Au Brésil, les peuples amazoniens mobilisés contre les projets d’infrastructures obtiennent une victoire

Célébration de la révocation par le gouvernement brésilien du décret 12600, devant le terminal Cargill à Santarém, au Brésil, le 23 février 2026. ADRIANO MACHADO/REUTERS

Le visage dissimulé sous des cagoules, une centaine de militants autochtones ont occupé, le 21 février à l’aube, un terminal de la multinationale américaine Cargill, d’où embarquent 70 % des céréales du port de Santarem, dans le nord de l’Amazonie brésilienne. Cela faisait un mois que plus d’un millier de personnes issues de quatorze peuples autochtones protestaient devant le port contre l’exploitation privée de 3 000 kilomètres de fleuves amazoniens, autorisée le 28 août 2025 par décret présidentiel. Lassés d’être ignorés, ils ont décidé de durcir leur action afin que leurs craintes quant à l’impact de la mesure sur la pêche et le transport des communautés riveraines soient enfin entendues.

Le coup de pression a porté ses fruits : dans la foulée, le gouvernement a convoqué une réunion avec les représentants de la mobilisation, entraînant la révocation du décret. « Ce gouvernement est engagé à être à l’écoute du peuple, à l’écoute des travailleurs, à l’écoute des peuples autochtones », a déclaré Guilherme Boulos, secrétaire général de la présidence, lors de l’annonce du retrait de la mesure, le 23 février. « C’est un gouvernement qui pousse même l’écoute jusqu’à revenir sur ses propres décisions », a-t-il ajouté.

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Julien Clerc entame la tournée de sa vie entre France, Belgique, Luxembourg et Suisse

Julien Clerc, lors du Festival Lumière de Lyon, le 18 octobre 2024. ARNOLD JEROCKI/WIREIMAGE/GETTY IMAGES

Paris, gare de Lyon, vendredi 27 février. Arrêt casse-croûte avant le train pour Montpellier. Le regard se pose sur des unes de journaux vintage affichées aux murs. Comme en préambule au rendez-vous prévu ressort celle de Paris Match consacrée aux « 25 Français de 1976 », avec la photo d’un couple souriant, Miou-Miou et Julien Clerc. Et vivant D’amour et d’eau fraîche,comme le titre du film qu’ils ont alors tourné, le seul rôle à l’écran qu’ait tenu le chanteur. Cette année-là fut charnière pour lui : après avoir bâti son ascension avec deux paroliers, Etienne Roda-Gil (1941-2004) et Maurice Vallet (1946-2017), le compositeur et pianiste décide de se diversifier en faisant appel à Maxime Le Forestier et, surtout, à Jean-Loup Dabadie (1938-2020), qui va bientôt lui apporter le texte de Ma préférence (1978).

Lire la critique (en 2021) : Article réservé à nos abonnés Julien Clerc, plus « Terrien » que jamais et toujours amoureux

Sa plus populaire chanson, si l’on se fie aux plateformes en ligne, fait évidemment partie – avec Ce n’est rien, Si on chantait ou Mélissa – de la dizaine de titres que Julien Clerc juge inenvisageable de ne pas interpréter dans un tour de chant. « D’autres vont et viennent, sortent et reviennent », ajoute-t-il dans sa loge, après avoir quitté, à Montpellier, la scène de l’Opéra Berlioz, à la fois antique et futuriste avec ses loges suspendues au paradis. Un titre constitue néanmoins une exception : L’Assassin assassiné (1980), rendu caduc par l’abolition de la peine de mort en France en 1981.

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EN DIRECT, guerre en Ukraine : les dernières informations

En plein bras de fer entre l’Ukraine et la Hongrie sur un oléoduc de pétrole russe bloqué, von der Leyen va s’entretenir avec Zelensky dans l’après-midi

La présidente de la Commission européenne va s’entretenir dans l’après-midi avec le président ukrainien sur la sécurité énergétique.

La Hongrie et la Slovaquie accusent l’Ukraine de traîner les pieds pour rouvrir l’oléoduc de Droujba, endommagé en janvier. Pour mettre la pression, le premier ministre nationaliste hongrois, Viktor Orban, a décidé de bloquer un prêt de l’UE à l’Ukraine de 90 milliards d’euros, au grand dam de Bruxelles et de Kiev.

