vance, présente un épisode du « Charlie Kirk Show » dans l’Eisenhower Executive Office, à la Maison Blanche, à Washington, le 15 septembre 2025. DOUG MILLS / AFP

Le siège de Charlie Kirk n’est pas resté longtemps vide. Lundi 15 septembre, c’est le vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, qui s’est symboliquement installé à son micro, à la Maison Blanche, pour animer une émission à la mémoire de son ami assassiné. Une façon d’illustrer à quel point ce dernier, à la tête de l’organisation Turning Point USA, était un pilier de l’administration, bien que sans titre officiel.

Animé d’une colère à peine rentrée, multipliant les citations de la Bible, l’animateur d’un jour a filé une anaphore glaçante sur l’impossibilité à réunir le pays avant d’« escalader la montagne de la vérité ». « Il n’y a pas d’unité », a-t-il répété, « avec ceux qui célèbrent l’assassinat de Charlie Kirk », avec « ceux qui financent ces articles, qui paient les salaires de ces sympathisants des terroristes ».

J. D. Vance a désigné nommément pour cibles l’Open Society Foundation, fondée par le milliardaire George Soros, et la Ford Foundation. Elles sont accusées d’avoir financé le magazine mensuel de gauche The Nation, où le vice-président a lu un article présentant, selon lui, une vision déformée de Charlie Kirk, en raciste. La revue n’a bénéficié d’aucuns fonds de cette origine, a déclaré Bhaskar Sunkara, son président. Cela n’a pas empêché J. D. Vance de reprocher aux deux fondations de « mettre le feu à la maison construite par la famille américaine depuis deux cent cinquante ans ».

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« La fraude sociale corrompt tout, y compris le pacte social »

Droit social. « Dans la vie, y a pas de grands, y a pas de petits. La bonne longueur pour les jambes, c’est quand les pieds touchent terre. » A l’instar de Coluche, il n’y a pas de bon niveau de protection sociale, mais celui que chaque nation est capable de financer.

L’Assurance-maladie a connu un déficit de 13,8 milliards d’euros en 2024. Avec des raisons aussi structurelles : vieillissement, montée des arrêts longs liés à la santé mentale, etc. Mais, dans nos conditions de température (financière) et de double pression démographique (moins d’enfants, plus de seniors), il nous faut systématiquement veiller à ne pas l’aggraver.

Or, la fraude corrompt tout, y compris notre pacte social.

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Côté recettes générales, les contrôles ciblés de l’Urssaf ont conduit à 1,57 milliard d’euros de redressements en 2024 : quatre fois plus qu’il y a dix ans. Plus dissuasif.

Légalité et légitimité

Côté arrêts maladie : le renversant « je me mets en arrêt ! » incarne la croissance des certificats de complaisance, et sans doute aussi un problème de management.

Lire aussi | Quatre salariés sur dix se sont vu prescrire un arrêt maladie en 2024 ; les 18-34 ans et les manageurs sont les plus concernés

Légalité et légitimité ne font ici plus bon ménage. L’opinion publique s’étonne de voir indemnisé un salarié dont les pratiques quotidiennes contredisent son arrêt. La caricature étant le cas d’un mécanicien en arrêt pour une affection touchant ses deux mains, mais pilote de rallye amateur (Cass. soc., 16 oct. 2013). Tandis que les collègues héritent souvent des tâches de l’absent, avec in fine une spirale infernale d’absentéisme local, et de suspicion générale à l’égard de tous les malades.

Explication juridique. La Cour de cassation sépare l’assuré, devant rendre des comptes à la seule caisse primaire d’assurance-maladie, et le salarié en « arrêt de travail » qui, n’étant plus subordonné, n’en a en principe pas de comptes à rendre à son employeur.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Arrêts maladie : les pistes du gouvernement inquiètent les partenaires sociaux

Un exemple topique : le malade « doit s’abstenir de toute activité non autorisée ».Quid de celui qui travaille pour une autre entreprise ? En principe, travailler pour une sociéténon concurrentene constitue pas, en soi, un manquement à l’obligation de loyauté. Pour fonder un licenciement, le salarié doit avoir causé un préjudice à son employeur. Ce qui, selon nos juges, n’est pas le cas des indemnités complémentaires versées.

