Deux jeunes agentes administratives du tribunal judiciaire de Marseille ont été mises en examen, vendredi 5 décembre, a appris Le Monde, mardi 9 décembre, pour la consultation illégale de fichiers que l’une d’elles monnayait à un interlocuteur proche de la DZ Mafia. Toutes les deux travaillent dans un service civil du tribunal et leur implication, à ce stade des investigations, apparaît bien différente. Occasionnel pour l’une, le recours aux fichiers semble beaucoup plus massif et lucratif pour l’autre.
La juge d’instruction a d’ailleurs placé la première sous contrôle judiciaire avec une interdiction professionnelle d’exercer. Pour la seconde, le parquet de Marseille avait requis le placement en détention, mais le juge des libertés et de la détention a fait le choix d’un contrôle judiciaire strict lui interdisant de fréquenter le palais de justice de Marseille et lui fermant la porte à tout emploi au sein des ministères de la justice, de l’intérieur et de la défense. Le procureur de la République a fait appel de ce refus de placement sous mandat de dépôt, une éventualité qu’examinera très prochainement la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).
Mise en examen pour des délits de détournement de la finalité de traitement de données à caractère personnel mais aussi de violation du secret professionnel, du secret de l’enquête et de l’instruction révélés à une personne susceptible d’être inquiétée, cette deuxième agente vacataire aurait procédé à la consultation de divers fichiers sur une cinquantaine de profils, dont huit liés à des affaires d’assassinat.
L’enquête a établi des liens avec un ex-petit ami qui, s’il n’est connu que pour des violences conjugales, est le cousin de Mehdi Laribi, alias « Tic », présenté par la police judiciaire comme le patron de la DZ Mafia. Il est également ami avec un narcotrafiquant de premier plan, en fuite à la suite d’une permission de sortie. Ce jeune homme a été mis en examen notamment pour corruption passive et association de malfaiteurs. Alors qu’il a été placé sous contrôle judiciaire en dépit de réquisitions d’un mandat de dépôt, le parquet là encore a fait appel.
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« Relativité » (1953), de M.C. Escher. THE M.C. ESCHER COMPANY/THE NETHERLANDS
Maurits Cornelis Escher (1898-1972), qui bénéficie de sa première grande exposition en France, à la Monnaie de Paris, où sont réunies plus de 170 œuvres, est un ovni. L’histoire de l’art le néglige : pensez donc, un presque contemporain de Pablo Picasso – lequel, avec le cubisme, fit exploser la vision classique de l’espace – qui consacre sa vie à l’étude de la perspective ! Mais il fascine les scientifiques, notamment les mathématiciens. C’est l’un d’entre eux, Federico Giudiceandrea, qui est commissaire de l’exposition, à laquelle il a souhaité associer Jean-Hubert Martin, ancien directeur du Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, histoire de rappeler qu’Escher fut aussi un artiste.
« Il n’a jamais eu une exposition personnelle à Paris, dit Jean-Hubert Martin. Il a fallu quinze ans pour convaincre une institution de l’accepter, c’est quand même sidérant. On a eu des refus systématiques, y compris de la Réunion des musées nationaux. Paradoxalement, je crois que ce qui gêne, c’est qu’il est populaire ! Mais aussi qu’une des règles dogmatiques de la modernité, c’est que désormais la surface, abstraite ou figurative, doit être plane, elle ne joue surtout plus avec la perspective. Ceux qui utilisent la perspective sont des vieux cons. Et lui ne fait que ça. »
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La scène se déroule en février, au foyer Jenner, dans le 13e arrondissement de Paris, un établissement géré par l’association Jean-Cotxet, qui accueille des mineurs confiés à la protection de l’enfance. Filmée par un autre éducateur, la vidéo a été partagée sur un groupe WhatsApp d’éducateurs professionnels.
