Des passants marchent devant le siège de la BBC, à Londres, mardi 16 décembre 2025. ISABEL INFANTES / REUTERS
La pression est montée de plusieurs crans sur la BBC, mardi 16 décembre, après que Donald Trump a confirmé qu’il poursuivait le groupe d’audiovisuel public britannique pour diffamation auprès des tribunaux de l’Etat de Floride. Le président américain réclame 10 milliards de dollars (8,5 milliards d’euros) de dommages et intérêts, au motif que ses propos ont été déformés dans un épisode de l’émission d’investigation « Panorama », diffusé pour la première fois en octobre 2024, une semaine avant l’élection présidentielle américaine. Le discours que Donald Trump avait prononcé le 6 janvier 2021, juste avant la prise d’assaut du Capitole par ses soutiens, a été réédité et donne l’impression que le président les encourage activement à l’action violente.
L’équipe juridique de Donald Trump accuse la BBC d’avoir, à travers un montage vidéo, transformé son discours « intentionnellement, de manière malveillante et trompeuse ». L’institution aux 21 000 employés a cependant confirmé, mardi, qu’elle n’entendait pas négocier de compromis financier avec le chef d’Etat et qu’elle défendrait sa cause devant les tribunaux. Les avocats de la BBC ont déjà fait savoir à Washington que l’édition du discours de Donald Trump n’était pas malveillante et qu’elle ne lui avait pas porté préjudice – il a été réélu à la Maison Blanche en novembre 2024. Et l’émission « Panorama » n’était pas diffusée aux Etats-Unis, n’étant disponible que pour les téléspectateurs au Royaume-Uni.
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Jean-Luc Martinez, à Paris, le 10 mars 2016. ETIENNE LAURENT / AFP
L’ancien président du Louvre Jean-Luc Martinez, destinataire de deux audits de sûreté alarmants pendant son mandat (2013-2021), a récusé, mardi 16 décembre, avoir négligé « la prévention contre le vol » au sein du musée. « Contrairement à ce que j’ai lu, la culture de la prévention contre le vol n’avait pas disparu », a-t-il déclaré, lors de sa première audition devant la commission des affaires culturelles du Sénat.
Jusqu’à présent, ce haut fonctionnaire a été globalement épargné par la polémique qui éclabousse sa successeure, Laurence des Cars, depuis le cambriolage du 19 octobre, qui a mis à nu le sous-équipement sécuritaire du musée. C’est toutefois pendant sa présidence qu’ont été menés deux audits sécuritaires en 2017 et 2019, dont l’un pointait précisément la « vulnérabilité » du balcon emprunté par les cambrioleurs en octobre.
« Il est extrêmement étonnant, voire sidérant de constater que les failles de sécurité qui ont permis aux malfaiteurs de réussir dans leur entreprise le 19 octobre dernier avaient toutes été identifiées », a affirmé le sénateur Laurent Lafon en lançant l’audition. « Aucune des directions qui se sont succédé n’est exempte de reproche », a-t-il assuré.
Se disant « meurtri » par le cambriolage, M. Martinez s’est défendu de toute négligence. Il a assuré qu’une « cartographie des risques » avait été établie dès 2014-2015 et rappelé qu’un « schéma directeur de sûreté » avait été lancé au Louvre en 2017-2018, pendant son mandat et dans un contexte sécuritaire tendu marqué par les attentats du 13-Novembre ou le mouvement des « gilets jaunes ». Ce plan prévoyait, selon lui, l’installation d’un PC sécurité centralisé et de caméras périmétriques, dont l’absence a été montrée du doigt après le cambriolage.
Selon l’ancien dirigeant, ces travaux ont toutefois été retardés par la fermeture du Louvre « pendant dix mois »à cause de la pandémie de Covid-19. Il y a eu « une difficulté à mettre en œuvre un certain nombre de dispositions », a déclaré M. Martinez, nommé à la fin de 2021 ambassadeur pour la coopération internationale sur le patrimoine.
Interrogé sur les lacunes de ce plan pointées récemment par sa successeure, M. Martinez s’est là aussi défendu. « Nous pensions que ce schéma directeur de sûreté était suffisant », a-t-il estimé, assurant que sa priorité était que ce plan soit « prêt pour les Jeux olympiques » de 2024 à Paris. Encore aujourd’hui, ce schéma directeur n’a pas encore commencé à être mis en œuvre, selon la Cour des comptes.
