Pierre Lévy, à Moscou, en 2024. ILYA PITALEV/SPUTNIK/SIPA
Ambassadeur de France à Moscou de 2020 à 2024, Pierre Lévy a suivi la montée des tensions qui a conduit, en février 2022, à l’« opération militaire spéciale » de Vladimir Poutine contre l’Ukraine. Dans Au cœur de la Russie en guerre (Tallandier, 2025), il fait le récit de ce « glissement vers l’abîme ». Rencontre avant son intervention, le samedi 21 février, à La Nuit de l’Europe, organisée par Sciences Po Strasbourg.
Le 24 février, date anniversaire de l’invasion russe en Ukraine et du début de la guerre, l’ONU devrait adopter une résolution. Simple formalité ou vote révélateur des nouvelles réalités géopolitiques ?
Ce vote à l’Assemblée générale des Nations unies servira de baromètre. Le 2 mars 2022, juste après l’invasion de l’Ukraine, 141 pays [sur 193]ont voté la résolution condamnant l’agression russe, appelant au respect de l’intégrité territoriale et des principes de la Charte de l’ONU. Cinq pays ont voté contre (Russie, Bélarus, Erythrée, Corée du Nord, Syrie) et 35 se sont abstenus, comme la Chine. Les choses étaient claires. Puis, en 2025, il y a eu deux résolutions : l’une posée par l’Ukraine et soutenue par les Européens ; l’autre, par les Etats-Unis de Donald Trump qui, de facto, se sont alliés à la Russie de Vladimir Poutine pour promouvoir leur idée commune d’une paix rapide, sans condamnation de l’agression russe, ni défense de l’intégrité territoriale de l’Ukraine.
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Gholamhossein Mohseni Ejei (à droite), chef du pouvoir judiciaire iranien, à Téhéran, le 1ᵉʳ janvier 2026. SOBHAN FARAJVAN/PACIFIC P/SIPA
Les réformateurs sont les nouvelles cibles du régime iranien. Lundi 9 février, l’ancien député Ali Shakouri-Rad et le porte-parole du Front des réformes, Javad Emam, ont été arrêtés par le service de renseignement des gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime. La veille, deux autres membres de ce même front, la secrétaire générale, Azar Mansouri, et le président du comité politique, Ebrahim Asgharzadeh, avaient été interpellés, tandis qu’étaient perquisitionnés les domiciles du vice-président, Mohsen Armin, et de la secrétaire, Badrolsadat Mofidi. Le Front des réformes chapeaute les partis et organisations réformistes.
Ces opérations sont intervenues après la publication d’un communiqué du front dénonçant la répression des manifestations de décembre 2025 et de janvier. Publié le 1er février, le texte proposait la création d’une « assemblée de salut » pour « sauver l’Iran ».
« Sur la base (…) des évaluations disponibles, on peut aujourd’hui affirmer clairement qu’une large partie des citoyens iraniens a perdu confiance en toutes les institutions et capacités qui étaient censées (…) les représenter et défendre leurs revendications ; et le Front des réformes ainsi que le courant réformiste ne font pas exception à cette profonde défiance », peut-on lire dans ce communiqué.
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Stéphane Hayot, directeur du Groupe Bernard Hayot (GBH), le 16 octobre 2024, à Paris. PHILIPPE LOPEZ/AFP ; LÉA GIRARDOT POUR « LE MONDE »
Est-il désormais trop gros, avec ses 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et ses 18 000 salariés dans le monde entier ? Trop puissant, avec ses quelque 300 filiales ? Premier employeur privé des outre-mer, le Groupe Bernard Hayot (GBH) essuie une tempête inédite.
Devenu le nom de la vie chère, le leader martiniquais de la grande distribution figure au cœur de l’avis de l’Autorité de la concurrence rendu public mardi 10 février. L’autorité estime que « le niveau de marges pratiquées par les grossistes-importateurs et des acteurs de la grande distribution intégrés actifs en Martinique » est frappé d’« opacité ». Dans l’alimentation, le différentiel du panier moyen des consommateurs ultramarins par rapport à ceux de l’Hexagone n’en finit pas de croître, atteignant 37 % à La Réunion, 40 % à la Martinique, et 42 % à la Guadeloupe.
