Le premier ministre haïtien Alix Didier Fils-Aimé, à Port-au-Prince, en Haïti, le 7 février 2026. FILDOR PQ EGEDER / REUTERS
Le conseil présidentiel de transition (CPT) en Haïti a tiré sa révérence et laissé la place au premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, samedi 7 février, après avoir échoué à ramener l’ordre public dans un pays ravagé par la pauvreté et l’emprise des gangs. La passation de pouvoirs entre ce conseil, créé en avril 2024 pour ramener la stabilité, et le dirigeant haïtien de 54 ans a été encadrée par un important dispositif de sécurité face au contexte politique particulièrement tendu.
« Le mot d’ordre est clair : sécurité, dialogue politique, élections, stabilité. Monsieur le premier ministre, en ce moment historique, je sais que vous mesurez l’ampleur de la responsabilité que vous assumez devant la nation. Restez concentré sur les priorités du pays », a déclaré Laurent Saint-Cyr, le président du CPT, à l’intention de M. Fils-Aimé.
Alix Didier Fils-Aimé, qui était déjà premier ministre, devient, avec la dissolution du Conseil, la seule figure du pouvoir exécutif du pays. Il aura la lourde charge de composer avec une classe politique très divisée pour organiser des élections.
Haïti subit depuis de nombreuses années la violence des bandes criminelles, qui commettent meurtres, viols, pillages et enlèvements. Plus pauvre pays des Amériques, il n’a pas connu de scrutin depuis 2016 et est privé de président depuis l’assassinat de Jovenel Moïse en juillet 2021. Selon l’Organisation des Nations unies, les gangs contrôlent 90 % de Port-au-Prince, la capitale, et ont tué près de 6 000 personnes en 2025.
Face à la crainte d’un vide institutionnel, Washington, qui a envoyé cette semaine trois navires de guerre en Haïti, a ouvertement apporté son soutien à M. Fils-Aimé. A la fin de janvier, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait souligné « l’importance de son maintien au poste de premier ministre d’Haïti pour lutter contre les gangs terroristes et stabiliser l’île ».
Quelques jours plus tard, le département d’Etat avait sanctionné deux membres du CPT et un ministre, les accusant de soutenir des gangs. La police haïtienne mène depuis plusieurs semaines une large offensive contre ces bandes criminelles dans le centre de Port-au-Prince, qui a permis de déloger un de leurs membres les plus connus, Jimmy Cherizier, dit « Barbecue ».
Ce que contient le nouveau paquet de sanctions proposé par l’UE contre Moscou
L’Union européenne a proposé, vendredi, un nouveau « paquet » de sanctions contre la Russie – le 20e depuis l’invasion russe de l’Ukraine en 2022 − avec l’objectif de « réduire encore davantage les revenus énergétiques de la Russie » et de « compliquer la recherche d’acheteurs pour son pétrole », selon la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Moscou n’acceptera d’ouvrir des négociations de paix sérieuses « que si elle y est contrainte », a affirmé Mme von der Leyen en présentant ces nouvelles sanctions. « La Russie continue de répondre à la diplomatie par des missiles. Nous sommes déterminés à rendre ce choix douloureusement coûteux », a renchéri sur X la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas.
Transport maritime. Visant principalement le secteur pétrolier russe, dont les revenus financent une grande partie de l’effort de guerre du Kremlin en Ukraine, quelque 43 navires soupçonnés d’appartenir à la flotte fantôme russe de pétroliers ont été ajoutés à la liste des navires déjà sous sanctions. Cette liste en comprend désormais 640, selon Mme von der Leyen.
Cette flotte fantôme est utilisée par la Russie pour contourner les sanctions occidentales. Et celles-ci ont de l’effet, assure la Commission européenne. « Les sanctions portent un grave préjudice à l’économie russe. Et chacune d’elles réduit sa capacité à faire la guerre », a assuré Mme Kallas.
Les sanctions européennes comprennent aussi une interdiction des services maritimes (maintenance, remorquage, etc.) aux navires transportant du pétrole russe. « Cela entravera sévèrement leur capacité à fonctionner de manière fluide », a expliqué Mme Kallas.
