Laszlo Krasznahorkai, à Rome, en juillet 2025. FRANCO ORIGLIA/GETTY IMAGES
Si l’œuvre du Hongrois Laszlo Krasznahorkai, récipiendaire du prix Nobel de littérature 2025, s’impose par elle-même comme l’une des plus importantes aujourd’hui, cette distinction témoigne aussi, après la même récompense accordée à la Polonaise Olga Tokarczuk (2019), du dynamisme de la fiction est-européenne.
Très connue dans le monde anglo-saxon où Laszlo Krasznahorkai avait reçu, dès 2015, le prestigieux prix international Booker, considéré comme l’antichambre du Nobel, cette œuvre a eu en France une réception plus tardive et fragmentaire. Ainsi le premier livre qui avait imposé Kraszanahorkai sur la scène de son pays en 1985, Le Tango de Satan, n’a-t-il été traduit qu’en 2000 (chez Gallimard). La continuité de son accueil dans l’Hexagone doit beaucoup à la ténacité et à l’enthousiasme de petits éditeurs, en particulier Cambourakis, qui a fait paraître, entre autres, en version française Seiobo est descendu sur terre(2018), Le baron Wenckheim est de retour (2023) et Petits travaux pour un palais(2024), dans les excellentes traductions de Joëlle Dufeuilly.
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Bonjour, et merci pour ce live qui dure depuis, malheureusement, bien trop longtemps, Selon M. Poutine : « Les deux missiles qui ont été tirés n’ont pas touché directement l’avion (…), mais ont explosé, peut-être par autodestruction, à quelques mètres, environ 10 mètres ». N’est ce pas la méthode « normale » de fonctionnement des missiles anti-aérien ? (d’exploser a proximité de leur cible) Je ne comprend pas la justification qui est faite. Merci à vous
Kira
Après la destruction de l’appareil, les relations entre la Russie et l’Azerbaïdjan avaient connu un froid. Ilham Aliev avait exigé que Vladimir Poutine punisse les responsables de l’attaque, communique les causes de la catastrophe au public et verse des compensations aux familles des victimes. Le président russe avait présenté des excuses, admettant des tirs russes au moment du drame, mais sans reconnaître directement une responsabilité russe, alors que Bakou réclamait une reconnaissance complète de la faute de la Russie.
Peu après le crash, un ancien expert du Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) avait déclaré à l’Agence France-Presse qu’il avait « quand même beaucoup d’éclats de shrapnel », soit des fragments issus d’une explosion. Selon cet expert, qui témoignait de façon anonyme, cela « rappelle le MH17 », un Boeing de la Malaysia Airlines abattu par un missile sol-air au-dessus de l’Ukraine en 2014, faisant 298 morts.
Le 27 décembre, le New York Times a rapporté que les enquêteurs azéris pensaient qu’un système de défense aérienne russe Pantsir-S1 avait endommagé l’avion avant son crash, le 4 février, Reuters avait expliqué que les enquêteurs avaient retrouvé un fragment d’un missile Pantsir-S russe à l’intérieur du fuselage.
Une photo de la dérive de l’Embraer 190 de l’Azerbaijan Airline montrant des impacts de shrapnel. ISSA TAZHENBAYEV / AFP
Jeudi, le président russe a donné une explication alambiquée : il a évoqué la présence de drones ukrainiens, et surtout expliqué le retard dans la reconnaissance de la responsabilité russe par le fait qu’il n’avait été informé des causes de la catastrophe de l’avion que l’avant-veille. Il a déclaré qu’avant la rencontre avec Aliev il avait appelé Moscou pour demander s’il y avait des détails supplémentaires sur l’enquête du crash de l’avion, ajoute l’agence officielle TASS.
Il a promis à M. Aliev des compensations et une enquête sur les décisions de toutes les personnes impliquées. Ilham Aliev l’a remercié de « suivre personnellement cette affaire » et s’est félicité du « développement positif » des relations entre Moscou et Bakou.
Après le crash, les autorités azerbaïdjanaises avaient fermé les locaux d’un média d’Etat russe en Azerbaïdjan et procédé à des arrestations de Russes. La Russie avait, de son côté, procédé à des arrestations au sein de la diaspora azerbaïdjanaise. Un autre point de tension majeur dans les relations entre les deux pays était le meurtre de deux ressortissants azerbaïdjanais en juin à Iekaterinbourg.
