Alexandre Bisson, 21 ans, qui a une déficience cognitive due à un trouble du spectre autistique, installe des desserts dans la vitrine d’un restaurant, dans lequel il est apprenti. A Paris, le 17 février 2023. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT/AFP
Des « acteurs multiples », un « foisonnement de dispositifs », un système de quotas « nécessaire mais insuffisant », qui aboutit à des résultats « en deçà des objectifs », tel est le constat sévère dressé par un rapport de la Cour des comptes, publié lundi 26 janvier, sur « la politique en faveur de l’inclusion dans l’emploi des personnes en situation de handicap ».
La publication met de côté la situation de l’emploi protégé, qui mobilise 1,6 milliard d’euros pour 120 000 personnes accueillies en Etablissements et services d’aide par le travail, et se concentre sur l’insertion des travailleurs en situation de handicap en milieu ordinaire. Cette mission, qui mobilise 1,3 milliard d’euros, est répartie entre une grande variété d’acteurs : France Travail, son dispositif spécifique pour le handicap Cap Emploi, les missions locales pour les jeunes, l’Association de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph) pour le privé, et son équivalent, le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la Fonction publique (FIPHFP), pour le secteur public, ainsi que d’autres prestataires externes… Un « paysage institutionnel peu compréhensible pour les utilisateurs, personnes handicapées et employeurs », avec des actions peu coordonnées et des « dispositifs en silo », constate la Cour des comptes.
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Elohim Prandi après la défaite de l’équipe de France face à l’Espagne lors du troisième match du tour principal de l’Euro de handball, à Herning, au Danemark, le 26 janvier 2026. BO AMSTRUP / AFP
La fin d’après-midi du lundi 26 janvier a mal tourné pour l’équipe de France de handball. Les Bleus se sont inclinés face à l’Espagne (32-36), pour leur troisième match du tour principal de l’Euro 2026. Les tenants du titre voient leur qualification pour les demi-finales du tournoi menacée, après s’être déjà inclinés contre le Danemark, pays hôte, jeudi.
Mais dans leur malheur, les hommes de Guillaume Gille ont pu apprécier, en soirée, la victoire de la formation scandinave sur l’Allemagne (31-26), qui leur permet de garder leur destin en mains. Ils devront battre les Allemands, mercredi, pour atteindre le dernier carré et continuer l’aventure.
Lundi, l’Espagne se présentait face aux Bleus d’ores et déjà éliminés de la chasse aux demi-finales. Mais dès le match commencé, ce sont bien les hommes de Jordi Ribera qui ont pris le jeu à leur compte. Deux jours après avoir construit en une mi-temps leur succès spectaculaire face au Portugal, les Français sont cette fois apparus méconnaissables, aussi friables défensivement, qu’incapables d’imposer leur rythme en attaque, dans un premier acte qui leur a été fatal, avec six buts de retard à la pause (20-14).
« Un peu comme l’an dernier face aux Croates, on perd la bataille tactiquement », a regretté le demi-centre Aymeric Minne, ramenant au souvenir du fiasco en première période de la demi-finale du dernier Mondial.
Le piège espagnol était pourtant annoncé, « on est tombés dedans avec les deux pieds et la tête », a pesté Dika Mem. « Ce n’est pas normal de jouer comme on l’a fait », a ajouté celui qui évolue justement en Espagne, à Barcelone.
« Cette défaite, on la mérite »
Ian Barrufet (10 buts sur 11 tirs) a fait la loi devant, quand la défense imposée par les Espagnols a rendu les champions d’Europe en titre presque muets, limités à 14 buts à la pause, quand ces derniers tournaient à plus de 40 buts par rencontre jusqu’ici.
« On s’est empêtrés dans leur défense, un mix entre une 1-5 et une 3-3, admet Gille, mais c’est vraiment le jeu complet qui en première période n’a pas été au niveau attendu. Il n’y a pas un domaine plus qu’un autre ».
De plus, deux arrêts coup sur coup de Sergey Hernandez ont propulsé un peu plus les Espagnols sur un nuage, et mis la tête des Bleus sous l’eau. Dos au mur, ils ont bien tenté de sonner la révolte, au point même de revenir à un but d’écart grâce notamment à la bonne entrée dans les cages de Rémi Desbonnet. Mais les parades du Montpelliérain ont à peine caché lundi soir le gros manque d’efficacité des Français, venus se casser les dents sur Sergey Hernandez et consorts quand ils avaient la possibilité de renverser la vapeur.
