La Commission européenne dévoile de nouvelles mesures pour soutenir l’acier

Dans l’usine d’acier du géant allemand Thyssenkrupp, à Duisburg, le 10 décembre 2024. INA FASSBENDER / AFP

Il aurait été compliqué pour l’Union européenne, construite, au sortir de la seconde guerre mondiale, sur les bases de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), de tourner le dos à son histoire. D’autant que la sidérurgie – et plus généralement la métallurgie – sur le Vieux Continent est bien plus qu’un symbole. Dès lors que l’acier et l’aluminium sont indispensables aux transitions verte et numérique ainsi qu’à l’industrie de la défense, elle est l’un des piliers de l’autonomie stratégique à laquelle les Vingt-Sept disent prétendre.

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« L’Europe doit sauver son acier », a martelé Stéphane Séjourné, mercredi 19 mars, en présentant le plan de la Commission pour l’acier et les métaux. Jeudi 20 mars, le vice-président exécutif de l’institution chargé de la stratégie industrielle se rendra à Duisbourg, au cœur de la Ruhr, chez ThyssenKrupp, où il discutera avec les acteurs et les syndicats de la filière allemande.

Embarquée dans une transition écologique coûteuse, confrontée à une baisse de la demande, notamment de la part de l’industrie automobile et des acteurs de la construction,plombée par la concurrence déloyale chinoise et des coûts de l’énergie élevés, la filière européenne traverse aujourd’hui une grave crise. Comme si cela ne suffisait pas, depuis le 12 mars, les Etats-Unis de Donald Trump surtaxent de 25 % les importations d’acier et d’aluminium, faisant craindre aux industriels européens une baisse de leurs exportations outre-Atlantique, et plus encore l’arrivée sur leur marché de produits qui étaient jusqu’ici vendus aux Etats-Unis.

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En Espagne, le passage de la tempête Laurence fait deux morts dans le sud du pays

Des rues inondées à Campanillas, près de Malaga, dans le sud de l’Espagne, le 18 mars 2025. JORGE GUERRERO / AFP

Une femme et son compagnon ont été retrouvés morts en Andalousie, dans le sud de l’Espagne, après le passage de la tempête Laurence, portant à deux morts le bilan des pluies torrentielles tombées en début de semaine sur la région. Les autorités espagnoles avaient annoncé mardi soir avoir retrouvé le corps de la femme, en précisant continuer à rechercher celui du mari.

« Le corps sans vie de la personne disparue a été retrouvé », a annoncé, mardi 19 mars, la garde civile, équivalent espagnol de la gendarmerie, dans un communiqué. Il a été découvert lorsque leur voiture, renversée par le courant, a pu être déplacée.

Les deux personnes disparues étaient un couple dont le véhicule a été emporté par un torrent dans la localité de Constantina, village situé à environ 85 kilomètres au nord-est de Séville.

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Une nouvelle tempête attendue

Après le passage de la tempête Laurence, qui a entraîné des inondations et des évacuations préventives dans certaines localités, l’Espagne attend une autre dépression, baptisée Martinho, à partir de jeudi. Cette tempête, la quatrième à traverser le pays en moins de deux semaines, apportera « des pluies généralisées et des vents forts », selon l’Agence météorologique nationale (Aemet).

En raison de ce nouvel épisode pluvieux, les autorités ont décidé de maintenir sous surveillance le fleuve Guadalquivir, qui traverse les villes de Séville et Cordoue, et qui risque de déborder.

Selon l’Aemet, les fortes pluies qui s’abattent sur l’Espagne depuis le début de mars sont sur le point de mettre fin à la grave sécheresse à laquelle le pays est confronté depuis 2021. D’après le ministère de la transition écologique, ces précipitations ont permis au niveau des réservoirs espagnols, qui stockent l’eau en vue de son utilisation lors des mois les plus secs, d’atteindre 65,8 % cette semaine. C’est près de dix points de plus que le niveau d’il y a un an (56,8 %) et près de sept points de plus que la moyenne des dix dernières années à cette période de l’année (59,1 %).

