Sébastien Lecornu a présenté sa démission à Emmanuel Macron lundi 6 octobre, qui l’a acceptée. Quelques heures plus tôt, il avait dévoilé, dimanche 5 octobre, les noms des dix-huit premières personnalités de son gouvernement. Après presque un mois de tractations, le premier ministre macroniste avait largement reconduit le gouvernement de François Bayrou, contraint à la démission après l’échec du vote de confiance en septembre. Douze des dix-huit ministres nommés étaient déjà en poste dans la précédente équipe.
Selon M. Lecornu, ce gouvernement « rassemble et ressemble au socle commun qui nous soutient au Parlement ». En effet, son équipe rassemblait quatre personnalités issues des Républicains (LR), onze de Renaissance (dont six ex-LR), deux du MoDem et une d’Horizons. Les deux seules figures issues de la gauche étaient Elisabeth Borne et Manuel Valls, reconduits à l’éducation et aux outre-mer, tandis que François Rebsamen et Eric Lombard, représentants de l’aile gauche sous François Bayrou, étaient absents de cette nouvelle équipe.
Parmi les six nouveautés de ce gouvernement, trois étaient des habitués des gouvernements macronistes : Marina Ferrari figurait déjà dans les gouvernements Attal et Barnier, Roland Lescure dans les équipes Borne et Attal, tandis que Bruno Le Maire a battu le record de longévité pour un ministre de l’économie et des finances entre 2017 et 2024.
Eric Woerth, nommé à l’aménagement du territoire, à la décentralisation et au logement, avait, quant à lui, déjà été ministre dans les années 2000. Les deux seules personnalités sans expérience gouvernementale étaient les députés Naïma Moutchou (Horizons) et Mathieu Lefèvre (Renaissance).
Sur le même modèle que l’annonce du gouvernement Attal en deux salves en janvier 2024, le gouvernement Lecornu devait être « complété par des ministres délégués après les déclarations de politique générale » du premier ministre prévue mardi à l’Assemblée nationale et mercredi au Sénat, avait fait savoir son entourage à l’Agence France-Presse ajoutant qu’« il restera très resserré », autour de 25 membres au total. Ce gouvernement n’aura finalement pas même connu de premier conseil des ministres.
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La composition complète du gouvernement
Crédits photo : AFP, Creative Commons
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Sortie aérienne du gardien lillois, Berke Özer, face au Parisien Bradley Barcola, au stade Pierre-Mauroy à Villeneuve-d’Ascq (Nord), le 5 octobre 2025. SAMEER AL-DOUMY / AFP
Le Paris Saint-Germain (PSG) est leader de Ligue 1, mais c’est d’une courte tête que le quadruple champion de France en titre devance une meute composée de l’Olympique de Marseille (OM), Strasbourg et l’Olympique lyonnais (OL), avant la trêve internationale.
Un seul point sépare le PSG de ses poursuivants (16 contre 15), le point du match nul (1-1) obtenu dimanche 5 octobre, sur la pelouse de Lille (LOSC), en clôture de la 7e journée de championnat, par une équipe parisienne largement remaniée. De la formation de départ en finale de la dernière Ligue des champions, il ne restait que le défenseur Willian Pacho. Il était entouré de Lucas Beraldo, Warren Zaïre-Emery au poste d’arrière droit – en phase défensive – et, plus haut, trois des « titis » vainqueurs à Barcelone (2-1) mercredi en Ligue des champions : Senny Mayulu, Quentin Ndjantou et Ibrahim Mbaye.
L’entraîneur parisien, Luis Enrique, a admis après la rencontre avoir souhaité « priorisé la santé des joueurs », évoquant la fatigue dans la foulée du sommet remporté contre le Barça. Mais le niveau affiché par ce Paris-là, du moins durant la première période, était bien loin de celui qui lui a permis de signer un superbe succès en Catalogne.
