Le groupe minier français Eramet se sépare de son directeur général pour divergences de méthode

Paulo Castellari, à Djakarta, le 28 mai 2025. LUDOVIC MARIN / AFP

Le groupe minier français Eramet a annoncé, dimanche 1er février, que son conseil d’administration avait mis un terme avec effet immédiat au mandat du directeur général, Paulo Castellari, pour « divergences avec ce dernier sur les modes de fonctionnement ».

La présidente du conseil d’administration, Christel Bories, PDG du groupe avant l’arrivée de M. Castellari, en mai 2025, va reprendre la fonction de directrice générale, « pour une période intérimaire » en attendant l’arrivée d’un nouveau directeur général.

Pour expliquer ce départ prématuré, Mme Bories a évoqué lors d’un point presse téléphonique dimanche en fin de soirée « un problème de méthode », et des « divergences apparues au fil du temps » dans le « processus de prises de décision et les interactions entre le conseil d’administration et le directeur général ». Elle a précisé que les fonctions de président et directeur général seraient de nouveau séparées dès que l’entreprise aura trouvé un nouveau directeur général, conformément à la décision des actionnaires d’Eramet de dissocier les deux fonctions.

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Le conseil d’administration de l’entreprise « remercie Paulo Castellari pour ses efforts et confirme son soutien aux équipes, fortement engagées pour améliorer la sécurité, la performance opérationnelle » et la réduction des coûts, « dans un contexte dégradé ».

Un plan pour améliorer la rentabilité

Le départ de M. Castellari « ne modifie absolument pas la stratégie » d’Eramet, a précisé Christel Bories. Le groupe avait annoncé au début de décembre un programme destiné à améliorer sa rentabilité dans les deux ans, pour « faire face aux conditions de marché difficiles et créer de la valeur ».

Le plan avait été présenté par M. Castellari et le directeur financier, Abel Martins-Alexandre, lui-même arrivé en septembre. Il prévoit que 50 % à 60 % de l’amélioration soit générée par une meilleure productivité, 30 % à 40 % par une plus grande efficacité opérationnelle et des économies de coûts, et 5 % à 10 % d’optimisation des achats.

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Le groupe prévoyait également de réduire ses investissements en 2025, passant d’une fourchette de 400-450 millions d’euros précédemment à 400-425 millions d’euros, comme il l’avait déjà dit lors de la publication de ses résultats du troisième trimestre.

L’entreprise, qui revendique des actifs miniers « de classe mondiale », notamment pour « accompagner la transition énergétique », doit présenter ses résultats annuels pour 2025 le 18 février.

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Le Monde avec AFP

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En Colombie, la mort par noyade du numéro deux du principal cartel de drogue du pays

Avis de recherche de José Gonzalo Sanchez par la police colombienne. POLICE NATIONALE COLOMBIENNE

Le baron de la drogue colombien José Gonzalo Sanchez, numéro deux du Clan del Golfo, s’est noyé après le naufrage de son embarcation, alors que le principal cartel du pays est en pleine discussion avec le gouvernement.

Alvaro Jiménez, négociateur en chef nommé par le président, Gustavo Petro, a expliqué, dimanche 1er février, à l’Agence France-Presse que, lors d’un transfert, l’embarcation transportant celui qui était surnommé « Gonzalito » a chaviré dans le département de Cordoba (nord de la Colombie), et qu’il s’est noyé.

José Gonzalo Sanchez était recherché par les autorités colombiennes pour de nombreux crimes, dont homicide, déplacement forcé de population, trafic d’armes, exploitation minière illégale et extorsion. De leur côté, les autorités américaines le recherchaient pour trafic de stupéfiants.

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Pourparlers au Qatar

Le Clan del Golfo, principal exportateur de cocaïne de Colombie, récemment désigné comme organisation terroriste par les Etats-Unis, mène actuellement des pourparlers avec le gouvernement colombien au Qatar.