Lorsque la vidéo du petit garçon est diffusée sur ce fil de discussion, auquel FranceInfo a aussi eu accès, incompréhension et indignation fusent. « Vous êtes fous. On est en plein hiver, il va avoir super froid », réagit un participant, tandis qu’un autre écrit : « Si c’est pas une blague, c’est très très grave. » A un collègue qui lui demande s’il s’agissait d’une demande de l’enfant, l’une des éducatrices répond : « C’est une sanction. »
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Séance d’ouverture de la 7ᵉ Assemblée des Nations unies pour l’environnement, à Nairobi, le 8 décembre 2025. MONICAH MWANGI / REUTERS
La frontière entre science et politique est plus que jamais ténue, sous l’effet de coups de boutoir de certains pays qui tentent de mettre l’expertise au pas. Le dernier exemple en date remonte à mardi 9 décembre, lorsque l’Organisation des Nations unies (ONU) a publié son rapport phare sur l’avenir de l’environnement.
Cette somme de plus de 1 000 pages, qui paraît tous les six ans environ, n’a pas été assortie de son traditionnel « résumé à l’intention des décideurs ». Une poignée d’Etats, dont les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’Iran, se sont opposés à la publication de ce texte d’une trentaine de pages qui doit éclairer leurs actions. Une première depuis le début de cette publication en 1997. Et un incident révélateur des difficultés actuelles du multilatéralisme environnemental.
Le rapport Global Environment Outlook, publié par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), a été rédigé par 287 scientifiques de 82 pays. Il constitue la synthèse la plus complète de l’état de l’environnement, de l’efficacité des politiques et des actions possibles pour tenir les objectifs en la matière.
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Usine Nexperia, à Dongguan (Chine), le 7 novembre 2025. MAXIM SHEMETOV / REUTERS
Même si la Chine a levé, en novembre, une partie de son interdiction d’exportation vers l’Europe de composants électroniques de la société Nexperia, son conflit avec les Pays-Bas n’est visiblement pas réglé. Pour preuve la récente parution, sur un site en langue chinoise, de l’identité d’agents néerlandais des services de renseignements civils (AIVD) et militaires (MIVD).
En octobre, Vincent Karremans, le ministre de l’économie néerlandais, avait décidé de prendre le contrôle de Nexperia, une entreprise établie à Nimègue (Pays-Bas) et détenue par le groupe chinois Wingtech. Le ministre évoquait de « graves manquements de gouvernance » et une « menace pour la continuité des capacités technologiques critiques sur le sol européen ». Pékin avait protesté en bloquant les exportations de puces vers l’Europe, créant la panique dans les secteurs de l’électronique et de l’automobile, dépourvus de stocks et risquant une pénurie de composants indispensables pour la production.
Face à une situation rapidement devenue critique, les Pays-Bas ont prôné l’apaisement et entamé un dialogue avec Pékin, en vue de dégager « une solution constructive », et suspendu la prise de contrôle de Nexperia le 19 novembre. L’affaire n’est pas totalement réglée et, manifestement, la Chine n’a pas renoncé à riposter.
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Un employé du groupe ACI accroche une banderole sur une clôture, lors d’un rassemblement devant le tribunal de commerce de Lyon, le 9 décembre 2025. OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Le tribunal des affaires économiques de Lyon a accordé mardi 9 décembre un nouveau sursis, d’une semaine, au groupe ACI, repreneur en série de sites industriels, lui-même en redressement judiciaire, laissant encore en suspens le sort de quelque 1 300 salariés.
Pour la holding, le tribunal a renvoyé son jugement au 16 décembre, ont annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) les avocats de son cofondateur et actionnaire majoritaire, Philippe Rivière, après trois heures d’audience à huis clos.
Devant ce même tribunal, le 25 novembre, M. Rivière s’était engagé à trouver « les fonds suffisants » pour la sauver. Juste avant l’ouverture de l’audience, ses avocats ont présenté une nouvelle proposition de refinancement sans en révéler la teneur. « Nous avons une ou deux propositions de refinancement qui nous permettraient déjà de financer la période d’observation. Et le tribunal – et le procureur, qui est allé dans le même sens – les a prises suffisamment au sérieux pour nous accorder ce délai de respiration », a déclaré à l’AFP Me Jean-Marie Chanon. Se disant « optimiste », Philippe Rivière a assuré qu’il avait proposé des « solutions pérennes et de long terme » pour sauver son groupe et ses salariés.