A part un raté de Bradley Barcola, parti seul défier Berke Özer (43e), les joueurs parisiens n’ont pas proposé grand-chose, malgré une possession favorable (66 %), durant le premier acte. Le LOSC a même donné l’impression de pouvoir faire douter le champion d’Europe, par son ailier supersonique Matias Fernandez-Pardo, qui a néanmoins manqué de lucidité ou de justesse.
Sous les yeux de Kylian Mbappé
La rencontre s’est emballée dès le retour du vestiaire, comme souvent entre deux clubs soumis à la cadence infernale de l’enchaînement championnat-Coupe d’Europe. Olivier Giroud a alors manqué de peu un retourné acrobatique (47e), avant que Lee Kang-in (48e) puis Bradley Barcola (56e) n’obligent Berke Özer à s’interposer.
Mais un autre match a commencé à la 58e minute de jeu, quand Luis Enrique a abattu trois de ses meilleurs atouts : Vitinha, Achraf Hakimi et Nuno Mendes. Huit minutes plus tard, le latéral gauche portugais a jeté le froid dans les travées de Pierre-Mauroy en trouvant la lucarne des cages lilloises d’un coup franc à 25 mètres.
Mais un autre joueur est venu lui subtiliser la vedette : Ethan Mbappé, lui aussi sorti du banc (81e), qui est rapidement parvenu à égaliser d’une frappe du pied gauche entre les jambes de Lucas Beraldo (85e), contre son club formateur. Le tout sous les yeux de son frère Kylian, qui a laissé éclater sa joie dans les tribunes après ce but, célébré à la manière du capitaine de l’équipe de France et ancienne gloire parisienne.
« Ethan a de la personnalité, de la confiance, (…) de la vitesse, de la technique et de la finition parce qu’à chaque fois qu’il joue, il se crée une occasion ou il la concrétise », l’a complimenté son entraîneur, Bruno Genesio, après la rencontre.
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Le match paraissait alors pouvoir basculer des deux côtés, mais s’est finalement conclu par un match nul logique au vu du contenu. Mais Lille, qui accuse du retard sur les places européennes (7e), peut nourrir quelques regrets de ne pas avoir su profiter d’un PSG venu sans toutes ses vedettes, laissées au repos ou absentes comme Ousmane Dembélé, Désiré Doué, Khvicha Kvaratskhelia, Joao Neves, Fabian Ruiz et Marquinhos.
Strasbourg gagne, les supporteurs quittent la tribune
Derrière le duo PSG-OM – les Marseillais se sont imposés à Metz (3-0) samedi –, il faudra compter à présent sur Strasbourg, qui a surclassé Angers, dimanche, et s’est invité à la troisième place. Emmenés par Joaquin Panichelli et Martial Godo, auteurs d’un doublé chacun, les Alsaciens ont fait fi de la fronde d’une partie du public de la Meinau, vent debout contre BlueCo, le propriétaire du club et de Chelsea. Quatre associations de supporters ont encore affiché leur mécontentement par des banderoles et cessé les encouragements après la pause, certains fans ayant même quitté les tribunes avant le terme de la partie.
Mais les énormes investissements de l’été sur le marché des transferts (127,5 millions d’euros d’achats) semblent payer puisque les hommes de Liam Rosenior font jusqu’ici jeu égal avec les cadors.
Lyon (4e, 15 pts) a en revanche raté le coche en concédant une terrible défaite à domicile dans les arrêts de jeu contre Toulouse (2-1). L’OL pensait avoir fait le plus dur en première période après l’ouverture du score de Malick Fofana en conclusion d’une magnifique action collective. Mais alors que la victoire et la première position provisoire leur tendaient les bras, les Lyonnais ont totalement craqué en concédant deux buts signés du Brésilien Emersonn (87e, 90 + 6).
Monaco (5e, 13 pts) n’a pas non plus brillé lors du derby de la Côte d’Azur et a été tenu en échec par Nice (12e) au stade Louis-II (2-2) malgré une supériorité numérique durant plus d’une heure après l’exclusion de l’Aiglon Ali Abdi. Menés 2-0 après deux réalisations de Sofiane Diop, les Monégasques s’en sont remis à deux penaltys d’Ansu Fati pour éviter le pire. L’ex-prodige du Barça domine le classement des buteurs de Ligue 1 avec Panichelli (5 buts). De quoi frustrer l’entraîneur de Nice, Franck Haise, sous pression après un début de saison catastrophique.
