La situation de l’école est « extrêmement inquiétante », selon Edouard Geffray, ministre de l’éducation

Le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, à l’issue du conseil des ministres au palais de l’Elysée, à Paris, le 14 octobre 2025. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Le nouveau ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a jugé mercredi 22 octobre la situation de l’école « extrêmement inquiétante » à la fois « en termes de niveau », d’« inégalités sociales et scolaires » et de « santé », notamment psychique, des élèves, ses trois « priorités ».

Interrogé sur France Inter sa première interview comme ministre – sur environ 4 000 suppressions de postes d’enseignants prévues dans le projet de loi de finance (PLF) 2026, le ministre a répondu qu’il y a « des endroits où aujourd’hui en France, malheureusement, il n’y a plus d’enfants » et « où effectivement on est obligé de supprimer des postes ».

Il a rappelé que, selon les projections, il y aura 1 million d’élèves de maternelle et de primaire en moins en France entre 2018 et 2028 et que si le gouvernement avait suivi l’évolution démographique, on « aurait dû retirer 8 000 ou 9 000 postes ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Budget : près de 4 000 postes d’enseignant supprimés dans le projet de loi, mais des postes de stagiaires créés

Le ministre a par ailleurs insisté sur le fait qu’« à la rentrée de 2026, si on parle en moyenne, on aura 21 enfants par classe dans le premier degré », le chiffre le plus bas d’élèves par classe jamais connu en France.

Interpellé également sur le ralentissement des postes d’AESH, les accompagnants d’élèves en situation de handicap, dont 1 200 recrutements sont prévus dans le PLF 2026 contre 2 000 l’an dernier, malgré un manque dans les classes, M. Geffray a admis que le gouvernement « a évidemment des contraintes budgétaires » mais aussi « des contraintes de vivier » et d’« attractivité » pour cette profession peu rémunérée. « Des sujets sur lesquels je vais me pencher au cours des prochains mois », a-t-il promis.

Sur la question de la qualité pédagogique, il a rappelé qu’une réforme de cette formation et du recrutement des enseignants entrait en vigueur. Celle-ci va ramener les concours enseignants à bac + 3 au lieu de bac + 5, les étudiants étant ensuite élèves fonctionnaires pendant un an puis fonctionnaires stagiaires un an. Le projet de loi de finances 2026 (PLF) prévoit plus de 8 000 postes de fonctionnaires stagiaires, qui sont rémunérés. Il faut par ailleurs « changer de braquet sur la formation continue », à la traîne en France, a conclu le ministre.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Formation des enseignants : les nouveaux concours, un imbroglio pour les candidats

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Au Mali, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans oblige les voyageuses à porter le voile intégral

La gare routière de Bamako, le 11 janvier 2022. FLORENT VERGNES / AFP

Désormais, les femmes voyageant sur les routes du Mali, en grande partie contrôlées par le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM), la filiale locale d’Al-Qaida, devront être intégralement voilées et séparées des hommes. L’entreprise Diarra Transport, la principale compagnie du pays, dont les bus étaient à l’arrêt depuis le 7 septembre après avoir essuyé plusieurs attaques sur l’axe Ségou-Bamako, s’est pliée aux injonctions des djihadistes pour pouvoir reprendre ses activités.

Bina Diarra, l’un des porte-parole du GSIM, avait annoncé, le 17 octobre, que les insurgés étaient prêts à épargner Diarra Transport, accusée auparavant de collaboration avec l’armée malienne, si la compagnie appliquait deux conditions strictes sur l’ensemble du territoire malien : l’interdiction de transmettre des informations sur les positions du GSIM aux militaires et l’obligation pour toutes les voyageuses – qu’elles empruntent des bus, des taxis, des motos ou des véhicules personnels – de porter le « hijab complet ». En cas de non-respect, les djihadistes menaçaient de nouvelles attaques.

