La venue de Lionel Messi à Calcutta dégénère, le stade Salt Lake saccagé

La colère des supporteurs après le départ de Lionel Messi du stade de Salt Lake, à Calcutta, le 13 décembre 2025. BIKAS DAS / AP

Le football n’est pas le sport le plus populaire en Inde. Loin s’en faut. Mais la présence dans le pays de l’une des plus grandes figures de la discipline, l’octuple Ballon d’or Lionel Messi, n’en est pas moins un véritable événement. Pour preuve : une statue de 21 mètres a été érigée à Calcutta, le montrant brandissant le trophée de la Coupe du monde glané avec l’Argentine en 2022.

Reste qu’une telle ferveur peut vite déborder. Les scènes qui se sont déroulées, samedi 13 décembre, dans le stade Salt Lake de la capitale du Bengale-Occidental, en attestent : des supporteurs en colère, des sièges arrachés et jetés, le terrain envahi.

Quelques instants plus tôt, le joueur de 38 ans avait dû être exfiltré. Celui-ci avait pourtant fait un tour de la pelouse pour saluer une foule… majoritairement incapable de l’apercevoir tant le dispositif de sécurité et les officiels l’accompagnant étaient nombreux. De quoi provoquer la frustration – et l’ire – des milliers de personnes, dont certaines avaient payé 12 000 roupies (environ 113 euros), une somme considérable, pour être là.

« Je suis venu avec mon fils pour voir Messi, pas des politiciens », a regretté Ajay Shah, cité par l’agence de presse indienne PTI, déplorant que des policiers et des militaires chargés d’escorter l’ancienne star du FC Barcelone « prenaient des selfies » avec lui. Interrogé par l’Agence France-Presse, Nabin Chatterjee, un homme d’affaires de 37 ans, a lui fustigé « l’inorganisation » de ce rendez-vous.

Mise en place d’une commission d’enquête

« Je suis profondément troublée et choquée par la mauvaise gestion dont j’ai été témoin aujourd’hui à Salt Lake. Je me rendais au stade pour assister à l’événement en compagnie de milliers d’amateurs de sport et de fans qui s’étaient rassemblés pour apercevoir leur footballeur préféré », a écrit sur X la ministre en chef de l’Etat du Bengale occidental, Mamata Banerjee, avant de présenter ses excuses au joueur et aux supporteurs.

Et la dirigeante d’annoncer la mise en place d’une commission d’enquête pour déterminer les responsabilités dans cet « incident malheureux » et de recommander « des mesures pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent à l’avenir ». Un responsable de la police de l’Etat, Javed Shamim, a lui fait savoir que « l’organisateur » de l’événement avait été arrêté, sans plus de détail, mais il a précisé que les autorités allaient voir comment il allait être possible de rembourser les tickets pour cet événement qui a si mal tourné.

Lionel Messi, qui est en Inde pour une tournée promotionnelle de trois jours, doit désormais se rendre à Hyderabad, à Bombay et à New Delhi.

Le Monde avec AFP

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En Biélorussie, le pouvoir libère 123 personnes dont le Prix Nobel de la paix Ales Bialiatski et l’opposante Maria Kolesnikova

Le Biélorusse Ales Bialiatski, Prix Nobel de la paix en 2022, s’adresse à la presse à l’ambassade des Etats-Unis à Vilnius, en Lituanie, le 13 décembre 2025. Il a été libéré par Minsk avec plus de 100 autres prisonniers après plus de quatre ans de détention. PETRAS MALUKAS / AFP

La Biélorussie a libéré, samedi 13 décembre, 123 prisonniers dont le militant Ales Bialiatski, colauréat du prix Nobel de la paix de 2022, et la figure de l’opposition Maria Kolesnikova, à la suite de pourparlers entre Minsk et Washington.

M. Bialiatski et Mme Kolesnikova avaient été arrêtés lors de la répression brutale du mouvement de protestation contre la réélection jugée frauduleuse du président Alexandre Loukachenko, en 2020, et condamnés à de lourdes peines de prison.