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« On n’a pas saisi la possibilité de relancer la machine [après le Portugal], a regretté le capitaine Ludovic Fabregas. Cette défaite, on la mérite aussi, on l’a cherchée ».
Alors que les quelque 10 000 spectateurs danois ont applaudi, ravis, la performance de l’Espagne, les Bleus ont quitté le parquet le visage fermé, conscients que leur rêve de conserver leur couronne est plus que jamais dans la balance.
Le député François Ruffin, à Tours (Indre-et-Loire), le 24 janvier 2026. ROMAIN PERROCHEAU/AFP
Le député de la Somme François Ruffin a confirmé, lundi 26 janvier, dans des interviews à Libération et TF1 qu’il serait bien candidat à la primaire de la « gauche unitaire », comme Marine Tondelier pour les Ecologistes et Clémentine Autain pour L’Après (mouvement des anciens « insoumis »). Les participants à cette primaire – à laquelle ni Raphaël Glucksmann (Place publique), ni Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI), ni le Parti communiste français (PCF) ne participeront – ont annoncé ce week-end qu’elle se tiendrait le 11 octobre.
« La primaire est actée : ce sera le 11 octobre. Et oui, sans surprise, je serai candidat », a dit le fondateur du parti Debout ! dans Libération. « Elle se fera », a assuré François Ruffin dans Libération, sans préciser s’il pourrait être candidat si la primaire n’avait pas lieu. « Et je ne reculerai pas : une fois récoltés les 500 [signatures de] maires et les 100 000 soutiens, 100 000 parrains citoyens, je serai candidat à l’élection présidentielle », a-t-il ajouté. « J’y vais pour gagner, et surtout j’y vais pour faire gagner les Français », a-t-il insisté sur TF1.
En mai 2025, l’ancien « insoumis » – qui a rompu avec LFI au moment des législatives de 2024 – avait déjà appelé de ses vœux une primaire et annoncé qu’il y serait candidat. Depuis, le député de la Somme, fort de trois victoires dans sa circonscription depuis 2017, dont deux face au Rassemblement national, a notamment lancé son mouvement Debout !, une déclinaison nationale de son petit parti Picardie debout !
Souvent critiqué pour ses difficultés à s’intéger dans un collectif, il est devenu l’un des principaux défenseurs de la primaire, qu’il souhaite être « de débordement ».
François Ruffin continue de tendre la main à Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann pour qu’ils y participent. « De quoi ont-ils peur ? Du vote, du peuple de gauche, de leurs électeurs ? », a-t-il interrogé dans Libération, alors que le fondateur de Place publique, crédité d’environ 13 % des voix, a redit, lundi, son refus de participer à un processus qui, selon lui, « est une volonté de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche » : la social-démocratie et la gauche radicale. Il a appelé ses « partenaires socialistes » à construire une « plateforme commune ».
En cas de victoire à la présidentielle, François Ruffin, âgé de 50 ans, promet « une nouvelle abolition des privilèges ». « L’exemple viendra d’en haut : je suis le premier député au smic, je serai le premier président au smic. Je paierai mes factures d’électricité comme de Gaulle et j’achèterai ma vaisselle au supermarché comme sa femme, Yvonne. Nous ferons 20 millions d’euros d’économies sur le budget de l’Elysée, quatre cents postes d’infirmières. C’est un symbole », a-t-il promis. Et d’ajouter, sur TF1 : « Je ne suis pas né pour ça, enfant je ne me revais pas président, mais je me sens habité par mille voix, mille vies, mille visages. »
La cofondatrice de L’Après Clémentine Autain, qui a également rompu avec LFI, et la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, ont déjà annoncé leur candidature dans le cadre de cette primaire, où le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, souhaite engager les socialistes.
L’homme d’affaires tchèque Daniel Kretinsky, à Prague, le 17 octobre 2023. DAVID W CERNY/REUTERS
Lorsqu’il surgit à Paris, en avril 2018, pour acheter les magazines français de Lagardère – dont Elle – et l’hebdomadaire Marianne, personne, ou presque, n’a entendu parler de Daniel Kretinsky. Le Tchèque a beau être la cinquième fortune de son pays, ses coups d’éclat dans l’immobilier pragois et dans l’énergie en Europe centrale n’ont pas franchi les frontières. Près de huit ans plus tard, avant même qu’il ne révèle, le 26 janvier, son projet d’offre publique d’achat sur Fnac Darty, rares sont ceux à ne pas connaître son nom.