Il vous reste 67.97% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

La candidature de Jean Castex à la SNCF largement validée par le Parlement

Le président de la RATP, Jean Castex, lors d’une visite au centre de maintenance de la RATP, à Bobigny, le 14 février 2025. JULIEN DE ROSA / AFP

Jean Castex a franchi, mercredi 22 octobre, une étape cruciale dans la course de haies qui le mènera à la tête de la SNCF. L’ancien premier ministre a obtenu l’aval des parlementaires qui ont validé la proposition du président de la République, Emmanuel Macron, comme le requiert l’article 13 de la Constitution. Au Sénat, le 15 octobre, comme à l’Assemblée, mercredi 22 octobre, M. Castex n’a pas eu à lever très haut la jambe pour franchir l’obstacle et n’a été que peu bousculé par les parlementaires.

Le résultat du vote ne faisait aucun doute, plusieurs d’entre eux assurant même avant toute question que l’ancien premier ministre pourrait compter sur leur vote favorable. Sur les 67 parlementaires ayant pris part au vote, 60 ont approuvé la candidature de M. Castex. Deux sénateurs et cinq députés s’y sont opposés ; six sénateurs et dix députés ont voté blanc.

Comme le précisait le communiqué de l’Elysée, la nomination de M. Castex était soumise à l’avis de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Celle-ci avait émis des réserves lors de son arrivée à la RATP en 2022, lui interdisant tout contact, de son initiative, avec les ministres de son ancien gouvernement. Sauf que la HATVP s’est déclarée incompétente, a lui-même annoncé M. Castex lors de son audition au Sénat.

Il vous reste 62.74% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Loire-Atlantique : un homme de 82 ans et une femme de 60 ans mis en examen pour « séquestration avec torture » d’une femme pendant cinq ans

Un homme de 82 ans et une femme de 60 ans ont été mis en examen pour la « séquestration avec torture ou actes de barbarie » d’une femme durant près de cinq ans à Saint-Molf (Loire-Atlantique), a annoncé mercredi 22 octobre le parquet de Nantes.

La victime, âgée de 45 ans, « fragile psychologiquement », a été hospitalisée en état d’« hypothermie », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, confirmant des informations de Ouest-France. Elle était contrainte de vivre dans le jardin ou un garage attenant à la maison où vivaient les mis en cause.

La quadragénaire s’est présentée le 14 octobre vers 21 h 30 chez des voisins. « Dévêtue en grande partie, elle est venue frapper à la fenêtre » et a expliqué être « séquestrée » depuis environ cinq ans, a détaillé le magistrat.

« De la bouillie mélangée à du liquide vaisselle »

La plaignante « a expliqué qu’elle vivait en colocation dans cette maison avec une autre femme » jusqu’à l’arrivée d’un homme. Elle a alors « été priée de quitter les lieux de la maison pour aller vivre dans le jardin, soit dehors, soit dans une tente, soit dans un garage attenant à la maison », a poursuivi M. Leroy. Une perquisition a permis de confirmer son récit.

« Elle dormait dans des conditions extrêmement précaires, sur un transat. Elle faisait ses besoins dans un pot ou dans des sacs plastique. Elle mangeait de la bouillie mélangée à du liquide vaisselle », a rapporté le procureur. « Elle était empêchée de sortir. »

« C’est une femme particulièrement fragile psychologiquement et donc en état de vulnérabilité, sinon elle se serait probablement défendue autrement. Elle a réussi à sortir quelques fois de la maison mais elle y revenait », a-t-il ajouté. La victime « pouvait passer des journées entières dehors dans le froid sous la pluie et elle a indiqué également être victime de violences ». Trente jours d’incapacité totale de travail (ITT) ont été prescrits à la victime.

« Actes de barbarie »

D’après le procureur, la victime avait « disparu des radars » depuis avril 2022, date correspondant à son divorce. « Ses comptes bancaires n’étaient plus actifs sauf à verser des sommes d’argent importantes » aux mis en cause.

Ces deux personnes ont été placées en garde à vue à la fin de la semaine dernière et « ont admis une partie de la matérialité des faits, mais en les minimisant considérablement », selon M. Leroy. Ils ont été ensuite mis en examen pour « séquestration avec torture ou actes de barbarie », crime passible de la prison à perpétuité, ainsi que pour « abus frauduleux de l’état de sujétion psychologique ou physique d’une personne [et de la] faiblesse d’une personne vulnérable ». L’octogénaire a été placé sous contrôle judiciaire, tandis que la femme avec qui il vivait a été placée en détention provisoire.