« La perception répandue d’un manque de vigueur dans la lutte contre les oligopoles et l’augmentation continue des prix minent la confiance » des citoyens envers l’Etat, avaient alerté en 2024 deux experts, Pierre Egéa et Frédéric Monlouis-Félicité, dans leur rapport commandé par le président de la République sur l’avenir des outre-mer.
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Le directeur général de Kering, Luca de Meo, au siège du groupe, à Paris, le 22 janvier 2026. GONZALO FUENTES/REUTERS
Le changement de culture au sein de Kering est radical. Et cela s’est vérifié lors de la présentation des résultats annuels, mardi 10 février. Appelé par François-Henri Pinault à la rescousse pour redresser son groupe de luxe en perdition, Luca de Meo, directeur général depuis septembre 2025, dévoilera sa feuille de route le 16 avril, à Florence (Italie), devant un parterre d’analystes financiers. Mais, sans attendre cette date, l’ancien patron de Renault a déjà commencé à définir le positionnement de ses marques et à redessiner les contours du groupe.
Car ce que M. de Meo qualifie d’« engineering de tous les systèmes » s’impose. En 2025, les ventes de Kering ont dévissé de 13 % pour atteindre 14,7 milliards d’euros, contre plus de 20 milliards d’euros en 2022. Sa principale marque, Gucci, a vu son activité plonger de 22 %, à 6 milliards d’euros, tandis que le chiffre d’affaires d’Yves Saint Laurent a chuté de 8 %, à 2,6 milliards. Au cours de l’exercice, le résultat opérationnel a été amputé d’un tiers, atteignant 1,6 milliard d’euros contre 2,44 milliards en 2024. Le résultat net du groupe s’est quasiment écroulé de moitié, à 532 millions d’euros contre 1,2 milliard en 2024.
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Le ministre de l’éducation français, Edouard Geffray, s’exprime lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale à Paris, le 10 février 2026. BERTRAND GUAY/AFP
Interrogé à l’Assemblée nationale, mardi 10 février, sur les conclusions d’une enquête administrative qui a conclu à une « défaillance institutionnelle » après le suicide de Caroline Grandjean, en septembre 2025, le ministre de l’éducation nationale a annoncé qu’il « ferai[t] une proposition de réparation à sa veuve ».
« Il faut condamner les conséquences, d’abord en termes de responsabilité du ministère, et c’est pour ça que je ferai évidemment une proposition de réparation à Mme Paccoud-Grandjean », sa veuve, a fait savoir Edouard Geffray lors des questions au gouvernement. Sollicité par l’Agence France-Presse (AFP), le ministère a précisé que cette réponse pourrait prendre la forme d’une réparation financière. Des discussions devraient s’ouvrir prochainement entre l’avocat de la veuve et le ministère, selon la même source.
Caroline Grandjean, 42 ans, était la cible depuis septembre 2023 de harcèlement en raison de son homosexualité et s’est suicidée le 1er septembre 2025, un drame qui a suscité l’émoi dans le monde enseignant et au-delà. Des tags « sale gouine » et « gouine = pédophile » avaient notamment été découverts sur les murs de son école de Moussages, un village du Cantal de 200 habitants.
Une enquête avait été ouverte après ces inscriptions mais classée sans suite en mars 2025 « en l’absence de faits nouveaux », avait déclaré le parquet. En arrêt-maladie, l’enseignante s’était vue proposer un poste à quelques kilomètres de Moussages pour la rentrée scolaire, mais avait été alors incapable de reprendre son travail. L’épouse de Caroline Grandjean, Christine Grandjean-Paccoud, a depuis porté plainte contre l’éducation nationale pour « harcèlement ».
