En Syrie, le pouvoir aux prises avec les djihadistes étrangers

Des forces de sécurité syriennes à Idlib, en Syrie, le 16 juillet 2025. OMAR ALBAW / MIDDLE EAST IMAGES VIA AFP

Des Français assiégés par les nouvelles forces de sécurité syriennes, retranchés avec femmes et enfants dans un camp adossé à la frontière turque ; des échanges de tirs ; des heures de négociations et un cessez-le-feu en trompe-l’œil. Un bain de sang aura été évité de peu quand, au terme de trente-six heures de crise, les autorités de Damas et des djihadistes français dirigés par Omar Omsen (Diaby de son vrai nom), un prédicateur niçois de 50 ans, sont parvenus à un accord, jeudi 23 octobre, pour mettre fin à leurs combats près de la localité de Harem, où il avait établi sa base, selon les chefs de la sécurité de la province d’Idlib, dans le nord-ouest du pays.

La police paramilitaire avait encerclé le camp des djihadistes français dans la nuit du 21 au 22 octobre avec l’intention d’arrêter Omar Omsen, officiellement accusé d’avoir enlevé et de détenir une fillette, elle-même de nationalité française, à la suite d’une plainte déposée par sa mère auprès d’une cour islamique de la région. C’est la première fois, depuis leur arrivée au pouvoir en décembre 2024, que les nouveaux maîtres du pays, menés par l’ancien djihadiste Ahmed Al-Charaa, assumaient publiquement une confrontation armée avec des combattants étrangers et, au passage, d’anciens compagnons d’armes.

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Mouhamadou Fall, premier Français engagé aux « Jeux des dopés » : « Pour moi, ce n’est pas du dopage, mais l’occasion d’en savoir plus sur les limites du corps humain »

Après l’Américain Fred Kerley, double médaillé olympique sur 100 m, l’athlète français Mouhamadou Fall a signé un contrat, jeudi 23 octobre, avec les Enhanced Games. Ces « Jeux améliorés », souvent résumés en « Jeux des dopés » car les « substances qui améliorent la performance » y seront autorisées, avec un protocole annoncé « sûr, légal et guidé par la science », doivent voir leur première édition – comportant des épreuves d’athlétisme, de natation et d’haltérophilie – se tenir à Las Vegas (Nevada) du 21 au 24 mai.

Offrant des primes mirobolantes aux athlètes engagés, ce projet, lancé par l’entrepreneur australien Aron D’Souza en 2023, suscite la controverse dans les milieux sportifs et scientifiques et vise ouvertement à créer une « super humanité », à mettre fin à l’« hégémonie des Jeux olympiques » et à l’hypocrisie de l’Agence mondiale antidopage (AMA) – qui le juge « dangereux et irresponsable ». Dans un entretien au Monde, le multiple champion de France sur 100 m et 200 m, suspendu jusqu’en juillet 2026 pour manquements à ses obligations de localisation dans le cadre de la lutte antidopage, justifie ce choix, vilipendé par les instances sportives françaises.

Lire l’histoire | Article réservé à nos abonnés Aron D’Souza, l’entrepreneur de la tech qui rêve de jeux entre sportifs boostés aux substances dopantes

Vous avez annoncé votre ralliement aux Enhanced Games, qui autorisent – voire encouragent – et encadrent médicalement l’utilisation de produits interdits dans les compétitions sportives. Qu’est-ce qui a motivé votre décision ?

C’est un projet inédit et unique et, pour moi, ce n’est pas du dopage. Entre athlètes, on a toujours ces discussions sur les limites du corps humain, et on a là une occasion d’en savoir plus. Ce sont des essais cliniques hyperencadrés, hypersécurisés et sous contrôle médical sur des athlètes qui permettront d’améliorer la vie de beaucoup de gens.