En revanche, la juridiction commerciale, qui examinait en parallèle la situation de plusieurs filiales du groupe, en a placé au moins quatre nouvelles en redressement a indiqué la CGT au Monde, toutes dans la Loire (AMM42 à Champdieu, MCA à Roche-la-Molière, Somer et MDV à La Ricamarie). Selon la même source, il a également prononcé la liquidation de Tôle et Design à Saint-Etienne, avec trois mois de continuation.
Ces procédures viennent s’ajouter à celles déjà ouvertes pour une quinzaine de sociétés du groupe depuis le passage en redressement de la holding en septembre. Selon le bulletin officiel des annonces civiles et commerciales (Bodacc), sont déjà en redressement judiciaire LBY Meca à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Lorentz à Isle-lès-Villenoy (Seine-et-Marne), Lacroix-Poncet à Marignier (Haute-Savoie), Molliex Frères à Thyez (Haute-Savoie), MPM et ACI D & N à Saint-Pierre-en-Faucigny (Haute-Savoie), MPR à Scionzier (Haute-Savoie), Roche Mecatech (RMT) à Roche-la-Molière (Loire), SDML à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), Pôle mobilité à Saint-André-lez-Lille (Nord), New Effigear à Maclas (Loire), ce qui représenterait au total près de 300 salariés.
Et cinq petites sociétés ont déjà été liquidées : SV Industries et Vissal Manufacturing à Saint-Vit (Doubs), Qarboon à Clermont-Ferrand, Berthier-Alpes à La Bâthie (Savoie) et ACI Maintenance à Roche-La-Molière (Loire), représentant au total une soixantaine de salariés.
« Boulimie »
Après plusieurs promesses non tenues de la part de cet homme également visé par une enquête pénale pour des soupçons de malversations et d’abus de bien sociaux, les juges risquent de se montrer méfiants, et la menace de liquidation de la holding n’est pas levée. Les syndicats n’ont pas plus confiance en leur patron, déchu du mandat de gestion de sa société, confiée à des administrateurs judiciaires.
Philippe Rivière « achetait, achetait, achetait, avec boulimie » et « siphonnait les trésoreries des entreprises pour pouvoir se repositionner en sauveur », assène Fabrice Fort, coordinateur de la CGT Métallurgie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui parle d’un « Bernard Tapie bis ».
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Devant le tribunal de Lyon, où la CGT avait organisé une manifestation, le syndicaliste accuse aussi l’Etat d’être « responsable » de la situation, « avec le scandale des aides publiques accordées à ce genre de montage avec nos impôts, sans contrepartie, sans contrôle, sans transparence ».
Créé en 2019 par Philippe Rivière et Patrice Rives, ACI Group a racheté très rapidement une trentaine d’entreprises, sous-traitantes de grandes entreprises de la défense, de l’aéronautique et du nucléaire civil. Son patron, friand des médias et des réseaux sociaux, se posait volontiers en défenseur de la « souveraineté industrielle française ».
Une dette de 55,7 millions d’euros
Selon Bercy, la holding ACI Group, qui a réalisé un chiffre d’affaires de 120 millions d’euros en 2024, compte à ce jour 33 entités et 1 327 salariés. Mais ses comptes sociaux font état d’une dette de 55,7 millions d’euros.
Le ministre de l’économie, Roland Lescure, qui suit de près ce dossier, a promis que l’Etat se pencherait sur « toutes les filiales, les unes après les autres », dont certaines « vont bien », et d’autres, « moins bien », pour « tenter de trouver des repreneurs ».
La CGT a accusé mardi, lors d’un point presse à Paris, le gouvernement et la Banque publique d’investissement (BPI) de « dérouler le tapis rouge aux fonds vautours » pour reprendre les entreprises industrielles en difficulté. Le syndicat a dressé un état des lieux des plans sociaux dans l’industrie, et sa secrétaire générale, Sophie Binet, a énuméré les exemples de projets de reprise d’entreprises industrielles en proie à des difficultés, comme l’aciériste Novasco (ex-Ascometal), où plus de 500 emplois vont être supprimés.
Des piétons traversent un pont à Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, le 9 décembre 2025. AFP
Le M23 soutenu par le Rwanda et son armée a pénétré mardi 9 décembre dans les faubourgs d’Uvira, ville stratégique de l’est de République démocratique du Congo (RDC) située aux portes du Burundi voisin, mettant à mal un accord « pour la paix » récemment entériné sous les auspices de Washington.