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Le Monde avec AFP

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La Banque de France enregistre une perte nette historique de 7,7 milliards d’euros en 2024

La Banque de France a publié, mercredi 19 mars, une perte nette historique pour l’année 2024, de 7,7 milliards d’euros, conséquence des taux élevés fixés par la Banque centrale européenne (BCE) l’an dernier et malgré le secours d’une partie de ses réserves. « C’est un chiffre qui n’a pas existé dans l’histoire de la Banque de France », a remarqué son gouverneur, François Villeroy de Galhau, lors d’une conférence de presse, « et qui n’existera plus non plus dans l’avenir prévisible ».

Dans le détail, la Banque de France affiche une perte opérationnelle de 17,9 milliards d’euros compensée à hauteur de 10,1 milliards d’euros par des réserves constituées par le passé. Elle accusait déjà une perte opérationnelle en 2023, de 12,4 milliards d’euros, mais l’avait alors entièrement compensée pour publier un résultat net à zéro.

La perte nette, qui prive l’Etat d’impôts et de dividendes, est la conséquence de « la succession de deux épisodes dont chacun d’eux était hautement improbable et dont l’enchaînement était absolument exceptionnel », a résumé M. Villeroy de Galhau : le Covid-19 en 2020 et l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en 2022.

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Une perte moindre en 2025

Ces deux événements, déflationniste pour le premier et inflationniste pour le second, ont entraîné deux réponses de politiques monétaires très différentes de la BCE, appliquées par l’ensemble des banques centrales de la zone euro.

La Banque de France a, dans un premier cycle de taux bas, acheté à tour de bras des obligations d’Etats et d’entreprises dont les intérêts sont fixes et assez faibles, de l’ordre de 0,7 %, qu’elle conserve à son bilan pendant des années. Mais elle doit dans le même temps rémunérer les dépôts des banques à un taux variable, que la BCE fixe réunion après réunion, orienté aujourd’hui à la baisse mais qui est monté jusqu’à 4 %. C’est la différence entre ces deux taux qui creuse la facture pour la Banque de France.

« La situation financière de la Banque de France est suffisamment solide », a insisté M. Villeroy de Galhau, qui a prévenu que la perte pour 2025 serait moindre et a écarté tout besoin de recapitalisation de la part de l’Etat actionnaire. Les comptes de la banque centrale allemande ont aussi été affectés : elle a fait état le 25 février d’une perte historique de 19,2 milliards d’euros en 2024, sa première depuis 1979.

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Le Monde avec AFP

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Un jeune rugbyman toulonnais meurt trois jours après un choc à la tête au cours d’un match

Nicolas Haddad,un jeune joueur de rugby de 15 ans, est mort, mardi 18 mars, trois jours après avoir été victime d’un arrêt cardiaque à la suite d’un choc à la tête lors d’un match, a annoncé sur les réseaux sociaux le Rugby Club Toulonnais (RCT).

Joueur évoluant en double licence à la fois au RCT et au sein de rassemblement Provence verte (entente Saint-Maximin – Brignoles – Val d’Issole), l’adolescent disputait, samedi, un match dans la catégorie cadets en Haute-Corse face à Bastia XV.

Selon Ici Provence, le jeune homme a reçu un coup de genoux à la tête, en s’abaissant pour plaquer un joueur adverse. Il est tombé au sol et a commencé à convulser. Nicolas Haddad s’était ensuite retrouvé en arrêt cardio-respiratoire sur le terrain avant d’être transféré à l’hôpital de Bastia, où il est mort mardi. Dès leur retour à Toulon, ses coéquipiers et ses entraîneurs ont bénéficié du soutien d’une une cellule psychologique ouverte par la Fédération française de rugby.

Des précédents dans le rugby

« C’est avec une infinie tristesse que nous vous informons du décès de Nicolas Haddad (…). Toutes nos prières vont vers la famille », a écrit le RCT dans un communiqué. Sur sa page Facebook, le club bastais « s’associe à l’immense tristesse des parents, des frères, des amis et des coéquipiers de Nicolas qui vient de quitter la grande famille du rugby français ».

Ce n’est pas la première fois qu’un jeune joueur de rugby meurt lors d’une action de jeu. En décembre 2018, Nicolas Chauvin, joueur espoir du Stade français âgé de 18 ans, perdait la vie à la suite d’un plaquage lors d’un match. Son père, Philippe Chauvin, avait mené le combat médiatique et judiciaire pour faire reconnaître la mort de son fils comme une agression et insisté sur la sécurité des pratiquants du rugby ; mais en janvier 2025, un non-lieu a été prononcé à l’encontre des deux joueurs auteurs du plaquage.

