En Corée du Sud, le dirigeant démocrate Lee Jae-myung échappe à une condamnation qui aurait hypothéqué ses chances de se présenter à la présidentielle

Lee Jae-myung, leader du principal parti d’opposition sud-coréen, le Parti démocrate, arrive au tribunal de Séoul, en Corée du Sud, le 26 mars 2025. KIM HONG-JI / AP

Lee Jae-myung peut respirer. Le dirigeant du Parti démocrate (PD) et favori de la présidentielle à venir en Corée du Sud, a été blanchi en appel mercredi 26 mars des accusations de fausses déclarations en infraction à la législation électorale pendant la campagne présidentielle de 2022. Les juges ont estimé que « les propos formulés ne constituaient pas de fausses déclarations ». Le parquet veut désormais porter l’affaire devant la Cour suprême, mais M. Lee peut continuer de rêver à un destin présidentiel, qu’une condamnation aurait hypothéqué. Il a remercié la cour d’appel pour sa « décision appropriée basée sur la vérité et la justice ».

Alors que la Corée du Sud attend le verdict de la Cour constitutionnelle sur la destitution du président, Yoon Suk Yeol, votée par l’Assemblée nationale après sa déclaration avortée de loi martiale, le 3 décembre 2024, et donc une élection présidentielle anticipée, la décision du tribunal du centre de Séoul avait mobilisé les partisans comme les opposants de M. Lee. Des centaines d’entre eux s’étaient massés dès le matin devant la cour, sous l’œil défiant de policiers en nombre.

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En Arménie, le Parlement vote pour lancer le processus d’adhésion à l’Union européenne

Le Parlement arménien a voté, mercredi 26 mars, pour lancer la candidature de ce pays du Caucase à l’Union européenne (UE). Cet ancien allié de la Russie cherche à se rapprocher de l’Occident. Adopté en dernière lecture avec 64 voix (celles des députés de Contrat civil, le parti au pouvoir) contre sept, le texte appelle le gouvernement arménien à lancer le processus d’adhésion à l’UE.

Depuis un an et demi, cette ancienne république soviétique multiplie les gestes de défiance à l’égard de la Russie, alliée historique qui lui a longtemps vendu des armes et dispose toujours d’une base militaire sur le territoire arménien. L’Arménie reproche à Moscou son manque de soutien face à l’Azerbaïdjan, qui a entièrement reconquis par la force, à l’automne 2023, la région azerbaïdjanaise à majorité arménienne du Karabakh, contrôlée pendant trois décennies par des séparatistes.

Des soldats de maintien de la paix russes déployés dans le Karabakh n’étaient pas intervenus lors de cette offensive azerbaïdjanaise pour faire respecter un cessez-le-feu conclu à la fin de 2020 entre Bakou et Erevan au terme d’une guerre de six semaines. La reprise de tout le Karabakh par l’Azerbaïdjan a contraint plus de 100 000 Arméniens à fuir ce territoire, par crainte d’exactions. Depuis, Erevan prend ses distances avec Moscou.

Adhésion à la CPI

A la fin de janvier 2024, l’Arménie a officiellement adhéré à la Cour pénale internationale (CPI), malgré les avertissements russes, et elle est désormais tenue d’arrêter Vladimir Poutine s’il met le pied en territoire arménien, en vertu d’un mandat d’arrêt de la CPI délivré contre le président russe en mars 2023.

Une base militaire russe permanente se trouve toujours sur le territoire arménien, à Gumri, et Erevan reste membre de l’Organisation du traité de sécurité collective, une alliance militaire pilotée par Moscou. En février 2024, le premier ministre arménien, Nikol Pachinian, avait néanmoins affirmé que l’Arménie avait gelé « en pratique » sa participation à cette alliance.

En juillet 2024, l’Arménie a aussi accueilli des exercices militaires conjoints avec les Etats-Unis.

En mars, l’Arménie et l’Azerbaïdjan ont annoncé s’être entendus sur un « accord de paix » pour régler leurs décennies de conflit. Le texte, fruit de très longues et complexes négociations, notamment sur la démarcation des frontières, n’a toutefois pas encore été signé.

