Le Venezuela qualifie le déploiement militaire américain dans les Caraïbes de « guerre non déclarée »

Capture d’écran tirée d’une vidéo diffusée par voie officielle montrant le débarquement d’un char lors d’exercices militaires, à La Orchila, au Venezuela, le 17 septembre 2025. MINISTÈRE DE LA COMMUNICATION DU VENEZUELA / REUTERS

Le ministre de la défense vénézuélien, Vladimir Padrino Lopez, a affirmé, vendredi 19 septembre, que le déploiement militaire américain dans les Caraïbes, officiellement pour une opération antidrogue, et les frappes sur des bateaux de trafiquants présumés étaient « une guerre non déclarée ».

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« C’est une guerre non déclarée, et vous voyez déjà comment des personnes, qu’elles soient ou non des narcotrafiquants, ont été exécutées dans la mer des Caraïbes. Exécutées, sans droit à la défense », a affirmé le général Padrino Lopez lors d’un exercice militaire retransmis à la télévision publique. « Tant de technologie et tant de pouvoir, sans être capable d’intercepter une embarcation en mer des Caraïbes… », a poursuivi le ministre.

Mercredi, en réponse à l’opération américaine, Caracas a lancé trois jours d’exercices militaires sur l’île caribéenne de La Orchila, à environ 65 kilomètres des côtes vénézuéliennes. Il s’agit du plus visible déploiement militaire ordonné par le président, Nicolas Maduro, depuis l’envoi par les Etats-Unis, il y a un mois, d’une flotte navale dans les Caraïbes orientales, une action que Washington a justifié par la lutte contre le trafic de drogue.

50 millions de dollars pour la capture de Nicolas Maduro

Les Etats-Unis disent avoir détruit depuis le début du mois trois embarcations impliquées dans le trafic de drogue, entraînant la mort de 14 personnes, selon le président, Donald Trump. Les Etats-Unis ont également envoyé à Porto Rico des avions de chasse F-35 pour soutenir la flottille composée de sept navires et d’un sous-marin à propulsion nucléaire.

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Le procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, a demandé à l’ONU d’enquêter sur ces frappes américaines ayant détruit les trois bateaux dans les Caraïbes. « L’utilisation de missiles et d’armes nucléaires pour assassiner des pêcheurs sans défense sur un petit bateau, ce sont des crimes contre l’humanité qui doivent faire l’objet d’une enquête de l’ONU », a affirmé le procureur dans un communiqué envoyé à l’Agence France-Presse.

Washington accuse Nicolas Maduro de liens avec le narcotrafic et a offert une récompense de 50 millions de dollars pour sa capture. M. Maduro, qui a annoncé jeudi envoyer des militaires dans les quartiers populaires pour entraîner la population au maniement des armes, a dénoncé « un plan impérial visant un changement de régime pour imposer un gouvernement fantoche contrôlé par les Etats-Unis et venir nous voler le pétrole, qui représente la plus grande réserve au monde, et le gaz, qui est la quatrième au monde ».

En Colombie voisine, la ministre des affaires étrangères, Rosa Villavicencio, a critiqué vendredi la présence militaire des Etats-Unis dans les Caraïbes, qu’elle juge « disproportionnée » – un reproche frappant de la part de l’un des plus anciens alliés de Washington dans la région. S’exprimant auprès de l’Agence France-Presse, Mme Villavicencio a estimé que le déploiement de navires de guerre américains au large du Venezuela, était « démesuré » et n’avait « rien à voir avec la lutte contre le trafic de drogue ». « Toute » l’Amérique latine est « préoccupée » par « la possibilité d’une intervention » militaire au Venezuela, a-t-elle ajouté.