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Permis de conduire et visites médicales d’aptitudes : des associations saluent « une première victoire » après le vote des eurodéputés

La championne paralympique Pauline Déroulède et l’association Sauver des vies, c’est permis, engagées contre les violences routières, ont salué, samedi 25 octobre, « une première » et « énorme victoire » après l’adoption par les eurodéputés d’une réforme des permis de conduire, comprenant des visites médicales d’aptitude.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Permis de conduire : les raisons médicales qui poussent à instaurer une visite tous les quinze ans

« Je suis très émue de cette nouvelle, très reconnaissante aussi du Parlement européen, c’est une première victoire. Ça donne du sens à tout cet investissement depuis sept ans maintenant », s’est félicitée auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Pauline Déroulède, qui a perdu sa jambe gauche en 2018 à Paris, fauchée par un nonagénaire ayant confondu le frein avec l’accélérateur, et qui se bat depuis pour des visites médicales obligatoires d’aptitude à la conduite.

Mardi, les eurodéputés ont adopté définitivement une réforme du permis de conduire dans l’Union européenne (UE) pour tenir leur objectif de réduire par deux d’ici à 2030 le nombre de morts sur les routes et atteindre « zéro mort » en 2050. Ce nombre s’élevait à 20 000 en 2024.

Certificat médical

Selon la réforme, les permis seront valables quinze ans et la durée de validité pourra être réduite pour les conducteurs âgés de 65 ans ou plus pour qu’ils se soumettent plus souvent à des visites médicales ou à des cours de remise à niveau, souligne le texte.

Pour obtenir son premier permis ou lors d’une demande de renouvellement, le conducteur devra se soumettre à une visite médicale. Les pays de l’UE pourront cependant choisir de remplacer la visite médicale par des formulaires d’autoévaluation ou d’autres systèmes d’évaluation conçus au niveau national.

« Cette nouvelle est une énorme victoire dans la reconnaissance des dégâts que peut causer l’inaptitude à la conduite. Alors que plus de 22 accidents liés à l’inaptitude ont été relayés par la presse depuis le 1er septembre, nous appelons la France à mettre en œuvre ces visites médicales pour tous les conducteurs sans plus attendre », a souligné auprès de l’AFP Floraine Jullian, du collectif Sauver des vies, c’est permis. Ce collectif et Pauline Déroulède militent activement en France pour une proposition de loi transpartisane autour d’un certificat médical à fournir dès l’obtention du permis puis à renouveler tous les quinze ans jusqu’à 70 ans, ensuite tous les cinq ans. « On va pouvoir reprendre ce texte qu’on a écrit avant l’été et le mettre à l’ordre du jour à l’Assemblée nationale », a relevé Pauline Déroulède.

Les pays de l’UE ont trois ans pour transposer les nouvelles dispositions dans le droit national et une année supplémentaire pour préparer leur application.

Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Sécurité routière : une hausse « sans précédent » des accidents sur les autoroutes françaises en 2022

Le Monde avec AFP

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La justice contraint la ville de Marseille à reprogrammer le film catholique « Sacré-Cœur » dans un cinéma municipal

Le maire de Marseille, Benoît Payan, à la mairie de Marseille, le 21 mai 2024. NICOLAS TUCAT / AFP

La ville de Marseille a enfreint la loi en annulant les projections du film catholique Sacré-Cœur. Son règne n’a pas de fin, qui avait été programmé du 22 au 28 octobre au château de La Buzine (11e arrondissement), cinéma qu’elle gère en régie directe. Saisi dans le cadre d’un référé-liberté (une procédure d’urgence), samedi 25 octobre, le tribunal administratif de Marseille a ordonné au maire, Benoît Payan (divers gauche), d’autoriser les dernières projections prévues initialement.

Mardi, à quelques minutes de la première diffusion de ce docu-fiction à la gloire de la foi chrétienne, la municipalité avait déprogrammé le film au motif « qu’un équipement public ne peut accueillir des projections qui sont de nature confessionnelle ». Elle appuyait également sa décision sur le précédent créé par la SNCF et la RATP, qui avaient refusé la campagne d’affichage du film jugée « incompatible avec la neutralité du service public ».