Arnaud Demare, au départ de la classique Milan-San Remo, le 18 mars 2023, à Abbiategrasso (Italie). MARCO BERTORELLO / AFP
Paris-Tours, dimanche 12 octobre, sera sa dernière course. Le cycliste français Arnaud Démare a annoncé, jeudi, dans un message sur les réseaux sociaux, qu’il mettait un terme à sa carrière à l’issue de la saison. « L’heure est venue », écrit le Picard de 34 ans, qui peut se targuer de 97 victoires chez les professionnels, dont huit étapes du Tour d’Italie (en 2019, 2020 et 2022), deux du Tour de France (en 2017 et 2018) et un Milan-San Remo (en 2016), l’un des cinq Monuments – les épreuves d’un jour les plus prestigieuses du calendrier.
C’est le troisième plus grand total de succès pour un coureur en activité, derrière le Slovène Tadej Pogacar (107) et le Norvégien Alexander Kristoff (98), qui, lui aussi, a fait savoir, le 4 octobre, qu’il raccrochait. « J’ai commencé le vélo à 6 ans. J’ai eu la chance de vivre mon rêve, de gagner de grandes courses et de représenter fièrement le cyclisme français au plus haut niveau, retrace le sprinteur. Jamais je n’imaginais réaliser tout ça. »
Avec Arnaud Démare, c’est une autre figure tricolore de la discipline qui tire sa révérence, après les adieux, à la fin de 2023, de Thibaut Pinot – longtemps son coéquipier chez Groupama-FDJ – et de Romain Bardet, en juin. Après douze années au sein de l’équipe FDJ de Marc Madiot, le Picard porte depuis août 2023 les couleurs de la formation Arkéa-B & B Hôtel, menacée de disparition faute de financement.
« J’ai été baigné dans cette passion en famille, et c’est elle qui m’a porté toutes ces années. Je suis fier de mon parcours et profondément reconnaissant envers ma famille, mes équipes, mes supporteurs. Mais la compétition restera toujours en moi. Vous me verrez encore avec un dossard, dans le sport en général, pour le plaisir, tout simplement », conclut-il son message.
Arnaud Démare, qui n’a toujours pas levé les bras cette saison – une première depuis ses débuts professionnels, en 2012 – terminera donc sa carrière dimanche, à Tours, sur une épreuve qu’il connaît bien pour l’avoir déjà remportée à deux reprises, en 2021 et 2022. Peut-être une occasion de boucler la boucle de la plus belle des manières.
En tant que juriste ultramarin, j’ai vu des mots blesser autant que des lois. « Métropole » en est un. Ce terme, toujours en vigueur dans nos textes officiels, perpétue une vision hiérarchisée de la France, où l’outre-mer serait une périphérie secondaire. Pourtant, notre Constitution proclame une République « une et indivisible ».
Comment concilier cet idéal avec un vocabulaire qui, lui, distingue et exclut ? Il est temps de remplacer « métropole » par « Hexagone » – un changement symbolique, mais nécessaire, pour afficher l’égalité de tous les territoires.
Car « métropole » n’est pas neutre. Le Petit Robert le définit comme « le territoire d’un Etat par rapport à ses colonies ». En 2025, cette définition sonne comme un anachronisme douloureux. Employer ce mot pour désigner la France continentale, c’est prolonger une logique postcoloniale : celle d’une nation divisée entre un centre dominant et des territoires relégués au rang de marges. Les conséquences sont tangibles.
Selon l’Observatoire des inégalités, en 2023, 32 % des ultramarins déclarent avoir subi des discriminations, un chiffre qui grimpe à 33 % pour ceux résidant en « métropole ». Pire : une enquête du Défenseur des droits de 2019 révèle que 40 % des ultramarins estiment être traités défavorablement dans l’accès aux services publics ou à l’emploi. Des refus de scolarisation, des difficultés administratives systématiques… Un mot peut sembler léger, mais il légitime une hiérarchie inacceptable.
La France à la traîne
La France n’est pas pionnière en la matière. Le Royaume-Uni a abandonné « colonie » pour « territoire britannique d’outre-mer » dès 2002, supprimant toute connotation hiérarchique. L’Espagne a intégré les Canaries et les Baléares comme « communautés autonomes » à part entière, sans distinction de statut. Quant aux Pays-Bas, ils ont réorganisé leur structure étatique en 2010 : Aruba et Curaçao sont désormais des « pays autonomes », et Bonaire est une municipalité spéciale au sein du royaume des Pays-Bas, sans référence à une « mère patrie ».
