Nigeria : des dizaines de morts dans une attaque djihadiste dans l’Etat de Borno

Un soldat de l’armée nigériane dans la ville de Dikwa, dans l’Etat de Borno, dans le nord-est du Nigeria, le 27 août 2025. SODIQ ADELAKUN/REUTERS

Des djihadistes de l’organisation Etat islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap) ont tué, dans la nuit de mercredi 28 à jeudi 29 janvier, des dizaines de personnes, dont des soldats, dans l’Etat de Borno, près de la frontière avec le Niger, dans un contexte de recrudescence des violences dans ce pays et de pressions diplomatiques liées à la sécurité nationale, ont déclaré à l’Agence France-Presse (AFP) des sources locales et médicales.

L’insurrection djihadiste a fait plus de 40 000 morts et déplacé environ 2 millions de personnes dans le nord-est de la nation la plus peuplée d’Afrique depuis son déclenchement en 2009, selon les Nations unies.

« Le bilan s’élève à plusieurs dizaines de morts (…) et de nombreux soldats sont portés disparus », a dit, à l’AFP, Ibrahim Liman, membre d’un groupe d’autodéfense antidjihadiste, à propos de la récente attaque dans l’Etat de Borno.

Vingt corps, dont ceux de cinq soldats, de 15 ouvriers du bâtiment et de chasseurs locaux, ont été transportés à l’hôpital général de Biu, situé à 45 kilomètres de Sabon Gari, où l’attaque a eu lieu, selon M. Liman.

Bukar Yamta Ali, secrétaire d’un groupe de chasseurs à Yamarkumi, localité située à l’extérieur de la zone administrative locale de Biu, ainsi que deux infirmières de l’hôpital de Biu, ont confirmé avoir récupéré des corps et des blessés évacués de Sabon Gari.

Les victimes travaillaient sur le pont de Wajiroko, reliant les villes de Biu et Damboa, détruit l’an dernier par des djihadistes et en reconstruction. Les ouvriers regagnaient la base de Sabon Gari, située à 5 kilomètres, pour y passer la nuit.

Lire aussi | Au Nigeria, l’instabilité croissante du nord du pays va provoquer un niveau inédit d’insécurité alimentaire, alerte le Programme alimentaire mondial

Pressions américaines

Cette embuscade est survenue deux jours après une autre attaque de l’Iswap, qui a cuasé la mort de neuf soldats nigérians et fait une dizaine de disparus aux abords de la ville de Damasak, toujours dans l’Etat de Borno.

Restez informés

Suivez-nous sur WhatsApp

Recevez l’essentiel de l’actualité africaine sur WhatsApp avec la chaîne du « Monde Afrique »

Rejoindre

Newsletter

« Le Monde Afrique »

Chaque samedi, retrouvez une semaine d’actualité et de débats, par la rédaction du « Monde Afrique »

S’inscrire

L’Iswap, issu d’une scission de Boko Haram en 2016, concentre ses attaques sur les forces de sécurité, sans pour autant épargner les civils dans cette région. Bien que la violence djihadiste ait diminué depuis dix ans, elle s’est propagée aux pays voisins, le Niger, le Tchad et le Cameroun. Les inquiétudes grandissent quant à une résurgence de la violence dans certaines parties du nord-est, où les groupes insurgés restent capables de mener des attaques meurtrières malgré des années d’opérations militaires.

Ces derniers mois, les Etats-Unis ont critiqué l’incapacité du Nigeria à endiguer les violences. Le président américain, Donald Trump, a dénoncé une prétendue « persécution » des chrétiens – un argument longtemps utilisé par la droite religieuse américaine – alors que les tueries touchent chrétiens et musulmans sans discrimination. Ces accusations américaines sont fermement rejetées par le gouvernement nigérian et la plupart des experts.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Donald Trump ordonne des frappes contre les « terroristes » au Nigeria, renforçant sa coopération avec Abuja

Les Etats-Unis ont lancé des frappes aériennes surprises le jour de Noël, dans l’Etat de Sokoto, indiquant avoir visé des djihadistes liés au groupe Etat islamique. Abuja a déclaré avoir approuvé ces frappes. Les deux Etats veulent renforcer leur coopération en matière de sécurité pour lutter contre les djihadistes.