Secteur financier. La Commission européenne propose de cibler 20 banques régionales russes supplémentaires et de prendre des mesures visant à limiter le recours aux cryptomonnaies, utilisées pour contourner les sanctions déjà existantes dans le secteur bancaire. Le financement de son effort de guerre est « le point faible de la Russie, et nous exerçons une forte pression dessus », a assuré la présidente de la Commission.
Echanges commerciaux. De nouvelles interdictions d’exportation vers la Russie sont également proposées, allant du caoutchouc aux tracteurs en passant par les services de cybersécurité. Des interdictions d’importation, pour une valeur de plus de 570 millions d’euros, concernant des métaux, des produits chimiques et des minéraux critiques, non encore sous sanctions, sont également proposées.
La Commission européenne veut aussi activer son outil anti-coercition – une première – pour interdire l’exportation de toute machine-outil à commande numérique ou de radios vers des pays où il existe un risque élevé que ces produits soient réexportés vers la Russie, a encore indiqué Mme von der Leyen.
Les Vingt-Sept doivent encore donner leur accord avant que ces nouvelles sanctions ne puissent entrer en vigueur, avant le 24 février, comme le souhaite la Commission. Les ambassadeurs des pays de l’UE devraient en discuter dès lundi à Bruxelles, selon des diplomates.
Des soldats de la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) à la base militaire de Tempe après leur retrait de l’est de la République démocratique du Congo, à Bloemfontein, le 14 juin 2025. PHILL MAGAKOE/AFP
L’Afrique du Sud va retirer ses quelque 700 militaires déployés au sein de la Monusco, la mission de l’ONU en République démocratique du Congo (RDC), dont l’Est est ravagé par trois décennies de violences, a annoncé, samedi 7 février, la présidence sud-africaine.
L’an dernier, Pretoria avait évacué des centaines de soldats sud-africains présents en RDC dans le cadre d’une force régionale, la SAMIRDC, constituée dans l’est de ce pays par la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et dont les effectifs précis n’ont jamais été rendus publics.
La SADC avait décidé, début 2025, de mettre fin au mandat de la SAMIRDC après son échec à endiguer une offensive d’ampleur, dans les provinces des Nord- et Sud-Kivu, du groupe armé antigouvernemental M23, soutenu par le Rwanda voisin.
Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, « a informé le secrétaire général des Nations unies », Antonio Guterres, de « l’intention du gouvernement sud-africain de retirer sa contribution de soldats » à la Monusco, déclare la présidence sud-africaine dans un communiqué. Cette décision a été motivée par la nécessité de « consolider et réajuster les ressources des forces de défense d’Afrique du Sud », après vingt-sept ans de soutien aux efforts de maintien de la paix en RDC, selon le communiqué.
Le retrait des militaires sud-africains sera terminé avant la fin de l’année. Selon l’ONU, près de 700 soldats participent au contingent militaire de la Monusco, qui comptait, en octobre, environ 12 500 hommes.
L’est de la RDC, toujours en proie à la violence
Ravagé par divers conflits depuis trente ans, l’est de la RDC est le théâtre depuis fin 2021 de la résurgence du M23. Ce dernier s’est emparé de Goma en janvier 2025 et de Bukavu en février de la même année, deux grandes villes des Nord- et Sud-Kivu, frontalières du Rwanda et riches en ressources minières.
Les appels à l’évacuation des soldats sud-africains de l’est de la RDC s’étaient multipliés en Afrique du Sud après la mort de 14 d’entre eux en janvier 2025. La plupart appartenaient à la SAMIRDC mais au moins deux faisaient partie de la Monusco.
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Mercredi, le M23 a revendiqué une attaque de drones menée le week-end précédent contre l’aéroport stratégique de Kisangani, dans le nord-est de la RDC, à des centaines de kilomètres des territoires que contrôle ce groupe.
L’ONU a, par ailleurs, annoncé, mercredi, le prochain déploiement d’une mission dans l’est de la RDC dans la perspective d’un cessez-le-feu « permanent », après une nouvelle réunion, à Doha, sous la médiation du Qatar, entre les représentants du M23 et ceux des autorités de Kinshasa.
Un engagement vers un cessez-le-feu a été signé en juillet entre les deux parties. Parallèlement, un accord a été entériné début décembre à Washington par la RDC et le Rwanda. Mais aucun de ces accords n’a mis un terme aux combats.
Dans son communiqué, l’Afrique du Sud assure qu’elle continuera à soutenir les « efforts multilatéraux » pour apporter « une paix durable » en RDC.