« Cette compensation financière, je la reçois comme “on va lui donner des sous à cette petite dame, et peut-être qu’elle va s’arrêter” », a réagi Mme Grandjean-Paccoud au micro de la radio Ici Pays d’Auvergne. « Moi, je le prends comme ça,a-t-elle ajouté. L’argent, c’est tellement rien à côté de ce que j’ai perdu. Ce n’est pas avec de l’argent qu’on va me faire taire. Je hurlerai jusqu’à ce que les responsables soient reconnus. »
« Des décisions administratives vécues comme des injustices »
Publiée le 6 février, l’enquête administrative diligentée après le suicide de Mme Grandjean conclut à une « défaillance institutionnelle dans le soutien » qui lui avait été apporté. « Ce constat repose en partie sur le sentiment éprouvé par l’enseignante que l’institution n’a pas toujours fait bloc avec elle face aux conflits avec certains parents », souligne le ministère. Il rapporte que l’enquête a noté « des décisions administratives vécues comme des injustices, par exemple s’agissant du refus d’attribuer une bonification de points liée à son handicap (RQTH) pour sa mobilité ».
Les conclusions du rapport, à la suite de cette enquête administrative, ont été transmises au mois de janvier au ministre de l’éducation, qui déclare que « les inspecteurs ont témoigné d’une succession de microdécisions, qu’il qualifierait, précise-t-il, d’aministrativo-bureaucratiques, et qui, en cumulé, constituent une défaillance institutionnelle ». « En termes de pratiques administratives, il faut profondément humaniser nos procédures de gestion administrative dans un ministère qui compte 1,8 million d’agents », a soulevé M. Geffray, mardi, devant l’Assemblée nationale.
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« Concrètement, il y a eu un traitement juridico-admistratif, voire bureaucratique, d’une situation dramatique », a encore affirmé Edouard Geffray. « Plus que dramatique puisqu’elle a mis fin à ses jours à la suite d’attaques lesbophobes dont elle était victime par des tiers qui n’ont pas encore été identifiés », a-t-il ajouté.
Le ministre a cependant souligné qu’« il n’y a pas eu, dans l’analyse [des inspecteurs] de volonté de nuire » ni de faute individuelle identifiée. « Ceux qui gèrent les autres, ce sont aussi des hommes et des femmes. Ils ne sont pas inhumains », a-t-il insisté, évoquant plutôt une mécanique administrative ayant failli.
Au moins 89 adolescents victimes de viols ou d’agressions sexuelles recensés dans neuf pays, la découverte dans des clés USB de « Mémoires » relatant cet impensable parcours criminel étalé sur plus de cinq décennies et sur les cinq continents, deux meurtres commis dans le cercle familial… C’est un dossier hors norme qu’a rendu public, mardi 10 février, le parquet de Grenoble lors d’une conférence de presse : celui d’un routard de la prédation sexuelle, aujourd’hui âgé de 79 ans, mis en examen et écroué depuis février 2024.
Ce qui a décidé le procureur de la République de Grenoble, Etienne Manteaux, à prendre la parole après deux ans d’investigations et à révéler l’identité du suspect – Jacques Leveugle, né en 1946 –, c’est la volonté du parquet de lancer un vaste appel à témoins afin d’identifier d’autres victimes avant de clôturer l’enquête, quand bien même certains faits, antérieurs à 1993, devraient être frappés par la prescription. A ce jour, près de la moitié des victimes recensées, une quarantaine, ont été identifiées et auditionnées par les services d’enquête.
Entre 1967 et 2022, le suspect, qui a reconnu les faits, est soupçonné d’avoir sexuellement abusé d’au moins 89 garçons âgés de 13 à 17 ans. Ces viols et ces agressions sexuelles auraient été commis sur tous les continents où Jacques Leveugle a exercé, sans aucun diplôme, comme enseignant, éducateur ou assistant scolaire : en Allemagne, en Suisse, au Maroc, au Niger, en Algérie, aux Philippines, en Inde, en Colombie et en France, en Nouvelle-Calédonie.
« Il intellectualise ses penchants »
A l’image de nombreux prédateurs sexuels, tel Dominique Pelicot avec les enregistrements vidéo des viols orchestrés sur son épouse, Gisèle, ou le chirurgien pédocriminel Joël Le Scouarnec et ses fameux « carnets », Jacques Leveugle gardait la trace de chacun de ses crimes. Il les a minutieusement consignés par écrit dans ses « Mémoires », comme il les appelle. Et c’est la découverte de ces « Mémoires » par son neveu qui a précipité sa chute.