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Le Monde avec AFP

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Groenland : le Danemark salue le changement de programme de la délégation américaine

Les drapeaux groenlandais et américain flottent au commandement arctique des forces armées danoises, à Nuuk, au Groenland, le 14 mars 2025. MADS CLAUS RASMUSSEN / VIA REUTERS

Le ministre des affaires étrangères danois, Lars Lokke Rasmussen, s’est félicité, mercredi 26 mars, du changement de programme du déplacement de responsables américains au Groenland, incluant le vice président, J. D. Vance. Ce dernier doit désormais se concentrer sur la visite de leur base spatiale de Pituffik, une base de la branche de l’armée américaine dédiée à l’espace, « pour être informé des sujets liés à la sécurité de l’Arctique » et rencontrer les troupes, a communiqué mardi Washington.

Mardi, les gouvernements danois et groenlandais s’étaient insurgés du déplacement annoncé de la délégation américaine en plusieurs endroits du territoire autonome danois convoité par Donald Trump. Ce déplacement était organisé hors de toute invitation officielle groenlandaise, au moment où le Groenland est dans l’attente d’un nouveau gouvernement.

« Je pense qu’il est très positif que les Américains annulent leur visite auprès de la société groenlandaise. A la place, ils visiteront leur propre base, Pituffik, et nous n’avons rien contre », a déclaré M. Lokke Rasmussen à la radio publique danoise DR. Le vice-président américain, J. D. Vance, sera accompagné de sa femme, Usha Vance, qui n’assistera pas à une course nationale de chiens de traîneau, comme cela avait été initialement annoncé.

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« Une pirouette magistrale », selon le chef de la diplomatie groenlandaise

Le gouvernement groenlandais avait fait part de la venue du conseiller à la sécurité nationale, Mike Waltz et, selon la presse américaine, du ministre de l’énergie, Chris Wright. Ce ne sera pas le cas, selon M. Lokke Rasmussen.

« Les voitures [de la délégation américaine] qui ont été livrées il y a quelques jours sont en train d’être ramenées à la maison, et l’épouse du vice-président américain et son conseiller en matière de sécurité ne feront pas de visite dans la société groenlandaise », a précisé le ministre des affaires étrangères danois. « L’affaire est en train d’être bouclée, et c’est positif », a-t-il ajouté.

« Je suis le ministre des affaires étrangères, je dois donc parler de manière diplomatique, mais à bien des égards il s’agit d’une pirouette magistrale pour faire croire à une escalade, alors qu’il s’agit en réalité d’une désescalade », selon lui.

Depuis décembre et les premières annonces de Donald Trump sur son intention d’acquérir l’immense île arctique, le Groenland souligne qu’il n’est pas à vendre, mais « ouvert aux affaires ».

Lire l’éditorial du « Monde » | Main basse sur le Groenland

Le Monde avec AFP

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En direct, Proche-Orient : le Hamas avertit que les bombardements israéliens pourraient tuer les otages

Plusieurs centaines de manifestant défilent dans le nord de Gaza et scandent des slogans hostiles au Hamas

Des Palestiniens participent à un rassemblement appelant à la fin de la guerre, à Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, le 25 mars 2025. BASHAR TALEB / AFP

Des centaines de Gazaouis ont manifesté contre la guerre et le Hamas à Beit Lahya, dans le nord de la bande de Gaza, scandant « Hamas, dehors ! » et « Le peuple de Gaza ne veut pas la guerre » rapportent les quotidiens israéliens Haaretz et Times of Israel ou le quotidien panarabe Asharq Al-Awsatmardi. Certains manifestants s’en sont pris aux médias, y compris Al-Jazira, affirmant qu’ils ne couvraient pas leur manifestation.

Dans la soirée, les réseaux sociaux ont diffusé des vidéos de manifestation de nuit à Khan Younès et Jabaliya.

