Incendie de Crans-Montana : Jacques Moretti, propriétaire du bar Le Constellation, placé en détention provisoire

Jacques et Jessica Moretti, le couple qui tenait le bar suisse de la station de ski de Crans-Montana, ravagé par les flammes lors d’une soirée du Nouvel An, arrivant au ministère public du canton du Valais, à Sion, dans le sud-ouest de la Suisse, le 9 janvier 2026, pour être interrogés. UMIT BEKTAS / REUTERS

Un tribunal du canton du Valais a ordonné lundi le placement en détention provisoire de Jacques Moretti, propriétaire avec son épouse du bar de la station de ski suisse de Crans-Montana incendié la nuit du Nouvel An, pour une durée initiale de trois mois, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) une source proche du dossier.

Après une audition de plus six heures, le ministère public du canton du Valais avait demandé vendredi au tribunal des mesures de contrainte et la mise en détention provisoire de M. Moretti, mis en cause dans l’enquête ouverte sur cet incendie tragique, qui a fait 40 morts et 116 blessés.

Le couple est soupçonné d’« homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ». D’après des extraits de procès-verbaux publiés samedi par plusieurs médias français et suisses, dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP de source proche du dossier, le couple a notamment été interrogé sur les bougies étincelantes, qui, selon les premiers éléments, de l’enquête ont provoqué le drame en entrant en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l’établissement. Des interrogations portent aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs ainsi que sur la conformité des voies de sortie de ce bar.

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« Il n’y avait jamais eu de souci »

« Systématiquement, quand nous servons une bouteille en salle, nous ajoutons un “scintillant” [ou bougie-fontaine] », avait expliqué Jessica Moretti, ressortie libre de l’audition de vendredi. « Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n’y avait jamais eu de souci », avait assuré, pour sa part, Jacques Moretti, qui a, lui, été placé en détention provisoire après cette audition. Selon lui, il « n’est pas impossible » que ces bougies aient causé l’incendie, mais il estime qu’il « doit y avoir quelque chose d’autre ». Ces bougies « n’étaient pas assez puissantes pour enflammer la mousse acoustique. J’avais fait des tests », a-t-il soutenu.

La nature de la mousse antibruit posée au plafond du sous-sol est notamment scrutée par les enquêteurs. Jacques Moretti a expliqué l’avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui-même lors de travaux effectués après l’achat de l’établissement, en 2015.

Dans cette enquête, la commune de Crans-Montana a admis le 6 janvier un « manquement » aux contrôles périodiques de la sécurité incendie du Constellation. Alors que la loi impose au service de sécurité communal « de faire [des] visites périodiques annuellement » dans les établissements recevant du public, le président du conseil communal de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a fait savoir que ces « contrôles périodiques n’ont pas été effectués de 2020 à 2025 ».

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Le Monde avec AFP

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Au Venezuela, une centaine de nouveaux prisonniers politiques libérés, la famille des autres s’impatientent

Des proches de prisonniers politiques attendent devant la prison El Rodeo à Guatire (Venezuela), le 11 janvier 2026. PEDRO MATTEY/AFP

Le gouvernement vénézuélien a annoncé avoir libéré 116 détenus, lundi 12 janvier au matin, alors que les familles de prisonniers politiques s’impatientent depuis la promesse de remise en liberté faite par les autorités sous la pression américaine et après la capture du président Nicolas Maduro et de son épouse et ancienne présidente de l’Assemblée nationale, Cilia Flores, au cours d’une opération menée par les forces spéciales américaines qui a fait, selon Caracas, plus de 100 morts. « Ces mesures ont bénéficié à des personnes privées de liberté pour des faits liés à la perturbation de l’ordre constitutionnel et à l’atteinte à la stabilité de la Nation », a communiqué le ministère du service pénitentiaire.

L’ONG Foro Penal, qui s’occupe des détenus politiques, n’a quant à elle recensé que 24 nouvelles libérations dont celle de deux Italiens. Depuis la promesse de libérations de jeudi, les levées d’écrou ont lieu au compte-gouttes avec des familles qui attendent devant les prisons.

Selon le texte du gouvernement vénézuélien, ces libérations « s’inscrivent dans le cadre de la révision intégrale des dossiers, commencée volontairement par le président constitutionnel Nicolas Maduro Moros. Ce processus s’est poursuivi sous la direction de la présidente par intérim, Delcy Eloina Rodriguez Gomez, dans le cadre d’une politique axée sur la justice, le dialogue et la préservation de la paix ». Le gouvernement précise que les révisions de dossiers se poursuivent.

