Au Maroc, le « malaise » des ultras : « On manifeste toutes les semaines dans les tribunes, mais personne ne nous écoute »

Sur une plage de Rabat, le 29 décembre 2025. SEBASTIEN BOZON / AFP

Là-bas, derrière l’océan Atlantique, pointent-ils du doigt, c’est l’Amérique. Ici, sur ce bout de plage qui longe la corniche, dans le quartier populaire de Yacoub El Mansour, à Rabat, c’est leur terre de liberté. Dans le noir presque absolu, seulement éclairé par la lampe de leur téléphone, Imad, Hamza, Ali ou Aimène (ils souhaitent garder l’anonymat), âgés de 24 à 33 ans, se retrouvent chaque soir après le travail – pour ceux qui en ont un –, assis sur ces rochers.

On y sirote le même café serré pendant des heures et on se laisse bercer par les effluves parfumés du zatla, un joint de cannabis. Cette nuit-là, on parle de foot, de foot et encore de foot. « Nous, on aime trop ça. On en a besoin, c’est pour respirer », lance Hamza, 29 ans, ouvrier sur des chantiers, le visage camouflé dans une capuche pour se protéger d’une brise glaciale. Lui et ses « frères » sont des ultras du club des Forces armées royales – les FAR de Rabat –, membres de la Black Army (« l’armée noire », en anglais) ou de l’Askary (« militaire », en arabe), les deux groupes de supporteurs.

« Leur passion est extrême, et déborde parfois en bagarres », décrit le Français Hubert Velud, éphémère entraîneur des FAR, entre octobre 2024 et février 2025. « Ce n’est qu’une réputation. On se défoule quand on va au stade,confie Hamza, également père de trois enfants. C’est comme si j’avais fait un long et beau voyage. J’attends toutes les semaines pour y aller. C’est le plaisir de sortir de la routine. »

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Syrie : l’armée étend son contrôle aux zones du Nord, après le retrait des Kurdes

Des soldats de l’armée syrienne sur la route reliant Alep à Deir Hafer (Syrie), le 17 janvier 2026. PHILÉMON BARBIER / HORS FORMAT POUR « LE MONDE »

L’armée syrienne a pris, samedi 17 janvier, le contrôle de zones du nord de la Syrie, évacuées par les forces kurdes sous pression, qui jouissaient d’une autonomie de facto depuis plus de dix ans dans la région. Le président syrien par intérim, Ahmed Al-Charaa, reprend de nouveaux pans du pays, au lendemain d’un décret accordant des droits nationaux à la minorité kurde, que les autorités kurdes ont néanmoins jugé insuffisant.

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Face à l’impasse de ses négociations avec les Kurdes, qui contrôlent une partie du nord et du nord-est de la Syrie, Ahmed Al-Charaa a délogé les combattants kurdes de quartiers d’Alep la semaine du 5 au 11 janvier, puis les a sommés de se retirer de zones à l’est de cette ville.

Ses troupes se rapprochent désormais de Rakka, ancien bastion du groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Syrie, avant qu’il soit défait par les Forces démocratiques syriennes (FDS) – bras armé des Kurdes – soutenues par une coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis, et qui en ont pris le contrôle.

Après avoir massé des renforts dans la région et bombardé, vendredi, des positions kurdes, l’armée a progressé tout au long de la journée de samedi. Elle s’est notamment déployée dans Deir Hafer, à une cinquantaine de kilomètres à l’est d’Alep, selon les correspondants de l’Agence France-Presse (AFP), alors que les combattants kurdes se retiraient. Un peu plus loin, dans la localité de Maskana, l’armée a été acclamée par les habitants, à majorité arabe.

Ponts détruits et couvre-feu

Tôt dimanche matin, le ministre de l’information syrien, Hamza Moustafa, cité par l’agence de presse officielle SANA, a déclaré que l’armée syrienne avait pris le contrôle, encore un peu plus à l’est, de « la ville stratégique d’Al-Tabqa dans la région de Rakka, y compris le barrage sur l’Euphrate, qui est le plus grand de Syrie ».