Sur Telegram, un appel à manifester pour mercredi a commencé à circuler : « Nous vous appelons tous à prendre part à une marche populaire de colère, rejetant la guerre en cours et exigeant que le Hamas lève son emprise sur la bande de Gaza, afin que la vie puisse revenir à son peuple et que nos souffrances continues puissent prendre fin. »

Lundi soir, l’armée israélienne a appelé les habitants de plusieurs zones du nord de Gaza – Jabaliya,Beit Lahya et Beit Hanoun – à évacuer en prévision d’une frappe en riposte à des roquettes tirées plus tôt en direction d’Israël.

Israël appelle régulièrement les Gazaouis à se mobiliser contre le mouvement islamiste ayant pris le pouvoir dans la bande de Gaza en 2007.

Le ministère de la santé de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas a annoncé, mardi, que 792 personnes avaient été tuées depuis la reprise, il y a une semaine, des bombardements israéliens du territoire palestinien, dont 62 ces dernières 24 heures, portant à 50 144 morts le bilan total depuis le début de la guerre, le 7 octobre 2023.

L’attaque du Hamas sur Israël le 7 octobre a entraîné la mort de 1 218 personnes du côté israélien, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 otages enlevés lors de cette attaque, 58 sont toujours retenus dans la bande de Gaza, dont 34 sont morts, selon l’armée israélienne.

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Bernie Sanders en tournée à Denver : « On ne va pas laisser l’Amérique devenir une oligarchie »

Le sénateur démocrate Bernie Sanders, lors d’un rassemblement à Denver (Colorado), le 21 mars 2025. CHET STRANGE / AFP

Dans un Parti démocrate inaudible, il en est au moins un qui se fait entendre. A 83 ans, Bernie Sanders n’a rien perdu de sa voix. « Notre combat, c’est de garantir que nous restons une démocratie »,lance-t-il vendredi 21 mars à Denver, avant-dernière étape de sa tournée anti-Trump dans l’ouest des Etats-Unis. « On ne va pas laisser l’Amérique devenir une oligarchie. »

Plus de 30 000 personnes sont massées sur l’esplanade du Civic Center qui fait face au Capitole. Même si, ayant brigué la primaire démocrate à deux reprises, en 2016 et 2020, le sénateur a tenu de nombreux meetings, il avoue lui même qu’il n’a « jamais rassemblé autant de monde ». Lancée le 22 février, sa tournée Fight the oligarchy(« luttons contre les oligarques ») est devenue un phénomène. Faute de combattants dans le Parti démocrate, « Bernie » l’indépendant est devenu l’homme du moment.

La foule est pleine de combativité, heureuse de partager le moment. « Un peu d’espoir à un moment bien sombre », résume Matt Strierhoff, un jeune représentant en logiciels. Après des mois de refoulement, le peuple anti-Trump ne demande qu’à se mobiliser. Pour des raisons de sécurité, les pancartes sont interdites, mais leur absence est compensée par des messages sur les tee-shirts : « Résistez », « Réveillez le guerrier qui est en vous ! »

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L’administration Trump va mettre fin au statut légal de plus de 500 000 migrants latino-américains

Des migrants en provenance de Cuba font la queue pour monter dans un bus qui les conduira à un poste des douanes et de la protection des frontières des Etats-Unis, à Marathon, en Floride, le 5 janvier 2023. JOE RAEDLE/GETTY IMAGES VIA AFP

Environ 532 000 Cubains, Haïtiens, Nicaraguayens et Vénézuéliens qui sont arrivés aux Etats-Unis dans le cadre d’un programme lancé par Joe Biden seraient concernés par la décision : l’administration de Donald Trump a annoncé qu’elle allait mettre fin par ordonnance au statut légal de plus de 500 000 migrants latino-américains, leur donnant quelques semaines pour quitter le pays, vendredi 21 mars.

Les migrants parrainés par ce programme, baptisé CHNV (« Cuba, Haiti, Nicaragua, Venezuela Parole Program »), devront « quitter les Etats-Unis » d’ici le 24 avril, sauf s’ils ont obtenu un autre statut d’immigration leur permettant de rester dans le pays, a précisé le département de la sécurité intérieure dans une note. Ils perdront leur protection légale trente jours après la publication, prévue mardi 25 mars, de cette nouvelle ordonnance, dans le journal officiel du gouvernement fédéral des Etats-Unis.

