L’Algérie veut marginaliser le français au profit de l’anglais

Rentrée des classes à Alger, le 19 septembre 2023. AFP

« Cours de français, médiathèque, visites, rencontres avec des artisans… sans oublier quelques surprises et un concert en live. » Par ce programme posté sur le réseau social Facebook, l’Institut français d’Algérie espérait mettre à profit sa journée portes ouvertes, samedi 27 septembre à Alger, pour élargir son public. Une opération séduction – quelques jours après la rentrée scolaire et universitaire – qui prend une dimension particulière dans le contexte de crise diplomatique qui oppose depuis plus d’un an la France à l’Algérie.

L’Institut français d’Algérie n’a pas obtenu, en 2025, l’autorisation de tenir un stand au Salon international du livre d’Alger, le grand rendez-vous littéraire créé par le ministère de la culture algérien, dont la 28e édition doit débuter le 29 octobre. Cette tension se ressent également dans l’intérêt pour l’apprentissage de la langue. Le nombre d’élèves inscrits dans les cours dispensés par les cinq Instituts français s’érode peu à peu, passé de 18 000 apprenants en 2022 à environ 16 000 en 2024.

Un repli qui dépasse le secteur éducatif. Depuis la mi-avril, la compagnie aérienne Air Algérie n’édite plus ses billets en français, mais en anglais et en arabe, alors que la France demeure son premier marché à l’étranger. En août, Algérie Télécom lui a emboîté le pas, annonçant que ses factures et ses reçus de paiement seraient désormais rédigés en arabe et en anglais, dans une démarche de « modernisation de ses prestations de service ».

Il vous reste 80.18% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Mansoureh Kamari, autrice de BD : « J’ai eu besoin de revisiter certains souvenirs pour m’en libérer »

Mansoureh Kamari, dans son atelier, à Paris, le 3 septembre 2025. LYNN S.K. POUR « LE MONDE »

A la rentrée littéraire, les premières bandes dessinées ne sont pas mieux loties que les premiers romans : échapper à l’invisibilisation est une gageure au milieu d’une fièvre éditoriale qui voit plus de 500 albums (hors mangas) être publiés entre le 15 août et le 15 octobre. Celui de Mansoureh Kamari y parvient néanmoins. Par sa faculté à secouer les tripes et à imprégner les rétines, Ces lignes qui tracent mon corps sort clairement du rang. Inconnue du 9e art, cette réfugiée politique iranienne de 42 ans y relate sa jeunesse dans son pays d’origine et sa renaissance en France, loin de cette dictature religieuse.

L’ouvrage tient de la réappropriation. Celle du corps bafoué, mais aussi du passé traumatique qui a longtemps « hanté » la jeune femme après sa fuite d’Iran, en 2006. « Ecrire cet album a été une thérapie. J’ai eu besoin de revisiter certains souvenirs pour m’en libérer », confie-t-elle dans une brasserie du 20e arrondissement de Paris située au pied de l’appartement qu’elle occupe avec son mari, le dessinateur de presse et bédéaste Mana Neyestani.

Il vous reste 84.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Manifestations à Madagascar : le président annonce renvoyer tout son gouvernement

La police malgache lors des manifestations à l’appel du collectif Gen Z Madagascar demandant la démission du président, à Antananarivo, le 29 septembre 2025. RIJASOLO/AFP

Le président malgache a annoncé, lundi 29 septembre, renvoyer tout son gouvernement lors d’une allocution télévisée tenue après des jours de manifestations au cours desquels au moins 22 personnes ont été tuées, d’après l’ONU.

Pour le troisième jour de mobilisation d’un mouvement baptisé « Gen Z Madagascar », né d’un ras-le-bol contre les coupures incessantes d’eau et d’électricité et tournant à la contestation ouverte du pouvoir, des milliers de manifestants se sont encore réunis lundi dans la capitale Antananarivo. « Suivant l’article 54 de la Constitution, j’ai décidé de mettre fin aux fonctions du premier ministre et du gouvernement », a déclaré le président Andry Rajoelina à la télévision nationale.