Parmi les formes de violence en hausse ces derniers mois au Nigeria figurent les enlèvements de masse perpétrés par des bandes criminelles, appelées « bandits », qui agissent sans revendication idéologique et réclament des rançons. Plusieurs écoles, villages et lieux de culte ont été visés. Le dernier enlèvement a eu lieu fin janvier dans l’Etat de Kaduna (nord), où plus de 170 personnes ont été enlevées dans plusieurs églises, une attaque initialement niée par la police, suscitant une vive controverse.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Au Nigeria, le banditisme « marque le recul d’un Etat incapable d’exercer son mandat de monopole de la violence »

Le Monde avec AFP

Source

GIFI évince son patron Christophe Mistou, Rémy Lecointre reprend la direction pour tenter de sauver l’enseigne

Christophe Mistou, à Paris, le 17 novembre 2016. ERIC PIERMONT/AFP

L’enseigne de magasins de bazar GIFI, en grande difficulté, s’est séparée, jeudi 29 janvier, de son patron Christophe Mistou, cinq mois après l’avoir placé à la tête du directoire, a appris l’Agence France-Presse (AFP) auprès des syndicats, confirmant une information du journal Sud Ouest.

Lire aussi (2025) | GiFi interrompt le plan social de son siège, préservant temporairement 166 emplois

Christophe Mistou, ancien de Castorama et de Mr Bricolage, avait été placé, le 1er septembre 2025, à la tête de GIFI pour tenter de redresser le groupe, qui a essuyé deux années de pertes consécutives et avait lancé un plan social avant de l’interrompre en juillet.

M. Mistou sera remplacé par Rémy Lecointre, l’ancien dirigeant par intérim du groupe, a annoncé, sans détail supplémentaire, le conseil de surveillance aux salariés, dans un courriel consulté par l’AFP.

« Quatre mois de visibilité »

Depuis la mise en retrait du fondateur de l’enseigne, Philippe Ginestet, fin 2024, plusieurs dirigeants se sont succédé à la tête de GIFI, sans parvenir à la redresser.

Lire aussi (2025) | Article réservé à nos abonnés GiFi recapitalisé mais sans son patron fondateur

« La santé financière est inquiétante. M. Mistou nous disait dernièrement qu’on avait quatre mois de visibilité devant nous… », a commenté Pierre Laffore, délégué CFDT du groupe.

Les problèmes de GIFI ont commencé par un changement de système informatique raté en 2023, auquel s’est ajoutée la concurrence d’autres magasins (Action, Maxibazar) ou de plateformes Internet comme Temu.

Lire aussi (2025) | Article réservé à nos abonnés Les plans sociaux se multiplient dans les enseignes du commerce

En 2025, l’enseigne, fondée en 1981, a envisagé de réduire ses effectifs de 5 % sur un total de 6 000 personnes en France, avant d’interrompre ce plan social au cours de l’été. Elle s’est depuis rapprochée du distributeur alimentaire Grand Frais pour lui céder une trentaine de magasins au cours de l’année 2026.

Le Monde avec AFP

Source

Tristan Garcia, philosophe : « La télévision a développé en nous une sorte de demi-sommeil et de prédisposition au commentaire permanent »

On entend de plus en plus dire que la télévision est morte – ou à l’agonie. Peut-être… Mais on ne sait plus très bien de quoi l’on parle, et on ne l’a sans doute jamais su. Qu’est-ce que la « télévision » ? Si on se réfère au poste, c’est un appareil de réception d’images en mouvement, organisées en chaînes et en programmes. Cet objet a connu bien des technologies, du tube cathodique aux cristaux liquides. Il a occupé, de plus en plus, une place de choix dans les foyers du XXe siècle.