« La liberté conditionnelle [autorisation de séjour] est par nature temporaire, et la liberté conditionnelle seule ne constitue pas une base sous-jacente pour obtenir un statut d’immigration, ni ne constitue une admission aux Etats-Unis », a justifié le département de la sécurité intérieure.

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Une grande majorité va se retrouver « sans statut »

Annoncé en janvier 2023 par l’administration précédente de Joe Biden, ce programme spécial permettait l’entrée aux Etats-Unis pour deux ans pour un maximum de 30 000 migrants par mois en raison de la situation des droits humains dans ces quatre pays. M. Biden avait à l’époque présenté le plan comme une méthode « sûre et humaine » pour alléger la pression à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique.

Donald Trump a promis de mener la plus grande campagne d’expulsion de l’histoire des Etats-Unis et de limiter l’immigration, principalement en provenance des pays d’Amérique latine, dès son retour au pouvoir. Vendredi, la décision a immédiatement suscité l’indignation et l’inquiétude chez les défenseurs des migrants. L’organisation Welcome.US, qui soutient les personnes cherchant refuge aux Etats-Unis, a exhorté les migrants concernés par cette mesure à consulter « immédiatement » un avocat spécialisé dans les questions d’immigration.

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L’avocate californienne Nicolette Glazer a estimé que l’ordonnance affecterait la « grande majorité » du demi-million d’immigrants entrés aux Etats-Unis dans le cadre du programme lancé par M. Biden. « Seules 75 000 demandes d’asile positives ont été déposées, de sorte que la grande majorité des personnes bénéficiant d’une liberté conditionnelle dans le cadre » de ce programme « se retrouveront sans statut [légal], sans permis de travail et passibles d’expulsion », a-t-elle alerté sur X, redoutant le « chaos » que va semer selon elle cette décision.

Karen Tumlin, directrice du groupe de défense des droits des immigrés Justice Action Center, a déclaré que l’administration Trump était en train de « rompre un engagement que le gouvernement fédéral avait pris envers les centaines de milliers » de migrants. « Révoquer soudainement le statut légal de centaines de milliers de bénéficiaires (…) va causer un chaos inutile et de la détresse pour les familles et les communautés à travers le pays », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Offensive anti-immigration

Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump met en scène la vaste offensive contre l’immigration promise pendant sa campagne. Son administration a ainsi utilisé une législation rare pour expulser plus de 200 membres présumés d’un gang vénézuélien vers le Salvador.

Le Monde Mémorable

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Cette loi, qui permet au président américain en temps de guerre d’arrêter ou expulser des citoyens d’une nation ennemie, n’avait été utilisée qu’à trois reprises : pendant la guerre anglo-américaine de 1812 pour expulser des ressortissants britanniques ; lors la première guerre mondiale contre des ressortissants de pays ennemis, et durant la seconde guerre mondiale pour interner plus de 100 000 citoyens japonais et Américains d’origine japonaise.

Donald Trump a toutefois affirmé vendredi qu’il n’était pas le signataire de la déclaration d’utilisation de cette loi d’exception, quelques heures après que le juge qui avait suspendu ces expulsions la semaine précédente s’était inquiété lors d’une audience au tribunal fédéral de Washington des répercussions « incroyablement problématiques » du recours à ce texte.

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Le Monde avec AFP

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François Bayrou annonce quatre chantiers pour le mois d’avril, dont l’éducation, l’accès aux soins, « la lutte contre la bureaucratie » et les finances publiques

Le premier ministre, François Bayrou, lors d’une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée, le 18 mars 2025. THOMAS SAMSON / AFP

Souhaitant répondre au procès en inaction instruit par les oppositions, le premier ministre a adressé, vendredi 21 mars au soir, une lettre aux présidents de groupes parlementaires, ainsi qu’aux présidents de l’Assemblée et du Sénat, afin de préciser « le programme de travail du gouvernement pour les semaines à venir ». François Bayrou a déclaré que le gouvernement allait lancer quatre chantiers prioritaires « d’ici le 15 avril » dans les domaines de l’éducation, de l’accès aux soins, de « la lutte contre la bureaucratie » ou encore des finances publiques.