Au moins 22 personnes ont été tuées et plus d’une centaine blessée lors des manifestations en cours, a déclaré le Haut-Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) de l’ONU. « Parmi les victimes figurent des manifestants et des passants tués par des membres des forces de sécurité, mais aussi d’autres tués lors des violences et des pillages généralisés qui ont suivi, perpétrés par des individus et des gangs sans lien avec les manifestants », détaille le communiqué du HCDH. « Aucun chiffre officiel ne corrobore ce bilan », a déclaré en démenti le ministère des affaires étrangères malgache.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Madagascar, le président Andry Rajoelina de retour dans un pays sous tension

Mobilisés depuis jeudi, des milliers de protestataires sollicités sur les réseaux sociaux à travers le collectif Gen Z Madagascar, sont descendus lundi dans les rues de la capitale, où les revendications dépassent désormais le ras-le-bol contre les coupures incessantes d’eau et d’électricité.

L’ONU « choqué » par la réponse violente aux manifestations

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, s’est dit « choqué » par la réponse violente aux manifestations à Madagascar. « J’exhorte les forces de sécurité à s’abstenir de recourir à une force non nécessaire et disproportionnée et à libérer immédiatement tous les manifestants arrêtés arbitrairement », a demandé M. Türk, dans un communiqué. Il appelle les autorités malgaches à mener « des enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et transparentes » sur les violences et à traduire en justice les personnes reconnues coupables.

De nouvelles manifestations ont agité lundi, plusieurs villes de Madagascar, dont la capitale, Antananarivo, où les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes dans un face-à-face avec une foule jeune demandant la démission du président, a constaté une équipe de l’Agence France-Presse (AFP).

Plus nombreux que lors du dernier rassemblement samedi et vêtus de noir, les manifestants, partis de l’université d’Antananarivo, ont scandé des chants appelant à la démission du président de la République, Andry Rajoelina.

Ancien maire d’Antananarivo, M. Rajoelina, 51 ans, s’était installé une première fois au pouvoir de 2009 à 2014 à la faveur d’un coup d’Etat faisant suite à un soulèvement populaire. Il s’est ensuite fait élire en 2018, puis réélire en 2023, lors d’un scrutin contesté.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Madagascar, Andry Rajoelina tâte le terrain en vue d’un troisième mandat

Limogeage du ministre de l’énergie

Andry Rajoelina a tenté de calmer le jeu en limogeant son ministre de l’énergie vendredi et s’est personnellement déplacé dimanche dans un quartier populaire d’Antananarivo, à son retour de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, pour promettre aux habitants de « tout corriger, pour être encore plus proche » des Malgaches.

Restez informés

Suivez-nous sur WhatsApp

Recevez l’essentiel de l’actualité africaine sur WhatsApp avec la chaîne du « Monde Afrique »

Rejoindre

Newsletter

« Le Monde Afrique »

Chaque samedi, retrouvez une semaine d’actualité et de débats, par la rédaction du « Monde Afrique »

S’inscrire

Le mouvement Gen Z Madagascar reprend à son compte le drapeau pirate tiré du manga et de l’anime japonais One Piece, signe de ralliement vu en Indonésie ou au Népal de mouvements de contestation contre le pouvoir en place.

La police malgache lors des manifestations du collectifGen Z Madagascar demandant la démission du président, à Antananarivo, le 29 septembre 2025. ZO ANDRIANJAFY/REUTERS

Des vidéos sur les réseaux sociaux montrent l’arrestation lundi dans la capitale d’un député d’un petit parti concurrent du pouvoir lors d’un rassemblement. D’autres élus, issus de l’opposition, ont demandé sa libération face à la presse dans la rue.

Près de l’université d’Antananarivo, les forces de l’ordre ont arrêté au moins un manifestant. S’est ensuivi un face-à-face à environ 200 mètres de distance pour barrer la route au défilé prévu vers le quartier d’Ambohijatovo dans le centre. Plusieurs protestataires affichaient des pancartes « On veut vivre, pas survivre », un des slogans emblématiques du mouvement.