La première ministre italienne, Giorgia Meloni, a « accueilli avec joie et satisfaction la libération de [ses] compatriotes Alberto Trentini et Mario Burlo, qui se trouvent désormais en sécurité à l’ambassade d’Italie à Caracas » sur X. Elle a salué « la collaboration constructive » des autorités, « ainsi que toutes les institutions et toutes les personnes qui, en Italie, ont travaillé avec engagement et discrétion pour atteindre ce résultat important ».

Des groupes de défense des droits humains estiment qu’il y a entre 800 et 1 200 prisonniers pour des raisons politiques au Venezuela. La libération de prisonniers a été annoncée le 8 janvier, sous la pression du président américain, Donald Trump, qui affirme être « aux commandes » du pays.

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Le Monde avec AFP

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EN DIRECT, Iran : Emmanuel Macron condamne « la violence d’Etat qui frappe aveuglément », Téhéran exige que les Européens retirent les propos « soutenant les protestataires »

En neutralisant Starlink l’Iran isole encore un peu plus la population

En réussissant à brouiller pour la première fois à grande échelle les terminaux Starlink pour enrayer la contestation, les autorités iraniennes ont fait monter d’un cran leur capacité à isoler leur population du reste du monde.

« C’est la première fois qu’on le voit avec une telle intensité sur Starlink, c’est une nouveauté dans le monde du brouillage », explique à l’Agence France-Presse Kavé Salamatian, professeur à l’université Savoie Mont-Blanc, spécialiste de la géopolitique du cyberespace et coauteur d’une étude sur l’Internet iranien.

« Je travaille sur l’accès à Internet depuis vingt ans et je n’ai jamais vu une telle chose », a déclaré à la publication spécialisée TechRadar Amir Rashidi, directeur pour l’Internet du groupe de défense des droits Miaan Group.

L’Iran a coupé, le 8 janvier, les accès à Internet de sa population, l’empêchant de partager avec le reste du monde des informations sur les manifestations en cours et leur répression [La République islamique a développé au fil des ans une capacité hors du commun de contrôle de son réseau]. Après une arrivée d’Internet relativement ouverte, les autorités ont entrepris, à la fin des années 2000, un « travail de fond d’environ dix-douze ans, avec une restructuration complète du réseau Internet iranien qui a permis en quelque sorte de faire rentrer le djinn dans la bouteille », explique M. Salamatian.

Très aisé à mettre en œuvre, le contrôle s’opère dans la « couche logique du routage. Ils sont capables d’un contrôle très fin, pouvant décider que tel ou tel côté de telle ou telle rue a Internet ou pas », selon lui.

Starlink peut permettre de surmonter le problème, avec sa constellation de satellites en orbite basse permettant d’avoir Internet en établissant une connexion de données entre ces satellites évoluant à environ 550 kilomètres d’altitude et les utilisateurs au sol, s’affranchissant des accès à Internet locaux.

Reste à savoir si Starlink a les moyens de contourner le brouillage. « Nous pourrions rétablir Internet » en Iran, a déclaré le président américain, Donald Trump, dans la nuit de dimanche 11 à lundi 12 janvier. « Je pourrais parler à Elon [Musk, le patron de Starlink], parce que, comme vous le savez, son entreprise est très bonne dans ce domaine ».

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Un service national, militaire et volontaire : ce qu’il faut retenir de la conférence de presse de la ministre Catherine Vautrin et du général Fabien Mandon

Le chef d’état-major des armées, Fabien Mandon, et la ministre des Armées et des Anciens Combattants, Catherine Vautrin, participent à une conférence de presse à Paris, le 12 janvier 2026, pour présenter le lancement de la campagne de recrutement pour le service national. BENOIT TESSIER / REUTERS

Le ministère des Armées a lancé lundi sa campagne de recrutement de jeunes volontaires pour un « service national » militaire sur le territoire français, présenté comme un moyen de renforcer le lien armée-nation et de répondre aux besoins des armées face à l’accumulation des menaces.

Les jeunes hommes et femmes de 18 à 25 ans intéressés peuvent postuler jusqu’au mois d’avril pour rejoindre entre septembre et novembre les armées pendant une durée de dix mois, exclusivement en métropole ou dans les outre-mers.

