La répression de la dernière vague de contestation en Iran a été sans commune mesure avec les précédentes, tant par son ampleur que par les moyens déployés, mais aussi parce que les dirigeants iraniens l’assument de plus en plus ouvertement. Dans un premier temps, le régime a nié toute responsabilité dans la mort de simples manifestants, présentant les morts comme des « émeutiers » ou des « terroristes » qui auraient tué des citoyens innocents et des membres des forces de l’ordre. La reconnaissance du rôle des forces gouvernementales n’est intervenue que plus tard : le 3 février, Esmaïl Kowsari, ancien commandant des gardiens de la révolution (l’armée idéologique du régime) et député, a confirmé l’usage d’armes par le régime contre les manifestants.
Il a affirmé que, durant les manifestations, certains avaient tenté d’accéder à des « centres de police, des bases des bassidji [la milice religieuse] et d’autres sites sensibles ». Selon lui, les forces de sécurité n’étaient pas armées avant jeudi 8 janvier, la nuit où la contestation, déclenchée le 28 décembre 2025, a pris de l’ampleur après l’appel à manifester du fils du dernier chah d’Iran, Reza Pahlavi. « A ce moment-là, le Conseil suprême de sécurité nationale [chargé des décisions sécuritaires] a décidé que les forces de la police, des bassidji et des gardiens de la révolution interviendraient armées afin de neutraliser la situation », a déclaré Esmaïl Kowsari, cité par le site d’information Rouydad24.
Le Monde a pu vérifier des vidéos attestant l’usage d’armes de guerre par les forces du régime contre les manifestants.
Les forces de l’ordre iraniennes emploient des armes de guerre
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Il ne reste plus grand-chose du mausolée sur le quai du tramway. Plus de fleurs ni de bougies pour honorer la mémoire d’Iryna Zarutska, Ukrainienne de 23 ans ayant fui la mort dans son pays pour finalement la rencontrer ici, à Charlotte, dans le sud-est des Etats-Unis.
Ce début du mois de janvier, seule une banderole est encore accrochée à une barrière de la station East/West Boulevard, à l’orée de la forêt de tours de cette ville de 900 000 habitants : « Partie, mais jamais oubliée. » La jeune femme, à la lumineuse blondeur, y est représentée avec des ailes d’ange. L’hommage est l’œuvre d’un club d’autodéfense convaincu de l’existence d’une « guerre raciale » dans le pays.
Le soir du 22 août 2025, Iryna Zarutska était en tenue de travail, casquette et tee-shirtsiglés au nom de la pizzeria qui l’employait, au moment de grimper dans la Lynx Blue Line. Elle empruntait tous les jours cette ligne de tramway pour traverser la ville.
Dans son esprit, ce job de serveuse était une simple étape sur le chemin de sa véritable ambition, devenir assistante vétérinaire. La réfugiée se sentait bien en Caroline du Nord, cet Etat paisible, réputé pour ses universités et la douceur de son climat, où sa tante l’avait accueillie, avec sa mère, son frère et sa sœur, à l’été 2022. Kiev et sa pluie de drones russes leur semblaient loin.
Expertise psychologique
Ce soir-là, la jeune femme a le nez plongé dans son smartphone lorsque l’homme assis derrière elle se lève soudainement et la poignarde au cou. Trois coups vifs, assénés sans un bruit. Surprise, elle se retourne vers son agresseur : il est aussi imposant qu’elle est menue, aussi brun et noir qu’elle est blonde et blanche.
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La Première ministre japonaise et présidente du Parti libéral démocrate (PLD) au pouvoir, Sanae Takaichi, salue la foule lors d’un meeting électoral avant les élections anticipées du 8 février, à Tokyo, le 7 février 2026. KIM KYUNG-HOON / REUTERS
Elue grâce à un accord de coalition fragile, rendu nécessaire par plusieurs défaites du Parti libéral-démocrate (PLD), la première ministre japonaise, Sanae Takaichi, avait fait le pari de dissoudre la Chambre basse le 23 janvier. Forte du soutien de près de 70 % des électeurs – notamment chez les jeunes et les femmes, fans de son style, son stylo rose et son sac de cuir noir Hamano –, habile à devancer les autres partis sur les sujets importants et à éluder des questions piégeuses, la dirigeante est sur le point de permettre à sa formation de retrouver la majorité absolue, perdue lors des législatives de 2024 et des sénatoriales de 2025. A l’inverse, inaudible et divisée, l’opposition est menacée de déroute.