Une lecture que n’a pas suivie la justice. « La diffusion d’une œuvre susceptible de présenter un caractère religieux dans un cinéma municipal ne porte pas, par elle-même, atteinte au principe de laïcité, dès lors qu’elle n’exprime pas la reconnaissance par la commune d’un culte ou d’une préférence à l’égard de ce culte », a souligné le tribunal administratif. Les juges ont également noté que le film n’a pas bénéficié d’une tarification particulière, ce qui aurait pu s’apparenter à une subvention. En déprogrammant le film, Benoît Payan a donc « porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression, de création et de diffusion artistiques ».

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Passage à l’heure d’hiver : pourquoi le changement d’heure est si critiqué

Pensez à décaler vos horloges et vos réveils. La France va passer à l’heure d’hiver dans la nuit du 25 au 26 octobre : à 3 heures du matin, il sera 2 heures. Un changement d’heure controversé dont la suppression, souhaitée par la Commission européenne, ne semble aujourd’hui plus d’actualité.

Cette mesure, instaurée pour la première fois en 1916 avant d’être abandonnée en 1944, a été réintroduite par un décret en septembre 1975. Il se voulait provisoire et avait pour but de limiter la consommation d’énergie en plein choc pétrolier. Avec la multiplication des appels à la sobriété énergétique, le changement d’heure pourrait apparaître salutaire. Mais l’est-il vraiment ?

1. Un système non universel et peu compréhensible

Au niveau européen, le régime du changement d’heure a été progressivement généralisé dans les années 1980 avant d’être harmonisé en 2002. La Commission européenne avait proposé en 2018 de le supprimer dès l’année suivante. Mais, en mars 2019, le Parlement européen a voté un report à 2021 et devait s’accorder avec le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement sur les modalités de cette réforme. Depuis, entre le Brexit et la pandémie de Covid-19, la question est restée en suspens. L’une des difficultés est d’inciter les pays à harmoniser leur heure légale (été ou hiver) afin d’éviter d’aboutir à un patchwork de fuseaux horaires.

En France, une consultation en ligne organisée début 2019 par l’Assemblée nationale avait reçu plus de deux millions de réponses, massivement (83,74 %) en faveur de la fin du changement d’heure. Plus de 60 % des participants assuraient avoir eu « une expérience négative ou très négative » du changement.

Particularité de l’actuel système : il ne concerne pas les territoires d’outre-mer, qui ne changent jamais d’heure (à l’exception de Saint-Pierre-et-Miquelon, qui se cale sur le Canada). En effet, la plupart d’entre eux se trouvent sous des latitudes où les écarts d’ensoleillement sont faibles au long de l’année, contrairement à l’Europe.

A l’échelle mondiale, plusieurs pays, comme le Mexique sur la majorité de son territoire en 2023, l’Argentine, la Tunisie, l’Egypte, la Turquie, la Russie et l’Arménie, ont décidé d’abandonner les changements d’heure saisonniers.

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Pas de changement d’heure

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2. Des gains énergétiques peu probants

L’argument principal en faveur du changement d’heure était jusqu’ici l’économie d’énergie qu’il permettrait de réaliser en profitant des périodes de jour plus longues l’été et en se rapprochant du rythme du soleil l’hiver. Mais plusieurs études sur le sujet montrent des économies en énergie et CO2 « modestes », selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

Ainsi, une étude de l’Ademe publiée en 2010 a conclu que le passage à l’heure d’été entraîne :

  • une consommation d’électricité plus importante le matin, avec notamment un pic à 6 heures (équivalent à 5 heures en heure d’hiver) ;
  • une consommation beaucoup moins importante le soir, notamment entre 20 heures et 21 heures (équivalent à la période entre 19 heures et 20 heures en hiver).

ADEME

Autrement dit, les foyers paient, en moyenne, un peu plus en électricité le matin, mais économisent finalement le soir. Pour avoir un ordre d’idées, une heure d’éclairage en moins permet d’économiser environ 10 centimes.

Le Monde

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En 2009 (année prise en compte par l’étude), la demande moyenne en électricité à 19 heures a ainsi été diminuée de 3,5 gigawatts (GW). Au total, l’économie d’énergie cette année-là a été chiffrée à 440 gigawattheures (GWh), principalement sur l’éclairage public (EP, en rose dans le graphique ci-dessus). Soit l’équivalent d’un an d’éclairage pour une ville de 800 000 habitants, comme Marseille.