Mais la télévision, ce n’est pas que le téléviseur… C’est un dispositif plus large de production et de diffusion, qui a impliqué non seulement des caméras, des micros et des studios, mais aussi un quadrillage complexe du territoire, des politiques publiques, des investissements privés massifs, d’innombrables stratégies de guerre culturelle pour avoir accès au « temps de cerveau disponible » des spectateurs.

« Télévisuel » a aussi désigné peu à peu, avec un soupçon de dénigrement, toute une esthétique associée à ces images populaires et bas de gamme : la scénographie des bulletins d’information sur un plateau ; les débats d’opinion et les clashs ; les retransmissions sportives ; le matraquage des réclames et des publicités ; la création de soap operas, d’abord financés par les marques de lessive à destination des femmes au foyer ; le développement des séries comme forme d’art en quête de légitimité…

Enfin, « télévision » signifie désormais toute une histoire et une tradition, qu’elle a fini par mettre elle-même en scène, à mesure de son vieillissement et de celui de son public, dans d’innombrables rediffusions et célébrations d’un « âge d’or » supposé.

Appareil technique, forme d’organisation de l’espace et du temps, dispositif économique et politique, art populaire et industriel, archives du siècle… Les théoriciens des médias s’efforcent d’articuler tout ce qu’a pu représenter la télévision, à mesure que son importance semble décroître. Ces débats complexes sont passionnants. Mais, au moment de fêter son « anniversaire », on peut aussi en revenir à l’idée simple dont la télévision est devenue la cristallisation au beau milieu de nos salons.

Il vous reste 79.43% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Jordan Bardella demande aux élus RN de ne plus participer à l’émission de Jean-Marc Morandini sur CNews

Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), lors de ses vœux à la presse, à Paris, le 12 janvier 2026. SARAH MEYSSONNIER / REUTERS

Jordan Bardella a donné consigne aux élus et porte-parole du Rassemblement national (RN) de ne plus participer à l’émission de Jean-Marc Morandini sur CNews, après la condamnation définitive de l’animateur pour corruption de mineurs, a indiqué, lundi 26 janvier, l’entourage du président du RN, confirmant une information du Point.

L’ordre a été transmis en fin de semaine dernière, selon l’hebdomadaire, soit environ huit jours après le rejet du pourvoi en cassation de M. Morandini, par conséquent définitivement condamné à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016.

L’animateur de télévision, âgé de 60 ans, a néanmoins été maintenu à l’antenne par CNews, qui a fait valoir que « Jean-Marc Morandini continu[ait] son combat pour la justice » avec un recours envisagé devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Prise de distance

Au lendemain de sa condamnation, l’eurodéputé et porte-parole du RN, Matthieu Vallet – par ailleurs tête de liste aux municipales à Lille – était pourtant sur le plateau de l’émission « Morandini Live ». Suivi quelques jours plus tard du conseiller régional d’Auvergne-Rhône-Alpes Andréa Kotarac, lui aussi porte-parole du parti à la flamme.

Entre-temps, une autre vedette de la chaîne de télévision avait pris ses distances avec le maintien à l’antenne de l’animateur condamné : Sonia Mabrouk avait dit ne pas « cautionner » une décision qui ne lui « appart[enai]t pas ».

Point de vue appuyé depuis par d’autres figures de CNews. Pascal Praud a jugé que sa collègue avait « trouvé les mots justes », quand Laurence Ferrari s’est dite « interpellée au-delà du plan professionnel par la situation ».

Le Monde avec AFP

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.

Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.