Le 5 décembre, le gouvernement Petro a accepté au Qatar de poursuivre les pourparlers visant à désarmer le Clan del Golfo et à pacifier les territoires qu’il contrôle. Ces négociations s’inscrivent dans le cadre d’une politique de paix visant à désarmer tous les groupes illégaux, mais jusqu’à présent, aucune de ces négociations n’a abouti à des résultats concrets.

D’origine paramilitaire, le Clan del Golfo compte entre 6 000 et 7 000 combattants et collaborateurs, selon le gouvernement. Le cartel a subi des revers, notamment l’arrestation et l’extradition en 2022 vers les Etats-Unis de son chef, Dairo Antonio Usuga, alias « Otoniel », considéré comme le Pablo Escobar de ce siècle. Il y purge une peine de quarante-cinq ans de prison.

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Le Monde avec AFP

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Donald Trump annonce la fermeture du Kennedy Center de Washington pour deux ans en raison de travaux

Des ouvriers ajoutent le nom du président américain, Donald Trump, sur la façade du Kennedy Center de Washington, le 19 décembre 2025. J. SCOTT APPLEWHITE / AP

La reprise en main du Kennedy Center par Donald Trump est loin d’être finie. L’emblématique salle de spectacles de Washington, à laquelle le président américain a accolé son propre nom, va fermer à partir du 4 juillet prochain, à l’occasion des célébrations des 250 ans des Etats-Unis, pour des travaux de rénovation.

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« J’ai déterminé qu’arrêter ses activités de divertissement pour une durée d’environ deux ans constitue la façon la plus rapide de porter le Trump Kennedy Center au plus haut niveau de réussite, de beauté et de grandeur », a fait savoir le dirigeant républicain, dimanche 1er février, sur son réseau Truth Social. Selon lui, les travaux permettront de transformer une institution « délabrée » en un « bastion de classe mondiale des arts, de la musique et du divertissement ».

Sa proposition, annoncée quelques jours après la première de Melania, un documentaire sur la première dame projeté dans la salle, a été, selon lui, soumise à l’approbation du conseil d’administration du Kennedy Center, composé de ses alliés triés sur le volet. « Le financement est finalisé et entièrement en place ! », a affirmé le milliardaire, lui-même président du conseil d’administration de la salle inaugurée en 1971 et désormais appelée Trump Kennedy Center.

Une salle boudée par certains artistes

Ce changement de nom, opéré mi-décembre, est venu comme ultime symbole de sa prise de contrôle par le président américain. Il a été dénoncé par la famille du président Kennedy et par l’opposition démocrate qui en conteste la légalité en l’absence de législation au Congrès. Donald Trump avait dit être « honoré » et « surpris » par cette décision – bien qu’il ait parlé du « Trump-Kennedy Center » de manière insistante depuis son retour au pouvoir, en feignant de plaisanter.

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Sous la nouvelle direction, les drag shows et les événements célébrant la communauté LGBT + ont été supprimés tandis que des conférences de la droite religieuse ont été organisées et des artistes chrétiens ont été invités. Certains artistes ont décidé en réaction d’annuler leurs spectacles prévus dans cette institution, telle la chanteuse de country Kristy Lee ou encore le groupe de jazz The Cookers, jusqu’à, il y a quelques jours, le compositeur Philip Glass.

Le maître de la musique répétitive et minimaliste, trois fois nommé aux Oscars, a jugé « les valeurs du Kennedy Center aujourd’hui (…) en contradiction directe avec le message de la symphonie » qu’il devait y présenter, consacrée au président Abraham Lincoln qui a aboli l’esclavage.

Depuis son retour au pouvoir, M. Trump a lancé des transformations de lieux emblématiques de Washington, à commencer par la construction d’une salle de bal à la Maison Blanche ainsi qu’un projet d’arche imposante près du mémorial de Lincoln.