SANA a diffusé une vidéo montrant, selon elle, des véhicules des forces syriennes entrant dans cette localité où l’armée avait affirmé auparavant avoir encerclé les combattants kurdes retranchés dans un aéroport militaire. Les FDS ont assuré avoir « pris les mesures nécessaires pour restaurer la sécurité et la stabilité » dans la ville située à une quarantaine de kilomètres de Rakka.

L’agence de presse officielle a fait état, dimanche, de la destruction durant la nuit par les combattants kurdes des ponts sur l’Euphrate dans le but d’isoler Rakka.Les autorités kurdes avaient imposé un couvre-feu, alors que les forces gouvernementales ont annoncé leur intention de bombarder des objectifs dans cette zone. L’armée avait accordé un délai aux civils pour évacuer la zone sous contrôle des FDS ; plus de 4 000 civils avaient fui, selon les autorités syriennes.

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Les FDS ont fait état d’« intenses affrontements » dans cinq localités à l’est de l’Euphrate entre Deir ez-Zor et la frontière irakienne. Les autorités de Deir ez-Zor, également sur le fleuve, ont accusé les forces kurdes de bombarder le centre-ville, sous contrôle gouvernemental.

Inquiétude des pays occidentaux

Le ministère de la défense syrien a également annoncé, samedi, que l’armée avait « repris le contrôle » de deux champs pétroliers, celui de Safyan et celui d’Al-Tharwa, près d’Al-Tabqa. La compagnie pétrolière publique syrienne a, pour sa part, affirmé avoir pris possession des sites en vue d’y reprendre la production.

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L’offensive des autorités syriennes a provoqué l’inquiétude des pays occidentaux, dont les Etats-Unis, qui ont récemment levé les sanctions imposées à Damas sous Bachar Al-Assad. Le commandement militaire central américain pour le Moyen-Orient (CentCom) a exhorté les forces syriennes à cesser toute attaque dans la zone située entre Alep et Al-Tabqa, appelant à « une coopération étroite entre les partenaires syriens ».

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Samedi, le chef des FDS, Mazloum Abdi, a rencontré à Erbil, dans le nord de l’Irak, l’émissaire américain Tom Barrack. Les Kurdes sont une minorité notamment répartie entre la Turquie, la Syrie, l’Irak et l’Iran. Ils ont souffert de décennies de marginalisation et d’oppression des régimes précédents en Syrie.

Lors d’un entretien téléphonique, Emmanuel Macron et le président de la région autonome du Kurdistan irakien, Netchirvan Barzani, ont appelé à « la désescalade immédiate et à un cessez-le-feu permanent » en Syrie, a rapporté l’Elysée. Ils ont ajouté qu’il était « de la pleine responsabilité des autorités syriennes d’assurer la protection » des populations civiles.

Le pouvoir syrien a conclu en mars 2025 un accord avec les Kurdes pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l’Etat, mais son application bute sur les exigences contradictoires des deux parties, toutes deux soutenues par Washington.

« Une Syrie unie et stable passe par l’intégration des Forces démocratiques syriennes en son sein et non par la guerre contre celles et ceux qui ont combattu Daech [l’acronyme arabe de l’EI] à nos côtés », a ajouté, sur X, M. Macron. « L’offensive des autorités syriennes doit cesser immédiatement », a lancé le président français.

Champs pétroliers et gaziers

Au moment où il est engagé dans un conflit avec les forces kurdes qui contrôlent le nord du pays, Ahmed Al-Charaa a annoncé, vendredi soir, reconnaître par décret les droits nationaux des Kurdes. Leur langue devient officielle, une décision historique dans le pays où cette minorité est estimée à presque deux millions sur une population de 20 millions d’habitants.

Il a affirmé que les Kurdes constituaient « une partie intégrante » du pays, mais l’administration autonome kurde du nord de la Syrie a estimé que ce décret constituait « un premier pas mais ne satisfai[sait] pas les aspirations et les espoirs du peuple kurde ».

