Nike accusé de discrimination anti-Blancs par une agence du gouvernement américain

Un magasin Nike de King of Prussia (Pennsylvanie), le 3 avril 2025. RACHEL WISNIEWSKI/REUTERS

L’agence fédérale américaine chargée du respect des lois contre la discrimination au travail (EEOC) a demandé, mercredi 4 février, à un tribunal du Missouri de faire exécuter une citation à comparaître contre Nike, arguant que l’équipementier sportif avait « échoué à fournir toutes les informations demandées » dans un document, alors qu’elle l’accuse de pratiques discriminatoires envers les personnes blanches.

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La directrice de l’agence, Andrea Lucas, qui s’oppose aux programmes en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion (DEI) avait été promue par le président américain, Donald Trump, à la tête de l’agence en novembre 2025, après avoir été nommée comme membre en 2020.

Elle avait déclaré en 2024 que Nike aurait enfreint la loi « en se livrant à un comportement ou une pratique de traitement discriminatoire contre » des personnes blanches, à savoir « des employés, des candidats et participants à des programmes de formation », et en fixant un objectif de 30 % d’employés issus de minorités ethniques pour des postes à responsabilité.

« Escalade surprenante et inhabituelle »

Cette action de l’EEOC constitue une « escalade surprenante et inhabituelle », a réagi Nike, qui affirme faire preuve de « bonne foi » dans le cadre de l’enquête des autorités. « Nous avons partagé des milliers de pages de renseignements et de réponses écrites précises à l’enquête de l’EEOC, et sommes en train de fournir des renseignements complémentaires », a affirmé l’équipementier dans un courriel envoyé à l’Agence France-Presse (AFP).

« Nous sommes attachés à des pratiques d’emploi équitables et légales et à suivre toutes les lois en vigueur, notamment celles qui interdisent les discriminations », a assuré l’entreprise de Beaverton (Oregon).

Nike s’est parfois illustrée par des prises de position politiques, à l’image d’une campagne publicitaire centrée sur la figure de l’ancien joueur de football américain Colin Kaepernick, qui, en 2016, avait mis un genou à terre durant l’hymne américain en signe de protestation contre les violences policières à l’égard des minorités. Cette campagne avait suscité la condamnation des conservateurs américains, comme Donald Trump.

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Le Monde avec AFP

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Le Morbihan en vigilance orange pluie-inondation à partir de jeudi midi ; la Gironde maintenue en alerte crues

Le Morbihan passera en vigilance orange pluie-inondation, jeudi 5 février à partir de midi, a fait savoir Météo-France dans son bulletin de 6 heures, prolongeant également jusqu’à vendredi la vigilance orange crues sur la Gironde.

2 départements en vigilance orange

Cette carte montre le niveau de vigilance météorologique par département.

Mise à jour le 5 février 2026 à 6 heures, valable jusqu’au 6 février 2026 à 23 h 59.

Situation susceptible d’évoluer. Si la période couverte pour cette carte n’est plus valide, consultez le site de Météo France.

« Une nouvelle perturbation apporte des cumuls de pluie significatifs sur le Morbihan dans un contexte de sols saturés depuis plusieurs jours », décrit l’agence. Des cumuls de 15 mm à 30 mm sont attendus dans le département breton en journée, et jusqu’à 40 mm au total dans la soirée.

Par ailleurs, en Gironde, « des débordements modérés à importants seront observés dans les secteurs de Bordeaux et Libourne lors des prochaines pleines mers », prévient Vigicrues, rappelant qu’un fort épisode de marées est en cours.

Les précipitations de ces derniers jours « ont rendu les bassins versants de l’ouest et du sud du pays très humides et réactifs aux pluies », avait précédemment avancé Vigicrues.

Le Monde avec AFP

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Le Français Tom Félix, acquitté de trafic de stupéfiants en Malaisie après avoir risqué la peine de mort, a atterri à Roissy

Tom Félix à son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles de Gaulle Airport, le 5 février 2026. GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

C’est la fin du calvaire pour le Français Tom Félix. L’homme de 34 ans a atterri jeudi 5 février vers 6 h 30 du matin à l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, après plus de 900 jours de détention en Malaisie, a constaté un vidéaste de l’Agence France-Presse (AFP).

