« Vagues-submersion » : Météo-France maintient sa vigilance orange dans le Finistère, les Côtes-d’Armor et la Manche

Trois départements, les Côtes-d’Armor, le Finistère et la Manche, ont été placés en vigilance orange « vagues-submersion » par Météo-France, samedi 6 décembre jusqu’à 11 heures, comme annoncé la veille.

Dans son bulletin publié samedi à 6 heures, Météo-France explique que cette alerte est liée au passage de la dépression Davide et que des « fortes vagues et rafales de vent » sont attendues « sur le littoral du Finistère au Cotentin ». « Ces fortes vagues sont associées à une surélévation temporaire du niveau de la mer et en cette période de forts coefficients de marée, la conjonction de niveaux marins élevés et de fortes vagues risque d’engendrer des submersions », complète Météo-France.

Les services météorologiques signalent, par ailleurs, que « des vagues de 6 mètres » ont été observées à la bouée des Pierres noires, au large des côtes du Finistère.

Le reste du littoral Atlantique est, lui, placé en vigilance jaune, là encore pour « vagues-submersion », mais aussi pour des risques de « crues » dans plusieurs départements.

Plus au nord, les départements du Pas-de-Calais, de la Somme et de la Seine-Maritime sont également concernés par une vigilance jaune pour « vagues-submersion ». Météo-France signale également une vigilance jaune dans le Pas-de-Calais pour « vent », « crues », « orages » et « pluie-inondation ».

Dans les Alpes, Météo-France fait part aussi d’une vigilance jaune pour des risques d’avalanches dans les départements de Haute-Savoie, des Hautes-Alpes, des Alpes-de-Haute-Provence et des Alpes-Maritimes.

Le Monde

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« Mektoub, My Love. Canto Due », le bijou azuréen d’Abdellatif Kechiche

Hafsia Herzi (Camélia) et Dany Martial (Dany), dans « Mektoub, My Love. Canto Due », d’Abdellatif Kechiche. PATHÉ DISTRIBUTION

L’AVIS DU « MONDE » – CHEF-D’ŒUVRE

Sur la route qui mène à ce joyau, on trouve un Abdellatif Kechiche pied au plancher, venu voici dix ans se laver à Sète des règlements de comptes qui – sous les griefs cumulés de la violence au travail, du « male gaze » et de la concupiscence – avaient assombri en 2013 la Palme d’or de La Vie d’Adèle (1 million de spectateurs).

Dans l’Hérault, chez le Brassens de La Mauvaise Réputation, il part alors, fidèle à son tempérament, aggraver son cas. S’entoure d’une jeunesse vibrionnante, se met entre mer et soleil en surchauffe épidermique, célèbre à fleur d’objectif les ruses, détours et pâmoisons du désir, frémit à la beauté dionysiaque du monde, enquille surtout en neuf mois de tournage de quoi faire dix films sur une intrigue qui tient sur une feuille de papier à cigarettes.

Entre les mille drames qui coûtent à Kechiche dix années de nouveaux combats, trois films seront tournés : Mektoub, My Love. Canto Uno (2018) ; Mektoub, My Love. Intermezzo (2019, inédit en salle) ; Mektoub, My Love. Canto Due, en salles le 3 décembre. On y dénombre une guerre de tranchées avec son producteur Pathé. Une séance cannoise de cauchemar pour Intermezzo, longue transe sexuelle boycottée par son actrice principale, qui ne sortira jamais. Une mise en liquidation judiciaire de sa société de production. Enfin et surtout, un accident vasculaire cérébral qui le terrasse à quelques encablures de la première projection du troisième volet au Festival de Locarno (Suisse), en août.