Pas question donc d’envoyer ces appelés à l’étranger, notamment dans l’hypothèse d’un « choc » face à l’armée russe envisagé d’ici quelques années par le chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon. Mais faire « le choix du service national, c’est participer à la protection de nos citoyens, de notre pays, dans un environnement dont on a noté qu’il était incertain », a affirmé le général Mandon lors d’une rare conférence de presse aux côtés de la ministre des Armées Catherine Vautrin et des chefs d’état-major des trois armées (Terre, Air, Marine).

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Intégrés dans les unités après un mois de formation de base, les appelés participeront « au renforcement de la capacité de résistance de notre nation », selon le général. « Ils seront formés à réagir dans des situations inconfortables, à inscrire leur action dans le cadre d’un groupe organisé, solidaire, solide, où chacun, quels que soient son origine sociale, son parcours personnel, ses opinions, sa religion, évolue sous un même uniforme selon des principes d’égalité, de fraternité, d’équité et où on récompense le mérite », a-t-il insisté.

Le jeune volontaire sera « sélectionné »

Trente ans après la suspension de la conscription obligatoire, l’instauration de ce service volontaire, annoncé par le président Emmanuel Macron en novembre, « s’inscrit dans une évolution de long terme vers un modèle d’armée plus hybride », selon Mme Vautrin : 200.000 militaires d’active, 47.000 réservistes (80.000 en 2030) et les appelés.

En 2026, les armées comptent en enrôler 3.000 (1.800 dans l’armé de Terre, 600 dans celle de l’Air et de l’Espace et 600 dans la Marine), puis 4.000 en 2027, 10.000 en 2030 avec 42.500 comme ambition en 2035.

Le jeune volontaire sera « sélectionné » selon son aptitude médicale, sa motivation et son « adéquation aux besoins des armées », selon la ministre. Il sera rémunéré environ 800 euros bruts mensuel et logé pendant les dix mois de son service.

Une campagne dans la presse régionale, sur un site internet dédié et sur les réseaux sociaux, doit faire connaître le dispositif qui sera également présenté lors de la journée défense et citoyenneté, rebaptisée « Journée de mobilisation ».

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Environ 80 % des sélectionnés auront entre 18 et 19 ans. La période sous l’uniforme sera considérée comme une année de césure dans les études et les vœux sur ParcoursSup préservés. Les 20 % restants auront des profils plus spécialisés (ingénieur, analyste de données, infirmier, etc.) et pourront faire leur service jusqu’à 25 ans avec le grade d’aspirant, le premier grade d’officier.

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Les appelés pourront aussi bien servir comme pilote de drone que fantassin dans l’armée de Terre, assurer la protection d’une base aérienne ou être assistant sur simulateur d’entraînement dans l’armée de l’Air, ou encore embarquer sur un navire pour 20 % des appelés de la Marine.

Un coût évalué à 2,3 milliards d’euros

Le coût prévu du « service national » (paie, équipement, habillement, hébergement) pour la période 2026-2030 est de 2,3 milliards d’euros, dont 1,4 milliard pour les infrastructures, et 150 millions d’euros en 2026.

A l’issue de ses 10 mois de service, le jeune pourra poursuivre ses études, s’engager dans la réserve opérationnelle ou s’enrôler dans l’armée d’active.

Il sera quoi qu’il en soit, comme tout ancien militaire, basculé pendant 5 ans dans la réserve opérationnelle de disponibilité, susceptible d’être rappelé pour un maximum de 5 jours par an.

Catherine Vautrin s’est toutefois voulu rassurante sur un engagement ultérieur en cas de conflit : « L’option d’une mobilisation générale nécessite un vote du Parlement, c’est vraiment dans des conditions extraordinaires qui ne se sont pas produites dans notre pays depuis la Seconde guerre mondiale ».

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Comment les militants propalestiniens et des ONG ont investi le terrain judiciaire contre Israël

Des soldats de l’armée israélienne dans la bande de Gaza, le 5 novembre 2025. (Photographie réalisée sous contrôle de l’armée israélienne.) NIR ELIAS/REUTERS

Quelque 4 000 soldats franco-israéliens auraient servi dans la bande de Gaza durant la guerre qui a duré d’octobre 2023 à octobre 2025, selon les estimations les plus sérieuses qui circulent dans les milieux judiciaires et militaires français. Un chiffre important tant la question est sensible, notamment du point de vue judiciaire.