Selon le compte Telegram Poul Pervogo, affilié à la présidence biélorusse, ces libérations s’inscrivent dans le cadre d’« accords conclus » avec Donald Trump impliquant notamment la levée par Washington, annoncée plus tôt samedi, de sanctions économiques américaines contre Minsk.

Lire aussi (2023): Article réservé à nos abonnés Biélorussie : Ales Bialiatski, un Nobel de la paix en cage

Cent quatorze personnes libérées conduites en Ukraine

Parmi les personnes libérées figurent également d’autres militants des droits humains et des journalistes, ainsi que Viktor Babaryko, un ancien banquier devenu opposant qui avait tenté, avant son arrestation, de se présenter contre Alexandre Loukachenko lors de l’élection présidentielle contestée d’août 2020.

Lui et Maria Kolesnikova, qui était l’une de ses collaboratrices, se trouvent actuellement en Ukraine, a affirmé leur groupe de soutien sur Telegram, tout comme la plupart des personnes libérées. « La Biélorussie a transféré 114 civils en Ukraine », a fait savoir le centre de coordination ukrainien pour le traitement des prisonniers de guerre, sur Telegram, précisant que ceux qui le souhaitent pourront ensuite aller en Pologne ou en Lituanie.

Agé de 63 ans, Ales Bialiatski a fondé en 1996 et animé pendant des années Viasna (« printemps »), le principal groupe de défense des droits humains biélorusse et source essentielle d’informations sur les répressions en Biélorussie.

Alors qu’il était en détention, son travail lui avait valu en 2022 le prix Nobel de la Paix, partagé avec l’ONG Memorial (Russie) et le Centre pour les libertés civiles (Ukraine). « Le prix Nobel, c’était une certaine considération de nos activités, de nos aspirations qui n’ont pas été encore réalisées. Et donc le combat continue », a déclaré M. Bialiatski dans une interview au média d’opposition biélorusse Belsat. Il se trouve maintenant en Lituanie.

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Musicienne de formation, Maria Kolesnikova, 43 ans, a, elle, été l’une des meneuses des manifestations massives en 2020. En septembre de cette même année, elle avait été enlevée par les services de sécurité biélorusses et conduite à la frontière ukrainienne pour être expulsée. Elle était parvenue à déchirer son passeport, ce qui avait rendu son expulsion légalement impossible et avait fait d’elle un symbole de la résistance anti-Loukachenko.

L’opposante a appelé à la libération des centaines de prisonniers politiques se trouvant toujours en prison en Biélorussie. « Je pense aux gens qui ne sont pas encore libres et j’attends ce moment où nous pourrons tous nous prendre dans les bras, où nous pourrons tous nous voir et où nous serons tous libres », a-t-elle déclaré en Ukraine, dans une vidéo diffusée par le programme gouvernemental ukrainien « Je veux vivre ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le système carcéral biélorusse, une machine à briser les vies des opposants

Une proximité avec Poutine « très utile »

Ces libérations font suite à l’annonce par un émissaire américain, John Coale, en visite en Biélorussie, de la levée des sanctions des Etats-Unis sur la potasse.

La Biélorussie est un important producteur de potasse, utilisée notamment comme engrais. Ce secteur, comme d’autres de l’économie du pays, était soumis à de lourdes sanctions américaines, et fait toujours l’objet de sanctions européennes, du fait des répressions visant l’opposition et du soutien de Minsk à l’invasion russe de l’Ukraine lancée en 2022.

Un ressortissant américain figure parmi les personnes libérées samedi, a annoncé Washington. Les Etats-Unis saluent « une étape importante » dans les relations entre les deux pays et se disent « prêts à un dialogue supplémentaire avec la Biélorussie pour promouvoir les intérêts américains, et [à poursuivre] leurs efforts diplomatiques pour libérer les prisonniers politiques restants en Biélorussie », a déclaré dans un communiqué à l’Agence France-Presse un responsable américain sous couvert de l’anonymat.

