Chômage au plus haut depuis 2021, inflation… Donald Trump pris dans le piège du coût de la vie

Des fonctionnaires fédéraux, anciens et actuels, manifestent contre la politique de l’emploi de l’administration Trump, devant le ministère du travail, à Washington, le 5 septembre 2025. CHIP SOMODEVILLA/GETTY IMAGES VIA AFP

Les Etats-Unis sortent du brouillard statistique, et le paysage est morose. Le taux de chômage a atteint 4,6 % en novembre, selon les chiffres publiés par le Bureau of Labor Statistics, qui n’avait pas pu donner de chiffre en octobre en raison du shutdown, la fermeture de l’administration fédérale.

Ce chiffre est le plus élevé depuis septembre 2021, quand le pays sortait de la pandémie de Covid-19. Le nombre de chômeurs s’établit à 7,8 millions. Il y a un an, mois de la réélection de Donald Trump, le taux de chômage et le chiffre des demandeurs d’emploi étaient respectivement de 4,2 % et 7,1 millions. Une mauvaise nouvelle pour Donald Trump dont la cote de popularité est au plus bas avec 36 % d’opinions positives, selon Gallup, y compris en matière économique.

Les créations d’emplois sont médiocres elles aussi, limitées à 64 000 en novembre, après un mois d’octobre négatif avec la suppression de 105 000 postes. Ce recul s’explique par la disparition de 160 000 emplois fédéraux dans la foulée des coupes décidées par Elon Musk. A part la santé, l’aide sociale et la construction, tous les secteurs stagnent ou reculent, y compris l’industrie.

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Edika, auteur de BD emblématique du magazine « Fluide glacial », est mort

Le dessinateur de bandes dessinées Edouard Karali, dit « Edika », en 1992. HERVÉ BRUHAT / GAMMA-RAPHO

Les lecteurs de Fluide glacial, amateurs d’humour décalé, bête et gratuit le relèveront peut-être : Edouard Karali, dit « Edika », connu pour laisser ses gags en suspens, a enfin trouvé une chute. Le dessinateur, maître du non-sens et des mises en abyme, est mort le 16 décembre à l’âge de 85 ans, a annoncé le magazine, sur son compte Facebook et sur Instagram.

Né en 1940 à Héliopolis (Egypte), il s’installe au Liban à l’âge de 19 ans, où il travaille comme maquettiste, puis graphiste dans le secteur de la publicité. C’est au pays du Cèdre qu’il découvre, dans un kiosque, un exemplaire de Fluide glacial, magazine plus humoristique que satirique, fondé par Gotlib (1934-2016), Jacques Diament (1936-2025) et Jacques Lob (1932-1990). Un vent de liberté souffle alors sur la bande dessinée française qui s’empare de l’absurde, de la scatologie et s’amuse même à pasticher la pornographie. Son frère Paul, de cinq ans son cadet, s’est établi en banlieue parisienne, où il tente de percer en dessinant dans Charlie Mensuel et Pilote en signant de son nom de famille légèrement modifié, Carali. Tous deux s’échangent des courriers contenant des dessins et des petits strips.

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Les confidences de Susie Wiles, la directrice de cabinet de Donald Trump : le président américain a une « personnalité d’alcoolique », J. D. Vance est « complotiste depuis une décennie »…

Donald Trump et Susie Wiles, à la Maison Blanche, à Washington, le 4 février 2025. EVAN VUCCI/AP

Susie Wiles est la femme la plus puissante du monde, selon Donald Trump. La directrice de son cabinet ne cherche guère la lumière. On la salue pour son absence d’ego et son calme, deux qualités rares dans l’entourage du président américain. Cette fois, pourtant, elle se trouve au cœur de l’attention à Washington. Le magazine Vanity Fair a publié, mardi 16 décembre, un portrait au long cours de cette consultante politique madrée, habituée des campagnes républicaines, qui a dirigé celle de Donald Trump en 2024.

Au fil d’une dizaine d’entretiens avec Susie Wiles au cours de l’année écoulée, le journaliste Chris Whipple a passé en revue les personnages principaux de l’administration, le président lui-même, ainsi que les décisions les plus cruciales et controversées prises à la Maison Blanche. Le résultat, explosif, a provoqué une cascade de réactions dans la capitale.