Mais, depuis, cet effet a eu tendance à s’amoindrir du fait de la performance accrue des systèmes d’éclairage (ampoules basse consommation et LED). En 2018, cette baisse n’était plus que de 351 gigawattheures. A l’horizon 2030, les économies d’énergie en matière d’éclairage sont estimées à 258 gigawattheures par l’Ademe.

Sachant que la majorité de la consommation d’énergie des ménages provient du chauffage et non de l’éclairage, les preuves d’économies d’énergie restent donc encore à démontrer. Une étude britannique affirme même que supprimer le changement d’heure en octobre permettrait d’économiser 400 livres sterling (460 euros) par foyer et par an, car il ferait jour plus longtemps le soir, ce qui réduirait la demande aux heures de pointe.

3. Résultats contradictoires sur les accidents de la route

L’Association citoyenne pour une heure équitable et durable (Ached) milite contre le changement d’heure en évoquant, parmi d’autres raisons, « des augmentations des accidents de la circulation ». Elle fonde son argumentaire sur des chiffres datant de… 1976, après le rétablissement de l’heure d’été, et conclut qu’il y eut cette année-là 661 morts supplémentaires sur les routes, entre avril et octobre, qu’en 1975.

Dans un rapport publié en septembre 2014, la Commission européenne, qui a passé en revue plusieurs études sur le sujet, relève des « résultats souvent contradictoires », certains rapports « suggérant que le changement améliore la sécurité routière », grâce à une meilleure visibilité à certaines périodes de l’année et de la journée (comme l’explique une étude écossaise en 2010), d’autres « démontrant une augmentation potentielle des accidents de la route à cause des troubles du sommeil ».

En 2023, la Sécurité routière a cependant décidé de rappeler l’importance de se rendre visible sur la voie publique, avec « des dispositifs rétroréfléchissants (gilet, brassard, gants, bandes sur le sac à dos, le cartable, etc.) » juste avant le changement d’heure. Le nombre d’accidents impliquant un piéton augmente en effet de manière récurrente de 42 % en novembre, par rapport au mois d’octobre, selon les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière recueillies entre 2015 et 2019.

Lire aussi : Le passage à l’heure d’hiver, une période redoutée par la Sécurité routière

4. Des conséquences sur la santé ?

En 2008, une étude suédoise publiée dans le New England Journal of Medicine, s’appuyant sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment lors du passage à l’heure d’été.

Une étude de septembre 2015, conduite par la Commission européenne, écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ».

Mais tout comme la dépression hivernale ne peut s’expliquer par un lien de causalité (plutôt ténu d’un point de vue scientifique) entre manque de lumière et baisse de moral, les perturbations induites par le changement d’heure ne s’expliquent à l’heure actuelle que par des hypothèses. La Commission conclut toutefois que « les éléments de preuve concernant les effets globaux sur la santé (c’est-à-dire la mise en balance des effets négatifs et positifs présumés) ne sont pas concluants ».

En 1997, un rapport du Sénat assurait que le monde médical restait « très partagé sur l’existence de troubles imputables à l’heure d’été ». Vrai ou fantasmé, le risque médical a en tout cas été intégré par les potentiels malades : « 19 % des médecins [faisaient] état d’une augmentation de la consommation de médicaments et singulièrement de tranquillisants au moment du changement d’heure ». Une étude américaine sur le « jetlag social » du changement d’heure, publiée en 2019, a observé des populations de part et d’autre d’une « frontière » de fuseau horaire : elle a conclu qu’une heure de soleil en plus le soir faisait perdre jusqu’à 19 minutes de sommeil.