Ces derniers mois, Donald Trump a encouragé la Biélorussie à libérer les centaines de prisonniers politiques que compte le pays, et le président, Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis plus de trente ans, a déjà gracié des dizaines de personnes.

En échange, Washington a déjà partiellement levé les sanctions contre la compagnie aérienne biélorusse Belavia, lui permettant d’entretenir et d’acheter des pièces pour sa flotte, qui comprend des Boeing.

L’émissaire américain John Coale a affirmé samedi que la proximité entre Alexandre Loukachenko et son homologue russe, Vladimir Poutine, pourrait être utile dans la difficile médiation américaine en cours pour tenter de mettre fin à la guerre entre Kiev et Moscou.

« [M. Loukachenko] a une longue histoire avec le président Poutine et a la capacité de le conseiller. C’est très utile dans cette situation », a déclaré M. Coale, cité par l’agence de presse étatique biélorusse Belta.

Le Monde avec AFP

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Le Cambodge suspend les passages frontaliers avec la Thaïlande, quatre soldats thaïlandais tués

Le premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul (au centre), lors d’une conférence de presse à la Maison du gouvernement, à Bangkok, le 12 décembre 2025. CHANAKARN LAOSARAKHAM / AFP

Le Cambodge a suspendu tous les passages frontaliers avec la Thaïlande, samedi 13 décembre, après que Bangkok a démenti la conclusion d’un cessez-le-feu mettant fin à plusieurs jours d’affrontements meurtriers, affirmée par le président américain, Donald Trump.

Le ministère de la défense thaïlandais a de son côté annoncé que quatre de ses soldats avaient été tués samedi par les forces cambodgiennes, portant à 14 le nombre de soldats thaïlandais morts depuis la reprise des combats lundi à la frontière entre les deux voisins d’Asie du Sud-Est.

Après un premier épisode de violences en juillet, des affrontements cette semaine entre ces deux pays membres de l’Asean (Association des nations de l’Asie du Sud-Est) ont fait au moins 25 morts et forcé des centaines de milliers de personnes à fuir de part et d’autre de la frontière, longue d’environ 800 kilomètres. Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir déclenché cette crise.

« Le gouvernement royal du Cambodge a décidé de suspendre tous les mouvements d’entrée et de sortie à tous les points de passage de la frontière Cambodge-Thaïlande, avec effet immédiat et jusqu’à nouvel ordre », a fait savoir le ministère de l’intérieur du Cambodge dans un communiqué.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Nouvelle escalade militaire entre la Thaïlande et le Cambodge

Poursuite des hostilités

La Thaïlande a par ailleurs annoncé samedi la poursuite de ses opérations militaires contre le Cambodge. Le premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, a assuré devant des journalistes que le président américain n’avait « pas dit si nous devions instaurer un cessez-le-feu » lors d’un appel vendredi visant à mettre fin aux derniers combats, en précisant qu’ils « n’en ont pas discuté ».

« La Thaïlande continuera à mener des actions militaires jusqu’à ce que nous estimions que notre territoire et notre peuple ne sont plus menacés », avait affirmé un peu plus tôt dans la journée le premier ministre thaïlandais. L’aviation thaïlandaise affirme avoir « détruit avec succès » deux ponts au Cambodge utilisés selon elle pour acheminer des armes vers le champ de bataille.

De son côté, le ministère de la défense cambodgien a affirmé sur X que « les forces armées thaïlandaises avaient utilisé deux avions de combat F-16 pour larguer sept bombes » sur plusieurs cibles. Selon le ministre de l’information, Neth Pheaktra, la Thaïlande « a élargi ses attaques pour viser des infrastructures civiles et des civils cambodgiens ». L’armée thaïlandaise a pour sa part déclaré que six civils avaient été blessés samedi par des roquettes cambodgiennes.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La Thaïlande augmente la pression sur le Cambodge en suspendant le cessez-le-feu

Un premier accord de cessez-le-feu suspendu

L’annonce de la poursuite des hostilités est faite quelques heures après que Donald Trump a assuré que Bangkok et Phnom Penh, qui se disputent des morceaux de territoire depuis des décennies, avaient accepté de faire taire les armes.