A 50 ans, le juriste est devenu un homme d’affaires incontournable dans l’Hexagone, tissant progressivement sa toile à coups d’acquisitions, d’abord dans les médias (Elle, Marianne, la création du magazine Franc-Tireur et de la chaîne de télévision T18), pour amorcer son influence, puis dans l’énergie (dont une partie est en passe d’être repris par TotalEnergies), la distribution (Casino, Monoprix, Fnac Darty) et l’édition (Editis). Des secteurs où le Tchèque avait déjà investi dans son pays. Le chiffre d’affaires cumulé des actifs français détenus majoritairement par le milliardaire tchèque avoisine les 20 milliards d’euros. Ils emploient près de 45 000 personnes.
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Une manifestante brandit une affiche devant une vitrine montrant deux impacts de balles, à Minneapolis (Minnesota), le 26 janvier 2026. ROBERTO SCHMIDT/AFP
Donald Trump et la Maison Blanche ont tenté de jouer l’apaisement, lundi 26 janvier, après la mort d’un infirmier, tué à Minneapolis par les balles d’agents fédéraux, tout en continuant d’accabler l’opposition démocrate pour sa « résistance » aux actions de la police de l’immigration.
Signe d’une possible baisse de tension, le maire démocrate de Minneapolis a annoncé que certains des agents fédéraux déployés dans la ville par le président américain s’en iraient à partir de mardi. « Je continuerai à lutter pour que le reste [des agents] impliqués dans cette opération s’en aillent », a écrit, sur X, Jacob Frey qui a échangé par téléphone avec Donald Trump.
Ce dernier juge que la mort d’Alex Pretti, 37 ans, est une « tragédie », mais estime qu’elle est le résultat de la « résistance délibérée et hostile » des démocrates à sa politique d’expulsions massives, a dit, plus tôt lundi, la porte-parole de la Maison Blanche. Le dirigeant républicain « ne veut pas voir de gens blessés ou tués dans les rues », mais exige « la fin de la résistance et du chaos », a aussi déclaré Karoline Leavitt, pendant une conférence de presse.
Dans un message sur son réseau, Truth Social, le président américain a expliqué avoir eu « une très bonne conversation » téléphonique avec Tim Walz, l’une de ses bêtes noires, le gouverneur (démocrate) du Minnesota, l’Etat où se trouve Minneapolis, théâtre de nombreuses manifestations contre la police anti-immigration (ICE). Sur X, cet ancien colistier de Kamala Harris à la dernière présidentielle a parlé d’un « échange constructif ».
« Nous semblons en réalité être sur la même longueur d’onde », a dit Donald Trump à propos de Tim Walz, qu’il n’a pourtant eu de cesse d’insulter ces dernières semaines, allant jusqu’à le traiter d’« attardé ». Peu après, Karoline Leavitt a toutefois réitéré une demande qui fait figure de ligne rouge pour les dirigeants démocrates du Minnesota : coopérer avec les agences fédérales chargées de l’immigration. Une grande partie de l’Etat est, en effet, un « sanctuaire », limitant la collaboration des forces de l’ordre locales avec l’ICE.
Le milliardaire de 79 ans dit vouloir coopérer avec le gouverneur et a précisé qu’il le mettrait en relation avec son conseiller spécial chargé de l’immigration, dépêché à Minneapolis. « J’envoie Tom Homan dans le Minnesota ce [lundi] soir. Il n’a pas été impliqué dans cette zone, mais il connaît et apprécie beaucoup de gens là-bas. Tom est sévère mais juste et il me rendra compte directement », a écrit le président américain sur Truth Social.
M. Homan dirigera les opérations de l’ICE et fera le lien avec les enquêteurs chargés d’une affaire de fraude aux aides publiques éclaboussant la communauté somalienne, a précisé Karoline Leavitt sur X.
« Nous examinons la situation »
M. Homan, le « Tsar des frontières », ainsi qu’il est connu dans les médias américains, est l’un des principaux architectes de la politique anti-immigration menée par le gouvernement américain. Mais il apparaît moins exposé médiatiquement que d’autres figures de l’administration Trump face à l’émoi suscité par les morts à Minneapolis d’Alex Pretti samedi et de Renee Good le 7 janvier, deux citoyens américains abattus par des agents fédéraux lors de mobilisations contre des opérations de l’ICE.