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Le secrétaire au commerce américain, Howard Lutnick, au Capitole à Washington, le 10 février 2026. ELIZABETH FRANTZ/REUTERS
Le secrétaire américain au commerce, Howard Lutnick, s’est défendu, mardi 10 février, d’avoir été en contact prolongé avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, alors que son nom est apparu dans les dossiers de l’enquête, déclenchant des appels à sa démission. « J’ai à peine vu cette personne en l’espace de quatorze ans », a assuré M. Lutnick lors d’une audition au Sénat, faisant référence à une période débutant en 2005 quand il est devenu voisin du criminel sexuel à New York.
« J’ai déjeuné avec lui [sur l’île], alors que je passais des vacances en famille sur un bateau. Ma femme était avec moi, ainsi que mes quatre enfants et leurs nounous », a-t-il déclaré, affirmant que la visite avait duré une heure. Un autre document fait état d’un déjeuner entre les deux hommes à New York en 2011. « Comme tout le monde, j’ai cherché mon nom dans les millions de documents publiés et j’ai vu qu’un document faisait état d’une rencontre en mai (2011), je crois, pour une heure tout au plus », s’est défendu M. Lutnick, ajoutant que son nom apparaissait dans « une dizaine de mails » au maximum.
La Maison Blanche a manifesté mardi son soutien à l’égard du ministre, un porte-parole assurant que « l’ensemble du gouvernement, dont le secrétaire Lutnick, se concentre sur le fait de servir les intérêts du peuple américain ». Mardi encore, la porte-parole Karoline Leavitt a affirmé qu’Howard Lutnick « rest[ait] un membre très important de l’équipe du président Trump » et que « le président sout[enait] totalement le ministre ».
« Il doit démissionner immédiatement »
Plusieurs élus accusent le secrétaire au commerce d’avoir menti quand il a assuré précédemment avoir coupé les ponts il y a plus de vingt ans avec Jeffrey Epstein. Les appels à la démission du ministre se multiplient depuis la publication par le ministère de la justice d’une montagne de documents faisant état notamment d’une visite de M. Lutnick sur l’île de Jeffrey Epstein en décembre 2012.
« M. Lutnick ne devrait pas être en charge de notre département du commerce, il doit démissionner immédiatement », a affirmé lundi le sénateur démocrate Adam Schiff. L’élu républicain Thomas Massie a de son côté jugé dimanche que le secrétaire au commerce « devait faciliter la vie du président et simplement démissionner ».
Proche personnellement de Donald Trump, Howard Lutnick était à la tête de l’entreprise de services financiers Cantor Fitzgerald avant de rejoindre le gouvernement l’an dernier, après le retour du milliardaire républicain dans le Bureau ovale.
Des cheminées de la centrale à charbon Gavin Power Plant, à Cheshire (Ohio), le 11 septembre 2019. Cette centrale figure parmi les importantes sources d’émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis. STEPHANIE KEITH/GETTY IMAGES VIA AFP
Donald Trump va abroger, jeudi 12 février, un texte datant de Barack Obama et servant de fondement à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux Etats-Unis, a annoncé, mardi, sa porte-parole Karoline Leavitt.
« Il s’agira du plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine », a-t-elle affirmé lors d’un échange avec la presse à la Maison Blanche, assurant qu’il permettrait aux Américains de faire des économies.
Vivement dénoncé par des scientifiques et défenseurs de l’environnement, un tel revirement portera un coup majeur à l’action climatique des Etats-Unis, premier contributeur historique d’émissions réchauffant la planète.
« Trump conduit le pays vers une impasse faite de pétrole sale et d’air pollué », a fustigé Dan Becker, de l’ONG environnementale Center for biological diversity. « Cette mesure est illégale, fait fi des données scientifiques et nie la réalité », a condamné le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, virulent opposant de Donald Trump, dans un communiqué commun avec un autre gouverneur démocrate, Tony Evers du Wisconsin. « Nous continuerons à nous battre pour protéger les Américains de la pollution », ont promis les deux élus.
Recours en justice attendu
Cette abrogation sera à coup sûr contestée devant la justice et pourrait remonter jusqu’à la Cour suprême. « Nous les verrons au tribunal », promettait ainsi récemment Manish Bapna, président de l’organisation environnementale NRDC.
