Fin de vie : le gouvernement propose au Sénat d’examiner les deux textes après le projet de budget

Maud Bregeon, la porte-parole du gouvernement, à Paris, le 14 octobre 2025. JULIEN DE ROSA / AFP

Le gouvernement va proposer au Sénat d’entamer le débat sur la « fin de vie » après l’examen du projet de budget, afin qu’il soit tranché « avant l’élection présidentielle de 2027 », déclare sa porte-parole, Maud Bregeon, dans un entretien publié samedi 18 octobre par Le Parisien.

Deux propositions de loi sont concernées. Une première assez consensuelle sur les soins palliatifs et une autre, nettement plus sensible, sur la création d’une aide à mourir. Les deux textes ont été adoptés à la fin du mois de mai en première lecture à l’Assemblée nationale, mais la date de leur examen au Sénat n’est toujours pas entérinée.

« Nous proposerons au Sénat l’inscription des deux textes, sur les soins palliatifs et l’aide active à mourir, à l’issue de l’examen du budget, a assuré Maud Bregeon. Ce débat devra être tranché avant la présidentielle de 2027. »

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Fin de vie : le débat parlementaire à nouveau en suspens

« Nous sommes dans l’enlisement »

Le Sénat avait initialement prévu deux semaines d’examen de ces textes, à partir du 7 octobre, mais la censure du gouvernement de François Bayrou a entraîné un premier report. Une discussion avait ensuite été envisagée à partir du 20 octobre, mais cette date n’a pu être respectée en raison de la démission, le 6 octobre, du premier ministre, Sébastien Lecornu, finalement renommé au même poste quelques jours plus tard.

Ces reports font craindre une impossibilité d’aboutir à un vote final avant la prochaine élection présidentielle. Deux lectures seront en effet nécessaires dans chaque chambre, et le Sénat, qui est dominé par la droite et le centre et qui a émis certaines réserves, pourrait modifier le texte sur l’aide à mourir.

Cette proposition de loi du député du groupe MoDem Olivier Falorni, engagé depuis des décennies pour cette cause, crée un « droit à l’aide à mourir » consistant à « autoriser et à accompagner » un malade qui le souhaite à s’administrer une substance létale, ou à se la faire administrer s’il n’est « pas en mesure physiquement d’y procéder ». Elle légalise donc le suicide assisté, et de manière exceptionnelle l’euthanasie, sans pour autant que ces mots jugés connotés négativement ne figurent dans le texte.

« Nous sommes dans l’enlisement », a dénoncé samedi sur France Inter le député apparenté MoDem Olivier Falorni, à l’origine des propositions de loi sur la fin de vie. Selon l’élu centriste, « le groupe LR [au Sénat] majoritaire fait tout pour que ce débat n’ait pas lieu ». Il faut donc soit que le gouvernement, qui dispose de semaines réservées, inscrive « dans l’ordre du jour du Sénat ces deux textes importants », soit « recourir au référendum ».

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Le shatta, vague dansante venue de Martinique, propulsée par Maureen

Maureen, dans les locaux de Because Music, à Paris, le 22 septembre 2025. CAMILLE NIVOLLET/HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

Il est 2 h 30 du matin, dans un club en sous-sol, près de la tour Montparnasse, à Paris. Cinq DJ martiniquais enchaînent à un rythme effréné les derniers tubes de shatta, un genre inventé sur leur île, dérivé du dancehall jamaïcain (le reggae numérique né dans les années 1990). Trente à cinquante secondes par morceau, pas plus, la durée d’une vidéo sur TikTok.

Avant d’être mis en avant sur le réseau social, le shatta avait d’abord été diffusé, au milieu des années 2010, sur le site de partage de musiques SoundCloud. La basse de ce rythme caribéen est imposante et omniprésente ; les paroles, en français et en créole, sont souvent coquines. Dans la salle du Redlight, le public, des vingtenaires antillais et métropolitains, connaît les refrains par cœur, qu’il chante en hurlant. « Clap, clap, clap, je parle pas d’applaudissements », ironisent ainsi Natoxie et TKD, en faisant référence au bruit d’un fessier en plein twerk.