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« J’ai eu une excellente conversation ce matin avec le premier ministre de Thaïlande, Anutin Charnvirakul, et le premier ministre du Cambodge, Hun Manet, au sujet de la très regrettable résurgence de leur guerre qui dure depuis longtemps. Ils ont accepté de cesser tout tir dès ce soir et de revenir à l’accord de paix initial conclu avec moi, et avec eux, avec l’aide du grand premier ministre de Malaisie, Anwar Ibrahim », avait écrit vendredi soir le président américain sur son réseau, Truth Social.

Le premier ministre cambodgien, Hun Manet, a suggéré aux Etats-Unis et à la Malaisie d’utiliser leurs capacités de renseignement « pour vérifier quelle partie a ouvert le feu en premier » le 7 décembre.

En juillet, un premier épisode de violences avait fait 43 morts en cinq jours et poussé quelque 300 000 personnes à fuir de la zone, avant un cessez-le-feu sous l’égide des Etats-Unis, de la Chine et de la Malaisie, qui exerce la présidence tournante de l’Asean.

La Thaïlande et le Cambodge se disputent la souveraineté de territoires où se trouvent des temples de l’empire khmer le long de leur frontière tracée au début du XXe siècle durant la période coloniale française. Ils avaient cosigné le 26 octobre un accord de cessez-le-feu, sous l’égide de Donald Trump, mais Bangkok l’a suspendu quelques semaines plus tard après l’explosion d’une mine ayant blessé plusieurs de ses soldats.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le temple angkorien de Preah Vihear endommagé par les frappes militaires de juillet

Le Monde avec AFP

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Insultes et destitutions chez Miss France : Miss Provence et Miss Aquitaine perdent leurs titres après avoir dénigré leurs concurrentes

Les candidates défilent sur scène lors de Miss France 2026 au Zénith, à Amiens, en Picardie, le 6 décembre 2025. SAMEER AL-DOUMY / AFP

Julie Zitouni, Miss Provence 2025, et Aïnhoa Lahitete, Miss Aquitaine 2025, ont été destituées par leurs comités respectifs, mardi 9 décembre, après une vidéo postée samedi sur les réseaux sociaux dans laquelle, alors en loges, elles qualifient de « grosses putes » leurs 12 concurrentes sélectionnées pour la demi-finale, a appris l’Agence France-Presse dans un communiqué.

« Ces propos injurieux et cette attitude sont en totale contradiction avec les valeurs que nos comités s’efforcent de défendre », ont fait part les deux comités régionaux Provence et Aquitaine, rappelant que « le rôle d’une Miss régionale est d’être une ambassadrice de sa région, un visage de sérieux, de respect et de responsabilité ». Leur destitution a été décidée « avec le soutien de la société Miss France et de l’Amicale des délégués régionaux Miss France », ont-ils précisé.

« Nous tenons à souligner que Julie et Aïnhoa ont présenté des excuses publiques, ainsi qu’aux candidates concernées, et nous en prenons acte. Néanmoins, la gravité des propos tenus rend impossible le maintien de leur titre de Miss Provence 2025 et de Miss Aquitaine 2025 », ont souligné Lydia Podossenoff et Eric Laurens, délégués régionaux Provence-Côte d’Azur et Aquitaine.