Thibaut Faussabry, Mathilde Damgé et Alexandre Pouchard (avec AFP)

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En Espagne, plus de 50 000 manifestants dans les rues de Valence, un an après les inondations qui ont fait plus de 200 morts

Lors des inondations dans le quartier de La Torre, dans le sud de Valence, en Espagne, le 30 octobre 2024. MANAURE QUINTERO / AFP

Des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis, samedi 25 octobre, en début de soirée dans le centre-ville de Valence, dans l’est de l’Espagne, pour rendre hommage aux victimes des inondations meurtrières d’octobre 2024 et protester contre la gestion de la catastrophe par les autorités. Ils étaient « plus de 50 000 personnes », selon ce qu’a déclaré la préfecture à l’Agence France-Presse (AFP).  Les organisateurs n’ont, de leur côté, pas communiqué de chiffre.

Parmi la foule, de nombreuses pancartes brandies ont demandé « Justice ! », dénoncé « l’inaction criminelle » des autorités de la région, en visant surtout leur président, Carlos Mazon, que les résidents jugent responsable de la gestion de la tragédie : « Démission ! »,selon un journaliste de l’AFP sur place.

Cette manifestation intervient un an après les pluies torrentielles qui ont provoqué la mort de 229 personnes dans la région de Valence, la pire catastrophe du genre en Espagne en plusieurs décennies. Elle avait suscité la colère des sinistrés, qui avaient critiqué la gestion de l’alerte et des secours, sur fond de polémique entre le gouvernement central de gauche à Madrid et les autorités régionales de droite, sur les compétences des uns et des autres dans ces domaines.

La population locale réclame toujours inlassablement des comptes au président de la région de Valence, Carlos Mazon, accusé de ne pas avoir alerté suffisamment à l’avance du danger que constituaient ces pluies diluviennes. « L’alarme a retenti pratiquement au moment où tout le monde se noyait », a dénoncé auprès de l’AFP Rosa Alvarez, la présidente d’une association de victimes de la tragédie, rencontrée samedi à Valence peu avant le début du rassemblement. Elle a perdu son père de 80 ans ce jour-là. « Chaque minute comptait… », se lamente cette femme de 51 ans, qui déplore « la faillite » des autorités.

Lire le décryptage | Article réservé à nos abonnés Inondations en Espagne : la gestion défaillante de la catastrophe à Valence nourrit la défiance envers les institutions

De son côté, Carlos Mazon, dont les actes précis le 29 octobre 2024 demeurent un sujet d’enquête pour les médias espagnols, s’est défendu à nombreuses reprises en assurant que l’ampleur du phénomène climatique n’était pas prévisible et en rejetant la responsabilité de la gestion de la situation sur le gouvernement de gauche.

Selon un sondage paru au début d’octobre dans le quotidien El Pais, 71 % des habitants de Valence interrogés estiment que Carlos Mazon devrait démissionner.

Des funérailles d’Etat pour rendre hommage aux personnes ayant alors péri sont prévues à Valence mercredi, le jour du premier anniversaire des inondations, en présence du premier ministre, Pedro Sanchez, et du roi d’Espagne, Felipe VI.

Lire le reportage | Article réservé à nos abonnés Après les inondations à Valence, des millions de photos de famille sauvées des eaux par des bénévoles et des spécialistes

Le Monde avec AFP

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EN DIRECT, budget 2026 : le PS dit qu’il « n’y a pas encore d’accord » sur une taxe Zucman, le gouvernement se justifie quant à l’ordre de l’examen des articles

Le gouvernement a encaissé des premières défaites, samedi, lors de l’examen du budget par les députés

Le gouvernement a essuyé des premiers revers, samedi, lors de l’examen du budget à l’Assemblée, Les Républicains (LR) étant à l’offensive pour diminuer les impôts, alors même que Sébastien Lecornu est sous pression des socialistes pour davantage de justice fiscale. Les débats sur la partie recettes du budget de l’Etat n’en sont qu’à leurs débuts, avec un vote solennel sur cette partie le 4 novembre.

Les députés ont approuvé dans la matinée un premier amendement de Laurent Wauquiez, le patron du groupe Droite républicaine, proposant la défiscalisation de l’intégralité des heures supplémentaires. La mesure va coûter 1 milliard d’euros, selon la ministre des comptes publics, Amélie de Montchalin. Elle a invité à « cibler » davantage le dispositif, qui va selon elle profiter principalement aux « cadres dirigeants et (…) cadres supérieurs ». Cela n’a pas empêché une majorité des députés macronistes de voter l’amendement, à l’unisson de LR et du Rassemblement national (RN).