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Cet ancien cadre au sein du groupe français Veolia, diplômé en aquaculture et biologie marine, avait été arrêté le 9 août 2023 alors qu’il s’apprêtait à ouvrir un restaurant à Langkawi, une île du nord-ouest de la Malaisie. Dans la maison où il était hébergé par son associé malaisien, la police avait trouvé plusieurs centaines de grammes de cannabis dans les pièces communes.

S’il avait été reconnu coupable de possession et de trafic de drogue, Tom Félix encourait soit la peine de mort, soit 104 années de détention cumulées.

« Heureux d’être sorti »

« Il a attendu un procès pendant plus de trois ans. Les audiences ont été longues, espacées, reportées, mais à la fin de l’audience on a su qu’il était innocenté. Il a été acquitté parce qu’il n’y avait aucun élément de preuve contre lui. C’est une merveille pour nous que son innocence soit enfin reconnue », a déclaré à l’AFP Me Blandine Gentil, l’avocate de Tom Félix avec François Zimeray, venue l’accueillir à l’aéroport.

Alors qu’il a toujours contesté les accusations le visant, Tom Félix a été acquitté après plus de 900 jours de détention par la Haute Cour criminelle de Alor Setar, ville située à 500 kilomètres au nord-ouest de Kuala Lumpur. « Dans cette affaire, le tribunal n’a pas réussi à établir la preuve de la culpabilité… l’accusé est donc acquitté et libéré », a ainsi annoncé, mardi, la juge.

Tom Felix aux côtés d’agents des services de l’immigration malaisiens après qu’il a été acquitté par la justice, à Alor Setar, le 3 février 2026. HAKIM MUSTAPHA/AFP Lire aussi | Tom Félix, Français qui risquait la peine de mort en Malaisie, a été acquitté et libéré

Sa famille assure que, durant l’enquête, Tom Félix a été « disculpé » par son associé. « Je suis heureux d’être sorti », a sobrement déclaré le Français, mardi, peu après son acquittement, dans une brève réaction à l’AFP. « Nous sommes très heureux, soulagés. C’est la fin d’un cauchemar », a réagi sa mère, Sylvie Félix, à la sortie du tribunal.

Accompagné de ses parents, il a décollé de l’aéroport de Kuala Lumpur mercredi à 23 h 45 (16 h 45 mardi à Paris), à bord d’un vol Malaysian Airlines. A l’aéroport à Paris, il était attendu par sa sœur et des amis, membres de son comité de soutien.

Le Monde avec AFP

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« Pour éviter la trumpisation de la France, il faut tenter d’éviter les pièges dans lesquels sont tombés les progressistes américains »

« Au secours ! La droite revient ! » En 1985, le Parti socialiste, alors au pouvoir, avait couvert la France d’immenses photos de personnages horrifiés hurlant ce slogan. Disruptive, comme on ne disait pas encore, cette campagne a marqué l’histoire de la publicité politique. Mais elle n’avait pas empêché la droite de « revenir » lors des législatives de 1986.

Celles-ci, la proportionnelle promue par François Mitterrand aidant, avaient même permis à Jean-Marie Le Pen de revenir à l’Assemblée nationale avec 34 autres élus d’extrême droite. Quarante ans plus tard, tout se passe comme si une panique comparable s’était emparée de bien des milieux intellectuels et médiatiques. « Au secours ! L’extrême droite arrive ! », entend-on en substance de toutes parts, comme si l’arrivée au pouvoir exécutif du Rassemblement national (RN) en 2027 relevait de l’évidence. Comme si crier au loup suffisait à le faire déguerpir.