Si la Cour suprême, majoritairement conservatrice, s’est montrée ouverte ces dernières années à des revirements de jurisprudences, les plaignants relèveront que c’est l’une de ses propres décisions en 2007 qui est à l’origine du texte que Donald Trump souhaite abroger.
Appelé constat de mise en danger (« Endangerment finding »), le texte en question avait été adopté par l’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA) en 2009, sous la présidence de l’ancien président démocrate Barack Obama. Il stipule que six gaz à effet de serre sont dangereux pour la santé publique et tombent donc dans le périmètre des polluants réglementés par l’agence fédérale. Cela avait ainsi ouvert la voie à de nombreuses réglementations fédérales visant à limiter les rejets de ces gaz réchauffant l’atmosphère (CO2, méthane…), à commencer par les camions et les voitures, qui émettent du dioxyde de carbone en brûlant de l’essence.
Sa révocation mettrait donc fin aux limites imposées aux véhicules et permettrait à l’administration Trump de s’attaquer à une série d’autres réglementations, notamment concernant les centrales électriques.
Le rôle humain minimisé dans le dérèglement climatique
L’administration de Donald Trump, qui soutient vivement le pétrole et le charbon, cherchait depuis plusieurs mois à renverser cette décision et les réglementations qui en découlent, au grand dam de nombreux scientifiques qui dénoncent une décision contraire à la science et à l’intérêt public.
Le président des Etats-Unis, Donald Trump, le 9 février 2026 à Washington. ANNABELLE GORDON / REUTERS
« Les preuves scientifiques relatives au changement climatique causé par l’homme et à ses conséquences étaient sans équivoque en 2009 et, depuis lors, elles sont devenues encore plus alarmantes et convaincantes », rappelaient, en juillet, plus de 1 000 scientifiques et experts dans une lettre publique.
Le gouvernement américain minimise pour sa part le rôle des activités humaines dans le changement climatique et soutient que les gaz à effet de serre ne devraient pas être traités comme des polluants au sens traditionnel du terme car leurs effets sur la santé humaine sont indirects et mondiaux, plutôt que locaux. Il estime également qu’une telle abrogation permettrait de faire baisser le coût des voitures neuves, en hausse depuis la pandémie de Covid-19.
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Ce retour en arrière intervient alors que l’année 2025 a été confirmée par les climatologues comme la troisième plus chaude jamais enregistrée sur Terre, et que les effets du dérèglement du climat se font sentir à travers les Etats-Unis et le reste du monde.
Malgré ces manifestations tangibles, la lutte contre les gaz à effet de serre marque le pas depuis deux ans à travers le monde développé faute d’investissements suffisants dans les technologies bas carbone.
Un adolescent juif de 13 ans, qui portait une kippa à la main, a été agressé, lundi soir à Paris, par plusieurs personnes qui ont proféré des propos antisémites, a annoncé, mardi 10 février, le parquet, faisant état de l’interpellation d’un jeune homme de 18 ans.
Lundi à 19 h 20, les policiers sont intervenus avenue de la porte de la Chapelle, dans le 18e arrondissement, pour une agression. Un adolescent de 13 ans a expliqué « qu’il tenait sa kippa à la main et se rendait à la synagogue, lorsque cinq personnes s’en sont prises à lui pour lui prendre sa veste et lui intimer de vider ses poches », a expliqué le parquet à l’Agence France-Presse (AFP), confirmant une information du Figaro.
« Il a ajouté s’être vu infliger une balayette [un coup de pied porté au niveau de la cheville ou du tibia pour le faire tomber], des coups de poing au visage, ainsi qu’un couteau porté à sa gorge, avant de se faire voler ses AirPods », a détaillé le ministère public. Selon le parquet, « la victime a précisé que ses agresseurs avaient tenu des propos antisémites ».
Un jeune homme de 18 ans placé en garde à vue
Pendant cette agression, le mineur était en conversation vidéo avec un interlocuteur, qui a identifié un des agresseurs : celui-ci a été rapidement été interpellé. Il s’agit d’un jeune homme né en juin 2007, qui a été placé en garde à vue, selon la même source.
Le parquet a précisé que l’enquête, ouverte pour vol avec arme et violences avec arme, en réunion, et aggravée par la discrimination, se poursuivait afin d’identifier et interpeller les autres mis en cause.