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Le Monde avec AFP

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Le traité pour protéger la haute mer, ratifié par 60 pays, entrera en vigueur début 2026

Faune et flore sous-marines dans l’archipel des Galapagos, en Equateur, le 26 octobre 2023. SCHMIDT OCEAN INSTITUTE/AFP

Après le climat, l’océan. La haute mer aura bientôt sa propre Conférence des parties (COP). A elle de mettre en œuvre l’accord sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine dans les eaux internationales, qui entrera en vigueur début 2026, à l’expiration d’un délai légal de cent vingt jours.

Vendredi 19 septembre, les Nations unies ont reçu les deux dernières ratifications d’Etats nécessaires à la prise d’effet de ce « traité sur la haute mer », qui requiert l’acceptation formelle de 60 pays. Il s’agit de celles du Maroc et de la Sierra Leone.

C’est l’issue d’un long processus : le texte, finalisé en 2023, a fait l’objet de deux décennies de tractations. Son entrée en vigueur rapide – malgré les turbulences internationales liées notamment au retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat – marque une victoire du multilatéralisme environnemental, et un succès pour Emmanuel Macron. Les efforts diplomatiques français ont en effet contribué à accélérer le rythme des ratifications, même si le président rêvait que le seuil de 60 ratifications soit atteint dès juin, lors de la Conférence des Nations unies sur l’océan de Nice.

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Guerre en Ukraine : Kiev continue de viser des infrastructures pétrolières russes. Retrouvez les informations du 14 au 20 septembre

L’Ukraine affirme avoir frappé les raffineries de pétrole russes de Saratov et de Novokouïbychevsk

L’état-major des forces armées ukrainiennes a affirmé, samedi, sur les réseaux sociaux, avoir frappé deux raffineries de pétrole russes dans la nuit de vendredi à samedi : celle de Saratov (sud-ouest de la Russie) et celle de Novokouïbychevsk, dans l’oblast de Samara (sud-ouest de la Russie). « Toutes les installations concernées participent à l’approvisionnement des forces armées russes », écrit l’état-major.

A Saratov, « des explosions et un incendie de grande ampleur ont été confirmés dans la zone cible », précise-t-il. Des vidéos publiées sur Telegram par des habitants semblent montrer un drone frappant la raffinerie, provoquant une importante explosion. Des chaînes Telegram russes ont publié des images et des vidéos de l’incendie vu de la ville.

Le gouverneur de l’oblast de Saratov, Roman Boussarguine, a affirmé qu’un immeuble résidentiel de Saratov avait été endommagé dans la ville lors d’une attaque de drones ukrainiens, faisant un blessé, sans mentionner l’attaque signalée contre la raffinerie.

La raffinerie de Saratov, située à quelque 600 kilomètres à l’est de la ligne de front en Ukraine, produit plus de 20 types de produits pétroliers, notamment de l’essence, du diesel, du mazout, du bitume… Selon l’état-major ukrainien, cette installation, dont le volume de traitement s’élevait à 4,8 millions de tonnes métriques en 2023, contribue à l’approvisionnement de l’armée russe. La raffinerie avait déjà été visée par Kiev mardi.

Quant à la raffinerie de Novokouïbychevsk, qui se trouve à plus de 900 kilomètres de la frontière, l’état-major rapporte des « explosions et des incendies sur le site ». De son côté, la Russie n’a pas fait état de dégâts, mais le ministère de la défense russe a annoncé avoir intercepté 15 drones au-dessus de l’oblast de Samara.

Ces attaques surviennent alors que Kiev intensifie sa campagne contre les infrastructures pétrolières et gazières russes, une source essentielle de revenus pour Moscou dans la guerre qui l’oppose à l’Ukraine, rappelle le quotidien The Kyiv Independent.



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La tapisserie de Bayeux a été déplacée en toute discrétion avant son prêt au Royaume-Uni

La tapisserie de Bayeux, avant la fermeture du musée où elle est exposée et son prêt au British Museum en 2026, à Bayeux (Calvados), en août 2025. ARDEE NAPOLITANO / REUTERS

La tapisserie de Bayeux, qui doit être prêtée au Royaume-Uni en 2026, a été extraite, jeudi, de son musée en Normandie, actuellement fermé pour travaux, et déplacée dans un lieu de conservation provisoire, a appris l’Agence France-Presse (AFP), vendredi 19 septembre.