Des portraits de Vladimir Poutine, de Marine Le Pen, et de Donald Trump, à Moscou, le 20 janvier 2017. VASILY MAXIMOV/AFP

Se mobiliser efficacement contre les démagogues qui misent sur la xénophobie pour démanteler la démocratie en France paraît d’autant plus impérieux et compliqué qu’ils disposent, avec Donald Trump, d’un allié surpuissant. Encore faut-il le faire sans céder à la panique de type « Au secours ! » L’emprise croissante du locataire de la Maison Blanche sur la géopolitique, en particulier son dessein explicite de favoriser l’arrivée au pouvoir de l’extrême droite, notamment en France, pour hâter l’implosion de l’Union européenne, offre justement de nouveaux angles d’attaque.

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Gabriella Papadakis, danseuse sur glace : « Ma mère m’avait transformée en petit soldat qui se laissait guider par les décisions des autres »

Médaillée d’or aux Jeux olympiques de Pékin en 2022 et quintuple championne du monde de danse sur glace en duo, Gabriella Papadakis a atteint le sommet de sa discipline à 26 ans. La Française, qui a fait ses adieux à la compétition en 2024, retrace sa carrière d’athlète et son parcours de femme dans un livre, Pour ne pas disparaître (Robert Laffont, 272 pages, 19,90 euros). Elle y brosse notamment un portrait peu amène de son ancien partenaire Guillaume Cizeron, sacré champion d’Europe le 17 janvier avec son nouveau binôme, Laurence Fournier Beaudry. Avant la parution de l’ouvrage, le danseur sur glace l’a dénoncé, estimant que celui-ci « contient des informations fausses, [lui] attribuant entre autres des propos [qu’il n’a] jamais tenus et [qu’il] juge graves ».

Je ne serais pas arrivée là si…

… Si ma mère n’avait pas été une entraîneuse de patinage artistique, à Clermont-Ferrand. Elle a perdu les eaux sur la glace et m’a mise sur des patins à l’âge de 4 ans. Je patinais par mimétisme, même dans le bain avec les boîtes de savon. C’est du moins ce qu’on m’a raconté. Dans mes tout premiers souvenirs de vie, je suis déjà patineuse. Puis j’ai côtoyé les patinoires comme on va à l’école. C’était une donnée, je ne la questionnais pas.

Quel a été le rôle exact de votre mère ?

C’était mon entraîneur. Tout le temps. Elle est la « drive », comme on dit au Canada, la motivation pure, la volonté. Elle a construit sa propre vie en faisant du patin, contre l’avis de ses parents, qui l’avaient emmenée un beau jour à la patinoire. Mais elle a commencé tard, et est devenue coach très jeune, à 19 ans. Nous n’avions pas beaucoup d’argent, elle a voulu me donner toutes les chances de réussir. Elle se formait auprès d’autres coachs, cherchait de nouvelles figures, étudiait les chorégraphies, m’envoyait suivre les meilleurs stages. A la maison, le plaisir de lire le soir était souvent interrompu par une phrase de la coach : « Tu vas être fatiguée à l’entraînement, demain. »

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Après la mise en garde d’Ali Khamenei, Donald Trump dit espérer un accord avec l’Iran

Le Guide suprême iranien, Ali Khamenei, s’exprime lors d’une réunion avec des Iraniens, à Téhéran, dimanche 1ᵉʳ février 2026, avant le 47ᵉ anniversaire de la révolution islamique. – / AFP

Donald Trump a déclaré, dimanche 1er février, espérer conclure un accord avec l’Iran après une mise en garde du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, sur le risque d’une « guerre régionale » si les Etats-Unis mettaient à exécution leur menace d’intervention militaire.

Le président américain multiplie les avertissements depuis le début du mouvement de contestation réprimé à huis clos en janvier, dans un pays alors privé d’Internet et largement coupé du monde. Tout en répétant négocier avec Téhéran pour éviter une telle issue. « J’espère qu’on va trouver un accord », a déclaré Donald Trump à la presse. « Si nous n’avons pas d’accord, nous allons voir si [le Guide suprême] avait raison ou non », a-t-il ajouté.