M. Martinez a également contesté toute déperdition d’information lors du passage de relais à la fin de 2021 à Laurence des Cars, qui a dit avoir pris connaissance de l’existence d’audits sécuritaires après le cambriolage. « Il y a eu continuité de service entre mon dernier mandat et l’action de Laurence » des Cars, a-t-il assuré. « Mais il faut savoir ce que ça signifie que de transmettre l’historique (…) d’un établissement public riche de 2 300 équivalents temps plein, avec 3 hectares de jardin, 250 000 mètres carrés » de superficie totale.
Benyamin Nétanyahou, à Jérusalem, le 10 novembre 2025. RONEN ZVULUN / REUTERS
Benyamin Nétanyahou a dit, mardi 16 décembre, exiger que les gouvernements occidentaux luttent fermement contre l’antisémitisme et qu’ils assurent la sécurité des « communautés juives dans le monde », deux jours après l’attentat de Sydney.
« J’exige des gouvernements occidentaux qu’ils fassent ce qui est nécessaire pour lutter contre l’antisémitisme et qu’ils assurent la sécurité et la protection nécessaires aux communautés juives dans le monde », a déclaré le premier ministre israélien dans un bref message vidéo en hébreu transmis par son bureau. « Ils seraient bien avisés de prêter attention à nos avertissements. J’exige qu’ils agissent, maintenant », a-t-il ajouté.
L’attentat a entraîné un énorme choc en Israël, ravivant le traumatisme de l’attaque sanglante du 7 octobre 2023 menée par le Hamas. Dès dimanche soir, Benyamin Nétanyahou avait accusé l’Australie d’avoir « jeté de l’huile sur le feu de l’antisémitisme » bien avant l’attentat, notamment en reconnaissant l’Etat palestinien en septembre avec d’autres pays occidentaux. Le premier ministre israélien avait affirmé avoir écrit « il y a trois mois » au premier ministre australien, Anthony Albanese, pour dénoncer cette décision.
Le Monde avec AFP
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La ministre de l’agriculture, Annie Genevard, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 16 décembre 2025. SARAH MEYSSONNIER/REUTERS
Un total de 750 000 bovins seront vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) de la manière « la plus rapide possible », a annoncé, mardi 16 décembre, la ministre de l’agriculture, Annie Genevard. La vaccination s’effectuera dans les départements où se trouvent les foyers d’épidémie (Ariège, Aude, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Orientales) ainsi que dans ceux intégrés au cordon sanitaire (Gers, Hérault, Landes, Pyrénées-Atlantiques, Tarn).
« Dans les semaines qui viennent, il faut que l’intégralité de [ce] cheptel soit vacciné et nous nous y employons », a ajouté la ministre de l’agriculture, à la sortie d’une réunion de crise à Matignon, en précisant notamment que les troupeaux des « 1 000 exploitations de l’Ariège » seront « intégralement vaccinés » d’ici à la fin de l’année.
« Mais pour ça, il faut absolument qu’on ait les doses de vaccins disponibles et qu’on arrête de courir après les doses comme on est en train de le vivre en ce moment », a prévenu Yohann Barbe, président de la Fédération nationale des producteurs de lait.
Dans la journée, Sébastien Lecornu a tenté de rassurer les éleveurs très mobilisés dans le Sud-Ouest contre la gestion gouvernementale de la DNC, en promettant d’« accélérer » la vaccination. « Et pour cela, on a besoin de doses, on a besoin de lever un certain nombre de freins logistiques », a affirmé le premier ministre devant l’Assemblée nationale, en annonçant la mobilisation des vétérinaires de l’armée. Dans un communiqué, le gouvernement a ajouté que les vétérinaires à la retraite, volontaires, pourront aussi y participer, ainsi que les élèves vétérinaires.
Un stock de cinq cent mille doses de vaccin
Le chef de gouvernement a insisté sur la nécessité de rendre disponibles les doses de vaccin « au plus près » des élevages. Pour cela, le gouvernement assure que le stock de 500 000 doses est déjà en cours d’acheminement auprès des cabinets vétérinaires des départements concernés. Les premières vaccinations ont déjà été réalisées en Ariège, dans les Hautes-Pyrénées et dans les Pyrénées-Orientales, poursuit le communiqué.