Le transfert de cette broderie du XIe siècle, fragilisée par les années, a « mobilisé plus de 90 personnes » et a duré « sept heures quinze », a précisé ensuite dans un communiqué la préfecture du Calvados qui supervisait la manœuvre avec la direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de Normandie.

Vendredi en fin de journée, « la tapisserie mise en caisse a pu rejoindre son lieu de mise en réserve », dit la préfecture, sans donner plus de détails sur le nouvel endroit. « La manœuvre s’est parfaitement déroulée », ajoute-t-elle simplement.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La tapisserie de Bayeux, œuvre presque millénaire et baromètre des passions franco-britanniques

La broderie, longue de 70 mètres, n’avait pas quitté son musée depuis 1983. Les services de l’Etat avaient initialement annoncé que ce transfert à haut risque, programmé jeudi, était reporté en raison de la mobilisation sociale organisée ce jour-là dans le pays. Mais, compte tenu de la lourdeur du dispositif, ils ont finalement maintenu cette date, sans rendre publique l’opération.

« Les conditions et le moment de l’opération ont été gardés confidentiels afin d’organiser le transfert dans des conditions de sécurité optimales pour l’œuvre et en [touchant] le moins possible les habitants de Bayeux », explique la préfecture du Calvados dans son communiqué.

Prêt contesté en raison de la dégradation de l’œuvre

Ce transfert était prévu de longue date en raison des travaux en cours dans l’établissement, mais il survient quelques mois après la décision contestée du président français, Emmanuel Macron, de prêter au Royaume-Uni cette œuvre classée par l’Unesco, afin de « revivifier » les liens entre les deux pays.

La tapisserie sera donc de nouveau déplacée dans les prochains mois pour une bien plus longue distance. En septembre 2026, elle doit être exposée au British Museum malgré les avertissements des experts sur la grande fragilité de l’œuvre. Une délégation du musée britannique était d’ailleurs présente lors du transfert de la tapisserie, jeudi.

Lire le décryptage : Article réservé à nos abonnés La tapisserie de Bayeux va être prêtée au British Museum de Londres, annonce Emmanuel Macron

Son extraction jeudi de la vitrine où elle était exposée depuis plus de quarante ans a été menée avec la plus grande précaution pour éviter toute dégradation de l’œuvre millénaire, ont expliqué des sources proches du dossier à l’AFP.

Une rénovation reportée sine die

Depuis 2020, des experts ont minutieusement radiographié les dégradations qui fragilisent la tapisserie (24 204 taches, 9 646 trous, 30 déchirures…) et alerté sur les « risques supplémentaires » que ferait courir son transport « au-delà d’une heure de trajet ». En 2021, la DRAC de Normandie, émanation du ministère de la culture, avait assuré que « l’œuvre n’était pas transportable avant d’être restaurée ».

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La tapisserie devait initialement être restaurée durant dix-huit mois lors des travaux du musée de Bayeux, mais le prêt annoncé par M. Macron en juillet a chamboulé ce calendrier. La rénovation a été reportée sine die.

Lire aussi l’enquête | Article réservé à nos abonnés Prêt de la tapisserie de Bayeux : Emmanuel Macron, au nom de la raison d’Etat, a passé outre à deux études récentes déconseillant le déplacement de la broderie

En vue de ce transfert outre-Manche, un appel d’offres a été lancé pour procéder à un « voyage à blanc » vers le Royaume-Uni et tester « des solutions antivibratoires ». Une pétition en ligne demandant l’abandon du prêt au Royaume-Uni en raison des risques pour la tapisserie a recueilli à ce jour plus de 73 100 signatures.

