La grande noctule, chauve-souris mangeuse de rouges-gorges

Une grande noctule (Nyctalus lasiopterus) avec du sang et une plume autour de la bouche, en Andalousie, en Espagne, le 2 septembre 2020. JORGE SERENO

Les chauves-souris font peur. Mammifères volants, créatures de la nuit, maîtresses des ultrasons, elles apparaissent aussi incompréhensibles qu’insaisissables. Comme si cela ne suffisait pas, de sérieux fantasmes leur collent aux basques, notamment leur goût du sang. En vérité, sur les quelque 1 500 espèces de chauves-souris (un quart de tous les mammifères), seules trois espèces dites « vampires », localisées en Amérique latine, puisent effectivement dans cette source. Les autres se divisent en deux groupes : les mangeuses de fruits et les croqueuses d’insectes. Rien de bien inquiétant, donc.

Depuis vingt-cinq ans, les chercheurs ont toutefois découvert que deux espèces de noctules européennes et la Ia io asiatique s’en prenaient également aux oiseaux. A la station biologique de Doñana, en Andalousie, Carlos Ibañez a consacré une partie de sa vie au phénomène, avec un animal de prédilection : la grande noctule. Avec 45 centimètres d’envergure et autant de grammes sur la balance, Nyctalus lasiopterus est effectivement la plus grande chauve-souris d’Europe. La plus susceptible, aussi, de s’attaquer à de grandes proies.

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Les « décès du désespoir » progressent chez les jeunes adultes en Amérique du Nord, tandis que l’espérance de vie globale s’améliore

Des sculptures grandeur nature de 84 hommes sont exposées sur le toit du centre de télévision ITV à Londres, le 27 mars 2018, dans le cadre du « Projet 84 », une campagne de CALM (Campaign Against Living Miserably) visant à engager le débat sur le suicide des hommes. TOLGA AKMEN / AFP

C’est une photographie mondiale de la mortalité. Le Global Burden of Disease (GBD), un réseau de plus de 16 500 chercheurs et scientifiques piloté par l’Institut pour les mesures et l’évaluation de la santé (IHME) installé à Seattle (Etats-Unis), publie dimanche 12 octobre, dans la revue The Lancet, le fruit d’un travail de plusieurs années sur les données mondiales de mortalité en 2023. Ils offrent une vision d’un monde post-Covid-19, où les causes et niveaux de mortalité se reconfigurent à l’aune de la transition démographique.

Les trois études confirment les tendances des dernières années, qui se renforcent. L’espérance de vie mondiale en 2023 est revenue aux valeurs d’avant la pandémie de Covid-19, à 76,3 ans pour les femmes et à 71,5 ans pour les hommes. Des niveaux supérieurs de plus de vingt ans à ceux de 1950. Mais les inégalités géographiques subsistent : si cette espérance de vie a atteint 83 ans dans les pays à hauts revenus, elle est de seulement 62 ans en Afrique subsaharienne.

Malgré la croissance et le vieillissement de la population, le taux de mortalité normalisé selon l’âge (pour pouvoir comparer les pays ayant des structures de population différentes) a, quant à lui, diminué de 67 % depuis les années 1950. Globalement, les 204 pays et territoires étudiés enregistrent une baisse de leur mortalité. Dans la même période, le nombre de décès infantiles enregistre la plus grande diminution, tous groupes d’âge confondus. Particulièrement en Asie de l’Est, avec une baisse de 68 % du taux de mortalité chez les moins de 5 ans, grâce à une meilleure nutrition, à l’accès aux vaccins et à la mise en place de systèmes de soins plus solides.

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En Espagne, 17 interpellations à la suite d’affrontements entre pro et anti-Franco

Des policiers affrontent des contre-manifestants antifascistes lors d’un rassemblement organisé par le groupe d’extrême droite Phalange, le 12 octobre 2025. ANDER GILLENEA / AFP

La police espagnole a annoncé, dimanche 12 octobre, avoir interpellé 17 personnes soupçonnées de « trouble à l’ordre public », dans la ville de Vitoria (Nord), après des violences entre partisans et opposants de l’ancien dictateur Franco, à l’occasion de la fête nationale.