Il vous reste 87.85% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Guerre en Ukraine : les travaux pour rétablir l’alimentation électrique de la centrale de Zaporijia devraient durer une semaine. Retrouvez les informations du 12 au 18 octobre.

Le gouvernement ukrainien promet un renforcement de la protection des infrastructures essentielles

La première ministre ukrainienne, Ioulia Svyrydenko, a promis samedi un renforcement de la protection des infrastructures essentielles, notamment les sites de production d’énergie, et une accélération de la remise en état de celles qui ont été endommagées, à l’issue d’une réunion de crise.

« Nous devons agir rapidement pour que les gens aient toujours de la lumière, de la chaleur et de l’eau, malgré les bombardements ennemis », souligne-t-elle sur Telegram. La cheffe du gouvernement annonce ainsi la création d’un Centre de coordination pour la protection technique, chargé de définir les priorités de financement et de restauration des infrastructures, qui réunira des représentants du gouvernement, des autorités locales et des entreprises du secteur.

Une mise à jour des dépenses financées par l’Etat permettra, par ailleurs, d’allouer plus rapidement des fonds publics à la construction, la réparation et la protection des infrastructures énergétiques « afin qu’elles fonctionnent même en cas d’attaques », promet-elle. Le gouvernement a, en outre, adopté une série de décisions permettant d’accélérer la construction de « protections techniques » autour des infrastructures énergétiques, de transport et des installations vitales, poursuit Ioulia Svyrydenko, sans préciser leur nature.

Enfin, des sommes supplémentaires issues du fonds de réserve ont été allouées à la protection et à la restauration des infrastructures critiques dans les régions proches du front, ainsi qu’à la compagnie ferroviaire Ukrzaliznytsia.

Source

Budget 2026 : la commission des finances se prépare à la bataille des amendements

C’est un premier objectif non tenu dans la longue bataille budgétaire qui s’annonce. Les députés de la commission des finances ont déposé 1 744 amendements, selon le site de l’Assemblée nationale dans la soirée du samedi 18 octobre, sur la première partie concernant les recettes du projet de loi de finances (PLF) 2026. Un débord de plus de 500 amendements par rapport aux objectifs fixés par le bureau de cette même commission qui doit débuter l’examen du texte lundi 20 octobre à 9 heures dans un timing ultra-serré, synonyme de débats très intenses.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Budget : le Parlement se prépare à une bataille inédite

Cela n’inquiète pas pour autant Eric Coquerel, député La France insoumise de Seine-Saint-Denis et président de la commission des finances. Le nombre d’amendements est en léger recul par rapport à l’an dernier (1 857) et l’examen de leur recevabilité durant le week-end – déjà seize ne l’étaient pas samedi en fin d’après-midi selonles équipes du président – devrait encore faire baisser ce chiffre, ajouté à quelques retraits possibles. « C’est un nombre normal d’amendements pour un PLF, tempère Eric Coquerel. La seule chose anormale, c’est de commencer l’examen deux semaines plus tard. Le rythme s’annonce soutenu mais ça tiendra. »

Ces derniers jours, tous les groupes parlementaires s’étaient mis d’accord pour ne pas obstruer le débat parlementaire sur le budget et ne pas dépasser le délai constitutionnel des 70 jours pour le voter. « C’est probablement la discussion budgétaire la plus préparée de la Ve République, assure Philippe Brun (Parti socialiste, Eure). Dans tous les groupes, il y a une volonté d’aller au bout et surtout d’éviter un budget par ordonnances en cas de dépassement du délai. »

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Budget 2026 : est-il encore possible de tenir les délais ?