Cette nouvelle percée du groupe armé antigouvernemental M23, qui affirme défendre les intérêts des populations tutsi de la région, survient près d’un an après l’offensive éclair qui lui avait permis avec ses alliés rwandais de s’emparer entre janvier et février des deux grandes villes de l’est de la République démocratique du Congo (RDC), Goma et Bukavu.
Depuis mars, le front s’était relativement stabilisé et des pourparlers avaient été engagés ces derniers mois. Jeudi, le président congolais, Félix Tshisekedi, et son homologue rwandais, Paul Kagame, ont ratifié à Washington un accord visant à mettre un terme au conflit et qualifié de « miracle » par le président américain, Donald Trump.
L’accord, dont la mise en œuvre s’annonçait déjà difficile lorsqu’il avait été conclu en juin, prévoit une contrepartie économique promettant d’assurer à l’industrie de pointe américaine un approvisionnement en minerais stratégiques. L’Est congolais, région frontalière du Rwanda en proie à des conflits depuis trente ans, est riche en ressources naturelles.
Mardi soir, au terme d’une avancée rapide, des combattants du M23 soutenus dans l’est de la RDC par 6 000 à 7 000 soldats rwandais, selon des experts de l’ONU, sont entrés par le nord de l’agglomération d’Uvira, d’après des sources sécuritaires et militaires.
« Le M23 est venu en larguant des bombes », a dit un officier de l’armée congolaise (FARDC), précisant que son unité avait quitté Uvira dans l’après-midi. « Il y a des tirs isolés environ toutes les trente minutes, tout le monde est terré chez soi », a dit à l’Agence France-Presse sous couvert de l’anonymat un représentant de la société civile locale joint par téléphone.
La ville enclavée entre des montagnes et le lac Tanganyka s’est largement vidée au cours de la journée à mesure que le M23 avançait, habitants, soldats, policiers et personnels administratifs fuyant devant la menace. Plus de 30 000 Congolais ont fui les combats et sont arrivés au Burundi en une semaine, selon un responsable administratif local burundais et une source onusienne.
Scènes de chaos
Des colonnes de soldats congolais, dont certains ont abandonné armes et uniformes, ont fui la ville, se dirigeant vers le sud du pays à bord de véhicules réquisitionnés à des civils ou même à pied, selon des sources militaires. D’autres ont tenté d’emprunter un bateau sur le lac, la cohue au port local créant des tensions. Des tirs désordonnés ont été entendus.
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Des scènes de « chaos » dans la ville ont été décrites par plusieurs témoins civils et militaires. Certains FARDC ont pillé magasins et pharmacies sur leur passage, arrachant même des téléphones aux mains des habitants, selon des témoins et des sources militaires. Plusieurs centaines de soldats congolais et burundais avaient déjà quitté les combats lundi et traversé la frontière pour se réfugier au Burundi.
Les Etats-Unis et plusieurs pays européens ont exhorté mardi dans un communiqué commun le M23 et Kigali à cesser « immédiatement » leur offensive en cours. Le M23 et les troupes rwandaises ont lancé l’offensive le 1er décembre, plusieurs sources sécuritaires signalant alors d’« importants mouvements de troupes » avec notamment l’arrivée de renforts rwandais au cours des deux dernières semaines.
Risque d’une crise régionale
Le Burundi, qui entretient des relations houleuses avec le Rwanda depuis des années, est présent dans l’est de la RDC depuis 2023. Avec au départ 10 000 soldats déployés, l’armée burundaise compte actuellement quelque 18 000 hommes sur le sol congolais, selon une source sécuritaire.
Située sur la rive nord du lac Tanganyika, Uvira fait face à la capitale économique burundaise, Bujumbura, les deux villes étant distantes d’une vingtaine de kilomètres. La prise de cette cité par le M23 donne une dimension régionale à la crise et constitue une menace directe aux yeux du Burundi, le coupant totalement du territoire de la RDC.
