Electronic Arts va être racheté pour 55 milliards de dollars par un fonds d’investissement saoudien et le gendre de Donald Trump

Des joueurs essaient « EA Sports FC 25 » d’Electronic Arts lors de l’édition 2024 de la Gamescom, salon international du jeu vidéo, à Cologne (Allemagne), le 21 août 2024. INA FASSBENDER/AFP

L’éditeur californien de jeux vidéo Electronic Arts (EA), réputé pour EA Sports FC, Les Sims et Battlefield, va être racheté pour 55 milliards de dollars (46,9 milliards d’euros). Un accord a été trouvé avec une entité qui réunit le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite, Silver Lake et Affinity Partners, a fait savoir l’entreprise dans un communiqué publié le 29 septembre.

« La transaction a été approuvée par le conseil d’administration d’EA. Elle devrait être finalisée au premier trimestre de l’exercice fiscal 2027 », a annoncé l’éditeur de jeux vidéo, qui rappelle qu’elle sera soumise à « l’obtention des autorisations réglementaires des autorités de régulation et à l’approbation des actionnaires d’EA. » Ce rachat d’entreprise est le plus important jamais fait sur les marchés par endettement (ou LBO pour leveraged buy out, « rachat avec effet de levier »).

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Rachat record de l’éditeur de jeux vidéo Electronic Arts : la finance aux manettes

L’Arabie saoudite et Jared Kushner aux commandes

Parmi les trois entités à la manœuvre, le Fonds public d’investissement saoudien est le plus impliqué dans l’industrie vidéoludique. A travers sa société Savvy Group, la monarchie pétrolière a déjà pris des parts minoritaires dans des entreprises, comme Nintendo, Capcom et Embracer. Elle a également racheté la division jeux vidéo de Niantic, le créateur de Pokémon Go, en 2025, et Scopely, éditeur de jeux pour téléphone mobile (Monopoly Go !).

Le pays est également très investi dans l’e-sport (le sport électronique), puisqu’elle organise désormais la Coupe du monde de jeu vidéo (Esports World Cup) et a été chargée par le Comité international olympique (CIO) d’organiser les premiers jeux olympiques de l’e-sport en 2027 à Riyad. L’acquisition des simulations de sport d’EA (EA Sports FC pour le football, Madden NFL pour le football américain, F1, WRC pour le rally, PGA Tour pour le golf ou NHL pour le hockey sur glace) pourrait lui permettre d’accentuer son emprise dans ce domaine, régulièrement plébiscité par le prince héritier, Mohammed Ben Salman.

Lire aussi | L’Arabie saoudite, organisatrice et grande gagnante de l’Esports World Cup

Le fonds d’investissement Silver Lake est, quant à lui, un habitué du secteur des nouvelles technologies. Il a contribué au rachat de Skype en 2009(entre-temps revendu à Microsoft, le service a été interrompu cette année) ou Dell en 2013. Silver Lake est aujourd’hui impliqué dans le rachat de TikTok aux Etats-Unis.

Tandis que le troisième acteur à la manœuvre, Affinity Partners, est surtout associé à son célèbre dirigeant : Jared Kushner, gendre de Donald Trump.

Jared Kushner (à gauche), patron d’Affinity Partners, s’entretient avec Susie Wiles (à droite), cheffe de cabinet de son beau-père, Donald Trump, président des Etats-Unis, le 7 septembre 2025, à New York. YUKI IWAMURA / AP

Cette acquisition confirme le mouvement de consolidation à l’œuvre dans le secteur du jeu vidéo depuis les années 2020 : elle succède à celle d’Activision Blizzard par Microsoft (69 milliards de dollars annoncés en 2023), le grand rival d’Electronic Arts, et celle de Zynga par Take-Two (12,7 milliards de dollars en 2022).