M. Al-Charaa a renversé, en décembre 2024, Bachar Al-Assad à la tête d’une coalition islamiste et veut étendre son autorité sur l’ensemble du territoire syrien. La minorité kurde avait profité du chaos de la guerre civile (2011-2024) pour s’emparer, après avoir défait l’EI, de vastes territoires du nord et du nord-est de la Syrie, où se trouvent des champs pétroliers et gaziers.

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Le Monde avec AFP

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Répression en Iran : « L’inaction équivaut à une complicité passive »

Alors que le peuple iranien fait face à un massacre désormais documenté, l’Europe ne doit plus demeurer spectatrice. Dans un moment où les stratégies du chaos menacent l’équilibre mondial, une parole européenne collective – claire, ferme – s’impose. Défendre les Iraniennes et les Iraniens aujourd’hui, c’est défendre nos propres valeurs démocratiques, la dignité humaine et l’universalité des droits fondamentaux.

Face à l’escalade de la violence, une mobilisation des consciences démocratiques – citoyens et organisations – est urgemment nécessaire pour défendre le droit des Iraniennes et des Iraniens à vivre libres dans un Etat démocratique.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Iran, le durcissement brutal du régime face à la rue

Depuis plusieurs semaines, le peuple iranien est confronté à une violence d’Etat d’une ampleur désormais incontestable. Les informations qui parviennent, recoupées par de nombreuses sources, confirment l’usage systématique d’armes à feu contre des civils, des foules désarmées, des étudiants, des femmes, des adolescents. Les fusillades ne sont plus une menace : elles sont une réalité. Les morts se comptent par milliers. Ce qui se déroule aujourd’hui en Iran n’est plus une répression ponctuelle, mais un massacre.

Une grandeur et un courage remarquables

Face à cette situation, il n’est plus possible de se contenter de condamnations symboliques ou de déclarations de principe. Le peuple iranien fait preuve, depuis des années, d’une grandeur et d’un courage remarquables. Il continue de lutter, au prix de sa vie, contre un régime islamiste qui gouverne par la terreur, tout en cherchant à se parer des atours de la respectabilité internationale. Cette lutte est universelle. Elle engage l’avenir des libertés publiques, l’idée même d’émancipation, et la capacité des démocraties à se défendre elles-mêmes lorsqu’elles sont mises à l’épreuve.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « En Iran, un changement de régime ne peut et ne doit pas être imposé de l’extérieur », affirme un collectif de personnalités politiques de gauche

L’Iran occupe une place décisive dans l’équilibre mondial. Carrefour historique entre Orient et Occident, espace de circulation des savoirs, des arts et des pensées, il est aujourd’hui un point de bascule. En laissant se perpétrer ce bain de sang, la communauté internationale envoie un signal dangereux : celui d’une tolérance tacite envers l’écrasement d’un peuple par son propre gouvernement. Le régime iranien instrumentalise le soft power culturel, académique et diplomatique pour masquer la violence extrême qu’il exerce. Cette stratégie ne peut plus être acceptée.

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Le business des parents influenceurs : « Certains vont jusqu’à sciemment faire étalage d’humiliations ou de maltraitances »

ALAIN BOUSQUET

« Dystopique » : c’est le terme qui revient en boucle dans la section commentaire des vidéos de la Californienne d’adoption Anna Brown, « mère célibataire de deux paires de jumeaux ». La marque de fabrique de l’influenceuse : des vidéos dévoilant sa « routine », où les seuls bruits entendus sont le claquement d’une porte de voiture de luxe ou le frottementd’une bouteille de gel douche à 170 dollars (145 euros) contre une surface marbrée. Et parfois, le son feutré des sacs à main brodés de perles que ses petites filles accrochent au mur après l’école.