Ces violences surviennent à quelques semaines du 50e anniversaire du décès de celui qui a dirigé le pays d’une main de fer entre 1939 et 1975.

Une vingtaine de policiers ont subi de « légères contusions » et les manifestants blessés ont été pris en charge sur place par du personnel médical, précise la police dans un communiqué.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Espagne, divisions autour de la célébration du 50ᵉ anniversaire de la mort de Franco

Une région berceau historique d’un mouvement séparatiste

La Phalange, parti fasciste qui se réclame de l’héritage de la Phalange espagnole, fondée en 1933 et pilier du régime franquiste, a tenu dimanche un rassemblement dans le Pays basque, communauté autonome du nord du pays.

Le parti est venu affirmer sa défense de « l’unité de l’Espagne » à l’occasion de la fête nationale, dans une région berceau historique d’un mouvement séparatiste.

Des dizaines de militants se sont rassemblés sur une place centrale de Vitoria, faisant des saluts fascistes et brandissant des drapeaux espagnols, avant que des contre-manifestants encagoulés n’apparaissent, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse.

Les groupes rivaux se sont mutuellement jeté du mobilier urbain, des chaises, ont incendié des déchets et échangé des tirs de mortiers, avant de subir les charges de la police.

Lire aussi | en 2020 Article réservé à nos abonnés L’interdiction du culte de Franco divise l’Espagne

Le Monde avec AFP

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Gouvernement Lecornu II : la liste des ministres nommés dimanche soir

Les ministres

  • Laurent Nuñez, ministre de l’intérieur ;
  • Catherine Vautrin, ministre des armées et des anciens combattants ;
  • Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités ;
  • Monique Barbut, ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature ;

  • Gérald Darmanin, garde des sceaux, ministre de la justice ;
  • Roland Lescure, ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique ;
  • Serge Papin, ministre des petites et moyennes entreprises, du commerce, de l’artisanat, du tourisme et du pouvoir d’achat ;
  • Annie Genevard, ministre de l’agriculture, de l’agro-alimentaire et de la souveraineté alimentaire ;
  • Edouard Geffray, ministre de l’éducation nationale ;
  • Jean-Noël Barrot, ministre de l’Europe et des affaires étrangères ;
  • Rachida Dati, ministre de la culture ;
  • Stéphanie Rist, ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées ;
  • Naïma Moutchou, ministre des outre-mer ;
  • Françoise Gatel, ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation ;
  • Amélie de Montchalin, ministre de l’action et des comptes publics ;
  • Philippe Baptiste, ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace ;
  • Marina Ferrari, ministre des sports, de la jeunesse et de la vie associative ;
  • Philippe Tabarot, ministre des transports ;
  • Vincent Jeanbrun, ministre de la ville et du logement.

Les ministres délégués

 Auprès du premier ministre : 

  • Laurent Panifous, chargé des relations avec le Parlement ;
  • Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement ;
  • Aurore Bergé, chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.

Auprès du ministre de l’intérieur :

Auprès de la ministre des armées et des anciens combattants :

Auprès de la ministre de la transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature :

  • Catherine Chabaud, chargée de la mer et de la pêche ;
  • Mathieu Lefevre, chargé de la transition écologique.

Auprès du ministre de l’économie, des finances et de la souveraineté industrielle, énergétique et numérique ;

  • Sébastien Martin, chargé de l’industrie ;
  • Anne Le Henanff, chargée de l’intelligence artificielle et du numérique.

Auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères :

  • Benjamin Haddad, chargé de l’Europe ;
  • Nicolas Forissier, chargé du commerce extérieur et de l’attractivité ;
  • Eléonore Caroit, chargée de la francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l’étranger.

Auprès de la ministre de la santé, des familles, de l’autonomie et des personnes handicapées :

  • Charlotte Parmentier-Lecocq, chargée de l’autonomie et des personnes handicapées.

Auprès de la ministre de l’aménagement du territoire et de la décentralisation :

  • Michel Fournier, chargé de la ruralité.

Auprès de la ministre de l’action et des comptes publics :

  • David Amiel, chargé de la fonction publique et de la réforme de l’État.