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Le Monde avec AP et AFP

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« Il ne reste plus qu’à s’en aller » : à Cuba, la vie devenue impossible

Une question brûlante taraude Alexandra, en ce matin de janvier. La vendeuse de minuscules choses (biscuits, pain, savons, sodas, bonbons), dans la rue San-Rafael de Centro Habana (quartier central et populaire de La Havane), se demande : qui a fait le coup ? Depuis son coin de trottoir, elle a une vue imprenable sur la vitrine brisée de Model, magasin de vêtements et d’articles divers (un peu d’entretien, un peu d’alimentation), qui dut être élégant il y a longtemps, mais ne propose désormais, comme les mannequins le montrent, qu’une collection triste et terne, à mille lieues du style outrageusement sexy et flamboyant qui s’étale partout.

Devant le panneau posé sur la vitrine du magasin Model, à La Havane, le 2 janvier 2026, après son cambriolage. LUCIEN LUNG/RIVA PRESS POUR « LE MONDE »

La rue San-Rafael est en émoi. Le magasin d’Etat est déjà si déprimant. Que voulaient donc les voleurs ? Renseignement pris, ils ont emporté quelques bouteilles d’huile. Tout s’explique. Quelques jours plus tard, ils seront retrouvés et arrêtés. Ils ont sans doute été identifiés par l’une des nombreuses caméras installées sur les murs, pourtant en si mauvais état. Ils ont joué de malchance : la nuit de leur forfait, par extraordinaire, il y avait de l’électricité. Tout cela déprime un peu plus Alexandra (comme tous les prénoms, celui-ci a été changé). Elle aimerait sortir, boire des bières, danser. Mais tout est hors de portée, désormais, même la compagnie. « Il n’y a plus personne, tout le monde est parti [à l’étranger]. Et les gens continuent de s’en aller », se plaint-elle.

Elle n’a pas assez d’argent pour une bière, et encore moins pour payer un passeport, un visa ou un billet d’avion. Elle reste donc dans la rue San-Rafael. Partout, des appartements ont été bradés, parfois avec tout leur contenu, pour des sommes dérisoires, quelques milliers de dollars. De l’argent qui a servi à financer le voyage vers l’exil, souvent à travers plusieurs pays d’Amérique latine, sans espoir de retour. Même des policiers s’en sont allés, au milieu de plus de deux millions de personnes ayant fui Cuba en un peu plus de quatre ans. Ce qui semble expliquer une poussée de petits larcins et de braquages.

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« Cette substance a des effets complexes, variés » : les soignants confrontés à la consommation croissante de protoxyde d’azote chez les jeunes

Des bonbonnes de protoxyde d’azote dans l’appartement d’un consommateur, à Marseille, le 27 novembre 2025. LAURENT VAN DER STOCKT POUR « LE MONDE »

Dans l’unité de rééducation neurologique qu’elle dirige, à l’hôpital René-Muret (Assistance publique-Hôpitaux de Paris, AP-HP) de Sevran (Seine-Saint-Denis), Irène Coman prend régulièrement en charge, depuis quelques années, des patients présentant des atteintes liées à la toxicité du protoxyde d’azote à la suite d’une consommation répétée de ce gaz, souvent appelé « proto » ou « gaz hilarant ». « Il y a cinq ans, cette étiologie était anecdotique parmi les patients de l’unité, remarque la neurologue. Symptômes moteurs, sphinctériens [incontinence ou rétention urinaire], douleurs tenaces ou, au contraire, perte de sensations, troubles cognitifs… Les cas qui nous arrivent, chez des sujets d’une vingtaine d’années, sont souvent les plus complexes et nécessitent une hospitalisation. »

L’hôpital René-Muret s’adapte à ce nouveau fléau, et abrite, depuis janvier, la première filière francilienne spécialisée dans la prise en charge de ces jeunes consommateurs. Souvent, constate-t-on dans les rangs des médecins, ils échappent encore au repérage, et donc aux soins.