Habib Beye n’est pas mieux loti à Rennes. Son équipe, incapable de l’emporter au Havre (2-2), navigue dans le ventre mou (10e, 10 pts) et ne décolle toujours pas après trois nuls consécutifs. L’ex-coach du Red Star, arrivé sur le banc rennais en janvier, va devoir vite trouver des solutions pour ne pas s’exposer à des turbulences.
Eric Woerth, le nouveau ministre de l’aménagement du territoire, de la décentralisation et du logement, au lendemain de sa réélection comme député (Renaissance) de l’Oise, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 8 juillet 2024. BERTRAND GUAY/AFP
Cela faisait longtemps qu’Eric Woerth attendait de passer de la théorie à la pratique. Nommé, dimanche 5 octobre, ministre de l’aménagement du territoire, de la décentralisation et du logement dans le gouvernement de Sébastien Lecornu, le député (Renaissance) de l’Oise avait été chargé, en 2024, par le président de la République, d’une mission pour poser les bases d’une réforme de la décentralisation, annoncée pour l’automne. Mais son rapport, rendu en mai de cette année-là, avait été emporté par le torrent de la dissolution de juin, puis la cascade des gouvernements éphémères.
Dix jours après avoir été relaxé dans l’affaire du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, dont il a été le trésorier, Eric Woerth, 69 ans, est donc à pied d’œuvre. Contrairement à ses prédécesseurs immédiats (Catherine Vautrin entre septembre et décembre 2024, puis François Rebsamen depuis), qui considéraient que la décentralisation était un sujet pour la présidentielle de 2027, M. Woerth devra rapidement élaborer un projet de loi, puisque la décentralisation est un sujet majeur pour le nouveau premier ministre. A supposer que l’Assemblée nationale ne censure pas trop vite le gouvernement Lecornu.
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Anne-Marie Hansart, chez elle, à Saint-Plantaire (Indre), le 10 septembre 2025. FRÉDÉRIC POTET/« LE MONDE »
Comme toute couturière un peu aguerrie, Anne-Marie Hansart accumule, chez elle, des tiroirs entiers de chutes de tissu. Découpes de nappes, retailles de rideaux, reliquats de draps, ourlets de pantalon encombrent une pièce entière de sa maison, à Saint-Plantaire (Indre). La retraitée de 71 ans se dit dans l’« incapacité absolue » de se débarrasser du moindre centimètre carré de rebut : « Je fais partie de cette génération qui ne jette jamais rien. Psychologiquement, c’est impossible », s’excuse-t-elle.
Alors Anne-Marie Hansart « recycle », à l’aide de sa machine à enfilage simplifié de marque Singer. Et « donne », sans contrepartie. Cette ancienne secrétaire de mairie fait partie d’une armée invisible de couturières – et de couturiers (minoritaires) –, inscrits sur la page Facebook « Une couture pour un sourire », lancée il y a deux ans par une professionnelle de l’aiguille. Leur marotte : confectionner des petites créations en tissu destinées à être offertes à des inconnus, dans le plus strict anonymat.
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Des agents des forces de l’ordre bloquent la route pour empêcher un véhicule d’entrer dans un centre de l’agence américaine de contrôle de l’immigration et des douanes, à Portland (Oregon), le 4 octobre 2025. JENNY KANE/AP
Au lendemain d’une décision de justice bloquant l’envoi de la garde nationale à Portland (Oregon), Donald Trump a, malgré tout, décidé de déployer un contingent de militaires, dimanche 5 octobre, dans cette grande ville du nord-ouest des Etats-Unis où des manifestations contre la police de l’immigration (ICE) ont lieu depuis quelques mois.