Le Monde

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EN DIRECT, Gaza : Donald Trump estime que « la guerre est terminée » ; Israël dans l’attente de la libération des otages

Donald Trump va recevoir la médaille du président israélien, plus haute décoration civile dans l’Etat hébreu

Le président israélien, Isaac Herzog, veut décerner à son homologue américain, Donald Trump, la plus haute décoration civile de son pays en remerciement pour sa contribution à la libération des otages retenus à Gaza, selon un communiqué officiel publié lundi.

M. Trump doit atterrir lundi matin à Tel-Aviv et prononcer un discours à la Knesset, le parlement israélien, à Jérusalem, en fin de matinée. Sa visite coïncide avec le retour attendu de tous les otages vivants encore détenu à Gaza dans le cadre du cessez-le-feu entre Israël et le Hamas qu’il a lui-même parrainé.

Le président israélien compte informer le locataire de la Maison Blanche, lundi, « de sa décision de lui attribuer la médaille du président israélien en reconnaissance de ses efforts pour ramener les otages chez eux », annonce un communiqué de la présidence, précisant que la décoration serait remise par M. Herzog à M. Trump « dans les mois à venir, à une date et en un lieu qui restent à déterminer ».

« Grâce à ses efforts inlassables, le président Trump a non seulement aidé à ramener nos proches chez eux, mais a également jeté les bases d’une nouvelle ère au Moyen-Orient fondée sur la sécurité, la coopération et le véritable espoir d’un avenir pacifique », a déclaré M. Herzog.

Le président israélien a également porté au crédit de l’hôte de la Maison Blanche « son soutien indéfectible à l’Etat d’Israël », son parrainage des accords d’Abraham ayant permis une normalisation entre l’Etat hébreu et trois pays arabes (Bahreïn, Emirats arabes unis, Maroc) ou encore les bombardements américains sur les centres névralgiques du programme nucléaire iranien en juin.

La médaille du président israélien est accordée à des individus ou des organisations qui ont apporté une contribution exceptionnelle à l’Etat d’Israël ou à l’humanité par leur talent ou leurs services.

Barack Obama a été le premier président américain en exercice à la recevoir, en 2013, des mains du président israélien Shimon Peres.

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Législatives partielles : les deux scrutins de dimanche ne modifient pas les équilibres à l’Assemblée nationale

Pierre-Henri Carbonnel, candidat de l’UDR-RN, a remporté l’élection législative partielle de la première circonscription du Tarn-et-Garonne, à Montauban, le 12 octobre 2025. DDM MANUEL MASSIP / PHOTOPQR/LA DEPECHE DU MIDI/MAXPPP

L’Assemblée nationale accueille deux nouveaux visages mais ne change pas le sien. Ce dimanche 12 octobre, les élections législatives partielles dans la 1re circonscription du Tarn-et-Garonne et dans la 5e circonscription des Français établis hors de France (Andorre, Monaco, Espagne, Portugal) ont vu triompher respectivement Pierre-Henri Carbonnel, candidat de l’UDR-Rassemblement national (RN), et Nathalie Coggia, candidate Renaissance. Soit les mêmes couleurs politiques que les deux députés sortants, Brigitte Barèges et Stéphane Vojetta, ayant perdu leurs sièges pour cause d’inéligibilité décidée par le Conseil constitutionnel quelques mois plus tôt.

Dans le Tarn-et-Garonne, Eric Ciotti, président du groupe UDR à l’Assemblée nationale s’est félicité d’un résultat qui « traduit l’avènement de l’union du peuple de droite dans le pays », a-t-il écrit sur X, après la victoire de Pierre-Henri Carbonnel, qui était le suppléant de Brigitte Barèges, avec un peu plus de 52 % des suffrages.

Le candidat a aussi reçu les félicitations de la cheffe de file du RN au Palais-Bourbon, Marine Le Pen. « Loin de la tambouille politicienne des partis du système qui tentent par tous les moyens de retarder le retour aux urnes, les Français gardent les idées claires. L’alternance est inéluctable et rien ne pourra l’empêcher », a-t-elle écrit sur ses réseaux sociaux.

