Le président russe Vladimir Poutine préside une réunion du Conseil de sécurité par vidéoconférence depuis le Kremlin à Moscou, en Russie, le 21 novembre 2025. GAVRIIL GRIGOROV / AP
Le chercheur et journaliste britannique Peter Pomerantsev, né à Kiev, est l’auteur de deux ouvrages de référence sur la propagande russe, dont Rien n’est vrai tout est possible. Aventures dans la Russie d’aujourd’hui (Saint-Simon, 2015). Il décrypte le « plan de paix » américain pour l’Ukraine.
La confusion règne quant à l’origine de ce plan, très favorable à Moscou. S’agit-il d’un « plan de paix » ou d’une opération d’influence russe ?
La conception russe de la diplomatie est très différente de la nôtre. La Russie utilise la diplomatie comme une arme de guerre à part entière. Regardez ce qu’ils ont fait en Syrie : négocier, négocier, bombarder, bombarder, négocier. C’est typique, chez eux. Ils combinent toujours action militaire, opérations de renseignement, opérations informationnelles et diplomatie. C’est un tout. Nous, nous distinguons un « plan de paix » d’une opération d’influence, alors que, pour les Russes, c’est très lié.
Les Russes donnent toujours l’impression que c’est notre faute [si les négociations de paix échouent], ce qui est assez facile, car il y a des points de vue très différents [en Europe]. Et, pendant ce temps, ils progressent sur le champ de bataille et augmentent la pression militaire. Voilà leur méthode. A cela s’ajoute une sorte de bataille politique interne aux Etats-Unis, où c’est très chaotique.
Il vous reste 67.31% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Le président russe Vladimir Poutine et le président du conseil des ministres togolais Faure Gnassingbé, lors de leur rencontre au Kremlin, à Moscou, le 19 novembre 2025. RAMIL SITDIKOV /VIA AP
Il ne l’avait pas accueilli en Russie depuis 2019. Mercredi 19 novembre, c’est tout sourire que Vladimir Poutine a reçu Faure Gnassingbé, le président du conseil togolais, sous les ors du Kremlin. Symbole de leur bonne entente et du rapprochement entre leurs deux pays : l’annonce de la réouverture prochaine de leurs ambassades à Lomé et à Moscou, respectivement fermées depuis 1992 et 1999.
Durant leur entretien, les deux hommes ont évoqué leur partenariat en matière commerciale, énergétique ou encore agricole. Mais c’est surtout sur le plan militaire qu’ils ont fait avancer leur relation. Vladimir Poutine et Faure Gnassingbé ont en effet validé un nouvel accord bilatéral en la matière, annoncé au printemps et ratifié, le 25 octobre, par la Douma, le Parlement russe.
Ce texte, qui prévoit la formation de militaires togolais par des instructeurs russes, mais aussi le partage de renseignements ou encore la tenue d’exercices militaires conjoints, indique que les deux pays pourront utiliser leurs ports militaires respectifs. Un joli coup pour la Russie, qui obtient de cette façon un nouvel ancrage dans le golfe de Guinée, où ses navires de guerre et ses avions militaires pourront désormais faire escale et donc se positionner à l’intersection des principales routes maritimes reliant l’Afrique, l’Europe et les Amériques.
Il vous reste 77.59% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Lors d’une manifestation organisée par plusieurs associations féministes en marge du procès du mari de Chahinez Daoud, devant le tribunal de Bordeaux, le 24 mars 2025. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
En dépit des progrès enregistrés ces dernières années, la lutte contre les violences faites aux femmes doit redoubler d’intensité. Selon la Fédération nationale des victimes de féminicides, au 23 novembre, 88 femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints ou ex-conjoints depuis le 1er janvier 2025 en France, un chiffre qui ne prend pas en compte les suicides forcés et qui reste désespérément stable au fil des ans.
Nous alertons aujourd’hui sur la nécessité d’intégrer toutes les formes de violences conjugales dans le droit français, de renforcer la formation de l’ensemble des acteurs du monde judiciaire et des forces de sécurité et de sensibiliser les citoyennes et citoyens à l’égalité entre les femmes et les hommes et à l’indépendance économique des femmes.
Si les violences faites aux hommes sont une réalité et nécessitent une prise en charge identique, les violences que subissent les femmes sont systémiques, structurelles et d’une ampleur colossale. De nouvelles formes de violences conjugales, trop longtemps négligées, doivent être intégrées dans le droit français, en particulier celles qui s’exercent dans les familles avec enfants. Sur les 85 femmes tuées en 2025, 49 étaient en contexte de séparation et/ou de violences connues et 54 étaient mères. Selon le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, 398 000 enfants ont été co-victimes de violences faites aux femmes pour l’année 2019.