S’abonner

Source

Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann propose au PS une autre option que la primaire de la « gauche unitaire »

Le fondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, à Pontoise (Val-d’Oise), le 16 novembre 2025. GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

La primaire, c’est sans lui. Mais le dernier score du Parti socialiste (PS) à une élection nationale − les élections européennes (13,8 %) −, c’était avec lui. Conscient de ce dilemme chez les socialistes, Raphaël Glucksmann veut les convaincre d’abandonner la primaire de la « gauche unitaire » pour une plateforme résolument sociale-démocrate.

Ce week-end, le projet de primaire des « unitaires », réunis autour d’Olivier Faure (PS), de Marine Tondelier (Les Ecologistes) et des anciens « insoumis » Clémentine Autain (L’Après) et François Ruffin (Debout !) sous le nom « Front populaire 2027 », a pris forme avec un scrutin annoncé pour le 11 octobre 2026. Et les organisateurs continuent de tendre la main aux deux candidats de gauche en tête dans les sondages, qui refusent catégoriquement de participer à ce processus de désignation : Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann. En vain.

Lundi sur BFM-TV, le fondateur de Place publique, crédité d’environ 13 % des intentions de vote, a redit son refus de participer à un processus qui, selon lui, « est une volonté de ne pas choisir entre les deux pôles qui existent à gauche » : la social-démocratie et la gauche radicale. Il a appelé ses « partenaires socialistes » à construire une « plateforme commune ». Pas suffisant pour convaincre la direction du parti à la rose.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Olivier Faure et Raphaël Glucksmann, deux rivaux et deux visions stratégiques divergentes pour 2027

Le PS divisé sur la participation à la primaire

Lors d’une conférence de presse lundi matin, le secrétaire général du PS, Pierre Jouvet, a appelé à construire « un fil de cohérence pour les Français » et a estimé qu’en 2027 le PS devait se présenter devant les électeurs avec les mêmes partenaires de gauche − notamment Les Ecologistes − que pour les municipales de mars. « A la fin, on a une obligation, c’est d’y aller tous ensemble, sinon nous serons spectateurs de cette élection présidentielle », a martelé le bras droit d’Olivier Faure, alors que les soutiens de la primaire espèrent qu’elle créera une dynamique permettant à son vainqueur de bénéficier du « vote utile » à gauche.

« Pour [Raphaël] Glucksmann, l’intuition de se passer de la primaire, je peux la comprendre, mais il faut qu’il instaure un truc avec les Français », note de son côté un proche du patron des députés PS, Boris Vallaud, dont l’aile est charnière pour faire ou défaire une majorité au PS. Car le PS est divisé sur la question de la participation à la primaire. Ce week-end, Olivier Faure a rappelé que, conformément à ses règles internes, le PS, seul à gauche à avoir dirigé le pays, ne s’engagerait formellement dans le processus de primaire qu’après un vote des militants.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Raphaël Glucksmann accusé d’« imiter la stratégie de Macron de 2017 »

Les opposants internes au premier secrétaire, dont le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, et la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, ne sont pas favorables à cette primaire, craignant que le vote des militants unitaires de gauche ne profite pas à un socialiste.

Carole Delga, qui a récemment jugé dans Le Point que Raphaël Glucksmann était « prêt pour 2027 », a ainsi réagi samedi en appelant à mettre fin aux « petites tractations d’appareils ». « Le projet est le préalable à toute union crédible, solide et sérieuse. Après viendra le temps de savoir qui le portera dans un large rassemblement », a-t-elle rappelé.

