Au procès Péchier, les premières explications de l’accusé : « Tout a été fait pour me mettre sur le dos tous ces empoisonnements »

Frédéric Péchier (au centre), et son avocat, Me Randall Schwerdorffer, à Besançon, le 22 septembre 2025. LUDOVIC LAUDE/« L’EST REPUBLICAIN » VIA MAXPPP

Deux cents personnes dans la salle d’audience, une centaine dans la salle de retransmission voisine, des dizaines et des dizaines d’autres restées, après des heures d’attente sous les trombes d’eau, à la porte du palais de justice de Besançon, pas fait pour accueillir autant de monde. Lundi 22 septembre, huit ans et demi après sa mise en examen, l’heure était enfin venue pour Frédéric Péchier de s’expliquer – devant une cour d’assises, ce qui n’est pas la même chose que dans l’intimité du cabinet d’un juge d’instruction, ou le confort d’un tête-à-tête avec un journaliste.

Frédéric Péchier, qu’on n’avait connu que silencieux et engourdi à l’audience, a démontré qu’il se défendrait vigoureusement. Il n’est jamais sorti de ses gonds, malgré les nombreuses tentatives adverses. Mais, au bout d’une demi-heure d’interrogatoire, il avait déjà réussi à surpasser la caricature du médecin vedette à l’ego boursouflé que certains témoins avaient faite de lui.

Etait-ce vraiment judicieux de prendre d’emblée ce ton agacé et insolent pour appeler la présidente à « bien relire » le dossier ou souligner qu’elle lui avait « déjà posé au moins trois fois la question » ? Fallait-il vraiment expliquer aux avocates générales que si tel témoin à charge l’avait incriminé, c’est qu’on lui avait « mal posé la question » et qu’il faudrait le « réinterroger correctement » ? Pour sa première prise de parole dans ce procès sans preuve absolue, où l’image renvoyée risque d’être déterminante, Frédéric Péchier n’a pas cherché à amadouer ses juges.

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La Cour des comptes enjoint à France Télévisions de se réformer « sans délai »

Les locaux de France Télévisions, à Paris, en février 2025. ABDUL SABOOR/REUTERS

Au début de l’année 2025, la lecture du rapport de la Cour des comptes sur Radio France n’avait pas été désagréable pour sa présidente, Sibyle Veil. Celui que dévoile l’institution de la rue Cambon, mardi 23 septembre, sur France Télévisions, ne le serait pas non plus pour Delphine Ernotte Cunci. C’est en tout cas ce qu’assure la direction du groupe, alors même que sa situation financière, décrite par les magistrats comme « lourdement dégradée », accule France Télévisions à des « réformes structurelles sans délai », assènent les magistrats au terme de leur enquête de 166 pages.

Les satisfecit qui jalonnent la première partie du texte – qui porte sur la réalisation de« l’entreprise unique » (le processus de fusion entre France 2, France 3, France 5 et l’ex-RFO, entamé en 2002) –, les remarques positives sur le leadership de France Télévisions en matière d’audiences (linéaire et numérique) ou en tant que première source d’information des Français, paraissent des motifs de satisfaction bien fragiles au regard des termes alarmants employés pour décrire l’état dans lequel se trouve l’entreprise aux 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024. La Cour s’inquiète en particulier d’une sous-capitalisation du groupe, conséquence de déficits accumulés et de décisions erratiques de l’Etat actionnaire.

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Crise du logement : les bailleurs sociaux exhortent l’Etat à agir

Immeubles HLM, à Thiais (Val-de-Marne), le 21 janvier 2023. GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

C’est exceptionnel : faute de nouveau gouvernement, aucun ministre n’est annoncé au 85e congrès annuel HLM, qui se tient du mardi 23 au jeudi 25 septembre, à Paris. La première séance plénière sera néanmoins consacrée à débattre de la place de l’Etat dans le futur de la politique du logement. Laquelle ne fait aucun doute pour Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union sociale pour l’habitat, qui fédère les organismes HLM : « Il faut un sursaut de mobilisation de la part de l’Etat », face à une crise « qui touche l’ensemble des territoires et toutes les catégories de la population », a-t-elle exhorté lors d’une conférence de presse, mardi 16 septembre.