Une « limite » dépassée par le socle commun

Le bureau de la commission des finances s’était donc réuni mercredi pour proposer un objectif non contraignant de 1 200 amendements, chaque groupe ayant une « limite » proportionnelle à son poids dans l’Hémicycle. Les bons élèves sont à l’extrême droite, où le Rassemblement national et ses alliés ciottistes se sont contentés d’à peine plus de 200 amendements, toujours selon le site de l’Assemblée, soit autant que le groupe d’indépendants de LIOT (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) qui ne compte qu’une vingtaine de députés. Les groupes de gauche, eux, s’étaient concertés dans la semaine pour restreindre leur nombre d’amendements bien que cela n’ait pas empêché un dépassement (plus de 550 au total).

Il vous reste 68.11% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

L’OM prend les commandes de la Ligue 1 après son carton sur Le Havre

Le Marseillais Mason Greenwood (maillot blanc), auteur de quatre buts contre Le Havre, au Stade Vélodrome de Marseille, le 18 octobre 2025. MANON CRUZ / REUTERS

Changement de leader au sommet de la Ligue 1. L’Olympique de Marseille (OM) a profité, samedi 18 octobre, des faux pas du Paris Saint-Germain – tenu en échec vendredi à domicile par Strasbourg (3-3) – et de l’Olympique lyonnais – battu samedi à Nice (3-2) – pour s’emparer seul des commandes du championnat à la faveur d’un succès spectaculaire 6-2 obtenu en soirée sur Le Havre, lors de la 8e journée.

Lire aussi | Le Paris Saint-Germain, bousculé par Strasbourg, revient de loin pour accrocher le nul et conserver la première place

Pourtant, au soir de la 3e journée fin août, quand l’OM s’était incliné à Lyon pour la deuxième fois de la saison, dans une ambiance lourde, rien ne laissait présager un revirement si rapide. La série de cinq succès en cours est le marqueur d’une force nouvelle de l’équipe de Roberto De Zerbi, capable en outre de marquer six buts dans une soirée où elle a pourtant longtemps été laborieuse, loin de la formation brillante du mois de septembre, qui avait tant plu à l’entraîneur italien.

« C’est une journée importante, parce que l’OM repasse premier (…) Mais on est le 18 octobre, pas le 18 mai. La première place ne compte pour rien », a tempéré le technicien après ce large succès.

Samedi, la dernière demi-heure a été un feu d’artifice mais, sous les yeux de l’ancien gardien Steve Mandanda, invité d’honneur dont le numéro 30 a été définitivement retiré par le club phocéen, les Marseillais ont commencé cette partie qui pouvait leur rapporter gros sur un tout petit tempo. Dominés mais loin d’être asphyxiés, les Havrais ont ainsi été les premiers à marquer. A la 24e minute, Yassine Kechta a en effet ouvert la marque d’une jolie frappe croisée, après s’être joué de Greenwood et Matt O’Riley (1-0).

Un pénalty et une exclusion controversés

Dans les buts, Jeffrey De Lange, titularisé pour laisser Geronimo Rulli se reposer un peu après ses voyages avec l’Argentine, a encore dû intervenir devant Doucouré (29e) et l’OM semblait alors bien fragile. Mais tout a basculé dans la minute suivante sur une action à la fois limpide et confuse : la main à l’entrée de la surface de réparation de Gautier Lloris, embarqué par un beau contrôle de Pierre-Emerick Aubameyang, était évidente mais après avoir consulté les images, l’arbitre Bastien Dechepy a décidé d’exclure le défenseur havrais – initialement averti – et il a confirmé le penalty accordé à l’OM, la position exacte de la faute de main de Lloris semblant difficile à établir.

La main de Lloris « est vraiment [en] dehors [de la surface de réparation], oui. Mais ne vous inquiétez pas, ils vont trouver les images qui prouvent que, le bon angle qui montre que… », a regretté après le match l’entraîneur havrais, Didier Digard, remonté aussi par l’attitude des Marseillais. « Moi aussi j’aurais réclamé le rouge. Mais c’est la manière dont ça a été fait qui me dérange, ce comportement envers nous. C’est pesant, fatigant », a-t-il jugé.