Le PLD pourrait obtenir 261 sièges, contre 198 dans l’Assemblée sortante et bien plus que la majorité simple de 233 sièges, selon un sondage réalisé du 3 au 5 février par le quotidien Nihon Keizai. Bien qu’annoncé en recul, son partenaire de coalition, Ishin, le Parti japonais de l’innovation (PIJ), pourrait assurer au couple PLD-PIJ la majorité des deux tiers.
Peu avant l’échéance, Mme Takaichi a pu bénéficier du soutien du président américain, Donald Trump. « La première ministre Takaichi mérite une reconnaissance particulière pour le travail qu’elle et sa coalition accomplissent », a écrit sur les réseaux sociaux, le 5 février, le président américain qui a invité Mme Takaichi à Washington le 19 mars.
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Jack Lang à l’Institut du monde arabe, à Paris, le 30 mars 2017. FRÉDÉRIC PITCHAL/GAMMA-RAPHO
Pressé de démissionner de toute part après les révélations de ses liens avec Jeffrey Epstein, Jack Lang a annoncé, samedi 7 février, qu’il « propos[ait] » sa démission de la présidence de l’Institut du monde arabe (IMA) au ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, dans une lettre adressée à ce dernier.
Jean-Noël Barrot a déclaré, au Monde, samedi soir « prendre acte » de cette décision, et lancé la procédure pour désigner son successeur à la tête de l’IMA. « Un conseil d’administration sera convoqué sous sept jours pour désigner un président ou une présidente par intérim », a-t-il précisé. De son côté, l’Elysée « prend acte de la démission » de l’ancien ministre de la culture à la présidence de l’Institut.
« Le climat actuel, mêlant attaques personnelles, soupçons et amalgames, par ailleurs tous infondés, est délétère. Il me révolte et me répugne. Il ne peut que nuire à cette magnifique institution », déplore Jack Lang dans sa lettre adressée à M. Barrot. « Afin de préserver l’Institut du monde arabe » et de « pouvoir sereinement récuser toutes les accusations qui [l]’assaillent », l’ancien ministre socialiste propose ainsi de remettre sa « démission lors d’un prochain conseil d’administration extraordinaire, qui pourra également choisir [son] successeur afin d’éviter toute rupture de continuité ».
Les appels à sa démission se sont multipliés ces derniers jours depuis que les liens entre Jack Lang et Jeffrey Epstein ont été mis au jour avec la publication de millions de documents, le 30 janvier, par la justice américaine. Si aucune charge ne pèse à ce stade contre l’ancien ministre, la mention de son nom à 673 reprises dans des échanges avec Jeffrey Epstein et ses liens d’intérêt avec le financier américain ont poussé de nombreux membres de la classe politique à exiger son départ de l’IMA.
Caroline Lang a démissionné de la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma
Vendredi soir, le Parquet national financier, institution chargée de lutter contre la fraude fiscale, a annoncé à l’AFP avoir ouvert une enquête préliminaire concernant « les faits révélés par Mediapart relatifs à Caroline et Jack Lang » et leurs liens financiers supposés avec Epstein.
Sur la base de ces nouveaux « Epstein files », le média a fait état de liens financiers et d’intérêts économiques communs entre la famille Lang et le financier, condamné en 2008 pour avoir recouru à des services de prostituées mineures et qui était de nouveau inculpé en août 2019 lorsqu’il est mort en prison.