Il vous reste 79.82% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
La cour intérieure de l’université de la Sorbonne, à Paris, en octobre 2000. JEAN-PIERRE MULLER/AFP
« Sorbonne Université a pris connaissance jeudi de propos très graves, injurieux et antisémites lors d’un cours magistral du DES [diplôme d’études spécialisées] médecine générale à la faculté de santé. L’établissement condamne avec la plus grande fermeté tout agissement de ce type », a annoncé la direction de l’université lundi 24 novembre dans la soirée. Dans son communiqué, elle réaffirme « son engagement à lutter contre l’antisémitisme, le racisme et toute forme de discrimination ».
L’université a transmis « l’ensemble des éléments en sa possession » au procureur de la République « dans les plus brefs délais », au titre de l’article 40 du code de procédure pénale. Elle explique avoir « reçu un signalement pour des propos antisémites affichés sur l’écran de l’amphithéâtre durant un cours magistral ».
Une cellule psychologique accessible
« Six enseignantes et une centaine d’étudiantes et d’étudiants ont été exposés, durant ce cours, à des propos explicitement racistes et faisant l’apologie du nazisme, affichés sur l’écran de l’amphithéâtre suite aux réponses formulées sur l’outil Wooclap [outil pédagogique numérique] utilisé lors de l’enseignement », poursuit-elle.
Le cours a été suspendu et l’amphithéâtre évacué. Le département de médecine générale a mis en place « une cellule psychologique accessible à l’ensemble des étudiantes et des étudiants qui en ressentiraient le besoin », et « le référent laïcité, lutte contre le racisme et l’antisémitisme de l’établissement a également été saisi ».
« L’identification de l’auteur ou des auteurs est en cours et l’université engagera des poursuites disciplinaires dès que les identifications auront été établies », prévient l’université.
Frédéric Péchier, à son arrivée au tribunal, à Besançon, le 9 septembre 2025. SÉBASTIEN BOZON / AFP
« Les années ont passé… Aujourd’hui, j’ai bientôt 14 ans. J’ai bien compris que quelqu’un s’était servi de moi et de ma propre vie pour atteindre ses objectifs : on m’a empoisonné pour créer des problèmes. » Dans un procès, tout se construit ou se détruit par les mots. Ceux écrits par Tedy Hoerter-Tarby à la cour d’assises du Doubs, chargée de juger Frédéric Péchier pour 30 empoisonnements, risquent d’ensevelir plus profondément encore l’anesthésiste de Besançon. Pour rappel, le médecin est accusé d’avoir tué douze patients, et tenté d’en assassiner dix-huit autres, entre 2008 et 2017… « Un massacre », martèle Stéphane Giuranna, l’avocat des parties civiles.
Le 22 février 2016, le cœur de Tedy – 4 ans à l’époque – a lâché sans raison alors qu’il allait se faire ôter les amygdales. Vingt-cinq minutes de réanimation, deux jours de coma et un cauchemar absolu pour sa famille. « Je revois la maman à genoux au pied de son lit, pleurer tout ce qu’il y avait à pleurer, prier tout ce qu’elle pouvait prier, pour que son petit garçon se réveille », se souvient le père, ému face aux jurés. Au fond de la salle, entouré des siens, le bambin devenu adolescent reste impassible, bouche scellée et visage de cire. Tedy n’avait pas la force, lundi 24 novembre, de venir témoigner « à deux mètres de l’accusé », l’excuse son père.
Il vous reste 71.84% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Tout pays de l’Union européenne (UE) est tenu de reconnaître le mariage de deux citoyens de même sexe légalement conclu dans un autre Etat membre, selon un arrêt de la Cour de justice de l’UE (CJUE) publié mardi 25 novembre. La cour avait été saisie par deux Polonais mariés en Allemagne et qui se sont vu refuser la transcription de leur acte de mariage dans leur pays d’origine, où l’union entre personnes de même sexe n’est pas autorisée.
Ce refus « est contraire au droit » européen en ce qu’il constitue une entrave à la liberté des citoyens concernés de circuler d’un pays à l’autre, tout en jouissant de leurs droits acquis au sein de l’Union. Il « porte atteinte à cette liberté ainsi qu’au droit au respect de la vie privée et familiale », entraînant « de sérieux inconvénients administratifs, professionnels et privés » et « contraignant les époux à vivre en tant que célibataires dans l’Etat membre dont ils sont originaires », constate la CJUE.