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Une raffinerie de pétrole dans le désert, vers Shubaytah (Arabie saoudite), le 12 janvier 2024. PATRICK HERTZOG/AFP
L’Arabie saoudite serait-elle prête à laisser dégringoler les cours du pétrole ? Dimanche 5 octobre, à l’issue d’une réunion virtuelle, huit membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés (OPEP+) ont annoncé leur intention d’augmenter encore leurs quotas de production. A partir du mois de novembre, 137 000 barils par jour en plus seront remis sur le marché. Mené par le royaume wahhabite, ce groupe comprenant également la Russie et les Emirats arabes unis (aux côtés du Koweït, de l’Algérie, de l’Irak, du Kazakhstan et d’Oman) poursuit ainsi la stratégie d’ouverture des vannes amorcée depuis plusieurs mois.
Au rythme où ces huit pays rehaussent leur production, la raréfaction de l’offre à laquelle le cartel s’était volontairement soumis entre fin 2022 et fin 2024, dans l’optique de soutenir les prix, pourrait bientôt n’être qu’un lointain souvenir. En mars, cette « OPEP + 8 » – comme la surnomment certains analystes – avait annoncé vouloir remettre sur le marché un volume de 2,2 millions de barils par jour en un an et demi. Une cible finalement atteinte en six mois seulement. Il s’agit désormais d’organiser le retour progressif de 1,65 million de barils quotidiens ayant eux aussi fait l’objet de restrictions de quotas. Quitte à nourrir une surabondance de l’offre de pétrole qui pourrait tirer les cours vers le bas.
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Juillet 1984, 71e tour – Dustin Hoffman avant le départ du peloton en direction de Guzet-Neige (Pyrénées ariégeoises). PRESSE SPORTS
Tous ne l’ont pas reconnu. Certains ont hésité. D’aucuns se sont étonnés. Et quelques rares autres se sont agacés. A la sortie de l’Hôtel Continental de Pau, où il vient de passer la nuit, une vieille dame l’a même houspillé car il gênait son passage. Que diable l’acteur américain Dustin Hoffman fait-il dans la cité paloise, en cette matinée du 9 juillet 1984 ? Casquette vissée sur le crâne, carte d’accréditation plastifiée de couleur verte suspendue autour du cou, sourire aux lèvres, le célèbre comédien promène sa silhouette relâchée au milieu du brouhaha de la caravane du Tour de France.
Ce matin-là, au pied du vieux château du roi Henri de Navarre cerné par les sommets des Pyrénées béarnaises, le ciel est gris. Dans une petite heure, le peloton s’élancera en direction de Guzet-Neige, point d’arrivée de la 11e étape de ce 71e Tour de France, sur les hauteurs des Pyrénées ariégeoises. Dustin Hoffman est arrivé la veille. Il est en repérage. Depuis 1975, un autre Américain, le metteur en scène Michael Cimino, travaille à l’adaptation cinématographique de The Yellow Jersey,un roman de l’écrivain américain Ralph Hurne écrit en 1973. En cet été 1984, Dustin Hoffman, qui fêtera ses 47 ans au mois d’août, figure au nombre des acteurs stars d’Hollywood. Oscarisé une première fois en 1980 pour sa performance dans Kramer contre Kramer,l’acteur mis en lumière par Le Lauréat en 1967 est au faîte de sa carrière.
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Gisèle Pelicot à la sortie du tribunal d’Avignon, le 17 septembre 2024. CHRISTOPHE SIMON/AFP
Un an plus tard, c’est la même affaire, mais ce ne sera pas la même audience. Le procès en appel des viols de Mazan, qui s’ouvre lundi 6 octobre devant la cour d’assises d’appel du Gard, à Nîmes, n’aura pas grand-chose à voir avec la déflagration mondiale qu’avait été celui de première instance devant la cour criminelle du Vaucluse, à Avignon, fin 2024.
Il s’agit cette fois du procès d’un viol de Mazan. Des 51 accusés d’Avignon, tous déclarés coupables, le 19 décembre 2024, de viol, tentative de viol ou agression sexuelle au préjudice de Gisèle Pelicot, et tous condamnés à des peines allant de trois ans partiellement assortis du sursis à vingt ans ferme, 17 avaient fait appel. Au fil des mois, tous se sont désistés, sauf un. Husamettin Dogan va comparaître seul, pendant trois jours et demi et non trois mois et demi, devant un jury de citoyens tirés au sort et non devant une cour de magistrats professionnels, qui entendra Dominique Pelicot comme simple témoin : « Mazan 2 » ne sera pas « Mazan 1 ».