Le Monde avec AFP

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« Charlie Kirk, nous voilà ! » : à Paris, une partie de l’extrême droite rend hommage à l’influenceur américain

Nicolas Conquer, militant franco-américain pro-Trump, lors d’un hommage à la figure influente du mouvement MAGA Charlie Kirk, à Paris, le 19 septembre 2025. ALAIN JOCARD/AFP

Ils le jurent : Charlie Kirk est leur « martyr », leur « héros ». Vendredi 19 septembre, environ 250 personnes se sont rassemblées sous le soleil de fin septembre, au pied de la statue équestre de Lafayette, cours la Reine, dans le 8e arrondissement de Paris. Ils sont venus « rendre hommage » à Kirk, influenceur et figure influente du mouvement MAGA (Make America Great Again), assassiné le 10 septembre dans l’Utah. Et si les motivations du principal suspect, Tyler Robinson, 22 ans, restent encore floues, les personnes présentes en sont persuadées : c’est l’extrême gauche qui est à l’œuvre.

Sur une petite scène, deux bannières représentent Charlie Kirk dessiné, avec le slogan « Je suis Charlie », apparu lors des attentats islamistes contre la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015. Peu importe que le journal défende des valeurs à l’opposé de celles exprimées vendredi soir (notamment la laïcité, la liberté des femmes à disposer de leur corps). Peu importe que rien ne relie l’idéologie des frères Kouachi, responsables de l’attaque de l’hebdomadaire français, à celle, pas encore définie, de Tyler Robinson. L’organisateur de l’événement, Nicolas Conquer, affirme qu’il y a un lien entre les deux Charlie : « Les mêmes balles les ont tués. »

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En direct, Gaza : l’armée israélienne étend ses opérations dans la ville de Gaza, au moins 44 Palestiniens tués samedi

Pour le secrétaire général de l’ONU, il ne faut pas être « intimidé » par Israël

« Il y a eu une progression constante des mesures du gouvernement israélien pour complètement détruire Gaza et mettre en place une annexion insidieuse de la Cisjordanie », a dénoncé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’Agence France-Presse, vendredi.

Avec la reconnaissance de l’Etat palestinien par la France et plusieurs autres pays, prévue lundi lors d’un sommet aux Nations unies, des responsables israéliens ont ouvertement menacé Paris de représailles diplomatiques, mais aussi d’annexer la Cisjordanie, occupée par Israël depuis 1967. Mais pour Antonio Guterres, quel que soit le « prétexte » utilisé par Israël pour sa politique dans les territoires palestiniens ou contre des capitales affichant leur soutien à un Etat palestinien, il s’agit en fait d’une « action constante, étape par étape, mise en place par le gouvernement d’Israël pour ne pas permettre aux Palestiniens d’avoir un Etat ».

« Alors nous ne devons pas nous sentir intimidés par le risque de représailles, parce que, quoi que nous fassions, ces actions vont continuer, a-t-il estimé. Je pense qu’il est important qu’[Israël] se sente de plus en plus isolé pour pouvoir changer. »

Fervent soutien de la solution à deux Etats, le secrétaire général de l’ONU a qualifié la perspective de nouvelles reconnaissances de la Palestine comme un « symbole extrêmement important pour le peuple palestinien ».

« Quelle est l’alternative ? » à la solution à deux Etats, a-t-il lancé. « Une solution à un Etat, où des millions de Palestiniens seront soit expulsés soit soumis à l’occupation, l’assujettissement, la discrimination, sans droits sur leur propre terre ? C’est totalement inacceptable au XXIe siècle. »

Il a une nouvelle fois réclamé un cessez-le-feu à Gaza : « Ce dont nous sommes témoins à Gaza est terrible. C’est le pire niveau de mort et de destruction que j’ai vu depuis que je suis secrétaire général, probablement de toute ma vie. »

« Je pense fermement que c’est moralement, politiquement et légalement intolérable », a-t-il insisté, refusant d’utiliser le mot de « génocide » en l’absence de décision de justice à ce sujet.