Mardi, la Commission européenne a affirmé poursuivre ses contacts avec l’Ukraine et dialoguer avec la Slovaquie et la Hongrie sur la sécurité de leur approvisionnement. Sans faire explicitement le lien avec l’oléoduc Droujba, une porte-parole de la Commission a fait savoir qu’Ursula von der Leyen échangerait au téléphone dans l’après-midi avec Volodymyr Zelensky à propos de la « sécurité énergétique ».

Depuis l’invasion de l’Ukraine, l’Union européenne a décidé de cesser les importations de pétrole russe, avec des exemptions pour la Hongrie et la Slovaquie, en raison de leur enclavement et de leur dépendance au brut russe. La Commission européenne a toutefois l’intention de mettre sur la table dans les semaines ou les mois qui viennent une proposition pour interdire totalement les importations de pétrole russe en Europe.

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Carburants : les consommateurs prennent les devants, au risque d’alimenter la hausse des prix

A Nantes, le 3 mars 2026. FRANCK DUBRAY/OUEST FRANCE/MAXPPP

Mardi 3 mars au matin, Sandrine Antoine est venue faire le plein de gazole à la station-service de Léhon (Côtes-d’Armor). Une mesure de précaution face à l’embrasement survenu au Proche-Orient, admet cette hôtesse de l’air, motivée par un souci d’économie. « Le prix a déjà augmenté depuis la semaine dernière »,observe-t-elle. Dans ce coin de Bretagne, aux alentours de Dinan, il est difficile de se passer de son véhicule. « Le train à côté de chez moi ne passe que deux fois par jour, le bus ne propose pas assez d’horaires », déplore-t-elle. A côté d’elle, un autre automobiliste remplit en silence trois bidons de carburant.

Candice Navarro, infirmière de bloc opératoire, a elle aussi impérativement besoin de sa voiture pour faire quotidiennement le trajet entre Evran, où elle vit, et l’hôpital de Rennes : « 100 kilomètres aller-retour par jour », annonce-t-elle, soit 300 à 400 euros par mois d’essence. Autant tenter de se ravitailler avant que les prix ne flambent, dans la mesure du possible : « J’ai essayé de venir hier, mais c’était la folie, il y avait des dizaines de personnes à la station », dit-elle.

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Les précieux souvenirs de l’ex-avocat Eric Morain

Livre. A l’été 2022, l’avocat Eric Morain annonce, dans un long texte publié sur Twitter (pas encore devenu X), qu’il a décidé de raccrocher sa robe. « Je ne veux pas être dans quelques années un avocat de 60, puis de 65, puis de 70 ans, et puis de plus encore, au milieu de ce monde de justice qui ne nous écoute plus. Je crois que je n’en ai plus la force. »

La décision tournait dans sa tête depuis quelques mois. Avocat d’une association de victimes au procès de l’attentat contre le père Jacques Hamel, poignardé six ans plus tôt dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), il avait éprouvé « un immense vide, un mélange de lassitude et un besoin d’air » après ces longues semaines d’audience. La « succession de moments de grâce » de ce procès qui, en dépit de la gravité des crimes jugés fut empreint d’une grande humanité, figure parmi les précieux souvenirs des vingt-six ans de barre rassemblés dans son livre Il était un avocat. Récits de justice et d’injustices (Les Arènes, 208 pages, 22 euros).

Avocat à l’imparfait, donc, mais avide de retenir son cortège d’émotions, de visages, de bonheurs, d’échecs et de sourires. Et les voilà qui avancent au fil des pages : la femme dont la façade de glace se brise au beau milieu d’un rendez-vous ; l’humilité d’Henriette, Cosette des temps modernes exploitée par un couple de grands bourgeois parisiens ; le vertige éprouvé à l’audience face à l’aveu d’un client qui lui avait juré son innocence ; la cleptomane venue lui demander de le défendre et qui repart en lui subtilisant le chèque d’acompte tout juste versé ; les heures lourdes, si lourdes, passées aux côtés des victimes du fondateur de l’Ecole en bateau, jugé et condamné en 2013 pour des viols commis quinze à vingt ans plus tôt ; celles, tendues, de la confrontation entre son client, le général Philippe Rondot, maître espion devenu l’encombrant témoin de l’affaire Clearstream, face à Dominique de Villepin ; les victoires fêtées dans les chais des nombreux vignerons qu’il a défendus ; ou encore le souvenir ému du moment où, sur le parking de la prison de Bapaume (Pas-de-Calais), il a chargé dans le coffre de sa voiture les affaires de l’un des plus vieux détenus de France, Michel Cardon, dont il avait obtenu la remise en liberté après plus de quarante ans passés derrière les barreaux.