Dans une autre affaire, en février, un jeune joueur de rugby, auteur d’un plaquage dangereux ayant laissé tétraplégique le jeune Mathias Dantin (17 ans) lors d’un match scolaire à la fin de 2022, a été condamné à neuf mois de prison avec sursis.

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Le Monde avec AFP

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Le fils de Jair Bolsonaro se protège de la justice brésilienne en s’installant aux Etats-Unis

Eduardo Bolsonaro, député de Sao Paulo et fils de l’ancien président du Brésil Jair Bolsonaro, lors d’une conférence de presse, devant le Capitole à Washington, le 12 mars 2024. MANDEL NGAN / AFP

« Courage, fuyons » : c’est peu ou prou le message envoyé mardi 18 mars par Eduardo Bolsonaro. Âgé de 40 ans, le fils de l’ancien président d’extrême droite du Brésil, Jair Bolsonaro (2019-2023), candidat très sérieux à la succession de son père, a annoncé à la surprise générale, dans une vidéo postée en ligne, « prendre congé » de son mandat de député fédéral pour s’installer aux Etats-Unis, où il réside depuis déjà plusieurs semaines et où il compte demander « l’asile », comme il l’a déclaré à Folha de Sao Paulo, mercredi 19 mars.

Eduardo Bolsonaro a justifié sa décision par les actions entreprises par Alexandre de Moraes, juge au Tribunal suprême fédéral (TSF), chargé des principales enquêtes contre l’extrême droite brésilienne, et qu’il accuse de vouloir l’emprisonner. « Je ne me soumettrai pas au régime d’exception ni à ses sales ruses ! », a lancé l’élu d’extrême droite, qualifiant le magistrat de « psychopathe » et la police fédérale de « Gestapo ».

Nostalgique de la dictature, misogyne assumé, complotiste, fort en gueule et amateur d’armes à feu, Eduardo est, de tous les fils de Jair Bolsonaro, celui qui lui ressemble le plus. Surnommé « Numéro 3 » (car il est le troisième de la fratrie), le député de Sao Paulo était vu comme un successeur plus que sérieux de son paternel, condamné en 2023 à huit années d’inéligibilité pour ses attaques contre le système démocratique brésilien et interdit de se présenter au scrutin présidentiel de 2026.

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Amsterdam : quatre hommes condamnés pour violences contre des supporteurs israéliens du Maccabi Tel-Aviv

Un supporteur brandit un drapeau palestinien lors d’une manifestation en marge du match de football de l’Europa League entre l’Ajax Amsterdam et le Maccabi Tel-Aviv, à Amsterdam, le 7 novembre 2024. JEROEN JUMELET / AFP

Le tribunal d’Amsterdam a condamné, mercredi 19 mars, quatre hommes pour leur rôle dans les violences commises contre des supporteurs de football israéliens en novembre, lors d’attaques qui avaient été qualifiées d’antisémites par de nombreux gouvernements occidentaux. Ces condamnations font suite à cinq autres condamnations prononcées en décembre pour des actes de violence contre des supporteurs du Maccabi Tel-Aviv.

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Les images de ces violences, qui ont valu à cinq supporteurs d’être brièvement hospitalisés, avaient alors fait le tour du monde, suscitant la réaction furieuse d’Israël. Agés de 22 à 32 ans, les suspects qui ont comparu mardi ont été reconnus coupables d’une série de crimes allant de l’« incitation à la violence » aux « insultes envers les juifs ».

Cenk. D., 27 ans, a été condamné à trois mois de prison, la peine la plus lourde, pour avoir partagé la localisation de supporteurs du Maccabi après le match de Ligue Europa entre le club israélien et l’Ajax Amsterdam. Il a également été condamné pour avoir insulté des juifs, par des commentaires dénigrant sur la Shoah et en affichant des slogans comme « Un juif mort vaut mieux qu’un juif vivant », ont déclaré les juges. « L’apologie et la banalisation de la Shoah provoquent non seulement des souffrances personnelles chez les juifs, mais peuvent également contribuer à des sentiments d’insécurité et de malaise dans la société », ont-ils ajouté.