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Harvard placée sous surveillance financière par l’administration Trump

L’université américaine Harvard, à Cambridge (Massachusetts), le 4 septembre 2025. SHANNON STAPLETON / REUTERS

Le ministère de l’éducation américain a annoncé dans un communiqué, vendredi 19 septembre, avoir placé l’université Harvard sous le statut de « surveillance renforcée des fonds » en raison de « préoccupations croissantes concernant [sa] situation financière ».

Selon le ministère, ce statut impose à la plus ancienne et prestigieuse université américaine d’utiliser désormais ses propres fonds pour avancer l’aide fédérale allouée aux étudiants avant de pouvoir récupérer ces sommes auprès de l’Etat.

« Les étudiants continueront à avoir accès au financement fédéral, mais Harvard devra couvrir les versements initiaux afin de garantir que l’université dépense les fonds publics de manière responsable », détaille le texte. Le ministère exige en outre qu’Harvard « fournisse une lettre de crédit irrévocable de 36 millions de dollars [environ 31 millions d’euros] ou une autre garantie financière jugée acceptable ».

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« Ecran de fumée »

Cette nouvelle offensive contre l’institution survient quelque temps après une première victoire judiciaire de Harvard face à l’administration Trump, qui l’accuse de servir de vivier à l’idéologie « woke » et de ne pas avoir suffisamment protégé ses étudiants juifs lors des manifestations propalestiniennes.

Le 3 septembre, une juge de Boston a ordonné l’annulation du gel des quelque 2,6 milliards de financements décidé par le gouvernement. Dans sa décision, elle accuse l’administration d’avoir « utilisé l’antisémitisme comme écran de fumée » pour mener une attaque « idéologiquement motivée ».

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Harvard, qui n’a pas réagi à la décision du ministère de l’éducation américain, a annoncé vendredi avoir commencé à récupérer une partie des fonds qui avaient été gelés. « Nous nous réjouissons du versement de 46 millions de dollars de financements à la recherche par le ministère de la santé. Il s’agit d’une première étape, et nous espérons voir tous nos financements rétablis de la part de toutes les agences de l’Etat », écrit l’institution dans un communiqué.

Le Monde avec AFP

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Le Pentagone veut imposer aux journalistes son autorisation avant la publication d’une information

Le secrétaire à la défense américain, Pete Hegseth, lors d’une cérémonie nationale de reconnaissance des prisonniers de guerre et des disparus au combat, au Pentagone, à Washington, le 19 septembre 2025. JULIA DEMAREE NIKHINSON / AP

L’administration de Donald Trump s’est lancée dans une nouvelle croisade contre la presse. Dans un e-mail envoyé aux médias, le Pentagone exige des journalistes qu’ils s’engagent à ne pas recueillir ni publier d’informations sans autorisation préalable, a révélé The Washington Post, vendredi 19 septembre. Le département de la défense américain avertit qu’il révoquera les accréditations de presse de ceux qui ne se conforment pas à cette mesure, s’il considère qu’il y a une menace pour la sécurité nationale.

« Le département de la guerre reste attaché à la transparence afin de promouvoir la responsabilité et la confiance du public », est-il écrit dans le document de 17 pages, qui utilise le nouveau nom du département de la défense, décidé par Donald Trump. « Cependant, les informations du [département] doivent être approuvées par un responsable habilité avant d’être rendues publiques, même si elles ne sont pas classifiées », ajoute le message.