Mason Greenwwod, lui, n’a pas hésité et a transformé le penalty pour ramener l’OM dans le match (1-1, 34e). Désormais en supériorité numérique, les Marseillais ont accentué leur domination mais ont été maladroits, comme Igor Paixao et surtout Angel Gomes dans le temps additionnel de la première période, ou Aubameyang qui, juste après la pause, aurait pu mieux faire sur une passe en or de Greenwood.

Lire l’entretien | Article réservé à nos abonnés Medhi Benatia, directeur du football à l’OM : « On a perdu Adrien Rabiot, mais on s’est renforcé partout »

Mais au fil des minutes et de la fatigue qui gagnait le camp d’en face, l’OM a commencé à trouver des espaces et, après sa première période paresseuse, a fini très fort, porté par l’efficacité de Greenwood. En à peine plus de dix minutes, l’Anglais a en effet ajouté trois buts à son penalty pour s’offrir un quadruplé et une sortie sous l’ovation debout du Vélodrome.

Newsletter

« Sport »

Enquêtes, reportages, analyses : l’actualité du sport dans votre boîte e-mail chaque samedi

S’inscrire

Le Monde Guides d’achat

Cadenas de vélo

Les meilleurs cadenas de vélo

Lire

Newsletter

« Sport »

Enquêtes, reportages, analyses : l’actualité du sport dans votre boîte e-mail chaque samedi

S’inscrire

A la 67e minute, il a d’abord superbement conclu un beau mouvement lancé par l’entrant Robinio Vaz et Paixao (2-1). Puis il a porté le score à 3-1 sur une bonne passe du même Vaz (72e) avant de profiter d’un débordement de Benjamin Pavard pour couler définitivement les Havrais (4-1, 76e).

Ensuite, le spectacle s’est poursuivi avec un but mérité pour le jeune Vaz (5-1, 88e), une volée magnifique d’Abdoulaye Touré pour consoler un peu les Havrais (2-5, 90 + 2) puis un dernier but d’Amir Murillo dans la minute suivante pour conclure le festival (6-2).

« Ça a été un match difficile. On n’a pas été très brillants, quelques joueurs n’étaient pas au top de leur condition, pour plusieurs raisons. En Ligue 1, tu dois suer à chaque match pour gagner », a rappelé Roberto De Zerbi.

Lyon et Monaco piétinent

Nouveau leader, l’OM va maintenant devoir gérer une semaine à deux déplacements, mercredi sur la pelouse du Sporting Lisbonne en Ligue des Champions, puis le week-end prochain à Lens. Les Marseillais seront attendus et ils ont maintenant la pression des premiers de la classe, eux qui, avec 18 points au compteur, comptent une unité d’avance sur le PSG, deux sur Strasbourg et trois sur l’Olympique lyonnais.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés OM-PSG : sur le terrain et en dehors, l’Olympique de Marseille à l’assaut de l’hégémonie du Paris Saint-Germain

Car, un peu plus tôt dans la journée, Lyon a manqué l’occasion de passer devant Paris en concédant une deuxième défaite de rang, à Nice (3-2). Un doublé de Pavel Sulc n’a fait que réagir au réalisme niçois, avec des buts de Melvin Bard, Sofiane Diop et Hicham Boudaoui. L’équipe azuréenne enregistre ainsi une troisième victoire bienvenue et se replace à la huitième place avec 11 points.

Autre équipe du haut du tableau, Monaco devait lancer l’ère Sébastien Pocognoli, appelé après le renvoi d’Adi Hütter. Mais à Angers, dans un match plutôt terne, les joueurs de la Principauté n’ont pu faire mieux qu’un match nul (1-1). Deux entrants, Folarin Balogun et Sidiki Chérif, ont marqué. Monaco est cinquième avec 14 points, le SCO avant-dernier avec 6 points, comme Le Havre.