Will Lewis, à Washington, le 5 novembre 2023. MATT MCCLAIN/AP
La tempête souffle toujours sur The Washington Post. Quelques jours après un vaste plan de suppressions d’emplois dans ce pilier du journalisme américain détenu par Jeff Bezos, c’est au tour du directeur général et directeur de la publication, le Britannique Will Lewis, de quitter l’entreprise.
Dans un courriel adressé au personnel et révélé sur les réseaux sociaux par l’un des journalistes du quotidien, Will Lewis déclare qu’« après deux années de transformation du Washington Post, c’est le bon moment » pour lui de « se retirer ». Il est remplacé immédiatement par Jeff D’Onofrio, directeur financier du journal depuis 2025 après une carrière dans les plateformes et la publicité numériques, a annoncé le média américain.
Will Lewis, ancien journaliste qui avait obtenu un scoop historique à la fin des années 2000 sur les dépenses des parlementaires au Royaume-Uni, avait été nommé en janvier 2024 avec la mission de redresser la barre du quotidien historique. The Washington Post, qui a à son actif la révélation du scandale du Watergate et de multiples prix Pulitzer, est en crise depuis plusieurs années.
L’annonce, mercredi, d’un plan de suppression de postes, d’environ 300 journalistes sur 800, a créé un choc, dans un contexte de rapprochement du propriétaire du journal et fondateur d’Amazon avec Donald Trump, qui attaque la presse traditionnelle depuis son retour au pouvoir.
Durant le premier mandat du républicain, le journal s’était plutôt bien porté grâce à sa couverture jugée sans concession. Mais au départ de Donald Trump de la Maison Blanche, l’intérêt des lecteurs s’était émoussé et les résultats avaient commencé à dégringoler.
Le journal perd de l’argent depuis plusieurs années, selon la presse. Il avait subi une hémorragie d’abonnés lorsque sa direction avait refusé de prendre parti avant la présidentielle de 2024, remportée par Donald Trump. Beaucoup y ont vu la main de Jeff Bezos, qui, trois mois plus tard, s’est affiché au premier rang lors de la cérémonie d’intronisation de Donald Trump, et dont le groupe Amazon a financé le documentaire Melania consacré à l’épouse du président américain. Ses entreprises ont d’importants contrats avec l’Etat fédéral, du stockage de données à l’espace.
« Sous ma direction, des décisions difficiles ont été prises, pour assurer un avenir durable au Post, pour qu’il puisse, pendant de nombreuses années, continuer à publier des informations de haute qualité non partisanes à des millions de clients chaque jour », a écrit Will Lewis.
Une grande partie des correspondants à l’étranger, dont l’intégralité de ceux couvrant le Moyen-Orient ainsi que ceux en Russie et en Ukraine, ont été licenciés. Les services des sports, des livres, du podcast, des pages locales ou de l’infographie sont presque intégralement supprimés.
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« C’est l’un des jours les plus sombres de l’histoire » du journal, avait regretté, sur Facebook, Martin Baron, ancien rédacteur en chef du journal et figure du journalisme américain.
Aux Etats-Unis comme ailleurs, les médias historiques sont en difficulté du fait de la baisse de leurs revenus publicitaires et des abonnements, face à la concurrence des réseaux sociaux et des recettes en ligne qui restent faibles par rapport à ce que rapportait autrefois la publicité imprimée.
Selon The Wall Street Journal, The Washington Post a perdu 250 000 abonnés numériques après s’être abstenu d’apporter son soutien à la candidate démocrate et le journal a perdu environ 100 millions de dollars en 2024 en raison de la baisse des revenus publicitaires et des abonnements. Cependant, certains quotidiens nationaux américains comme The New York Times et The Wall Street Journal ont réussi à se redresser, ce que le « Post », même avec un mécène milliardaire, n’a pas réussi à faire.
A l’Assemblée nationale, à Paris, le 23 janvier 2026. JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »
Une soixantaine de personnalités politiques, d’historiens et de politologues ont plaidé pour l’instauration avant la présidentielle de 2027 de la proportionnelle aux élections législatives, « un nouveau souffle démocratique pour la France »,dans un texte publié par La Tribune, dimanche 8 février.