Prenant la parole pour la première fois en deux semaines, Ali Khamenei avait lancé plus tôt une nouvelle mise en garde. « Les Américains doivent savoir que, s’ils déclenchent une guerre, cette fois-ci ce sera une guerre régionale », a-t-il prévenu, alors que les Etats-Unis avaient brièvement bombardé l’Iran lors d’une guerre de douze jours en juin 2025 déclenchée par Israël.

Il a également fustigé de nouveau les protestataires. Ils « ont attaqué la police, des bâtiments gouvernementaux, des casernes des gardiens de la révolution, des banques, des mosquées et ont brûlé le Coran (…) c’était un véritable coup d’Etat », a accusé l’ayatollah Khamenei, assurant que cette tentative avait « échoué ».

Lire l’éditorial | Le devoir de solidarité envers les Iraniens

Une liste de noms de personnes tuées publiée

La République islamique a réagi en réprimant le mouvement dans le sang et en procédant à des arrestations en masse. Parmi ceux interpellés, Erfan Soltani, âgé de 26 ans, l’avait été le 10 janvier, lors du pic des manifestations, lancées initialement contre le coût de la vie, mais qui se sont transformées en mouvement de défiance envers les autorités.

Erigé par des défenseurs des droits humains comme le visage du mouvement, il a été libéré samedi sous caution, a déclaré dimanche son avocat, Amir Mousakhani. Les Etats-Unis et des ONG avaient signalé un risque d’exécution du jeune homme, accusé de propagande contre le système islamique et d’atteinte à la sécurité nationale, selon la justice. L’Iran avait cependant démenti qu’il encourait la peine de mort pour les faits qui lui étaient reprochés.

Selon l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), établie aux Etats-Unis, plus de 42 000 personnes ont été arrêtées lors du mouvement. Elle a par ailleurs pu confirmer 6 713 morts, dont une majorité de manifestants. Mais le nombre de morts pourrait être bien plus élevé, avec plus de 17 000 décès en cours d’examen, écrit l’organisation.

Les autorités iraniennes reconnaissent la mort de milliers de personnes, mais affirment que la grande majorité étaient des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des « terroristes ». Une opération orchestrée, selon Téhéran, par les Etats-Unis et Israël.

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La présidence a publié dimanche les noms de 2 986 personnes tuées pendant les troubles sur une liste de 3 117 morts. Les 131 restants n’ont pas encore été identifiés, selon un communiqué.

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« Honte à l’Europe ! »

Comme Washington, les autorités iraniennes alternent ces derniers jours menaces de représailles en cas d’attaque et volonté de négocier avec les Etats-Unis. Dans une interview diffusée dimanche par CNN, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghtchi, a souligné que des pays de la région servaient d’intermédiaires pour rétablir la confiance qu’il affirme avoir perdue en Washington.

Il a ainsi dit voir « la possibilité d’une (…) discussion si l’équipe de négociation américaine suit ce qu’a déclaré le président Trump : un accord juste et équitable pour garantir qu’il n’y ait pas d’armes nucléaires » détenues par Téhéran. La République islamique est soupçonnée par les Occidentaux de vouloir se doter de l’arme atomique, ce qu’elle dément.

Le président iranien, Massoud Pezeshkian, avait déclaré, samedi soir, qu’une guerre n’était dans l’intérêt ni de l’Iran ni des Etats-Unis, disant vouloir privilégier la diplomatie. Et un autre haut responsable avait fait état de « progrès » en vue de « négociations » avec Washington. Donald Trump avait, lui, affirmé à la chaîne Fox News, samedi, que l’Iran conversait avec les Etats-Unis, sans toutefois donner de précisions.

La situation s’était tendue ces derniers jours alors que les Etats-Unis ont déployé dans le Golfe une dizaine de navires, dont le porte-avions Abraham-Lincoln, les forces armées iraniennes se disant « en état d’alerte maximale ».