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

EN DIRECT, Gaza : Israël a récupéré les deux nouvelles dépouilles rendues samedi par le Hamas

Israël conditionne la réouverture de Rafah au retour des dépouilles d’otages retenues à Gaza

Le poste-frontière de Rafah, entre Gaza et l’Egypte, restera fermé « jusqu’à nouvel ordre », a affirmé, samedi, le bureau du premier ministre israélien, conditionnant sa réouverture à la remise des dépouilles d’otages encore retenues à Gaza par le Hamas.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, « a ordonné que le passage frontalier de Rafah reste fermé jusqu’à nouvel ordre », a fait savoir son bureau dans un communiqué. « Sa réouverture sera envisagée en fonction de la manière dont le Hamas s’acquittera de ses obligations en matière de restitution des otages et des corps des défunts, et de mise en œuvre du cadre convenu », poursuit le texte.

Ces déclarations contredisent celles de l’ambassade palestinienne en Egypte, qui a affirmé un peu plus tôt dans la journée que le poste-frontière de Rafah rouvrirait lundi 20 octobre afin de permettre aux Palestiniens vivant en Egypte de rentrer dans le territoire.

Jeudi 16 octobre, les autorités israéliennes avaient précisé que lors de la réouverture du poste, seuls les déplacements de personnes seraient autorisés, et non le passage de l’aide humanitaire. L’armée israélienne a pris le contrôle du côté palestinien du passage de Rafah début mai 2024, affirmant que l’installation était « utilisée à des fins terroristes » et pour la contrebande d’armes.

A la suite de cette prise de contrôle, tout accès au point de passage a été suspendu, y compris celui du personnel des Nations unies. Le point de passage a été brièvement rouvert pendant le précédent cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur le 19 janvier 2025.

Source

La mort de Mamadou Garanké Diallo ou le destin tragique d’une intégration ordinaire

« Je suis désolé. J’ai pas voulu quitter là-bas, maman, franchement (…) C’est mon avenir que je regarde. Bisous. Je vous embrasse. Amen, Amen. » Sur son téléphone portable, Lara Levesque réécoute les messages laissés par Mamadou Garanké Diallo ces derniers mois. Il lui explique avoir quitté à regret la région rouennaise, où il résidait depuis six ans, pour rejoindre l’Angleterre. Lara Levesque hébergeait ce Guinéen de 21 ans depuis un an et demi à son domicile de Darnétal, en périphérie de Rouen. Le jeune homme l’appelait affectueusement « maman ».

Dans la maison de cette travailleuse sociale de 53 ans, qu’elle avait ouverte depuis des années et de façon bénévole à des « jeunes fragilisés », la chambre de Mamadou est vide, désormais. Son peignoir est toujours suspendu au-dessus du lit, son sac à dos posé au sol. Mamadou Garanké Diallo a été retrouvé mort, dans la nuit du 17 septembre, à Loon-Plage (Nord), non loin des campements dans lesquels les migrants se regroupent avant de traverser la Manche. Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de son décès. Il pourrait avoir fait une chute ou avoir été écraséen essayant de se cacher dans un poids lourd, sur un parking à proximité du terminal de ferrys où des camions embarquent pour Douvres (Royaume-Uni).

Le jeune homme ne rêvait pas d’Angleterre, mais il avait perdu espoir après avoir reçu une obligation de quitter le territoire français (OQTF), au mois de mai. « Il n’a pas su comment gérer, il a eu peur », croit Alpha (les personnes citées par leur prénom ont souhaité conserver leur anonymat), un Guinéen de 24 ans qui l’a connu au centre de formation d’apprentis Simone-Veil. Dans cet établissement rouennais, Mamadou a suivi un CAP de boucher, lui qui n’avait jamais été scolarisé. Claude Renard se souvient de cet adolescent qui s’était présenté à sa boucherie, à Darnétal, à la recherche d’un contrat en alternance. « C’était un gars plein de vie, joyeux. Il ne rechignait pas sur le travail », rapporte cet homme de 63 ans, désormais retraité et qui le considérait « un peu comme [son] gamin ». Il l’avait amené dans sa ferme de Bois-d’Ennebourg où il élève des vaches et dans sa maison secondaire à Courseulles-sur-Mer, dans le Calvados.