Dans leur communiqué, ils condamnent par ailleurs « avec la même fermeté » le « déferlement de cyberviolence et de harcèlement dont Julie et Aïnhoa font l’objet depuis [la] diffusion » de leurs propos. Aucune faute ne justifie la haine, l’acharnement ou les menaces sur les réseaux sociaux », poursuivent-ils. Miss Tahiti, Hinaupoko Devèze, 23 ans, a été élue samedi soir Miss France 2026 parmi 30 prétendantes à la couronne.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Miss France dans « Le Monde », un concours de sarcasmes

Le Monde avec AFP

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« Je pense qu’ils sont faibles » : la nouvelle attaque verbale de Donald Trump contre les dirigeants européens

Donald Trump, le 8 décembre 2025 à la Maison Blanche. ALEX BRANDON / AP

« Je pense qu’ils sont faibles, mais je pense aussi qu’ils veulent être tellement politiquement corrects. (…) Je pense qu’ils ne savent pas quoi faire. » C’est une nouvelle attaque frontale contre les dirigeants européens, la plus virulente à ce jour par Donald Trump contre l’Europe et ses dirigeants, dans la droite ligne de la stratégie de sécurité nationale dévoilée par la Maison Blanche, qui évoquait la « perte des identités nationales » européennes.

Dans un entretien publié mardi sur le site américain Politico, le président américain, qui est désigné par la publication comme « la personnalité la plus influente » en Europe, affirme que la Russie se trouve selon lui en position de force dans la guerre en Ukraine et accuse les dirigeants européens d’« inaction », tout en disant estimer que l’immigration menace la viabilité de plusieurs Etats européens.

Reprenant son thème favori, Donald Trump soutient que l’invasion de l’Ukraine n’aurait « jamais eu lieu » s’il avait été président. « Je pense que si je n’étais pas président, vous auriez pu avoir une troisième guerre mondiale. Vous auriez eu un problème bien plus grave que celui que vous avez en ce moment (…). C’est un gros problème pour l’Europe. Et ils ne le gèrent pas bien. »

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La stratégie de sécurité nationale américaine prend les Européens pour cible et ménage les adversaires des Etats-Unis

« A un moment donné, la force l’emporte »

« La Russie a l’avantage. Et elle l’a toujours eu. Elle est bien plus grande et plus forte. Je tiens à saluer le courage et la bravoure du peuple et des militaires ukrainiens, mais à un moment donné la force l’emporte, et dans ce cas précis elle est considérable », déclare Donald Trump. « Ils ont perdu du territoire bien avant mon arrivée. Ils ont perdu toute une bande de littoral, une grande portion de littoral. Ils ont perdu beaucoup de terres, et des terres de très grande qualité. On ne peut certainement pas parler de victoire », poursuit le président. Toutefois, près de quatre ans après le début de l’invasion, la Russie n’est toujours pas parvenue à contrôler l’intégralité du Donbass.

Il estime encore que Volodymyr Zelensky devrait organiser une élection présidentielle : « Je pense que c’est important d’organiser une élection. Ils se servent de la guerre pour ne pas organiser d’élection (…). Peut-être que Zelensky gagnerait. Je ne sais pas qui gagnerait. Mais ils n’ont pas eu d’élection depuis longtemps. Vous savez, ils parlent de démocratie, mais à un moment donné ce n’est plus vraiment une démocratie. »

Il poursuit et reproche au chef de l’Etat ukrainien de ne pas avoir étudié les dernières propositions de paix. « Il devrait les lire », déclare-t-il. « Son équipe a adoré la proposition. Ils l’ont vraiment appréciée », ajoute-t-il. « Il va falloir qu’il se ressaisisse et qu’il commence à accepter les choses (…), parce qu’il est en train de perdre », reprend Donald Trump dans l’interview.

« L’Europe prend certaines mauvaises directions »

Le président américain accuse plusieurs gouvernements européens d’avoir laissé « entrer des millions de personnes », dénonçant des politiques migratoires « désastreuses » qui auraient transformé des villes comme Paris, Londres et Stockholm. Il évoque une Europe « en déclin » dirigée par des responsables « faibles ».