Fille du célèbre commentateur de football américain Pat Summerall, buveur invétéré, Susie Wiles estime que Donald Trump, lui-même marqué par l’alcoolisme qui a emporté son frère aîné et connu pour n’aimer que les sodas, « a une personnalité d’alcoolique ». En effet, explique-t-elle, il agit en vertu de la conviction « que rien ne lui est impossible. Absolument rien ». Même se représenter en 2028, en violation de la Constitution ? Elle n’y croit pas. « Mais il s’amuse bien avec ça, c’est sûr. » Interrogé par leNew York Post, Donald Trump n’a trouvé rien à redire à ces propos, rendant hommage à Susie Wiles et reconnaissant qu’il avait « une personnalité de type possessif et vulnérable à l’addiction ».

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Le fils de Rob Reiner et Michele Singer va être inculpé pour les meurtres de ses parents

Nick Reiner, à Los Angeles (Californie), le 9 septembre 2025. AUDE GUERRUCCI / REUTERS

Le fils du cinéaste américain Rob Reiner va être inculpé pour les meurtres de ses parents, a annoncé le procureur de Los Angeles, mardi 16 décembre. Nick Reiner, 32 ans, qui a des antécédents d’addictions remontant à l’adolescence, avait été interpellé dimanche soir, quelques heures après la découverte des corps sans vie du réalisateur et de son épouse, Michele Singer, dans leur maison de Brentwood, un quartier huppé de la métropole californienne.

Il sera inculpé de « deux chefs de meurtre avec la circonstance aggravante que les meurtres sont multiples », a déclaré le procureur Nathan Hochman. « Il fait également l’objet d’une accusation particulière pour avoir personnellement utilisé une arme dangereuse et mortelle, à savoir un couteau. Ces chefs sont passibles d’une peine maximale d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle ou de la peine de mort », a-t-il poursuivi. « Nick Reiner est détenu sans caution », a précisé le magistrat.

Il devrait être inculpé dès qu’il sera en état de comparaître pour ce double meurtre, dont le mobile reste à ce stade inconnu. Il a été déclaré médicalement inapte à comparaître mardi.

« Chaque détenu doit obtenir une autorisation médicale avant de pouvoir être transféré », a expliqué à la presse son avocat, Alan Jackson. « Les services du shérif évalueront la situation au jour le jour », a-t-il ajouté.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La mort tragique de Rob Reiner, réalisateur de « Spinal Tap » et de « Quand Harry rencontre Sally »

Cures de désintoxication à répétition

Selon les médias américains, Rob Reiner, 78 ans, et son épouse de 68 ans ont été poignardés. Nick Reiner avait perturbé une fête de fin d’année où il était invité avec ses parents la veille des meurtres, a rapporté NBC News.

Il est tombé dans l’addiction dès son adolescence, selon la presse américaine, qui fait le récit de cures de désintoxication à répétition et même d’un moment passé à vivre à la rue. C’est en s’inspirant de sa propre expérience qu’il avait coécrit un film réalisé par son père, Being Charlie (2015), qui raconte le difficile rétablissement d’un fils de célébrités ravagé par les drogues.

Cinéaste éclectique et citoyen résolument engagé, Rob Reiner a eu une longue carrière à Hollywood, comme acteur et réalisateur. De la comédie romantique – Quand Harry rencontre Sally – au thriller terrifiant – Misery, adapté d’un roman de Stephen King – en passant par le récit initiatique – Stand by me qui a révélé River Phoenix -, Rob Reiner a essayé tous les genres, souvent avec succès.

En marge de ses activités à Hollywood, Rob Reiner était un militant de gauche, proche des démocrates. Il défendait le droit au mariage pour tous et restait un critique virulent du gouvernement de Donald Trump. Lundi, le président américain a attribué le meurtre du cinéaste à son anti-trumpisme « enragé », un message virulent qui a outré jusque dans le camp conservateur.

Le Monde avec AFP

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Nos choix de podcasts : une fiction à vous donner des frissons et des femmes qui prennent le micro et la parole

LA LISTE DE LA MATINALE

Pour cette sélection des podcasts du mois de décembre, place aux femmes avec les réalisations des documentaristes Sophie Simonot, de Ruth Zylberman ainsi que de l’historienne Michelle Perrot.

