Samuel Valensi, lors des répétitions de « Made in France », au Théâtre de Belleville, à Paris, le 31 mars 2025. LAURA BOUSQUET
Quelle est la place du débat démocratique face aux enjeux écologiques ? Que faire pour lutter contre la délocalisation industrielle ? C’est ce genre de questionnements, a priori très peu théâtraux, que Samuel Valensi porte sur scène. Et ça marche ! Après le succès de Coupures, toujours en tournée et à l’affiche, en novembre, du Théâtre de la Concorde à Paris, Made in France arrive aussi dans la capitale, au Théâtre de la Renaissance, dans la foulée de l’accueil triomphal reçu cet été au Festival « off » d’Avignon.
Ecrites avec Paul-Eloi Forget, ces deux pièces contemporaines abordent des enjeux sociétaux par le biais de comédies caustiques. Coupures met aux prises les habitants d’une commune rurale et un maire écologiste qui a accepté, sans en référer à ses administrés, l’installation de plusieurs antennes-relais 5G. Made in France nous plonge dans les rouages d’une usine en passe d’être délocalisée et dans les coulisses de notre monde politico-syndicalo-économique.
« Le choix des sujets vient de mes indignations personnelles », résume Samuel Valensi. A 34 ans, ce comédien, auteur, metteur en scène en pleine ascension déroule un parcours peu ordinaire et un engagement chevillé au corps face à un monde qui tourne mal. « On voit bien que ça ne va pas. Alors je préfère l’indignation à l’anesthésie. Je suis choqué par le peu de réaction et d’empathie face à la crise environnementale et par l’absence de réflexion sur notre système. On est coincés entre deux feux, le populisme et le technocratisme, qui tous deux nous mènent dans le mur », juge-t-il.
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Le premier ministre, Sébastien Lecornu quitte le Palais Bourbon, après sa rencontre avec le président de l’Assemblée nationale, le 11 septembre 2025. BERTRAND GUAY/AFP
« Rien n’est encore arbitré » mais le premier ministre regarde différentes mesures comme « une défiscalisation et un allègement des charges sociales » sur les heures supplémentaires. Il étudie aussi une réduction de l’impôt sur le revenu pour les couples payés chacun « légèrement » au-dessus du SMIC, a ajouté Matignon.
Les services du premier ministre, qui avaient dans un premier temps annoncé viser les foyers touchant exactement le SMIC, ont rectifié dans l’après-midi : un couple dont chacun des membres est payé 1 476 euros par mois − soit le montant mensuel du SMIC − n’est effectivement pas assujetti à l’impôt sur le revenu, le seuil étant fixé à 1 491 euros. L’objectif de cette mesure est donc « d’alléger leur montant d’impôt », voire de « l’annuler pour tous ceux en entrée de barème » afin qu’ils soient « traités » fiscalement comme des célibataires, a expliqué l’entourage de M. Lecornu.
Il examine aussi le rétablissement de la prime Macron de « partage de la valeur », qui peut être exonérée d’impôt et de cotisations sociales, ainsi qu’une mesure « encourageant » les transmissions aux petits-enfants et aux jeunes. « Le fait de vivre de son travail et le reste à vivre demeurent une des premières préoccupations des Français », a fait valoir son entourage à l’AFP.
Par ailleurs, le Rassemblement national et le Parti socialiste seront reçus vendredi matin par le premier ministre dont ils attendent des ouvertures sur le projet de budget pour 2026, le menaçant d’une éventuelle censure. Marine Le Pen est attendue à 9 heures à Matignon, puis la délégation socialiste à 10 h 30. Se succèderont ensuite dans le bureau de Sébastien Lecornu les communistes à 12 h 30 puis les Ecologistes à 15 h 45.
Le premier secrétaire du PS Olivier Faure a d’ores et déjà estimé jeudi que les propositions présentées par Sébastien Lecornu pour les salariés à bas revenu sont « très en deçà » des attentes des socialistes, tout en assurant vouloir « donner sa chance » au premier ministre avant sa rencontre avec lui vendredi.
Un rendez-vous jeudi avec le groupe indépendant Liot a finalement été annulé. Sébastien Lecornu, qui a rencontré plusieurs fois les responsables du « socle commun » (Renaissance, Modem, Horizons, LR), a également déjà reçu les partis d’opposition depuis qu’il a succédé à François Bayrou.