Les demandes pour obtenir un logement HLM ou en changer ont augmenté de presque 4 % au premier semestre 2025, pour atteindre un nouveau record, à 2,87 millions, soit près d’un ménage français sur dix. Or, les bailleurs sociaux ont satisfait moins d’un dixième des demandes en 2024 : d’abord parce que la crise du logement a freiné les départs de locataires, ensuite parce que les créations de HLM diminuent. Les agréments ont chuté entre 2016 et 2023, passant de 125 000 à environ 82 000 logements hors rénovation urbaine, avant une légère remontée en 2024 qui devrait se poursuivre en 2025, avec 88 000 agréments escomptés. Soit un niveau bien en deçà de la délivrance de 100 000 agréments en 2025, objectif sur lequel le gouvernement et les bailleurs sociaux étaient tombés d’accord en février dans le cadre d’un « pacte d’engagement réciproque ».

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Propos antisémites d’étudiants : le ministre de l’enseignement supérieur veut réunir les recteurs et les présidents d’université

Le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, à l’Elysée, le 11 juillet 2025. THOMAS SAMSON/AFP

Après des propos antisémites sur des groupes WhatsApp d’étudiants de Sorbonne Université, le ministre chargé de l’enseignement supérieur démissionnaire, Philippe Baptiste, a annoncé mardi 23 septembre qu’il réunirait « dans les plus brefs délais » les recteurs et présidents d’université pour faire le point et appeler à « la plus grande fermeté ».

Sorbonne Université a pris connaissance lundi après-midi de « propos très graves, injurieux et antisémites publiés sur des groupes WhatsApp d’étudiants », a-t-elle annoncé lundi soir dans un communiqué, condamnant « avec la plus grande fermeté tout agissement de ce type ». L’établissement a ajouté que « l’ensemble des éléments en sa possession sera transmis au procureur de la République dans les plus brefs délais ».

« Je salue la mobilisation et la fermeté des équipes de @Sorbonne_Univ_ qui ne laisseront rien passer sur l’antisémitisme. La justice va être saisie et l’université prendra dans les prochains jours les mesures nécessaires pour sanctionner les responsables de ces actes écœurants », a déclaré le ministre sur le réseau social X.

Plus de 500 actes antisémites recensés en France

De son côté, Paris-I Panthéon-Sorbonne a engagé, samedi, une « procédure disciplinaire » contre un de ses étudiants, soupçonné d’avoir exclu plusieurs étudiants d’un groupe de discussions en ligne « en raison de leur supposé sionisme » ou « prétendue appartenance religieuse ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Deux actes antisémites signalés à l’université Paris-I

Jugeant que, « en cette rentrée, la recrudescence de l’antisémitisme dans nos universités est un signe particulièrement inquiétant de l’état de tension de notre société », Philippe Baptiste a expliqué que la réunion des recteurs et présidents permettrait de « faire un point sur la situation dans leurs établissements et de les appeler (…) à la plus grande fermeté contre toutes les formes d’antisémitisme ». « Ils disposent des outils pour sanctionner ces dérives inacceptables et je leur demande donc de les utiliser sans hésiter à chaque fois que cela sera nécessaire », a-t-il souligné. Le ministre a ajouté qu’il recevra également cette semaine les dirigeants de l’Union des étudiants juifs de France.

Le Parlement a adopté début juillet une proposition de loi visant à lutter contre l’antisémitisme dans l’enseignement supérieur. Elle prévoit des mesures de sensibilisation et des sanctions disciplinaires, et rend obligatoire la désignation dans chaque établissement d’un « référent ». Entre janvier et mai 2025, 504 actes antisémites ont été recensés en France, selon le ministère de l’intérieur, soit une baisse de 24 % sur un an mais un doublement par rapport à la même période de 2013.

Lire aussi (2024) | Article réservé à nos abonnés Antisémitisme : un climat « inquiétant » se diffuse à l’université, alerte un rapport sénatorial

Le Monde avec AFP

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Le militant égyptien Alaa Abd El-Fattah est libre, après plus de onze ans en prison

Le militant Alaa Abd el-Fattah avec sa mère, Laila Soueif, à son retour chez lui, après avoir bénéficié d’une grâce présidentielle, au Caire, le 23 septembre 2025. AMR NABIL / AP

Alaa Abd El-Fattah est enfin libre. Entouré de sa mère, Laila Soueif, et de sa sœur benjamine Sanaa, l’ancien détenu politique rayonne d’un immense sourire, dans l’appartement familial du Caire rempli de livres, qu’il a rejoint dans la nuit de lundi 22 septembre à mardi 23 septembre, après avoir quitté la prison de Wadi Natroun, au nord de la capitale égyptienne. C’est la fin d’un long calvaire dans les geôles égyptiennes pour l’écrivain et militant de gauche égypto-britannique âgé de 43 ans. Il a bénéficié d’une grâce présidentielle, accordée à cinq autres prisonniers, et rendue publique lundi.