« Une nouvelle commande de doses vaccinales supplémentaires a été réalisée la semaine dernière et est en cours de conditionnement aux Pays-Bas. Une première livraison de 400 000 doses sera acheminée sur place par la mobilisation des logisticiens des armées et de la sécurité civile dès le 18 décembre », détaille le texte.
Enfin, le gouvernement a décidé d’activer un fonds de plus de 10 millions d’euros destiné à assurer un soutien direct aux petits élevages des zones touchées. Il sera complété par un mécanisme d’exonération des charges fiscales et sociales.
Au total, 113 foyers de DNC ont été recensés en France, depuis l’apparition de la maladie, en juin en Savoie. A ce jour, « il n’y a plus de foyers infectieux », a assuré la ministre de l’agriculture. Plus de 3 300 bêtes ont été abattues sur un cheptel national bovin de quelque 16 millions de têtes.
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Sébastien Lecornu a par ailleurs dénoncé, lors des questions au gouvernement, l’« amalgame » qui a pu être fait entre les éleveurs « et 40 à 50 militants de l’ultragauche (…) venus s’immiscer » dans leurs manifestations avec « des armes par destination ». « Il n’y a pas de place pour cette violence », a-t-il lancé en direction des députés de La France insoumise.
Au lendemain d’une visite en Occitanie d’Annie Genevard, la mobilisation des agriculteurs ne retombait pas, au septième jour de suite, avec plusieurs axes routiers et ferroviaires bloqués dans le Sud-Ouest. Une partie des agriculteurs, surtout de la Coordination rurale, proche de l’extrême droite, et de la Confédération paysanne, classée à gauche, conteste la stratégie d’abattage systématique d’un troupeau de bovins dès la détection d’un cas.
« Il n’y a pas grand-chose qui a changé », a déclaré Jérôme Bayle, figure du mouvement agricole de 2024, sur BFM-TV. « On s’oppose fermement à l’abattage total du moment qu’on a vacciné », a-t-il souligné depuis un point de blocage de l’A64.
Le premier ministre recevra vendredi les différents syndicats agricoles, dont certains critiquent la gestion de cette maladie et sont aussi indignés par la perspective d’une signature du traité de libre-échange entre l’Union européenne et des pays latino-américains du Mercosur.
La FNSEA, premier syndicat agricole, a appelé à manifester à Bruxelles jeudi à l’occasion du sommet des chefs d’Etat européens invités à valider l’accord. Emmanuel Macron, qui a demandé un report à 2026 du vote prévu à Bruxelles, a redit lundi soir aux dirigeants de l’UE, lors d’un déplacement à Berlin pour des échanges sur l’Ukraine, son opposition à la signature de l’accord.
Et le Sénat a voté mardi une résolution invitant le gouvernement français à saisir la Cour de justice de l’Union européenne pour « faire barrage » à l’accord de libre-échange, accusant Bruxelles de « contourner les Parlements nationaux ».
La ministre de la santé, Stéphanie Rist, lors d’un débat précédant le vote final sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 16 décembre 2025. SARAH MEYSSONNIER/REUTERS
Même Assemblée, même vote. Mardi 16 décembre, les députés ont définitivement adopté le budget de la Sécurité sociale, par 247 voix contre 232. Alors que l’ancien premier ministre Michel Barnier avait échoué à cette épreuve il y a un an, son successeur à Matignon, Sébastien Lecornu, valide son premier pari : faire passer le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 sans avoir recours à l’article 49.3 de la Constitution. Les esprits sont désormais tournés vers l’adoption du budget de l’Etat, qui s’annonce bien plus complexe.
En réalité, tous les députés avaient déjà en tête le projet de loi de finances (PLF). Le vote du jour ne devait être qu’une formalité, après l’adoption du PLFSS à l’Assemblée, mardi 9 décembre, à une courte majorité de 13 voix, et un rejet immédiat par le Sénat, quelques jours après, pour gagner du temps et donner le « dernier mot » à la représentation nationale, seule chambre en mesure de trancher les différends irréconciliables entre les deux assemblées.