Mounir M., 32 ans, a été condamné à six semaines de prison pour avoir été l’un des administrateurs du groupe de discussion en ligne, tandis que Kamal I., 22 ans, a été condamné à un mois de prison pour avoir communiqué l’emplacement de supporteurs du Maccabi dans la capitale néerlandaise. Le tribunal a également condamné Mohammed B., 26 ans, à trente jours de prison pour avoir poursuivi un supporteur du Maccabi et lui avoir donné « un coup de ceinture ».

Les tensions étaient vives avant le match de football. Le tribunal a noté que la violence avait été influencée par la guerre dans la bande de Gaza et que les attaques faisaient suite à deux jours d’échauffourées au cours desquelles des supporteurs du Maccabi avaient entonné des chants anti-arabes, vandalisé un taxi et brûlé un drapeau palestinien. « Tous ces éléments semblent avoir contribué à l’escalade sans précédent de la situation », ont déclaré les juges, soulignant toutefois que « ce contexte ne justifie pas l’appel à la violence physique contre des supporteurs israéliens ».

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Le Monde avec AFP

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Vincent Reynouard, négationniste et néonazi français, condamné à douze mois de prison

Vincent Reynouard au tribunal de Saverne, le 27 septembre 2007. FREDERICK FLORIN / AFP

Le négationniste et néonazi français Vincent Reynouard a été condamné, mercredi 19 mars, par le tribunal correctionnel de Paris à douze mois de prison, à effectuer sous le régime de la semi-liberté. Il a été reconnu coupable de contestations de crimes de guerre, contestation de crime contre l’humanité et provocation à la haine raciale.

Vincent Reynouard, présent à l’audience et accompagné par plusieurs dizaines de partisans, devra verser un total de 10 000 euros de dommages et intérêts aux associations parties civiles, dont la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et l’Observatoire juif de France (OJF).

Un juge d’application des peines devra déterminer de quelle façon cette peine sera effectuée, « l’aménagement sous forme de détention à domicile sous surveillance électronique étant inapproprié dès lors que Vincent Reynouard est hébergé de manière précaire », a souligné le tribunal.

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Condamnations passées pour négationnisme

Figure de l’ultradroite, Vincent Reynouard, âgé de 56 ans, a déjà été condamné à plusieurs reprises pour avoir nié l’existence des chambres à gaz ou le massacre d’Oradour-sur-Glane – une localité de la Haute-Vienne dont 643 habitants ont été assassinés par une unité de la division SS Das Reich, alors en pleine retraite, le 10 juin 1944.

Vincent Reynouard était cette fois jugé devant la 17e chambre correctionnelle de Paris pour des propos proférés dans des vidéos diffusées sur Internet entre 2017 et 2020. Dans l’une de ces vidéos, diffusée en mai 2017 sur YouTube et intitulée « Macron, serviteur des juifs ? », il contestait la réalité de la Shoah, qualifiée d’« histoire mensongère » ainsi que le rôle de la Waffen-SS dans le massacre d’Oradour-sur-Glane. Dans d’autres vidéos, diffusées entre septembre 2019 et mars 2020, il soutenait que c’était la Résistance qui avait commis le massacre d’Oradour-sur-Glane et non les nazis.

Ancien professeur de mathématiques révoqué de l’éducation nationale, Vincent Reynouard diffuse des thèses niant l’existence de la Shoah depuis les années 1990. Pour tenter d’échapper à la justice, il fuit en 2015 en Grande-Bretagne. Repéré par les gendarmes de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH) et la section SO15 de la Metropolitan Police de Londres, une unité spécialisée dans le contre-terrorisme et la lutte contre l’extrémisme, il est interpellé dans sa planque écossaise en novembre 2022 avant d’être extradé en France en février 2024. Lors de son procès, en janvier, l’ancien prof de maths avait revendiqué son appartenance « à 200 % » à la mouvance révisionniste.

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Le Monde avec AFP

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Eric Debarbieux, spécialiste de la violence en milieu scolaire : « Protéger l’école contre la société est une illusion »

Eric Debarbieux, le 9 novembre 2022. SERVICE COMMUNICATION DE L’ADMINISTRATION GÉNÉRALE DE L’ENSEIGNEMENT (MFW-B).

Eric Debarbieux est professeur d’université émérite en sciences de l’éducation à l’université de Créteil. Spécialiste de la violence en milieu scolaire, il a été président des assises nationales contre le harcèlement à l’école en 2011 puis délégué ministériel en charge de la prévention et de la lutte contre les violences à l’école, entre 2012 et 2016. Il vient de publier Zéro pointé ? Une histoire politique de la violence scolaire (Les liens qui libèrent, 320 pages, 22,90 euros), qui revient sur ses quarante et quelques années d’expérience.

