Groenland : Donald Trump répète que les Etats-Unis auront l’île « d’une manière ou d’une autre », son gouvernement répond qu’il ne l’accepte « d’aucune manière »

Un soldat français lors d’exercices militaires à Kangerlussuaq, au Groenland, le 17 septembre 2025. GUGLIELMO MANGIAPANE/REUTERS

Le président américain, Donald Trump, a réaffirmé, dimanche 11 janvier, que les Etats-Unis s’empareraient du Groenland « d’une manière ou d’une autre » car « si nous ne le prenons pas, la Russie ou la Chine le fera ». « Conclure un accord, c’est le plus facile, mais d’une manière ou d’une autre nous allons avoir le Groenland », a dit le président américain à bord d’Air Force One.

Le président américain a précisé que Washington ne parle pas d’une « location » à court terme du Groenland, mais uniquement de l’acquisition de ce territoire autonome danois. « On a besoin d’un titre de propriété », a-t-il dit.

« Le Groenland devrait conclure l’accord, parce que le Groenland ne veut pas voir la Russie ou la Chine prendre le contrôle », a encore fait valoir Donald Trump en se moquant de la défense groenlandaise. « En gros, leur défense repose sur deux traîneaux à chiens. Vous le savez ? Vous savez en quoi consiste leur défense ? Deux traîneaux à chiens », a-t-il dit.

« Pendant ce temps, on voit des destroyers et des sous-marins russes, et des destroyers et des sous-marins chinois un peu partout », a ajouté Donald Trump. « Nous n’allons pas laisser faire ça, et si cela affecte l’OTAN, alors ça l’affecte. Mais, vous savez, ils ont plus besoin de nous que nous d’eux, je vous le dis tout de suite », a-t-il insisté.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « Au Groenland, plutôt que de commenter l’impensable, les Européens gagneraient à agir »

Des élus du Congrès américain au Danemark

La coalition gouvernementale du Groenland a réagi dans un communiqué, affirmant ne pouvant « en aucune manière accepter » le souhait américain de « prendre possession » de son territoire.

Des membres du Congrès américain ont fait savoir, lundi soir, qu’une délégation se rendrait à Copenhague vendredi et samedi, sur la route du Forum économique mondial de Davos, en Suisse. La délégation rencontrera des chefs d’entreprise et des dirigeants politiques pour traiter du « renforcement de la sécurité dans l’Arctique et de la consolidation de relations commerciales », a précisé le sénateur démocrate Chris Coons dans un communiqué.

« Je pense qu’il est essentiel que le Congrès se montre uni pour soutenir nos alliés et respecter la souveraineté du Danemark et du Groenland », a souligné le sénateur républicain Thom Tillis.

Le Groenland va « intensifier ses efforts » pour que sa défense soit assurée

Le Danemark, auquel le Groenland est rattaché, est membre de l’OTAN comme les Etats-Unis. La première ministre danoise, Mette Frederiksen, a estimé la semaine dernière qu’une attaque américaine contre l’un des membres de l’Alliance signifierait « la fin de tout », notamment de l’OTAN et du système de sécurité établi à la fin de la seconde guerre mondiale.

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« Actuellement, nous travaillons aux prochaines étapes » pour renforcer la sécurité en Arctique, a assuré, lundi, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, lors d’une conférence de presse à Zagreb, aux côtés du premier ministre croate, Andrej Plenkovic, et ce « afin de nous assurer que, collectivement, nous protégeons bien ce qui est en jeu ».

En visite à Washington, le ministre des affaires étrangères allemand a, lui, minimisé, lundi, le risque d’une attaque américaine sur le Groenland. « Je n’ai aucune indication que cela soit sérieusement envisagé » par les Etats-Unis, a déclaré Johann Wadephul à l’issue d’une rencontre avec son homologue américain, Marco Rubio. « Je crois plutôt qu’il existe un intérêt commun à traiter les questions de sécurité qui se posent dans la région arctique, et que nous devrions et allons le faire », a-t-il dit à la presse.