Ces quatre axes de travail visent à « répondre à des préoccupations d’urgence qui, nous le savons, taraudent les Français », fait valoir le chef du gouvernement. Ainsi, concernant l’éducation, le gouvernement entend « poser deux piliers essentiels » en annonçant « des choix structurants en particulier pour la formation des enseignants et la reconquête de l’écrit ».

Dans le domaine de la santé, « le gouvernement se mobilisera aussi au côté des parlementaires qui souhaitent prendre des initiatives, dans un cadre transpartisan pour apporter des réponses à la question des déserts médicaux », assure M. Bayrou. Or une proposition de loi cosignée par 258 députés et portée par le député socialiste Guillaume Garot, qui propose notamment de réguler l’installation des médecins, est déjà inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée la semaine du 31 mars.

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Conférence nationale sur les finances publiques

Le chef du gouvernement promet aussi de conduire « le combat contre la bureaucratie qui épuise les Français », en misant sur le projet de loi de simplification attendu à l’Assemblée en avril. « Mais il faut aller plus loin. Je veux associer directement les citoyens, les acteurs économiques, la société civile à la remise en cause des procédures et des normes inutiles. C’est eux qui auront la charge d’exposer directement aux administrations les incompréhensions et les tracasseries que notre système leur impose », ajoute-t-il, sans plus de précisions.

Enfin, M. Bayrou déclaré que se tiendra en avril « la conférence nationale des finances publiques », « première pierre de la préparation collective » des budgets 2026. « Le gouvernement entend faire des choix en toute transparence, en offrant à chaque force politique la possibilité de contribuer à cette œuvre de rétablissement » des comptes dont la situation est « très inquiétante », poursuit le premier ministre.

Affirmant que « rien ne sera négligé » concernant les « autres grandes politiques publiques », M. Bayrou a confirmé qu’il compte lancer « un débat large et ouvert » sur la question « qu’est-ce qu’être français ? », sans toutefois en préciser davantage les modalités ou le calendrier. François Bayrou avait déjà annoncé fin février qu’il allait lancer des « conventions citoyennes décentralisées », au premier semestre, pour débattre de la question.

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Le Monde avec AFP

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Guerre en Ukraine : la Russie attend « quelques progrès » lors des négociations prévues lundi avec les Etats-Unis

La Russie attend « quelques progrès » lors des négociations prévues lundi avec les Etats-Unis

« Nous espérons réaliser au moins quelques progrès », lors des négociations lundi avec les Américains prévues en Arabie saoudite, a déclaré samedi Grigori Karassine, l’un des deux négociateurs envoyés par le président Vladimir Poutine pour ces pourparlers, à la chaîne de télévision publique russe Zvezda. « L’état d’esprit de Sergueï Orestovitch [Besseda, l’autre négociateur] et de moi-même est combatif et constructif », a-t-il ajouté dans cet entretien, à la veille de leur départ.

Grigori Karassine, sénateur et diplomate de carrière, a précisé que le duo reviendrait en Russie mardi, à l’issue des discussions avec les Américains lundi, en parallèle d’une réunion américano-ukrainienne. Sergueï Besseda est, lui, un cadre du service fédéral de sécurité (FSB). Le profil des deux hommes tranche avec le CV des envoyés russes lors des premières discussions russo-américaines en Arabie saoudite mi-février, lorsque le chef de la diplomatie, Sergueï Lavrov, avait mené la délégation russe.

Vendredi, un responsable ukrainien s’exprimant auprès de l’Agence France-Presse, sous le couvert de l’anonymat, avait expliqué que Kiev espèrait « au moins » un accord sur une trêve partielle avec la Russie portant sur le secteur énergétique, les infrastructures et la mer Noire. Afin de pousser à une trêve élargie, Kiev a choisi le ministre de la défense, Rustem Umerov, pour diriger la délégation ukrainienne, selon ce responsable, qui a précisé que l’Ukraine était toujours « prête » à un cessez-le-feu « général ».