C’était donc le même texte, à la virgule près, qui était de retour au Palais-Bourbon. Encore fallait-il éviter toute mauvaise surprise liée à des changements de vote de dernière minute ou à une éventuelle démobilisation d’un camp. C’est chose faite, avec le même nombre de voix favorables que la semaine dernière et deux voix contre en moins.
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Un stator, composant du moteur électrique Volkswagen équipant les modèles ID, sur une chaîne de montage de l’usine Volkswagen de Salzgitter (Allemagne), en mai 2022. JOHN MACDOUGALL/AFP
Face aux pressions venues de l’industrie automobile, de l’Italie, mais plus encore de son pays, l’Allemagne, et de son parti, le Parti populaire européen (PPE), qui représente la première force politique en Europe, Ursula von der Leyen a plié.
Là où il était acté qu’après 2035, les nouvelles voitures mises sur le marché ne devaient plus émettre de CO2 – faute d’autre technologie disponible, 100 % d’entre elles devaient donc être électriques –, il est désormais stipulé qu’à cette échéance, elles devront avoir réduit leurs émissions de CO2 de 90 % par rapport à 2021. Mais, pour avoir accès à cette flexibilité, les constructeurs devront compenser les émissions de CO2 qu’ils occasionneront après 2035, en utilisant de l’acier bas carbone produit au sein de l’Union européenne (UE) dans leur voiture et des carburants durables.
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Entre octobre 2024 et septembre 2025, les températures ont été supérieures de 1,6 °C à la moyenne enregistrée entre 1991 et 2020, selon le rapport annuel sur l’Arctique qui s’appuie sur des données remontant à 1900.
Tom Ballinger, coauteur de l’étude, de l’université d’Alaska, a déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) qu’il était « alarmant » de voir un tel réchauffement sur une période aussi courte, qualifiant la tendance d’« apparemment sans précédent à l’époque récente et peut-être depuis des milliers d’années ».
L’année analysée par la NOAA comprend l’automne le plus chaud, le deuxième hiver le plus chaud et le troisième été le plus chaud en Arctique depuis 1900. Cette région qui englobe le pôle Nord est touchée par un phénomène appelé « amplification », qui fait qu’elle se réchauffe plus vite que les latitudes moyennes. Ce mécanisme est dû à de nombreux facteurs, comme la perte de la couverture neigeuse et de la banquise.
En mars 2025 a été enregistré un recul inédit de la banquise de l’Arctique, avec le pic d’étendue le plus bas mesuré depuis le début de la surveillance par satellite.
Les scientifiques du Centre américain de données sur les neiges et les glaces (National Snow and Ice Data Center, NSIDC) ont estimé que la banquise de l’Arctique avait atteint sa taille maximale le 22 mars, avec une superficie évaluée à 14,33 millions de kilomètres carrés, soit la plus petite mesurée en plus de quatre décennies de surveillance satellitaire.
Chaque hiver, la banquise − glace formée par le gel de l’eau de mer − reprend ses droits autour du pôle Nord et s’étend, pour atteindre une surface maximale en mars. En raison du réchauffement climatique d’origine humaine, la glace peine de plus en plus à se reformer. Un « problème immédiat pour les ours polaires, les phoques et les morses, qui utilisent la glace comme plateforme pour se déplacer, pour chasser ou pour mettre bas », explique Walter Meier, coauteur du rapport du NSIDC.
Si la fonte de la banquise ne fait pas directement monter le niveau des océans, contrairement à la fonte de la glace qui se situe sur terre (calottes glaciaires, glaciers), elle provoque de nombreuses conséquences climatiques qui menacent beaucoup d’écosystèmes. Cette fonte accentue également le réchauffement climatique, car en diminuant de superficie, la banquise blanche découvre l’océan qui, plus foncé que la glace, réfléchit moins d’énergie solaire et absorbe plus d’énergie.
Eaux moins denses et moins salées
La fonte de la banquise et la hausse des précipitations perturbent aussi la circulation des océans par l’injection d’eau douce en Atlantique nord. Cela rend ainsi les eaux moins denses et moins salées, les empêchant d’alimenter la circulation méridienne de retournement de l’Atlantique (AMOC), un système de courants marins au rôle majeur dans la régulation du climat, dont certains permettent d’adoucir les hivers en Europe.