La semaine dernière, la France, l’Allemagne, l’Italie, la Pologne, l’Espagne et le Royaume-Uni ont, dans une déclaration commune, apporté leur soutien au Groenland et au Danemark face à Donald Trump. « À la lumière de la prise de position très positive de six pays membres de l’OTAN à l’égard du Groenland, le Naalakkersuisut [le gouvernement groenlandais] va intensifier ses efforts pour que la défense du Groenland s’inscrive dans le cadre de l’OTAN », a expliqué la coalition, lundi.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Donald Trump, symbole d’un capitalisme toujours plus vorace en pétrole et en terres rares

Le Monde avec AFP

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Rolland Courbis, ancien entraîneur de l’Olympique de Marseille et chroniqueur radio, est mort à l’âge de 72 ans

Rolland Courbis, à Bordeaux, en 2016. NICOLAS TUCAT/AFP

Rolland Courbis, ancien entraîneur de l’Olympique de Marseille et chroniqueur radio sur RMC, est mort à l’âge de 72 ans, a annoncé la station lundi 12 janvier. « Rolland Courbis s’est éteint cette nuit à 5 heures du matin », a annoncé sur l’antenne de RMC Karim Nedjari, le directeur général de RMC, où Rolland Courbis officiait à l’antenne depuis 2005. La radio dépeint « coach Courbis » comme ayant « marqué de son empreinte la vie de l’antenne (…) [par] sa passion [qui] s’est exprimée avec son accent marseillais emblématique et au travers d’une proximité avec les auditeurs très directe : une liberté de ton en conservant le langage des supporteurs et en partageant leurs interrogations et leurs émotions. ».

Natif de Marseille, Courbis avait commencé sa carrière comme défenseur avant de se reconvertir au poste d’entraîneur, se faisant remarquer par sa gouaille et son style sanguin. En tant que joueur, il a été champion de France en 1972 avec l’Olympique de Marseille et en 1978 et 1982 avec l’AS Monaco. Entre, il s’est, notamment, engagé à l’Olympiakos Le Pirée (1973-1974).

Le club phocéen souligne la « per[te d’]une figure de son histoire, un entraîneur emblématique et une personnalité incontournable du football français (…). Homme de caractère, de convictions et de terrain, il a toujours défendu un football vivant, généreux, porté par l’engagement collectif. » Didier Deschamps, sélectionneur de l’équipe de France, décrit « une personnalité attachante, chaleureuse, au caractère bien affirmé. Un fin connaisseur du football et de ses arcanes, mais aussi du jeu ».

Palmarès d’entraîneur quasi vierge et figure du football français

Sur le banc, Rolland Courbis est parvenu en finale de Coupe de l’UEFA, perdue face à Parme, et a été vice-champion de France avec l’Olympique de Marseille en 1999. Il a également officié sur le banc des Girondins de Bordeaux, de Montpellier ou encore du SC Toulon à la fin des années 1980. Si son palmarès d’entraîneur est quasi vierge, il ne s’estimait « peut-être pas le moins compétent », racontait-il lors d’un entretien à l’Agence France-Presse donné à l’été 2015. A l’époque, il comptait plus de 500 matchs de Ligue 1 à son bilan, de quoi en faire l’un des techniciens les plus capés.

Lire le portrait (2013) : Rolland Courbis, le bon « salopard »

Grâce à son expérience, l’aventurier de la L1 n’a pas mis longtemps à entamer un nouvel épisode, comme conseiller puis entraîneur de Rennes en 2016. Mission éclair également à Caen en 2019, qui n’a pas permis d’éviter au club la descente en Ligue 2. De courts détours à l’image d’un homme qui a tout connu ou presque dans le football, même une sélection nationale, celle du Niger en 2012.

Et il a de jolies médailles de coach : le fameux 5-4 remporté par l’OM contre Montpellier, qui menait 4-0, une victoire prestigieuse sur le grand Manchester United, la montée avec Montpellier ou le maintien de petits clubs comme Endoume, quartier de Marseille en 3e division, et l’AC Ajaccio en Ligue 1, rejoints par amitié pour leurs dirigeants.