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Pourquoi le dispositif « Portable en pause », pour que les élèves déposent leur téléphone dans des casiers, a été ignoré par la plupart des collèges

Des élèves du collège Anjou-Bretagne de Saint-Florent-le-Vieil (Maine-et-Loire) mettent leur téléphone portable dans une housse verrouillée jusqu’à la fin des cours, le 11 novembre 2024. JOSSELIN CLAIR/« LE COURRIER DE L’OUEST »/MAXPPP

Seuls 9 % des collèges ont mis en place, en cette rentrée, le dispositif « Portable en pause », qui consiste pour l’élève à se séparer physiquement de son téléphone en le déposant dans un casier ou dans une pochette scellée. La ministre de l’éducation nationale démissionnaire, Elisabeth Borne, avait pourtant insisté à la rentrée sur sa généralisation.

Derrière ce constat, dressé par le syndicat majoritaire des chefs d’établissement SNPDEN-UNSA dans son enquête de rentrée, on trouve à la fois du refus net et de l’attentisme : « 67 % disent qu’ils ne le feront pas, 25 % ne savent pas parce qu’ils attendent d’en savoir plus auprès de leur département », indiquait Bruno Bobkiewicz, le secrétaire général du syndicat, le 12 septembre.

Pour une majorité de principaux, cette mesure est plus ou moins sans objet, puisque l’usage du téléphone portable est déjà interdit dans les collèges depuis 2018. En pratique, les enfants peuvent l’avoir sur eux, mais ils n’ont pas le droit de s’en servir.

« On ne peut pas être contre le fait que les élèves utilisent moins leur téléphone, reconnaît Michaël Vidaud, principal dans un collège de Nice et secrétaire national au SNPDEN. Mais la loi de 2018, selon moi, est suffisante, car elle permet de confisquer des téléphones et de prendre des sanctions. » Depuis la rentrée, ce chef d’établissement a confisqué un seul appareil, à la fin de la deuxième semaine de cours. « Vous voyez, ce n’est pas insurmontable », conclut-il, en soulignant plutôt un problème au niveau des lycées – où le téléphone est autorisé dans les couloirs et où les élèves s’en servent en permanence.

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La Cour des comptes appelle à « agir d’urgence » contre la « dégradation continue et avérée de notre environnement »

La Cour des comptes, à Paris, le 4 octobre 2022. ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Alors que les responsables politiques regardent ailleurs, une des plus vieilles institutions françaises s’empare du défi environnemental. Dix-huit mois après un rapport annuel consacré aux défis de l’adaptation au changement climatique, la Cour des comptes publie, mardi 16 septembre, une première enquête thématique sur la transition écologique. Le document souligne l’importance de l’enjeu, mais aussi ses complexités pour un monde politique trop souvent obnubilé par les contingences de court terme. « La dégradation continue et avérée de notre environnement appelle une action urgente pour en limiter les impacts », écrivent les magistrats de la rue Cambon pour qui la transition « doit être menée sans délai et, idéalement, de façon coordonnée » même si « depuis plusieurs mois, la préoccupation écologique semble être passée au second plan de l’actualité du fait d’autres priorités ».

S’appuyant sur les travaux de nombreux scientifiques, sur les enquêtes conduites par les chambres régionales et territoriales des comptes, mais aussi sur un comité d’appui composé de nombreux experts, la Cour dresse un constat lucide sur la situation. Si « des progrès sensibles sont observés », s’agissant par exemple de certains polluants atmosphériques, mais aussi des émissions de gaz à effet de serre (GES), qui ont diminué en France de plus de 30 % entre 1990 et 2023, « les politiques de transition déjà engagées produisent des résultats positifs, mais encore fragiles et parfois insuffisants ».

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Explosion dans le port de Beyrouth en 2020 : le propriétaire du bateau transportant le nitrate d’ammonium arrêté en Bulgarie

Cette photo montre une vue générale du lieu de l’explosion qui a frappé le port de Beyrouth, au Liban, le mercredi 5 août 2020. BILAL HUSSEIN / AP

Le propriétaire du navire lié à l’explosion dans le port de Beyrouth en 2020 a été arrêté le 5 septembre à l’aéroport de Sofia, a annoncé mardi 16 septembre la porte-parole du tribunal de la capitale bulgare.

Igor Grechushkin, citoyen russo-chypriote de 48 ans, est désigné par les autorités libanaises comme le propriétaire du Rhosus, le navire qui transportait le nitrate d’ammonium débarqué dans le port de Beyrouth où il avait explosé, faisant plus de 200 morts et des dégâts énormes.

Après son arrestation, l’homme a comparu devant le tribunal de Sofia le 7 septembre et a été « placé en détention pour une durée maximale de quarante jours », a précisé la porte-parole. Selon la législation bulgare, les autorités qui demandent une extradition ont quarante jours pour envoyer les documents nécessaires au transfert de la personne recherchée.