Vous publiez un ouvrage sur l’histoire politique de la violence scolaire. Quelles sont les formes de celle-ci et entre quels acteurs s’exerce-t-elle ?

Dans ce livre, je rappelle un certain nombre de choses maintenant admises : s’il y a des violences paroxystiques relayées à cause de faits dramatiques, l’essentiel sont des faits réduits, des « microviolences », qui peuvent causer des dommages considérables quand elles se répètent, au niveau des personnels comme des élèves. Ces violences ne sont pas liées à des bandes qui entreraient dans l’établissement, même si cela existe. Ce sont des petites bagarres, des insultes, des outrages, mais aussi des violences plus passives, comme l’ostracisme.

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Guerre en Ukraine : le point sur la situation

Les pays baltes se déconnectent du réseau électrique russe, une « victoire pour la démocratie », salue la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas

L’Estonie, la Lettonie et la Lituanie se déconnectent du réseau électrique russe, samedi, pour intégrer le système européen, un processus lancé il y a des années et devenu urgent depuis l’invasion de l’Ukraine par Moscou. Les trois pays baltes, anciennes républiques soviétiques, intégrés à l’Union européenne et à l’OTAN depuis 2004, étaient reliés au réseau russe depuis l’époque de l’URSS.

« Nous ôtons à la Russie la possibilité d’utiliser le système électrique comme outil de chantage géopolitique », a résumé le ministre de l’énergie lituanien, Zygimantas Vaiciunas. Sur X, la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, ancienne première ministre estonienne, a salué « une victoire pour la démocratie ».

Des célébrations officielles sont prévues dans les trois pays. La Lettonie va physiquement couper samedi un câble électrique la reliant à la Russie, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, doit participer à une cérémonie avec les dirigeants baltes dimanche, à Vilnius, en Lituanie.

Le processus a pris de longues années en raison de nombreux problèmes technologiques et financiers et de la nécessité de diversifier entretemps l’approvisionnement, via notamment des câbles sous-marins.

Le changement est devenu urgent après l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, qui a réveillé chez les Baltes la crainte d’être les prochains visés par Moscou.

Les trois pays ont depuis cessé d’acheter du gaz et de l’électricité russes, mais leurs réseaux électriques sont restés connectés à la Russie et à la Biélorussie, la régulation de la fréquence étant contrôlée depuis Moscou. Aussi dépendaient-ils toujours de la Russie pour un flux d’électricité stable, crucial pour les appareils nécessitant une alimentation électrique fiable, en particulier dans des processus industriels.

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En RDC, la mine de coltan de Rubaya condense les problèmes de la région

La mine de coltan de Rubaya constitue la preuve à charge la plus accablante contre le Rwanda, accusé de s’approprier illégalement les richesses minérales de son voisin. Les ressources naturelles présentes en République démocratique du Congo (RDC), « pays continent » grand comme l’Europe, font, depuis des années, surtout le bonheur des autres. Au XXe siècle, le caoutchouc et le cuivre ont enrichi les entreprises du colon belge. A l’ère numérique et du tout-électrique, les sociétés chinoises ont fait main basse sur le cobalt, le lithium et autres terres rares.

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Mais, à Rubaya, située aux confins orientaux de la RDC, il n’est pas tant question de contrats commerciaux parfois léonins. Ici, on est en zone de guerre ouverte depuis novembre 2021. Celle à laquelle se livrent le Rwanda et la RDC dans une région soumise à la loi des groupes armés qui prospèrent dans l’espace laissé vacant par un Etat fantôme. Là, Rubaya change de mains au son des mitraillettes.

Fin avril 2024, le Rwanda s’est emparé de cette mine qui produirait de 20 % à 30 % du coltan (composé de colombite et de tantalite) mondial. « Je ne dis pas que les Rwandais nous font la guerre pour nos minerais, mais on ne fait pas la guerre au Nord-Kivu sans s’intéresser à ses richesses », avance pudiquement Yvette Mwanza, présidente de la chambre des mines au sein du conseil provincial de la Fédération des entreprises du Congo, le Medef congolais.

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