« Si l’histoire était à refaire, il y a certaines conneries que je ne referais pas »

Tenir deux ans et demi sur le banc de l’OM est aussi un exploit. « C’est long, racontait-il, Didier Deschamps qui a bouclé la troisième saison ressemblait sur la fin à son arrière-grand-père, plus de cheveux, rouge comme une tomate, rétamé. » Courbis, lui, était inusable. « Je n’ai pas eu une vie monotone, admettait-il. Si l’histoire était à refaire, il y a certaines conneries que je ne referais pas. »

Ancien habitué des casinos, grande gueule intarissable qui a charmé la comtesse Maria-Luisa Rizzoli, Courbis n’a qu’une maigre Coupe d’Algérie et Coupe de l’Union arabe en tant qu’entraîneur à son palmarès, remportées avec l’USM Alger en 2013.

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Au cours de sa carrière, Rolland Courbis a été impliqué dans plusieurs affaires judiciaires. Il a notamment été condamné en avril 1997 à deux ans de prison, dont six mois ferme, pour fraude fiscale dans l’affaire de la caisse noire du SC Toulon. A Marseille, dans l’affaire des comptes de l’OM, il a été condamné en appel en 2007 à deux ans de prison ferme et à 200 000 euros d’amende. Il avait aussi échappé de peu à une fusillade au cours d’un règlement de comptes visant une figure du milieu corse qu’il accompagnait à Hyères en 1996.

Lire notre entretien de Rolland Courbis (2013) : Courbis : « C’est mieux de me faire passer pour un salopard »

Le Monde avec AFP

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Jerome Powell, le patron de la Fed, visé judiciairement : « Je continuerai à exercer mes fonctions avec intégrité »

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, à la sortie d’une conférence de presse, à Washington, le 10 décembre 2025. JACQUELYN MARTIN/AP

La prochaine étape de la guerre que mène l’administration Trump à Jerome Powell se jouera peut-être devant les tribunaux. Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed) a annoncé, dans une vidéo publiée sur le site de l’institution dimanche 11 janvier, avoir reçu une citation à comparaître devant un grand jury, émise par le département de la justice. Il pourrait faire l’objet de poursuites pénales concernant un témoignage qu’il a produit devant le Sénat en juin 2025.

Habituellement imperméable aux attaques de l’administration Trump, Jerome Powell a décidé cette fois-ci de réagir, en qualifiant de « prétextes » ces accusations. « La menace de poursuites pénales est une conséquence du fait que la Réserve fédérale fixe les taux d’intérêt en se basant sur sa meilleure évaluation de ce qui servira l’intérêt public, plutôt que de suivre les préférences du président », a-t-il déclaré. A ses yeux, c’est l’indépendance même de la Fed qui est ainsi attaquée, dans une opération judiciaire téléguidée depuis la Maison Blanche.

L’enquête conduisant à cette citation à comparaître a été menée par la procureure de Washington D.C., Jeanine Pirro, proche de Donad Trump, qui l’a nommée à ce poste. Elle vise une audition devant le Congrès de M. Powell, lors de laquelle il s’était expliqué sur l’immense chantier de rénovation des bâtiments historiques de la Fed, estimé à 2,5 milliards de dollars (2,15 milliards d’euros), qui a pris beaucoup de retard et dont les coûts ont dérapé.

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Les menaces de l’administration américaine contre la Fed propulsent les cours de l’or et de l’argent à des sommets

Des lingots d’or après avoir été inspectés et polis à la raffinerie ABC de Sydney, en Australie, le 5 août 2020. DAVID GRAY / AFP

Un climat d’aversion pour le risque règne, lundi 12 janvier, sur les marchés financiers après les menaces de poursuites contre la Réserve fédérale (Fed) pour fraude de la part du ministère de la justice américain, poussant les cours de métaux précieux à de nouveaux sommets et pesant sur les Bourses européennes. Vers 9 h 15, l’once d’or prenait 1,72 % à 4 587,17 dollars, peu après avoir bondi à un nouveau sommet historique de 4 599,87 dollars, et celle d’argent grimpait de 5,59 % à 84,319 dollars après avoir touché un nouveau record à 84,609 dollars.