Croissance atone du secteur

Cependant, la vente d’EA se déroule dans un contexte de croissance atone pour l’industrie du jeu vidéo, après un essor prononcé durant les confinements liés à la pandémie. Les studios sont confrontés à une baisse des investissements et à une compétition accrue des sorties. Résultat : des milliers de licenciements depuis deux ans.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Dans le marché du jeu vidéo, les ventes se maintiennent, les milliers de licenciements aussi

Les entités d’EA en ont aussi fait les frais. L’entreprise s’est séparée de 5 % de ses effectifs en 2024 et compte aujourd’hui 14 500 salariés. Dernièrement, sa filiale Bioware, réputée pour ses jeux de rôle, s’est séparée de certains des vétérans de ses équipes après l’échec retentissant de Dragon Age : The Veilguard, à la fin de 2024.

Le guide du jeu « Les Sims 2 » d’Electronic Arts, sorti en 2004. PAUL SAKUMA / AP

Les revenus annuels d’EA ont stagné au cours des trois derniers exercices fiscaux, oscillant entre 7,4 et 7,6 milliards de dollars (6,30 et 6,4 milliards d’euros). L’entreprise s’est ainsi mise en quête de nouveaux relais de croissance pour séduire des joueurs, de plus en plus attirés par les franchises en free-to-play régulièrement mises à jour, plutôt que par l’achat de nouveaux jeux pouvant coûter jusqu’à 80 euros.

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EA est surtout incontournable pour ses simulations de sport aux épisodes annuels. L’entreprise a été fondée en 1982 par William « Trip » Hawkins, un ancien d’Apple, qui se passionnait alors pour la programmation de jeux vidéo de football américain. Dès 1988, l’entreprise s’impose avec sa licence Madden NFL. Un succès décliné avec le hockey sur glace (NHL) puis le football (FIFA, désormais connu sous le nom de EA Sports FC), respectivement lancés en 1991 et 1993. Des succès qui perdurent : chaque année depuis 2014, EA Sports FC est le jeu vidéo le plus vendu sur le marché français.

L’éditeur américain s’est également hissé parmi les plus importants éditeurs tiers américains grâce à d’autres licences, notamment avec la simulation de vie Les Sims, conçu par Will Wright en 2000, Battlefield (dont le prochain épisode sort le 10 octobre), les jeux de course Need for Speed, ou le jeu de tir multijoueur en ligne Apex Legends. Son catalogue comprend également des licences cultes, mais en sommeil depuis des années : c’est par exemple le cas de Mass Effect, Command and Conquer, Dead Space ou Medal of Honor.

Le Monde avec AP et Bloomberg

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« Les Sentinelles », sur Canal+ : la nuit des poilus mutants

Carl Malapa (Armand), Thibaut Evrard (Djibouti), Louis Peres (Gabriel) et Kacey Mottet Klein (de Clermont) dans la série « Les Sentinelles », créée par Guillaume Lemans. CAROLINE DUBOIS/FEDERATION/CANAL+

CANAL+ – LUNDI 29 SEPTEMBRE À 21 H 10 – SÉRIE

Enfants artificiels d’Adèle Blanc-Sec et de Captain America, les Sentinelles ont été conçues dans un laboratoire de l’armée française, au temps de la conquête du Maroc, et ont repris du service après l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand. Apparues dans les cases de la série de bandes dessinées de Xavier Dorison et Enrique Breccia (Delcourt), ces créatures monstrueuses qui hantent les tranchées de la « der des ders » prennent chair le temps des huit épisodes d’une première saison dans laquelle son diffuseur, Canal+, a beaucoup investi.

Le retour sur cet investissement est inégal. Comment pouvait-il en aller autrement face aux ambitions impossibles qu’imposait le postulat de départ ? Reste que, dans la cohorte de productions qui s’inspirent de l’histoire française au début du XXe siècle (Paris Police 1900, Le Bazar de la charité, La Garçonne, sans remonter jusqu’aux Brigades du Tigre), celle-ci se distingue par son ampleur, ses sautes de registres (parfois agiles, parfois pataudes) et sa tonalité horrifique, qui sied bien aux flots de sang qui coulèrent entre 1914 et 1918.