La chaîne YouTube d’Anna Brown propose plus de 1 700 vidéos, mais son contenu n’est devenu viral qu’à la fin de 2024, après le partage de sa première séquence presque intégralement silencieuse. Un sillon que l’influenceuse creuse auprès de ses quelque 2,7 millions d’abonnés TikTok et 10,2 millions d’abonnés YouTube. Dans l’une de ses vidéos les plus regardées, Anna se promène sans un mot avec un casque de réalité virtuelle sur la tête, commande un véhicule autonome pour aller boire un matcha et rejoint ses enfants pour jouer avec un chien robot. « C’est la dépression », commente un abonné. « Il n’y a jamais d’échange de regards avec ses enfants, c’est inquiétant », observe un autre.

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Myriam Benraad, politiste : « Une “nouvelle frontière” quantique mènera-t-elle à transcender les vieilles rancœurs et divisions au Moyen-Orient ?

PETER STEFFEN/DPA / PHOTONONSTOP / PETER STEFFEN/DPA / PHOTONONSTOP

Entre les 27 et 29 janvier 2025, se réunissaient à Abou Dhabi (Emirats arabes unis) des scientifiques de renommée internationale, des pionniers de l’industrie et des chercheurs spécialisés dans les sciences et les techniques lors d’un symposium sur les technologies quantiques. Aujourd’hui en pleine expansion, ces technologies exploitent les principes de la mécanique quantique pour résoudre des problèmes complexes avec des capacités qui dépassent largement celles des ordinateurs les plus performants dans le domaine de l’informatique. Au milieu du déchaînement de passions ayant marqué l’actualité récente au Moyen-Orient, cet événement est passé inaperçu. Il n’en augure pas moins l’entrée de la région dans une ère singulière, celle d’une « géopolitique quantique » qui pourrait mener à bien des bouleversements, certes encore peu visibles.

Cet article est tiré du « Bilan du Monde, édition 2026 », janvier-mars 2026, en vente en kiosque ou par Internet sur le site de notre boutique.

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Aude Farinetti, universitaire : « Le droit à l’épreuve de l’échouement de sargasses aux Antilles »

Si l’accumulation de sargasses (algues brunes de la famille des Sargassaceae) dans la mer du même nom est connue depuis des siècles, comme en atteste notamment le journal de bord de Christophe Colomb, leur premier épisode d’échouement massif sur les côtes des Antilles françaises date de 2011. Depuis, bien que des variations interannuelles aient été observées, ce phénomène s’est installé jusqu’à atteindre une ampleur encore inégalée en 2025. D’origine multifactorielle et aux conséquences aussi variées que néfastes, l’échouement massif de ces algues pélagiques (Sargassum fluitans et Sargassum natans) sur les côtes antillaises met le droit applicable à l’épreuve.

Cet article est tiré du « Bilan du Monde, édition 2026 », janvier-mars 2026, en vente en kiosque ou par Internet sur le site de notre boutique.

Les causes du phénomène sont l’objet de nombreux travaux scientifiques nationaux et internationaux. Ils montrent le rôle cumulé d’une part des apports en nutriments charriés par les grands fleuves équatoriaux (Amazone, Orénoque, Congo), ou déposés par les brumes de sable, et d’autre part des changements climatiques, qui stimulent la prolifération algale par le réchauffement des eaux et modifient les courants marins, conduisant désormais les algues sur les côtes antillaises. Cette origine multiple, diffuse et transnationale ne facilite pas la réaction des pouvoirs publics, pourtant requise tant sont nombreux et délétères les inconvénients liés aux échouements.

Si les radeaux de sargasses flottant en mer ne présentent aucun danger et sont même considérés comme un habitat d’une grande richesse écologique, ils produisent, une fois échoués sur le littoral où les algues se décomposent, des inconvénients sanitaires, environnementaux et économiques. Ainsi, outre les dangers que peuvent présenter les radeaux de sargasses pour la baignade et les activités nautiques et de loisirs, la décomposition des algues dégage des gaz (principalement l’hydrogène sulfuré [H2S] et l’ammoniac anhydre [NH3]) extrêmement nauséabonds et susceptibles de devenir toxiques, voire mortels au-delà d’une certaine concentration et d’une certaine durée d’exposition. Les populations exposées souffrent en particulier d’irritations oculaires et respiratoires, et de troubles neurologiques (céphalées, nausées…).