Des agents fédéraux, lors d’une manifestation près du lieu où l’infirmier Alex Pretti a été abattu, à Minneapolis (Minnesota, Etats-Unis), le 24 janvier 2026. TIM EVANS / REUTERS Des manifestants dans les rues de Minneapolis, (Minnesota, Etats-Unis), le 25 janvier 2026. OCTAVIO JONES / AFP
A l’inverse, la ministre à la sécurité intérieure, Kristi Noem, a été prompte, comme d’autres responsables, à venir au secours des policiers fédéraux impliqués, tout en attaquant les victimes, et sans attendre que des enquêtes soient menées. Donald Trump a fait preuve, dimanche soir, d’une relative retenue, inhabituelle, en disant au Wall Street Journal à propos de la mort d’Alex Pretti : « Nous examinons la situation, nous passons tout en revue et nous rendrons une décision. »
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Le ton est différent de celui adopté, par exemple, par le très influent et très radical conseiller Stephen Miller, qui a qualifié Alex Pretti d’« assassin », dans un message relayé sur X par le vice-président, J. D. Vance. Après la mort de Renee Good, J. D. Vance avait même donné une conférence de presse à la Maison Blanche pour défendre avec virulence le policier auteur des tirs mortels et peindre la victime de manière très péjorative comme une femme « radicalisée » et ayant subi « un lavage de cerveau ».
La justice était également sollicitée sur deux fronts, lundi. Selon les médias américains, une juge fédérale a promis de rendre une décision rapide concernant la demande du procureur général du Minnesota de suspendre l’opération anti-immigration dans l’Etat. Une plainte pour empêcher les autorités américaines de détruire des preuves dans l’affaire Alex Pretti était également examinée.
Les élus démocrates au Congrès menacent, pour leur part, de bloquer le financement du gouvernement si les agences fédérales chargées de l’immigration ne sont pas réformées.
La lutte contre l’immigration clandestine était une promesse de campagne centrale de Donald Trump, mais les sondages montrent un rejet croissant par la population de la manière dont cette politique est mise en œuvre.
La députée (Renaissance) de la Marne Laure Miller, lors du débat parlementaire sur la procédure législative visant à interdire l’accès des moins de 15 ans aux réseaux sociaux, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 26 janvier 2026. LUDOVIC MARIN/AFP
Les députés ont approuvé, lundi 26 janvier, par 130 voix contre 21, la proposition de loi (PPL) visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Le texte, soutenu par le gouvernement, proscrit également l’utilisation des téléphones mobiles par les adolescents dans l’enceinte des lycées. Emmanuel Macron a salué le vote, le qualifiant d’« étape majeure ».
Outre le camp gouvernemental, la majorité des socialistes et l’alliance d’extrême droite Rassemblement national-Union des droites pour la République a voté pour le texte. Seuls les « insoumis » et deux députés du groupe écologiste s’y sont opposés.
« Avec cette loi, nous poserons une limite claire dans la société. Nous disons une chose simple : les réseaux sociaux n’ont rien d’anodin, avait déclaré, avant le vote, Laure Miller, députée (Renaissance) de la Marne, à l’origine de la PPL. Ces réseaux sociaux avaient promis de relier, ils ont fragmenté. Ils avaient promis d’informer, ils ont saturé. Ils avaient promis de divertir, ils ont enfermé. »
L’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans était la recommandation phare du rapport de la commission d’enquête parlementaire sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, dont Laure Miller était la rapporteuse.
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Bruno Gollnisch, ancien eurodéputé et ex-numéro deux du FN, devant la cour d’appel de Paris, lundi 26 janvier 2026. SERGIO AQUINDO POUR « LE MONDE »
Bruno Gollnisch, naguère intarissable, a mis de l’eau dans son vin. L’ancien compagnon de Jean-Marie Le Pen et ex-numéro deux du parti, a renoncé, lundi 26 janvier, devant la cour d’appel de Paris, à ses interminables cours de droit sur la séparation des pouvoirs où il avait tenté de noyer le tribunal en octobre 2024. Il a 76 ans dans deux jours, et pousse toujours le mimétisme avec feu son mentor à user d’un vocabulaire choisi, et à abuser comme lui de l’imparfait du subjonctif.
Sur le fond, il a reconnu pour la première fois aussi nettement, au procès des assistants parlementaires du Front national (FN), que ses assistants avaient travaillé parfois pour le parti « de façon résiduelle », et pas seulement pour leur eurodéputé. C’est faire la moitié du chemin et éviter d’être de nouveau condamné à trois ans de prison dont un ferme, 50 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire. Mais c’est sans doute trop pour ne pas sembler se dédire, et trop peu pour reconnaître les 996 000 euros de détournements de fonds publics dont il est accusé.