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« J’adorais Paris. C’est un endroit très différent de ce qu’il était. Si vous regardez Londres, vous avez un maire nommé Khan. C’est un maire horrible, vicieux, dégoûtant », a-t-il ajouté. L’édile en question, Sadiq Khan, a répliqué dans un entretien à Politico : « Je ne sais vraiment pas pourquoi le président Trump est à ce point obsédé par le maire de Londres. »

Evoquant les immigrés en Europe, Donald Trump a assuré qu’ils « arrivent de tous les endroits du monde. Pas seulement du Moyen-Orient, ils arrivent du Congo (…). Et, pis encore, ils viennent des prisons du Congo et de nombreux autres pays ». Il applique le même argumentaire pour les Etats-Unis, affirmant sans preuve que le pays connaissait un afflux de migrants venus de prisons ou d’hôpitaux psychiatriques d’Amérique latine.

Lundi, déjà, à la Maison Blanche, le président américain avait lancé à la presse : « L’Europe doit faire très attention », en ajoutant : « L’Europe prend certaines mauvaises directions, c’est très mauvais, très mauvais pour les gens. Nous ne voulons pas que l’Europe change autant. »

Le président réaffirme enfin son soutien à des dirigeants comme Viktor Orban, en Hongrie, et insiste sur le fait qu’il n’a « aucun projet » de départ de l’OTAN, tout en disant souhaiter que les Européens « assument davantage » leur défense. Le milliardaire a ironisé quant à la dépendance des Européens à la protection militaire américaine, en lançant : « L’OTAN m’appelle “papa”. »

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Les Européens refusent le rapport de force avec les Etats-Unis

Refus d’exclure l’envoi de troupes américaines au Venezuela

Les relations entre l’Europe et les Etats-Unis se sont tendues dans plusieurs dossiers depuis le retour au pouvoir de Donald Trump, en janvier, du rapprochement américain avec la Russie au soutien affiché des Etats-Unis aux partis conservateurs ou d’extrême droite en Europe. « Que les Américains veuillent maintenant sauver la démocratie en Europe, je n’en vois pas la nécessité », a estimé le chancelier allemand, Friedrich Merz, mardi, lors d’une visite en Rhénanie-Palatinat, région allemande abritant d’importantes bases militaires américaines. « Si elle devait être sauvée, nous pourrions le faire nous-mêmes », a ajouté Friedrich Merz.

Dans l’entretien, Donald Trump refuse à plusieurs reprises d’exclure l’envoi de troupes américaines au Venezuela : « Je ne veux ni exclure ni confirmer. Je n’en parle pas », déclare le président à propos d’un éventuel déploiement terrestre, en ajoutant : « Je ne veux pas vous parler de stratégie militaire. » Il ajoute qu’il envisage d’utiliser la force contre des cibles dans d’autres pays où le trafic de drogue est très actif, notamment au Mexique et en Colombie.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’ère Trump, un cauchemar pour la diplomatie européenne, entre flagornerie et humiliations

Le Monde

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Le retour des Syriens exilés, un an après la chute de la dictature : « Ma vie d’avant, mes proches, ma culture me manquaient terriblement »

« Je voulais rentrer chez moi. Je me rends compte que j’ai passé presque un tiers de ma vie dans un camp de réfugiés. Sous une tente. Je ne voulais plus imposer cela à mes trois filles »,ditAïcha, croisée en compagnie de son aînée, Rafaa, 13 ans, dans un centre communautaire du Croissant-Rouge installé dans le quartier de Tadamone, dans le sud de Damas. Aïcha est rentrée début septembre en Syrie après douze années d’exil au Liban.

En ce début novembre, elle vient s’enregistrer dans l’espoir de bénéficier de l’aide au retour que distribue le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies (HCR),qui soutient le Croissant-Rouge, à raison de 600 dollars (515 euros) pour les familles les plus vulnérables. Elle vient aussi solliciter l’aide du service juridique pour faire enregistrer auprès de l’état civil syrien ses deux plus jeunes filles, nées en exil et dans l’anonymat des camps de réfugiés. Ce qui les prive comme des dizaines de milliers d’enfants d’une existence légale, la famille n’étant pas en mesure de prouver leur identité auprès de l’administration.