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Raphaël Varane, champion du monde 2018 : « Dans le monde du football, la santé mentale est particulièrement taboue »

Raphaël Varane, à Villeneuve-d’Ascq (Nord), le 28 mars 2022. FRANCK FIFE/AFP

Raphaël Varane n’est pas arrivé les mains vides, vendredi 28 novembre, à Paris. Pour cet entretien, l’ancien défenseur, à la retraite depuis septembre 2024, se présente avec un dossier rempli d’articles de témoignages de sportifs. Tous ont vécu des problèmes de santé mentale, à l’instar du Français, qui les évoque dans le documentaire Têtes plongeantes – diffusé mardi, à 21 h 25, sur TMC –, auquel participent également d’autres joueurs de l’équipe de France de football victorieuse à la Coupe du monde 2018. Selon la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels, 20 % à 35 % des joueurs seraient affectés par ce type de troubles au cours de leur carrière.

« A l’époque, on a vécu des émotions de dingue, qu’on a partagées avec des millions de Français. Cet impact, on a voulu le recréer dans différents contextes », explique Raphaël Varane, très impliqué dans les initiatives de Génération 2018. Après avoir soutenu plusieurs causes, ce fonds de dotation créé par les vingt-trois champions du monde a fait de la santé mentale son cheval de bataille pour l’année 2025, à travers ce documentaire et le soutien au projet Mentalo, une étude scientifique sur le bien-être des jeunes.

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Grève du 2 décembre contre l’austérité budgétaire : près de 32 000 personnes ont manifesté, selon le ministère de l’intérieur

Manifestation à Paris organisée dans le cadre d’un appel des syndicats contre l’austérité, le 2 décembre 2025. DIMITAR DILKOFF / AFP

Le mouvement social contre l’austérité budgétaire à l’appel de la Confédération générale du travail (CGT), de la Fédération syndicale unitaire (FSU) et de Solidaires a eu un impact limité, mardi 2 décembre, avec un trafic ferroviaire quasi normal et peu d’enseignants grévistes. Et les manifestations n’ont pas fait le plein.

Selon le ministère de l’intérieur, 31 900 personnes ont participé aux manifestations. Les syndicats annonçaient quelque 150 rassemblements et cortèges à travers la France. A Paris, un cortège clairsemé s’est élancé vers 14 heures de la place de la Bourse.  « On dégraisse, ils engraissent, changeons de régime » et « pour un budget de progrès social », pouvait-on lire sur des pancartes.

La CGT a décompté 17 000 participants à Paris. Lors des dernières journées de manifestation sur le même thème, à l’appel d’une intersyndicale plus large incluant notamment la CFDT et FO, le ministère de l’Intérieur en avait décompté 55.000 (le 18 septembre) puis 24.000 (le 2 octobre).

A Nantes, au moins 1 500 personnes selon les syndicats, 750 selon la préfecture, ont défilé derrière une banderole marquée « On prend la rue pour sortir de l’impasse ». A Rennes, l’AFP a dénombré quelques centaines de manifestants.

Manifestation à Nantes (Loire-Atlantique) organisée dans le cadre d’un appel des syndicats à la mobilisation pour des salaires plus élevés et contre l’austérité, le 2 décembre 2025. SÉBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

Alors que le budget de la Sécurité sociale revient à l’Assemblée nationale mardi, les syndicats CGT, FSU et Solidaires ont appelé à cette journée de mobilisation nationale pour tenter de faire pression sur le gouvernement, « contre l’austérité et pour nos salaires ». Pour la CGT, l’une des demandes principales porte sur des augmentations de salaires avec le slogan « De l’argent, il y en a ». Ni la CFDT ni FO n’ont appelé à cette journée de mobilisation.

« Un budget, mais pas à n’importe quel prix »

« A partir d’aujourd’hui, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale est dans sa dernière lecture à l’Assemblée nationale, ce qui signifie que tous les votes vont être décisifs pendant les quinze prochains jours », a insisté la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, avant le départ du cortège parisien, exhortant salariés, retraités et jeunes à « interpeller les parlementaires pour les appeler à retirer toutes les horreurs qui polluent ce projet de budget ».