« Comment trouver les mots pour expliquer à un enfant de 13 ans qu’il est agressé parce que juif ? Qui pourra demain lui redonner confiance en l’avenir ? La haine des juifs n’est jamais acceptable mais elle l’est encore moins quand elle vise des enfants », a dénoncé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Yonathan Arfi, sur le réseau social X.
Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, le 6 février 2026 à Beyrouth, au Liban. HUSSEIN MALLA/AP
Le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé, mardi 10 février dans la soirée, avoir saisi la justice française pour lui « signaler les faits présumés » mettant en cause un diplomate français, Fabrice Aidan, cité dans les fichiers Epstein.
« Je diligente par ailleurs une enquête administrative pour contribuer au travail de la justice et lance une procédure disciplinaire », a ajouté M. Barrot sur X.
Fabrice Aidan, dont le nom a été cité notamment par Mediapart plus tôt mardi, est secrétaire des affaires étrangères principal en disponibilité pour convenances personnelles et occupant des fonctions au sein du groupe d’énergie Engie, selon une source citée par l’Agence France-Presse (AFP).
« En raison des éléments portés à notre connaissance et relayés dans certains médias, qui concerneraient une période antérieure à son entrée dans le groupe, Engie a décidé de suspendre les fonctions de Fabrice Aidan », a déclaré de son côté le groupe d’énergie à l’AFP.
Sur RTL, mercredi matin,Jean-Noël Barrot s’est dit « effaré » et « indigné ».« Les faits allégués sont d’une très grande gravité. Quand j’ai pris connaissance de ces informations, hier, j’ai été effaré et j’ai fait ce que chacun aurait fait à ma place. J’ai saisi la justice et lancé une procédure disciplinaire, qui décidera de son avenir », a-t-il ajouté.
« Des dizaines de mails directs avec Jeffrey Epstein »
Selon Radio France, entre 2010 et 2017, le secrétaire des affaires étrangères pour l’Orient, « en poste depuis vingt-cinq ans pour le Quai d’Orsay, a échangé des dizaines de mails directs et parfois familiers avec Jeffrey Epstein et participé à de nombreuses boucles de mails incluant l’homme d’affaires américain et des membres de son équipe rapprochée ».
D’après Mediapart et Radio France, les premiers échanges répertoriés remontent à 2010. A ce stade, les échanges rendus publics ne semblent pas relier le haut fonctionnaire aux crimes sexuels commis par le milliardaire. En 2010, le Français est détaché par la France aux Nations unies où il est conseiller du diplomate norvégien Terje Roed-Larsen.
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Ce dernier, ainsi que son épouse Mona Juul, font l’objet d’une enquête en Norvège pour « complicité de corruption aggravée » et « corruption aggravée » en raison de leurs liens avec Jeffrey Epstein, a annoncé, lundi, la police. Le couple de diplomates a joué un rôle important dans les négociations israélo-palestiniennes secrètes qui avaient débouché sur les accords d’Oslo au début des années 1990.
Selon Mediapart et Radio France toujours, Fabrice Aidan a fait bénéficier Jeffrey Epstein « d’informations diplomatiques, de services ou de ses réseaux à l’international ». Il envoie par exemple, avec son adresse e-mail des Nations unies, « des documents et rapports de l’organisation à Epstein en personne », écrit Mediapart. Mais Jeffrey Epstein adresse aussi des demandes plus terre à terre au diplomate français : il lui demande, par exemple, de trouver la pointure de Terje Roed-Larsen pour lui offrir une paire de chaussures.
Selon Mediapart, l’ONU avait été alertée en 2013 par le FBI de l’existence d’une enquête susceptible de mettre en cause Fabrice Aidan à New York. Contactés par les médias qui ont révélé ces liens, Fabrice Aidan n’a pas donné suite.
De nombreuses autres personnes partout dans le monde apparaissent dans les documents rendus publics par la justice américaine dans l’affaire Epstein. La mention d’un nom dans les correspondances du criminel sexuel ne présuppose aucun acte répréhensible. En France, l’ancien ministre de la culture et personnalité du Parti socialiste Jack Lang a dû démissionner de ses fonctions de président de l’Institut du monde arabe.