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La « mozzarella di bufala » dans tous ses états : fraîche, frite ou fumée

Au Colonne – restaurant étoilé de 2013 à 2021, situé à proximité du palais royal de Caserte, « le Versailles italien » – le plat phare est une petite pizza… sans pâte. A sa place : un disque de mozzarella aux bords gonflés et dorés, surmonté d’une crème de basilic, d’éclats de pain de campagneet d’une sauce tomate si brûlante qu’elle fait fondre les contours. Un brin élastique sous la dent, cette margherita inversée est l’œuvre de la médiatique cheffe Rosanna Marziale, réputée en Italie pour ses créations inédites à base de mozzarella di bufala (« mozzarella de bufflonne »). Qu’elle décline en pizza comme en boule frite remplie de chocolat.

Si Cecilia Bellelli, 81 ans, a vaguement eu écho de cet établissement familial, « la baronne » comme on la surnomme, lui préfère les recettes d’antan. Au milieu de sa ferme de 1 000 bufflonnes située dans l’ancienne cité grecque de Paestum, en Campanie, elle anime chaque lundi des cours de cuisine napolitaine avec d’autres nonne (« grands-mères »). Ce matin-là, à la partition : une margherita bien sûr, la recette où la mozzarella est apparue pour la première fois sur la pizza au XIXe siècle, à Naples. Puis, la parmigiana, un millefeuille d’aubergines frites garni de mozzarella émiettée « préalablement séchée pendant deux jours, pour qu’elle perde son eau et fonde mieux », précise Cecilia Bellelli.

Vient ensuite la mozzarella in carrozza (« mozzarella en carrosse »), plat typique de la cucina povera (« cuisine pauvre ») : « On place le fromage entre deux tranches de pain rassis, on trempe le tout dans de la farine et des œufs, puis on fait frire à la poêle. C’est notre version du pain perdu ! » Sans oublier l’incontournable salade caprese, « née dans les années 1950 sur l’île voisine de Capri », avec tomates, basilic et origan. Et enfin la pastiera, un dessert pascal à base de blé cuit et de ricotta de bufflonne, obtenue à partir du petit-lait issu de la mozzarella.

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Crise politique en France : Jordan Bardella tend de nouveau la main aux Républicains pour « une union la plus large possible ». Retrouvez les informations du 5 au 9 octobre.

En pleine crise politique, les élus locaux assurent « tenir la baraque »

A l’occasion de la 35e convention d’Intercommunalités de France, 2 000 édiles étaient réunis ce jeudi à Toulouse, malgré la crise politique au sommet de l’Etat. Face à cette situation, les élus locaux appellent, comme Anne Terlez (MoDem), vice-présidente de la communauté d’agglomération Seine-Eure, à « entrer en résistance » pour montrer que la stabilité politique « vient des territoires ».

Crèches, écoles, distribution d’eau, transports urbains, les services publics essentiels au fonctionnement du pays sont d’abord assurés par les collectivités, rappellent les élus, pour certains en colère. « On tient la baraque », affirme à l’Agence France-Presse le maire de Charleville-Mézières, Boris Ravignon (DVD).

Les élus des intercommunalités (communautés de communes et d’agglomérations, communautés urbaines et métropoles) sont d’autant plus critiques qu’ils prennent la plupart de leurs décisions par consensus, à l’abri des clivages partisans, sauf dans les grandes villes.

Faute d’interlocuteur gouvernemental à leur congrès, les élus ont voté une motion mercredi appelant la sphère politique nationale à « trouver la voie du compromis ».

« On entend des noms pour Matignon mais je ne suis pas sûr que ce sera de nature à débloquer la situation », a jugé Sébastien Miossec, président délégué d’Intercommunalités de France, alors que l’ancien ministre Jean-Louis Borloo, dont le nom circule pour le poste de premier ministre, est attendu à Toulouse en fin d’après-midi.

A l’approche des municipales, certains s’inquiètent aussi d’un effet boomerang de la situation politique sur l’engagement citoyen. « Cela jette le discrédit sur l’action publique et la place du politique », estime notamment Sandra Le Nouvel (DVG), présidente de la communauté de communes du Kreiz Breizh, qui appelle à une « vraie décentralisation » dans « tous les domaines » pour sortir de l’ornière.