De nombreux pillages

Après la première manifestation de jeudi, Antananarivo a été livrée à des pillages toute la nuit, sans rencontrer d’opposition des forces de l’ordre. Les domiciles de trois parlementaires proches du pouvoir avaient été incendiés dans la journée.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Madagascar : une forte mobilisation, inédite par sa forme et son ampleur, fait au moins cinq morts

« Des groupes d’individus anonymes ont été rémunérés pour piller de nombreux établissements afin d’entacher le mouvement et la lutte en cours », accuse Gen Z Madagascar dans un communiqué. Ce mouvement s’est baptisé en référence à la génération des personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010.

Outre la capitale, la mobilisation est particulièrement suivie dans le Nord, à Antsiranana. Des rassemblements sont signalés à Fianarantsoa (Centre), Toliara (Sud) et Toamasina (Est). Il s’agit des manifestations les plus importantes depuis la période précédant l’élection présidentielle de 2023. Boycotté par l’opposition, le scrutin avait attiré la participation de moins de la moitié des électeurs inscrits.

En dépit de ses richesses naturelles exceptionnelles, Madagascar reste l’un des pays les plus pauvres de la planète et est classé 140e sur 180 pays dans l’indice de perception de la corruption de Transparency International. Près de 75 % de la population vivait sous le seuil de pauvreté en 2022, d’après la Banque mondiale.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Madagascar, Andry Rajoelina tâte le terrain en vue d’un troisième mandat

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Les violences envers les soignants ont augmenté de 26 % en 2024, selon l’ordre des médecins

Près de 2 000 incidents – agressions physiques ou verbales, vols, vandalisme – ont été déclarés par les médecins auprès de leur ordre professionnel en 2024, ce qui représente une hausse « alarmante » de 26 % en un an, selon le recensement officiel publié lundi 29 septembre.

Les médecins ont ainsi signalé 1 992 incidents, dont 1 207 agressions verbales ou menaces, 306 falsifications d’ordonnances, 166 vols ou tentatives, 105 agressions physiques et 104 actes de vandalisme, précise le rapport de l’observatoire national de la sécurité des médecins, publié par l’ordre des médecins.

Le nombre de signalements a « explosé » ces dernières années, après l’épidémie de Covid-19, a alerté le docteur Jean-Jacques Avrane, coordinateur de l’observatoire. Entre 2021 et 2024, il a « pratiquement doublé » (+ 95 %).

Ces données reposent sur les « déclarations volontaires » des médecins à l’aide d’une « fiche de signalement », loin d’être systématiques. Elles sont donc « la face visible de l’iceberg » et traduisent à la fois une progression de la connaissance du dispositif par les praticiens et une hausse « alarmante » de la violence, a estimé M. Avrane. Elles sont à rapporter aux quelque 200 000 médecins en activité régulière en France.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Violences envers les soignants : l’ordre des médecins pointe une hausse « inédite » des signalements

35 % des médecins agressés ont déposé plainte

Les généralistes sont les plus agressés (63 % des déclarations, alors qu’ils représentent 57 % des médecins en France). Mais de nombreux spécialistes sont aussi concernés : les psychiatres (4 %) – en lien notamment avec le trafic de médicaments, comme les substituts aux opiacés –, les ophtalmologues, gynécologues, médecins du travail, cardiologues et dermatologues (2 % chacun).

Les motifs sont principalement des « reproches liés à la prise en charge » (32 % des cas), des refus de prescription (17 %), un temps d’attente ou de rendez-vous jugé excessif (8 %). La falsification de documents (ordonnances, certificat…), longtemps minoritaire, représente désormais « un quart des incidents ». Ces chiffres concernent essentiellement la médecine de ville (74 %). « A l’hôpital, le directeur a tendance peut-être à vouloir directement régler le problème », a commenté M. Avrane.

Seulement 35 % des médecins agressés ont déposé plainte et 7 % une main courante. Pour « casser cette spirale de la violence », l’ordre a signé « une centaine de protocoles » avec des parquets, des agences régionales de santé (ARS) et des forces de l’ordre, pour favoriser le contact direct et une justice plus rapide.