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Iran : Donald Trump intensifie la pression avec l’envoi d’un porte-avions et des menaces de frappes

La pression sur l’Iran vient aussi de l’Union européenne, qui a inscrit sur la liste des « organisations terroristes » les gardiens de la révolution, l’armée idéologique de la République islamique accusée d’avoir orchestré la répression du mouvement de protestation. En représailles, le Parlement iranien a déclaré dimanche comme « groupes terroristes » les armées européennes. « Mort à l’Amérique ! », « Mort à Israël ! », « Honte à l’Europe », ont scandé les élus du Parlement iranien, jour du 47e anniversaire du retour d’exil en Iran de l’imam Khomeini, père fondateur de la République islamique.

Le Monde avec AFP

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OpenAI, SpaceX et Anthropic veulent décrocher le graal de Wall Street sur fond de doutes financiers

Devant la Bourse de New York (Etats-Unis), à Manhattan, le 7 juillet 2024. JUAN MABROMATA/AFP

Fuite en avant ou consécration de l’intelligence artificielle (IA) ? Trois firmes gigantesques américaines se préparent à entrer en Bourse en 2026, marquant le retour des introductions géantes à Wall Street tombées en désuétude. OpenAI, la société de Sam Altman à l’origine de ChatGPT lancé en 2022, Anthropic, la concurrente dirigée par Dario Amodei, et SpaceX, la firme spatiale et propriétaire du réseau satellitaire Starlink, créée par Elon Musk, veulent toutes trois rejoindre la cote.

Explication : prises dans une fringale d’investissements, elles sont désormais contraintes de lever des capitaux pour tenir leurs promesses : les banques et les investisseurs privés ne peuvent plus suivre. « Les entreprises veulent être présentes sur les marchés boursiers. C’est la poule aux œufs d’or », estime Dan Ives, analyse vedette spécialiste de la tech chez Wedbush Securities, alors que les marchés sont encore à leurs plus-hauts.

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« Le Banquet », de Platon, censuré dans une université américaine : « Interdire d’étudier Platon, c’est contraindre une société à se méfier de ses propres questions »

Dans la prestigieuse université Texas A&M (TAMU), le professeur de philosophie Martin Peterson a été sommé de retirer des lectures platoniciennes [Platon est un philosophe grec de l’Antiquité] d’un cours de tronc commun, au motif qu’elles pourraient relever de la « race and gender ideology » (« idéologie de la race et du genre »), dans le cadre d’une politique de contrôle des contenus.

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Interdire, ici, ce n’est pas brûler un livre. C’est déplacer la frontière du dicible à l’intérieur de la salle de classe : d’un côté, « protéger » des étudiants d’une supposée « idéologie » ; de l’autre, empêcher l’étude d’un texte fondateur de la philosophie sous prétexte qu’il expose, parmi d’autres choses, des questions de sexe, de genre, de désir. La querelle porte donc sur le sens même de l’enseignement : transmission de normes, ou apprentissage des méthodes qui permettent de les discuter ?

L’association PEN America, qui promeut la liberté d’expression, la littérature et les droits humains aux Etats-Unis, recense 10 046 opérations de mise au ban de livres à l’école aux Etats-Unis en 2023-2024, visant 4 231 titres distincts ; et 6 870 mises au ban en 2024-2025, dans 23 Etats, la Floride et le Texas figurant parmi les principaux foyers.

On comprend mieux la dynamique de censure si l’on remonte ses étapes. A partir de 2021, des polémiques locales sur certains cours ou livres deviennent une stratégie politique à l’échelle nationale, portée et amplifiée par les réseaux sociaux. En 2023-2024, les retraits de livres atteignent un niveau record et finissent par s’installer dans les habitudes, selon PEN America. Enfin, en novembre 2025, le Board of Regents (« conseil des régents ») de TAMU adopte une règle qui impose l’accord des présidents de campus pour tout cours susceptible d’être interprété comme « promouvant » des thèmes liés à la race, au genre, à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.

La grammaire du débat public

La mécanique que l’on observe est connue : quand la norme est floue, la peur s’installe. Une catégorie administrative volontairement très large (l’« idéologie ») devient un redoutable filtre pédagogique ; l’université surcorrige pour éviter la polémique ; les enseignants pratiquent l’autocensure. Le site d’information Texas Tribune souligne bien qu’aucune loi étatique ou fédérale n’interdit de parler de race, de genre ou de sexualité en cours à l’université, tout en notant le durcissement des contrôles académiques après la controverse sur Platon.