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Comme l’Arctique se réchauffe plus rapidement que le reste de la planète, cela fait diminuer les différences de température qui aident à garder l’air froid confiné près du pôle, permettant aux vagues de froid glacial de se répandre plus fréquemment dans les latitudes inférieures, selon plusieurs recherches.
Les précipitations dans la région ont également connu un niveau record sur la période octobre 2024-septembre 2025, également connue sous le nom de « l’année de l’eau » et classée parmi les cinq années avec le plus de pluie depuis 1950.
Ces températures plus élevées et une météo plus humide entraînent par ailleurs le verdissement de la toundra, un milieu écologique constitué d’une végétation rase et du permafrost, un sol gelé qui contient le double de la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère et le triple de ce qui a été émis par les activités humaines depuis 1850. En 2025, la moyenne de verdure maximale de la toundra circumpolaire était la troisième plus élevée en vingt-six ans d’enregistrements satellitaires. Le dégel du permafrost, ou pergélisol, libère du fer dans l’océan et est notamment responsable du phénomène des « rivières rouillées ».
Selon le rapport, plus de 200 cours d’eau ont ainsi été identifiés comme étant décolorés et orange, signe d’une dégradation de la qualité de l’eau, contribuant à la perte de la biodiversité aquatique.
Bruno Lafont, ancien directeur général de Lafarge, et son avocate, Jacqueline Lafont, arrivent au Palais de justice, à Paris, le 4 novembre 2025. RAPHAEL LAFARGUE/ABACA
«C’est l’histoire d’une faillite totale. L’histoire d’un microcosme dans lequel évoluait ce cercle restreint d’entrepreneurs grisés par les enjeux économiques dont ils étaient en charge, et qui ont cédé aux chants de sirènes fanatisés, adeptes du djihadisme le plus sanglant, qu’ils ont choisi de ne pas voir. C’est l’histoire d’un dérapage, d’un dévoiement qui fait que la société Lafarge (…) en est venue à financer des organisations terroristes dans une seule visée mercantile. »
Cette histoire, la justice est sur le point d’en écrire le dernier chapitre, plus de dix ans après que cet ancien « fleuron de l’industrie française », devenu en 2015 une filiale du groupe LafargeHolcim après son absorption par le cimentier suisse, s’est compromis dans le conflit syrien entre 2012 et 2014. Au terme d’un réquisitoire accablant porté par les deux représentantes du Parquet national antiterroriste (PNAT), mardi 16 décembre, le ministère public a requis des peines comprises entre dix-huit mois et huit ans de prison contre les huit prévenus physiques, assorties d’amendes parfois très lourdes, pour « financement du terrorisme ».
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Donald Trump, à la Maison Blanche, à Washington, le 15 décembre 2025. EVELYN HOCKSTEIN/REUTERS
Donald Trump a annoncé, mardi 16 décembre, étendre les interdictions d’entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept autres pays dont la Syrie, ainsi que les Palestiniens. Le président américain « vient de signer une proclamation restreignant et limitant davantage l’entrée des ressortissants étrangers afin de protéger la sécurité des Etats-Unis », a annoncé la Maison Blanche dans un de ses comptes sur les réseaux sociaux.
Les nouveaux pays concernés par cette mesure sont le Burkina Faso, le Niger, le Mali, le Soudan du Sud et la Syrie, tandis que deux autres pays, le Laos et la Sierra Leone, se voient passer de restrictions partielles à totales, selon la proclamation du président américain. Les Palestiniens disposant de documents de voyage émis par l’Autorité palestinienne sont également visés.
L’administration Trump dit avoir identifié des pays où les vérifications sont « tellement insuffisantes qu’elles justifiaient une suspension totale ou partielle de l’admission des ressortissants de ces pays ».
La proclamation prévoit cependant des exceptions pour les résidents permanents légaux, les titulaires de visas existants, certaines catégories de visas comme les athlètes et les diplomates, et les personnes dont « l’entrée sert les intérêts nationaux des Etats-Unis ».