Newsletter

« Politique »

Chaque semaine, « Le Monde » analyse pour vous les enjeux de l’actualité politique

S’inscrire

L’ancien président François Hollande, à qui ses adversaires prêtent des ambitions élyséennes pour 2027, penche également pour une fédération de la gauche réformiste allant du PS à Raphaël Glucksmann, Bernard Cazeneuve et Yannick Jadot.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Raphaël Glucksmann, sur la route escarpée de la présidentielle

Le Monde avec AFP

Source

Sur les traces de la peste noire de 1346-1353, ou comment les scientifiques mènent l’enquête

Nous sommes en 1348. « Cette année-là, le peuple de France et le monde quasi dans son ensemble furent frappés (…) non par la guerre, mais par la pestilence, raconte l’auteur de la Chronique dite de Jean de Venette, alors prieur ou simple carme dans un couvent parisien. Il y eut une telle mortalité d’hommes et de femmes, plutôt les jeunes que les vieux, que l’on pouvait à peine les ensevelir. (…) Ils avaient tout d’un coup des grosseurs sous les aisselles et dans l’aine – ou les deux – et l’apparition de ces grosseurs était un infaillible signe de mort. »

Ce fléau qui foudroie les foules, c’est la peste noire. A ce jour, la « plus grande catastrophe démographique de l’histoire de l’humanité », selon le médiéviste Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, qui publiera, le 30 janvier, un ouvrage sur le sujet, Peste noire (Seuil, 576 pages, 27 euros, numérique 18,99 euros). Durant les huit années où elle a sévi, entre 1346 et 1353, cette pandémie aurait décimé « jusqu’à 60 % de la population d’Eurasie occidentale », affirment les auteurs d’une étude parue dans la revue Nature, en 2022. Avec toutefois, selon les régions, de grandes disparités quant au nombre de morts, concluait une équipe internationale en 2022.

La bactérie coupable, Yersinia pestis, ne sera identifiée que cinq siècles et demi plus tard, en 1894, par le pasteurien Alexandre Yersin, qui l’isolera à Hongkong et lui donnera son nom.

Mais comment cette grande tueuse, au milieu du XIVe siècle, a-t-elle fondu sur l’Europe ? « Ledit fléau, à ce que l’on dit, commença chez les mécréants, puis vint en Italie ; traversant les monts, il atteignit Avignon… », consigne « Jean de Venette », pointant l’Orient.

Il vous reste 90.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

La stratégie chinoise en Afghanistan malmenée par une succession d’attentats

Les débris devant un immeuble, après une explosion contre un restaurant chinois, dans le quartier de Shahr-e Naw, à Kaboul, le 20 janvier 2026. BAIS YUSUFI/AFP

Jusqu’à cet attentat-suicide du 19 janvier, Jenny, jeune propriétaire chinoise d’un restaurant de nouilles au bœuf du centre de Kaboul, dans le quartier animé de Shahr-e Naw, aimait partager son quotidien sur le réseau social Xiaohongshu. Elle y confiait son goût pour les affaires et l’aventure. Mais son établissement, ouvert en octobre 2024, a subi une attaque à la bombe revendiquée par l’organisation Etat islamique. Bilan : treize blessés et sept morts. Parmi eux, la presse chinoise a fait état d’un Chinois tué et de cinq Chinois blessés.

« Si même la sécurité d’un repas pris en plein cœur de la capitale ne peut être garantie, comment peut-on assurer la sécurité de ces vastes projets miniers et d’infrastructures situés dans des provinces reculées ? », s’est interrogé, sans tarder, le 21 janvier, « Bingqi Shijie Jiexi », un blog chinois influent dans les milieux spécialisés de la défense. La veille, le ministère chinois des affaires étrangères rappelait « une fois de plus » aux citoyens chinois de « s’abstenir de se rendre en Afghanistan dans un avenir proche compte tenu de la situation sécuritaire actuelle sur place ». Il a réitéré son appel vendredi 23 janvier.