Le président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, avait été parmi les premiers à mettre en garde, tout comme l’ONU, contre le risque que le conflit dans l’est de la RDC ne tourne en guerre régionale dans les Grands Lacs après l’offensive d’ampleur du M23 en début d’année.
L’Olympique de Marseille s’est imposé face à l’Union saint-gilloise, au stade Lotto Park, à Anderlecht (Belgique), le 9 décembre 2025. YVES HERMAN / REUTERS
L’Olympique de Marseille (OM) poursuit sa belle série européenne. En s’imposant 3-2 face à l’Union saint-gilloise, mardi 9 décembre, les joueurs de Roberto De Zerbi ont signé une troisième victoire dans cette phase de ligue de Ligue des champions. Les Phocéens, déjà vainqueurs de Newcastle le 25 novembre (2-1), remontent à la 16ᵉplace du classement et se rapprochent un peu plus des barrages des huitièmes de finale, objectif accessible aux équipes classées entre la 9ᵉ et la 24ᵉ place.
Pour un OM irrégulier en Ligue 1, ce succès apporte une forme de continuité bienvenue sur la scène européenne. « C’est une victoire importante, a rappelé Mason Greenwood, auteur d’un doublé, au micro de Canal+ après la rencontre. Les supporteurs nous ont poussés jusqu’à la fin. On a encaissé des buts en fin de match, notamment en championnat, mais on a tenu, cette fois, en Ligue des champions. On doit continuer de s’entraîner pour décrocher une place en barrages. »
L’Union saint-gilloise, qui recevait ses adversaires sur la pelouse du Lotto Park, à Anderlecht (Belgique) – son stade, Joseph-Marien, n’est pas homologué par l’Union des associations européennes de football (UEFA) –, avait pourtant rapidement ouvert le score par l’intermédiaire d’Anan Khalaili (1-0, 5ᵉ). Mais les Marseillais, offensifs et rapides lors des phases de transition, ont rapidement égalisé grâce à Igor Paixao (1-1, 15ᵉ). « On a souffert au début, mais on est restés concentrés pour revenir dans le match, a retenu le buteur brésilien, au micro de Canal+. C’était difficile de jouer ici. Le résultat est très important pour le classement mais maintenant, il va falloir enchaîner. »
Deux buts hors-jeu
Après cette entame compliquée, les Phocéens ont retrouvé des repères collectifs et ont su installer un rythme plus stable. Le but du 2-1, inscrit par Mason Greenwood, juste avant la mi-temps (41ᵉ), dans une période où Marseille maîtrisait mieux les transitions, a confirmé ce changement d’allure et replacé l’équipe dans une position plus solide. Au retour des vestiaires, l’attaquant britannique a doublé la mise et offert un peu de répit à ses partenaires (3-1, 58ᵉ).
La fin de match, en revanche, a été beaucoup plus agitée, avec un autre doublé, de Khalaili, pour le club belge. L’Union saint-gilloise a cru revenir à deux reprises, avant que les deux actions ne soient finalement annulées pour hors-jeu. Entre ces alertes, Rulli a multiplié les interventions décisives pour préserver l’avance marseillaise. Le gardien argentin, particulièrement sollicité dans les dernières minutes, a tenu son équipe à flot jusqu’au coup de sifflet final. Cette victoire, difficile mais maîtrisée dans les moments-clés, permet à l’OM de poursuivre son parcours européen avec un peu plus de marge et d’assurance, avant d’affronter Liverpool et Bruges.
Dans le même temps, l’AS Monaco a remporté un succès précieux face à Galatasaray (1-0), grâce à un but de l’attaquant américain Folarin Balogun (68ᵉ). Une victoire qui permet au club du Rocher de remonter à la 18ᵉ place et de rester, lui aussi, dans la course aux barrages. Les joueurs de Sébastien Pocognoli défieront le Real Madrid et la Juventus, les 20 et 28 janvier 2026.
Le gouverneur de la Banque de France estime que le vote en faveur du PLFSS n’est « qu’une étape franchie »
Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a réagi auprès d’Europe 1 au vote de justesse des députés en faveur du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) 2026. « Je relève simplement que c’est une étape franchie », ce n’est « pas du tout la fin de ce chemin », a insisté M. Villeroy de Galhau.