« Il faut un budget, mais pas à n’importe quel prix », avait-elle déclaré plus tôt sur France Inter. « Un budget qui impose une violente cure d’austérité aux travailleurs et aux travailleuses et qui nous impose une année noire en 2026, ça serait non seulement un budget injuste et violent (…), mais un budget mauvais pour l’économie, avec un effet récessif très important, parce que des travailleurs et des travailleuses dont le pouvoir d’achat baisse, ça veut dire moins de consommation », a développé la dirigeante syndicale.

Pour la secrétaire générale de la FSU, Caroline Chevé, « la question qui se pose aujourd’hui, c’est celle de la pérennité de nos services publics », confrontés à une crise d’attractivité à cause de la faiblesse des salaires, selon elle. La cheffe de file de ce syndicat d’agents publics s’est cependant dit consciente « de la difficulté à mobiliser ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La méthode Lecornu à l’épreuve du budget de la « Sécu »

Les chiffres publiées dans la journée tendent à le démontrer. Le ministère de l’éducation nationale a annoncé un taux de grévistes de 5,27 % chez les enseignants : 6,31 % dans les écoles primaires, 4,57 % dans les collèges et lycées, selon un communiqué publié à la mi-journée. Pour les personnels de vie scolaire, le taux de grévistes s’établit à 13,14 %, toujours d’après les chiffres du ministère.

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Dans les transports, le trafic ferroviaire était quasi normal dans la matinée, conformément aux prévisions de la veille. Sur les lignes régionales, le trafic était toutefois perturbé dans les régions Centre-Val de Loire et Occitanie. En Ile-de-France, seul le RER C était légèrement perturbé, avec neuf trains sur dix en circulation. Le transport aérien, les routes départementales d’Ile-de-France et le trafic des réseaux de métro, de bus, de tramway et de RER gérés par la RATP n’ont pas été affectés.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Le projet de budget de la “Sécu” revient devant les députés : un crash-test pour Sébastien Lecornu, qui a fait le pari de la négociation »

Le Monde avec AFP

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Christophe Gleizes, la vie entre parenthèses d’un journaliste incarcéré en Algérie

Sur les quelque 200 courriers de proches qui lui ont été adressés, une dizaine seulement est parvenue à Christophe Gleizes. Des missives distribuées au compte-gouttes par le personnel de la prison de Tizi Ouzou (Algérie), où le journaliste français de 36 ans attend l’audience de son procès en appel, fixée au mercredi 3 décembre. Depuis le 29 juin, jour où il a appris sa condamnation à sept ans de prison ferme pour « apologie du terrorisme » et « possession de publications dans un but de propagande nuisant à l’intérêt national », il vit dans une cellule de 10 mètres carrés partagée avec un autre détenu.

Ce lien épistolaire, tous les prisonniers s’y accrochent, mais, pour lui, la frustration est encore plus intense. Voilà une quinzaine d’années qu’il se passionne pour l’écriture. « C’est ce qui le porte », résume sa mère, Sylvie Godard, qui trouve très éprouvant de supporter « l’absence de lettres de sa part ». En attendant, le reporter continue de rédiger des poèmes, des courriers et un journal de bord, dans un carnet acheté à la prison.

Avant l’épreuve des dix-huit derniers mois, les lettres ponctuaient déjà les rapports familiaux. « Pour un Noël immatériel, il avait rédigé des biographies sur chaque membre de la famille », poursuit sa mère. Dans l’incapacité d’assister au mariage de son frère cadet, Maxime, en septembre 2024, alors qu’il était depuis cinq mois en Algérie et à ce moment-là soumis à un contrôle judiciaire, il écrivit une réinterprétation de Roméo et Juliette. La pièce, en alexandrins et en six actes, fut jouée par ses proches en son absence.