Il vous reste 76.94% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

En Sierra Leone, le narcotrafiquant néerlandais Jos Leijdekkers étend son pouvoir et menace la presse

Le trafiquant de drogue néerlandais Jos Leijdekkers, lors d’un office religieux à Tihun, en Sierra Leone, le 1ᵉʳ janvier 2025. FATIMA MAADA BIO/FACEBOOK

Réfugié en Sierra Leone, le trafiquant de drogue néerlandais Jos Leijdekkers, 34 ans, et ses protecteurs menacent les journalistes s’ils évoquent sa présence dans le pays et les appuis dont il dispose au sein de la famille présidentielle. Recherché depuis des années par la justice aux Pays-Bas et en Belgique, cet acteur majeur du trafic de cocaïne en Europe est réapparu, le 1er janvier 2025, lors d’un office religieux, aux côtés de la diplomate Agnes Bio, fille du président Julius Maada Bio.

En septembre 2025, le chef de l’opposition et des médias sierra-léonais révélait que la jeune femme avait accouché d’un enfant dont « Bolle Jos » (« Jos bouboule »), un des surnoms du criminel, serait le père. Selon une enquête du collectif d’investigation Follow the Money, de l’organisation internationale Free Press Unlimited et du quotidien néerlandais Algemeen Dagblad,les journalistes sierra-léonais font désormais face à des menaces, des intimidations, voire des arrestations s’ils s’intéressent de trop près à Jos Leijdekkers.

Mohamed K. Fofanah, rédacteur en chef du journal Gleaner, rapporte que la police a perquisitionné son média après la publication d’un article sur le Néerlandais. Il révélait notamment que Jos Leijdekkers possédait un entrepôt où étaient probablement stockées de grandes quantités de drogue. Mohamed K. Fofanah vit désormais aux Etats-Unis, pour des raisons de sécurité.

Il vous reste 67.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

L’enterrement de Mohammad Mozafari, abattu en Iran pendant les manifestations : un témoignage rare de la répression du régime

Un massacre inédit se déroule en Iran, à huis clos. Lorsque de vastes manifestations ont éclaté à travers tout le pays, du 8 au 11 janvier, la République islamique a répondu par une répression aveugle et d’une brutalité sans précédent.

Selon les dernières données agrégées de Human Rights Activists News Agency (HRANA), le nombre total de décès confirmés liés aux manifestations s’élève à 5 848. Parmi eux, 5 520 sont des manifestants, 77 des enfants de moins de 18 ans, 209 des membres des forces affiliées au gouvernement et 42 des non-manifestants ou des civils. Par ailleurs, 17 091 décès restent encore en cours d’investigation.

Le récit officiel du régime, qui affirme que les morts seraient l’œuvre de mercenaires agissant pour le compte des ennemis de l’Iran, en particulier Israël et les Etats-Unis, peine à convaincre au-delà du noyau dur fidèle au pouvoir.

Internet demeure coupé dans l’ensemble du pays. Les informations parvenant de l’Iran parviennent grâce à de très rares connexions via Starlink et aux efforts acharnés d’utilisateurs aguerris qui, VPN (logiciel antifiltrage) après VPN, tentent de contourner le plus long black-out numérique jamais imposé en Iran.

Complètement défiguré

Dans ce contexte, les photographies publiées ce lundi 26 janvier par Le Monde montrant les obsèques d’un Iranien tué le 9 janvier par les bassidjis (la milice religieuse du régime) revêtent une valeur exceptionnelle. Elles ont été transmises par un photographe iranien qui a requis l’anonymat, par crainte de représailles.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés En Iran, des médecins racontent la répression : « Nous marchions dans le sang »

Il vous reste 32.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Source

Les Etats-Unis subissent une des pires vagues de froid depuis des décennies : jusqu’à − 30 °C et des millions de personnes touchées par la tempête hivernale

Une femme déneige sa maison à Winthrop (Massachusetts), aux Etats-Unis, le 26 janvier 2026. JOSEPH PREZIOSO / AFP

Des millions d’Américains affrontaient toujours, lundi 26 janvier, une vague de froid polaire qui aggrave les conséquences d’une tempête ayant causé la mort d’au moins 23 personnes et privé d’électricité plus de 800 000 foyers.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Tempête hivernale aux Etats-Unis : une vague de froid extrême compatible avec le réchauffement climatique

Dans la région des Grands Lacs, dans le nord des Etats-Unis, les habitants se sont réveillés avec des températures extrêmes, sous les − 20 °C, et jusqu’à − 30 °C dans des secteurs du Minnesota et du Wisconsin (Nord), selon le service météorologique national (NWS). Ces températures doivent encore chuter dans les prochains jours sous l’action d’une masse d’air arctique, notamment dans des régions du centre du pays, où le ressenti pourrait atteindre − 45 °C.