Amnesty International a salué la fin d’une « grave injustice », soulignant que ce pardon mettait fin à six ans d’« emprisonnement injuste ». La détention d’Alaa Abd El-Fattah, visage de la jeune génération qui fit la révolution en 2011, était devenue un symbole de l’acharnement judiciaire et de la répression sous le pouvoir du président Abdel Fattah Al-Sissi. Les autorités avaient refusé de libérer le militant – le considérant comme un fauteur de troubles, peut-être en raison de son aura – au terme de sa peine de prison en septembre 2024, arguant que ses années de détention préventive ne comptaient pas. Elles avaient arbitrairement ordonné son maintien en détention jusqu’en 2027.

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RER B : un plan d’action pour limiter le retard « inacceptable » de livraison des trains d’Alstom et CAF

Des employés travaillent à la rénovation des rames du RER B d’Ile-de-France, à l’usine Alstom de Reichshoffen (Bas-Rhin), le 4 octobre 2019. PATRICK HERTZOG / AFP

Si tout se passe bien – ou moins mal –, les nouvelles rames du RER B arriveront, à partir de décembre 2028, sur le réseau francilien. Soit un retard d’un an par rapport à la dernière estimation officielle à la laquelle plus personne ne croyait. Mais c’est en avance de neuf mois en comparaison avec les estimations d’un rapport d’experts, rendu le 11 septembre, qui juge sévèrement la conduite du « dossier maudit » du renouvellement de la flotte de trains du RER B, qui transportent chaque jour un million de voyageurs.

La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, réunissait, lundi 22 septembre, les parties prenantes de ce contrat portant sur 146 trains, d’une valeur de 2,5 milliards d’euros, qui prévoyait une livraison à partir de la fin de l’année 2025. Au siège de la région à Saint-Ouen-sur-Seine, Mme Pécresse, qui dirige également Ile-de-France Mobilités (IDFM), était entourée de représentants de la SNCF et de la RATP, les deux opérateurs de la ligne. Et surtout d’Henri Poupart-Lafarge, directeur général d’Alstom, dont les réponses étaient très attendues, le géant français de l’industrie ferroviaire faisant office de principal accusé dans cette affaire.

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La Confédération paysanne appelle les agriculteurs à manifester à Paris le 14 octobre, contre l’accord UE-Mercosur

Des membres de la Confédération paysanne, manifestent alors que la ministre de l’agriculture française démissionnaire, Annie Genevard, visite la 39ᵉ édition du salon international de l’élevage, SPACE 2025, au parc des expositions de Rennes, à Bruz, dans la banlieue rennaise, le 16 septembre 2025. DAMIEN MEYER / AFP

La Confédération paysanne appelle à manifester le 14 octobre à Paris, « tracteurs en tête », afin de « stopper l’accord de libre-échange UE-Mercosur », dont Bruxelles a lancé le processus de ratification, selon un communiqué publié mardi 23 septembre.

« La Confédération paysanne appelle largement l’ensemble des paysan·nes, encarté·es ou non, les organisations citoyennes de solidarité internationale, de protection des consommateur·trices, de défense de l’environnement, les syndicats de travailleur·euses, les pétitionnaires contre la loi Duplomb, les citoyen·nes à monter sur Paris pour manifester, tracteurs en tête, le 14 octobre », a annoncé le syndicat.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’accord UE-Mercosur relance la mobilisation des syndicats agricoles

Une mobilisation à l’appel de la FNSEA le 26 septembre

De son côté, le syndicat agricole FNSEA a appelé à « une grande journée d’action » autour des questions des échanges internationaux pour les produits agricoles le vendredi 26 septembre à travers toute la France. Cette mobilisation aura lieu contre « le Mercosur, les taxes imposées par Donald Trump et le flot des importations internationales qui ne respectent pas les normes qui sont les nôtres », a expliqué son président, Arnaud Rousseau, dans un entretien au Journal du Dimanche, mi-septembre.