Lire l’analyse | Article réservé à nos abonnés Le double rôle de l’or, valeur refuge et arme politique, pour les banques centrales

« Les métaux précieux bénéficient d’un nouveau regain d’aversion au risque » avec les menaces judiciaires qui visent la Fed, qui alimentent les craintes quant à l’indépendance de l’institution, commente Kathleen Brooks auprès de l’Agence France-Presse (AFP), directrice de la recherche chez XTB. Le président de la Fed, Jerome Powell, a annoncé dimanche dans un communiqué que la banque centrale américaine avait reçu une convocation de la part du ministère de la justice, qui pourrait conduire à une mise en accusation, sur la base d’une audition de M. Powell en juin dernier.

Cette convocation s’inscrit dans le climat de forte pression exercé par le président américain, Donald Trump, sur l’institution, afin de la pousser à abaisser plus fortement ses taux, alors que l’inflation reste toujours au-dessus de sa cible de 2 %. « Cette menace n’est pas au sujet de mon témoignage. C’est un prétexte, la menace de poursuites est la conséquence de la volonté de la Fed de décider de ses taux dans le meilleur intérêt du public plutôt que pour répondre aux préférences du président », a dénoncé M. Powell dans une vidéo publiée sur le site de la banque centrale.

Lire aussi le portrait | Article réservé à nos abonnés Jerome Powell, la boussole de l’économie américaine

Le mandat de Jerome Powell prend fin en mai

Le président américain a accusé la Fed de ne pas avoir respecté le budget prévu pour la rénovation de son siège à Washington, estimant qu’il pouvait y avoir des cas de fraude, et avançant un coût total de 3,1 milliards de dollars, contre les 2,7 milliards de dollars prévus, un chiffre que Jerome Powell dément. « Le mandat de Jerome Powell s’achève en mai, rappelle Mme Brooks. La dernière initiative de Trump signifie que le marché aura peu confiance dans l’indépendance du prochain président de la Fed vis-à-vis de la Maison-Blanche. »

« Les marchés pourraient envoyer un message au président (…) : une politique étrangère interventionniste est une chose, mais une ingérence excessive dans les affaires intérieures n’est pas bienvenue », estime-t-elle, mettant en garde sur un potentiel « épisode de volatilité ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Trump contre la Fed : « A quoi et à qui sert l’indépendance des banques centrales ? »

« Si la Fed ne peut pas définir sa politique sur la base des données économiques et que l’inflation repart à la hausse, il faut privilégier les actifs qui atténuent les risques inflationnistes » comme « l’or, les matières premières (…), les actions à dividendes et la technologie », note auprès de l’AFP Ipek Ozkardeskaya, analyste chez Swissquote.

Les Bourses européennes pâtissaient du climat d’aversion pour le risque. Vers 9 h 35, la Bourse de Paris perdait 0,52 %, Londres 0,14 % et Milan 0,65 % dans les premiers échanges, quand Francfort restait stable (− 0,03 %).

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En parallèle de l’envolée des métaux précieux, « le dollar recule, et la stratégie de “vente des actifs américains” pourrait revenir sur le devant de la scène, les investisseurs remettant une nouvelle fois en question l’indépendance de la Fed », souligne Kathleen Brooks. Vers 9 h 15, le billet vert abandonnait 0,41 % face à la monnaie unique, à 1,168 5 dollar pour un euro.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « A chaque crise, l’or franchit de nouveaux sommets : grâce à Donald Trump, il en a escaladé plusieurs »

Le Monde avec AFP

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Mercosur : de la Pologne à la Grèce, des pays européens inégalement armés face à ce traité de libre-échange