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

Patrice Faure, directeur du cabinet d’Emmanuel Macron, nommé à la tête de la Préfecture de police de Paris

Patrice Faure (au centre), alors directeur du cabinet d’Emmanuel Macron à l’Elysée, à Paris, le 8 septembre 2025. THIBAUD MORITZ / AFP

Avec sa nomination Place Beauvau, le 12 octobre, les téléphones de la préfectorale surchauffaient : qui reprendra l’indicatif radio T1000, celui du préfet de police de Paris, jusque-là attribué à Laurent Nuñez ? La réponse est connue depuis mercredi 22 octobre lorsque, au sortir du conseil des ministres, le nom de Patrice Faure, 58 ans, directeur du cabinet d’Emmanuel Macron depuis janvier 2024, a été rendu public.

Lire aussi (2023) | Article réservé à nos abonnés A l’Elysée, Patrick Strzoda cède la direction du cabinet à Patrice Faure

Cette nomination, après dix jours de vacance du pouvoir à la tête d’une institution parmi les plus sensibles de la République, marque l’épilogue d’un processus de sélection qui a vu l’Elysée phosphorer pour sélectionner le candidat jugé le plus apte à occuper le 1 bis, rue de Lutèce, siège de la Préfecture de police de Paris. Comme Nicolas Lerner, actuel directeur général de la sécurité extérieure et spécialiste des questions de sécurité et de renseignement, qui connaît bien la maison pour y avoir exercé les fonctions de directeur adjoint du cabinet du préfet de police de Paris Michel Gaudin (2007-2012), en 2008.

Mais à l’Elysée, il a été jugé inconsidéré de se passer d’un haut fonctionnaire réputé bourreau de travail, nommé en janvier 2024 à la tête du principal rouage de la communauté française du renseignement, bénéficiant, de surcroît, de la confiance du président de la République, son condisciple sur les bancs de l’ENA (promotion Léopold Sédar Senghor, 2004).

Il vous reste 70.15% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Le prix Sakharov décerné à Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli, deux journalistes actuellement en prison en Biélorussie et en Géorgie

Andrzej Poczobut lors d’une audience à Grodno, en Biélorussie, le 16 janvier 2023. LEONID SHCHEGLOV/AP

Le prix Sakharov pour la liberté de pensée est attribué aux journalistes Andrzej Poczobut et Mzia Amaghlobeli, emprisonnés en Biélorussie et en Géorgie, a annoncé mercredi 22 octobre la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola. « Les deux sont des journalistes actuellement en prison (…) simplement pour avoir fait leur travail et dénoncé l’injustice », a-t-elle déclaré dans l’hémicycle. Le prix sera remis par le Parlement en décembre.

« En décernant le prix Sakharov pour la liberté de pensée à Andrzej Poczobut, de Biélorussie, et à Mzia Amaglobeli, de Géorgie, nous honorons deux journalistes dont le courage est une source d’inspiration pour tous ceux qui refusent d’être réduits au silence, a dit la présidente du Parlement. Tous deux ont payé un lourd tribut pour avoir osé dire la vérité face au régime, devenant ainsi des symboles de la lutte pour la liberté et la démocratie. Le Parlement leur exprime son soutien, ainsi qu’à tous ceux qui continuent à revendiquer la liberté. »

Andrzej Poczobut, correspondant du journal polonais Gazeta Wyborcza, a été condamné pour avoir « porté atteinte à la sécurité nationale de la Biélorussie » et purge actuellement une peine de huit ans de prison dans la colonie pénitentiaire de Novopolotsk.

Lire aussi | Le sort d’un journaliste tend les relations entre Varsovie et Minsk

Hommage de leurs rédactions

« Nous sommes très heureux que le monde, le Parlement européen, l’Union européenne n’aient pas oublié Andrzej Poczobut », a souligné Roman Imielski, chef adjoint de la rédaction du Gazeta Wyborcza, relevant que le journaliste était « très mal traité » en prison.

Mzia Amaghlobeli, journaliste de premier plan et fondatrice de deux médias indépendants en Géorgie, a été condamnée en août à deux ans de prison pour avoir giflé un chef de la police lors d’une manifestation pro-européenne — une affaire dénoncée par les organisations de défense des droits humains comme une tentative de restreindre la liberté de la presse.