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Appel à témoignages : vous êtes chef d’entreprise, DRH ou étudiant, et vous constatez une baisse des offres d’alternance ? Racontez-nous

La Société éditrice du Monde souhaite présenter dans ses publications une sélection de témoignages, sous forme d’écrits, de photographies et de vidéos (ci-après désignés ensemble ou séparément « Contribution(s) ») qui lui sont soumis librement par les internautes.

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Moldavie : le puissant oligarque Vladimir Plahotniuc a été extradé de Grèce

Vladimir Plahotniuc quitte l’aéroport de Chisinau, en Moldavie, le 25 septembre 2025. VLADISLAV CULIOMZA / REUTERS

En Moldavie, il était surnommé « papusarul », le « marionnettiste », celui qui tire toutes les ficelles. Institutions, banques, médias, justice… Des années 2000 jusqu’à sa fuite, en 2019, rien n’échappait à Vladimir Plahotniuc, considéré comme l’oligarque le plus puissant de cette ex-république soviétique de 2,6 millions d’habitants. Jeudi 25 septembre au matin, il a été extradé d’Athènes à Chisinau, deux mois après son arrestation en Grèce. L’homme d’affaires de 59 ans est poursuivi dans quatre affaires pénales pour « corruption », « escroquerie », « blanchiment d’argent » et « création d’organisation criminelle ». Des accusations qu’il considère comme infondées.

Dès vendredi, il comparaîtra devant la justice pour le plus gros dossier, celui d’une fraude bancaire de 1 milliard de dollars (850 millions d’euros) dont ont été victimes trois banques moldaves, de 2012 à 2014. Ce « vol du siècle », selon l’expression utilisée en Moldavie, aurait représenté plus de 15 % du produit intérieur brut de l’époque. Vladimir Plahotniuc en serait un des responsables, aux côtés de l’oligarque Ilan Shor, aujourd’hui en exil à Moscou.

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Bosch, frappé de plein fouet par la crise de l’automobile, va supprimer 13 000 postes

Des employés de l’entreprise allemande Bosch, lors d’une manifestation contre le projet de suppression de milliers d’emplois, au siège social de Gerlingen, près de Stuttgart, dans le sud de l’Allemagne, le 20 mars 2024. THOMAS KIENZLE/AFP

La série noire qui frappe l’industrie automobile allemande ne semble pas avoir de fin. Bosch, premier équipementier mondial du secteur et un des plus gros industriels outre-Rhin, a annoncé, jeudi 25 septembre, son intention de supprimer 13 000 postes au sein de son département mobilité d’ici à 2030. Ce sont les sites allemands du groupe qui vont payer le plus lourd tribut. L’usine française de Rodez, en revanche, spécialisée dans les injections diesel, n’est pas directement concernée par cette mesure, même si sa situation demeure précaire.

Pour Bosch, il s’agit du second plan social d’ampleur en quelques mois. L’entreprise a déjà annoncé la suppression de 9 000 postes depuis 2024 au sein de son département mobilité, dont la moitié a été réalisée.

Jeudi, lors d’une conférence de presse, le groupe a détaillé la crise dans laquelle il se débat depuis plusieurs années. « L’environnement économique, déjà très difficile depuis un certain temps, s’est encore dégradé récemment, tout comme les perspectives commerciales de Bosch Mobility », a expliqué Markus Heyn, le directeur du département mobilité, qui chiffre à 2,5 milliards d’euros l’effort d’économies à effectuer d’ici à la fin de la décennie pour retrouver la compétitivité.

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Meurtre de Nadège Desnoix en 1994 : l’accusé condamné à trente ans de prison

Le sentier où a été retrouvé le corps de Nadège Desnoix, à Château-Thierry (Aisne), en 1994. « L’UNION DE REIMS »/MAXPPP

C’est l’un des plus anciens cold cases à aboutir à un procès en France : trente et un ans après les faits, Pascal Lafolie a été condamné à la peine maximale, trente ans de réclusion criminelle, pour le meurtre de Nadège Desnoix, lycéenne tuée dans l’Aisne en 1994. La peine, assortie d’une période de sûreté des deux tiers, est conforme aux réquisitions de l’avocate générale devant la cour d’assises de l’Aisne.