A travers le pays, d’importantes chutes de neige – plus de 30 centimètres dans une vingtaine d’Etats américains – ont entraîné des coupures d’électricité. Selon le site spécialisé PowerOutage.com, quelque 600 000 clients étaient toujours sans courant lundi soir, principalement dans le sud des Etats-Unis, où la glace a fait tomber des lignes électriques.

A New York, le 26 janvier 2026. JEENAH MOON/REUTERS

Près de 200 000 personnes sont touchées dans le Tennessee, et plus de 147 000 dans le Mississippi. « Les coupures d’électricité pourraient durer encore plusieurs jours car les autorités ont du mal à se remettre [de la tempête]. La plupart de ces régions n’ont ni les moyens ni les ressources nécessaires pour déblayer après de tels événements, car elles n’y sont pas habituées », explique à l’Agence France-Presse (AFP) la météorologue Allison Santorelli.

Considérée par certains spécialistes comme l’un des pires épisodes hivernaux de ces dernières décennies aux Etats-Unis, la tempête s’accompagne d’accumulations de glace aux conséquences potentiellement « catastrophiques », selon le NWS.

Plus de 21 000 vols annulés

Ces conditions extrêmes ont entraîné la mort d’au moins 23 personnes, selon un décompte effectué grâce aux médias locaux américains. Au Texas, les autorités ont confirmé trois décès, dont celui d’une adolescente de 16 ans tuée dans un accident de luge. Deux personnes sont mortes d’hypothermie en Louisiane, et une dans l’Iowa lors d’une collision.

Après que huit personnes ont été retrouvées mortes à New York, le maire, Zohran Mamdani, a déclaré « alors que nous ne connaissons pas encore les causes de leur décès, rien ne rappelle plus fortement le danger du froid extrême et la vulnérabilité de nombreux habitants, en particulier des New-Yorkais sans abri »

Des équipes de maintenance déneigent la voie de circulation de l’aéroport LaGuardia, à New York, le 26 janvier 2026. DAVID DEE DELGADO/REUTERS

L’état d’urgence a été déclaré dans une vingtaine d’Etats ainsi que dans la capitale, Washington, et les moyens de transport ont été fortement perturbés. Plusieurs grands aéroports, à Washington, à Philadelphie ou à New York, étaient quasiment à l’arrêt, alors que plus de 21 000 vols ont été annulés depuis samedi, selon le site FlightAware.

Newsletter

« Chaleur humaine »

Comment faire face au défi climatique ? Chaque semaine, nos meilleurs articles sur le sujet

S’inscrire

La tempête est liée à une déformation du vortex polaire, une masse d’air circulant habituellement au-dessus du pôle Nord, mais qui s’est étirée vers le sud. Les scientifiques estiment que la fréquence croissante de ces perturbations du vortex pourrait être liée au changement climatique, bien que le débat ne soit pas tranché.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Réchauffement climatique : 2025 dans le trio des années les plus chaudes jamais enregistrées

Climatosceptique assumé, Donald Trump a toutefois pris prétexte de la tempête pour exprimer de nouveau son scepticisme sur sa plateforme, Truth Social, dans un message en partie en lettres capitales : « Est-ce que les insurgés environnementaux pourraient m’expliquer s’il vous plaît : qu’est-ce qui est arrivé au réchauffement climatique ? ».

Le Monde avec AFP

Source