« Les Etats membres sont donc obligés de reconnaître, aux fins de l’exercice des droits conférés par le droit de l’Union, le statut marital acquis légalement dans un autre Etat membre », ajoute la cour. Elle précise que, pour autant, la Pologne n’est pas tenue d’introduire le mariage entre personnes du même sexe dans son droit national.
Interrogée par l’Agence France-Presse (AFP), l’ONG polonaise Campagne contre l’homophobie (KPH) a salué une décision « très positive ». En attendant que la Pologne se dote de sa propre législation, « la transcription d’un acte de mariage étranger en polonais et son enregistrement dans les registres polonais constituent déjà une avancée significative », s’est félicité Przemyslaw Walas, un responsable de l’organisation.
Les associations estiment à environ 30 000 à 40 000 de tels mariages conclus par des citoyens polonais à l’étranger. Elles anticipent un afflux de couples dans les mairies après l’arrêt de la CJUE. En voie de sécularisation, en particulier chez les jeunes et les urbains, la Pologne à forte tradition catholique ne s’est pas encore engagée dans les réformes sociétales menées depuis le début des années 2000 dans nombre d’autres Etats européens.
Seul le mariage y consacre l’union entre deux personnes – uniquement de sexe opposé – sa législation de 2021 sur l’avortement est l’une des plus restrictives du continent. Les femmes ne peuvent avorter à l’hôpital que si la grossesse résulte d’une agression sexuelle ou d’un inceste, ou constitue une menace directe pour la vie ou la santé de la mère. L’assistance à l’avortement est passible de trois ans de prison.
Selon les chiffres officiels, moins de 900 avortements ont été pratiqués dans des hôpitaux l’année dernière dans ce pays de 38 millions d’habitants.
Réformes bloquées
Des velléités de réforme ont récemment émergé au sein de la coalition centriste conduite par le premier ministre, Donald Tusk, mais l’exécutif est entré en cohabitation depuis l’élection, en juin, du nationaliste conservateur Karol Nawrocki à la présidence de la république.
Le Monde Ateliers
Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Newsletter
« La revue du Monde »
Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer
S’inscrire
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde
« La Météo du Climat »
Explorez notre portail météo et plongez dans nos analyses pour mieux décrypter le climat d’aujourd’hui et de demain.
Découvrir
Sous l’impulsion de partis de gauche, la coalition gouvernementale a présenté en octobre un projet de loi sur les unions civiles, y compris entre personnes de même sexe, qualifié par M. Tusk de « petit pas en avant ».
Catholique fervent soutenu par le parti Droit et justice (PIS) à l’origine de nombreuses lois conservatrices votées depuis 2015, M. Nawrocki a prévenu qu’il ne promulguerait aucun texte qui ferait que les unions civiles deviennent des « quasi-mariages », et opposerait son veto à toute mesure libéralisant les lois sur l’avortement.
La CJUE rappelle que l’inscription dans le droit national d’une union entre deux personnes de même sexe reste du ressort de chaque Etat membre. Les modalités de reconnaissance d’une telle union conclue dans un autre pays demeurent également l’apanage de chaque pays européen, mais cette reconnaissance doit conférer les mêmes droits que ceux prévus dans l’acte dont il est demandé la transcription.
Aujourd’hui, 16 des 27 pays de l’Union reconnaissent le mariage homosexuel : les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (2003), l’Espagne (2005), la Suède (2009), le Portugal (2010), le Danemark (2012), la France (2013), le Luxembourg (2015), l’Irlande (2015), Malte (2017), l’Allemagne (2017), la Finlande (2017), l’Autriche (2019), la Slovénie (2022), l’Estonie (2024) et la Grèce (2024).
L’ONU s’alarme pour la « survie de Gaza » et appelle à un « plan de redressement d’ensemble »
La « survie de Gaza est en jeu », s’alarme l’ONU mardi dans un rapport, appelant la communauté internationale à élaborer un « plan de redressement d’ensemble » et à intervenir « sans délai » et de manière coordonnée.
Les opérations militaires israéliennes à Gaza « ont rongé tous les piliers de la survie », de la nourriture au logement en passant par les soins de santé, « nui à la gouvernance et plongé » le territoire palestinien « dans un abîme créé par l’homme », dénonce un rapport de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).
« Compte tenu des destructions incessantes et méthodiques dont elle a fait l’objet, on peut douter sérieusement de la capacité de Gaza de se reconstruire, en tant qu’espace de vie et société », ajoute le rapport. Selon le rapport de la Cnuced, les opérations militaires israéliennes ont fait passer Gaza « d’une situation de sous-développement à celle d’une ruine totale ». L’ONU estime qu’environ 70 milliards de dollars seront nécessaires pour reconstruire le territoire palestinien.