Sur cette image tirée d’une vidéo de Formula TV, Mzia Amaghlobeli, journaliste géorgienne et fondatrice des médias indépendants Batumelebi et Netgazeti, se tient dans la cage des accusés au tribunal de Batoumi, en Géorgie, le 1er février 2025. FORMULA TV/AP

Cette récompense de l’Union européenne, en mémoire du dissident soviétique Andreï Sakharov, est une manière de reconnaître « le sacrifice et le courage » de la journaliste arrêtée en janvier, ont ajouté les rédactions des médias indépendants Netgazeti et Batumelebi dans un message à l’Agence France-Presse (AFP).

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Géorgie, le procès de Mzia Amaghlobeli, symbole de l’attaque sans précédent du régime contre la presse

Le Monde avec AFP

Réutiliser ce contenu

Source

EN DIRECT, cambriolage au Louvre : sa présidente reconnaît des « faiblesses » dans le système de surveillance extérieure, mais rappelle le « sous-investissement chronique en matière d’infrastructure »

Une restauration de la couronne d’Eugénie « délicate mais possible », estime Laurence des Cars

La patronne du Louvre a estimé qu’une restauration de la précieuse couronne de l’impératrice que les cambrioleurs du musée ont laissé échapper dimanche dans leur fuite, est « délicate » mais « possible », selon ce que laissent entendre « les premiers constats », même s’il faut « évidemment être encore assez prudent ».

La couronne « a été effectivement assez endommagée, pas par la chute, mais probablement par l’extraction de la vitrine », a-t-elle précisé.

Laurence des Cars a insisté sur le fait que « le verre des deux vitrines de haute sécurité ne s’est pas brisé ni délité. A l’aide de leurs instruments lourds [des disqueuses], les malfaiteurs ont créé des brèches au travers desquelles ils ont pu passer leurs mains ».

La couronne « a été effectivement assez endommagée, pas par la chute, mais probablement par l’extraction de la vitrine », a-t-elle précisé.

Elle a réaffirmé que « les vitrines installées en décembre 2019 représentaient un progrès considérable en termes de sécurité » et étaient pensés pour « une attaque par arme »« et non pas les matériaux lourds qui ont été utilisés ».

Source

La « destruction créatrice », ce concept fondamental forgé par Joseph Schumpeter récompensé au Nobel

Histoire d’une notion. Dans les exemples d’oxymores que l’on propose aux lycéens découvrant cette figure de style figurent l’« obscure clarté » des étoiles (Corneille), le « mutisme assourdissant » (Camus) et la « destruction créatrice » (Schumpeter). L’expression a été remise dans la conversation publique le 13 octobre avec l’attribution du prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel (surnommé le « prix Nobel d’économie ») à trois économistes qui ont désossé le moteur de la croissance pour mieux en comprendre le principe.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés L’économiste français Philippe Aghion ainsi que deux autres penseurs de l’innovation reçoivent le prix Nobel d’économie 2025

A la fin des années 1980, deux d’entre eux, le Français Philippe Aghion et le Canadien Peter Howitt, ont trouvé une modélisation mathématique de la « destruction créatrice » chère à l’Autrichien Joseph Schumpeter. Pour la petite histoire, leur première discussion a eu lieu dans un couloir de l’université Harvard (Cambridge, Massachusetts). « Si Peter avait laissé sa porte fermée, il ne se serait rien passé du tout », plaisante parfois Aghion, qui était alors un tout jeune assistant professor. A l’époque, raconte-t-il, les économistes cherchaient à comprendre d’où venait le progrès technique : « La destruction créatrice de Schumpeter était une simple curiosité. Il n’y avait pas de modèle schumpétérien », dit-il. Les travaux qu’il a menés avec Howitt ont comblé cette lacune : « Nous avons créé un nouveau paradigme. »

Joseph Schumpeter est un contemporain de John Maynard Keynes. Il est né la même année que lui, en 1883, dans l’empire austro-hongrois, et a terminé sa vie en 1950 dans le Connecticut. Professeur à Harvard à partir des années 1930, il a formé de nombreux économistes très connus (dont deux Nobel, Paul Samuelson et James Tobin). L’innovation, leur expliquait-il donc, est le fruit d’une « destruction créatrice », qui rend obsolètes les technologies, les biens, les équipements, les secteurs d’activité d’hier. Cette théorie est centrale dans son ouvrage paru en 1942, Capitalisme, socialisme et démocratie (Payot, 1990).