Entretiens avec des dirigeants de la JSK

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André Dupon, figure de l’économie solidaire, mis en cause pour violences et agression sexuelle sur des mineurs

André Dupon, à Lesquin (Nord), le 16 avril 2019. FRANCK CRUSIAUX / REA

Ce devait être le couronnement d’une carrière. Celle d’une figure majeure de l’économie sociale et solidaire, proche du PS, invitée à accompagner Emmanuel Macron au Bénin en août 2022, lors d’une visite officielle. Lundi 1er décembre, la grande chancellerie de la Légion d’honneur confirmait au Monde qu’elle suspendait la promotion d’André Dupon, 68 ans, au grade d’officier, affirmant « ne pas avoir eu connaissance des accusations de maltraitance portées contre celui-ci lorsqu’il était éducateur au foyer de Riaumont à Liévin, entre 1977 et 1981 » lors de l’instruction de l’octroi de cette distinction.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au village d’enfants de Riaumont, victimes et députés dans « un climat de tension »

Prévue mercredi 3 décembre, la cérémonie de remise de médaille au président du groupe Vitamine T, géant nordiste de la réinsertion sociale avec 5 000 salariés pour un chiffre d’affaires de 110 millions d’euros, a été annulée.L’ancien élève-éducateur au village d’enfants de Riaumont, à Liévin (Pas-de-Calais), est visé par trois plaintes pour agression sexuelle et violences physiques sur des enfants.

Le 27 novembre, le journal en ligne Mediacités avait révélé l’existence de deux plaintes contre André Dupon, déposées en octobre par deux anciens pensionnaires du foyer rigoriste catholique, pour violences sur mineurs. Dans la foulée, le Collectif des victimes du village d’enfants de Riaumont, créé en mars 2025, avait envoyé une lettre au comité local de la Société des membres de la Légion d’honneur, ainsi qu’au préfet des Hauts-de-France et à plusieurs élus de la région, pour contester la décoration d’un homme accusé de « déchaînements de violence ».

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Les virements interbancaires bloqués du 25 au 28 décembre à cause de la fermeture du système de paiement européen

Devant la Banque centrale européenne, à Francfort (Allemagne). HERBERT SPICHTINGER/IMAGE SOURCE/PHOTONONSTOP

Les virements interbancaires seront bloqués du 25 au 28 décembre en raison de la fermeture du système de paiement européen autour du jour de Noël, a fait savoir la Fédération bancaire française (FBF), mardi 2 décembre. Durant cette période, entreprises et particuliers pourront ordonner des paiements pour payer un salarié, une facture ou des étrennes, mais le règlement n’arrivera qu’à la réouverture du système le 29 décembre.

Les systèmes de règlement des paiements, qui sont exploités par la Banque centrale européenne (BCE), sont fermés les week-ends et certains jours fériés, notamment cette année à Noël les 25 et 26 décembre, ainsi que le 1er janvier 2026.

« Ce calendrier est connu bien à l’avance, notamment grâce aux communications de la BCE et, en France, du Comité français d’organisation et de normalisation bancaires (CFONB) », rappelle la FBF. « Ainsi, pour l’année 2025, il a été publié dès septembre 2024 et a été relayé par les banques auprès de leurs clients entreprises. Cela permet à ces dernières de prendre en temps utile les mesures nécessaires pour les ordres de virements prévus autour de périodes de fermeture prolongée », assure la FBF.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Banque : les virements instantanés bientôt monnaie courante ?

Virements instantanés et internes pas concernés

Seuls les virements standards interbancaires ou SEPA (Single Euro Payments Area – « zone unique des paiements en euro ») sont concernés. Les services de virement instantané, comme Wero par exemple, restent opérationnels durant les périodes de fermetures des systèmes de règlement. Les virements internes (payeur et payé) dans la même banque fonctionnent également.

Le virement SEPA a remplacé les différents instruments de virement dits nationaux. Il permet de réaliser des virements en euros vers les 40 pays de l’espace SEPA dans les mêmes conditions que les virements vers les banques françaises : même tarification, mêmes informations à fournir et mêmes délais d’exécution. Il peut toutefois y avoir des frais de change en cas de virement vers un pays qui n’est pas membre de la zone euro.