La juge fédérale Karin J. Immergut, qui a souligné dans sa décision de samedi qu’il n’y avait pas de « danger de rébellion » et que les « forces de l’ordre régulières » étaient aptes à gérer la situation, a statué que les fonctionnaires fédéraux ne pouvaient avoir recours à la garde nationale. Sa décision expire le 18 octobre, dans l’attente de nouveaux arguments dans le cadre d’une action en justice intentée par l’Etat et la ville.
Mais un porte-parole du Pentagone a déclaré, dans un communiqué, qu’environ 200 membres de la garde nationale de Californie, en service dans la région de Los Angeles, étaient déjà réaffectés à Portland. La gouverneure de l’Oregon, la démocrate Tina Kotek, a fait savoir qu’une centaine d’entre eux étaient arrivés, samedi, et qu’une centaine d’autres étaient en route, dimanche.
« Cette décision semble délibérée afin de contourner celle rendue par une juge fédérale », a-t-elle déploré. « Les faits n’ont pas changé. Il n’y a pas lieu d’intervenir militairement dans l’Oregon. Il n’y a pas d’insurrection à Portland, ni de menace pour la sécurité nationale », a-t-elle ajouté, précisant qu’elle n’avait pas eu d’échange officiel avec le gouvernement fédéral.
« Abus de droit et de pouvoir »
Le bureau de son homologue de Californie, Gavin Newsom, a annoncé qu’environ 300 membres de la garde californienne pourraient être déployés. Le dirigeant démocrate, qui a déjà pris à partie l’administration Trump à ce sujet, a promis une nouvelle action en justice.
Il a qualifié ce déploiement d’« abus de droit et de pouvoir » et expliqué que ces troupes avaient été « fédéralisées » et placées sous le contrôle du président républicain il y a des mois, malgré ses objections, en réponse aux troubles à Los Angeles, où les militaires avaient été envoyés.
Le procureur général de l’Oregon, Dan Rayfield, a également déclaré que son Etat, ainsi que la ville de Portland et la Californie, cherchait à obtenir une ordonnance de restriction temporaire contre le déploiement de troupes de la garde nationale.
« Ce qui était illégal hier l’est encore aujourd’hui », a déclaré M. Rayfield. « L’ordonnance de la juge n’était pas un simple détail procédural que le président pourrait contourner, comme le fait mon fils de 14 ans quand il n’apprécie pas mes réponses », a-t-il fustigé, ajoutant que l’Oregon « ne participera absolument pas à la tentative du président de normaliser l’utilisation de l’armée américaine dans nos villes ».
« Zone de guerre »
Les gardes nationaux, réservistes de l’armée, sont formés pour intervenir dans le cadre des catastrophes naturelles, mais ils peuvent également combattre à l’étranger. Donald Trump a fait de la lutte contre l’immigration clandestine une priorité absolue de son second mandat depuis son retour à la Maison Blanche, en janvier.
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Plusieurs manifestations et actions contre l’ICE ont eu lieu dernièrement, notamment dans les villes dites « sanctuaires » telles que Portland ou Chicago (Illinois), où les migrants en situation irrégulière et menacés d’expulsions sont protégés.
Dimanche, le président américain, qui a dit vouloir mardi utiliser les militaires contre l’« ennemi de l’intérieur », a affirmé, sans preuves, que « Portland est en train de brûler. Il y a des insurgés partout ». Plusieurs responsables de l’Oregon qualifient cette description de ridicule. Selon Mme Kotek, la mobilisation contre ICE est limitée et localisée dans un seul pâté de maisons de la ville de 650 000 habitants.
Donald Trump menace d’envoyer des militaires également à New York ou Baltimore, d’autres grandes villes démocrates. Outre Los Angeles et Portland, le président républicain a déjà mis ses menaces à exécution dans la capitale américaine, Washington, à Memphis (Tennessee) et plus récemment à Chicago où, selon un décret signé samedi, 300 gardes nationaux doivent être envoyés afin de « protéger les agents et biens fédéraux ». L’administration Trump a décrit cette mégapole de l’Illinois comme une « zone de guerre ».