La loi Pradal, promulguée en 2025 mais dont certains décrets manquent, a alourdi les sanctions pour violences et outrages contre les soignants. Elle permettra aussi aux directeurs d’établissement et à l’ordre des médecins de déposer plainte à la place de la victime.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Marseille, « les insultes, les menaces envers les soignants, cela peut être quasi quotidien »

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

EN DIRECT, Gaza : les dernières informations

La flottille pour Gaza devrait « s’arrêter maintenant » pour faciliter la situation, estime Georgia Meloni

La cheffe du gouvernement italien ultraconservateur, Giorgia Meloni, a estimé que la flottille humanitaire qui se dirige vers Gaza devrait s’arrêter pour permettre un éventuel accord entre les belligérants, qui repose sur « un équilibre fragile ».

« Le plan de paix pour le Moyen-Orient proposé par le président américain, Donald Trump, offre finalement un espoir d’accord pour mettre fin à la guerre et à la souffrance de la population civile palestinienne et stabiliser la région », a écrit Mme Meloni dans un communiqué. « Cet espoir repose sur un équilibre fragile que de nombreuses personnes seraient heureuses de faire sauter », a-t-elle estimé.

« Je crains justement que la tentative de la flottille de forcer le blocus naval israélien [de Gaza] puisse servir de prétexte », poursuit Mme Meloni, très proche du point de vue idéologique de Donald Trump. « Pour cette raison aussi je pense que la flottille devrait s’arrêter maintenant et accepter une des diverses propositions avancées pour le transfert, en sécurité, de l’aide », a ajouté Mme Meloni.

« Tout autre choix risque de se transformer en prétexte pour empêcher la paix, alimenter le conflit et toucher ainsi surtout cette population de Gaza à laquelle on dit de vouloir porter de l’aide », a conclu la cheffe du gouvernement italien.

Source

Têtes de cochon devant des mosquées en France : onze arrestations réalisées en Serbie

Onze personnes ont été arrêtées en Serbie, soupçonnées d’avoir participé à plusieurs opérations « incitant à la haine » en France et en Allemagne, ont déclaré, lundi 29 septembre, la police et le ministère de l’intérieur serbes.

Ces onze ressortissants serbes, identifiés seulement par leurs initiales, ont commis leurs actes avec pour objectif de diffuser « des idées prônant et incitant à la haine, à des discriminations et à la violence fondées sur des différences » de couleur de peau, de religion, de nationalité et d’origine ethnique, selon un communiqué du ministère de l’intérieur.

Ces activités ont été réalisées entre avril et septembre 2025, notamment « en jetant de la peinture verte sur le Mémorial de la Shoah, plusieurs synagogues et un restaurant juif, en collant des autocollants aux contenus » génocidaires ; « en plaçant des têtes de cochon près de sites religieux musulmans – tout cela dans la région parisienne », précise le communiqué, qui évoque aussi des actes en Allemagne.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Têtes de cochon devant des mosquées : l’enquête privilégie la piste du renseignement militaire russe

Ingérence étrangère

Les onze individus auraient été entraînés par un douzième, « actuellement en fuite » et « agissant sous les instructions d’un service de renseignement étranger », selon le ministère, sans préciser de quelle nationalité pourrait être ce service de renseignement. Ils sont soupçonnés « d’association de malfaiteurs, de discriminations et d’espionnage », et seront présentés dans les quarante-huit heures au parquet pour être interrogés.

Depuis octobre 2023, le spectre d’une ingérence étrangère en France plane sur plusieurs enquêtes, des étoiles de David taguées aux têtes de cochon déposées devant des mosquées, des tentatives de déstabilisation que beaucoup d’observateurs attribuent à la Russie.

Dans le dernier dossier en date, neuf têtes de porc, animal considéré comme impur par l’islam, ont été découvertes au début de septembre devant des mosquées à Paris et en région parisienne. Rapidement, l’enquête a évoqué un véhicule dont la plaque d’immatriculation était serbe et une ligne téléphonique croate.