Pour autant, cela ne sera pas, cela ne peut pas être, un procès de viol comme les autres. Une centaine de journalistes ont été accrédités pour ce qui sera la première apparition publique de Gisèle Pelicot depuis le verdict d’Avignon. Sollicitée de toutes parts dans la foulée de l’audience, qui a fait d’elle une icône du féminisme, elle a fermé toutes les portes et renoncé à tous les hommages pour réserver, fidèle à sa ligne de conduite, sa parole à la justice, en attendant la sortie de son livre en février 2026 (Et la joie de vivre, Flammarion).
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Roland Lescure, alors ministre délégué à l’industrie et à l’énergie, à l’Elysée, à Paris, le 3 juillet 2024. LUDOVIC MARIN/AFP
Sur la photo du nouveau gouvernement qui ne tardera pas à être prise, il sera le grand absent. Pas seulement à cause de sa taille, 1,91 mètre, qui le rendait repérable de loin. Des principaux ministres de l’équipe de François Bayrou, Eric Lombard est surtout l’un des seuls à ne pas être repris dans celui de Sébastien Lecornu, dont la composition a été dévoilée, en partie, dimanche 5 octobre.
Après neuf mois passés à Bercy, sa première expérience de ministre, dont un mois à expédier les affaires courantes, l’ancien patron de la Caisse des dépôts et consignations est écarté au profit de Roland Lescure, 58 ans, une figure de l’aile gauche du camp Macron, actuel député (Renaissance) de la première circonscription des Français de l’étranger. Amélie de Montchalin est confirmée comme ministre chargée des comptes publics.
Le sort d’Eric Lombard, 67 ans, paraissait scellé depuis la passation de pouvoirs entre François Bayrou et Sébastien Lecornu, le 10 septembre. « Il va falloir des ruptures, et pas que sur la forme, et pas que dans la méthode, des ruptures aussi sur le fond », avait alors déclaré le nouveau premier ministre sur le perron de l’hôtel Matignon. Comment parler de « ruptures » et garder le même ministre de l’économie et des finances, celui qui, par sa fonction, incarnait le projet même qui a valu sa chute au gouvernement Bayrou : le budget 2026 ?
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Lors du départ à Barcelone d’une partie de la flotille, le 31 août 2025. LLUIS GENE / AFP
Un groupe de 28 ressortissants français, qui se trouvaient à bord de la flottille d’aide à Gaza interceptée cette semaine par Israël, sera expulsé, lundi 6 octobre, à destination de la Grèce, a annoncé, dimanche, le ministère des affaires étrangères français.
« Après une première visite consulaire vendredi (…) une seconde visite consulaire a eu lieu ce dimanche à la prison de Ktziot. Nos équipes ont pu rencontrer tous nos compatriotes, qui vont bien », a ajouté, sur X, le porte-parole du ministère, Pascal Confavreux. « Elles poursuivent un suivi individuel et restent en contact étroit avec leurs familles pour leur rendre compte de la situation et des messages transmis par leurs proches », ajoute-t-il.
Au total, 30 Français de la flottille internationale Global Sumud ont été arrêtés. Celle-ci comptait quelque 45 navires et des centaines de militants désireux d’apporter de l’aide humanitaire.
Sur les 28 évoqués par le Quai d’Orsay, « certains sont enregistrés sous d’autres nationalités (américaine, suédoise, tunisienne ou turque). La liste précise des passagers sera transmise demain matin », selon le porte-parole.
Dimanche, La France insoumise (LFI) s’est inquiétée d’être sans nouvelles de quatre de ses élus qui faisaient partie de la flottille : les députés François Piquemal et Marie Mesmeur, les eurodéputés Rima Hassan et Emma Fourreau. « Il s’agirait pour la France d’enfin agir », a lancé l’eurodéputée « insoumise » Manon Aubry sur Franceinfo.
Pour la diplomatie française, la « priorité demeure le retour en France de nos ressortissants dans les meilleurs délais », assure son porte-parole.