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Entre les députés LR et Bruno Retailleau, la défiance couve sur fond de report de la réforme des retraites

Le président du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, à sa sortie de la réunion du groupe parlementaire au Sénat, à Paris, le 7 octobre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

La droite se couche tard et se divise fort. Mercredi 8 octobre, dans la foulée du « 20 heures » de Sébastien Lecornu sur France 2, les parlementaires du parti Les Républicains (LR) se sont réunis en visioconférence jusqu’à tard dans la nuit pour discuter de leur participation au prochain gouvernement. Sont-ils désormais prêts à monter sur la « plate-forme commune » proposée par le premier ministre démissionnaire ? Le président de LR, Bruno Retailleau, a plaidé face à ses députés et sénateurs « pour une participation exigeante et conditionnelle ».

« Exigeant », le mot figurait déjà dans le communiqué de presse du parti au moment d’acter la participation de la droite dimanche à 17 h 22. C’était avant que son chef ne fasse exploser le socle commun dans un message sur X, quatre heures après, pour dénoncer un casting gouvernemental trop macroniste qui ne reflétait « pas la rupture promise ».

Mais un élément du jeu a changé depuis : la possible suspension de la réforme des retraites, demandée par les socialistes pour ne pas voter la censure. Cette piste avancée par Elisabeth Borne (qui, alors première ministre, avait porté ce texte en 2023), Bruno Retailleau refuse même de l’envisager. Le Vendéen a trop défendu cette réforme au nom du rétablissement des comptes publics et de l’implacable évolution démographique. Encore chef des sénateurs LR à l’hiver 2023, il s’est battu contre ces députés frondeurs emmenés par Aurélien Pradié. « Pour moi, être de droite, ce n’est pas être un peu moins à gauche que la gauche »,lançait-il en direction de ce dernier.

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Drones russes : « L’OTAN doit rééquilibrer sa stratégie pour que les demandes de la Pologne ne se fassent pas au détriment de l’Ukraine »

Dans la nuit du 9 au 10 septembre, une vingtaine de drones russes ont franchi la frontière de la Pologne, pays membre de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Le caractère intentionnel ou non de cette attaque reste à déterminer : d’une part, la Biélorussie a informé la Pologne du mouvement des drones, comme l’a indiqué le chef d’état-major polonais, d’autre part, l’OTAN n’a pas été en mesure de le confirmer après intégration des données de brouillage ukrainiennes.

Néanmoins, rien de tout cela ne serait arrivé si la Russie ne menait pas une guerre d’agression en Ukraine : elle en porte la responsabilité. La réponse opérationnelle alliée a été efficace et coordonnée et a permis la destruction des cibles non tombées. Elle a été suivie d’une invocation de l’article 4 du traité de l’Atlantique Nord par la Pologne, processus classique de consultation face à tout incident sérieux, puis de l’annonce d’une nouvelle opération intitulée « Sentinelle orientale » visant à nouveau à renforcer la protection du flanc est de l’OTAN.

Quel est le problème de cette séquence ? D’abord, elle a complètement éclipsé la plus importante attaque aérienne russe sur l’Ukraine survenue depuis le début de la guerre, avec l’emploi de 810 drones et leurres le 7 septembre. Ensuite, la réponse des alliés de l’OTAN est en décalage avec la réalité de la guerre moderne telle qu’expérimentée en Ukraine : depuis le début de l’année 2025, la Russie a lancé 37 000 drones et missiles sur l’Ukraine, lesquels ont été abattus à hauteur de 88 % par effet de tirs ou de brouillage.

Depuis le mois de mai, ce sont en moyenne 185 drones par jour qui s’abattent sur l’Ukraine. La Russie devrait être capable de produire 60 000 drones en 2026. Cela soulève deux interrogations : pourquoi la Pologne n’est-elle pas en mesure d’arrêter 20 drones à elle seule ? L’OTAN a-t-elle l’intention de lancer une opération à chaque nouvelle violation de son espace aérien ?

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