Barrage filtrant au port du Havre, blocage à Bayonne de l’A63 reliant Bordeaux à la frontière espagnole, manifestations dans le centre de l’Irlande et dans les rues de Varsovie, tracteurs entravant les axes routiers belges dans les provinces de Liège, Namur et du Brabant wallon…

En amont puis au long du week-end du 10 et 11 janvier, des agriculteurs européens ont multiplié les actions plus ou moins symboliques pour dénoncer l’accord de libre-échange entre l’Union européenne (UE) et les pays du Mercosur, qui doit être signé au Paraguay le 17 janvier, après l’accord de l’Europe donné vendredi 9 janvier. Un accord susceptible de bousculer l’agriculture européenne, fragilisée dans nombre de pays membres par les crises qui se sont succédé ces dernières années.

En France, les fragilités de la première puissance agricole européenne

Les inquiétudes exprimées par les agriculteurs pourraient le faire oublier : la France reste la première puissance agricole européenne. Une position confirmée en 2024, selon les données publiées par le ministère de l’agriculture. Même si cette année-là, avec la faiblesse de la récolte céréalière et de la vendange, pénalisées par une météo défavorable, le montant de la production agricole française était en retrait, à 77,1 milliards d’euros – un chiffre qui s’entend sans apport des subventions de la politique agricole commune (PAC). La part de la production agricole tricolore dans celle des Vingt-Sept s’est donc un peu effritée, à 16,2 % contre 18 % en 2023. Les moissons ayant été plus généreuses l’été passé, ce montant devrait rebondir à 92,4 milliards d’euros en 2025.

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EN DIRECT, guerre en Ukraine : les dernières informations

L’Estonie interdit l’entrée sur son territoire à 261 combattants russes en Ukraine

« Ces interdictions étaient inévitables, car les personnes ayant commis des atrocités en Ukraine (…) n’ont pas leur place dans le monde libre », a déclaré le ministre Igor Taro, cité dans un communiqué. Les combattants russes « ont une expérience du combat et une formation militaire, et présentent souvent un passé criminel », a ajouté le ministre, affirmant que « la menace qu’ils représentent n’est pas théorique ». L’interdiction a été officiellement mise en œuvre la semaine dernière, selon le ministère.

« Ce n’est que le début », a écrit, sur X, hier, le ministre des affaires étrangères estonien, Margus Tsahkna, appelant d’autres pays « à faire de même ».

Environ 1,5 million de citoyens russes ont participé à l’invasion armée menée par la Russie, dont environ la moitié serait en première ligne, écrit le ministère dans son communiqué. En 2025, le ministère a signalé que le nombre d’infractions violentes graves en Russie avait atteint un sommet inédit depuis quinze ans, avec plus de 333 000 incidents recensés, une augmentation en partie attribuée au retour massif du front de criminels précédemment condamnés. « Assurer la responsabilité des crimes de guerre tout en préservant la sécurité de l’Europe est essentiel pour une paix juste et durable », a écrit le premier ministre estonien, Kristen Michal, sur X.

La décision estonienne a été saluée par le ministre des affaires étrangères ukrainien, Andrii Sybiha, qui a qualifié les interdictions d’entrée de « mesures de sécurité nécessaires » et de « signal clair que l’impunité ne sera pas tolérée ».

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Le Musée du Louvre à nouveau fermé en raison du mouvement de grève lancé depuis mi-décembre

La Pyramide du Musée du Louvre photographiée à l’aube à Paris, le 22 mars 2019. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Le Musée du Louvre est contraint de rester fermé, lundi 12 janvier, après la reconduction de la grève de ses agents engagés depuis mi-décembre dans une mobilisation pour de meilleures conditions de travail, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès du musée et des syndicats.

Réunis dans la matinée en assemblée générale, entre 300 à 350 agents ont voté la grève faute d’avancées suffisantes dans les négociations engagées avec le ministère de la culture et la direction du Louvre, ont rapporté part la CFDT et la CGT. « Chers visiteurs, en raison d’un mouvement social le Musée du Louvre est exceptionnellement fermé ce jour », a fait savoir le musée dans un message publié sur son site Internet.