« Le compte n’y est pas », avertit Bruno Retailleau
Resté volontairement discret depuis sa nomination il y a trois semaines, le premier ministre a présenté vendredi dernier ses premières pistes pour le budget attendu à la mi-octobre, franchissant plusieurs lignes rouge dessinées notamment par les socialistes.
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Sébastien Lecornu est également tenu par des conditions posées par la droite pour rester au gouvernement, dans un « contrat » dévoilé mercredi qui dit non à la « taxe Zucman » ou à un « recyclage de l’ISF », et veut « rétablir le délit de séjour irrégulier ».
« A ce stade », la participation des Républicains au gouvernement « n’est pas acquise du tout » car « le compte n’y est pas », a averti dans Le Figaro le patron de LR Bruno Retailleau, reçu longuement jeudi après-midi à Matignon. Il a convoqué dans la soirée les parlementaires de son parti. Un conseiller ministériel temporise : la droite gardera des ministres parce « la soupe est trop bonne », assure-t-il.
Manifestation contre les fréquentes coupures d’électricité et les pénuries d’eau, dans la capitale Antananarivo, à Madagascar, le 1er octobre 2025. ZO ANDRIANJAFY / REUTERS
Sur les hauteurs d’Antananarivo, au milieu des maisons de briques rouges construites à flanc de colline, le bâtiment blanc de la Jirama – la compagnie nationale de distribution d’eau et d’électricité – toise la place de la Démocratie où les manifestants de la Gen Z tentent chaque jour de se rassembler depuis le début de leur mouvement, jeudi 25 septembre.
Repère familier dans le paysage de la capitale malgache, le néon bleu qui dessine son nom ne s’allume plus à la nuit tombée. Ce serait une provocation que les dirigeants de l’entreprise, murés dans le silence, ont bien comprise. L’incapacité de l’entreprise à assurer ses services essentiels a été l’étincelle qui a déclenché l’explosion de colère de la jeunesse malgache, galvanisée par les victoires remportées par les jeunes manifestants du Népal contre un régime tourné vers les intérêts d’une minorité.
La situation n’est pas différente à Madagascar et le président Andry Rajoelina a beau entretenir des rêves d’émergence depuis son retour au pouvoir en 2018, le revenu annuel par habitant est passé de 459 dollars à 448 dollars en 2023, selon les chiffres de la Banque mondiale, et la pauvreté urbaine a fortement augmenté au cours de la dernière décennie (+ 31 %). Laissant une jeunesse, de plus en plus nombreuse, désemparée.
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Le président du groupe Socialiste, Boris Vallaud, et le député Socialiste, Olivier Faure, attendent en marge de l’hémicycle lors l’élection des vice-présidents de l’Assemblée nationale en ouverture de la session ordinaire à l’Assemblée nationale, à Paris, le 1 octobre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »
L’après-midi a de nouveau tourné au désavantage de la gauche. Le « socle commun » (Renaissance, Horizons, MoDem et Les Républicains) a repris, jeudi 2 octobre, toutes les présidences des commissions permanentes de l’Assemblée, avec les voix du Rassemblement national (RN), exception faite de celle des finances dévolue à l’opposition et qui reste occupée par l’« insoumis » Eric Coquerel.
Le député Les Républicains (LR) Alexandre Portier a été élu à la tête de la commission des affaires culturelles, reprise à la socialiste Fatiha Keloua-Hachi, et le macroniste Stéphane Travert à la tête de la commission des affaires économiques en lieu et place d’Aurélie Trouvé (LFI).
Ces votes font suite au renouvellement du bureau de l’Assemblée, où le RN a fait son retour en obtenant deux vice-présidents et deux secrétaires, avec le soutien du socle commun. Conséquence de cet accord au bureau, le groupe de Marine Le Pen a décidé cette année de ne présenter aucun candidat dans aucune des commissions, et de voter pour ceux du socle commun.
Le RN considère que l’esprit du règlement veut que les présidences de commissions (hors finances) aillent à des soutiens du gouvernement en place. Il réclamait également des vice-présidences dans les commissions, qu’il a obtenues, avec des voix du socle commun. Les élections ont donc été réglées en un temps record.
Seul membre de l’opposition restant président, Eric Coquerel va entamer un nouveau mandat à la tête de la commission des finances. Outre la gestion des débats de la commission, notamment sur le projet de budget de l’Etat, le président de la « ComFi » dispose de pouvoirs spéciaux d’enquête.