Le gouverneur a aussi rappelé qu’« on ne sait pas aujourd’hui si on va arriver à baisser suffisamment le déficit total ». « On part de 5,4 % du PIB, du poids de notre économie, pour ce déficit total. Il faut être à 3 % dans quatre ans (…). Donc, si on doit faire ce chemin en quatre ans, il faut faire le quart du chemin la première année. C’est pour ça que, moi, j’ai plaidé un déficit à 4,8 % l’an prochain »,a-t-il observé.
« Je crois qu’il reste très important d’être aussi proche que possible de ce chiffre de 4,8 % », à la fois « pour sortir de l’étouffement progressif par la dette, parce que les intérêts de la dette prennent de plus en plus notre marge de manœuvre » et « pour ramener la confiance », avance-t-il.
M. Villeroy de Galhau a également annoncé que la Banque de France allait remonter sa prévision de croissance pour 2025 et 2026. « Nous étions à 0,7 % pour cette année, à 0,9 % pour l’année prochaine », a-t-il précisé en ajoutant qu’il ne pouvait pas encore donner de chiffres. L’Insee et le gouvernement ont déjà relevé leur prévision de croissance à 0,8 % pour 2025.
La Banque de France prévoit cependant un ralentissement de la croissance au quatrième trimestre à 0,2 % du produit intérieur brut (PIB), contre 0,5 % au trimestre précédent. « Evidemment, même si on allait à 1 % [de croissance l’année prochaine],ça ne suffit pas. C’est résilient, mais non suffisant », selon le gouverneur. « L’économie, l’activité résistent malgré cette incertitude » politique, estime-t-il, rappelant qu’il y a un an « beaucoup craignaient une récession », qui a été évitée.
Lors de la restitution d’artefacts inuits au Musée canadien de l’histoire, à Gatineau (Québec), le 9 décembre 2025. SEAN KILPATRICK / THE CANADIAN PRESS / AP
Soixante-deux objets autochtones conservés depuis un siècle au Vatican ont été rendus au Canada et présentés, mardi 9 décembre, dans un musée du pays où des voix s’élèvent pour demander la restitution d’autres artefacts culturels d’importance.
Si la plupart des pièces de ce rapatriement historique sont de petits objets (bijoux, petits outils…), la restitution comprend également un kayak complet et sa pagaie utilisés par les populations inuites du nord du pays.
Selon Natan Obed, président de l’Inuit Tapiriit Kanatami, une organisation de défense des droits de ce peuple, ce kayak « n’était pas destiné à être exposé, ni à être expédié » mais plutôt « utilisé pour la chasse au béluga ». Il a fait l’objet d’une longue négociation avant de revenir de l’autre côté de l’Atlantique.
C’est « historique », s’est réjouie la gouverneure générale, Mary Simon, la représentante du roi Charles III au Canada, dans un communiqué. « Ces artefacts ont été trop longtemps séparés des communautés auxquelles ils appartiennent », a rappelé celle qui est la première personne autochtone à occuper cette fonction.
Dominations missionnaires
Elle a remercié le pape Léon XIV pour avoir tenu la promesse faite par son prédécesseur François, en 2022, lors d’un voyage au Canada. A cette occasion, le souverain pontife avait présenté des excuses historiques aux communautés autochtones pour les abus commis pendant des décennies sur les enfants dans les écoles catholiques, qu’il a qualifiés de « génocide ». Mary Simon souhaite maintenant que d’autres objets puissent être rapatriés.
Cody Groat, expert en patrimoine culturel autochtone à l’université Western, en Ontario, voit dans ce rapatriement « un point de départ ». Il a expliqué à l’Agence France-Presse que les circonstances ayant conduit au déplacement des objets à Rome dans les années 1920 restaient floues. Le Vatican parle d’un don mais, pour Cody Groat, le contexte de domination des missionnaires sur les peuples autochtones rend ce « cadeau » discutable.
Tous les objets rapatriés proviennent de l’exposition missionnaire de 1925, organisée par le Vatican pour mettre en avant ses activités. Mais, puisque la présence de l’Eglise catholique au Canada remonte aux années 1600, les historiens estiment que d’autres artefacts pourraient être conservés à Rome. Leur nombre n’est pas connu pour l’instant.