« Les actions sont à l’appréciation des fédérations départementales, mais ça peut prendre la forme de visite de grandes surfaces pour aller chercher tous les produits non conformes », a fait savoir à l’Agence France-Presse un porte-parole du premier syndicat agricole français, qui mènera ces actions avec les Jeunes Agriculteurs (JA).

La FNSEA et les JA avaient déjà dit leur hostilité à l’accord de libre-échange entre des pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne (UE). Cet accord UE-Mercosur doit notamment permettre à l’UE d’exporter davantage de voitures, de machines, de vins et de spiritueux en Argentine, au Brésil, en Uruguay et au Paraguay. En retour, il faciliterait l’entrée de viande, de sucre, de riz, de miel ou de soja sud-américains, au risque de fragiliser certaines filières agricoles européennes.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Accord UE-Mercosur : Bruxelles avance ses pions, en faisant un geste à l’égard de la France

Le Monde avec AFP

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La taxe Zucman sur les très hauts patrimoines et le débat qu’elle provoque : 6 questions pour tout comprendre

Manifestation dans les rues de Besançon, le 18 septembre 2025. LEO KELER/HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

En cette rentrée tendue sur le plan politique et budgétaire, la taxe Zucman électrise le débat. Pour ses partisans, cette « mesure d’équité fiscale » est la solution pour sortir de la crise de la dette en mettant à contribution les plus aisés. Pour ses détracteurs, cette taxe sur les hauts patrimoines va contribuer à éloigner les capitaux et représenterait « un frein terrible à l’investissement et à la prise de risque pour les entreprises ».

Que sait-on réellement de cette mesure et de ses effets possibles ? En quoi se distingue-t-elle de l’ancien impôt de solidarité sur la fortune (ISF) ? Permettrait-elle de renflouer les caisses de l’Etat, ou ferait-elle au contraire fuir les plus riches, privant la France d’importantes recettes fiscales ? Serait-elle inconstitutionnelle, comme le défendent certains ? Les Décodeurs font le point sur les principaux volets de ce débat brûlant.

Lire aussi l’entretien | Article réservé à nos abonnés Gabriel Zucman : « Il va être très difficile de demander aux Français de faire des efforts tant que les milliardaires paieront si peu d’impôts »

Qu’est-ce que la taxe Zucman ?

Le principe de cette taxe est un impôt plancher permettant de s’assurer que les foyers fiscaux disposant de plus de 100 millions d’euros de patrimoine contribuent chaque année au moins à hauteur de 2 % du montant de leur fortune. Pour un ménage qui s’acquitterait actuellement d’impôts annuels équivalant à 0,5 % de son patrimoine, la taxe Zucman s’élèverait donc à 1,5 % de son patrimoine.

L’ambition de ce projet est de rétablir davantage de justice fiscale tout en générant une nouvelle source de recettes dans un contexte budgétaire extrêmement contraint. L’économiste français Gabriel Zucman, à l’origine de la proposition, part d’un double constat :

  • d’une part, la flambée du patrimoine des plus riches au cours des dernières décennies (pour les 500 plus grandes fortunes de France, il a progressé trois fois plus rapidement que la richesse nationale, selon le magazine Challenges, qui estime que leur richesse représente 40 % du PIB, contre 6 % en 1996).
  • d’autre part, le fait que les milliardairespaient proportionnellement deux fois moins d’impôts que la moyenne des Français, tous prélèvements confondus. D’après Gabriel Zucman et l’Institut des politiques publiques (IPP), les impôts payés chaque année par les centimillionaires et les milliardaires représentent en moyenne 0,3 % de leur fortune totale.

Les plus fortunés paient-ils vraiment moins d’impôts ?

Des chercheurs de l’IPP ont montré dans une étude récente que le taux effectif d’imposition sur l’ensemble des revenus commence à décroître à partir des 0,1 % les plus riches. Et si ces derniers sont imposés à 46 % de leurs revenus, les 0,0002 % les plus fortunés (les milliardaires) ne reversent que 26,2 % de leurs revenus. Une anomalie qui s’explique par le fait que les plus fortunés tendent à diriger leurs revenus dans des holdings, qui ne sont pas soumises à l’impôt sur le revenu.