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CNews et Europe 1 écartent Jean-Claude Dassier après des propos polémiques sur les étrangers emprisonnés

Jean-Claude Dassier, au tribunal de Marseille, le 16 septembre 2015. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

CNews et Europe 1 ont décidé d’écarter « jusqu’à nouvel ordre » l’un de leurs chroniqueurs, Jean-Claude Dassier, pour des « propos intolérables » sur les étrangers emprisonnés en France, ont annoncé, mardi 3 mars, la chaîne de télévision et la radio à l’Agence France-Presse (AFP).

« On les jette en… on les met en Méditerranée, on les met où ? », avait déclaré M. Dassier lors de l’émission de CNews « 100 % Politique » du 2 février. « L’Algérie n’en veut pas, la Tunisie n’en veut pas, le Maroc n’en veut pas », avait-il ajouté.

« Après des propos intolérables de la part de Jean-Claude Dassier et bien que [le présentateur] Gauthier Le Bret ait maîtrisé l’antenne, CNews et Europe 1 ont écarté Jean-Claude Dassier jusqu’à nouvel ordre », ont affirmé les deux antennes.

M. Le Bret avait repris M. Dassier après les propos en question. « C’est horrible ce que vous dites (…), vous racontez n’importe quoi (…), vous ne pouvez pas dire ça, à la télévision, “on les jette dans la Méditerranée”, vous vous rendez compte de ce que vous dites ? », avait lancé le présentateur à l’adresse du chroniqueur.

Un passé déjà marqué par la polémique

« C’était une façon de dire qu’il faut réexpédier tout ça dans les pays d’origine », avait argumenté M. Dassier, qui intervient sur CNews ainsi que sur Europe 1 – toutes deux sont dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

Les propos de Jean-Claude Dassier ont resurgi sur le réseau social X lundi, un mois après leur diffusion, et ont suscité une vive réprobation. Plusieurs associations, dont le collectif Sleeping Giants, ont annoncé leur intention de saisir l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel.

Le 11 février, l’Arcom avait infligé des amendes totalisant 100 000 euros à CNews pour deux séquences diffusées à l’été 2025, et pouvant inciter selon le régulateur à la discrimination des musulmans et des Algériens.

Début 2025, la justice avait condamné M. Dassier à 1 000 euros d’amende avec sursis pour des propos antimusulmans tenus à l’antenne de CNews en décembre 2022, lors d’un débat sur la délinquance juvénile. « Les musulmans, ils s’en foutent de la République », avait déclaré M. Dassier, ancien dirigeant de la chaîne LCI et ex-président du club de foot de l’OM, aujourd’hui âgé de 84 ans.

Écouter aussi « J’ai regardé uniquement CNews pendant une semaine »

Le Monde avec AFP

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Le Pakistan contraint à un jeu d’équilibriste, entre le conflit en Iran et les affrontements avec l’Afghanistan

Des ressortissants pakistanais revenant d’Iran à Taftan, dans la province du Baloutchistan, le 2 mars 2026. BANARAS KHAN/AFP

Le conflit au Moyen-Orient risque fort de compliquer les calculs stratégiques d’Islamabad, qui entretient des liens étroits avec Washington et Téhéran. Au Pakistan, pays de 250 millions d’habitants qui compte la deuxième plus grande communauté de musulmans shiites après l’Iran, la mort d’Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, a immédiatement suscité un vent de colère.

De violentes manifestations ont éclaté dans plusieurs grandes villes, dimanche 1er mars. A Karachi, la grande cité portuaire du sud du pays, les protestataires ont tenté de prendre d’assaut le consulat des Etats-Unis, provoquant des affrontements avec la police. La foule y scandait des slogans contre les Etats-Unis, Israël et leurs alliés. Au moins 25 personnes sont mortes. Les autorités ont dû renforcer la sécurité autour des missions diplomatiques américaines pour éviter toute nouvelle violence.

Le Pakistan, qui s’est rapproché ces derniers mois des Etats-Unis, doit ménager la sensibilité de sa population, mais aussi ses alliances avec Washington, Téhéran et Riyad. Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a condamné l’assassinat de l’ayatollah Khamenei, qui constitue, selon lui, une violation du droit international. « Selon une tradition ancestrale, les chefs d’Etat ou de gouvernement ne doivent pas être pris pour cible », a-t-il déclaré sur son compte X. « Le peuple du Pakistan se joint au peuple iranien dans cette heure de tristesse et de chagrin et lui adresse ses condoléances les plus sincères pour le martyre » de Khamenei, a-t-il ajouté.