Il vous reste 71.52% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

« Dracula », le monstre instrumentalisé de Radu Jude

Image extraite du film « Dracula » de Radu Jude. METEORE FILMS

L’AVIS DU « MONDE » – A VOIR

Le Roumain Radu Jude reste un épicentre en Europe. On en parlait ici, il y a trois semaines, à propos de son film Kontinental ’25, qui, par la malice du cinéaste ou de ses distributeurs français, a contrevenu aux lois de la tectonique des plaques. La réplique du séisme l’a précédé. Car le « modeste » et « sobre » Kontinental ’25 a été capté à la marge ou dans les replis de ce Dracula, comme lui tourné à l’iPhone 15 en Transylvanie, mais lui obscène et dégueulant. Pendant près de trois heures, des variations tour à tour blafardes, bouffonnes et saillantes sur le vampire national.

On tient ou l’on ne tient pas, on part ou l’on ne part pas. On considère que c’est une incursion dans l’enfer des images ou une simple transgression d’artiste « épate-bourgeois ». On parlait l’autre fois, à propos de Radu Jude, de cinéaste « Frankenstein », n’aimant rien tant que couturer l’inconciliable et le disgracieux. Eh bien voici sa version Frankenstein de Dracula, ce qui est déjà un geste en soi.

Parodies et digressions

Les deux figures dominèrent le cinéma d’épouvante des années 1930, mais en représentaient comme les deux pôles opposés. D’un côté, la créature de Frankenstein, l’aliénation même, la chose fabriquée et exploitée, qui prit d’ailleurs à la fin du XXe siècle le dessus dans le registre horrifique, par le biais des zombies, et, de l’autre, un comte et un monstre d’intelligence, aristocrate d’obscurs confins transylvaniens, sa tyrannie prédatrice étant renvoyée à des marges barbares – pour mieux se perpétuer peut-être.

Il vous reste 71.36% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Au procès de Cédric Jubillar, une peine de trente ans de réclusion criminelle requise contre l’accusé pour le meurtre de son épouse, Delphine

Cédric Jubillar, le 10 octobre 2025, devant la cour d’assises du Tarn. SERGIO AQUINDO POUR « LE MONDE »

Une peine de trente ans de réclusion criminelle a été requise, mercredi 15 octobre, contre Cédric Jubillar par les avocats généraux, qui ont tous deux conclu à sa culpabilité, l’un retraçant le cheminement de l’enquête, l’autre partant de l’hypothèse de l’innocence pour en démontrer l’incohérence. Jugé depuis plus de trois semaines pour le meurtre de son épouse, Delphine, née Aussaguel, disparue à Cagnac-les-Mines dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, il n’a pas cessé de clamer son innocence à l’audience, tout en affichant contradictions et nervosité.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au procès de Cédric Jubillar, l’accusé répète qu’il est « innocent », entre les « je sais pas » et les « je me souviens plus »

« Le crime parfait attendra, le crime parfait, ce n’est pas le crime sans cadavre mais celui pour lequel on n’est pas condamné, et vous allez être condamné, M. Jubillar », a lancé l’avocat général Pierre Aurignac à l’accusé, resté sans réaction, au terme de quatre heures de réquisitoire des deux représentants du ministère public devant la cour d’assises du Tarn. M. Aurignac a également précisé qu’il allait requérir le retrait de l’autorité parentale au peintre-plaquiste de 38 ans, lors de l’audience civile à venir.