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Cognizant, le géant américain des services informatiques, poursuit son déploiement de l’IA

Le logo de Cognizant, multinationale américaine spécialisée dans le conseil et l’externalisation de services informatiques, lors du Forum économique mondial, à Davos (Suisse), le 20 janvier 2026. INA FASSBENDER/AFP

C’était en novembre 2025 à San Francisco, en Californie : une voiture autonome Waymo avait écrasé un chat dans le quartier de Mission, et toute la ville s’en était émue. Babak Hodjat, chef de la recherche en intelligence artificielle (IA) de Cognizant, firme de consulting de 350 000 personnes valant 40 milliards de dollars (33,5 milliards d’euros) en Bourse et ayant une forte implantation en Inde, nous confronte à cette histoire. « Vous avez écrit dessus, n’est-ce pas ? Pendant ce temps, combien de fois des humains ont-ils été responsables d’accidents mortels ? Les attentes envers l’intelligence artificielle sont très élevées. Waymo est beaucoup plus sûre que les conducteurs humains. Si, en 2025, le nombre de décès de piétons à San Francisco a diminué de moitié, je pense que c’est dû en grande partie à Waymo. »

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L’IA suscite les mises en garde légitimes des chercheurs, comme celle du Prix Turing 2019 de l’université de Montréal, Yoshua Bengio, ou celle des « doomers », prophètes de l’apocalypse, tel Nate Soares, chercheur à Berkeley, en Californie. Mais sur le terrain, les sociétés telles que Cognizant, qui cherchent à implanter l’IA au sein des entreprises, avancent. Se déclarant « résolument optimiste », Babak Hodjat, qui nous reçoit dans son laboratoire au 41e étage d’une tour de San Francisco, tempère les dangers de cette technologie. « Des millions d’emplois seront bouleversés, à un rythme beaucoup plus rapide que l’avènement d’Internet ou de l’informatique, car ces innovations se développent à une vitesse fulgurante »,estime-t-il.

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« Je ne suis toujours pas enceinte » : les confidences et les inquiétudes des patientes dans le cabinet d’une sage-femme

Delphine Gallou-Papin, sage-femme acupunctrice à Nantes, le 26 janvier 2026. GUILLAUME BLOT POUR « LE MONDE »

Il est 8 h 20, la pluie ruisselle sur la porte vitrée du cabinet de sages-femmes Feminantes. Delphine Gallou-Papin s’engouffre, cheveux mouillés, dans les lieux encore vides. La praticienne de 43 ans aux yeux bleu ciel et au nez retroussé est l’une des cinq sages-femmes associées de cette structure proche du centre-ville nantais, qu’elle a créée en 2015 et qui s’est agrandie en 2025. « La notion d’équipe est essentielle pour moi, insiste-t-elle. Nous partageons la même philosophie de l’attention portée au soin. » Chacune apporte une compétence singulière : sexologie, échographie, hypnose et acupuncture, spécialité qu’elle a choisie. Une méthode issue de la médecine chinoise qui vise à stimuler des zones ciblées de l’épiderme à l’aide d’aiguilles fines. « C’est une thérapie complémentaire aux traitements traditionnels, reconnue et conventionnée », tient à préciser Delphine Gallou-Papin.

Ce matin, sept patientes vont s’asseoir dans ses fauteuils en velours, puis se faire examiner dans le cadre d’une consultation gynécologique, d’un suivi de grossesse, d’une pathologie, de rééducation périnéale et de problématiques féminines variées. La première, Adeline (son prénom, ainsi que celui des autres patientes, a été changé), 32 ans, dézippe son blouson mouillé, libérant un ventre proéminent. Le terme de la grossesse approche et son bébé se présente par le siège, ce qui l’inquiète un peu. « On m’a dit que je risquais d’avoir dix internes autour de moi pour assister à l’accouchement », soupire-t-elle dans un rire nerveux.

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