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Quelle marge de manœuvre européenne face à la flotte fantôme russe ?
Le Grinch, arraisonné jeudi en Méditerranée au cours d’une spectaculaire opération des commandos marine français en eaux internationales, avant d’être détourné vers le port de Marseille-Fos, est le deuxième navire sous sanctions internationales intercepté par les autorités françaises après le Boraçay à la fin de septembre.
Le pétrolier « Grinch », soupçonné d’appartenir à la flotte fantôme russe, sous la surveillance de la marine nationale française, près du port de Marseille-Fos, au large de Martigues (Bouches-du-Rhône), le 25 janvier 2026. THIBAUD MORITZ/AFP
Ces navires sous pavillon de complaisance permettent aux Russes d’exporter leur pétrole en contournant les sanctions occidentales. La marge de manœuvre des Européens reste toutefois limitée, dans le cadre d’un droit maritime international contraignant.
Cette deuxième intervention française est « un signal fort » envoyé à Moscou, d’autant que cette fois « la France a bénéficié du soutien du Royaume-Uni, donc les alliés se montrent prêts à coopérer », estime Elisabeth Braw, une experte de l’Atlantic Council, interrogé par l’Agence France-Presse (AFP).
Quant à l’Allemagne, elle a pris une mesure inédite en interdisant, le 10 janvier, à un pétrolier de pénétrer dans ses eaux territoriales en mer Baltique, l’obligeant à faire un large détour par le nord et la mer de Barents.
« Tout le défi est de rester dans le respect de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer (CNUDM), une sorte de bible des affaires maritimes », ce qui relève souvent de l’interprétation qu’en font les Etats, insiste Elisabeth Braw. « Les pays riverains de la mer Baltique hésitent à arraisonner des navires hors de leurs eaux territoriales car ils estiment que c’est hors de leur juridiction ».
« Le seul mode d’action possible en haute mer est le “droit de visite” prévu par l’article 110 de la convention, qui permet de monter à bord d’un navire suspecté d’être sans nationalité ou d’arborer un pavillon ne correspondant pas à la nationalité du navire et de contrôler les titres autorisant le port du pavillon », explique à l’AFP le contre-amiral français Laurent Bechler, le directeur du Centre d’études stratégiques de la marine (CESM).
C’est justement ce que la marine française dit avoir fait dans le cas du Grinch. En cas d’incohérences entre les titres, les autorités peuvent considérer qu’il y a absence de nationalité, le navire perd alors la compétence exclusive de l’Etat du pavillon et celles-ci peuvent dérouter le navire vers leurs eaux territoriales. Une fois arraisonné, l’enquête ouverte sur le Grinch par le parquet de Marseille – le droit français s’applique désormais – devra encore déterminer si les soupçons de défaut de pavillon étaient fondés.
Peut-on pour autant alors saisir le navire, voire confisquer sa cargaison ? « Cela dépendra de l’infraction et des circonstances mais la marge de manœuvre est étroite. C’est pour cela que la plupart des navires arraisonnés récemment ont été libérés dans la foulée », selon Mme Braw.
Plus généralement, le mode opératoire très opaque de ces bateaux (propriétaires installés dans des paradis fiscaux, transpondeurs souvent éteints ou transfert de pétrole de bateau à bateau en mer pour « blanchir » la cargaison, etc.) les rend difficiles à repérer.
« C’est un jeu du chat et de la souris compliqué pour les Européens », résume Igor Delanoë, le directeur adjoint de l’Observatoire franco-russe et chercheur à l’IRIS. D’autant que « ce transport pétrolier répond à un double besoin systémique : pour la Russie de vendre et pour des pays comme la Chine et l’Inde [les principaux acheteurs du pétrole russe sous sanctions] d’acheter ; donc il faut taper fort au portefeuille des Russes sans pour autant se mettre à dos les Chinois et les Indiens. »
« En outre, les arraisonnements impliquent des capacités logistiques, militaires et des coûts importants », souligne-t-il. C’est pourquoi, comparativement aux effectifs de la flotte fantôme, qui comprend 600 à 1 400 bateaux selon les estimations, « les arraisonnements restent jusque-là sporadiques ».
L’ancien oligarque russe en exil et figure de l’opposition, Mikhaïl Khodorkovski, à Varsovie, le 2 octobre 2024. WOJTEK RADWANSKI/AFP
Pas un mot. Le Kremlin n’a pas réagi à la décision du Conseil de l’Europe d’intégrer dans son Assemblée parlementaire (APCE) une délégation de l’opposition russe en exil. Lundi 26 janvier, il a approuvé la composition de « la Plateforme de dialogue avec les forces démocratiques russes » qui, créée en octobre 2025, vise à « provoquer un changement démocratique à long terme en Russie et à instaurer une paix durable et juste en Ukraine ».