Le poste stratégique de rapporteur général du budget a été obtenu par Philippe Juvin (LR), qui le reprend au député LIOT Charles de Courson. Celui de rapporteur du budget de la Sécurité sociale est resté propriété de Thibault Bazin (LR). Florent Boudié (Renaissance, Lois), Frédéric Valletoux (Horizons, affaires sociales), Bruno Fuchs (MoDem, affaires étrangères), Sandrine Le Feur (Renaissance, développement durable), Jean-Michel Jacques (Renaissance, défense) conservent, quant à eux, leurs présidences de commission.
Les députés de gauche ont immédiatement dénoncé le soutien du RN au socle commun. « La macronie agonisante fait la courte échelle aux fascistes, pendant que le RN sacrifie le peuple pour quelques postes », a réagi le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, sur X. « La déchéance est immense. On ne négocie pas avec l’extrême droite », a abondé le socialiste Arthur Delaporte.
Le RN de retour au Bureau de l’Assemblée
Dans la matinée, la gauche a déjà perdu sa majorité au stratégique Bureau de l’Assemblée, le Rassemblement national (RN) faisant de son côté son retour dans cette instance exécutive grâce au socle commun.
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Après l’élection, mercredi, des six vice-présidents et des trois questeurs (chargées de la bonne santé financière de l’Assemblée), les députés ont voté jeudi matin pour les douze secrétaires du Bureau, achevant ainsi de renouveler ses membres. Celui-ci décide notamment des sanctions les plus sévères contre les députés, ou de la recevabilité de certains textes.
La gauche avait profité l’an dernier d’une démobilisation d’une partie du socle commun pour décrocher une majorité, au cours de votes confus organisés au cœur de la nuit. Mais cette année, la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, (Renaissance) souhaitait une répartition proportionnelle correspondant au poids des groupes.
Le règlement prévoit une telle répartition, avec un système de points, si tous les groupes en sont d’accord. A défaut, des votes sont organisés. La gauche s’est opposée au système de points, refusant l’entrée du RN dans les instances de l’Assemblée au nom du front républicain, mais le parti d’extrême droite et le socle commun se sont accordés pour imposer par leurs votes cette répartition.
Au total, le RN et ses alliés ciottistes obtiennent cinq représentants au sein du bureau. Le socle commun totalise neuf représentants, en comptant la présidente. La gauche (La France insoumise, Parti socialiste, Ecologistes, et communistes) en a, elle, sept. Le groupe centriste indépendant LIOT obtient également un secrétaire.
« Je voudrais remercier chacun d’entre vous pour sa participation à ces élections qui se sont déroulées de façon apaisée et en bon ordre », a déclaré Yaël Braun-Pivet après avoir annoncé les résultats. Le nouveau Bureau, qui comprend 12 femmes et 10 hommes, se réunira pour la première fois mercredi.
Un dealeur tenant un sachet de kétamine, à Londres, en juin 2025. JULIE EZVAN/AFPTV/AFP
Sa consommation reste relativement confidentielle, comparée à celle du cannabis et de la cocaïne. Mais « l’Europe dans son ensemble est touchée par une consommation à la hausse de kétamine ». Et la France n’échappe pas au phénomène, d’après une note de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) datée de septembre que Le Monde a pu consulter. Le document de trois pages décrit la France comme une zone davantage de transit que de consommation, mais le phénomène connaît une progression, ainsi que le montre un indicateur qui trompe rarement : un prix en baisse, passé de 30 à 40 euros le gramme, en 2022, à 20 à 30 euros en 2024. Le signe d’un marché émergent, sinon en plein développement.
Au 1er août de cette année, plus d’une tonne de ce produit stupéfiant avait été saisie en France. Un chiffre record, à comparer avec les saisies de 2024, qui s’élevaient à 417 kilos sur l’année complète – soit déjà une augmentation de 162 %. De l’avis des services répressifs autant que des praticiens médicaux, la multiplication des filières d’achat, par le biais aussi bien de dealeurs que d’applications mobiles ou de sites d’imports spécialisés, nourrit une diffusion inédite de la « K », qui transite au moyen de dissimulations toujours plus ingénieuses.