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Lundi, Caroline Lang a démissionné de la tête d’un syndicat de producteurs de cinéma à la suite des révélations sur une société offshore qu’elle a fondée en 2016 avec l’homme d’affaires américain. M. Lang a, quant à lui, reconnu avoir personnellement sollicité le financier pour obtenir le versement de 57 897 dollars à une association pour un film sur les « années Lang-Mitterrand ».
D’après les échanges exhumés, les deux hommes ont notamment négocié en 2015 la vente entre eux d’un riad à Marrakech. Leur correspondance s’est ensuite poursuivie pendant plusieurs années. « Cher Jeffrey, (…) votre générosité est infinie » aurait écrit M. Lang en 2017. « Puis-je encore abuser ? », avait-il encore demandé, avant de solliciter le milliardaire pour qu’il le transporte en voiture à une fête organisée hors de Paris.
Au premier plan, le premier ministre, Sébastien Lecornu, à l’Assemblée nationale, le 4 février 2026. STEPHANE DE SAKUTIN/AFP
Sébastien Lecornu a tiré le bilan de ses cinq mois à Matignon, rappelant qu’« il y a trois mois, tout le monde s’attendait à ce que le gouvernement tombe », et est revenu sur les discussions budgétaires au Parlement, dans un entretien accordé à la presse quotidienne régionale publié samedi 7 février. « Il existe bien une majorité pour voter des textes de compromis. Le vote du budget de la Sécurité sociale l’a montré », a-t-il notamment relevé.
Il a aussi fait part de ses critiques envers une « majorité de droite [au Sénat qui] aurait pu faire preuve de davantage de sens collectif » et au Palais-Bourbon d’une opposition de La France insoumise et du Rassemblement national qui, selon lui, « ont choisi de s’opposer ensemble au fonctionnement même du Parlement, et donc [aux] institutions ».
Quant à l’usage du 49.3 de la Constitution pour faire adopter le budget sans vote sur celui-ci, Sébastien Lecornu déclare l’avoir « fait à regret (…). Mais [il a] considéré qu’un entêtement personnel aurait privé la France d’un budget. Ce choix n’était pas confortable, mais il était devenu indispensable ». Puis il a exposé sa feuille de route sur différents sujets.
Une feuille de route énergétique dans les prochains jours
« En fin de semaine prochaine », le décret de publication de la très attendue feuille de route énergétique de la France sur dix ans sera signé, a assuré Sébastien Lecornu. L’énergie « est probablement un des dossiers les plus urgents » à traiter, ajoute le chef du gouvernement. Il justifie la prise d’un décret « en raison de l’urgence » et parce qu’il estime que « les débats ont largement eu lieu ».
Attendue depuis deux ans et demi, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), feuille de route énergétique de la France jusqu’en 2035, avait été retardée en raison de divisions politiques sur le partage entre nucléaire et énergies renouvelables.
Cette PPE s’achemine vers un ralentissement de l’éolien terrestre et du solaire parce que l’électrification de l’économie − un des leviers pour réduire les énergies fossiles − avance moins vite que prévu, selon le gouvernement. M. Lecornu confirme que six réacteurs nucléaires EPR « seront inscrits dans la PPE et huit supplémentaires en option », conformément aux promesses d’Emmanuel Macron en 2022 à Belfort.
Le gouvernement investira aussi « dans l’éolien en mer, le photovoltaïque, la géothermie » et l’éolien terrestre. Mais ce dernier type d’énergie « est parfois source de conflit localement, la priorité sera donc donnée à la remotorisation des parcs existants avec des turbines plus puissantes pour éviter le mitage des paysages », précise M. Lecornu. Quant au prix de l’électricité, « il n’augmentera pas en France », promet-il, grâce à une « stratégie ambitieuse d’offre ».
Le premier ministre prévoit de remanier son gouvernement « avant la période de réserve » liée aux élections municipales, soit le 22 février. « Ce sera un ajustement, les Français − et les administrations − veulent surtout de la stabilité. » La ministre de la culture, Rachida Dati, candidate aux municipales à Paris, a notamment fait savoir qu’elle quitterait le gouvernement.