Ce mouvement, l’un des plus importants dans l’histoire du musée, a contraint à plusieurs reprises le Louvre à n’ouvrir que partiellement ses espaces aux visiteurs, cantonnés au « parcours chefs-d’œuvre » incluant La Joconde et la Vénus de Milo.

« Problème de dialogue social et grande défiance vis-à-vis de la direction »

Après une pause pendant les fêtes, le mouvement avait repris le 5 janvier en même temps que les négociations avec le ministère de la culture, en première ligne sur le sujet des rémunérations, un des principaux points de blocage.

« Il y a un problème de dialogue social et une grande défiance vis-à-vis de la direction », a estimé Valérie Baud, déléguée CFDT au Louvre. « Il y a clairement un blocage », a renchéri Gary Guillaud, de la CGT. Les syndicats, qui demandent également l’abandon de la hausse du prix d’entrée à partir de mercredi pour les visiteurs non européens, ont prévu de s’entretenir avec la présidente du musée, Laurence des Cars, en fin de matinée, a appris de sources concordantes l’AFP.

Les agents sont notamment mobilisés pour protester contre les sous-effectifs, en particulier pour la surveillance des salles, et dénoncent la dégradation du bâtiment, mise en lumière par le vol spectaculaire de huit joyaux de la Couronne française le 19 octobre.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La Cour des comptes épingle la gestion du Louvre et son choix de privilégier les acquisitions d’œuvres à leur sécurité

Le Monde avec AFP

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Sous la pression, les autorités israéliennes autorisent finalement l’historien Vincent Lemire à se rendre en Israël

Vincent Lemire s’exprime lors d’une interview près du mur des Lamentations, à Jérusalem, le 25 janvier 2022. RONALDO SCHEMIDT / AFP

L’historien français Vincent Lemire, qui a critiqué ouvertement les opérations israéliennes dans la bande de Gaza, a finalement été autorisé à se rendre en Israël, a appris l’Agence France-Presse (AFP), lundi 12 janvier, dans la soirée, auprès de l’intéressé. « La tentative de censure d’Etat a échoué », a commenté l’historien dans un message publié sur Instagram. « Les autorités israéliennes viennent d’annuler l’interdiction d’entrée sur le territoire qui me visait », écrit-il, se réjouissant que « la mobilisation paye (parfois) ». Plus tôt dans la journée, il avait affirmé avoir été interdit d’accès par les autorités.

Professeur d’histoire à l’université Paris-Est Gustave-Eiffel et spécialiste du conflit israélo-palestinien, Vincent Lemire a dirigé le centre de recherche français à Jérusalem de 2019 à août 2023. « Plusieurs centaines d’universitaires, y compris israéliens, se sont engagé·e·s depuis ce matin pour dénoncer une attaque délibérée contre les libertés académiques, car priver un chercheur de l’accès à son terrain de recherche c’est le priver de son oxygène et de sa raison d’être », a-t-il dénoncé sur Instagram, évoquant les « milliers de chercheurs dans le monde victimes de ce bannissement ».

Il a dénoncé publiquement à plusieurs reprises la situation humanitaire désastreuse de la population et des otages israéliens à Gaza ces deux dernières années, réclamant notamment des sanctions contre Israël. M. Lemire, qui devait s’envoler dimanche pour Tel-Aviv, a reçu le 7 janvier un courriel de l’autorité de l’état civil et de l’immigration lui notifiant son interdiction d’entrer en Israël, sans fournir d’explications.

« En raison d’un changement de circonstances vous concernant, l’approbation ETA-IL pour la demande (…) qui vous a été accordée le [27 février 2025] est révoquée », affirmait le courriel, que l’AFP a pu consulter. Contactées par l’AFP, les autorités israéliennes n’ont pas répondu lundi.