En début d’après-midi, nouvelle estocade de la droite : les députés ont adopté un amendement de M. Wauquiez proposant d’indexer le barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation. Le gel du barème proposé par le gouvernement aurait pour effet de rendre éligibles à l’impôt sur le revenu 200 000 foyers supplémentaires, et d’augmenter la contribution de milliers d’autres.

L’amendement du député de Haute-Loire, qui priverait le budget de l’Etat de 2 milliards d’euros s’il était entériné, a reçu l’approbation d’une large coalition réunissant extrême droite, droite, une partie des macronistes et « insoumis ».

Les députés ont également créé un crédit d’impôt pour alléger les frais de séjour des résidents en Ehpad ou de leurs familles : coût de la mesure proposée par LFI, 600 millions d’euros. « Nous aurons (…) beaucoup de mal à tenir » l’objectif de réduction du déficit et à « assurer la durabilité du système social », si « nous rajoutons sur tous les sujets des niches fiscales, des subventions et des crédits d’impôt », s’est inquiétée Mme de Montchalin.

Initialement attendus samedi, les débats sur la « taxe Zucman », créant pour les ultrariches un impôt minimum équivalent à 2 % de leur patrimoine, pourraient n’avoir lieu qu’en début de semaine prochaine, en raison du rythme assez lent des discussions.

La présidente du groupe RN, Marine Le Pen, en déplacement dans les Vosges, a d’ores et déjà assuré qu’elle ne voterait une taxe patrimoine « que si elle correspond exactement à l’impôt sur la fortune financière » proposé par son parti, et qui exempte la résidence principale ou la résidence unique.

Les députés socialistes ont mis sur la table un amendement « de repli » proposant d’instaurer un impôt minimum de 3 % sur les hauts patrimoines, à partir de « 10 millions d’euros », qui entend répondre aux critiques du gouvernement en excluant de l’assiette les entreprises familiales et celles dites « innovantes »..

« Dès qu’on introduit des exonérations (…) on lance la machine à optimisation », a réagi l’économiste Gabriel Zucman, aussitôt relayé par les « insoumis » qui n’ont de cesse de dénoncer les tentatives de compromis entre le PS et le gouvernement.

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Le prix Albert-Londres de la presse écrite récompense Julie Brafman, journaliste de « Libération »

La journaliste de « Libération » Julie Brafman, à Paris, le 24 octobre 2025. LAURA STEVENS/MODDS

En 2024, le déplacement du jury du prix Albert-Londres à Beyrouth, dans le cadre du centenaire du quotidien L’Orient-Le Jour, avait été annulé à cause des bombardements israéliens sur le Liban. Deux journalistes du Monde, Lorraine de Foucher et Martin Untersinger, avaient été récompensés à Paris. Cette année, malgré les drones israéliens qui survolent encore régulièrement la capitale libanaise, la cérémonie de récompenses a pu se tenir, samedi 25 octobre en fin de journée, sur le campus de l’Ecole supérieure des affaires. La journaliste Julie Brafman, spécialiste justice du quotidien Libération, a vu son travail distingué par le 87e prix de la presse écrite. Le jury a salué « la précision poétique » de ses récitset la « remarquable justesse » de son écriture. « Cela me procure une joie incroyable, notamment car cela met la lumière sur la rubrique de la chronique judiciaire qui est une des plus belles du journalisme »,dit la journaliste de 39 ans au Monde.

Recrutée en 2016 par Libération, Julie Brafman relate des procès au long cours en tentant d’éclairer ce qu’ils disent de la société depuis 2020. Ces derniers mois, elle a notamment suivi les médiatiques audiences Le Scouarnec à Vannes et le procès du braquage de la star Kim Kardashian à Paris. Elle a été parmi les seuls journalistes de la presse nationale à écrire sur le procès de Michèle Nourry, condamnée pour le meurtre de son père violeur, ou celui de Vanina Reysz, une assistante maternelle jugée par les assises du Bas-Rhin, en juin 2024, pour avoir secoué un bébé qui en est mort.