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A Montréal, la présence d’un rouge-gorge venu d’Europe étonne et attire les foules

A l’angle des avenues Rougemont et Dubuisson, à Montréal, le 15 janvier 2026. ALEXANDRE LEPOUTRE

Dans le calme hivernal de Montréal, au milieu d’un quartier résidentiel, l’angle des avenues Rougemont et Dubuisson est soudainement devenu le centre de toutes les attentions. Entre deux tas de neige, un parterre de photographes s’installe quotidiennement en face d’une haie, tels de véritables paparazzis. La célébrité ? Un rouge-gorge familier dont la présence au Canada est observée pour la toute première fois.

Depuis qu’il a été aperçu par une résidente du quartier, et signalé jeudi 8 janvier sur un site bien connu des ornithologues, les foules convergent vers Montréal. « Il y avait au moins 150 personnes ici le week-end du 10-11 janvier », raconte Maurice Gauvin, armé d’un appareil photo et membre de l’association Protection des oiseaux du Québec. « J’ai fait quatre heures de route depuis l’Ontario », nous confie à ses côtés Monique Grenier, retraitée, venue admirer cet oiseau solitaire. Selon les témoignages recueillis sur place auprès des habitués du lieu, certains auraient parcouru des milliers de kilomètres, de la Californie ou du Michigan, motivés par l’observation d’un phénomène ornithologique rarissime.

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A l’Open d’Australie, Carlos Alcaraz et Iga Swiatek veulent compléter leur collection de titres du Grand Chelem

Le tennisman espagnol Carlos Alcaraz, lors d’une session d’entraînement à Melbourne Park, avant le lancement de l’Open d’Australie, le 17 janvier 2026. TINGSHU WANG / REUTERS

L’Open d’Australie 2026, qui débute dimanche 18 janvier (jusqu’au 1er février), marquera l’entame d’une nouvelle saison pour la balle de feutrine, et sera l’occasion pour Carlos Alcaraz et Iga Swiatek, virtuoses des circuits masculin et féminin, de partir en quête du dernier Grand Chelem manquant à leur collection. Déjà titrés, parfois même à plusieurs reprises, dans les trois autres tournois de prestige – US Open, Roland-Garros et Wimbledon –, ces deux ogres du tennis contemporain n’ont toutefois jamais réussi à se hisser en finale à Melbourne.

Une anomalie, ou presque, à l’échelle de ces deux férus de terre battue, non moins performants sur les surfaces dures, comme celle qui recouvre les courts australiens. Vainqueur de quatre des huit derniers majeurs disputés, l’Espagnol de 22 ans a pourtant échoué en quarts lors de ses deux précédentes participations. Mais les échecs répétés n’étant pas dans ses habitudes, le leader au classement ATP a donc fait de l’Open d’Australie son « objectif principal de l’année »,pour asseoir encore davantage sa domination sur le circuit international – pour laquelle l’Italien Jannik Sinner lui mène une forte concurrence.

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Gaza : Israël rejette la composition d’un organe du conseil de la paix, créé sous l’égide de Donald Trump, l’Egypte, le Qatar et la Turquie

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 15 septembre 2025. NATHAN HOWARD / REUTERS

Israël a annoncé, samedi 17 janvier, contester la composition d’un organe du conseil de la paix pour Gaza, dont la création a été annoncée mercredi par l’Egypte, le Qatar et la Turquie, dans le cadre du plan de paix de Donald Trump.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Gaza : le Conseil de la paix censé gouverner l’enclave prend forme, sous les critiques

« L’annonce de la composition du comité directeur de Gaza, qui relève du conseil de la paix [mis sur pied par M. Trump et dirigé par lui-même], n’a pas été coordonnée avec Israël et va à l’encontre de sa politique », affirme un communiqué du bureau du premier ministre, Benyamin Nétanyahou. Ce dernier « a donné instruction au ministre des affaires étrangères de contacter à ce sujet le secrétaire d’Etat » américain, Marco Rubio.