Lire aussi la tribune : Article réservé à nos abonnés Vincent Lemire : « Depuis le 7-Octobre, c’est toute l’histoire du conflit israélo-palestinien qui se rejoue en accéléré »

Aucune justification

« Il s’agit d’une autorisation que j’avais obtenue en février 2025 et qui est normalement valable deux ans, je n’avais donc pas effectué de démarches particulières cette fois-ci. Cette notification quatre jours avant mon vol est très délibérée », a déclaré lundi matin Vincent Lemire à l’AFP, qui précise n’avoir reçu « aucune justification » de la part des autorités israéliennes. L’universitaire, qui a reçu le soutien du ministre de l’enseignement supérieur français, Philippe Baptiste, s’était dit « très surpris » de cette décision. « Mes prises de position ne sont pas nouvelles, mais je n’ai jamais boycotté Israël, j’invite régulièrement des universitaires israéliens et je vais en Israël depuis vingt-cinq ans », poursuivait-il.

Vincent Lemire a affirmé dans la soirée avoir reçu un nouveau courriel en fin d’après-midi établissant que, « à la suite d’un réexamen du dossier, il a été décidé de lever les restrictions d’entrée en Israël ». « Je pars demain matin », a-t-il précisé à l’AFP. Dans son message publié sur les réseaux sociaux, il précise que « les rencontres prévues demain [mardi] à l’université An-Najah de Naplouse sont annulées ; la conférence prévue ce soir sur le quartier maghrébin de Jérusalem est reportée ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Vincent Lemire, historien : « Face au show impérial de Trump, le plan franco-saoudien peut transformer le cessez-le-feu à Gaza en paix durable »

Vincent Lemire doit participer à une vingtaine de séminaires et rencontres avec des chercheurs et étudiants, notamment israéliens et palestiniens. « C’est mon terrain de recherche depuis vingt-cinq ans, mon laboratoire à ciel ouvert et en termes de liberté académique, cela est très problématique », dit-il. « Comme pour les 37 ONG interdites de travailler à Gaza, on a l’impression qu’on est dans une dynamique de règlement de comptes » à l’égard des voix critiques d’Israël.

Dans une tribune publiée en août dans Le Monde, Vincent Lemire avait, avec l’ancien ambassadeur d’Israël en France Elie Barnavi, exhorté Emmanuel Macron à prendre des sanctions contre Israël en raison de la situation à Gaza. « Monsieur le Président, si des sanctions immédiates ne sont pas imposées à Israël, vous finirez par reconnaître un cimetière. Il faut agir maintenant pour que la nourriture et les soins puissent entrer massivement à Gaza », écrivaient-ils, en référence à l’annonce française de la reconnaissance d’un Etat de Palestine, concrétisée en septembre à l’ONU.

Lire aussi la tribune | Article réservé à nos abonnés Elie Barnavi et Vincent Lemire : « Monsieur le Président, si des sanctions immédiates ne sont pas imposées à Israël, vous finirez par reconnaître un cimetière »

Le Monde avec AFP

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Municipales 2026 : à Saint-Etienne, la succession très disputée de l’ex-maire Gaël Perdriau, condamné et emprisonné

Siham Labich lors d’un conseil municipal à Saint-Etienne, le 13 octobre 2025. CLARA SERRANO/« LE PROGRES »/MAXPPP

Et une de plus : lundi 12 janvier à Saint-Etienne, la deuxième adjointe au maire, Siham Labich (ex-MoDem, sans étiquette), a invité les journalistes et une cinquantaine de proches dans une grande galerie d’exposition du centre-ville pour annoncer sa candidature aux élections municipales de mars. Il s’agit de la quatrième candidature dans le camp de la droite et du centre qui formait la majorité de l’ex-maire Gaël Perdriau (divers droite), condamné pour « chantage », « détournement de fonds publics » et « association de malfaiteurs » le 1er décembre 2025 et incarcéré à la prison de Bourg-en-Bresse depuis le 7 janvier, dans l’affaire dite du chantage à la « sextape », un piège tendu à son rival politique, l’ex-premier adjoint Gilles Artigues, filmé à la caméra cachée en compagnie d’un prostitué. Gaël Perdriau, exclu du parti Les Républicains (LR) au moment de la révélation de cette affaire, a fait appel.