Il vous reste 64.7% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

EN DIRECT, Gaza : le ministère de la santé dit avoir récupéré les corps de 30 Palestiniens, rendus par Israël

Le Hamas dit avoir infligé « un coup sévère » à la milice de Yasser Abou Shebab, qui menace la sécurité de la bande de Gaza

Une force de sécurité du Hamas affirme avoir infligé « un coup sévère » dans le sud de la bande de Gaza à un groupe armé qui menace la sécurité du territoire palestinien. La « force dissuasive », entité sécuritaire récemment créée par le Hamas, écrit dans un communiqué avoir visé « tôt mardi matin dans la bande de Gaza » la milice de Yasser Abou Shebab, qui « cherchait à déstabiliser la sécurité intérieure et à mener des activités suspectes, hors de la loi ».

Elle précise, en outre, que « l’opération a conduit à l’arrestation de plusieurs membres de la milice et à la confiscation de matériel militaire et d’outils utilisés dans leurs activités subversives, après une surveillance attentive de leurs mouvements au cours des derniers jours ».

Emprisonné par les services de sécurité du Hamas, Yasser Abou Shebab a été libéré dans le chaos de la guerre qui s’est abattue sur Gaza après l’attaque du 7-Octobre, quand l’emprise du mouvement islamiste palestinien sur l’enclave a commencé à se relâcher. Il a fait sa réapparition dans le courant de l’année 2024, d’abord au sein d’un groupe nommé « Service antiterroriste », puis « Forces populaires », qui a son propre compte Facebook.

En juin, les autorités israéliennes avaient reconnu soutenir et armer des clans palestiniens opposés au Hamas, sans nommer directement celui dirigé par Yasser Abou Shebab.

L’unité sécuritaire du Hamas précise qu’elle « vise continuellement les repaires (…) de ceux qui menacent la sécurité de la société, ou abritent des hors-la-loi ». Des affrontements interpalestiniens ont éclaté au début de la semaine dernière dans le quartier de Chadjaya, dans la ville de Gaza, entre cette force du Hamas et des groupes armés.

Source

« Tout le monde peut être victime d’une grave erreur médicale et le parcours pour essayer de la faire reconnaître est kafkaïen » : l’écrivain Alexis Ragougneau, patient en mal de justice

Alexis Ragougneau, chez lui à Versailles, le 18 octobre 2025. MARGAUX SENLIS POUR « M LE MAGAZINE DU MONDE »

Il y a cinq ans, la vie d’Alexis Ragougneau s’est brutalement rétrécie, réduite à des horizons limités. « Un ratatinage », dit-il. Du jour au lendemain, l’écrivain s’est mis à mesurer chaque geste de son quotidien en minutes et en centaines de mètres. Combien de temps avant d’avoir mal ? Dix minutes de marche, au mieux. Quelle distance, pour un simple trajet à pied, avant d’être rattrapé par la souffrance ? Un kilomètre et demi, tout au plus. « Quand je suis assis, ça va, raconte-t-il, assis dans le fauteuil de son salon, au rez-de-chaussée de son petit duplex, à Versailles, près de Paris. Mais, dès que je me mets debout, cela force sur mon aine et j’ai mal. C’est moins fort le matin que l’après-midi. »

A 52 ans,Alexis Ragougneau est « condamné » à ne jamais s’éloigner du quartier où il habite, non loin du château. Tous les matins au réveil, l’auteur de romans remarqués – Evangile pour un gueux (2016), Niels (2017), Opus 77 (2019), édités chez Viviane Hamy –, dont certains sélectionnés pour des prix prestigieux, comme le Femina ou le Goncourt, s’oblige à une courte promenade, jamais plus d’une demi-heure et toujours avec des pauses. Sa seule échappatoire est la gare de RER située près de son domicile, qui lui permet d’aller déjeuner à Paris, près d’un des arrêts de la ligne C.

Il vous reste 92.21% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source