En avril, le secrétaire à la défense, Pete Hegseth – ancien présentateur de la chaîne conservatrice Fox News – s’en était déjà pris à la presse après avoir été accusé d’avoir partagé avec sa famille sur la messagerie Signal des informations sur un bombardement américain au Yémen.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’intégralité des messages ultraconfidentiels sur le plan d’attaque de l’administration Trump au Yémen, révélés par « The Atlantic »

Des déplacements dans le Pentagone interdits

Selon le document envoyé vendredi, les journalistes doivent également s’engager par signature à ne pas se déplacer dans certaines parties du Pentagone. A défaut, ils perdront ou ne recevront pas d’accréditation pour accéder au bâtiment. Depuis quelque temps, les journalistes n’étaient déjà plus autorisés à traverser certaines parties du Pentagone sans être accompagnées d’un membre du personnel.

« La presse n’est plus autorisée à circuler librement dans les couloirs d’un bâtiment sécurisé », a écrit Pete Hegseth, sur X. « Il faut porter un badge et respecter les règles, sinon on rentre chez soi », a-t-il ajouté.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Donald Trump ressuscite le département de la guerre, pour que l’armée ne soit plus seulement « sur la défensive »

« Il s’agit de directives de base et de bon sens visant à protéger les informations sensibles ainsi que la sécurité nationale et la sécurité de tous ceux qui travaillent au Pentagone », a déclaré le porte-parole du département de la défense, Sean Parnell.

Des conférences de presse de plus en plus rares

Depuis le début du second mandat de Donald Trump, le département de la défense américain a opéré plusieurs tours de vis pour restreindre la liberté de la presse. Au mois de février, plusieurs médias historiques du Pentagone – dont NBC News et The New York Times – ont été expulsés des bureaux qui leur étaient réservés dans le bâtiment, et ils ont été remplacés par des organes conservateurs comme la chaîne pro-Trump Newsmax. The Washington Post a également perdu par la suite son emplacement dans le Pentagone. Les conférences de presse avec les porte-paroles de Pete Hegseth ont, quant à elles, été réduites à la portion congrue.

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Les restrictions ne s’arrêtent pas au Pentagone. L’agence Associated Press a notamment été bannie du bureau Ovale et de l’avion présidentiel Air Force One après avoir refusé d’utiliser le terme « golfe d’Amérique » pour désigner le golfe du Mexique, comme tente de l’imposer Donald Trump. L’affaire est toujours en instance devant un tribunal fédéral.

The Washington Post relate un événement qui illustre la nouvelle donne : dans la salle de presse du Pentagone, les photos de la trentaine de correspondants des grands médias chargés de couvrir l’actualité du département ont été retirées. Une simple feuille de papier avec l’inscription « En cours de mise à jour » a été scotchée à la place.

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Donald Trump inflige une pénalité de 100 000 dollars pour les visas H-1B prisés par la tech

Donald Trump lors de ses annonces sur les visas, accompagné d’Howard Lutnick, secrétaire au commerce, à la Maison Blanche, à Washington, le 19 septembre 2025. KEN CEDENO/REUTERS

100 000 dollars (85 000 euros) le visa qualifié : c’est le tarif exorbitant fixé par Donald Trump pour l’obtention d’un visa de travail dit H-1B. Ces visas, antichambre pour la carte verte et l’immigration définitive aux Etats-Unis, sont utilisés, notamment, par les géants de la technologie pour recruter. Le salaire minimal exigé d’environ 60 000 dollars par an n’a pas été réévalué. De ce fait, ces visas attirent également les personnes qui, moyennement qualifiées, acceptent des salaires inférieurs aux 100 000 dollars, le plus souvent proposés par la tech.

Dans son décret, Donald Trump accuse les entreprises informatiques d’avoir « manipulé de manière flagrante le système H-1B, portant gravement préjudice aux travailleurs américains » et estime que ce programme « a rendu encore plus difficile pour les diplômés universitaires de trouver un emploi dans le secteur informatique », les firmes américaines préférant recruter à l’étranger. Selon lui, les salariés débutant sous visa ont un salaire inférieur de 36 % par rapport aux travailleurs traditionnels à temps plein.