Combien sont-ils, après les premières « bouffées » euphorisantes, à tomber dans le piège d’un produit facile d’accès et bon marché, même si sa vente est interdite aux mineurs depuis 2021 ? A passer d’un usage ponctuel, festif, à une pratique répétée ? Et à développer des symptômes, des troubles de l’usage, une addiction, des séquelles ? Les chiffres manquent. Mais ce gaz, détourné de son utilisation dans le champ médical (pour l’anesthésie et l’analgésie) ou culinaire (pour les aérosols alimentaires), gagne en popularité parmi des publics à la recherche de sensations fortes.

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Est-ce bon pour la nature (et le moral) de mettre son enfant chez les scouts ?

MARÍA MEDEM

J’ai passé une partie des vacances de fin d’année chez des amis dont la fille cadette venait d’inaugurer sa nouvelle vie de scout. Elle va chez les Eclaireuses et éclaireurs de France, les scoutslaïques. Et le récit par le menu de son premier camp, au début de l’hiver, m’a fait forte impression. D’abord, elle s’est littéralement transformée en bloc de boue, « jusque dans le sac de couchage », m’a dit sa mère, sans que cela l’émeuve le moins du monde. Et, comme il pleuvait tout de même beaucoup, elle a passé pas mal de temps à jouer, en intérieur, à un jeu de rôle qui consistait à protéger un morceau de forêt de l’appétit des promoteurs qui souhaitaient le bétonner pour en faire un parking. A l’écouter, elle avait gagné une bataille, une vraie ! J’en ai conclu que, chez les scouts laïques de ce coin de Bourgogne, on y allait franco pour initier les jeunes à la lutte contre l’artificialisation des terres. Entre les bains de boue et le désarmement pacifique des forces ennemies, la formation écologiste expresse semblait bien lancée.

Je me suis demandé ce qu’une enfance et une adolescence « scoutes » pouvaient produire dans quelques années ; de quelles forces supplémentaires cette adulte disposerait, alors qu’il faut aujourd’hui redoubler d’énergie et de positivité pour ne pas perdre le moral face aux reculs écologiques multiples, à toutes les échelles. « Les gens mettent leurs enfants chez les scouts pour l’autonomie, pour l’expérience de vie dans la nature, mais sans avoir forcément conscientisé que c’est aussi une manière de s’investir dans la protection de la nature », précise Coline Garnier, déléguée conversion écologique de Scouts et guides de France.

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En Russie, de plus en plus d’adolescents condamnés pour « terrorisme »

Eva Bagrova, 17 ans, accusée d’« apologie du terrorisme ». Photo non datée, diffusée sur les reseaux sociaux. RESEAU SOCIAL VK

Coup sur coup, deux adolescents ont été condamnés, en Russie, à de lourdes peines de prison pour terrorisme. Un garçon de 14 ans, dont le nom n’a pas été rendu public, sera privé de liberté pendant sept ans, accusé d’avoir tenté, en mai 2025, d’incendier un bureau de conscription militaire dans la région de Tver, ville à moins de 200 kilomètres au nord-ouest de Moscou. « Il avait été contacté par un représentant d’une organisation terroriste ukrainienne interdite en Russie par le biais de la messagerie Telegram, puis avait effectué des repérages de sites d’attaque et, en utilisant des instructions en ligne, préparé trois cocktails Molotov », a affirmé le service fédéral de sécurité (FSB, l’un des successeurs du KGB), dans un communiqué publié mercredi 28 janvier.

Verdict du tribunal militaire au terme d’un procès à huis clos, sans informations sur les preuves retenues contre l’adolescent ni sur les pressions exercées : une double condamnation pour « préparation d’acte terroriste » et « participation aux activités d’une organisation terroriste ». Le comité d’enquête assure avoir fondé la culpabilité de l’adolescent sur un ensemble de preuves, notamment les rapports d’expertise médico-légale etd’« autres éléments ».

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Au Niger, un site stratégique à Niamey visé par une attaque d’une ampleur inédite

L’aéroport international Diori-Hamani, à Niamey, le 10 septembre 2023. AFP

Il a fallu de longues heures, après l’attaque inédite dont a été victime le Niger dans la nuit de mercredi 28 à jeudi 29 janvier, pour que le chef de la junte au pouvoir, Abdourahamane Tiani, prenne la parole. Ses mots ont été d’une virulence rare. Sur des images diffusées dans la soirée de jeudi, mais vraisemblablement tournées plus tôt dans la journée, le général a dénoncé « une tentative d’infiltration de la part de mercenaires téléguidés ».