Le 3 septembre, toujours à Paris, des agents de l’Arc de Triomphe avaient constaté la présence de quatre affiches présentant un soldat russe avec la mention « dis merci au soldat soviétique vainqueur ». Une enquête est ouverte pour dégradations de bien classé en réunion, pour servir les intérêts d’une puissance étrangère.

Avant cela, plusieurs Serbes avaient déjà été arrêtés en France dans le cadre de l’enquête sur des jets de peinture verte, fin avril, sur le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant à Paris. Ils sont suspectés d’avoir dégradé ces lieux juifs « dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère », selon une source judiciaire, possiblement la Russie.

Le Monde Mémorable

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Testez votre culture générale avec la rédaction du « Monde »

Découvrir

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Le Monde Application

La Matinale du Monde

Chaque matin, retrouvez notre sélection de 20 articles à ne pas manquer

Télécharger l’application

Newsletter abonnés

« International »

L’essentiel de l’actualité internationale de la semaine

S’inscrire

La Serbie est restée proche de la Russie après l’invasion de l’Ukraine de 2022 : plusieurs vols directs relient les deux pays chaque jour, une grande diaspora russe s’est installée à Belgrade et des ministres et officiels serbes se sont rendus à Moscou depuis.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Des têtes de cochon devant plusieurs mosquées, « une nouvelle et triste étape dans la montée de la haine antimusulmane »

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Intelligence artificielle : ChatGPT propose désormais un contrôle parental

Comment mieux maîtriser l’activité de ses enfants sur ChatGPT ? C’est pour apporter certaines réponses à cette question qu’OpenAI a lancé, lundi 29 septembre, un contrôle parental pour son assistant conversationnel.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés ChatGPT annonce un contrôle parental après un suicide d’adolescent

La mesure avait été officiellement annoncée le 2 septembre, en réponse au dépôt d’une plainte par des parents accusant le service d’intelligence artificielle (IA) d’avoir accompagné leur adolescent, Adam Raine, pendant des mois dans sa démarche de suicide.

Concrètement, ce contrôle parental sera mis en place en liant le compte de l’enfant à celui de ses parents. Il activera des « protections de contenus renforcées », promet OpenAI : les filtres automatiques mis en place par l’entreprise seront alors censés supprimer les réponses « graphiques » montrant des éléments jugés choquants ou violents, ainsi que les « challenges viraux » (souvent des jeux dangereux comme le jeu du foulard), les « jeux de rôle sexuels, romantiques ou violents » et les « idéaux de beauté extrêmes », encourageant par exemple les troubles alimentaires.

Désactiver la génération d’images ou le mode vocal

Les parents pourront définir des plages horaires pendant lesquelles l’utilisation de ChatGPT sera impossible, par exemple la nuit. Il sera également possible de désactiver la génération d’images ou le mode vocal, qui permet de dialoguer avec l’assistant à l’oral.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « On se confie encore plus à ChatGPT que sur les réseaux sociaux » : quand l’usage intime des assistants d’IA pose des problèmes éthiques

Les tuteurs pourront de plus « désactiver la mémoire » de ChatGPT, ce qui permettra de supprimer l’historique des réponses faites à l’adolescent. Cette mesure a probablement été inspirée par l’affaire Adam Raine, dont les conversations très intimes et personnelles avec l’assistant conversationnel autour du suicide avaient duré des mois.

Egalement en réponse à la plainte des parents de l’adolescent qui s’est suicidé, OpenAI annonce des « notifications » « permettant d’alerter les parents en cas de problème sérieux » – comme des propos récurrents sur le suicide.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Un chatbot déguisé en doudou : « Après avoir colonisé le monde des adultes, l’IA pénètre celui des enfants »

Ces dispositions soulèvent toutefois certaines questions, notamment sur la confidentialité des conversations des ados avec l’assistant conversationnel, qui pourront susciter des alertes envoyées directement aux parents. « La confidentialité reste une priorité : seules les informations nécessaires seront partagées afin d’aider les parents à s’assurer de la sécurité de leur enfant », assure OpenAI.