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Si les données sur lesquelles se fonde cette étude datent de 2016, les chercheurs confirment que ce phénomène de régressivité de l’imposition des grandes fortunes perdure aujourd’hui. Dans la dernière révision de leurs calculs (septembre 2025), le taux d’imposition effectif des revenus des milliardaires a baissé de près d’un point.

Selon Gabriel Zucman, un taux fixé à 2 % permettrait d’enrayer cette baisse d’imposition pour les plus riches : « Les milliardaires paieraient autant – mais pas plus – que les catégories sociales situées en dessous d’eux », a estimé l’économiste, dans un entretien au Monde.

Quelles sont les principales différences entre la taxe Zucman, l’IFI et l’ISF ?

En ciblant le patrimoine, la taxe Zucman se rapproche de l’actuel impôt sur la fortune immobilière (IFI) et de l’ancien impôt de solidarité sur la fortune (ISF). Mais il présente d’importantes différences.

L’ISF était calculé à partir du patrimoine immobilier, des liquidités (comptes courants, livrets d’épargne…) et des placements financiers (comme l’assurance-vie). Il a été remplacé en 2018 par l’IFI, qui se limite à l’immobilier. La taxe Zucman, elle, s’appliquerait à l’ensemble du patrimoine, y compris les « biens professionnels » (comme les actions d’entreprise).

Le taux proposé de la taxe Zucman est de 2 %, tandis que les taux de l’IFI s’échelonnent de 0,5 % à 1,5 % du patrimoine, comme l’ISF par le passé. Par ailleurs, à la différence de l’IFI et de l’ISF, la taxe Zucman ne prévoit pas de plafonnement.

  • Le seuil de déclenchement

La taxe Zucman vise les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros, tandis que l’IFI se déclenche à partir de 1,3 million d’euros, comme l’ISF avant lui.

  • Le nombre de ménages concernés

Le choix d’un tel seuil restreint la taxe Zucman à quelque 1 800 foyers, d’après l’économiste. C’est largement moins que l’IFI (qui a concerné près de 186 000 ménages en 2024) et l’ISF (environ 358 000 ménages en 2017).

L’IFI a rapporté 2,2 milliards d’euros en 2024. S’il est difficile de dire ce que l’ISF rapporterait aujourd’hui s’il avait été maintenu, le Comité d’évaluation des réformes de la fiscalité du capital a estimé que son remplacement par l’IFI a généré un manque à gagner de 4,5 milliards d’euros pour l’Etat en 2022.

Quant à la taxe Zucman, l’estimation de son rendement potentiel ne fait pas consensus.

Combien rapporterait réellement la taxe Zucman ?

Pour les plus optimistes, elle pourrait rapporter 20, voire 25 milliards d’euros par an aux caisses de l’Etat. Le chiffre est cependant contesté. Dans une tribune au Monde, sept économistes anticipent plutôt des retombées de l’ordre de 5 milliards d’euros. Une estimation basse, qu’ils justifient par les risques d’exil fiscal ou d’optimisation, s’appuyant notamment sur les conclusions d’un rapport du Conseil d’analyse économique (CAE) qui, sur la base de plusieurs comparaisons internationales, table sur un rendement de 0,25 euro par euro espéré.

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Gabriel Zucman a critiqué cette comparaison : selon lui, le cas de l’ISF danois mis en avant par l’étude du CAE n’est en rien comparable avec un impôt plancher sur les ultrariches. Une analyse partagée par l’économiste Camille Landais, coauteur de l’étude, qui a réfuté, dans Alternatives économiques, la pertinence de toute extrapolation entre ses résultats et ceux escomptés de la nouvelle taxe proposée.

Comme l’a souligné la commission des finances du Sénat, toute estimation des effets de la mesure s’avère complexe car « aucune autre imposition de ce genre n’existant aujourd’hui, il est possible que les personnes les plus aisées s’exilent pour éviter l’impôt ». Plusieurs études récentes laissent toutefois penser que cet exil fiscal et ses conséquences économiques resteraient limités : selon le CAE, un point de pourcentage supplémentaire d’imposition entraînerait « une expatriation supplémentaire à long terme comprise entre 0,02 et 0,23 % des hauts patrimoines français », soit entre 90 et 900 foyers.