« Parmi les réformes qui pourraient être adoptées » d’ici à la présidentielle, « il en est une qui rendrait un grand service à la République : le passage à un scrutin proportionnel pour les élections législatives », écrivent les signataires de cette tribune à l’initiative des députés Erwan Balanant (MoDem, Finistère), Guillaume Gouffier-Valente (Renaissance, Val-de-Marne), Jérémie Iordanoff (Ecologistes, Isère) et Marie Récalde (Parti socialiste, Gironde).
Parmi les signataires figurent l’ancien président François Hollande, les anciens premiers ministres Elisabeth Borne et Bernard Cazeneuve, le président du groupe MoDem à l’Assemblée Marc Fesneau, les dirigeants des Ecologistes Marine Tondelier, la députée Cyrielle Chatelain et le sénateur Guillaume Gontard, le président de Place Publique, Raphaël Glucksmann, les présidents des groupes socialistes, Boris Vallaud et Patrick Kanner, ou encore le président (Renaissance) de la commission des Lois de l’Assemblée Florent Boudié.
« Cet état de fait concourt à dégrader l’image de la démocratie »
Ont également paraphé cette tribune les politologues Loïc Blondiaux, Antoine Bristielle, Bastien François, Emiliano Grossman, Isabelle Guinaudeau, Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki, le constitutionnaliste Benjamin Morel, la sociologue Dominique Méda, l’historien Christophe Prochasson ou encore le directeur du groupe de réflexion Terra Nova, Thierry Pech.
Pour les signataires, « les contraintes institutionnelles imposées par le maintien du scrutin majoritaire ralentissent voire bloquent souvent cette recherche indispensable de solutions susceptibles de rassembler des majorités ».
« Cet état de fait concourt à dégrader l’image de la démocratie et nourrit la tentation du recours à un pouvoir fort. Il favorise la montée de l’extrême droite. Dans un tel contexte, celle-ci pourrait bien profiter à son tour de l’effet “winner takes all” − le gagnant prend tout − associé au scrutin majoritaire et obtenir seule, avec un tiers des voix, une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Dans une Vᵉ République qui a doté l’exécutif de pouvoirs très étendus, il n’y aurait plus alors qu’un pas à franchir pour transformer notre démocratie en un régime autoritaire comme Donald Trump cherche à le faire actuellement aux Etats-Unis », argumentent-ils.
Selon eux, l’instauration de la proportionnelle pourrait se faire assez rapidement puisque de nombreuses forces politiques représentées à l’Assemblée nationale y sont favorables. « Des députés issus de groupes politiques différents ont déposé ensemble une proposition de loi en ce sens en octobre et le même projet sera déposé aussi prochainement au Sénat. Il doit maintenant être soumis le plus rapidement possible au Parlement », demandent les signataires.
Le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, avant des négociations avec les Etats-Unis, à Mascate (Oman), le 25 avril 2025. MINISTÈRE IRANIEN DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES VIA REUTERS
Donald Trump a mis en garde le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, dans un extrait d’interview diffusé, mercredi 4 février, par la chaîne NBC. « Je pense qu’il devrait se faire beaucoup de soucis en ce moment. Comme vous savez, ils négocient avec nous », a déclaré le président américain.
Ce dernier a aussi assuré à NBC que les autorités iraniennes envisageaient d’ouvrir un nouveau site nucléaire, après les frappes menées par les Américains en juin dernier contre leurs installations. « Ils réfléchissaient à ouvrir un nouveau site ailleurs dans le pays », a-t-il dit, ajoutant : « Nous l’avons découvert et j’ai dit, si vous faites ça, nous allons vous faire subir des choses très dures. » Le locataire de la Maison Blanche a déployé près de l’Iran une considérable force de frappe aérienne et navale, qu’il n’exclut pas d’employer si Téhéran n’accepte pas une série de revendications américaines.
Ces déclarations interviennent alors que la confusion régnait mercredi sur la tenue ou non d’une rencontre entre les deux pays vendredi à Oman. Evoquée dans un premier temps par des médias iraniens, elle a été confirmée en fin de journée par le chef de la diplomatie iranienne. « Les pourparlers sur le nucléaire avec les Etats-Unis sont prévus vendredi à Mascate vers 10 heures, a déclaré le ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghtchi. Je suis reconnaissant à nos frères omanais d’avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »
Selon une source citée par l’agence Associated Press, la Maison Blanche aurait finalement accepté de déplacer les discussions de la Turquie à Oman après que les dirigeants arabes ont exhorté les Etats-Unis à écouter Téhéran. Mais aucune annonce n’a été faite officiellement.