« Même dans un scénario optimiste, dans lequel la croissance atteint un taux à deux chiffres et l’aide étrangère afflue, il faudra plusieurs décennies pour que Gaza retrouve le niveau de qualité de vie d’avant octobre 2023 », souligne le rapport.
La Cnuced appelle ainsi à la mise en œuvre « d’un plan de redressement d’ensemble » qui associe « une aide internationale coordonnée, le rétablissement des transferts fiscaux » d’Israël vers Gaza « et des mesures visant à alléger les contraintes qui pèsent sur le commerce, les déplacements et l’investissement ».
Cette agence onusienne appelle à instaurer, dans ce cadre, un revenu de base universel à Gaza, pour pourvoir à la subsistance de tous les habitants, sous forme d’un programme d’aide en espèces, « reconductible et sans conditions » et qui serait versé mensuellement.
Par ailleurs, la Cnuced note également qu’en Cisjordanie « la violence, l’expansion accélérée des colonies et les restrictions à la mobilité de la main-d’œuvre » sont à l’origine du pire déclin économique depuis que l’agence a commencé à tenir des registres, en 1972.
Une salle de classe du centre d’entraînement militaire Eugen Kvaternik, à Slunj (Croatie), le 29 octobre 2025. ANTONIO BRONIC/REUTERS
Certains pays n’ont jamais abrogé la conscription, d’autres l’ont rétablie pour répondre à la menace posée par la Russie ou l’envisagent sur la base du volontariat : l’Agence France-Presse a dressé un état des lieux du service militaire en Europe, alors que l’Emmanuel Macron se rendra jeudi sur un site de l’armée de terre à Varces (Isère), au sein de la 27e brigade d’infanterie de montagne, afin d’annoncer un « nouveau cadre pour servir au sein de nos armées » et répondre à l’« envie d’engagement » de la jeunesse.
Au Danemark, la durée du service militaire est passée l’an dernier de quatre à onze mois, et il est obligatoire pour les femmes depuis le 1er juillet. Les jeunes Danois sont tirés au sort pour effectuer ou non leur service en fonction des besoins de l’armée.
En Finlande, les conscrits effectuent leur service obligatoire pour près de six, neuf ou douze mois en fonction de la spécialité et du grade. Ils sont ensuite basculés dans la réserve jusqu’à l’âge de 50 ou 60 ans selon leur grade. Le gouvernement envisage de relever l’âge des réservistes à 65 ans. Le service militaire est volontaire pour les femmes.
La Norvège a décidé en 2013 de rendre le service militaire de douze mois également obligatoire pour les femmes au nom de l’égalité des sexes. Environ 15 % d’une classe d’âge sont sélectionnés selon des critères de qualifications et de motivation.
En Estonie, le service militaire pour les hommes dure de huit à onze mois et s’effectue sur une base territoriale, qui permet de les former en unités constituées une fois dans la réserve. Il est volontaire pour les femmes.
La Grèce maintient une conscription obligatoire pour les hommes de plus de 18 ans, pour une période de neuf à douze mois. Le gouvernement a ouvert en mars la possibilité pour les femmes d’effectuer le service militaire sur une base volontaire.
A Chypre, un service militaire de quatorze mois est obligatoire pour les hommes. Le Parlement a voté en avril une loi l’ouvrant aux femmes volontaires.
Le Monde Mémorable
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »
Découvrir
Newsletter
« A la une »
Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »
S’inscrire
Le Monde Application
La Matinale du Monde
Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer
Télécharger l’application
Newsletter abonnés
« International »
L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine
S’inscrire
L’Autriche et la Suisse, pays neutres, ont également un service obligatoire pour les hommes, respectivement de six et neuf mois, et volontaire pour les femmes.
Un retour de la conscription dans plusieurs pays
La Lituanie a été la première à rétablir, en 2015, la conscription obligatoire pour les hommes qu’elle avait suspendue en 2008. La sélection est effectuée par loterie pour un service de neuf mois, volontaire pour les femmes. A l’issue du service, les conscrits sont basculés dans la réserve pour dix ans, période qui sera portée à quinze ans en 2026.
La Suède a réintroduit la conscription en 2017 après une suspension de sept ans. Elle est obligatoire pour les hommes et les femmes pour une durée de neuf à quinze mois selon les spécialités. Dans les faits, seuls quelques milliers effectuent leur service, selon les besoins de l’armée. En cas de crise, tous les jeunes Suédois sont susceptibles d’effectuer un service civil pour concourir à la défense totale du pays.