Il vous reste 43.07% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Shein, géant de la fast-fashion, épinglé par un rapport de l’OCDE

Dans une boutique éphémère de la marque de fast-fashion chinoise Shein, à Dijon, le 26 juin 2025. ARNAUD FINISTRE/AFP

Shein n’en finit plus d’être sous le coup d’enquêtes. Deux mois après la publication du rapport de l’organisation non gouvernementale ActionAid soulignant le « caractère structurel des atteintes aux droits humains » dans la chaîne de production des vêtements vendus par la plateforme chinoise, le Point de contact national (PCN) français de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a dévoilé, lundi 29 septembre, une dizaine de recommandations que Shein devrait suivre pour se conformer aux « principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales ». C’est-à-dire les recommandations de l’institution intergouvernementale pour « encourager la contribution positive que les entreprises peuvent apporter au progrès économique, environnemental et social, et réduire au minimum les impacts négatifs auxquels leurs activités (…) peuvent être associées ».

Le PCN, instance tripartite dirigée par un haut fonctionnaire français, avait été saisi, en juin 2023, par deux députés socialistes, Dominique Potier (Meurthe-et-Moselle) et Boris Vallaud (Landes). Les plaignants entendaient démontrer « l’absence de conduite responsable de Shein ». La plateforme de vente en ligne de vêtements à bas prix, renouvelés en permanence et produits majoritairement en Chine, présenterait « un bilan carbone, social et environnemental insoutenable » qui, d’après eux, est « en contradiction avec les recommandations de l’OCDE ».

Il vous reste 56.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Chantage à la « sextape » à Saint-Etienne : prison ferme et inéligibilité immédiate requises contre le maire

Une peine de trois ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate ont été requis lundi 29 septembre à l’encontre du maire de Saint-Etienne, Gaël Perdriau, dans l’affaire du chantage à la « sextape » pour museler un rival.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Affaire de la « sextape » : le procès à quitte ou double du maire de Saint-Etienne

« Le dossier démontre de manière totalement claire, même s’il s’en défend, que c’est Gaël Perdriau qui a validé le piège », a déclaré la procureure, Audrey Quey, au sixième jour du procès devant le tribunal correctionnel de Lyon.

« Gaël Perdriau est le décideur, celui qui avait la main sur la manette nucléaire », a-t-elle ajouté, en reprochant à l’édile de 53 ans d’être « le seul à ne pas avoir évolué » au cours de la procédure, le « seul à nier l’évidence ».

Pour cette raison, elle a demandé une peine plus lourde contre lui que contre les autres acteurs du dossier : soit cinq ans de prison, dont deux avec sursis, une peine « non aménageable », 50 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité.

« Trouble démocratique »

La procureure a déclaré mesurer « le trouble démocratique » d’appliquer immédiatement cette peine, ce qui empêchera Gaël Perdriau, exclu du parti Les Républicains, de se représenter aux municipales de mars. « Mais les décisions de justice doivent être harmonisées pour être comprises par nos concitoyens, et les faits sont d’une abjectivité et d’une vilenie autrement plus graves que des dossiers de détournements de fonds », a-t-elle poursuivi, en référence à l’affaire des assistants parlementaires du Rassemblement national (RN).

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Affaire de la « sextape » : le procès à quitte ou double du maire de Saint-Etienne

La magistrate a, par ailleurs, demandé un an de prison ferme, pouvant être aménagé au domicile sous bracelet, contre l’ancien directeur de cabinet du maire Pierre Gauttieri. Celui-ci a assuré à la barre que, dès son élection en 2014, Gaël Perdriau lui avait demandé de trouver un moyen de « tenir » son premier adjoint, Gilles Artigues, dont il doutait de la loyauté. Ce dernier, un élu centriste, catholique opposant au mariage homosexuel, a été filmé à son insu en 2015 dans une chambre d’hôtel à Paris.

La procureure a requis deux ans ferme contre l’ancien adjoint à l’éducation Samy Kéfi-Jérôme et son ancien compagnon Gilles Rossary-Lenglet qui, selon elle, ont une « participation équivalente » dans la mise en œuvre du piège.