Etant donné la conduite de cette guerre, qui a entraîné la mort de plus de 70 000 Palestiniens, dont une majorité de civils, selon les chiffres du ministère de la santé du mouvement islamiste Hamas – une estimation jugée fiable par la communauté internationale – et le quasi-anéantissement des infrastructures locales, un certain nombre de ces 4 000 soldats binationaux pourrait un jour se voir demander des comptes par la justice française. En clair, un nombre indéterminé de ces militaires pourrait un jour être poursuivi pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité ou génocide, ou encore complicité de ces chefs d’accusation.

Pour la justice française, c’est un cas de figure inédit : jamais encore un soldat franco-israélien n’a été poursuivi ou jugé dans l’Hexagone pour des actes commis lors d’opérations menées sous le drapeau israélien. Mais les choses pourraient changer rapidement en raison des possibilités qu’elle offre, puisqu’elle est compétente du moment qu’une victime ou un mis en cause est de nationalité française. Une compétence renforcée par le fait que nombre de soldats de l’armée israélienne, y compris des Franco-Israéliens, ont posté sur les réseaux sociaux des vidéos de leurs actes, fournissant ainsi des éléments de preuve à la justice.

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Encadrement des loyers : quel manque à gagner pour les propriétaires bailleurs ?

FORTU

Paris et une partie de sa banlieue, Bordeaux, Lille, Montpellier et quelques villes de l’agglomération grenobloise ou encore la communauté d’agglomération Pays basque : près de 70 communes appliquent actuellement l’encadrement des loyers. Ce dispositif, devenu expérimental avec la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (ELAN) du 23 novembre 2018, permet à des villes et collectivités territoriales situées en zone tendue de fixer un loyer maximum dans leurs rues.

L’expérience aurait pu s’arrêter fin novembre 2026. Mais une proposition de loi pour la prolonger, portée par le député socialiste Iñaki Echaniz, a été votée par les députés le 11 décembre 2025. Le texte, qui attend d’être examiné au Sénat, pourrait permettre à une collectivité locale d’instaurer l’encadrement par un simple vote en conseil municipal. Jusque-là, elle devait obtenir l’autorisation du gouvernement via un décret ministériel. La collectivité peut encadrer le loyer à deux conditions : être en zone tendue, donc là où la demande de logements excède l’offre, et être dotée d’un Observatoire local des loyers pour calculer un loyer de référence cohérent par rapport au marché.

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« En Iran, les conditions qui ont permis l’opération américaine au Venezuela ne sont pas réunies »

Ali Khamenei, le Guide suprême iranien, à Téhéran, le 3 janvier 2026. BUREAU DU GUIDE SUPRÊME IRANIEN VIA AP

Hamzeh Safavi, analyste politique à Téhéran, dont le père est l’un des principaux conseillers militaires du Guide suprême, Ali Khamenei, estime qu’une opération américaine ciblée contre ce dernier est peu crédible. Mais il reconnaît qu’une partie des élites iraniennes réfléchit à un scénario de succession permettant d’orienter la politique du pays dans une direction plus pragmatique.

Après l’enlèvement de Nicolas Maduro, qu’est-ce qui a changé dans les analyses du pouvoir iranien ?

La publication récente du document de stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis affirme clairement la volonté de Washington de réactiver la doctrine Monroe [considérant que l’Amérique latine est la chasse gardée des Etats-Unis], avec ce que certains appellent un « corollaire Trump ». L’Europe a été écartée de l’Amérique latine et, désormais, il s’agit aussi d’écarter l’Iran, la Chine et la Russie. Cela signifie quel’Amérique du Sud est redevenue une priorité géopolitique majeure pour les Etats-Unis, y compris par des moyens militaires, sécuritaires et économiques, désormais légitimés par ce document. Dans ce cadre, l’opération contre le Venezuela apparaît comme cohérente. A l’inverse, dans ce document, le Moyen-Orient n’est plus présenté comme une priorité américaine et la menace iranienne est désormais jugée faible. Cela ne signifie pas qu’une guerre contre l’Iran soit impossible, mais une telle guerre irait clairement à l’encontre de la doctrine américaine actuelle.

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Le Mouvement de soutien aux défenseurs de l’environnement archive les procès menés contre les activistes écologistes

Jeanne, illustratrice pour l’association MSDE, lors d’un procès au tribunal de Paris, en novembre 2025. SIMONE PEROLARI POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

« Je préfère ne pas donner mon nom à la presse et j’aimerais que tu supprimes l’enregistrement une fois notre interview terminée, car ce que je fais ne plaît pas au gouvernement », tutoie d’emblée la trentenaire aux yeux aussi bruns que sa frange.Appelons-la Aurore. La nature de ses activités et sa présence à la cour d’appel de Paris, le 17 novembre, sont pourtant parfaitement légales.