Cependant, comme l’a noté le Sénat, le rendement de la taxe Zucman pourrait être « beaucoup plus sensible au moindre exil fiscal » que l’ancien ISF, car son assiette est plus large et ses cibles sont moins nombreuses. Un danger que les défenseurs du texte souhaiteraient encore réduire avec un « bouclier anti-exil », qui viendrait soumettre les potentiels exilés fiscaux à cet impôt jusqu’à cinq ans après leur départ.

Qui est pour, qui est contre ?

Les débats parlementaires sur la proposition de loi écologiste instaurant la taxe Zucman, adoptée par l’Assemblée nationale le 20 février puis rejetée par le Sénat le 12 juin, ont permis de situer les différentes forces politiques sur ce dossier.

  • Le texte a été largement soutenu par toutes les forces de gauche, qui estiment, à l’image du député communiste Nicolas Sansu, que« le pouvoir politique (…) doit reprendre la main par rapport à l’oligarchie financière ».
  • Il a été rejeté par le bloc central et la droite, qui craignent, à l’instar du député Charles Sitzenstuhl (Ensemble pour la République), une perte d’attractivité de la France « néfaste pour l’économie française ».
  • Le Rassemblement national (RN) s’est d’abord abstenu, la députée Claire Marais-Beuil commentant que « les fruits du travail doivent être protégés ». Plus récemment, dans un entretien à Sud-Ouest, Marine Le Pen s’est clairement prononcée contre la taxe Zucman, jugée « inefficace, injuste et dangereuse puisqu’elle entraverait le développement de nos entreprises ».

La taxe Zucman enfreint-elle la Constitution ?

C’est ce que soutiennent plusieurs de ses contempteurs, à commencer par l’ex-premier ministre François Bayrou. Pour eux, cette taxe entre dans la catégorie des mesures dites « confiscatoires », qui sont rejetées par la jurisprudence.

Gabriel Zucman et les défenseurs de l’établissement de la taxe répondent qu’une imposition limitée à 2 % et déclenchée à partir d’un seuil très élevé (100 millions d’euros) ne peut aucunement être jugée « confiscatoire ». A leurs yeux, leur proposition respecte bien mieux l’exigence d’égalité devant l’impôt, telle que formulée dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, que l’état actuel du droit.

Mais personne n’en aura le cœur net tant que le Conseil constitutionnel ne se sera pas prononcé – ce qu’il pourrait être amené à faire, si la mesure figurait dans le prochain budget.

Romain Imbach, Julien Lemaignen et Lara Pino Lerro

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Attentat de la rue des Rosiers : l’arrestation d’un membre du commando bouleverse le calendrier du procès

La plaque commémorative marquant le 40ᵉ anniversaire de l’attentat de la rue des Rosiers, à Paris, le 9 août 2022. EMMANUEL DUNAND/AFP

La justice a beau être indépendante, elle n’en est pas moins soumise aux aléas diplomatiques. Alors que les parties civiles pensaient enfin voir le bout du tunnel de l’affaire de l’attentat de la rue des Rosiers, à Paris, commis le 9 août 1982, avec le renvoi durant l’été devant une cour d’assises spéciale de six accusés dont quatre en absence, l’arrestation de l’un des accusés par l’Autorité palestinienne, révélée par Le Parisien, vient bouleverser le calendrier. Tout en constituant un « pas supplémentaire pour le droit et la vérité », selon les termes employés par Emmanuel Macron pour annoncer la nouvelle sur X.

Cette arrestation est « le fruit du processus initié par le président de la République qui le conduira à reconnaître lundi [22 septembre] l’Etat de Palestine, ce qui permettra [à la France] de demander l’extradition », s’est félicité le ministre des affaires étrangères démissionnaire, Jean-Noël Barrot.

Le Palestinien arrêté s’appelle Mahmoud Abed Adra, mais il est connu sous le nom d’Hicham Harb. Agé de 70 ans et habitant à Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie, il est visé par un mandat d’arrêt international depuis dix ans. L’attentat de la rue des Rosiers, qui visait un restaurant juif dans le quartier du Marais, avait causé six morts et 22 blessés. Le commando terroriste, réputé avoir été missionné par le groupe palestinien dissident Fatah-Conseil révolutionnaire (Fatah-CR) d’Abou Nidal, à l’époque installé en Syrie, avait mitraillé le restaurant et jeté une grenade avant de prendre la fuite.

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