Formellement, cette délégation ne remplace pas la représentation officielle de Moscou, exclue le 16 mars 2022 du Conseil de l’Europe, moins de trois semaines après l’invasion de l’Ukraine. Mais, près de quatre ans plus tard, pour la première fois, l’« autre Russie », celle qui s’oppose au président Vladimir Poutine et à son offensive militaire, obtient un statut officiel au sein de cette organisation internationale, indépendante de l’Union européenne et chargée de la promotion de la démocratie et des droits de l’homme. D’où le silence du Kremlin.
« L’enjeu principal est de défendre les intérêts des Russes pacifistes qui, sous le régime de Poutine, sont privés du soutien de leur pays, de la possibilité de protester contre l’agression en Ukraine au niveau institutionnel et d’exprimer leur désir d’une vision différente de celle du Kremlin », a confié au MondeMikhaïl Khodorkovski, 62 ans, l’une des figures de la dissidence russe à l’étranger et l’un des quinze membres de la délégation à l’APCE.
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Des soldats libanais sur le site d’un bombardement israélien, à Kfar Dounine (Liban), le 25 janvier 2026. MAHMOUD ZAYYAT/AFP
Un nouveau raid israélien a causé la mort de trois personnes, lundi 26 janvier, a annoncé le ministère de la santé libanais. Selon la chaîne de télévision Al-Manar du Hezbollah, le cheikh Ali Noureddine, qui avait auparavant présenté pour elle des « émissions religieuses », est mort dans une frappe menée dans la ville méridionale de Tyr.
Le bureau de presse du mouvement chiite a dénoncé un « assassinat perfide », soulignant que le défunt était imam dans une banlieue de Tyr. Le ministre de l’information libanais, Paul Morcos, a condamné le raid, disant que les attaques de l’Etat hébreu « n’épargnent ni la presse ni les médias ».
De son côté, l’armée israélienne a accusé Ali Noureddine d’avoir servi en tant que « chef d’une unité d’artillerie » pour le Hezbollah dans la région et a déclaré que les deux autres personnes tuées étaient également des membres du groupe islamiste.
L’armée libanaise a annoncé, début janvier, avoir désarmé le Hezbollah entre la frontière israélienne et le Litani, un fleuve coulant à une trentaine de kilomètres plus au nord. Elle doit à présent étendre l’application de son plan au reste du territoire du pays du Cèdre, alors que le Hezbollah refuse de remettre ses armes au nord du cours d’eau. Malgré un cessez-le-feu, Israël poursuit ses frappes régulières contre les bastions du mouvement libanais et ses militants, l’accusant de tenter de se réarmer.
« Déterminé à se défendre »
Alors que les Etats-Unis ont renforcé leur présence dans la région avec l’arrivée dans le golfe Persique du porte-avions Abraham Lincoln et de son escorte, le chef du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, a prévenu, lundi, que le mouvement s’estimera « visé » par toute attaque américaine contre l’Iran, qui serait de nature à « embraser » la région.
S’exprimant au cours d’un rassemblement en soutien à l’Iran « face aux menaces américaines et israéliennes », il a ajouté être « déterminé à se défendre », et qu’il « choisira en temps voulu comment agir, s’il interviendra ou pas (…) mais nous ne sommes pas neutres ». Il a affirmé que sa formation avait été approchée ces deux derniers mois par des émissaires qui avaient tenté d’obtenir « un engagement du Hezbollah à ne pas intervenir » en cas de guerre avec l’Iran.
Retransmis en direct devant des centaines de ses partisans, regroupés dans la banlieue sud de Beyrouth ainsi que dans l’est et le sud du Liban, qui brandissaient des portraits du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, et scandaient « Mort à l’Amérique ! », Naïm Qassem a prévenu qu’une « guerre contre l’Iran embraserait cette fois-ci la région ». Face à un éventuel assassinat de l’ayatollah, au pouvoir depuis 1989 en Iran, « nous aurons toute la latitude pour agir comme nous le jugerons approprié », a-t-il encore averti.
Sorti affaibli d’un conflit meurtrier avec Israël qui a pris fin en novembre 2024, le mouvement chiite n’était pas intervenu pendant la guerre de douze jours entre l’Iran et Israël, en juin 2025.