A l’annonce du verdict, les proches de Nadège Desnoix, présents pendant les quatre jours du procès et vêtus jeudi 25 septembre de tee-shirts sur lesquels le visage de la jeune fille était imprimé, n’ont pu retenir leurs larmes. Son frère William Desnoix a dit ressortir « apaisé » d’un procès pourtant « extrêmement difficile ». « Nous avons été entendus, il a été lourdement condamné, c’était tout ce qu’on attendait », a-t-il déclaré, soulagé.

L’avocat des frères et de la sœur de Nadège Desnoix, Me Gérard Chemla, s’est aussi félicité de cette décision, la cour ayant ainsi « dit clairement qu’il est coupable (…) qu’il est dangereux, qu’il n’y a pas de circonstances atténuantes et qu’il mérite le maximum de la peine ». « Justice a été rendue autant qu’elle pouvait l’être », a-t-il tempéré, déplorant que la peine ne s’ajoute pas à celles déjà purgées pour d’autres faits et craignant que « dans trois ou quatre ans, nous puissions imaginer que Pascal Lafolie soit dehors », et constitue une « menace pour les femmes ».

La peine de trente ans de réclusion englobe une dizaine d’années de détention déjà effectuées depuis le meurtre par Pascal Lafolie, aujourd’hui âgé de 58 ans, pour une agression sexuelle commise en 1996 et un viol en 2000. Pascal Lafolie « envisage sérieusement de faire appel », a annoncé Me Justine Devred, son avocate.

Lors de ses réquisitions, l’avocate générale avait dressé un portrait glaçant de l’accusé, un homme qui « sait mentir et tente constamment de manipuler », au « tempérament extrêmement violent » dans toutes les sphères, notamment privée. Il a fait montre d’une « intolérance à la frustration sexuelle » et a « peu de considération pour le consentement des partenaires », a-t-elle martelé. « La loi telle qu’elle est actuellement ne permet pas de maîtriser la dangerosité de Pascal Lafolie », a alerté la magistrate.

Confondu par l’ADN

Me Justine Devred avait reconnu les « pulsions » de son client, tout en dépeignant un personnage « à l’enfance cabossée », devenu un adulte « agaçant » car il n’a « jamais eu les codes », et influencé, voire écrasé par son grand frère, également violent. Jusqu’au dernier jour du procès, elle a martelé, comme son client, que ce dernier « ne se souvient pas » d’avoir tué Nadège Desnoix.

Pascal Lafolie avait d’abord admis les faits en garde à vue, avant de se rétracter et de rejeter la culpabilité sur son frère, décédé et dont l’implication a été écartée lors de l’enquête. Il s’est pourtant dit, lors de ses derniers mots devant la cour, « désolé d’avoir emmené [s]on frère sur ce chemin-là » où se trouvait Nadège le jour de sa mort. Ce sont ses seuls mots d’excuses lors du procès.

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Le corps sans vie de Nadège Desnoix, 17 ans, avait été retrouvé fin mai 1994, lacéré de coups de couteau sur un sentier menant à son lycée de Château-Thierry. L’enquête a patiné jusqu’à ce qu’en 2021, des expertises révèlent une correspondance entre l’ADN de Pascal Lafolie, prélevé dans le cadre d’une affaire de violences conjugales, et celui retrouvé sur le chouchou que Nadège Desnoix portait au moment de sa mort.

Pour la famille de Nadège Desnoix, « c’est le combat d’une vie qui a, heureusement, abouti », a affirmé Arnaud Miel, avocat de la mère de la victime. Un combat durant lequel est mort le père de Nadège Desnoix, « mort de chagrin à cause de ce boucher », a déclaré l’avocat à l’audience, en pointant l’accusé dans son box.

Après le procès, il a ajouté qu’il n’y avait « aucun doute » qu’il y ait pu y avoir « d’autres femmes » victimes du même homme, soulignant que le pôle criminel de Nanterre spécialisé sur les cold cases « travaille énormément sur les dossiers » le concernant.