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Bertrand Belin, à Paris, le 11 septembre 2025. MATHIEU ZAZZO POUR « LE MONDE »
« Cherchant un banc bien gaulé », chantait Bertrand Belin dans son fameux single, Choses nouvelles, en 2019. C’est précisément là, assis sur un banc public, dans un parc paisible, au cœur du Marais parisien, que nous rencontrons le chanteur, acteur et écrivain, pour parler de son flambant huitième album, Watt. Un prétexte tout désigné pour évoquer ce thème, qui revient aussi sur l’une des plus belles chansons du disque, La Béatitude : « Je descends sur mon banc, gonfler les rangs de la béatitude. »
Même si ce texte allégorique n’évoque pas vraiment sa vie quotidienne, le crooner morbihannais avoue avoir son banc fétiche dans son quartier du 18e arrondissement de Paris, où régulièrement il se pose, fume une cigarette en buvant un café – comme lors de notre rencontre –, lit le journal ou répond à quelques e-mails. « J’habite dans un endroit plutôt réduit, répond humblement le grand blond à la mèche voluptueuse. J’aime bien sortir et m’y installer, au lieu d’aller au bistrot. Ce n’est pas désagréable d’être assis sur un banc, on se laisse remplir par une atmosphère. On voit qu’autour de soi ça brasse, ça court, ça fait sa vie. Il y a quand même en ville une apparence de concorde dans la fluidité des gens. Il peut y avoir des moments où ça coince un peu, mais, globalement, on vit ensemble. »
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Jean-Charles Naouri (au centre), ancien PDG du Groupe Casino, entouré de ses avocats, au palais de justice de Paris, le 1er octobre 2025. BERTRAND GUAY/AFP
Dans le monde français des affaires, Jean-Charles Naouri a toujours eu la réputation d’être le plus fort en maths et en thème. Mercredi 1er octobre, l’ancien PDG de Casino, 76 ans, a d’abord déroulé, d’un ton toujours monocorde et sans forfanterie, son monstrueux CV : l’Ecole normale supérieure, Harvard, l’Ecole nationale d’administration, l’inspection des finances, la direction du cabinet (à 35 ans) du socialiste Pierre Bérégovoy à Bercy, la banque Rothschild puis l’entrée dans la grande distribution, secteur dont il a longtemps été le baron en tant que président-directeur général de Casino de 2005 à 2024. Mais être intelligent n’a jamais empêché personne de se retrouver face à la justice.
Avec trois anciens dirigeants de Casino, Jean-Charles Naouri comparaît jusqu’au 22 octobre devant le tribunal correctionnel de Paris pour corruption privée active et manipulation de cours en bande organisée. Il est soupçonné d’avoir cherché à faire grimper le cours de l’action Casino, en 2018-2019, par des procédés frauduleux.
Le Parquet national financier (PNF) l’accuse d’avoir rémunéré un patron de presse, Nicolas Miguet, sous le couvert d’une convention de prestations de conseil et à hauteur de 823 000 euros, pour diffuser publiquement des informations destinées à soutenir le titre de son entreprise. Parmi elles, la rumeur d’une tentative de rachat de Casino par Carrefour. Très endetté, le groupe de Jean-Charles Naouri faisait face, à l’époque, à la pression de fonds activistes pratiquant la vente à découvert, une pratique spéculative visant à parier sur la baisse des cours.
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Le Hamas répond au plan pour la bande de Gaza proposé par Donald Trump
Le Hamas a diffusé sur sa chaîne Telegram, vendredi soir, sa réponse au plan de paix pour la bande de Gaza proposé par Donald Trump. Le mouvement islamiste dit, dans un communiqué, accepter le principe de la libération de tous les otages israéliens, sous conditions de négociations supplémentaires sur les modalités pratiques, et d’un transfert de l’administration de l’enclave.
Dans le même temps, le Hamas dit souhaiter que le pouvoir soit remis à un « organisme palestinien indépendant », sans évoquer le « Conseil de paix » ambitionné par le président américain, composé de personnalités internationales et dont la mission devait être de superviser un conseil de technocrates palestiniens.
Par ailleurs, le groupe affirme sa volonté de « contribuer de manière responsable » au « mouvement palestinien unifié » qui, selon lui, doit guider « l’avenir de la bande de Gaza ». Une position éloignée du projet américain, dont le treizième point statuait que « le Hamas et les autres factions s’engagent à ne jouer aucun rôle dans la gouvernance de Gaza, directement, indirectement ou sous quelque forme que ce soit ».