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Présidentielle en Côte d’Ivoire : « De toute façon, tout est joué d’avance »

A Bonoua (Côte d’Ivoire), lors de la présidentielle du 25 octobre 2025. ANNA SYLVESTRE-TREINER

« C’est le seul jour de l’année où il n’y a pas d’embouteillages ! », se réjouit un chauffeur de taxi abidjanais samedi 25 octobre. Réputée pour son inépuisable énergie, la capitale économique de la Côte d’Ivoire est comme assoupie en ce jour d’élection présidentielle. Certains commerces ont ouvert, mais les clients n’affluent pas. Dans les écoles transformées en bureau de vote, les électeurs défilent au compte-goutte.

« Je suis venu très tôt le matin, je veux voter pour la continuité, pour le développement. Je pensais qu’il y aurait beaucoup de monde », explique Yaya Touré, 36 ans, couturier et soutien d’Alassane Ouattara, devant l’école primaire des Lacs dans la commune de Koumassi à Abidjan. Mais même dans ce fief du parti présidentiel, le Rassemblement de houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), les électeurs n’ont pas eu à attendre pour accéder à l’urne en plastique.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara brigue un quatrième mandat en verrouillant le scrutin

A Abidjan, faute de réel suspense, le scrutin a peu mobilisé les électeurs. Alassane Ouattara, part ultra-favori et devrait obtenir un quatrième mandat dès le premier tour. A 83 ans, celui qui est président depuis quinze ans fait face à quatre candidats au faible poids politique. Les chefs des deux principales formations d’opposition, Tidjane Thiam pour le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), et Laurent Gbagbo, l’ancien président à la tête du Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI), n’ont pas été autorisés à se présenter à la présidentielle.

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Chantal Henry, la psychiatre qui déchiffre les émotions des personnes dépressives

Il y a beaucoup de façons de lutter contre les extrêmes. Celle de Chantal Henry est de ramener ses patients à une « certaine banalité », la « normothymie », en jargon médical. Ses patients ? Principalement des personnes souffrant de dépression résistante ou de maladie bipolaire. Dans les phases de dépression, ces dernières tombent très bas avec une incapacité à fonctionner, penser, se mettre en action… Et dans celles d’exaltation, dites « maniaques », elles montent très haut, avec « une énergie formidable, des émotions plus fortes, un besoin réduit de sommeil »… liste la psychiatre et chercheuse, dans son bureau à l’hôpital parisien Sainte-Anne, où elle travaille depuis 2019.

Un pied dans ce berceau de la psychiatrie moderne (où Jean Delay et Pierre Deniker ont découvert les effets antipsychotiques du Largactil en 1952, et où est désormais proposée, en routine ou en essai clinique, une palette complète de thérapies, y compris psychédéliques et de neuromodulation), l’autre à l’Institut Pasteur (dans l’unité CNRS perception et action du neuroscientifique Pierre-Marie Lledo), elle concilie clinique, enseignement et recherche.

Pour mieux comprendre ces douleurs de l’âme que sont les troubles de l’humeur, qui la fascinent depuis plus de trente ans, elle mène des travaux innovants, passant des humains aux rongeurs. Avec deux objectifs principaux : réduire l’errance diagnostique (sept à dix ans pour les maladies bipolaires) et proposer des prises en charge personnalisées. Et deux ennemis : la stigmatisation et les idées fausses. « Ce sont les deux principaux freins à l’accès aux soins, estime la professeure Henry. Dans le grand public, la dépression est un état de tristesse, et comme tout le monde a ressenti de la tristesse, tout le monde pense savoir ce qu’est une dépression, avec l’idée de “secoue-toi” ou “va te distraire pour en sortir”. Mais, comme je le dis souvent aux étudiants : la dépression, c’est une maladie qui tue, un bug ponctuel du cerveau. »

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