Lire aussi (2023) : Article réservé à nos abonnés « Cold cases » : le pôle spécialisé créé il y a un an tarde à s’imposer

Le Monde avec AFP

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Contamination de fromages par la listeria : une enquête ouverte au pôle de santé publique du parquet de Paris pour « homicides involontaires »

La laiterie et la fromagerie Chavegrand à Maison-Feyne (Creuse), le 13 août 2025. GUILLAUME SOUVANT / AFP

Quelques semaines après les rappels massifs de fromages issus de la laiterie Chavegrand dans la Creuse, de nouveaux éléments viennent interroger l’ampleur de la contamination à la listeria de ces produits et la réponse des autorités sanitaires. Après les informations du journal La Montagne publiées mardi 23 septembre, le pôle de santé publique du parquet de Paris confirme s’être saisi, le 20 août, de l’enquête ouverte dans un premier temps à Guéretpour « tromperie », « homicides involontaires », « mise sur le marché d’un produit (…) préjudiciable à la santé », « obstacle aux fonctions des agents chargés de la sécurité sanitaire » et « non information du préfet d’un risque révélé par un autocontrôle ».

Au total, vingt-deux personnes ont été atteintes de listériose, dont deux sont mortes, en « lien possible », selon l’agence Santé publique France, avec cette contamination bactérienne. L’infection, qui chez lespersonnes en bonne santé se traduit par des diarrhées et parfois de la fièvre, peut avoir des conséquences graves pour les femmes enceintes, les nouveau-nés, les personnes âgées, et celles dont le système immunitaire est affaibli.

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L’inculpation de James Comey, ancien directeur du FBI, marque le début des vengeances judiciaires de Donald Trump

L’ancien directeur du FBI James Comey, lors d’une audition devant la commission sénatoriale du renseignement, au Capitole, à Washington, le 8 juin 2017. ANDREW HARNIK / AP

« Justice en Amérique ! », a triomphé Donald Trump, en lettres capitales, sur son réseau, Truth Social. La vengeance promise par le président américain à ceux qui l’ont tourmenté par le passé a dorénavant un premier visage : celui de l’ancien directeur de la police fédérale (FBI) James Comey. Il a été inculpé, jeudi 25 septembre, par un grand jury de Virginie pour « faux témoignage » et « obstruction d’une procédure au Congrès ».

Il ne fait aucun doute que cet acte d’une gravité historique, aux conséquences judiciaires encore très incertaines, relève d’un ordre de Donald Trump lui-même, malgré ses dénégations. Il s’agit, par conséquent, d’une promesse de persécutions plus larges, au périmètre non défini, alors que le président des Etats-Unis a étendu son pouvoir comme aucun de ses prédécesseurs.

Pour lui, la présomption d’innocence est un concept ne s’appliquant pas à ses ennemis. Le président a qualifié James Comey, dans son message, d’« un des pires êtres humains auxquels ce pays ait jamais été exposé », évoquant ses « crimes contre la nation ». Le document d’inculpation ne fait qu’une page et demie. Il a été rédigé sous l’autorité de la procureure générale du district est de Virginie, Lindsey Halligan, en poste depuis lundi 22 septembre seulement.

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Nicolas Sarkozy condamné à cinq ans de prison ferme pour « association de malfaiteurs », retour sur un jugement historique

L’ancien président de la République Nicolas Sarkozy quitte le tribunal après sa condamnation, à Paris, le 25 septembre 2025. CHRISTOPHE ENA/AP

Nicolas Sarkozy, détaché et impassible, est arrivé juste avant 10 heures, jeudi 25 septembre, pour entendre le jugement du tribunal sur les soupçons de financement de sa campagne présidentielle de 2007 par la Libye. Il s’est assis près de ses avocats, dans une salle comble, sous les regards confiants de sa petite cour, de Carla Bruni et de ses fils. L’audience démarrait bien.