La Lettonie a rétabli en 2023 un service militaire obligatoire de onze mois pour les hommes – volontaire pour les femmes – qu’elle avait aboli en 2006. Les jeunes Lettons peuvent choisir de privilégier un engagement de cinq ans dans la garde nationale, comprenant des périodes de formation annuelles.
La Croatie a voté à la fin d’octobre le rétablissement dès 2026 du service militaire obligatoire pour les hommes, suspendu en 2008 peu avant l’entrée du pays dans l’OTAN.
Le volontariat gagne du terrain en Europe
La Belgique a abandonné la conscription en 1994, de même que les Pays-Bas (1997), l’Espagne (2001), la République tchèque et la Hongrie (2004), l’Italie (2005), la Roumanie (2006) ou la Bulgarie (2007).
Les Pays-Bas ont depuis instauré un service militaire volontaire en 2023, la Bulgarie en 2020. La Belgique a introduit à partir de 2026 un service militaire volontaire de douze mois ouvert aux hommes et aux femmes. L’objectif est d’atteindre 1 000 volontaires en 2028.
La Roumanie inaugure également l’an prochain un service militaire volontaire de quatre mois pour les hommes et les femmes.
Au Royaume-Uni, la conscription a pris fin en 1960. Le gouvernement de Keir Starmer a enterré le projet de le rétablir évoqué par son prédécesseur.
En Allemagne, où la conscription a été suspendue en 2011, la coalition au pouvoir a trouvé un compromis pour établir un service militaire volontaire afin de renforcer une armée en manque de recrues. Le projet de loi doit être voté en décembre. L’objectif est de recruter 20 000 volontaires en 2026.
La conscription a été suspendue en 2009 en Pologne, qui a mis en place sur une base volontaire une formation militaire de base d’un mois, suivie éventuellement de formations spécialisées de onze mois supplémentaires.
En France, où la conscription a été suspendue en 1997, il existe un service militaire adapté (SMA) en outre-mer et un service militaire volontaire (SMV) en métropole, qui sont en réalité pensés comme des dispositifs de formation et d’insertion dans l’emploi. Le service national universel (SNU), lancé en 2019 à destination des jeunes de 15 à 17 ans, est lui civil et comprend un séjour de cohésion suivi de deux semaines de mission d’intérêt général. Mais il n’a jamais trouvé son rythme public.
Près de 3 000 amendements discutés, au cours de quelque 125 heures de débat… pour accoucher d’un texte qui n’aura recueilli qu’une seule voix. Au Palais-Bourbon, l’examen en séance publique du projet de loi de finances pour 2026 – « le plus long débat budgétaire que la Ve République ait connu, et de loin », a commenté la ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin –, s’est avéré inédit à de multiples égards.
Certes, le texte finalisé dans la nuit du 21 au 22 novembre relève davantage du patchwork de mesures dissonantes que d’une feuille de route cohérente, aucun député ou presque n’a souhaité l’assumer dans son ensemble, et aucune des mesures adoptées ne sera pour l’heure appliquée.
Il vous reste 98.49% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Devant un supermarché Auchan, dans le 17ᵉ arrondissement de Paris, en novembre 2024. DELPHINE GOLDSZTEJN/LP/MAXPPP
Confronté à un essoufflement de son modèle, Auchan franchit une nouvelle étape dans son plan visant un retour à la rentabilité.Le distributeur a annoncé, mardi 25 novembre, qu’il prévoit de basculer l’ensemble de ses supermarchés en France sous les enseignes Intermarché et Netto, les deux marques du Groupement Les Mousquetaires. Objectifs : se concentrer sur ses autres formats de magasins (117 hypermarchés et les « drive ») et profiter du dynamisme du groupe indépendant.
Pour les deux groupes, il s’agit d’« une évolution majeure de leur partenariat stratégique, commencé en 2024 », qui leur permet déjà d’effectuer en commun leurs achats de marchandises auprès des fournisseurs.
Concrètement, ce projet prendrait la forme d’un modèle inédit dans la grande distribution : Auchan Retail créerait « une entité juridique dédiée », dont le nom n’a pas encore été dévoilé, qui « exploiterait en franchise ses supermarchés sous la bannière Intermarché et Netto », a indiqué le distributeur dans un communiqué. Un dispositif censé perdurer pendant au moins dix ans.
En France, les 261 supermarchés qu’Auchan exploite en propre en France sont concernés. Les 33 magasins franchisés se verront proposer de rejoindre le projet. Cela représente 3,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuels et 11 400 salariés.
Il vous reste 55.69% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.