« Ils nous ont frappés, traînés par terre »
Un premier groupe de 21 Espagnols parmi les 49 à bord de la flottille ont atterri, dimanche, à l’aéroport de Madrid, où ils ont affirmé avoir été maltraités et humiliés pendant leur détention.
« Les mauvais traitements physiques et psychologiques ont été répétés pendant tous ces jours. Ils nous ont frappés, traînés par terre. Ils nous ont bandé les yeux. Ils nous ont ligoté les pieds et les mains », a déclaré aux journalistes Rafael Borrego, l’un des membres de la flottille.
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Le ministre des affaires étrangères espagnol, José Manuel Albares, avait annoncé au cours de la matinée qu’un accord avait été conclu avec Israël pour qu’un premier groupe de 21 militants espagnols puisse rentrer par avion dimanche. Ils ont tous accepté de signer un document dans lequel ils reconnaissent être entrés illégalement en Israël, a dit M. Albares. Les 28 autres ont pour l’instant refusé de le faire et devraient donc rester en détention plus longtemps, a expliqué le député européen et avocat Jaume Asens, à la télévision publique.
De même, les quatre militants portugais qui ont participé à la flottille devaient arriver à Lisbonne dimanche soir, a fait savoir le ministère des affaires étrangères portugais.
L’ancienne maire de Barcelone de retour en Espagne
La flottille Global Sumud est partie de Barcelone au début du mois de septembre avec pour objectif de rompre le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, et de livrer de l’aide humanitaire au territoire palestinien. Mais elle a été interceptée cette semaine par la marine israélienne.
Parmi les membres de la flottille, composée de militants de tous pays, à l’instar de la Suédoise Greta Thunberg ainsi que de différentes personnalités politiques, figure notamment l’ancienne maire de Barcelone, Ada Colau, qui est rentrée dimanche soir dans la capitale catalane. L’Espagne est l’une des voix les plus critiques en Europe contre l’offensive militaire d’Israël à Gaza, lancée en réponse aux attaques du 7 octobre 2023 par le Hamas.
Des centaines de militants à bord des bateaux de la flottille ont été arrêtés par les forces israéliennes et attendent d’être expulsés. Parmi eux, 137 militants de 13 pays se sont envolés samedi pour Istanbul.
La santé mentale a été déclarée « grande cause » nationale de l’année 2025. Cela nous invite à penser conjointement le soin, le vivre-ensemble et la santé comme un enjeu global. La « pair-aidance », concept peu connu du grand public, est une voie prometteuse pour y parvenir.
La personne « pair-aidante » a vécu dans sa chair la maladie : elle a acquis un savoir à partir de son expérience et choisit de le mettre au service d’autres personnes dans leur parcours de soins. Il s’agit d’un savoir dit « expérientiel », spécifique, que ni les livres ni les diplômes ne peuvent remplacer. Longtemps disqualifiée ou reléguée aux marges, la pair-aidance trouve aujourd’hui une légitimité nouvelle. Elle ne prétend pas remplacer l’expertise médicale, elle vient la compléter efficacement, la réhumaniser souvent et surtout l’interroger.
Des formes officielles de pair-aidance existent depuis les années 1930 avec les Groupes d’entraide mutuelle (GEM), les Alcooliques anonymes ou encore les mouvements d’émancipation psychiatrique des années 1970. Ces pionniers revendiquaient une liberté de choix et d’action, et refusaient d’être réduits à leur diagnostic. La pair-aidance ne vise pas seulement à « aider » : elle transforme les regards, déstigmatise et redonne un pouvoir d’agir, là où il avait été longtemps confisqué.
Dans les années 2010 en France, notamment avec le programme des « médiateurs de santé pairs », la pair-aidance entre dans les institutions de façon plus visible. La pair-aidance peut être bénévole ou professionnelle, et repose sur une double compétence : le savoir expérientiel et l’acquisition de connaissances théorico-pratiques par le biais de formations. Autrement dit, elle allie le savoir subjectif au savoir objectif, dans une démarche de coopération active avec les équipes de soin.
Savoirs subjectifs et expérientiels
Le monde du soin est fragilisé par des problèmes structurels et économiques, les déserts médicaux mais aussi par l’augmentation des maladies chroniques et l’explosion démographique du grand âge qui va s’accentuer vers 2030-2050 avec les mamies et les papys boomers. La place que l’on accordera à la pair-aidance, notamment dans les territoires, sera cruciale – sans oublier la question du financement de ce salariat.
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