Critiquant une défense « tombée dans les travers » qu’elle dénonçait, à savoir un « battage médiatique féroce », tout comme son obsession d’un « complot » contre leur client, l’avocat général a affirmé vouloir suivre leur logique en prenant pour hypothèse de départ l’innocence de Cédric Jubillar, qui nie avoir tué sa femme.

Mais, au terme d’un long développement reprenant une nouvelle fois tous les éléments du dossier, M. Aurignac a conclu : « Pour défendre l’idée de l’innocence de M. Jubillar, il faut écarter quatre experts, faire taire 19 témoins et tuer le chien pisteur » qui a permis d’établir que l’infirmière de 33 ans n’a pas quitté son domicile vivante, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. « On a beau prendre ce dossier par tous les bouts, on arrive au même résultat : la culpabilité », a-t-il martelé.

Deux faces de sa personnalité

Le chef du pôle des affaires criminelles du parquet général de Toulouse n’a pas nié les souffrances du parcours de l’accusé, son enfance chaotique, « son passé d’abandon et de violence », mais il a aussi décrit ce type « imbuvable, arrogant et vulgaire », qui « fanfaronne » sur son crime auprès de ses codétenus et de ses nouvelles compagnes.

D’un côté, Cédric, de l’autre, Jubillar, les deux faces de cette personnalité se livrant depuis quatre ans et demi à un « gigantesque combat pour maintenir une stabilité psychique » face au crime commis. « Beaucoup attendaient des réponses à ce procès, les attentes seront déçues. Il ne rendra jamais le corps de Delphine, elle est à lui pour l’éternité », a déploré M. Aurignac, avant de requérir la peine.

« Il est coupable, a auparavant déclaré Nicolas Ruff, le premier avocat général à s’exprimer mercredi après-midi. Je prononce ces mots qui accusent, en en assumant pleinement les conséquences et en espérant vous convaincre de condamner Cédric Jubillar », a-t-il conclu, au terme de deux heures de réquisitoire.

« Au bout du chemin, je n’ai aucun doute sur le fait que Delphine Aussaguel est morte » le soir du 15 décembre 2020, « je n’ai aucun doute sur le fait que c’est Cédric Jubillar qui l’a tuée », a-t-il affirmé, estimant que les jurés devraient, eux aussi, parcourir le même chemin, en se posant « les mêmes questions ».

Newsletter

« La revue du Monde »

Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer

S’inscrire

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Le Monde Ateliers

Cours en ligne, cours du soir, ateliers : développez vos compétences

Découvrir

Newsletter

« A la une »

Chaque matin, parcourez l’essentiel de l’actualité du jour avec les derniers titres du « Monde »

S’inscrire

Newsletter

« La revue du Monde »

Chaque week-end, la rédaction sélectionne les articles de la semaine qu’il ne fallait pas manquer

S’inscrire

Descendu dans le prétoire pour s’adresser « uniquement » à la cour et aux jurés, M. Ruff, vice-procureur de Toulouse, les a appelés à ne pas rendre une « justice des on-dit », une « justice des certitudes fainéantes », dans un dossier qui a vu « le pire de ce que peut être la médiatisation », son collègue Pierre Aurignac y ayant d’ailleurs vu des similitudes avec les dérives journalistiques d’un autre dossier historique, celui du petit Grégory.

Sans hausser le ton, regardant régulièrement l’accusé et sa défense, Nicolas Ruff s’est défendu d’être un « mercenaire de l’accusation », affirmant livrer son « analyse factuelle et juridique d’un dossier ». Et si l’absence du corps de Delphine Jubillar « rend votre travail judiciaire plus compliqué », a-t-il dit aux jurés, « elle n’empêche pas la justice de travailler » et « on doit condamner quand il y a des éléments qui convergent », a-t-il insisté.