Elle est l’une des fondatrices du Mouvement de soutien aux défenseurs de l’environnement (MSDE), une jeune associationcréée en octobre 2023,qui court les tribunaux assister aux procès des activistes écologistes pour archiver et témoigner de ce qu’ils dénoncent comme un durcissement de la répression à leur égard. Le 23 septembre, une militante a par exemple écopé de six mois de prison ferme pour avoir aspergé de peinture le portail de l’hôtel de Matignon fin 2023. La plus lourde peine de l’histoire récente des mouvements écologistes, avaient alors dénoncé des ONG.

« Les audiences sont ouvertes à tous, mais le grand public ne s’y rend pas, explique Aurore. Nous avons décidé de dénoncer ce qui se passe dans ces “grosses boîtes noires” et d’opposer un contre-récit à celui qui est fait des militants dans certains médias : des prétendus “écoterroristes” ou des jeunes en pleine crise d’adolescence, plus animés par leurs hormones que par de réelles convictions. »

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Municipales à Paris : les propositions des candidats pour une « refonte globale » du périscolaire

Devant une école à Paris, en mai 2020. BENOIT TESSIER/REUTERS

A Paris comme ailleurs, les violences commises sur les enfants ont rarement lieu dans le cadre de l’école. Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, 11 % de ces faits ont lieu dans des institutions dont 40 % à l’école, mais il n’y a pas de statistiques spécifiques sur le périscolaire. Dans la capitale, 19 animateurs ont été suspendus pour des signalements à caractère sexuel en 2025. Un chiffre important, à rapporter toutefois aux quelque 15 000 animateurs qui prennent en charge les 110 000 enfants des 620 écoles parisiennes pendant les temps périscolaires. En novembre, la cheffe du parquet des mineurs à Paris, Lisa-Lou Wipf, faisait état d’une « augmentation très nette » et « spécifiquement parisienne » des signalements, mais ne pensait pas pour autant que les enfants soient « plus victimes à Paris qu’ailleurs », ni que « les professionnels [y] soient moins bien intentionnés ».

Pour autant, le sujet, très sensible, a gagné la campagne des élections municipales à Paris, et quasiment tous les candidats déclarés ont avancé des propositions sur le sujet. Mi-novembre, la Ville avait déjà annoncé des mesures avec, notamment, la création d’un poste de défenseur des enfants confié à Dominique Versini, adjointe à la maire chargée de la petite enfance depuis 2014. Une « précipitation médiatique », selon l’intersyndicale Supap-FSU, CFDT et CGT qui écrivait dans un communiqué, le 5 décembre, que « la Ville porte l’entière responsabilité d’une situation qui depuis longtemps, faute de moyens, fait obstacle à la prévention des violences sexuelles et de la maltraitance dans les écoles ».

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Au Groenland, des terres rares et minerais critiques nombreux mais difficiles à exploiter

Sur le site de la mine d’or de Nalunaq, dans le sud du Groenland, le 12 février 2025. Photo fournie par la société minière Amaroq. AMAROQ MINERALS/AFP

Zinc, graphite, cuivre, lithium, terres rares… Grand comme quatre fois la France, le Groenland abrite dans ses sous-sols un immense trésor, attisant les convoitises, en particulier celle du président américain, Donald Trump. Mais ces réserves, parmi les plus importantes du monde, restent encore à cartographier avec précision, sachant que leur exploitation s’annonce très compliquée, sur une île recouverte à 80 % de glace et peuplée seulement de 56 000 habitants.

Pour le moment, le territoire autonome danois vit de la pêche, qui constitue plus de 90 % de ses exportations. Ces dernières années, le Groenland a beaucoup investi dans le tourisme, espérant en faire un des moteurs de son économie. Ses finances publiques, cependant, dépendent toujours pour moitié des subventions versées par Copenhague (autour de 4 milliards de couronnes, soit environ 540 millions d’euros).

Même si elle a connu quelques succès par le passé, l’industrie minière est quant à elle balbutiante. Deux mines seulement sont en activité sur tout le territoire. Exploitée par la compagnie Lumina Sustainable Materials, contrôlée par deux fonds d’investissement suisse et canadien, la première, située dans l’ouest du Groenland, produit de l’anthrosite, utilisée dans les matériaux de construction.

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