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Deux autres membres du gouvernement sont candidats en tête de liste : Marina Ferrari, ministre des sports, à Aix-les-Bains et Michel Fournier, ministre délégué chargé de la ruralité, aux Voivres, dans les Vosges. Pour rappel, le premier ministre est candidat à Vernon, dans l’Eure, comme en 2014 et 2020, en troisième position sur la liste de la municipalité sortante.
Interrogé par ailleurs sur le cas de Gérald Darmanin, qui nourrit des ambitions présidentielles, M. Lecornu a répondu : « La règle n’a pas changé. Les ministres doivent s’occuper de leurs ministères et des affaires de l’Etat, non pas d’affaires partisanes. C’est ce que fait Gérald Darmanin. » Interrogé sur son avenir, Sébastien Lecornu redit qu’il ne sera pas candidat en 2027.
Défendant l’aide médicale d’Etat, « un dispositif absolument indispensable d’un point de vue sanitaire », il en souhaite toutefois la réforme et annonce la signature de deux décrets paraissant au Journal officiel, dimanche 8 février : « le premier décret renforce la lutte contre la fraude, avec des perspectives d’économies de 180 millions d’euros. Le deuxième modernise enfin les systèmes informatiques de l’Etat afin que tous les fonctionnaires en charge du dossier puissent y avoir accès », avant d’envisager une modification du panier de soin du dispositif, « mais à ce stade, les choses ne sont pas prêtes ».
Le chef du gouvernement assure que « repartant de la liste des 24 pays principaux en matière de flux migratoires, [ils sont] en train de définir une stratégie sur mesure, pays par pays, qui concerne les visas, les reconduites à la frontière et les laissez-passer consulaires ». Aussi une demande a-t-elle été adressée aux ministres de l’intérieur, Laurent Nuñez, et de la fonction publique, David Amiel, de développer une application d’intelligence artificielle visant à faciliter le traitement des agents pour les demandes de visas. « Cinq préfectures sont pilotes en 2026, notamment en Ile-de-France et dans les Hauts-de-France. Une généralisation est prévue pour 2027. »
Enfin sur l’Algérie, dont les relations avec la France sont fortement dégradées, « plusieurs initiatives » seront prises par le président de la République, Emmanuel Macron, « dans les prochaines semaines », a assuré Sébastien Lecornu.
Sur le plan militaire, le premier ministre assure que la mise à jour (actualisation) de la loi de programmation militaire (LPM) « arrivera à l’Assemblée nationale dès avril pour être adoptée avant le discours aux armées du président de la République, le 13 juillet ». Le projet de budget 2026 prévoit 57,2 milliards d’euros pour les armées (+ 13 %), dont 3,5 milliards de « surmarche » budgétaire qui n’étaient pas prévus par la LPM actuelle. Le président avait souhaité une autre « surmarche » de 3 milliards d’euros pour 2027.
Plusieurs textes sur la décentralisation
Le projet de décentralisation, qui devait faire l’objet d’un seul texte en décembre 2025, sera en fait décliné en « plusieurs textes », pour lesquels « la concertation n’est pas terminée ». Le premier portera sur « la vie des collectivités locales, avec une cinquantaine de mesures de simplification et de clarification » et sera présenté « avant les municipales ».
Le deuxième se penchera sur « la réforme de l’Etat, la décentralisation et la clarification d’un certain nombre de compétences », et un troisième texte « spécifique, sur la simplification du millefeuille de la métropole du Grand Paris », sera présenté « après consultation » avec les différents acteurs.
Le chef du Parti du peuple et candidat au poste de premier ministre, Natthaphong Ruengpanyawut, lors d’un meeting électoral, à Bangkok, le 6 février 2026. LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP
En vestes ou costumes noirs, lunettes sombres sur le nez, leurs silhouettes de justiciers de bande dessinée suspendues à la façade du gymnase semblent annoncer le casting d’une série policière à succès. Ce sont en réalité les quelque dix célébrités du Parti du peuple (Phak Prachachon, en thaï), formation renaissant sans cesse de ses cendres et grande favorite des élections législatives de dimanche 8 février en Thaïlande.