Un satisfecit pour le Turkménistan
Depuis son retour au pouvoir en janvier, Donald Trump mène une vaste campagne contre l’immigration illégale et a considérablement durci les conditions d’entrée aux Etats-Unis et l’octroi de visas, arguant de la protection de la sécurité nationale. Ces mesures visent ainsi à interdire l’entrée sur le territoire américain aux étrangers qui « ont l’intention de menacer » les Américains, selon la Maison Blanche. De même, pour les étrangers qui « pourraient nuire à la culture, au gouvernement, aux institutions ou aux principes fondateurs » des Etats-Unis.
Le président américain s’en est récemment pris avec virulence aux Somaliens, disant qu’il « ne voulait pas d’eux chez nous ». En juin, il avait annoncé des interdictions d’entrée sur le territoire américain aux ressortissants de douze pays, principalement en Afrique et au Moyen-Orient (Afghanistan, Birmanie, Tchad, Congo-Brazzaville, Guinée équatoriale, Erythrée, Haïti, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Yémen).
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En revanche, le Turkménistan, pays qui figure parmi les plus reclus au monde, se voit accorder un satisfecit, la Maison Blanche évoquant mardi des « progrès significatifs » dans cet Etat d’Asie centrale. Les ressortissants de ce pays pourront à nouveau obtenir des visas américains, mais uniquement en tant que non-immigrants.
Lors de son premier mandat (2017-2021), Donald Trump s’en était pris de façon similaire à certains pays, ciblant principalement des pays musulmans.
Vladimir Poutine compare les dirigeants européens à des… porcelets
Vladimir Poutine prononce un discours lors d’une réunion élargie du collège du ministère russe de la Défense, au Centre national de commandement de la défense, à Moscou, le 17 décembre 2025. ALEXANDER KAZAKOV/AFP
Il s’en est pris aux dirigeants européens : « Les porcelets européens [подсвинки est le pluriel de подсвинок] se sont immédiatement joints au travail de la précédente administration américaine, espérant tirer profit de l’effondrement de notre pays », a-t-il affirmé. Il les accuse de s’être rangés aux côtés de l’administration de Joe Biden, à qui il reproche d’avoir « délibérément conduit la situation vers un conflit armé », estimant que Washington pensait pouvoir affaiblir, voire détruire, la Russie en peu de temps.
Dmitri Medvedev, a déjà employé ce terme en novembre 2022 pour désigner les élites occidentales, notamment dans des messages publiés sur Telegram puis en février 2024, dans un entretien aux médias russes. En avril 2025, lors d’une intervention devant des écoliers, il a intégré l’expression « porcelets grognants » à une présentation regroupant ses citations les plus mémorables.
En 2013, lors d’une émission en direct, le président Vladimir Poutine a qualifié le maire d’Omsk, Viatcheslav Dvorakovski, de… « petit cochon ». En 2014, Vladimir Poutine avait une nouvelle fois employé l’expression de « petits cochons », sans référence directe à l’Europe mais dans une métaphore évoquant le rôle de la Russie sur la scène internationale.
Les propos de Vladimir Poutine posent un défi de traduction pour la presse étrangère, selon le linguiste et professeur d’anglais Alexeï Boldachov interrogé par le site Life.ru (pro-Kremlin). Selon lui, « le terme « подсвинок » constitue en russe une insulte marquée, à connotation méprisante et déshumanisante ». Il poursuit : « En anglais, les traductions les plus proches seraient « European pig » [« cochons européens »] ou « little European pig », sans toutefois restituer pleinement le poids culturel de l’expression originale ». Et d’ajouter : « des équivalents plus agressifs comme “European scumbag” ou “European slime” pourraient être utilisés dans certains contextes, mais feraient disparaître la métaphore animale ».
Interrogé par le site d’information Gazeta.ru, le philologue Pavel Baldytsine, professeur à l’Université d’État de Moscou, explique que ce terme renvoie à une hiérarchie animale dans laquelle un « grand cochon » domine un troupeau, les « petits » occupant une position subordonnée. Selon lui, le mot n’est pas péjoratif en soi dans son sens technique, mais devient humiliant lorsqu’il est appliqué à des personnes. Il estime que l’usage de cette expression s’inscrit dans la vision développée de longue date par Vladimir Poutine, selon laquelle les pays européens agiraient dans le sillage des États-Unis, aujourd’hui sous l’influence de Donald Trump.