En 2026, la fermeture aura lieu autour du week-end de Pâques, de vendredi 3 à lundi 6 avril inclus, les vendredis 1er mai et 25 décembre. Les systèmes seront ouverts les autres jours fériés.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les banques devront bientôt vérifier systématiquement les bénéficiaires de virements

Le Monde avec AFP

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Le prénom : « Dire que je m’appelle Charles-Edouard, c’est comme endosser un costume trois-pièces »

NICOLAS POLLI POUR « LE MONDE »

Charles-Edouard Chambon est né en 1986, à Vichy (Allier). Dans sa famille, les prénoms composés ne sont pas rares. Son père s’appelle Jean-Pierre. Son frère Pierre-Alain. Mais, en dehors de la sphère familiale, Charles-Edouard vit son prénom comme une « anomalie ».

Tout commence à l’école primaire, au moment de l’appel. En début d’année, son instituteur de CP psalmodie le nom de ses élèves sans émotion, plongé dans sa feuille. Soudain, un silence s’installe. Le maître lève la tête et ses yeux s’écarquillent. « Charles-Edouard, ah bon ? », s’exclame-t-il, avec une « intonation » dans le Charles-Edouard. « C’était une petite moquerie, genre : il y a un enfant de la haute société dans la classe. »

Un temps d’arrêt, un léger changement de ton, un regard surpris : Charles-Edouard apprend à détecter la suspicion sur le visage de ses interlocuteurs. « Annoncer mon prénom, c’est un peu comme endosser un costume trois-pièces au milieu d’une conversation. » Au collège, certains élèves le qualifient de « gros bourge ».

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A regarder ce soir à la TV : « Têtes plongeantes » sur TMC, quand les champions du monde 2018 se livrent sur les problèmes de santé mentale

L’affiche du documentaire « Têtes plongeantes. Faire équipe pour la santé mentale », diffusé mardi 2 décembre à 21 h 25 sur TMC et en streaming sur TF1+. TF1+/TMC/BOOSKA-P

TMC – MARDI 2 DÉCEMBRE À 21 H 25 – DOCUMENTAIRE

La santé mentale, « grande cause nationale » décrétée par le gouvernement pour l’année 2025, s’est trouvé de nouveaux visages, et pas les moins connus. Dans Têtes plongeantes, un documentaire réalisé par Lenny Grosman et coproduit par So In Love et Booska-P, plusieurs joueurs de l’équipe de France championne du monde en 2018 témoignent, avec une sincérité émouvante, des troubles psychiques auxquels ils ont été confrontés tout au long de leur parcours de footballeur professionnel.

Lire l’entretien avec Raphaël Varane, champion du monde 2018 : Article réservé à nos abonnés « Montrer sa fragilité, ce n’est pas être faible »

Leur participation à ce documentaire n’a rien d’anodin. La santé mentale est encore un sujet tabou dans le monde du football, où « les objectifs passent avant tout et où il n’y a pas de place pour les faibles », témoigne ainsi Blaise Matuidi. Leur prise de parole s’inscrit pleinement dans l’objectif de déstigmatisation d’un problème qui s’aggrave et touche toutes les strates de la population. Depuis les confinements liés à la pandémie de Covid-19, celui-ci affecte tout particulièrement les jeunes de 18 à 24 ans, selon les chiffres de Santé publique France, que rappelle le documentaire.

Liés à vie par leur succès en finale de la Coupe du monde, le 15 juillet 2018, les joueurs de l’équipe de France victorieuse à Moscou ont créé, trois ans plus tard, le fonds de dotation baptisé « Génération 2018 », qui vise à soutenir différentes causes. La priorité de 2025 est donc la santé mentale, et cinq de ces champions du monde, encore en activité ou retraités, s’expriment chacun à leur manière : Blaise Matuidi et Djibril Sidibé se confient face caméra tandis qu’Olivier Giroud assume le rôle de grand frère à l’oreille attentive et bienveillante.