Un peu plus tôt, le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, avait déclaré que Washington était ouvert à de prochaines négociations avec l’Iran et qu’un lieu était « en cours de discussion », tout en soulignant qu’elles ne pouvaient se limiter aux questions nucléaires comme le souhaite Téhéran.
Selon lui, « pour que les pourparlers aboutissent réellement à quelque chose de significatif, ils doivent inclure certains éléments ». Parmi ces derniers, il a mentionné le programme de missiles balistiques de Téhéran, le soutien apporté aux groupes militants régionaux et le traitement réservé à sa population.
Mardi, la Maison Blanche avait déclaré qu’elle prévoyait que les négociations auraient bien lieu même après que les Etats-Unis ont abattu un drone iranien qui s’était approché « de manière agressive » d’un porte-avions américain dans la mer d’Arabie un peu plus tôt dans la journée.
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Depuis janvier et le vaste mouvement de contestation réprimé par le pouvoir iranien, Washington et Téhéran alternent menaces et ouvertures au dialogue, alors que des pays médiateurs s’efforcent de réduire les tensions.
Plaidoirie de Louis Balling, avocat de Bruno Gollnisch, au palais de justice de Paris, le 4 février 2026. SERGIO AQUINDO POUR « LE MONDE »
La parole est à la défense, dans la dernière ligne droite du procès en appel des assistants parlementaires européens du Front national (FN) qui se tient depuis le 13 janvier devant la cour d’appel de Paris. Avec des succès divers. La difficulté, pour les douze avocats, qui cèdent souvent à la tentation de plaider une heure de trop, est bien de ne pas répéter les mêmes arguments pour les douze prévenus accusés d’un même délit, le détournement de fonds publics du Parlement européen.
Mᵉ Robert Apéry a eu l’honneur, mercredi 4 février, de défricher le premier de ce qui lui paraît les incohérences du dossier. Et d’abord « la campagne politique » contre les juges, évoquée par la partie civile et le parquet général, en laquelle il voit (en dehors des insultes et des menaces de mort), « un message subliminal à l’attention de la cour d’appel : ne serait-ce pas perçu comme une circonstance aggravante ? ».
Mᵉ Patrick Maisonneuve, l’avocat du Parlement européen, partie civile, s’était en effet inquiété la veille des attaques contre l’Etat de droit de Marine Le Pen, Jordan Bardella ou de Nicolas Sarkozy. Et de François Bayrou, « troublé » par les peines d’inéligibilité, tout comme Jean-Luc Mélenchon. « Je ne sais pas pourquoi ils sont préoccupés par le Parlement européen », a plaisanté l’avocat, alors que les chefs de file du MoDem et de La France insoumise sont eux aussi poursuivis pour des faits comparables.
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Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, à San Diego (Californie), le 2 février 2026. MIKE BLAKE/REUTERS
La Cour suprême des Etats-Unis a autorisé, mercredi 4 février, la Californie à utiliser sa nouvelle carte électorale, adoptée avec le but avoué de favoriser les démocrates lors des élections de mi-mandat 2026.
Non motivée par les juges, cette décision rendue en urgence a pour effet de valider un redécoupage électoral pensé pour apporter cinq sièges supplémentaires à la gauche américaine à la Chambre des représentants lors du scrutin de novembre.
Voulue par le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, cette nouvelle carte a été adoptée par référendum en novembre dernier. Elle a été conçue comme une contre-attaque à un autre redécoupage électoral similaire lancé par les républicains au Texas, pour permettre à Donald Trump de conserver son étroite majorité conservatrice au Congrès.
« Gerrymandering »
« Donald Trump a déclaré qu’il avait “droit” à cinq sièges supplémentaires au Congrès au Texas. C’est lui qui a déclenché cette guerre sur le redécoupage électoral », a rappelé sur X M. Newsom, à qui la presse américaine prête des ambitions présidentielles. Malgré la contestation de la carte californienne en justice, le président américain « a perdu, et il perdra à nouveau en novembre », a-t-il ajouté.
Contacté par l’Agence France-Presse, le Parti républicain de Californie n’a pas immédiatement réagi.