Ce conseil aura pour mission de superviser la phase 2 du plan Trump visant à mettre fin à la guerre à Gaza, après trois mois de fragile cessez-le-feu obtenu sous la pression de Washington. Le président américain, qui a promis le « plus grand et prestigieux conseil jamais assemblé », considère le conseil de la paix comme un rouage essentiel de sa politique visant à mettre fin à plus de deux ans de bombardements de l’armée israélienne dans le territoire palestinien.

Phase 2 du plan Trump

Après avoir reçu une invitation, le président argentin, Javier Milei, a déclaré que ce serait un « honneur » d’y siéger. Le dirigeant canadien, Mark Carney, aurait également l’intention d’y participer, selon un de ses conseillers. La communication du président turc s’est, elle, contentée de dire que Recep Tayyip Erdogan avait reçu l’invitation et son homologue égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, « étudie la question », selon son chef de la diplomatie.

Ces dirigeants sont invités à rejoindre le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, qui multiplie les casquettes au sein du gouvernement de Donald Trump, et l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, qui a déjà joué les médiateurs au Moyen-Orient.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés A Gaza, les incertitudes de la « deuxième phase » du plan Trump

Le Jihad islamique palestinien a accueilli froidement l’annonce de la constitution d’un conseil de la paix pour Gaza, estimant que ses membres avaient été choisis pour servir les intérêts d’Israël. « Nous avons été surpris par la composition du prétendu “conseil de paix” et par les noms annoncés, choisis selon des critères israéliens et servant les intérêts de l’occupation, ce qui témoigne clairement d’intentions négatives préméditées quant à la mise en œuvre de l’accord » de cessez-le-feu, en vigueur depuis le 10 octobre 2025 dans la bande de Gaza, écrit le Jihad islamique dans un communiqué.

Le Monde avec AFP

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Signature de l’accord UE-Mercosur : récit d’un suspense qui aura duré un quart de siècle

De gauche à droite : la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, le président panaméen, José Raul Mulino, le président bolivien, Rodrigo Paz, le président du Conseil européen, Antonio Costa, le président paraguayen, Santiago Pena, le président argentin, Javier Milei, le président uruguayen, Yamandu Orsi et le ministre des affaires étrangères brésilien, Mauro Vieira, lors de la cérémonie de signature de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur, à Asuncion, le 17 janvier 2026. LUIS ROBAYO/AFP

« Enfin ! », se félicitent les uns. « Hélas ! », regrettent les autres. Plus de vingt-six ans après le début des négociations,la Commission européenne a signé l’accord commercial avec les quatre pays fondateurs du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Cela s’est fait, samedi 17 janvier, à Asuncion, la capitale du Paraguay, qui occupe la présidence tournante de l’organisation sud-américaine. « Aujourd’hui, nous écrivons l’histoire », s’est félicitée Ursula von der Leyen.

La veille, la présidente de la Commission avait fait escale au Brésil, à Rio de Janeiro, pour y rencontrer le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva et le remercier de son aide. Elle lui a ainsi offert une session de rattrapage, alors que l’affaire aurait dû être conclue le 20 décembre 2025, à Foz do Iguaçu, sous présidence brésilienne du Mercosur.

Le photographe d’Ursula von der Leyen était déjà sur place pour y faire des repérages, quand il avait fallu, le 18 décembre, annuler, in extremis, le déplacement de la présidente de la Commission. La présidente du conseil italien, Giorgia Meloni, venait en effet de demander à Bruxelles une dernière concession, dont dépendait son soutien au traité. Or, sans Rome, l’exécutif communautaire n’avait plus la majorité qualifiée requise des Etats membres, qui lui permettait d’engager l’Union européenne (UE) avec le Mercosur. Dès lors que la France, la Hongrie, la Pologne, l’Autriche et l’Irlande envisageaient de s’y opposer, le compte n’y était pas.

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