Frissonner de plaisir

« L’Envol des corbeaux », de Vincent Bellée. YIESSONOU/RADIO FRANCE

D’abord dire combien les réalisatrices et réalisateurs de Radio France ont du talent : il n’y a qu’à écouter « Le Silence (Argument) » réalisé par Cédric Aussir et « Le Comte de Monte-Cristo » de Sophie-Aude Picon pour s’en convaincre. Et voici que Baptiste Guiton – le réalisateur, entre autres, de « Fureurs » et « Projet Orloff », dont on attend, avec une belle impatience, la saison 3 – nous offre deux heures sidérantes sur un plateau. C’est grâce au collectif Amots découverts, un comité de lecture dramatique animé par le comédien et metteur en scène Michel Cochet, qu’il a découvert « L’Envol des corbeaux », d’un jeune auteur de théâtre caennais, Vincent Bellée : « Son écriture travaille davantage dans le creux que dans le plein. Ce sont les doutes, les incertitudes, les zones d’ombre, les incompréhensions parfois, qui nous tiennent en haleine. C’est la part manquante, le vide, l’absence qui rend le récit captivant, avec une capacité à faire cohabiter l’humour et le drame, le païen et le mystique, le piteux et le panache. »

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« Si nous ne faisons rien, les Blancs seront bientôt une minorité aux Etats-Unis » : dans l’Arkansas, la citadelle des suprémacistes blancs

Au premier regard, la communauté Return to the Land, soit « retour à la terre », pourrait ressembler à n’importe quel village reclus de l’Amérique rurale. A Ravenden, patelin de quelques centaines d’habitants du nord-est de l’Arkansas, au bout d’une piste de terre longue de plusieurs kilomètres, un portail surmonté d’un drapeau américain s’ouvre sur des poules affolées et une poignée d’enfants qui s’esclaffent. Des cabanes en bois jouxtent les fondations de plusieurs maisons en construction sur 65 hectares de terrain vallonné, à travers lequel serpente une rivière.

Garée à la va-vite au bord d’un chemin de pierre, une imposante excavatrice laisse supposer que d’ambitieux travaux sont en cours. Les visiteurs sont accueillis avec un sourire et une poignée de main énergique. Comme si les fondateurs de cette petite société voulaient faire oublier la violence de leur projet. Car Return to the Landest le premier quartier résidentiel pour suprémacistes blancs aux Etats-Unis.

Ce 26 novembre, comme des dizaines de millions d’Américains, les 40 habitants de Return to the Land, dont une douzaine d’enfants, se préparent à fêter Thanksgiving, qui aura lieu le lendemain. Soit la célébration du mythe fondateur des Etats-Unis, en mémoire des colons britanniques arrivés au début du XVIIe siècle – qui ont survécu grâce à la nourriture fournie par les populations autochtones. En plus de la traditionnelle dinde accompagnée de purée de pommes de terre, plusieurs familles ont prévu des kilos de rosbif et des cookies par dizaines.

« Vision traditionnelle »

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Le travail d’équilibriste du mandataire judiciaire auprès des personnes sous curatelle et tutelle : « Je n’en ai pas rien à foutre, Madame, sinon je ne serais pas là »

Thomas Laurent, mandataire judiciaire, dans son bureau, à Caen, le 9 décembre 2025. GUILLAUME BLOT POUR « LE MONDE »

Il n’a pas fallu deux minutes avant la première volée de bois vert. « Bon, qu’est-ce que vous voulez savoir ? », attaque Mme B., 93 ans, à l’arrivée de son mandataire judiciaire dans la chambre de son Ehpad. « Déjà, comment allez-vous ? », s’enquiert Thomas Laurent, 35 ans, brun calme aux yeux foncés. « Vous en avez rien à foutre ! », rétorque la retraitée, atteinte d’Alzheimer. « Je n’en ai pas rien à foutre, sinon je ne serais pas là, lui fait-il observer. Je suis votre mandataire judiciaire, je gère vos papiers et vos besoins depuis plusieurs mois. » « Oui, non j’ai pas besoin », balaie-t-elle.

Le juge des contentieux de la protection de Caen a placé Mme B. en curatelle renforcée, estimant ses facultés cognitives altérées par la maladie. Il a désigné Thomas Laurent comme curateur, faute d’accord entre les quatre enfants. C’est donc lui qui perçoit les revenus de la nonagénaire, règle ses dépenses et l’assiste dans les décisions importantes, en s’assurant qu’elle va bien – une curatelle simple l’aurait cantonné à un rôle de conseil et de surveillance.