Le redécoupage électoral intervient habituellement tous les dix ans aux Etats-Unis, après le recensement. Mais depuis le retour de Donald Trump au pouvoir, les deux partis se sont lancés dans un charcutage électoral qui vire à la guerre administrative. Outre le Texas et la Californie, plusieurs Etats républicains et démocrates sont en train de redessiner leurs circonscriptions électorales. Cette pratique, connue sous le nom de « gerrymandering », est légale aux Etats-Unis. Mais elle ne doit pas se faire sur des bases raciales.
Au Texas comme en Californie, les nouvelles cartes ont été accusées de surpondérer le vote des minorités ethniques dans certaines circonscriptions, théoriquement plus favorables à la gauche, ou de le diluer en les rattachant à des endroits plus conservateurs. La carte du Texas a été validée en décembre par la Cour suprême, qui a rejeté ces arguments. A la suite de cette décision, l’approbation de celle de la Californie était largement attendue.
Devant la rédaction du « Washington Post », à Washington, le 4 février 2026. PABLO MARTINEZ MONSIVAIS/AP
Un jour de deuil et de colère, prévisible et redouté. Ainsi a été vécu ce mercredi 4 février au sein de la rédaction du Washington Post, déjà traumatisée par une crise interne, éditoriale et économique, depuis plusieurs années. Dans la matinée, au cours d’une réunion en ligne, le directeur exécutif, Matt Murray, a annoncé un plan de licenciements massif, touchant tous les services. L’entreprise, qui appartient à Jeff Bezos, le patron du groupe Amazon, va se séparer d’environ un tiers de ses employés, et notamment de 300 journalistes sur un total de 800. Ces mesures drastiques sont censées répondre aux pertes financières qui s’accumulent depuis 2023.
Selon le syndicat Washington Post Guild, les effectifs avaient déjà été réduits de 400 membres au cours des trois dernières années. « On ne peut pas vider une rédaction de sa substance sans conséquences sur sa crédibilité, son influence et son avenir », a dénoncé l’organisation. Cette fois, ce sont des pans entiers du journal qui seront décimés : l’information locale, les sports, le service livres et la couverture internationale, avec la fermeture de postes pourtant emblématiques, comme à Jérusalem ou à Kiev. « Renvoyée du Washington Post, en compagnie de toute la brochette des correspondants au Moyen-Orient et nos éditeurs, confirmait sur X la correspondante au Caire, Claire Parker. Difficile de comprendre la logique. » Un euphémisme.
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Le premier but de l’Olympique lyonnais, signé Endrick, contre Laval, en huitièmes de finale de la Coupe de France, au Groupama Stadium, dans la métropole de Lyon, le 4 février 2026. OLIVIER CHASSIGNOLE / AFP
Les clubs de Ligue 1 ont fait respecter la hiérarchie, mercredi 4 février, lors des huitièmes de finale de la Coupe de France. Aucun n’est tombé dans le piège d’une compétition parfois capricieuse, même si les prétendants Lyon et Lens ont dû batailler pour obtenir leur billet pour les quarts.
Deux buts inscrits par le Brésilien Endrick et par le gardien Maxime Hautbois contre son camp ont permis à l’Olympique lyonnais (OL) de se qualifier face à Laval (2-0), avant-dernier de Ligue 2. Mais l’OL, qui remporte ainsi son onzième succès de suite toutes compétitions confondues, doit aussi sa qualification au grand match de son propre gardien, Rémy Descamps ; celui-ci a réalisé plusieurs parades qui ont sauvé son équipe d’une grosse désillusion quand le score était encore de 0-0 et, ensuite, pour préserver la courte avance obtenue par Endrick. Prêté au début de janvier jusqu’à la fin de la saison par le Real Madrid, l’ancien attaquant de Palmeiras a donné l’avantage à l’OL d’un tir du gauche dans la lucarne, après un très gros travail du Tchèque Pavel Sulc. C’est son cinquième but depuis son arrivée chez les Rhodaniens, mais le premier à domicile, au Groupama Stadium.