Avant Siham Labich s’étaient déclarés candidats l’ex-député de la Loire Dino Cinieri pour LR, l’UDI, le MoDem et Renaissance, le Parti radical et le Parti radical de gauche, l’ex-patron du Medef dans la Loire Eric Le Jaouen pour Horizons, puis Marc Chassaubéné (divers droite), premier adjoint au maire Jean-Pierre Berger (divers droite), ces deux derniers étant des fidèles soutiens de Gaël Perdriau. Or Marc Chassaubéné et Jean-Pierre Berger avaient préparé cette candidature sans en informer une bonne moitié des élus de la majorité municipale, proches de Siham Labich, qui l’ont apprise dans la presse.

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Incendie de Crans-Montana : Jacques Moretti, propriétaire du bar Le Constellation, placé en détention provisoire

Jacques et Jessica Moretti, le couple qui tenait le bar suisse de la station de ski de Crans-Montana, ravagé par les flammes lors d’une soirée du Nouvel An, arrivant au ministère public du canton du Valais, à Sion, dans le sud-ouest de la Suisse, le 9 janvier 2026, pour être interrogés. UMIT BEKTAS / REUTERS

Un tribunal du canton du Valais a ordonné lundi le placement en détention provisoire de Jacques Moretti, propriétaire avec son épouse du bar de la station de ski suisse de Crans-Montana incendié la nuit du Nouvel An, pour une durée initiale de trois mois, a annoncé à l’Agence France-Presse (AFP) une source proche du dossier.

Après une audition de plus six heures, le ministère public du canton du Valais avait demandé vendredi au tribunal des mesures de contrainte et la mise en détention provisoire de M. Moretti, mis en cause dans l’enquête ouverte sur cet incendie tragique, qui a fait 40 morts et 116 blessés.

Le couple est soupçonné d’« homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d’incendie par négligence ». D’après des extraits de procès-verbaux publiés samedi par plusieurs médias français et suisses, dont l’authenticité a été confirmée à l’AFP de source proche du dossier, le couple a notamment été interrogé sur les bougies étincelantes, qui, selon les premiers éléments, de l’enquête ont provoqué le drame en entrant en contact avec une mousse insonorisante posée au plafond du sous-sol de l’établissement. Des interrogations portent aussi sur la présence et l’accès aux extincteurs ainsi que sur la conformité des voies de sortie de ce bar.

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« Il n’y avait jamais eu de souci »

« Systématiquement, quand nous servons une bouteille en salle, nous ajoutons un “scintillant” [ou bougie-fontaine] », avait expliqué Jessica Moretti, ressortie libre de l’audition de vendredi. « Ça fait dix ans que nous faisons cela, il n’y avait jamais eu de souci », avait assuré, pour sa part, Jacques Moretti, qui a, lui, été placé en détention provisoire après cette audition. Selon lui, il « n’est pas impossible » que ces bougies aient causé l’incendie, mais il estime qu’il « doit y avoir quelque chose d’autre ». Ces bougies « n’étaient pas assez puissantes pour enflammer la mousse acoustique. J’avais fait des tests », a-t-il soutenu.

La nature de la mousse antibruit posée au plafond du sous-sol est notamment scrutée par les enquêteurs. Jacques Moretti a expliqué l’avoir achetée dans un magasin de bricolage et installée lui-même lors de travaux effectués après l’achat de l’établissement, en 2015.

Dans cette enquête, la commune de Crans-Montana a admis le 6 janvier un « manquement » aux contrôles périodiques de la sécurité incendie du Constellation. Alors que la loi impose au service de sécurité communal « de faire [des] visites périodiques annuellement » dans les établissements recevant du public, le président du conseil communal de Crans-Montana, Nicolas Féraud, a fait savoir que ces « contrôles périodiques n’ont pas été effectués de 2020 à 2025 ».

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Le Monde avec AFP

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