La présidente, Nathalie Gavarino, a commencé par expliquer que le tribunal entendait réduire la durée des poursuites, a délivré une brassée de non-lieux et a tout de suite relaxé trois personnes : Edouard Ullmo, poursuivi pour des commissions lors de la vente de 12 Airbus au régime libyen, Ahmed Bugshan, un milliardaire saoudien dont les fonds ont nourri des transactions suspectes et, surtout, Eric Woerth, le trésorier de la campagne, qui n’a d’ailleurs pas jugé bon de se déplacer jusqu’au tribunal. Exit donc, d’emblée, le financement illégal de la campagne.

L’ancien chef de l’Etat a repris espoir, sans bien comprendre que, si le tribunal taillait dans les poursuites, c’était pour mieux condamner sur ce qui lui paraissait incontestable. La salle a frémi, et l’ancien chef de l’Etat a commencé à s’inquiéter lorsque deux policiers se sont placés de part et d’autres du banquier Wahib Nacer, auteur d’un subtil montage de fonds libyens, à l’annonce de son mandat de dépôt à la barre et de sa condamnation à quatre ans de prison. Le Franco-Djiboutien dormira, jeudi soir, en prison. Puis, deux autres policiers sont venus encadrer Alexandre Djouhri, l’ami du président, infatigable gouailleur qui parle tant qu’il ne dit rien, condamné à six ans de prison et qui va connaître le même sort.

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En direct, Gaza : à l’ONU, Sergueï Lavrov accuse Israël de vouloir « faire exploser » le Moyen-Orient et l’Occident de « saboter » la diplomatie

Douze pays créent une coalition pour soutenir financièrement l’Autorité palestinienne

La Belgique, le Danemark, la France, l’Islande, l’Irlande, le Japon, la Norvège, l’Arabie saoudite, la Slovénie, l’Espagne, la Suisse et le Royaume-Uni ont annoncé vendredi la création d’une coalition visant à soutenir financièrement l’Autorité palestinienne, à court d’argent, ses recettes fiscales étant retenues par Israël.

La Coalition d’urgence pour la viabilité financière de l’Autorité palestinienne a été « créée en réponse à la crise financière urgente et sans précédent » à laquelle est confrontée l’Autorité palestinienne, a déclaré le ministère des affaires étrangères espagnol dans un communiqué.

Elle vise à stabiliser les finances de l’organisme basé à Ramallah, à préserver sa capacité à gouverner, à fournir des services essentiels et à maintenir la sécurité, « autant d’éléments indispensables à la stabilité régionale et à la préservation de la solution à deux Etats », selon la même source.

Le communiqué mentionne les « contributions financières importantes » passées et les promesses de « soutien durable » de cette coalition.

Le bureau du premier ministre palestinien, Mohammad Moustafa, a déclaré que les donateurs s’étaient engagés à verser au moins 170 millions de dollars pour financer l’Autorité palestinienne.

L’Arabie saoudite fournira 90 millions de dollars, a déclaré jeudi soir son ministre des affaires étrangères, le prince Fayçal Ben Farhan Al Saoud, selon des médias d’Etat.

Israël perçoit les recettes fiscales au nom de l’Autorité palestinienne en vertu du protocole de Paris de 1994. Après le déclenchement de la guerre à Gaza le 7 octobre 2023, jour de l’attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas sur le sol israélien, Israël a retenu les recettes fiscales destinées à l’Autorité palestinienne, qui affirme que les services de base tels que la santé et l’éducation se sont détériorés et que la pauvreté a augmenté.

Les autorités israéliennes affirment qu’une partie de l’argent qu’elles retiennent est destinée à rembourser des dépenses telles que l’électricité qu’elles vendent aux Palestiniens. Mais le ministre des finances israélien d’extrême droite, Bezalel Smotrich, qui a cessé tous les paiements à l’Autorité palestinienne il y a quatre mois, a déclaré qu’il continuerait à s’employer à ce que le gouvernement palestinien s’effondre par un « étranglement économique », afin d’empêcher la création d’un Etat palestinien.

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