Jusqu’alors, Lyon, malgré une nette domination rendue stérile par un jeu trop lent, s’était montré bien en peine de déborder une formation lavalloise très bien organisée et regroupée en défense. Seul Khalis Merah avait su être dangereux avec un tir heurtant le poteau (33e). A l’inverse, c’est Laval qui a été le plus menaçant et Descamps, choisi pour jouer en Coupe de France à la place du Slovaque Dominik Greif, habituel titulaire, a sauvé l’OL à plusieurs reprises, notamment en fin de match, dans le temps additionnel, en s’interposant sur une tentative de Titouan Thomas, puis au prix d’un bon réflexe devant Malik Tchokounté. Dans la foulée, après un contre mené par Sulc et Endrick mal négocié dans la finition, le ballon a échoué au Portugais Afonso Moreira dont le tir en force a été détourné dans sa cage par Hautbois pour porter le score à 2-0 (90e + 4).
« Nous avons gagné mais c’était très difficile pour nous de trouver des espaces, notamment durant la première période, contre un adversaire qui a très bien défendu mais qui a aussi été dangereux offensivement », a convenu l’entraîneur de l’OL, Paulo Fonseca, reconnaissant que ses joueurs « avaient besoin de récupérer physiquement ».
Lens à la recherche de sa première Coupe de France
De son côté, avec une équipe remaniée, le Racing Club de Lens s’est imposé à Troyes (4-2) après une première période de rodage. Dans l’Aube, Pierre Sage, d’ordinaire conservateur dans le choix de son onze de départ, a effectué une rotation importante, soucieux sans doute de ménager ses cadres dans l’optique de ne pas baisser de régime en Ligue 1.
Ces changements ont nécessité un moment d’adaptation, le temps de la première période où les joueurs de l’Artois ont manqué de rythme et de précision. Mais ils ont réussi à ouvrir le score par Florian Sotoca (41e), parfaitement servi par Matthieu Udol. Dans la foulée, l’Estac a failli craquer, avant d’égaliser grâce à une frappe de Martin Adeline à la trajectoire rendue imprévisible par une déviation de Kyllian Antonio (1-1, 45e + 4).
Leaders de Ligue 2, les Troyens, en plein renouveau après avoir failli jouer en National il y a deux ans, ont un temps fait vaciller la locomotive lensoise. Mais cette dernière s’est mise en route en deuxième période pour de bon. Un nouveau centre d’Udol a permis à Abdallah Sima de redonner l’avantage au Racing (2-1, 50e) face à une tribune entièrement lensoise.
Comme après le premier but, Troyes a subi les attaques et a cette fois craqué, Andrija Bulatovic marquant à son tour (3-1, 52e), bien servi par Sotoca. Puis Sima a inscrit un doublé (4-1, 58e), validant les choix de Pierre Sage. Troyes a eu beau réduire l’écart par Renaud Ripart (2-4, 63e), à l’affût après une première intervention de Risser, puis se procurer d’autres occasions, le score ne devait plus évoluer.
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Deuxièmes de Ligue 1, les Sang et Or poursuivent leur route dans cette compétition qu’ils ambitionnent de remporter pour la première fois de leur histoire, bien conscients de l’ouverture donnée par l’élimination précoce du Paris Saint-Germain. Mais les candidats à la victoire finale sont encore nombreux et bien armés : Lyon, Marseille, voire Monaco ou Strasbourg – ces deux dernières équipes s’affrontent en Alsace, jeudi.
Le Paris FC n’ira pas plus loin
Tombeur du PSG au tour précédent, le Paris FC (PFC) s’est, lui, fait éliminer à Lorient (2-0), mercredi soir. La toute fraîche recrue italienne des Parisiens, Ciro Immobile, a effectué sa première entrée en jeu pour la dernière demi-heure de jeu, mais il n’a pas marqué, malgré une belle occasion.
L’OGC Nice a pour sa part connu une belle éclaircie dans sa saison en chemin de croix en s’imposant dans les dernières secondes contre Montpellier (3-2), qui menait pourtant 2-0. La défense de Ligue 2 des Héraultais a craqué en fin de match, battue une ultime fois par Sofiane Diop (90e + 8). Toulouse, vainqueur du trophée en 2023, a difficilement battu Amiens (1-0).
Il ne reste plus qu’une équipe de Ligue 2 en quarts de finale, Reims, qui s’était, comme Marseille, qualifié mardi en battant Le Mans (3-0).
Le tirage au sort des quarts de finale aura lieu avant le coup d’envoi de Strasbourg-Monaco, jeudi soir.