Vendredi, son dernier meeting de campagne se tient dans le quartier populaire de Din Daeng, dans le nord de Bangkok, au pied d’immeubles promis à la démolition – là où des groupes de jeunes ont affronté la police pendant des mois après les manifestations historiques de 2020.
Dans la foule en orange, la couleur du parti, des jeunes et des moins jeunes, venus parfois en famille, achètent des éventails à l’effigie de leurs tribuns favoris, connus sous leurs surnoms : « Teng », le candidat au poste de premier ministre, « Pita », l’ancien chef du parti, ou « Ice », la jeune députée au franc-parler Rukchanok Srinork. Là où les autres formations n’alignent qu’une ou deux figures issues du sérail, souvent sans charisme, les candidats – ou anciens candidats – du Parti du peuple sont les nouveaux héros de nombreux Thaïlandais en raison de leur pugnacité au Parlement et de leurs promesses de changement. Leurs adversaires conservateurs en font de dangereux « républicains », un qualificatif infamant aux yeux des partisans de l’ordre centré sur l’armée et le palais.
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Les Lensois Allan Saint-Maximin et Florian Thauvin durant leur succès contre Rennes, samedi 7 février au stade Bollaert de Lens. FRANCOIS LO PRESTI / AFP
A la veille du choc entre le Paris Saint-Germain (PSG) et l’Olympique de Marseille (OM), le RC Lens s’est imposé 3-1 contre le Stade Rennais au stade Bollaert, samedi 7 février, pour le compte de la 21e journée de championnat. Grâce à ce succès, les joueurs de Pierre Sage prennent la tête provisoirement de la Ligue 1, en attendant le Classique dimanche soir. Ils devancent désormais les Parisiens d’un point. En soirée, l’Olympique lyonnais a également fait une bonne opération en s’imposant 1-0 à Nantes, ce qui lui permet de monter sur le podium, devant l’OM.
Face à des Rennais fragilisés par une série de trois défaites consécutives, les Lensois se sont d’abord fait surprendre en début de match en concédant l’ouverture du score par Esteban Lepaul (0-1, 8e). Mais les coéquipiers de Florian Thauvin ont mis la main sur le match au fil des minutes et sont parvenus à égaliser avant la mi-temps grâce à leur attaquant Odsonne Edouard, auteur de son 8e but en championnat cette saison (1-1, 41e).
Au retour des vestiaires, le RC Lens, plus sûr de son jeu que son adversaire, a pris l’ascendant grâce à un but de la tête de Ruben Aguilar sur une offrande de Thauvin (2-1, 54e).
Lens finit à dix
Mais quelques minutes après, le buteur lensois a reçu son second carton jaune du match, synonyme d’exclusion, pour une semelle sur Mousa Al-Tamari. Malgré cette infériorité numérique, les Sang et Or n’ont pas concédé d’occasions face à des Rennais trop imprécis et sans imagination, et sont même parvenus à creuser l’écart grâce à leur recrue Allan Saint-Maximim. Entré en jeu à la 61e minute, l’ailier a été trouvé rapidement par le gardien Robin Risser d’un long dégagement, puis a virevolté devant deux défenseurs rennais avant de tromper Mathys Silistrie d’une frappe à l’entrée de la surface (3-1, 79e).
Après ce dixième succès lensois d’affilée à domicile en championnat (en 11 matchs) , la pression est désormais sur le club parisien qui affronte Marseille dimanche soir. Mais l’entraîneur du Racing, Pierre Sage, se refuse toujours à croire à une véritable lutte contre le champion d’Europe, aux moyens financiers et à l’effectif beaucoup plus importants, préférant viser dans un premier temps une qualification pour une compétition européenne.