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Les journalistes Legrand et Cohen exigent les rushs de la vidéo diffusée par le média « L’Incorrect », la présidente de Radio France dénonce « une campagne de déstabilisation »

Le journaliste français Patrick Cohen, devant le ministère de la Justice, place Vendôme, à Paris, le 14 février 2024. LUDOVIC MARIN/AFP

Patrick Cohen a annoncé, lundi 15 septembre, sur France 5, avoir demandé par voie d’huissier à obtenir l’intégralité de la vidéo diffusée par le média d’extrême droite L’Incorrect le montrant au restaurant avec son confrère Thomas Legrand et des responsables du Parti socialiste (PS). « Parce que nous n’avons rien à nous reprocher, nous avons adressé aujourd’hui par voie d’huissier une sommation pour obtenir les rushs », a déclaré le journaliste et éditorialiste dans l’émission « C à vous ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Thomas Legrand et Patrick Cohen enregistrés à leur insu : une polémique qui fragilise l’audiovisuel public

« L’huissier est passé ce matin au siège de L’Incorrect », a pour sa part affirmé Thomas Legrand, contacté par l’Agence France-Presse (AFP). Les images diffusées par le média « nécessitent des explications aux téléspectateurs de “C à vous”, à qui nous devons des comptes (…). Je le fais avec un peu de recul et de réflexion », a déclaré M. Cohen, dix jours après la diffusion des images.

Sur ces vidéos, Thomas Legrand déclare : « Nous, on fait ce qu’il faut pour [Rachida] Dati, Patrick [Cohen] et moi », ce qui a été interprété comme un parti pris à l’encontre de la ministre de la culture démissionnaire.

« Dix points de montage visibles »

« L’une des séquences qui a été mise en ligne, d’une durée d’une minute [et] douze [secondes], a été coupée à dix reprises : dix points de montage qui sont visibles à l’œil nu », a commenté Patrick Cohen pour expliquer son besoin de voir les images dans leur intégralité. Il a également répété que c’est « le mécontentement des proches d’Olivier Faure [premier secrétaire du PS] à l’égard de [ses] éditos qui les a conduits à solliciter ce rendez-vous en particulier ».

Vendredi, le comité d’éthique de France Télévisions avait jugé que Patrick Cohen n’était pas en faute dans la séquence vidéo. De son côté, Thomas Legrand a décidé de renoncer à son émission hebdomadaire sur France Inter, mais il continuera d’intervenir à l’antenne de cette station.

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Dans un message adressé aux salariés, lundi, et consulté par l’AFP, la présidente de Radio France, Sibyle Veil, a dénoncé « ceux qui orchestrent une campagne de déstabilisation contre [le groupe public] ». « Il s’agit bien de cela, car la critique a perdu tout lien de proportion avec les faits », a-t-elle écrit, ajoutant qu’elle défendrait, mercredi devant l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), « le travail de toutes les équipes de nos antennes ». Le régulateur doit auditionner cette semaine Delphine Ernotte Cunci, présidente de France Télévisions, et Mme Veil.

Le message de Sibyle Veil à ses salariés intervient en pleine guerre entre les médias de la galaxie Bolloré, dont la chaîne CNews, et Radio France, qui s’accusent mutuellement de parti pris politique autour de l’affaire. « Nous faisons face à un oligopole hostile », avait tonné Vincent Meslet, directeur éditorial de Radio France, dans le journal Le Parisien-Aujourd’hui en France, samedi.

« Ces gens deviennent fous », avait rétorqué, lundi matin, la vedette de CNews, Pascal Praud. Il a dénoncé une « offensive tous azimuts contre ce que les bien-pensants nomment la presse Bolloré, mais qui est tout simplement une presse libre et indépendante ». « Nous n’avons rien à voir avec un média d’opinion. Les critiques obsessionnelles ne doivent pas nous décourager », a pour sa part défendu la présidente de Radio France.

Le Monde avec AFP

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