Aïcha et sa fille Rafaa au centre communautaire du Croissant-Rouge pour obtenir de l’aide pour les démarches administratives qui permettront le retour à l’école de Rafaa, à Tadamone (Syrie), le 4 novembre 2025. LAURENT VAN DER STOCKT POUR « LE MONDE »

Le 8 décembre 2024, la dynastie des Al-Assad tombait après cinquante-quatre ans de règne sans partage sur le pays. L’épilogue de quatorze années de guerre qui ont ravagé la Syrie. Le conflit a provoqué l’une des plus grandes crises migratoires au monde : environ 6,8 millions de Syriens − soit près d’un tiers de la population − ont fui le pays au plus fort du conflit, en 2021, cherchant un refuge là où ils le pouvaient. Plus de la moitié de ces réfugiés, environ 3,74 millions, se sont installés dans la Turquie voisine, tandis que 840 000 ont trouvé refuge au Liban et 672 000 en Jordanie. Un peu plus d’un million sont parvenus à rejoindre l’Europe, après un périple de milliers de kilomètres en mer et sur terre. A ces chiffres s’ajoutent les 7 millions de déplacés internes.

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François Pupponi, ex-député socialiste, condamné pour détournement de fonds publics

L’ancien député socialiste François Pupponi, alors membre du groupe Libertés et territoires, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 5 novembre 2019. THOMAS SAMSON / AFP

« Tout à fait. » C’est par cette formule laconique que l’ancien député (PS) du Val-d’Oise François Pupponi (2007-2022), lunettes aux verres fumés sur le nez, a reconnu, mardi 9 décembre, à la barre du tribunal correctionnel de Paris, les faits qui lui étaient reprochés. Il était poursuivi pour détournements de fonds publics dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance de préalable de culpabilité, version française du plaider-coupable américain. M. Pupponi a également accepté la peine proposée par le Parquet national financier (PNF), à savoir dix mois de prison avec sursis, une amende de 80 000 euros (dont la moitié avec sursis), et cinq ans d’inéligibilité. Une peine homologuée par la présidente de la 32e chambre correctionnelle, spécialisée dans les affaires financières et fiscales.

L’ancien parlementaire faisait l’objet d’une enquête préliminaire ouverte en décembre 2020, après la réception d’un signalement de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, qui soupçonnait un « usage non conforme » de l’indemnité représentative de frais de mandat (IRFM), l’enveloppe des députés théoriquement dévolue aux dépenses effectuées dans le cadre de leur mandat. Dans le cas de M. Pupponi, ce sont 122 459,56 euros qui ont fait l’objet d’un « mauvais usage » d’après Hedy Djilali, le représentant du PNF.

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En France, le grand écart des patrimoines mis en évidence par l’Insee

Avenue Montaigne, à Paris, le 22 mai 2025. LEO VIGNAL / AFP

Alors que les débats ne cessent de s’amplifier autour de la question de la fiscalité des patrimoines, les chiffres publiés mercredi 9 décembre par l’Insee rappellent l’ampleur des inégalités dans ce domaine. Au début de l’année 2024, 10 % des Français détenaient un patrimoine brut (c’est-à-dire en incluant les emprunts encore non remboursés) supérieur à 858 000 euros, tandis que 30 % d’entre eux se contentaient de moins de 40 000 euros. Les 10 % les plus nantis possédaient ainsi près de la moitié de la masse totale du patrimoine brut détenu en France.

Les inégalités de fortune, qui se constituent à partir des donations et héritages, et qui résultent de l’accumulation des biens (immobilier, actifs financiers, bien professionnels) tout au long de la vie sont ainsi deux fois plus fortes en France que les inégalités de revenus. Sur l’indice de Gini, l’indicateur-clé sur ce sujet, l’inégalité entre patrimoines était, début 2024, de 0,652, tandis que celle entre revenus était de 0,299. Un indice de Gini de 0 signale une égalité parfaite, tandis qu’un indice de 1 suppose la situation la plus inégalitaire possible.