« On s’affranchit complètement de cette chose-là, a-t-il affirmé. On avait un “checkpoint” à 52 points. À partir du moment où on aura atteint cet objectif-là [les Lensois comptent 49 points], on pourra commencer à dessiner d’autres ambitions. Mais dans tous les cas, on est en avance sur un rythme de croisière, sur ce qui a pu se produire par le passé. »
Pour Rennes, 6e, la Coupe d’Europe reste un objectif fragile. Le club breton, sous haute tension avant la rencontre, encaisse un quatrième revers de suite qui fragilise un peu plus son entraîneur, Habib Beye.
Au contraire, Paolo Fonseca, coach de l’OL, n’a jamais paru aussi serein même si son équipe a parfois souffert, samedi soir à la Beaujoire, face à des Nantais malchanceux qui ont frappé à trois reprises sur les montants. Endrick, la star brésilienne prêtée par le Real Madrid à Lyon, a reçu un carton rouge direct à l’heure de jeu pour un coup de pied volontaire sur l’arrière de la cheville de Dehmaine Tabibou, sorti sur blessure après ce geste.
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Jusque-là, l’OL avait plutôt dominé le match, faisant valoir une technique supérieure et un plan de jeu mieux maîtrisé, mais avec un manque de tranchant dans les vingt derniers mètres. Le club rhodanien a finalement trouvé la faille sur une action presque anodine, Pavel Sulc ayant le bon réflexe de tendre le pied pour dévier un centre-tir à ras de terre de Moreira hors de portée du gardien nantais – et ancien Lyonnais – Anthony Lopes (0-1, 25e).
Avec cette 12e victoire de rang, toutes compétitions confondues – la sixième d’affilée en championnat –, l’OL prend trois longueurs d’avance sur l’OM qui a une bien meilleure différence de buts. Les Marseillais ont l’obligation de l’emporter au parc des Princes, dimanche, s’ils veulent remonter sur le podium.
De son côté, le FC Nantes s’englue à la 16e place de Ligue 1, celle de barragiste, avec ce quatrième revers d’affilée.
Dans le troisième match de la journée samedi, Brest (12e), à domicile, a mis fin aux trois mois d’invincibilité de Lorient (9e) en s’imposant 2-0 grâce à Rémy Labeau Lascary (50e) et Ludovic Ajorque (77e), La veille, Lille (5e) a dû se contenter du match nul chez la lanterne rouge Metz (0-0).
La patineuse italienne Francesca Lollobrigida, lors de l’épreuve du 3 000 m femmes, le 7 février 2026, à Milan (Italie). YVES HERMAN / REUTERS
Le premier champion olympique des Jeux olympiques (JO) de Milan-Cortina 2026 se nomme Franjo von Allmen. Sacré sur la descente masculine, samedi 7 février, le skieur suisse de 24 ans, originaire de la vallée du Simmental, a confirmé son talent dans l’une des épreuves reines du ski alpin, quasiment un an jour pour jour après avoir acquis la médaille d’or de la discipline aux championnats du monde à Saalbach-Hinterglemm (Autriche), le 9 février 2025.
Celui qui a l’habitude de se motiver en écoutant des morceaux de hard techno – un genre de musique électronique – a livré une descente supersonique en devançant deux Italiens, évoluant devant leur public, Giovanni Franzoni (2ᵉ) et Dominik Paris (3ᵉ). Côté bleu, aucun des quatre Français engagés n’a créé de surprise : Maxence Muzaton a chuté avant la dernière porte, Nils Allègre s’est classé 8ᵉ devant Nils Alphand (22ᵉ) et Alban Elezi Cannaferina (27ᵉ).
Les larmes de joie de Violette Braun
Seizième du 3000 m en patinage de vitesse, la Française Violette Braun n’a pas décroché de médaille, mais des larmes de joie ont bien coulé sur son visage à l’issue de l’épreuve. « Je suis vraiment hypercontente de ce que j’ai fait, la performance est très belle », se félicitait la Strasbourgeoise de 19 ans, au micro de France Télévisions, elle qui n’a commencé le patinage de vitesse qu’en octobre 2024.