Après avoir « félicité » les forces de sécurité du pays et leurs « partenaires russes » qui « ont permis de mettre l’ennemi en déroute », il a porté de violentes accusations contre les présidents français, béninois et ivoirien. « Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon, Alassane Ouattara – nous les avons suffisamment entendus aboyer –, qu’ils s’apprêtent à nous entendre rugir », a menacé le militaire, vêtu comme toujours d’un treillis, béret vert sur la tête.

Quelques heures plus tôt, l’aéroport international de la capitale nigérienne était visé par une attaque comme le pays n’en avait jamais connu. Durant une heure, il a été la cible de tirs si nourris qu’ils ont fait trembler les murs des maisons sur des kilomètres à la ronde et plongé 1,6 million de Niaméyens dans un long vacarme. Des scènes filmées par des passagers à l’intérieur du bâtiment témoignent de la panique qui y régnait, tandis qu’au moins deux vols internationaux ont été déroutés. Des vidéos filmées à l’extérieur montrent des traces lumineuses dans le ciel, signes probables de défenses antiaériennes face à une attaque de drones.

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Le budget de la Sécurité sociale dépassé un mois après son entrée en vigueur

Sébastien Lecornu, accompagné de la ministre chargée des comptes publics, Amélie de Montchalin, et du ministre de l’économie, Roland Lescure, à l’Assemblée nationale, à Paris, le 23 janvier 2026. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

Publiées au Journal officiel du 31 décembre 2025 et déjà caduques. Les projections sur le déficit de notre système de solidarité, qui figurent dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) promulguée il y a un mois, sont, aujourd’hui, revues à la hausse.

Alors que le « trou » pour 2026 était chiffré à 19,4 milliards d’euros à l’issue de l’adoption du texte par le Parlement, il pourrait passer au-dessus de la barre symbolique des 20 milliards. C’est ce qui ressort d’une note diffusée, mercredi 28 janvier, par le Haut Conseil du financement de la protection sociale.

Le risque de dérapage tient, en premier lieu, au fait que deux mesures ne sont pas intégrées dans les calculs aboutissant aux « soldes affichés [par la LFSS] », souligne l’instance présidée par Dominique Libault, un expert reconnu qui a été à la tête de la direction de la Sécurité sociale (DSS). Ainsi, le congé supplémentaire de naissance, qui était tout d’abord pris en considération « à [partir] du 1er juillet 2027 », est, en définitive, instauré de façon anticipée, ce qui engendre un « coût pour 2026 » de 200 millions à 300 millions d’euros.

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Après Bétharram, l’épineuse montée en puissance des contrôles des établissements privés sous contrat

Guillaume Prévost, secrétaire général de l’enseignement catholique, auditionné par les membres de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale à Paris, le 2 décembre 2025. AMAURY CORNU

C’est l’une des conséquences de la déflagration provoquée par l’affaire de Bétharram, cet établissement béarnais où des élèves ont subi pendant des décennies des violences physiques et sexuelles. Le ministère de l’éducation nationale a indéniablement passé la vitesse supérieure en matière de contrôle de l’enseignement privé sous contrat. Tandis que seulement 12 établissements (sur 7 500) avaient été audités entre 2017 et 2023, près de 1 000 contrôles ont été effectués en 2025 et 1 300 inspections sont prévues en 2026.

« L’objectif de 40 % d’établissements contrôlés d’ici 2027 sera tenu », assure le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray. Les députés Paul Vannier (La France insoumise, Val-d’Oise) et Violette Spillebout (Renaissance, Nord) veulent aller plus loin, avec une proposition de loi qu’ils ont déposée mercredi 28 janvier, et rendre obligatoires ces inspections tous les cinq ans.

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