Audrey Quey a, en revanche, demandé la relaxe pour deux couples à la tête d’associations stéphanoises, accusés d’avoir perçu des fausses subventions municipales, reversées à Gilles Rossary-Lenglet. Selon elle, ils ont été bernés par ce dernier.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Affaire de la « sextape » : le procès à quitte ou double du maire de Saint-Etienne

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Espagne : Valence et sa région toujours en alerte rouge inondations après des fortes pluies

La ravine de la Saleta, après que de fortes pluies ont fait craindre une répétition des inondations meurtrières qui ont dévasté la région en 2024, à Aldaia (Espagne), le 29 septembre 2025. JOSE JORDAN/AFP

La région de Valence et d’autres zones de l’est de l’Espagne sont restées en alerte rouge, lundi 29 septembre, après de fortes pluies dans la nuit, mais celles-ci n’ont pas causé de dégâts majeurs, onze mois après les inondations meurtrières d’octobre 2024.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Après les inondations à Valence, des millions de photos de famille sauvées des eaux par des bénévoles et des spécialistes

« Il n’y a heureusement pas eu beaucoup d’incidents au cours de la nuit », a commenté à la presse, lundi, le responsable des services d’urgence de la région autonome de Valence, Juan Carlos Valderrama, qui a toutefois estimé que la situation restait encore « instable et quelque peu incertaine ».

L’Agence météorologique nationale (Aemet) a maintenu l’alerte rouge sur le littoral de la province de Valence, mais a abaissé le niveau d’alerte à orange sur la côte sud de la Catalogne et le nord de la Communauté valencienne.

Dans la nuit de dimanche à lundi, les précipitations ont provoqué quelques inondations et même fait déborder une ravine à Aldaia, l’une des localités valenciennes les plus touchées par les inondations tragiques qui avaient fait plus de 230 morts le 29 octobre de l’an dernier, dans la même région. Mais il n’y a pas eu de victimes ou de dommages corporels cette fois.

Les pluies ont aussi occasionné des retards dans les transports, principalement ferroviaires, et laissé plus d’un demi-million d’élèves de 243 municipalités sans cours. La mairie de Valence a en effet décidé de ne pas ouvrir les écoles et les collèges. Les bibliothèques, les parcs, les jardins et les cimetières sont également restés fermés.

Des sacs de sable installés en prévention d’inondations après de fortes pluies tombées sur la région, à Aldaia (Espagne), le 29 septembre 2025. JOSÉ JORDAN / AFP

Un « danger extraordinaire »d’inondations

D’autres localités voisines de Valence, troisième ville d’Espagne, ou situées dans le sud de la Catalogne, ont pris la même décision.

Le match de Liga entre Valence et le Real Oviedo, prévu lundi soir, a été reporté au lendemain, mardi « si les conditions météo le permettent », a annoncé la fédération espagnole de football.

Le roi d’Espagne, Felipe VI, a assuré, dans un communiqué de la Maison royale, suivre « attentivement l’évolution des fortes pluies qui touchent le littoral méditerranéen et d’autres régions d’Espagne », appelant à la prudence et à suivre les recommandations des services d’urgence.

Dimanche, l’Aemet avait déclaré l’alerte rouge pour certaines parties des provinces de Tarragone, Castellon et Valence, évoquant même un « danger extraordinaire » d’inondations.

Les habitants de la région avaient aussi reçu très tôt un message de la protection civile sur leur téléphone portable leur demandant d’être extrêmement vigilants, alors que l’an dernier, un message similaire avait été envoyé très tard.

Les inondations d’octobre 2024 avaient été provoquées par des pluies extrêmement abondantes, conséquences d’une « goutte froide » (dépression isolée à haute altitude, assez fréquente en automne sur la côte méditerranéenne espagnole) dont les effets sont renforcés par le changement climatique et l’importante urbanisation des zones touchées.

La catastrophe avait suscité la colère des sinistrés, qui avaient critiqué la gestion de l’alerte et des secours, avec en toile de fond une polémique entre le gouvernement central de gauche et les autorités régionales de droite sur leurs compétences respectives dans ce domaine.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Après les inondations de Valence, le traumatisme psychologique des populations touchées reste à vif

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source