« Il y a des choses à améliorer, ce n’est jamais parfait, mais pour un début en compétition olympique, je suis très contente. Je pense que j’ai de belles années devant moi », poursuivait-elle, après être devenue la première Française depuis trente-huit ans à être alignée en patinage de vitesse aux JO d’hiver. Stéphanie Dumont et Marie-France van Helden avaient été les dernières à concourir dans cette discipline pour la France, lors des Jeux de Calgary (Canada) en 1988.
Violette Braun après l’épreuve de patinage de vitesse du 3000 m femmes sur l’anneau de glace de Milan, le 7 février 2026. YVES HERMAN / REUTERS
L’émotion de Violette Braun à l’issue de sa course était également décuplée en raison d’un important problème de santé, survenu le 14 janvier, qui aurait pu la priver de sa première participation aux JO. Victime d’une hémorragie interne, consécutive à un kyste ovarien, l’ancienne championne de roller avait pu revenir à temps, pour disputer cette épreuve à Milan.
Francesca Lollobrigida offre son premier sacre à l’Italie
Un autre moment d’histoire s’est écrit sur l’anneau de glace milanais, quand l’Italienne Francesca Lollobrigida s’est emparée du record olympique du 3 000 m (3 min 54 s 28), dépassant de deux secondes la précédente référence de la discipline. La patineuse, qui s’était parée de bronze lors de la poursuite par équipes aux Jeux de Pékin 2022, a décroché la première médaille d’or du pays hôte. Le tout, le jour de ses 35 ans.
La journée a également été marquée par un doublé suédois en ski de fond : Frida Karlsson (1ᵉʳᵉ) et Ebba Andersson (2ᵉ) ont terminé aux deux premières places lors du skiathlon – consistant à parcourir 10 kilomètres en style classique, puis 10 kilomètres en style libre. Française la mieux classée de la course, Léonie Perry a fini 16ᵉ, devant ses compatriotes Julie Pierrel (21ᵉ), Cloé Pagnier (27ᵉ) et Delphine Claudel (31ᵉ).
Le directeur général de l’Autorité syrienne des investissements Talal Al-Hilali (à gauche), le ministre de l’économie et de l’industrie syrien, Mohammad Nidal Al-Shaar (au centre), marchant aux côtés du ministre de l’investissement saoudien, Khaled Al-Faleh (deuxième à droite), à l’aéroport international de Damas, en Syrie, le 7 février 2026. HANDOUT / AFP
Riyad et Damas ont signé des nouveaux accords d’investissement pour relancer l’économie dévastée de la Syrie, samedi 7 février, incluant la création d’une compagnie aérienne commune et un projet de 1 milliard de dollars de développement des télécommunications.
Les nouvelles autorités syriennes s’emploient à attirer des investissements pour reconstruire le pays, après une guerre civile de plus de treize ans. Elles ont déjà signé une série d’accords avec des pays du Golfe, dont l’Arabie saoudite, devenue une alliée d’Ahmed Al-Charaa, le président de transition islamiste qui a renversé le dirigeant syrien Bachar al-Assad en décembre 2024.
Dans le détail, Talal Al-Hilali, chef de l’autorité syrienne d’investissement, a annoncé à Damas devant la presse, cinq accords entre les deux pays, dont l’un pour la création d’« une compagnie aérienne low-cost syro-saoudienne » baptisée « Nas Syria ». Il comprend aussi la construction d’un nouvel aéroport à Alep, ville située au nord de la Syrie, d’une capacité de 12 millions de passagers, ainsi que des travaux dans l’aéroport existant.
Un projet baptisé « SilkLink » vise à développer « les infrastructures de télécommunications et la connectivité numérique » en Syrie, a-t-il encore détaillé. Il est doté d’une enveloppe « d’environ 1 milliard de dollars », a précisé le ministre des télécommunications syrien, Abdulsalam Haykal. Un autre accord porte sur le dessalement de l’eau et la coopération au développement.