Un « départ définitif »

Reprenant le leitmotiv qui a guidé la défense, à savoir celui d’un « dossier vide », il a égrené pendant plus de deux heures les principaux éléments de l’enquête, les précédant de la formule : « Dire que ce dossier est vide, c’est ne pas voir… » les lunettes brisées de la disparue, les cris d’effroi entendus par les voisines, le témoignage de son fils Louis, le téléphone éteint de l’accusé, la voiture garée dans un sens démontrant qu’elle a été utilisée dans la nuit.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au procès Jubillar, le trop et le trop peu des deux premières semaines d’audience

Au sujet de la nuit de la disparition, il a rappelé que l’enquête sur le couple et ses relations montrait que Delphine était ce soir-là « heureuse comme jamais, euphorique même », parce que la femme de son amant venait d’accepter la perspective d’une séparation, ce qui ouvrait la voie à cette nouvelle vie à deux dont rêvait l’infirmière de 33 ans.

« S’il y a un soir où il y a pu avoir ce moment de bascule, ces mots qui tuent, cet instant fatidique qui vient sceller la rupture, c’est bien ce 15 décembre », a ainsi déclaré l’avocat général, estimant comme les parties civiles que le meurtre a été commis à la suite de l’annonce d’un « départ définitif » de la part de Delphine. Loin du « désastre judiciaire » annoncé par la défense si leur client était condamné, Nicolas Ruff a estimé que ces indices démontraient au contraire que « Cédric Jubillar est coupable du meurtre de Delphine Aussaguel ».

Laurent de Caunes, l’un des avocats des frères et sœur de Delphine, a salué devant la presse « deux réquisitoires complémentaires et redoutables »« rien n’a été laissé de côté ». « L’exposé a été fait d’un dossier qui contient énormément d’éléments à charge, contrairement à ce qui a été dit urbi et orbi dans la préparation médiatique de cette instance criminelle », a-t-il poursuivi.

« Trente ans, c’est adapté par rapport à la gravité des faits. On a une disparue, un corps qui n’a pas été retrouvé, et un accusé qui ne se remet pas en question », a estimé auprès de l’Agence France-Presse Me Malika Chmani, qui représente les intérêts des enfants du couple, Louis et Elyah.

Silencieuse depuis vendredi, au début de l’interrogatoire récapitulatif de leur client, la défense s’exprimera jeudi, avant le verdict attendu vendredi.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le procès de Cédric Jubillar, accusé du meurtre de son épouse, s’ouvre après quatre ans d’enquête, sans scène de crime ni corps

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Charline Vanhoenacker : « Le concept de liberté d’expression s’est retourné comme une crêpe »

Charline Vanhoenacker, à la Maison de la radio, à Paris, le 25 février 2022. GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Du lundi au jeudi sur France Inter, Charline Vanhoenacker « explose les faits » dans un billet d’humour diffusé vers 9 h 45 ; le samedi après 19 heures, elle assure l’émission « Bistroscopie ». A l’occasion de la sortie d’un recueil de 80 chroniques, Un canari dans la mine (Denoël, 336 pages, 19,90 euros), la journaliste et satiriste appelle à défendre la liberté d’expression – à ne pas confondre, rappelle-t-elle, avec le droit de tout dire.

Le titre de votre livre fait référence à l’oiseau qui, en cessant de chanter ou en mourant, signalait dans les mines de charbon une émanation de gaz toxique. Craignez-vous de ne plus être sur France Inter à la fin de la saison ?

Pas du tout ! Je voulais remettre cette expression au goût du jour pour dire que la satire politique est globalement en danger, en France comme dans le monde. Elle est le terrain d’affrontement privilégié de la guerre culturelle qui nous est imposée par l’extrême droite.

On l’a encore vu cet été aux Etats-Unis : Donald Trump a eu la tête de Stephen Colbert, l’animateur du « Late Show » sur la chaîne CBS, puis le « Jimmy Kimmel Live ! »,sur ABC, a été suspendu sous sa pression.

Il vous reste 84.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source