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Clip d’Alain Bashung : happy end dans le litige qui opposait le réalisateur Jacques Audiard et la photographe Merry Alpern

« Dirty Windows#17 » (1993-1994), de Merry Alpern. MERRY ALPERN/GALERIE MIRANDA

Dans la découpe nette d’une fenêtre crasseuse, des visages et des corps d’hommes et de femmes anonymes, mangés par l’ombre. On devine les deals, la came, les passes. La photographe américaine Merry Alpern a réalisé ces images troublantes en 1993. Trente ans plus tard, sa série baptisée « Dirty Windows » est au cœur d’un choc d’imaginaire l’opposant à l’un des cinéastes français les plus célébrés, Jacques Audiard.

La première reproche au second d’avoir puisé dans son esthétique rugueuse en noir et blanc pour réaliser, en 1997, le clip de la chanson d’Alain Bashung La nuit je mens. Cette histoire qui s’étire sur près de trente-cinq années rappelle que l’inspiration flirte parfois dangereusement avec l’appropriation. « Cela ne m’a pas étonné que Merry Alpern demande réparation, c’est évidemment légitime, confie le cinéaste au Monde. Je n’aurais jamais eu l’idée de faire de telles images. C’est l’idée de Merry. »

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Dans un restaurant deux étoiles, sept employés menacés de licenciement après avoir échoué à être régularisés

Le restaurant Georges Blanc de Vaunas (Ain), le 21 décembre 2025. TIM SOMERSET/MAXPPP

Ils sont plongeurs ou commis de cuisine et travaillent pour un grand nom de la gastronomie française : Georges Blanc. Ce chef, fait grand officier dans l’ordre national du Mérite par Emmanuel Macron en 2024, possède plusieurs établissements dans l’Ain, à Vonnas. Trois hôtels, un spa, un Relais & Châteaux qui accueille des séminaires et, surtout, le restaurant le plus anciennement étoilé au monde sans discontinuité. Il affiche deux étoiles au guide Michelin et cultive la valeur du « terroir ». On y mange de la poularde de Bresse contisée de truffe noire, du homard, et on peut se laisser tenter par une cave de 140 000 bouteilles. La clientèle est priée d’arborer « une tenue élégante ».

C’est dans cet écrin de luxe et de renommée que Djibril, Adama, Mamadou, Amara, Bakary, Harouna, Hadibou et Boubou (ces personnes citées par leur prénom ont souhaité conserver leur anonymat) officient depuis plusieurs années comme employés, la plupart logés sur place. Ces hommes, tous maliens à l’exception d’un ressortissant sénégalais, sont aussi sans papiers. Et lundi 2 mars, sept d’entre eux sont convoqués à un « entretien préalable à une sanction pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute grave », après avoir été mis à pied. Leur patron n’a pourtant « rien à leur reprocher », selon Laurent Rival, directeur exécutif du groupe Georges Blanc.

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En Israël, l’union nationale pour soutenir l’attaque contre l’Iran

Capture d’écran d’une vidéo diffusée par le bureau de presse du gouvernement israélien montrant le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, s’adressant à la télévision depuis son bureau à Jérusalem, le 28 février 2026. BUREAU DE PRESSE DU GOUVERNEMENT ISRAELIEN/AFP

Israël se préparait au déclenchement de frappes aériennes contre l’Iran depuis plusieurs semaines, plusieurs mois, en réalité, tant les dirigeants israéliens et les experts militaires n’ont cessé de répéter que Téhéran tentait de reconstituer, très rapidement, ses stocks de missiles de longue portée. Ces dernières semaines, la quasi-totalité du monde politique a ainsi déclaré son soutien à une opération militaire conduite, samedi 28 février, par les Etats-Unis et par l’Etat hébreu, signe d’une forme d’union nationale parmi les élites politiques face au régime islamiste.

Yair Lapid, dirigeant du premier parti d’opposition à la Knesset, l’avait exprimé le 23 février alors même qu’il défendait, ce jour-là, une motion de défiance contre le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, à la tête d’une coalition entre la droite nationaliste et l’extrême droite suprémaciste depuis décembre 2022. « Israël ne devrait pas hésiter, même au prix d’une confrontation prudente avec les Américains, à bombarder non seulement des cibles militaires, mais aussi les champs pétroliers et les installations énergétiques iraniens. Cela mettra fin à leur économie, et c’est ce qui fera tomber les ayatollahs », avait estimé M. Lapid.

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