Les principaux extraits du communiqué :
« Le mouvement annonce son accord pour la libération de tous les prisonniers israéliens, vivants et morts, selon la formule d’échange contenue dans la proposition du président Trump, sous réserve que les conditions requises pour cet échange soient réunies », écrit le Hamas dans un communiqué.
« Le mouvement renouvelle également son accord pour transférer l’administration de la bande de Gaza à un organisme palestinien indépendant, sur la base du consensus national palestinien et du soutien arabe et islamique », poursuit le groupe islamiste, avant de conclure :
« Les propositions du président Trump concernant l’avenir de la bande de Gaza et les droits fondamentaux du peuple palestinien sont liées à une position nationale globale, fondée sur le droit et les résolutions internationaux pertinents, et sont discutées dans un cadre national. Un mouvement palestinien unifié, dont le Hamas sera membre et auquel il contribuera de manière responsable. »
Sur le fond, le Hamas a déjà envisagé par le passé de relâcher ensemble tous les otages (une vingtaine d’entre eux seraient encore vivants) dès le début d’un cessez-le-feu, contre la libération de prisonniers palestiniens (environ 2 000), au risque de se priver de son unique monnaie d’échange. Il a déjà évoqué un « décommissionnement » de ses armes (destruction des tunnels, fin de la production de missiles, déminage et retrait des explosifs dispersés dans Gaza). Le plan Trump emploie aussi ce terme, au côté de celui de « désarmement ». Le Hamas s’est enfin montré ouvert, depuis dix-huit mois, à un accord « global », fixant d’emblée à grands traits les paramètres de l’après-guerre.
Le président du Front de libération kanak et socialiste, Christian Tein, à Montpellier, le 18 juin 2025. SANDRA MEHL POUR «LE MONDE»
Le Front de libération kanak et socialiste (FLNKS) a rejeté, en août, le projet d’accord sur l’Etat de la Nouvelle-Calédonie, paraphé entre indépendantistes et non-indépendantistes, le 12 juillet, à Bougival (Yvelines). Le mouvement refuse d’amender le texte comme le lui propose désormais l’exécutif à Paris pour clarifier les conditions d’une future autodétermination du territoire.
Campant sur des positions très fermes, son président, Christian Tein, que Le Monde a interviewé mercredi 1er octobre, appelle le premier ministre, Sébastien Lecornu, à rouvrir un nouveau dossier. M. Tein, chef de la cellule de coordination des actions de terrain (CCAT) récuse le fait que, depuis 2024, le FLNKS serait minoritaire face aux composantes indépendantistes réformistes, partisanes de l’accord de Bougival. « Les fractures étaient beaucoup plus importantes du temps de Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné [leaders du FNLKS assassinés en 1989] » dans les années 1980, assure-t-il.
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Le patron du Medef Patrick Martin lors des universités d’été de son organisation, à Paris, le 28 août. THIBAUD MORITZ/AFP
C’est un petit document signé du Medef, quatorze pages à peine, qui circule de mains en mains parmi les chefs d’entreprise et aurait dû rester confidentiel. Ce « kit de mobilisation » à l’intention des antennes du lobby patronal en région a pour objectif de combattre toutes les mesures visant à imposer davantage le patrimoine et le capital, figurant dans le contre-budget du Parti socialiste (PS). Avec une priorité :gagner la bataille contre « la taxe Zucman », cet impôt plancher de 2 % sur les très grandes fortunes promu par l’ensemble de la gauche qui, bien qu’écarté rapidement par le nouveau premier ministre Sébastien Lecornu pour le budget 2026, a gagné en popularité à la faveur du débat public.
Dans ce but, les « Medef territoriaux » se voient assigner un ordre de mission consistant à contacter un à un les parlementaires socialistes pour « les sensibiliser sur les risques importants que de telles mesures feraient courir aux entreprises de leur territoire ». Une méthode est proposée : relayer auprès des élus les témoignages de chefs d’entreprise « dont l’activité serait grandement menacée » et lister les « innovations » qui seraient « bloquées » par une politique fiscale trop défavorable. « Cela fait partie des actions que mène le Medef en direction du parlement, il s’agit de faire valoir nos arguments et d’engager le dialogue », déclare au Monde l’organisation patronale.
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