« Ne pas parler, ça peut tuer »

Raphaël Varane – accompagné de l’ex-internationale tricolore Gaëtane Thiney – se livre de son côté au cœur d’un cercle de parole, entouré de jeunes participants, tout comme Samuel Umtiti, qui s’épanche sur la dépression qu’il a vécue après la Coupe du monde 2018 : « Mon lit était mon meilleur ami. » Pris pour cible par les supporteurs du FC Barcelone, son club de l’époque, pour ses blessures à répétition, le défenseur s’était renfermé, isolé de tous, sans parvenir à « mettre des mots » sur ces problèmes psychiques : « Ne pas parler, ça peut tuer. »

Lire les témoignages (en 2024) : Article réservé à nos abonnés Après les JO, le revers des médailles pour certains athlètes français, démotivation, blues et burn-out

Habilement construit en deux temps, le documentaire met d’abord en lumière les chiffres que la Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels avance à ce sujet : 20 % à 35 % d’entre eux seraient victimes de troubles de la santé mentale durant leur carrière. Le message est clair : si même les footballeurs, à qui l’on prête généralement une vie de rêve, peuvent être affectés, tout le monde peut l’être. Et si ces stars du ballon rond parviennent à verbaliser publiquement leurs problèmes psychologiques, dans un milieu où il n’est pas coutume de le faire, tout le monde doit pouvoir en parler.

Lire l’enquête (en 2020) : Article réservé à nos abonnés Le burn-out, un mal tabou chez les sportifs de haut niveau

La seconde partie du documentaire donne plus de place aux jeunes participants des cercles de parole, qui s’ouvrent à leur tour sur leurs parcours de vie déjà accidentés mais qui, accompagnés, cherchent aujourd’hui à se soigner. Les champions du monde 2018 écoutent, partagent et tentent ainsi d’inverser le paradigme : la faiblesse n’est pas de souffrir de troubles de la santé mentale mais de se refuser d’en parler quand ils font leur apparition.

Lire l’entretien avec Denis Hauw, professeur de psychologie du sport (en 2024) : Article réservé à nos abonnés « On oublie que l’échec fait partie intégrante du sport de haut niveau et que s’y confronter est un objectif essentiel »

Têtes plongeantes, documentaire de Lenny Grosman (Fr., 2025, 53 min). Diffusé sur TMC et disponible en streaming sur TF1+.

Retrouvez toutes les recommandations de la rubrique « A voir ou à écouter ce soir » ici.

Denis Ménétrier

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Plus de 257 millions d’euros pour un système inutilisable : le logiciel pénal de la police nationale étrillé par la Cour des comptes

Au commissariat de Vesoul, le 11 juin 2025. CHRISTINE BIAU/SIPA

Un outil informatique inefficace, qui nécessite 17 clics de souris pour enregistrer un fichier au format PDF, couplé à un coût pharaonique de 257,4 millions d’euros de développement depuis 2016. L’ordonnance de règlement rendue le 16 octobre par une magistrate chargée de l’instruction à la chambre du contentieux de la Cour des comptes, étrille le logiciel de rédaction de procès-verbaux (PV) de la police.

Ce document de plus de 500 pages, que Le Monde a pu consulter, d’une précision juridique et financière chirurgicale, décortique les responsabilités de cinq commissaires de police, de deux généraux de gendarmerie, de cinq directeurs généraux de la police et de la gendarmerie, de trois secrétaires généraux du ministère de l’intérieur et d’un administrateur civil pour des faits relevant de la « violation des règles de contrôle budgétaire » et, surtout, du « défaut d’organisation et de surveillance » d’un programme jugé pourtant « particulièrement structurant » à l’ère du numérique. L’outil est toujours inutilisable, dix ans après son lancement.

L’histoire de cette gabegie hors norme avait fort mal commencé dès 2014, lorsque, à peine mis en service, le logiciel de rédaction de procédures de la police nationale (LRPPN) est « unanimement jugé inadapté » et « son remplacement envisagé » aussitôt. Puisque la gendarmerie dispose de son propre logiciel, plébiscité par ses utilisateurs, mais peu adapté aux contingences de la police, pourquoi ne pas travailler à une version commune ?

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