M. Grechushkin a été interpellé à son arrivée en provenance de Paphos (Chypre), sur la base d’une notice rouge d’Interpol, a confirmé à l’Agence France-Presse une autre source judiciaire bulgare, sous couvert de l’anonymat. Une notice rouge d’Interpol est « une demande aux forces de l’ordre du monde entier de localiser et d’arrêter provisoirement une personne dans l’attente de son extradition » ou « d’une action en justice ».

Le Monde avec AFP

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Une étude prône de réduire drastiquement la place accordée à la voiture pour promouvoir un « système alternatif de mobilité »

Le boulevard périphérique parisien à hauteur de la porte d’Asnières, le 12 septembre 2024. ED JONES/AFP

Malgré l’urgence à décarboner nos déplacements, malgré son coût, malgré les politiques destinées à limiter son usage, la voiture demeure le mode de transport ultradominant en France, avec une part estimée à 80 % des kilomètres parcourus. Dans une étude publiée mardi 16 septembre, le Forum vies mobiles, un think tank financé par la SNCF, se prend à rêver à un « système alternatif de mobilités », où la voiture devrait rendre aux piétons, cyclistes et transports en commun 43 % du réseau routier actuel.

Cette étude part du postulat que la prédominance automobile est davantage subie que voulue par les Français. Ces derniers auraient toutes les raisons du monde − pécuniaires, notamment − de faire autrement, mais ne le peuvent pas, faute d’infrastructures et de services adaptés. Ce « tout voiture » laisse aussi au bord de la route le tiers de Français qui ne conduisent pas et tous ceux qui n’ont pas les moyens de posséder ou d’utiliser un véhicule.

Deuxième postulat, selon les mots de Sylvie Landriève, directrice du Forum vies mobiles, « il existe un défaut de représentation de l’élite : elle réfléchit comme si toute la France n’était composée que de Paris et de la campagne ». Entre la grande ville et la pleine campagne, il y a les zones périurbaines, les communes intermédiaires, les zones rurales, etc. dont les habitants sont de fait dépendants de la voiture.

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En Ukraine, le délicat exercice du pouvoir entre impératifs sécuritaires et exigences démocratiques

Le Parlement ukrainien à Kiev, le 25 septembre 2024. LAURENCE GEAI/MYOP POUR «LE MONDE»

Les Ukrainiens devraient à nouveau pouvoir suivre en directles débats parlementaires à la télévision à partir du mardi 16 septembre. La mesure a été approuvée par ​Ruslan Stefanchuk, le président de la Verkhovna Rada, la Chambre des députés, le 4 septembre.

Depuis le début de l’invasion russe, en février 2022, les débats étaient diffusés avec un différé de quelques heures. Cette décision, prise pour éviter que l’armée russe ne cible le Parlement pendant les séances, était de plus en plus critiquée. « La décision de ne plus retransmettre en direct prenait tout son sens à l’époque, reconnaît Iaroslav Iourtchychyn, président de la commission parlementaire pour la liberté d’expression. Mais, aujourd’hui, nous savons comment réagir en cas d’attaque aérienne : nous allons aux abris, comme le reste du pays. »

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Pimkie va vendre ses collections sur la plateforme chinoise Shein

Une boutique de l’enseigne de prêt-à-porter Pimkie, à Villeneuve-d’Ascq (Nord), le 8 janvier 2018. DENIS CHARLET / AFP

Pimkie franchit le Rubicon. L’enseigne française d’habillement a annoncé, mardi 16 septembre, avoir monté un joint-venture avec Shein pour fabriquer et vendre des collections sur son site. « Notre objectif est de réaliser 100 millions d’euros de chiffre d’affaires avec Shein d’ici à 2028, soit un tiers de notre activité », a fait valoir son directeur général et actionnaire, Salih Halassi, lors d’une conférence de presse organisée par Shein.

Le distributeur de mode féminine qui, jusqu’en 2023, était détenu par la famille Mulliez, propriétaire d’Auchan, Decathlon et Leroy-Merlin, avant sa cession à l’entrepreneur Salih Halassi, est le premier acteur tricolore à céder aux sirènes de Shein. Connu pour ses petits prix, son offre pléthorique et sa fabrication en quelques jours auprès de milliers de fournisseurs en Chine, le site d’origine chinoise est en train de monter une plateforme de vente, à la manière d’Amazon, pour y agréger des marques et leur faire payer l’accès à son audience mondiale. En Europe, Shein compte plus de 145 millions de clients actifs par mois. Mais rares sont encore les marques à avoir signé avec le site, bête noire des enseignes d’habillement depuis son arrivée dans l’Hexagone en 2018.

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