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Le périscolaire, un secteur fragile face aux agresseurs sexuels

SERGIO AQUINDO

En quelques mois, la succession de cas d’agressions sexuelles sur des enfants dans le cadre périscolaire a cristallisé les inquiétudes sur ce secteur, qui accueille chaque jour plusieurs millions d’enfants de moins de 13 ans. Paris, qui prend en charge un nombre d’élèves sans équivalent parmi les autres municipalités françaises, concentre à lui seul plusieurs dizaines de témoignages, constituant l’exemple le plus saisissant de cette série : 19 animateurs de la Ville de Paris y ont été suspendus en 2025 pour des signalements à caractère sexuel, tandis que le parquet de Paris a ouvert 15 enquêtes pour des faits d’agressions sexuelles dans des écoles maternelles sur des enfants de moins de 5 ans.

Des exemples similaires émaillent aussi régulièrement la presse locale. A Morigny-Champigny, dans l’Essonne, un animateur périscolaire a ainsi été mis en examen le 27 novembre pour des agressions sexuelles sur 10 enfants. A Perpignan, un salarié d’un centre de loisirs a été suspendu et placé en détention provisoire en septembre, accusé d’agression et exhibition sexuelles sur quatre victimes. En juillet, c’est en Haute-Savoie qu’un animateur a été mis en examen pour agression sexuelle sur neuf enfants de 4 à 10 ans.

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A Nankin, le passé hante les relations entre la Chine et le Japon

Des visiteurs prennent la pose sur le plateau de tournage de « Dead to Rights », un drame historique chinois relatant le massacre de Nankin en 1937, perpétré pendant l’occupation japonaise lors de la seconde guerre sino-japonaise. Au Parc du film de Shanghaï, le 27 août 2025. HECTOR RETAMAL / AFP

La capitale du Jiangsu a tous les attributs d’une métropole chinoise approchant des 10 millions d’habitants comme les autres : ses deux imposantes gares de trains à grande vitesse, ses immenses centres commerciaux et ses gratte-ciel grimpant jusqu’à 450 mètres sont tournés vers l’avenir. En plein centre-ville pourtant, plusieurs sites viennent rappeler le lourd passé de Nankin, ville martyre de l’occupation japonaise. Le plus important est le mémorial du massacre qui s’y déroula à l’hiver 1937, un bâtiment gris, sombre. Devant la porte principale, une grande statue d’une femme meurtrie, le haut des habits déchiré et portant dans ses bras le corps de son enfant, attire le regard des visiteurs.

Alors capitale de la Chine républicaine, Nankin avait été prise d’assaut le 13 décembre 1937 par les troupes japonaises qui venaient de mener la bataille de Shanghaï, à 300 kilomètres de là. Jusqu’à la fin janvier 1938, l’armée impériale nippone y procéda à des exécutions de masse de civils, dont les corps s’empilèrent le long de la rivière Qinhuai, l’affluent du Yangzi qui traverse la cité. Les historiens débattent du bilan, mais la Chine l’estime à 300 000 morts, tandis que des dizaines de milliers de femmes ont été violées.

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Louise Chevillotte, actrice dans « La Condition », de Jérôme Bonnell : « La lente émancipation de mon personnage est comme une naissance »

Louise Chevillotte, à Paris, le 1ᵉʳ décembre 2025. JOEL SAGET/AFP

A la sortie de L’Amant d’un jour, en 2017, le Tout-Paris de la critique ne parlait que d’elle. Philippe Garrel y dévoilait, dans tous les sens du terme, une toute jeune étudiante du Conservatoire. Cheveux auburn et taches de rousseur, visage d’enfant sur corps de femme. Louise Chevillotte promène depuis sa singularité du grand écran au théâtre, de petit en grand rôle, essentiellement du côté du cinéma d’auteur. Mais beaucoup ont découvert la comédienne, 30 ans tout juste, dans Les Hautes Herbes, la série que Jérôme Bonnell a réalisée pour Arte en 2022.

Le rôle de Victoire dans La Condition tient en grande partie à leur envie de retravailler ensemble, même si la comédienne a dû convaincre le réalisateur de son adéquation avec ce personnage de jeune mariée qui ne parvient pas à se conformer aux exigences du couple bourgeois qu’elle forme avec André (Swann Arlaud), dans la France de 1908. « Quand il m’a parlé du film, [Jérôme] avait déjà vu plusieurs personnes pour le rôle. J’ai compris par là qu’il ne me visualisait pas complètement dedans. Mais quand j’ai lu le scénario, je me suis dit qu’il fallait absolument que je fasse ce film. Cette lente émancipation de Victoire, c’est comme une naissance ! »

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