De son côté, Moscou affirme n’avoir accepté qu’une pause ne concernant que les infrastructures énergétiques, bien en deçà de la suspension générale de trente jours des hostilités portée par l’administration du président américain, Donald Trump. Parmi les sujets à aborder, nul doute que les Russes voudront imposer les visions de Vladimir Poutine sur la mise en place d’un moratoire et son contrôle, le chef de l’Etat russe disant craindre que l’Ukraine n’utilise une telle trêve pour recruter des soldats supplémentaires et recevoir de nouvelles armes occidentales.

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Municipales 2026 : Anne Hidalgo dénonce un deal entre François Bayrou et Rachida Dati à Paris

Anne Hidalgo, à Paris, en juillet 2024. LUDOVIC MARIN/AFP

La flèche a été décochée par Anne Hidalgo, mardi 18 mars, sur France Inter. Alors qu’on lui demande pour quelle raison le premier ministre, François Bayrou, estime urgent de modifier le mode de scrutin aux élections municipales à Paris, Lyon et Marseille, la réponse de la maire de Paris, vent debout contre la réforme, fuse : « Parce que Mme Dati a déjà vendu la circonscription de M. [Jean] Laussucq – pardon hein, c’est moche de dire ça comme ça –,[dont l’élection] va être invalidé[e], à M. Bayrou, qui mettra l’une de ses proches. »

De l’autre côté du poste, les responsables politiques au fait de la situation n’en croient pas leurs oreilles. La trivialité de la charge stupéfie le camp présidentiel. « Ridicule ! »,cingle Maud Gatel, présidente du groupe MoDem au Conseil de Paris. « Hallucinant »,souffle le député de Paris Sylvain Maillard (Renaissance). Anne Hidalgo, qui ne se représente pas en 2026 et s’autorise désormais une ébouriffante liberté de parole, a voulu « dénoncer ce tripatouillage démocratique », défend son entourage.

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Gordon Parks, l’Américain qui regardait les Américains de Paris

Il est resté dans l’histoire comme le photographe des droits civiques, de la misère des ghettos noirs, de la dignité de ceux qui y vivent… Il a aussi été, très brièvement mais avec passion, l’un de ces nombreux photographes fascinés par Paris. Quand Gordon Parks (1912-2006) arrive en France à la fin des années 1940, il est déjà connu. Né dans une famille d’agriculteurs noirs du Kansas, il a grandi entouré de 15 frères et sœurs. Il a vivoté, enchaîné les petits boulots dans une Amérique encore martyrisée par la crise de 1929, avant de découvrir la photographie, sur le tard. Son nom circule ensuite vite dans les rédactions des journaux.

Il intègre l’équipe de Life Magazine, hebdomadaire qui tire à plus d’un million d’exemplaires. Gordon Parks a la fibre documentaire, il aime se confronter aux sujets durs et son regard est unique. Il se voit alors confier des photographies de mode ou de célébrités, si bien qu’en 1949, il débarque à Paris pour couvrir les collections de haute couture. Il part ensuite pour l’Italie, où il obtient d’assister au tournage de Stromboli, le premier film de Roberto Rossellini, avec Ingrid Bergman. Ses images de la star hollywoodienne entourée des pêcheurs de l’île éolienne et du cinéaste, accablé par la chaleur, dirigeant l’actrice dont il est en train de tomber amoureux, impressionnent son rédacteur en chef, Wilson Hicks. En 1950, ce dernier propose à Gordon Parks d’être le photographe correspondant de Life à Paris. Il déménage avec sa femme, Sally Alvis, et leurs trois enfants. Il y restera deux ans.

« Une période marquante de sa carrière », assure Peter W. Kunhardt Jr., directeur exécutif de la Gordon Parks Foundation, à New York. « J’avais besoin de Paris. C’était un festin, un grand carnaval d’images », écrira le photographe dans l’une de ses autobiographies, Voices in the Mirror (1990, non traduit). La capitale française vit un moment particulier. Libérée de l’occupation allemande depuis août 1944, la ville retrouve la joie tout en pansant ses plaies.

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