« Ce sont eux qui transforment cette ville en zone de guerre », a répliqué, dimanche, le gouverneur démocrate de l’Illinois, J. B. Pritzker, sur la chaîne CNN, décrivant de multiples raids et appelant au départ des troupes.
Manifestation féministe après la torture et le meurtre de deux jeunes femmes et une adolescente, à Buenos Aires, le 27 septembre 2025. GUSTAVO GARELLO/AP
Il y a d’abord l’horreur du triple féminicide, rapporté dans les moindres détails par la presse argentine. Il y a ensuite le cortège de questions qu’il soulève. Morena Verdi et Brenda del Castillo, deux cousines de 20 ans, et leur amie Lara Gutierrez, 15 ans, sont vues pour la dernière fois vendredi 19 septembre au soir. Invitées à une fête, elles montent de leur plein gré à bord d’un véhicule, en banlieue de Buenos Aires.
Dès le lendemain, leurs proches s’inquiètent de leur absence et lancent l’alerte. Où sont Brenda, Lara et Morena ? La recherche se poursuit jusqu’à la découverte, mercredi 24 septembre, de corps enterrés dans le jardin d’une maison de Florencio Varela, ville voisine de la capitale. Les autopsies établissent que les trois victimesont subi des tortures, selon la presse.
Le déchaînement de violence aurait été transmis en direct « sur les réseaux sociaux et 45 personnes l’auraient vu »,sur un groupe fermé, a assuré Javier Alonso, le ministre de la sécurité de la province de Buenos Aires. A ce stade, l’enquête ne parvient pas à établir le canal de diffusion, rapporte le quotidien Clarin.
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Les négociations qui s’ouvrent, lundi 6 octobre en Egypte, entre Israël et le Hamas, sont dites « techniques »par les deux parties. De prime abord, chacune en fait une affaire entendue, qui pourrait durer « deux jours » tout au plus, comme l’a souhaité Donald Trump. Toutes s’accordent à ce que les otages capturés par le Hamas soient libérés, satisfaisant ainsi le président américain.
A Charm El-Cheikh, station balnéaire du Sinaï, il sera question des conditions et de l’heure de ces libérations, ainsi que du cessez-le-feu qui doit régner alors. Cependant, le chef de la délégation du Hamas a fait savoir, dimanche, en arrivant le premier en Egypte, que ces pourparlers devaient d’abord aplanir de lourdes divergences.
Khalil Al-Hayya souhaite un échange « immédiat » d’otages et de prisonniers palestiniens, mais il entend pour cela négocier, dans l’ordre, « les mécanismes d’un cessez-le-feu, le retrait des forces d’occupation et un échange de prisonniers ». Or, définir ce retrait n’est pas l’affaire de deux jours. Le négociateur en chef du mouvement islamiste est apparu en public, dimanche, pour la première fois depuis qu’Israël a tenté de l’assassiner, lui et son équipe, lors des bombardements sur Doha, le 9 septembre. Son fils a été tué lors de cette attaque.
De son côté, Benyamin Nétanyahou n’a pas envoyé en Egypte, pour diriger la délégation israélienne, le patron du Mossad (service de renseignement extérieur israélien), David Barnea, qui n’avait pas caché son opposition aux frappes aériennes sur Doha. C’est le plus proche collaborateur du premier ministre, l’Israélo-Américain Ron Dermer, qui mène la délégation, comme il le fait depuis février.
Durant le week-end, M. Trump a sèchement balayé les réserves de son allié israélien sur la réponse initiale du Hamas, qui l’a, au contraire, enthousiasmé. Il a publié une carte de la bande de Gaza sur son réseau, Truth Social, et sommé le mouvement islamiste d’accepter une première ligne de retrait des forces israéliennes. Cette « ligne jaune » laisse à l’armée le contrôle de la moitié du territoire et de la frontière égyptienne, mais lui enlève le corridor de Netzarim, qui isole la ville de Gaza du sud de l’enclave.