Le ministre de l’investissement saoudien, Khaled Al-Faleh, a en outre évoqué le lancement d’un fonds d’investissement pour « des projets majeurs en Syrie avec la participation du secteur privé » saoudien. L’enjeu est de « construire un partenariat stratégique », a-t-il résumé. Les projets concernent « des secteurs vitaux qui touchent la vie des gens et constituent des piliers essentiels pour la reconstruction de l’économie syrienne », a mis en avant M. Al-Hilali.
En juillet 2026, Riyad avait déjà signé des accords d’investissement et de partenariat avec la Syrie d’une valeur de 6,4 milliards de dollars. « Ce n’est qu’un début », a affirmé à l’Agence France-Presse (AFP) un responsable du ministère de l’investissement saoudien. Il est prévu « que les investissements s’étendent à tous les secteurs qui constituent une priorité urgente pour la vie des Syriens », a-t-il assuré.
L’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack, a salué ces accords, estimant sur X que « des partenariats stratégiques dans l’aviation, les infrastructures et les télécommunications contribueront de manière significative aux efforts de reconstruction de la Syrie ».
Un coût de reconstruction supérieur à 200 milliards de dollars en Syrie
L’analyste Benjamin Fève, spécialiste de l’économie syrienne, reste néanmoins prudent sur leur portée. « A court terme, je dirais que ces accords ont davantage d’importance en tant que signal politique qu’en tant que facteur de changement économique », note-t-il auprès de l’AFP, jugeant que les projets retenus « ne sont pas prioritaires et ne sont pas suffisants pour reconstruire le pays ».
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Les Etats-Unis ont définitivement levé en décembre les sanctions américaines sur la Syrie, un pays resté longtemps dans les sphères d’influence de l’Iran et de la Russie. La Syrie faisait l’objet de sanctions internationales depuis 1979, renforcées après la répression par le pouvoir de Bachar Al-Assad de manifestations prodémocratie en 2011, qui a débouché sur la guerre civile.
La loi « Cesar » − adoptée en 2019 lors du premier mandat de Donald Trump − imposait des sanctions américaines drastiques, dont la mise au ban de la Syrie du système bancaire international et des transactions financières en dollars. Le coût de la reconstruction de la Syrie pourrait dépasser 216 milliards de dollars, selon la Banque mondiale.
Lors d’une visite en Arabie saoudite à la fin d’octobre, M. Al-Charaa avait affirmé que son pays avait attiré 28 milliards de dollars d’investissements depuis la chute de Bachar Al-Assad. En avril, l’Arabie saoudite et le Qatar se sont engagés à régler la dette de la Syrie envers la Banque mondiale, qui s’élève à environ 15 millions de dollars.
Jordan Bardella, président du Rassemblement national, en déplacement de soutien au candidat aux élections municipales, le député RN de l’Aude Christophe Barthès, à Carcassonne, le 7 février 2026. LEWIS JOLY POUR « LE MONDE »
Jordan Bardella ne parle pas aux gens. Des milliers de personnes sont pourtant venues le voir, samedi 7 février, à Agde (Hérault) puis à Carcassonne. Des centaines ont obtenu un selfie avec le président du Rassemblement national (RN). Mais aucun partisan n’a échangé avec lui le moindre mot. Le trentenaire a lancé des « merci beaucoup » répondant aux cris l’invitant – pour certaines – à l’épouser ou – pour beaucoup – à se présenter à l’élection présidentielle.
Dans cette ambiance de ferveur, la tête d’affiche de l’extrême droite s’est lancée dans la campagne des élections municipales dont le premier tour aura lieu le 15 mars. Il ne fut par contre jamais vraiment question de programmes municipaux sous le frais soleil des cités balnéaire puis médiévale, passé l’invariable micro tendu de la presse à la sortie de sa voiture.
Le député européen visitait pourtant deux des communes ciblées par son parti. A Agde, le député RN de l’Hérault Aurélien Lopez-Liguori veut profiter du contexte délétère depuis 2024 et la chute du maire (Les Républicains), Gilles d’Ettore, soupçonné d’avoir couvert de cadeaux et d’avantages – sur fonds publics – une voyante ventriloque qui le manipulait en convoquant la voix de son père décédé.
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