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Opération « Trident » : l’itinéraire hors norme de l’indicateur Elias, entre voitures volées, cocaïne et Hezbollah

SÉVERIN MILLET

Il était l’un desinformateurs préférés des services antidrogue français et américains. « Un phénomène », selon l’un de ses anciens agents traitants, ces policiers chargés de la gestion des indicateurs. Le prototype du « mec fiable et efficace », d’après un autre. Une source d’information exceptionnelle, recrutée au début des années 2000 et impliquée dans des enquêtes internationales en Europe, au Proche-Orient, en Afrique de l’Ouest… Mais depuis février, Elias (son prénom a été modifié) dort dans une cellule de prison en région parisienne. Mercredi 10 décembre, a appris Le Monde de source judiciaire, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris doit statuer sur l’appel, formé par ses avocats, d’un cinquième refus de mise en liberté.

La justice le soupçonne d’avoir outrepassé son rôle en détournant de la cocaïne pour la revendre pendant l’opération « Trident », le scandale qui n’en finit plus d’embarrasser l’Office anti-stupéfiants (Ofast). Au printemps 2023, cette « livraison surveillée » organisée conjointement par la justice marseillaise, l’antenne locale de l’Ofast et la Drug Enforcement Administration (DEA), le service fédéral anti-stupéfiants des Etats-Unis, a permis l’acheminement à Marseille, sous la constante surveillance de la police, de près de 400 kilos de cocaïne dissimulés dans un container de bananes en provenance de Colombie.

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DZ Mafia : deux agentes du tribunal judiciaire de Marseille mises en examen pour avoir consulté des documents pour le groupe criminel

Deux jeunes agentes administratives du tribunal judiciaire de Marseille ont été mises en examen, vendredi 5 décembre, a appris Le Monde, mardi 9 décembre, pour la consultation illégale de fichiers que l’une d’elles monnayait à un interlocuteur proche de la DZ Mafia. Toutes les deux travaillent dans un service civil du tribunal et leur implication, à ce stade des investigations, apparaît bien différente. Occasionnel pour l’une, le recours aux fichiers semble beaucoup plus massif et lucratif pour l’autre.

La juge d’instruction a d’ailleurs placé la première sous contrôle judiciaire avec une interdiction professionnelle d’exercer. Pour la seconde, le parquet de Marseille avait requis le placement en détention, mais le juge des libertés et de la détention a fait le choix d’un contrôle judiciaire strict lui interdisant de fréquenter le palais de justice de Marseille et lui fermant la porte à tout emploi au sein des ministères de la justice, de l’intérieur et de la défense. Le procureur de la République a fait appel de ce refus de placement sous mandat de dépôt, une éventualité qu’examinera très prochainement la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône).

Mise en examen pour des délits de détournement de la finalité de traitement de données à caractère personnel mais aussi de violation du secret professionnel, du secret de l’enquête et de l’instruction révélés à une personne susceptible d’être inquiétée, cette deuxième agente vacataire aurait procédé à la consultation de divers fichiers sur une cinquantaine de profils, dont huit liés à des affaires d’assassinat.

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L’enquête a établi des liens avec un ex-petit ami qui, s’il n’est connu que pour des violences conjugales, est le cousin de Mehdi Laribi, alias « Tic », présenté par la police judiciaire comme le patron de la DZ Mafia. Il est également ami avec un narcotrafiquant de premier plan, en fuite à la suite d’une permission de sortie. Ce jeune homme a été mis en examen notamment pour corruption passive et association de malfaiteurs. Alors qu’il a été placé sous contrôle judiciaire en dépit de réquisitions d’un mandat de dépôt, le parquet là encore a fait appel.

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