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Bruno Retailleau et Sébastien Lecornu, alors ministre de l’intérieur et ministre des armées, à l’Elysée, à Paris, le 16 juillet 2025. LUDOVIC MARIN/AFP
Depuis la dissolution de juin 2024, le temps politique s’est brutalement accéléré pour défier les lois de la physique. Et de la logique aussi. Dimanche 5 octobre, Les Républicains (LR) sont passés en l’espace de quatre heures d’« une participation exigeante » dans le gouvernement dirigé par Sébastien Lecornu – où il disposait de cinq portefeuilles sur dix-huit – au déclenchement d’une crise politique inédite. « La composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise », avait dénoncé Bruno Retailleau à 21 h 22, sur X. Une déclaration qui a créé une véritable déflagration politique aboutissant, lundi matin, à la démission de Sébastien Lecornu.
Dimanche en fin de journée, le président de LR était pourtant reconduit au ministère de l’intérieur. Comment un ministre peut-il dénoncer le casting du gouvernement auquel il appartient ? « On n’est pas le flotteur droit de la Macronie », souffle-t-on dans son entourage.
Tout s’est cristallisé autour de la nomination de deux anciennes figures de la droite passées au macronisme, Bruno Le Maire comme ministre des armées et Eric Woerth comme ministre de l’aménagement du territoire. Les deux hommes incarneraient le « macronisme du passé », selon le député des Hauts-de-Seine, Jean-Didier Berger.
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Dans un message sur X, Marc Fesneau, président du groupe MoDem à l’Assemblée, écrit : « J’ai honte de notre vie politique. Je veux, ici, dire les choses telles qu’elles sont. L’irresponsabilité individuelle, les ambitions présidentielles et les petits calculs mesquins sont en train de faire sombrer le pays dans le chaos. Au bout, les seules victimes seront les Français. J’ai honte de voir tout cela étalé devant les yeux de nos concitoyens, qui peuvent légitimement être en colère. J’ai honte devant les conséquences à venir, s’il n’y a pas de sursaut, car elles frapperont d’abord les plus modestes et les plus fragiles. Maintenant, que ceux qui refusent ce chaos, qui ne se résolvent pas à l’impuissance, qui aiment notre pays par-dessus toute autre considération, se parlent enfin et vraiment. »
Il ajoute : « Je prendrai personnellement toute ma part pour faire vivre ce dialogue indispensable pour parvenir à des solutions pour le pays. Nous, au MoDem et au groupe parlementaire Les Démocrates, nous ne dévierons pas de nos responsabilités. Nous ne renoncerons pas et nous jetterons toutes nos forces dans cette bataille pour trouver un compromis historique pour la France. »
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, à Matignon, à Paris, le 3 octobre 2025. CYRIL BITTON/DIVERGENCE POUR « LE MONDE »
Une implosion spectaculaire. Il est 21 h 22, dimanche 5 octobre, quand Bruno Retailleau, le ministre de l’intérieur, reconduit pour la troisième fois en un an Place Beauvau, sonne la charge contre Sébastien Lecornu et l’équipe gouvernementale fraîchement nommée et dont il fait officiellement partie. « La composition du gouvernement ne reflète pas la rupture promise »,critique le président du parti Les Républicains (LR) sur le réseau social X, créant ainsi une crise inédite. Le courroux du ministre de l’intérieur s’explique par la nomination surprise de l’ancien ministre de l’économie Bruno Le Maire (2017-2024) au ministère des armées.
Pour les LR, son retour au gouvernement sonne comme un double affront. Il est perçu comme le symbole de la dérive des finances publiques et du recyclage de personnalités politiques décrié par l’opinion. Autre circonstance aggravante : le premier ministre, Sébastien Lecornu, n’a pas daigné informer Bruno Retailleau du retour de cette figure tutélaire du macronisme malgré leur entrevue d’une heure quarante sollicitée par le ministre de l’intérieur, dimanche en fin d’après-midi, peu avant l’annonce du gouvernement.
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